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04. Renaissance, Humanisme et réformes religieuses

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Created on August 16, 2023

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Transcript

Renaissance, Humanisme et réformes religieuses :

les mutations de l'Europe

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

Introduction

Les ambassadeurs, Hans Holbein, 1533

National Gallery, Londres

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

> Comment la rupture avec le Moyen Âge entraîne-t elle un nouveau regard sur le monde et la place que l'homme y occupe ?

SOMMAIRE

Conclusion

I. Un temps de bouillonnement intellectuelA) La volonté de rompre avec le Moyen-Âge B) Une nouvelle manière de penser l’homme : Érasme C) La diffusion de l’humanisme II. Un temps de renouveau artistiqueA) Le renouvellement des formes et des techniques B) Michel-Ange et le foyer italien C) Des foyers italiens aux foyers du Nord : une Europe en effervescence III. Un temps de réforme religieuse A) La remise en question de l’Église catholique B) Luther et la réforme protestante C) Une Église rénovée mais divisée

Vidéo de révisions

PPO1

Evaluation

Corrigé

PPO2

PPO3

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

I.

Un temps de bouillonnement intellectuel

> Qu'est-ce que l'humanisme, cette nouvelle vision de l'homme ?

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. La volonté de rompre avec le Moyen-Âge

Comparez les deux époques évoquées par Pierre de la Ramée.

« Il y a cent ans » (époque du vieux professeur)

Évoquons par la pensée un vieux docteur de cette académie1 qui s’est éteint voici cent ans. S’il pouvait comparer le souvenir de son temps avec le nôtre, ne regarderait-il pas avec étonnement la floraison que Ies lettres, jointes aux sciences du réel, ont déjà connue en France, en Italie et en Angleterre ? Il n’avait entendu que des gens qui parlaient d’une manière barbare et grossière ; il entendrait d’innombrables hommes de tout âge parler et écrire en élégant latin. À propos du grec, il avait toujours entendu répéter le dicton commun : « c’est du grec, c’est illisible » ; non seulement il entendrait lire le grec avec la plus grande facilité, mais il entendrait des érudits capables d’enseigner la langue, avec une suprême maîtrise. Parmi grammairiens, poètes et orateurs, il avait connu Alexandre de Villedieu2 ; en philosophie, les Écossais et Ies Espagnols, en médecine, les Arabes, en théologie certains auteurs venus d’on ne sait où. Il écoutera Térence, César, Virgile, Cicéron, Aristote, Galien, Hippocrate, Moïse, les Prophètes, les Apôtres et Ies autres véritables annonciateurs de l’Évangile et iI entendra parler dans leur langue.

La redécouverte des lettres antiques

Pierre de la Ramée3, Discours inaugural au collège de Presles, 1546.

1. Professeur de ce collège. 2. Poète et grammairien français (1175-1240). 3. Philosophe et humaniste français. Converti au protestantisme, il est assassiné lors de la Saint-Barthélemy en 1572.

Epoque de Pierre de la Ramée (XVIème siècle)

« des gens qui parlaient d'une manière barbare et grossière » (l. 3-4)
« c'est du grec, c'est illisible » (l. 5-6)
peu d'auteurs en grammaire, en philosophie, en médecine, en théologie (l. 8-9)
« certains auteurs venus d'on ne sait où » (l. 9)
« innombrables hommes de tout âge parler et écrire en élégant latin » (l. 4-5)
lire et enseigner le grec avec une « suprême maîtrise » (l. 6-7)
nombreux auteurs antiques lus dans leur langue ainsi que la Bible (l. 10-11)
Les grands noms de la pensée antique : Térence, César, Virgile, Cicéron... (l. 9-10)

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. La volonté de rompre avec le Moyen-Âge

Érasme fait une nouvelle traduction du Nouveau Testament, du grec au latin, qui remet en question la Vulgate, la Bible utilisée depuis le Ve siècle.

La traduction du Nouveau Testament

Érasme, extraits de Préface de la traduction du Nouveau Testament, 1516.

C’est aux sources mêmes que l’on puise la pure doctrine ; aussi avons-nous revu le Nouveau Testament tout entier d’après l’original grec, qui seul fait foi, à l’aide de nombreux manuscrits des deux langues, parmi les plus anciens et les plus corrects […]. Nous avons ajouté des notes pour justifier nos changements, expliquer les pas-sages équivoques ambigus ou obscurs, rendre moins facile dans l’avenir la déformation d’un texte, que nous avons rétabli au prix d’incroyables veilles […].

Lorenzo Valla (1407-1457)

Guillaume Budé (1467-1540)

Philologie : étude des textes anciens qui cherche à rétablir les versions les plus proches possible des textes d'origine par la confrontation de différentes sources.

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Une nouvelle manière de penser l’homme : Érasme

1. La foi dans l'homme

Les temps étaient ténébreux, les Goths avaient ruiné toute bonne littérature. Mais la lumière et la dignité ont été à mon époque rendues aux lettres […]. Pour cette raison, mon fils, je te conjure d’employer ta jeunesse à bien profiter en étude et en vertu […]. Je veux que tu apprennes parfaitement les langues, d’abord le grec, puis le latin et l’hébreu pour l’Écriture sainte, le chaldéen et l’arabe pour la même raison ; pour le grec, forme ton style en imitant Platon, et Cicéron pour le latin. Qu’il n’y ait aucun fait historique que tu n’aies en mémoire […]. La géométrie, l’arithmétique et la musique, je t’en ai donné le goût quand tu étais encore petit ; apprends le reste, et toutes les lois de l’astronomie […]. Du droit civil, je veux que tu saches par cœur tous les beaux textes, et me les commentes avec sagesse. Quant à la connaissance des choses de la nature, je veux que tu t’y appliques avec soin : qu’il n’y ait ni mer, rivière ou source dont tu ne connaisses les poissons ; tous les oiseaux de l’air, tous les arbres, arbustes et buissons, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés […] ; que rien ne te soit inconnu. Puis, relis soigneusement les livres des médecins grecs, arabes et latins.

