Une compagnie d'Etat
Une compagnie majeure dans l'océan Indien
La naissance de la Compagnie
6 informations sur
La Compagnie française des Indes orientales
De nombreux produits transportés
Le début du Déclin de la Compagnie
Un héritage encore présent
Une compagnie qui crée de nombreux comptoirs
Entre 1673 et 1738, la Compagnie des Indes orientales fonde des comptoirs français (ports de commerce) en Inde actuelle : Chandernagor, Pondichéry, Mahé, Yanaon et Kârikal, qui forment les "Etablissements français en Inde". A partir de 1741, le marquis Dupleix, chef du comptoir de Chadernagor depuis 10 ans, est nommé Gouverneur des Etablissements français en Inde.
Marié à une Indienne d'origine portugaise, Dupleix entretient d'excellentes relations avec les nababs et maharadjahs (souverains indiens), ce qui lui permet de contrer les tentatives d'expansion anglaises dans la région : grâce à son action et à celle de la Compagnie des Indes Orientales, la France est la puissance européenne dominante en Inde au début des années 1750.
Disparition et héritage actuel
En grandes difficultés financières depuis la défaite française lors de la guerre de Sept Ans, la Compagnie des Indes Orientales voient ses activités "suspendues" par le roi Louis XV dès 1769. Il faut attendre 1784 et de nouveaux investisseurs pour qu'elle reprenne vie sous le nom de "Compagnie des Indes orientales et de la Chine" car elle cherche désormais à pratiquer son commerce avec la Chine. Mais en 1793, la jeune République née de la Révolution proclame la liberté de commerce pour tous les Français : la Compagnie perd alors son monopole, et disparaît définitivement.
Bien qu'elle se solde par un échec final, la Compagnie des Indes orientales fut une tentative ingénieuse pour rattraper le retard commercial de la France sur l'Angleterre et les Provinces-Unies. Surtout, elle a permis d'installer une présence française durable en Inde, puisque la France a conservé ses 5 comptoirs jusqu'en 1949 (comme le montre ce timbre des année 1930), et qu'on y trouve encore aujourd'hui de prestigieux lycées français.
"Florebo quocumque ferar"
"Je fleurirai là où je serai portée" (devise de la Compagnie)
Dotée d'un capital de départ de 9 millions de livres (soit environ 200 millions d'euros actuels), la Compagnie des Indes orientales n'est détenue qu'à 20% par le roi de France. Les autres actionnaires sont des bourgeois et des nobles (comme Voltaire par exemple), qui sont parfois étrangers (à noter qu'un étranger investissant au moins 20 000 livres dans la Compagnie devient sujet du royaume de France en récompense). Pour lui donner les plus grandes chances de réussite, Colbert l'exonère de taxes royales, et lui garantit en France le monopole du commerce avec l'Asie pendant 50 ans.
Une compagnie fondée par Colbert
Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, la France est peu présente aux Indes orientales (terme désignant l'Asie jusqu'au XVIII° siècle), alors que l'Angleterre a créé la Compagnie anglaise des Indes orientales dès 1600, suivie deux ans plus tard par les Provinces-Unies qui fondent la Compgnie néerlandaise des Indes orientales (connue sous le nom de VOC) : le commerce avec l'Asie échappe alors en grande partie à la France. Afin de rattraper ce retard commercial, Colbert, Contrôleur général des finances du roi de France Louis XIV, décide de fonder en 1664 deux compagnies commerciales : la Compagnie des Indes orientales pour commercer avec l'Asie, et la Compagnie des Indes occidentales, pour commercer avec l'Amérique. Dès 1666, un port est créé en Bretagne pour pratiquer ce commerce avec l'Asie : Lorient ("L'Orient"), qui devient le siège de la Compagnie.