L'éducation humaniste selon Rabelais

Rabelais, Pantagruel, Chapitre VIII, 1532

Notre Père, Dieu le grand architecte conçut l’homme comme une créature de nature indé-terminée et, le plaçant au milieu de l’univers, il lui dit : « Je ne t’ai donné, ô Adam, aucune place ni aucune forme n’appartenant qu’à toi seul, ni aucune fonction particulière afin que tu puisses avoir et posséder selon ton désir et ton jugement la place, la forme et la fonction que tu désireras […]. Je t’ai placé en position intermédiaire pour que tu puisses plus aisément observer ce qui est dans le monde. Tu ne participes ni des cieux, ni de la terre, tu n’es ni mortel ni immortel afin que, te façonnant toi-même librement, tu puisses prendre la forme que tu préfèreras… ». Ô suprême générosité de Dieu le père ! Ô très haute et très merveilleuse félicité de l’homme ! À lui seul est accordé le pouvoir de posséder ce qui lui plaît, d’être ce qui lui semble bon.

Une vision renouvelée de l'homme

Jean Pic de la Mirandole, De la dignité de l’homme, 1486

Gargantua écrit à son fils Pantagruel qui est parti étudier à Paris.

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Une nouvelle manière de penser l’homme : Érasme

2. Le renouvellement de la pensée

Après de longues recherches, je me suis convaincu que le Soleil est une étoile fixe, entourée de planètes qui tournent autour d’elle et dont elle est le centre et le flambeau. Qu’outre les planètes principales, il en est encore d’autres d’un second ordre qui circulent d’abord comme satellites autour de leurs planètes principales, et avec celles-ci autour du Soleil. Que tous les phénomènes des mouvements diurne et annuel, le retour périodique des saisons sont les résultats de la rotation de la Terre et de son mouvement périodique autour du Soleil. Que le mouvement apparent des étoiles n’est qu’une illusion d’optique, produite par le mouvement réel de la Terre et par les oscillations de son axe.

Les théories de Copernic1

Nicolas Copernic (1473-1533), De la révolution des orbes célestes, préface destinée au pape Paul III, 1543.

1 Le Polonais Copernic est à la fois théologien, mathématicien, économiste et astronome.

La Deffence et Illustration de la Langue Francoyse

André Vésale (1514-1564)

Peinture de P. Poncet, musée des Beaux-arts, Orléans

Ecrit en 1549 par le poète Du Bellay, ce manifeste se fait le défenseur de la langue française dont il affirme l’égale dignité avec le latin et le grec. Il prône son enrichissement au moyen de l'imitation des auteurs anciens.

Grâce aux dissections qu’il a pratiquées, le Flamand Vésale fait avancer la connaissance du corps humain. Il a aussi été un grand chirurgien, comme Ambroise Paré en France.

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Une nouvelle manière de penser l’homme : Érasme

3. Erasme, le « prince des Humanistes »

Erasme, « prince des Humanistes »

PPO1

Consigne :

Réaliser une carte mentale.

Humaniste et érudit hollandais, Érasme voyage durant toute sa vie à travers l’Europe et se lie d’amitié avec les plus grands savants de son époque, ce qui lui vaut parfois d’être considéré comme le « prince des humanistes ». Nommé prêtre à 25 ans, il publie à la fois une traduction de la Bible et de nombreux auteurs anciens

Erasme

(v. 1469-1536)

En quoi Erasme incarne-t-il le prince des humanistes en Europe au début du XVIème siècle ?

Vous montrerez que le travail d’Érasme s’appuie sur des textes. Puis, vous expliquerez en quoi ses écrits proposent une nouvelle vision de l’homme. Enfin, vous mettrez en évidence la façon dont le travail d’Érasme se diffuse en Europe.

20 minutes

individuel

Desiderius Erasmus, peinture de Hans Holbein le Jeune, 1523.

J.-Kunstmuseum, Bâle, Suisse

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Une nouvelle manière de penser l’homme : Érasme

3. Erasme, le « prince des Humanistes »

En quoi Erasme incarne-t-il le prince des humanistes en Europe au début du XVIème siècle ?

Vous montrerez que le travail d’Érasme s’appuie sur des textes.Puis, vous expliquerez en quoi ses écrits proposent une nouvelle vision de l’homme. Enfin, vous mettrez en évidence la façon dont le travail d’Érasme se diffuse en Europe.

Point méthode
Une carte mentale réussie :
  • la problématique de la QP est notée au centre ;
  • les parties du plan sont écrites dans lesbranches gravitant autour de laproblématique ;
  • les paragraphes sont notés dans des sous-branches, raccrochées aux branchesprincipales ;
  • dans chaque sous-branche, le texte estconstitué d’une explication et d’uneillustration ;
  • la carte mentale dispose d’un titre et d’uneimage en rapport avec le sujet

20 minutes

individuel

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Une nouvelle manière de penser l’homme : Érasme

3. Erasme, le « prince des Humanistes »

Erasme, « prince des Humanistes »

A. Erasme se fait représenter en homme de lettres qui travaille sur les textes imprimés. En 1517 il commande son portrait à Quentin Mestys où on le voit écrire sur un livre (doc. 1)
B. Erasme est un homme curieux qui lit énormément : dès sa parution il achète et lit l'Utopie de Thomas More (doc. 5)
C. Erasme connaît le grec ancien et le latin, il écrit des lettres dans ces langues par exemple à Guillaume Budé (docs 4 et 5)
1. Le travail d'Erasme s'appuie sur les textes
3. Erasme diffuse ses idées en Europe
A. Erasme rend visite à ses amis humanistes installés dans d'autres villes d'Europe comme au vénitien Manuce (carte)
B. Erasme tient une abondante correspondance par exemple avec Budé qu'il tutoie (docs 4 et 5)
C. Erasme diffuse son humanisme par ses ouvrages qu'il fait imprimer, par exemple l'Eloge de la folie publié en 1519 (docs 2 et 3)

En quoi Erasme incarne-t-il le prince des humanistes en Europe au début du XVIème siècle ?

2. Erasme propose une nouvelle vision de l'homme
A. Erasme place l'homme au centre de ses préoccupations intellectuelles et littéraires : dans l'Eloge de la folie il critique les abus du clergé (docs 2 et 3)
B. Les artistes comme Jérôme Bosch avec la Nef des fous (1500) s'emparent de son oeuvre et l'illustrent (doc. 3)
C. Erasme apprécie la peinture de la Renaissance flamande avec les premiers portraits peints : en 1517 il commande son portrait à Quentin Mestis qui le représente au centre de la toile (doc. 1)

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Une nouvelle manière de penser l’homme : Érasme

3. Erasme, le « prince des Humanistes »

Erasme, « prince des Humanistes »

PPO1

Bilan du PPO : Au premier rang des humanistes se tient le Hollandais Érasme (1469-1536), le « prince (= princeps, premier) des Humanistes ». Infatigable voyageur, auteur d’une immense correspondance avec de nombreux autres humanistes, il traduit de nombreux auteurs grecs anciens. Défenseur d’une religion plus simple et plus personnelle, il retraduit le Nouveau Testament pour permettre à chacun une meilleure connaissance du message du Christ. En 1511, dans son Éloge de la folie, il critique durement la société, et en particulier les abus du clergé, qui s’éloigne de l’idéal chrétien d’exemplarité et de pauvreté.

Desiderius Erasmus, peinture de Hans Holbein le Jeune, 1523.

J.-Kunstmuseum, Bâle, Suisse

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

C. La diffusion de l’humanisme

1. La république des lettres

Machiavel (1469-1527)

Portrait posthume par Santi di Tito, Palazzo Vecchio, Florence.

Erasme et la république des lettres

La diffusion de l'humanisme en Europe au XVIème siècle

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

C. La diffusion de l’humanisme

2. La révolution de l'imprimerie

Evolution de la production de livres en Europe

(manuscrits ou imprimés)

La diffusion de l'humanisme en Europe au XVIème siècle

Les livres en Europe vers 1500

(par matière)

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

II.

Un temps de renouveau artistique

> Comment représenter l'homme au temps de l'humanisme ?

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. Le renouvellement des formes et des techniques

En quoi la Renaissance renouvelle-t-elle l'art occidental ?

Une inspiration antique

Des thèmes nouveaux : la beauté idéale, la nudité, le portrait individuel...

L'illusion spatiale : la perspective

Des nouvelles techniques : la peinture à l'huile

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. Le renouvellement des formes et des techniques

En quoi la Renaissance renouvelle-t-elle l'art occidental ?

L'inspiration antique

Villa Rotonda, Palladio, 1566-1571

Détail de la voute de la Sixtine, Michel-Ange, 1508-1512

Vicence, Vénétie

Palais du Vatican, Rome

David, Donatello vers 1430-1432

Palais du Bargello, Florence C'est le premier grand bronze fondu depuis l'Antiquité

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. Le renouvellement des formes et des techniques

En quoi la Renaissance renouvelle-t-elle l'art occidental ?

Des thèmes nouveaux

Danaé, Titien, 1444-1446

Musée national de Capodimonte, Naples

Les époux Arnolfini, Jan van Eyck, 1434

National Gallery, Londres

David, Michel-Ange, 1501-1504

Galerie de l'Accadémie, Florence

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. Le renouvellement des formes et des techniques

En quoi la Renaissance renouvelle-t-elle l'art occidental ?

La perspective

Garçon à la flèche, Giorgione, vers 1500

Kunsthistorisches Museum, Vienne

Le mariage de la Vierge, Raphaël, 1504

La Vierge du chancelier Rollin, Jan van Eyck, vers 1435

Pinacothèque Brera, Milan

Musée du Louvre, Paris

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. Le renouvellement des formes et des techniques

En quoi la Renaissance renouvelle-t-elle l'art occidental ?

De nouvelles techniques

Muscles de l'épaule, du bras et du cou, Léonard de Vinci, vers 1510-1511

La dame à l'hermine, Vinci, 1488

Royal Collection Trust, Londres

Musée national de Cracovie, Cracovie

Noli me tangere, Titien, 1514

National Gallery, Londres

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Michel-Ange et le foyer italien

1508 - Michel-Ange peint la chapelle Sixtine

PPO2

Formé dans l'atelier du peintre Ghirlandaio, Michelangelo Buonarroti partage sa carrière d'artiste entre la Florence des Médicis et la Rome des papes. Sculpteur, peintre, architecte, poète, il est l'un des artistes majeurs de la Renaissance.

Michel-Ange

(v. 1475-1564)

Pourquoi la fresque de la Sixtine est-elle un chef-d’œuvre de la Renaissance italienne ?

Vous montrerez que la fresque de la Sixtine est à la fois une fresque inspirée de l'Antiquité mais également une oeuvre humaniste. Enfin, vous montrerez qu'il s'agit d'une oeuvre novatrice.

20 minutes

individuel

Michel-Ange (détail), peinture de Daniele da Volterra, 1545

Metropolitan Museum of Art., New-York, Etats-Unis

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Michel-Ange et le foyer italien

Pourquoi la fresque de la Sixtine est-elle un chef-d’œuvre de la Renaissance italienne ?

Vous montrerez que la fresque de la Sixtine est à la fois une fresque inspirée de l'Antiquité mais également une oeuvre humaniste. Enfin, vous montrerez qu'il s'agit d'une oeuvre novatrice.