De nombreux produits indiens et chinois
La Compagnie des Indes orientales importe dans le royaume de France de nombreux produits indiens et chinois : essentiellement de la soie, des épices (poivre et cannelle en majorité), du bois tropical, du coton, de la porcelaine chinoise, du café et surtout du thé. Etonnamment, ce commerce avec l'Asie n'est pas si profitable que cela pour le royaume de France : s'il enrichit considérablement ceux qui le pratiquent (c'est-à-dire les actionnaires de la Compagnie des Indes orientales), il provoque également, en important à bas prix des vêtements asiatiques en soie (appelés "indiennes"), la faillite de nombreuses manufactures de soieries et de lainages françaises.
Le lent déclin de la Compagnie des Indes orientales
Bien que la Compagnie rencontre quelques difficultés dès 1740 (comme la concurrence de la Compagnie des Indes occidentales sur certains produits comme le café), elle reste très riche et puissante notamment grâce à sa position dominante en Inde, qu'elle doit très largement à la gouvernance du marquis Dupleix. Mais en 1754, suite à des intrigues d'espions anglais qui cherchent à chasser Dupleix des Indes, le roi le révoque de son poste de Gouverneur général des Etablissements français en Inde et réclame son retour en France , à la grande joie des
Anglais qui comprennent que sans Dupleix, ils ont enfin une chance de s'installer en Inde à la place des Français. Deux ans plus tard, la guerre de Sept Ans qui oppose l'Angleterre, le Portugal et la Prusse à la France, la Suède, la Russie, l'Autriche et l'Espagne déborde largement du continent européen : des combats acharnés ont ainsi lieu en Europe, mais également entre Français et Anglais en Amérique du Nord et en Inde. En 1763, la victoire finale anglo-prussienne prive la France de l'essentiel de son Empire colonial : elle perd l'Amérique du Nord, et ne conserve aux Indes que ses comptoirs de Pondichéry, Chandernagor, Mahé, Kârikal et Yanaon, laissant le champ libre aux Anglais pour conquérir tout le sous-continent indien.
La Compagnie Française des Indes Orientales
L. M.
Created on August 21, 2023
Brève histoire de la Compagnie Française des Indes Orientales
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Une compagnie d'Etat
Une compagnie majeure dans l'océan Indien
La naissance de la Compagnie
6 informations sur
La Compagnie française des Indes orientales
De nombreux produits transportés
Le début du Déclin de la Compagnie
Un héritage encore présent
Une compagnie qui crée de nombreux comptoirs
Entre 1673 et 1738, la Compagnie des Indes orientales fonde des comptoirs français (ports de commerce) en Inde actuelle : Chandernagor, Pondichéry, Mahé, Yanaon et Kârikal, qui forment les "Etablissements français en Inde". A partir de 1741, le marquis Dupleix, chef du comptoir de Chadernagor depuis 10 ans, est nommé Gouverneur des Etablissements français en Inde.
Marié à une Indienne d'origine portugaise, Dupleix entretient d'excellentes relations avec les nababs et maharadjahs (souverains indiens), ce qui lui permet de contrer les tentatives d'expansion anglaises dans la région : grâce à son action et à celle de la Compagnie des Indes Orientales, la France est la puissance européenne dominante en Inde au début des années 1750.
Disparition et héritage actuel
En grandes difficultés financières depuis la défaite française lors de la guerre de Sept Ans, la Compagnie des Indes Orientales voient ses activités "suspendues" par le roi Louis XV dès 1769. Il faut attendre 1784 et de nouveaux investisseurs pour qu'elle reprenne vie sous le nom de "Compagnie des Indes orientales et de la Chine" car elle cherche désormais à pratiquer son commerce avec la Chine. Mais en 1793, la jeune République née de la Révolution proclame la liberté de commerce pour tous les Français : la Compagnie perd alors son monopole, et disparaît définitivement.