Point méthode
Comment illustrer en histoire ? On peut :
  • proposer un événement avec sa date :
il faut préciser en quelques lignes ce qui s’est passé, quand, où, avec qui et pour quelles raisons ;
  • présenter un personnage : il faut préciser son identité, la période à laquelle il vit et la profession et/ou fonction qu’il exerce ;
  • citer un ou des chiffres avec leurs dates : penser à préciser s’il s’agit de données brutes (millions de personnes) ou de données relatives (pourcentage).
Le plafond de la Sixtine
Longueur : 40 mLargeur : 13 m Surface : 500 m² à 20 m de hauteur 340 personnages Réalisation : 1508-1511
Le Jugement dernier
Hauteur : 13,7 mLargeur : 12,2 m Surface : 170 m² 300 personnages Réalisation : 1536-1541
Visite virtuelle

I. Un temps de bouillonnement intellectuel

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Une nouvelle manière de penser l’homme : Érasme

Michel-Ange peint la chapelle Sixtine

C. L'architecture peinte (trompe-l’oeil) reprend des formes antiques : frontons, pilastres, sculptures, corniches ; la représentation de personnages mythologiques (Charon, Minos, doc. 3).
1. Une fresque inspirée de l'Antiquité
B. Certains personnages sont habillés à l'antique et portent des toges comme Dieu dans la scène de la création d'Adam (doc. 2)
A. Les corps nus musculeux rappellent les statues de l'Antiquité, par exemple celui d'Adam (doc. 2)
A. Un défi colossal : Michel-Ange réalise seul une peinture en perspective de 500 m² à 20 m au dessus du sol. Le Jugement dernier à lui seul couvre 170 m² de fresque. (doc. 3)
B. Par son ambition, sa démesure et son jusqu'au-boutisme, la fresque du Jugement dernier choque les contemporains qui ne sont pas habitués à des oeuvres d'une telle radicalité. (doc. 4 et 5)
C. Cette fresque est également une réflexion sur l'art et le statut de l'artiste (doc. 2) Elle contribue à le redéfinir par le prestige du commanditaire (le Pape) et par la gloire qu'elle apporte à son auteur. (docs 1 et 5)
3. Une oeuvre novatrice

Pourquoi la fresque de la Sixtine est-elle un chef-d’œuvre de la Renaissance italienne ?

2. Une fresque humaniste
A. Bien que le thème soit religieux, l'homme occupe une place centrale : multitude des personnages, place de Jésus, Adam aussi grand que Dieu ! (docs 2 et 3)
B. Michel-Ange a une maîtrise parfaite de la perspective, par exemple dans le Jugement dernier le point de fuite est au niveau du corps de Jésus. (doc. 3)
C. Il emploie également le clair-obscur pour accentuer relief et profondeur, ainsi dans création d'Adam la toge de Dieu. (doc. 2)

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Michel-Ange et le foyer italien

1508 - Michel-Ange peint la chapelle Sixtine

PPO2

Bilan du PPO : Situé à 20 mètres de hauteur, le plafond de la chapelle Sixtine se déploie sur 500 m² (40,5 x 13 mètres). Commande du pape Jules II, fruit de 4 ans de travail de Michel-Ange, la peinture est organisée en plusieurs scènes, séparées par une architecture imaginaire. Les scènes centrales sont tirées de l’Ancien testament (Genèse) et racontent la création du monde, de la création de la lumière au déluge, en passant par la création de l’homme. L’œuvre est révélatrice de la Renaissance : elle s’inspire de l’antiquité (corps nus, thèmes bibliques, architecture en trompe l’œil d'inspiration antique), place l’homme au cœur de l’œuvre (Adam, personnages nombreux, réalisme anatomique, clair obscur), et innove (statut de l'artiste). C'est un chef d'oeuvre d'un génie artistique de la Renaissance.

Michel-Ange (détail), peinture de Daniele da Volterra, 1545

Metropolitan Museum of Art., New-York, Etats-Unis

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

C. Des foyers italiens aux foyers du Nord : une Europe en effervescence

1. Le rôle des mécènes

De 1469 à 1492, Laurent de Médicis dirige la République de Florence et en fait le centre de la Renaissance artistique. C’est un grand mécène.

Laurent le magnifique, un mécène

Giorgio Vasari, Les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes, 1550, traduit par Léopold Leclanché.

Laurent de Médicis avait empli ses jardins de belles sculptures antiques ; les allées du parc et toutes les pièces étaient garnies d’admirables statues anciennes, de peintures et d’objets dus à la main des meilleurs maîtres qui aient jamais vécu en Italie et à l’étranger. C’était comme une école pour les jeunes peintres, les apprentis sculpteurs et tous ceux qui s’appliquent au dessin. Laurent favorisa toujours les beaux génies. À ceux qui, trop pauvres, n’auraient pu se consacrer à l’étude du dessin, il assurait les moyens de vivre bien, de se vêtir. Il accordait d’immenses récompenses à ceux qui, parmi eux, réalisaient les meilleurs travaux.

Le cortège des Mages, Benozzo Gozzoli, années 1440

La Renaissance en Europe au XVIème siècle

Palais Medici-Riccardi, Florence

Mécène : de Mécène, homme politique romain et ami de l'empereur Auguste au Ier s. av. J.‑C., qui a financé et protégé des artistes et écrivains. Un mécène désigne une personne qui soutient les artistes grâce à sa fortune personnelle.

II. Un temps de renouveau artistique

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

C. Des foyers italiens aux foyers du Nord : une Europe en effervescence

2. La diffusion de la Renaissance

La Cène, planche de la Grande Passion, Albrecht Dürer, 1497

Château de Chambord, 1519-1547

La Renaissance en Europe au XVIème siècle

Chasseurs dans la neige, Brueghel l'ancien, 1565

Kunsthistorisches Museum, Vienne

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

III.

Un temps de réforme religieuse

> Quelles mutations religieuses connaît l'Europe occidentale chrétienne aux XVème et XVIème siècles ?

III. Un temps de réforme religieuse

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. Un temps d'inquiétudes religieuses

L’angoisse face à la mort

Le triomphe de la mort, Pieter Brueghel l'Ancien, 1562

Le Triomphe de la mort, fresque de Giacomo Borlone de Buschis, 1485, oratoire des Disciplinaires, Clusone, Italie.

Musée du Prado, Madrid

Les critiques contre l'Eglise

Le pape vendant des indulgences, Passional Christi und Antichristi, Philipp Melanchthon, 1521

III. Un temps de réforme religieuse

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

A. Un temps d'inquiétudes religieuses

Les humanistes révisent les taductions anciennes de la Bible. Mais ils estiment surtout que l'accès aux textes sacrés doit être facilité par sa traduction en langue commune, le latin n'étant connu que des plus savants.

Les textes sacrés à la portée de tous

Érasme, Préface de sa traduction du Nouveau Testament, 1516.

Le soleil est un bien commun, offert à tout le monde. Il n’en va pas autrement avec la science du Christ […] Je suis tout à fait opposé à l’avis de ceux qui ne veulent pas que les lettres divines soient traduites en langue vulgaire pour être lues par les profanes, comme si l’enseignement du Christ était si voilé que seule une poignée de théologiens pouvait le comprendre, ou bien comme si le rempart de la religion chrétienne était fait de l’ignorance où on la tiendrait. Je voudrais que toutes les plus humbles des femmes lisent les évangiles, lisent les épîtres de saint Paul. Puissent ces livres être traduits en toutes les langues, de façon que les Écossais, les Irlandais, mais aussi les Turcs et les Sarrasins soient en mesure de les lire et de les connaître… Puisse le paysan au manche de sa charrue en chanter des passages, le tisserand à ses lisses en moduler quelque air, ou le voyageur alléger la fatigue de la route avec ses récits.

La Bible de Jacques Lefèvre d’Étaples (1450-1537)

La Saincte Bible en françoys translatée selon la pure et entière traduction de Saint Hierome, Anvers, édition de 1534

III. Un temps de réforme religieuse

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Luther et la réforme protestante

1517 - Luther ouvre le temps des réformes

PPO3

Moine et théologien allemand, Martin Luther enseigne à l’université de Wittenberg. Après les 95 thèses, il entre en conflit avec le pape qui l’excommunie en 1521. Menacé par l’empereur Charles Quint, il est protégé par divers princes. Il traduit la Bible en allemand et organise ensuite la Réforme et l’Église luthérienne.

Martin Luther

(v. 1483-1546)

Comment la doctrine de Luther donne-t-elle naissance à la réforme protestante ?

Vous présenterez Luther et les critiques qu'il formule contre l'Eglise catholique. Vous montrerez ensuite les thèses qu'il défend. Enfin, vous montrerez des conséquences de ses idées et de ses actions.

Martin Luther par Lucas Cranach l'Ancien, 1528

Minneapolis Institute of Art, Minnesota

20 minutes

Travail à 2

III. Un temps de réforme religieuse

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Luther et la réforme protestante

1517 - Luther ouvre le temps des réformes

PPO3

Consigne :

A l'aide de la vidéo, du dossier pp. 144-145 et de la carte p. 129, répondez à la problématique sous forme de schéma fléché.

20 minutes

Travail à 2

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Introduire le mot de passe

III. Un temps de réforme religieuse

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Luther et la réforme protestante

1517 - Luther ouvre le temps des réformes

PPO3

Bilan du PPO :En 1517 Martin Luther, un moine allemand, attaque violemment le pape dans ses « 95 thèses » et propose une nouvelle voie de Salut par la seule foi, sans l’intermédiaire de l’Église. Sommé de se soumettre, il préfère rompre avec le pape et est excommunié pour hérésie en 1521 et mis au ban de l'empire par Charles Quint en 1522.Protégé par le prince de Saxe, Luther reçoit le soutien de villes et de princes allemands qui « protestent » contre l’empereur qui leur refuse la liberté religieuse. Les idées de Luther, le luthéranisme, donnent naissance à la religion chrétienne protestante (ou réformée) et le culte luthérien se démarque du catholicisme.

Martin Luther par Lucas Cranach l'Ancien, 1528

Minneapolis Institute of Art, Minnesota

III. Un temps de réforme religieuse

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

B. Luther et la réforme protestante

La naissance des églises protestantes

Les principales différences entre religions

L’Europe religieuse à la fin du XVIème siècle

III. Un temps de réforme religieuse

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

C. Une Église rénovée mais divisée

Comment le concile de Trente (1545-1563) rénove-t-il l'Eglise catholique ?

L'Index des livres prohibés

Pape Pie IV, Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits), 1564.

Le concile de Trente confie au pape le soin de publier une liste des ouvrages interdits et d’établir les peines encourues pour l’impression, la diffusion ou la lecture de ces livres. Cette liste est connue sous le nom d’Index.

Règle 2. – Tous les livres des hérétiques, publiés […] par les archi-hérétiques Luther, Zwingli, Calvin […] et autres semblables, sont et demeurent entièrement condamnés. […].

Concile : assemblée d'évêques réunis pour délibérer sur des questions religieuses.

L'Eglise catholique triomphante parée des symboles du pape

L'hérésie protestante terrassée

Le pape Pie IV qui préside le concile

Paul III et Ignace de Loyola

Anonyme, XVIème siècle, église du Gesù, Rome.

En 1540, Paul III approuve les statuts de la Compagnie de Jésus, présentés par Ignace de Loyola. Placé sous l’autorité directe du pape, l’ordre jésuite a pour mission de défendre la foi catholique par l’enseignement.

Les décisions du concile

Actes du concile de Trente, Session XXV.