Bien qu'elle se solde par un échec final, la Compagnie des Indes orientales fut une tentative ingénieuse pour rattraper le retard commercial de la France sur l'Angleterre et les Provinces-Unies. Surtout, elle a permis d'installer une présence française durable en Inde, puisque la France a conservé ses 5 comptoirs jusqu'en 1949 (comme le montre ce timbre des année 1930), et qu'on y trouve encore aujourd'hui de prestigieux lycées français.
"Florebo quocumque ferar"
"Je fleurirai là où je serai portée" (devise de la Compagnie)
Dotée d'un capital de départ de 9 millions de livres (soit environ 200 millions d'euros actuels), la Compagnie des Indes orientales n'est détenue qu'à 20% par le roi de France. Les autres actionnaires sont des bourgeois et des nobles (comme Voltaire par exemple), qui sont parfois étrangers (à noter qu'un étranger investissant au moins 20 000 livres dans la Compagnie devient sujet du royaume de France en récompense). Pour lui donner les plus grandes chances de réussite, Colbert l'exonère de taxes royales, et lui garantit en France le monopole du commerce avec l'Asie pendant 50 ans.
Une compagnie fondée par Colbert
Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, la France est peu présente aux Indes orientales (terme désignant l'Asie jusqu'au XVIII° siècle), alors que l'Angleterre a créé la Compagnie anglaise des Indes orientales dès 1600, suivie deux ans plus tard par les Provinces-Unies qui fondent la Compgnie néerlandaise des Indes orientales (connue sous le nom de VOC) : le commerce avec l'Asie échappe alors en grande partie à la France. Afin de rattraper ce retard commercial, Colbert, Contrôleur général des finances du roi de France Louis XIV, décide de fonder en 1664 deux compagnies commerciales : la Compagnie des Indes orientales pour commercer avec l'Asie, et la Compagnie des Indes occidentales, pour commercer avec l'Amérique. Dès 1666, un port est créé en Bretagne pour pratiquer ce commerce avec l'Asie : Lorient ("L'Orient"), qui devient le siège de la Compagnie.
De nombreux produits indiens et chinois
La Compagnie des Indes orientales importe dans le royaume de France de nombreux produits indiens et chinois : essentiellement de la soie, des épices (poivre et cannelle en majorité), du bois tropical, du coton, de la porcelaine chinoise, du café et surtout du thé. Etonnamment, ce commerce avec l'Asie n'est pas si profitable que cela pour le royaume de France : s'il enrichit considérablement ceux qui le pratiquent (c'est-à-dire les actionnaires de la Compagnie des Indes orientales), il provoque également, en important à bas prix des vêtements asiatiques en soie (appelés "indiennes"), la faillite de nombreuses manufactures de soieries et de lainages françaises.
Le lent déclin de la Compagnie des Indes orientales
Bien que la Compagnie rencontre quelques difficultés dès 1740 (comme la concurrence de la Compagnie des Indes occidentales sur certains produits comme le café), elle reste très riche et puissante notamment grâce à sa position dominante en Inde, qu'elle doit très largement à la gouvernance du marquis Dupleix. Mais en 1754, suite à des intrigues d'espions anglais qui cherchent à chasser Dupleix des Indes, le roi le révoque de son poste de Gouverneur général des Etablissements français en Inde et réclame son retour en France , à la grande joie des
Anglais qui comprennent que sans Dupleix, ils ont enfin une chance de s'installer en Inde à la place des Français. Deux ans plus tard, la guerre de Sept Ans qui oppose l'Angleterre, le Portugal et la Prusse à la France, la Suède, la Russie, l'Autriche et l'Espagne déborde largement du continent européen : des combats acharnés ont ainsi lieu en Europe, mais également entre Français et Anglais en Amérique du Nord et en Inde. En 1763, la victoire finale anglo-prussienne prive la France de l'essentiel de son Empire colonial : elle perd l'Amérique du Nord, et ne conserve aux Indes que ses comptoirs de Pondichéry, Chandernagor, Mahé, Kârikal et Yanaon, laissant le champ libre aux Anglais pour conquérir tout le sous-continent indien.