Les évêques doivent être irréprochables, sobres, chastes. Qu’ils fuient les vices et suivent les vertus. Le saint Concile ordonne et déclare que la Vulgate [la Bible en latin] soit tenue pour authentique et que nul que ce soit, ne présume de la rejeter. Qu’il y a sept sacrements : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’extrême-onction, l’ordre et le mariage. Si quelqu’un dit que dans l’Église catho-lique, il n’y a pas de hiérarchie composée des évêques, des prêtres et des ministres, instituée par une disposition divine, qu’il soit anathème1. Instruire avec soin les fidèles, principalement au sujet de l’intercession2 des saints, de leur invocation, de l’honneur dû à leurs reliques et du légitime usage de leurs images. On doit avoir et garder, surtout dans les églises, les images du Christ, de la Vierge Marie, mère de Dieu et des autres saints, et leur rendre l’honneur et la vénération qui leur sont dus.

1. Excommunié, rejeté hors de l’Église catholique.2. Agir en faveur d’une personne.

L'art baroque au service du catholicisme

Un concile pour lutter contre l'hérésie

Eglise du Gesù, Rome.

Fresque de Pascuale Cati da Lesi, 1588, Rome

Trente réaffirme le pouvoir de l'image sur la foi. Il encourage l'édification d'église richement décorées pour faire pièce au dépouillement des temples protestants.

III. Un temps de réforme religieuse

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

C. Une Église rénovée mais divisée

Les guerres de religion en France

Lettre du magistrat Étienne Pasquier à un correspondant réfugié en Suisse, 1568.

Il serait impossible de vous dire quelles cruautés barbares sont commises de part et d’autre. Là où le huguenot [protestant] est maître, il ruine toutes les images ; il démolit les sépulcres et tombeaux ; passant par Cléry, il a même détruit celui du roi Louis XI ; il enlève tous les biens sacrés des églises. En échange de cela, le catholique tue, meurtrit, noie tous ceux qu’il connaît de cette secte, et les rivières en regorgent. Et parmi cela, quelques-uns exécutent leurs vengeances privées sur leurs ennemis en profitant de la querelle publique.

Guerres et paix de religion en Europe au XVIème siècle

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

Conclusion

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

Conclusion

> Comment la rupture avec le Moyen Âge entraîne-t elle un nouveau regard sur le monde et la place que l'homme y occupe ?

Les XVème et XVIème siècles sont incontestablement une période de changements profonds et très rapides, dont les hommes du temps ont eu conscience. C’est une période de :

  • bouillonnement intellectuel,
  • de renouveau artistique,
  • d'intense questionnement religieux.
Mais c’est aussi un siècle d’une violence extrême où la foi dans l'homme laisse la place aux guerres faites au nom de la religion et où l’on établit la traite dans le Nouveau Monde.

Renaissance, humanisme et réformes religieuses

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L’Italie attire de nombreux artistes européens désireux de se perfectionner et exerce au XVIème siècle une grande influence artistique sur l’Europe. La Renaissance se diffuse à la faveur des voyages des artistes mais prend des caractéristiques nationales. On distingue :

  • une Renaissance française : François Ier fait venir en France des artistes comme Léonard de Vinci ou Benvenuto Cellini. Ses châteaux de la Loire et d’Île de France gardent des caractéristiques françaises (toits en ardoise, tours…) mais adoptent désormais des formes italiennes (chapiteaux, pilastres, frontons…) ;
  • une Renaissance rhénane, marquée par la figure de Dürer en Allemagne dont les gravures adoptent la perspective ;
  • une Renaissance flamande aux Pays-Bas. Les artistes sont influencés par l’Italie dans leurs techniques mais s’intéressent peu à la mythologie antique et préfèrent peindre des portraits ou des paysages (Brueghel l’Ancien).

Les autres régions d’Europe, à l’écart des principaux courants commerciaux, sont moins concernées par la Renaissance artistique.

Dans le même temps avec l’humanisme et l’invention de l’imprimerie (en 1455, la Bible de Gutenberg est le premier livre imprimé en Europe), les mentalités évoluent et une volonté de retour aux sources et d’étude de la Bible par les fidèles se fait jour. Traduit, imprimé dans les langues vernaculaires, le texte des Évangiles doit permettre le retour à une religion plus simple et à une relation plus directe avec Dieu.

La fin du Moyen-âge est marquée par des préoccupations eschatologique : les malheurs de l’époque (guerre de 100 ans, grande peste...) sont vus comme des sanctions divines et semblent annoncer le jugement dernier.La question du Salut préoccupe donc les Chrétiens alors même que l’Église est en proie à de nombreuses critiques depuis le XVème siècle. Le clergé est accusé de manquer d’exemplarité (Erasme) et de surtout se préoccuper de ses revenus. Les attaques se concentrent sur la vente des indulgences qui servent à financer les chantiers de Rome.

Puisant leur inspiration dans les auteurs antiques (Platon, Cicéron, Plutarque), les humanistes rejettent l’image négative et pessimiste de l’homme portée par la religion. Au contraire ils mettent l’homme - et non Dieu - au centre de la création (Pic de la Mirandole) et de leurs préoccupations. L’homme n’est plus seulement un être qui a commis des péchés et qu’il faut punir, il devient un être plein de promesses : il dispose d’un esprit critique et peut exercer son libre arbitre. L'homme ne peut exprimer son potentiel et s'élever que par l’éducation et la maîtrise de soi (Rabelais). Profondément optimistes, les humanistes rêvent à la société idéale (Thomas More). La pensée humaniste est une foi totale en l'homme et en ses capacités.

L’Église sort rénovée de Trente mais l’unité religieuse de l’Europe en perdue : des territoires entiers ont adopté les Réformes et en 1560, 40% des Européens sont devenus protestants. Des guerres civiles éclatent dans les pays où plusieurs communautés religieuses se côtoient, notamment dans l'Empire germanique entre 1547 et 1552 et en France (massacre de la Saint Barthélémy, 1572) entre 1562 et 1598. La paix ne revient que grâce à des mesures de tolérance comme l'édit de Nantes en 1598 qui restaure en France une paix précaire.

Grâce à l’imprimerie et à certains artistes comme Cranach ou Dürer, les idées de Luther se diffusent dans le centre et le nord de l’Allemagne et jusqu’en Scandinavie. La diffusion devient telle qu’en 1555, à la paix d'Augsbourg, Charles Quint doit reconnaître l'existence du Luthéranisme en Allemagne.D’autres courants protestants naissent à sa suite, le rigoureux calvinisme autour de Jean Calvin, un français réfugié en Suisse, qui envoie des pasteurs en France, aux Pays-Bas et en Angleterre.En Angleterre, c’est le roi Henri VIII qui rompt avec Rome pour des raisons politiques et crée l’anglicanisme dont il devient le chef. S'il s’inspire de la pensée luthérienne (2 sacrements, langue vernaculaire), il garde la hiérarchie et les fastueuses cérémonies catholiques.

Comme les humanistes, les artistes placent l’homme au cœur de leur préoccupations et l’art du portrait se diffuse (portraits de cour, Les époux Arnolfini de van Eyck, La Joconde de Vinci…). Ils veulent représenter un homme, dont la beauté idéale reflèterait la perfection divine (David, Michel-Ange). Ils établissent des canons de la beauté avec des proportions idéales pour le corps, souvent représenté nu, comme pour le visage. S'ils continuent à représenter des scènes religieuses ils ne s'y limitent plus et s'inspirent de la mythologie gréco-romaine (La naissance de Vénus, Botticelli).

L’Église catholique cherche d’abord à faire réprimer le protestantisme mais ses attaques la contraignent à entamer sa propre réforme. Entre 1545 et 1563, un concile (assemblée d’évêques autour du pape pour débattre du dogme) se réunit à Trente en Italie pour réfléchir à la Contre-Réforme. Il réaffirme les principes de l'Église catholique (importance de la hiérarchie ecclésiastique, maintien des sept sacrements) mais prend en compte les critiques sur la formation du clergé (séminaires, bréviaires pour les prêtres) ou l’encadrement des fidèles (catéchisme des enfants). L’Église veut également reconquérir les fidèles perdus : de nouveaux ordres religieux comme les Jésuites fondés par Ignace de Loyola en 1534 sont créés pour prêcher le catholicisme tandis que l’art baroque est mis au service de l’exaltation des églises catholiques et doit, par sa profusion, s’opposer à l'austérité des temples protestants.

Aux XVème et XVIème siècles, les artistes italiens délaissent l’art du Moyen Âge. Tout comme les humanistes, ils se passionnent pour l’Antiquité gréco-romaine : peintres et sculpteurs s’inspirent des statues antiques (Michel-Ange, Donatello), les architectes comme Palladio reviennent aux formes antiques comme le fronton, les colonnes, les chapiteaux ou la coupole (duomo de S. Maria del Fiore à Florence, Brunelleschi).

L’Italie, où les vestiges de l’Antiquité sont nombreux, est le premier foyer de la Renaissance et Florence apparaît comme un de ses berceaux. Les Médicis qui dirigent la cité (Laurent le magnifique) sont des mécènes : ils garantissent hospitalité, protection et argent aux artiste mais attendent d’eux qu’ils mettent en scène leur pouvoir et leur garantissent une gloire immortelle. A l’image des Médicis, papes, nobles et princes se font mécènes : ils s'attachent les artistes renommés, leur commandent des œuvres et les font venir à leur cour. Rome, Milan ou Venise deviennent à leur tour de grands foyers artistiques.

Mais c’est surtout la révolution de l’imprimerie qui permet une vaste diffusion de la pensée humaniste. Mise au point vers 1450 à Mayence par Gutenberg (caractères mobiles à plomb), elle permet de reproduire les livres en un très grand nombre d'exemplaires. Entre 1500 et 1600, 200 millions de livres sont ainsi imprimés dont 40% en langue vernaculaire. Moins cher et plus accessible (livre de poche), le livre bouleverse le rapport à la connaissance et la diffusion du savoir. Il devient un objet commercial et sa fabrication entraîne la naissance de nouveaux métiers.

En arrière-plan :
L'Ecole d'Athènes

L'École d'Athènes est une fresque décorant Camera della Segnatura, l'ancienne bibliothèque privée des papes, au Vatican à Rome. Peinte de 1509 à 1512, par Raphaël à la demande du pape Jules II, elle symbolise la Philosophie et la recherche du vrai par les philosophes, les mathématiciens et les astronomes de l'Antiquité. Elle s'oppose à une autre fresque de Raphaël peinte dans la même salle, La Dispute du Saint-Sacrement, qui représente la victoire de la théologie chrétienne sur la pensée païenne antique. L'Ecole d'Athènes mesure 770 cm x 440 cm.

Raffaello Sanzio, "Raphaël", (6 avril 1483, Urbino - 6 avril 1520, Rome); est un peintre, architecte et poète de la Renaissance. Considéré comme l'un des trois "maîtres" de la Renaissance, sa « manière » est d'une importance vitale pour le développement de l'art des siècles suivants à la fois à travers ses collaborateurs qui ont perpétué sa langue pendant des décennies, et par contraste à travers le rejet de son œuvre initiée par Le Caravage.

Son influence sur l'histoire de l'art occidental est telle qu'il est établi comme modèle fondamental pour toutes les académies des beaux-arts jusqu'à la première moitié du XIXe siècle, le mythe de Raphaël atteint l'avant-garde du XXe siècle et l'art contemporain du XXIe siècle, au point de toucher d'autres arts comme le cinéma et la bande dessinée.

La période qui va du milieu du XVème siècle au milieu du XVIème siècle, à la charnière du Moyen-Âge et de l’époque moderne, est qualifiée en Europe de Renaissance depuis le XVIème siècle (Vasari le premier parle de Rinascita). En réalité ses bornes chronologiques sont difficiles à établir : le phénomène qui touche presque toute l'Europe débute dès le XIVème siècle en Italie et ne s’achève qu’au milieu du XVIIème siècle en Angleterre.Elle se caractérise par la volonté de rompre avec l’époque précédente, dans un contexte de grande effervescence culturelle et artistique au cours de laquelle les intellectuels cherchent à établir un nouveau lien avec l'Antiquité. Plaçant l’homme au centre de leurs réflexions, ils conservent cependant de fortes préoccupations religieuses ce qui amènent certains d'entre eux à remettre en cause l'autorité du pape et à rompre avec l'Église catholique.

Par leurs travaux, les humanistes renouvellent la pensée de leur époque. Malgré les oppositions, notamment de l'Eglise, ils s’intéressent aux sciences et leurs travaux englobent la cartographie, l’anatomie du corps humain (Vésale) ou encore l'univers (Copernic et l'héliocentrisme). Ils font également le choix d’écrire et d'exposer leurs idées en langue vernaculaire et non plus en latin (Montaigne, Rabelais).

Cherchant aussi à dépasser l’Antiquité, ils se servent des progrès de l’anatomie représenter de façon minutieuse le corps humain. Ils utilisent de nouvelles techniques : ils ne peignent plus seulement sur du bois ou sur des murs, mais aussi sur des toiles et se mettent à utiliser la peinture à l’huile, inventée aux Pays-Bas. Utilisée d’abordpar le peintre flamand Jan Van Eyck, cette technique consiste à lier les pigments de couleur broyés avec des huiles grasses (lin, noix) pour garantir un plus bel éclat des couleurs et permettre des effets picturaux nouveaux (transparence, sfumato, clair-obscur).

Les artistes délaissent le style médiéval jugé trop symbolique et statique, et cherchent à représenter le monde réel tel que perçu par l’œil. Dans cette quête de réalisme ils découvrent les règles de la perspective, qui donne l’illusion de la profondeur en faisant converger toutes les lignes structurantes – ou lignes de fuite – vers un point unique – ou point de fuite – attirant le regard du spectateur. Cette technique nouvelle est exposée pour la première fois en 1435 par Leon Battista Alberti dans son traité De la peinture. L’esthétique nouvelle met aussi en valeur le mouvement et la lumière tandis que l’intérêt pour la nature transparaît dans le soin apporté aux paysages d’arrière-plan.

L’Église sort rénovée de Trente mais l’unité religieuse de l’Europe en perdue : des territoires entiers ont adopté les Réformes et en 1560, 40% des Européens sont devenus protestants. Des guerres civiles éclatent dans les pays où plusieurs communautés religieuses se côtoient, notamment dans l'Empire germanique entre 1547 et 1552 et en France (massacre de la Saint Barthélémy, 1572) entre 1562 et 1598. La paix ne revient que grâce à des mesures de tolérance comme l'édit de Nantes en 1598 qui restaure en France une paix précaire.

Au travers d’une intense correspondance, de nombreux voyages, des réseaux d'amitié se constituent dans toute l'Europe et les humanistes ont le sentiment d'appartenir à une « République des lettres », une République humaniste sans frontières. Né en Italie, le mouvement se diffuse à l’Europe avec plusieurs foyers (Angleterre, France, Flandres).Des lieux privilégiés de discussion entre érudits se forment et les cours princières sont des lieux de rencontre entre humanistes, de véritables pépinières intellectuelles. Les humanistes y occupent un poids croissant et se font parfois conseillers des princes (Machiavel).

Grâce à l’imprimerie et à certains artistes comme Cranach ou Dürer, elle se diffuse dans le centre et le nord de l’Allemagne et jusqu’en Scandinavie. Sa diffusion devient telle qu’en 1555 Charles Quint doit reconnaître son existence en Allemagne (paix d’Augsbourg).D’autres courants protestants naissent à sa suite, le calvinisme autour du français réfugié en Suisse, Jean Calvin, qui envoie des pasteurs en France, aux Pays-Bas et en Angleterre.En Angleterre, c’est le roi Henri VIII qui rompt avec Rome pour des raisons politiques et crée l’anglicanisme qui s’inspire de la pensée luthérienne (2 sacrements) tout en gardant la hiérarchie et les fastueuses cérémonies catholiques. Il en devient le chef.

C’est en Italie du nord en premier que des « hommes de lettres » approfondissent l’apprentissage des langues anciennes (grec, latin, hébreu) et se spécialisent dans l’étude des textes antiques. Ils les comparent aux manuscrits du Moyen-Âge pour en corriger les fautes de copie, les restituer dans leur forme originale et en proposer des traductions et des commentaires rigoureux, c’est la naissance d’une nouvelle discipline : la philologie (Lorenzo Valla, Guillaume Budé). Ces hommes de lettres commentent, traduisent et font imprimer les textes pour diffuser la connaissance au plus grand nombre et se détournent peu à peu de l’enseignement dispensé dans les universités : un mouvement intellectuel, l’humanisme, naît.

Le XVIème siècle entend marquer une rupture avec la période médiévale présentée comme un âge sombre, de barbarie. Lettrés, savants et artistes redécouvrent avec enthousiasme la culture antique qui devient leur modèle. Selon ces érudits, le Moyen Âge avait une connaissance incomplète des œuvres antiques, déformées par les erreurs de copie et l’utilisation d’un latin médiéval éloigné du latin classique. Ils entreprennent de retrouver et collecter les manuscrits latins et grecs. Après 1453 et la prise de Constantinople par les Ottomans, des savants byzantins s’installent en Italie, apportant avec eux quantité de textes antiques alors inconnus – comme les œuvres du philosophe grec Platon ou les écrits d’Euclide et Archimède – ce qui permet leur redécouverte en Europe.