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Découvrir Francis Ponge et l'œuvre au programme

BERNAVILLE

Created on August 8, 2023

Cours inversé Mme Bernaville Objet d'étude de la poésie

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Transcript

Mise en ligne des ressources

Elèves en autonomie sur les ressources

Classe de 1e

Francis Ponge

Mme Bernville

Initiation

Créer un îlot de 3/4 personnes

1-Répartissez-vous le travail d'analyse des ressources
2-Prendre des notes sur ce qui vous semble important + repérer ce qui pose des difficultés
3-Demander des explications à Mme Bernaville pour les éléments incompris ou confus

Travail récupéré par Mme Bernaville

4-Faire une fiche récapitalative sur la biographie de Ponge, son oeuvre et en particulier du recueil La Rage de l'expression en reliant les notes de chacun
5-Créer une capsule vidéo "un microreportage" d'environ 2 min sur Francis Ponge pour rendre compte des apprentissages

Francis Ponge

Réflexion sur l'oeuvre

Synopsis

«Peu m'importe après cela que l'on veuille nommer poème ce qui va en résulter. Quant à moi, le moindre soupçon de ronron poétique m'avertit seulement que je rentre dans le manège, et provoque mon coup de reins pour en sortir. » Francis Ponge, "Berges de la Loire", 1e poème du recueil.

Francis Ponge questionne les représentations traditionnelles de la poésie, l’exercice de la description littéraire, le piège des images poétiques qui tendent à embellir leur objet parfois jusqu’à l’effacer. Loin de l’image traditionnelle du poète, l’écrivain se présente en scientifique qui observe, expérimente, doute et remet en question son projet poétique et linguistique.

L'un des poètes les plus remarqués du XXe.

Lecture de "Berges de la Loire" par Denis Podalydès 1e poème du recueil

Auteur : Francis Ponge

Editeur : Folio Lycée

Francis Ponge

Les peintres contemporains de Ponge

Du cratylisme à Ponge ?

Le lien entre Arthur Rimbaud et Ponge

Index

Explication sur le titre du recueil La Rage de l'expression

La forme des poèmes du recueil

Oeuvre pongienne

Biographie de l'auteur

Info

Contexte politique de l'écriture poétique

Composition de La rage de l'expression

Le recueil et l'écriture scientifique

Info

Info

Le recueil est le jeu/humour

Thème de l'objet dans La Rage de l'expression

Le mouvement Dada (Dadaisme)

Le recueil et la réflexion sur le langage

Le mouvement du Surréalisme

Thème de la figure du poète dans La Rage de l'expression

Info

Thème du rejet de l'écriture traditionnelle dans La Rage de l'expression

La visée morale du recueil

L'écriture de Francis Ponge

La Rage de l’expression est divisé en sept sections. Les sept pièces qui composent cette mosaïque verbale ont été écrites bien avant, de 1938 à 1944 1- Dans « Berge de la Loire », première section de ce recueil, Francis Ponge pose le principe qui va présider à son écriture : « une rectification continuelle de mon expression […] en faveur de l’objet brut ». Le poète est donc au service de l’objet et non de la forme ou de la beauté des phrases. 2- Dans « La Guêpe », Francis Ponge réalise une description humoristique et scientifique de l’insecte. L’écrivain tente d’approcher son objet par de nombreuses analogies : « danseuse » , « brasier pétillant » , « balle de fusil » , « forme musicale » . 3- Dans « Notes prises pour un oiseau », le poète s’évertue à trouver les caractères communs à tous les spécimens de cette classe d’animaux. Il analyse les déviances symboliques qui ont été imposées à l’oiseau et souhaite revenir à l’essentiel : non ce que nous évoque l’oiseau, mais ce qui fait sa « qualité ». Dans les deux sous-sections suivantes, « Notes prises pour un oiseau » et « Nouvelles notes pour mon oiseau », il écrit contre tout attente un texte poétique plus traditionnel, dans une alternance de décasyllabes et d’alexandrins. 4/5 Dans « L’œillet » et « Le Mimosa », Francis Ponge s’efforce d’aboutir à l’évocation le plus juste possible de chacune de ces deux plantes. Il consulte le Littré (dictionnaire de la langue française publié pour la première fois en 1863 par Émile Littré), s’essaie à des styles ou registres différents. 6- Dans « Le Carnet du bois de pin », il cherche à saisir les caractéristiques du bois de pins. Il utilise souvent le signe de l’accolade ({ }) pour montrer la multiplicité des expressions possibles. À la fin de la section, il relit et commente ses notes avec une sévérité impitoyable jusqu’à conclure : « Tout cela n’est pas sérieux. » Le manuscrit du « Carnet du bois de pin » a été lu par Gabriel Audisio, une connaissance de Francis Ponge liée au milieu littéraire, (nommé G.A. dans le poème), avec qui s’ensuit une correspondance. Pour Gabriel Audisio, l’ambition de Ponge de connaître l’objet est vouée à l’échec car l’artiste « ne peut prétendre à mieux qu’éterniser le moment conjoint de la chose et de lui ». Ponge rétorque qu’il ne se veut pas poète et que « Le carnet du bois de pin » est la tentative d’assassinat d’un poème par son objet. Il est composé de quatre parties : ⦁ "Le plaisir des Bois de pins" ⦁ "Formation d'un abcès poétique" : texte teinté d'ironie autour du terme d'abcès relativement à la description du Bois des pins et ses variantes. ⦁ "Tout cela n'est pas sérieux" : l'objet de la description s'enrichit des variations poétiques des parties précédentes ⦁ "Appendice au "Carnet du Bois de pins" : cette partie est consacrée à la création poétique "Appendices". Elle s'enrichit de "Pages bis", 6 août 1940 et de "Correspondances" 1941 7- Dans « La Mounine », Ponge tente de rendre compte d’un ciel de Provence – au lieu-dit « La Mounine », entre Marseille et Aix, un matin d’avril – qui provoqua chez lui une émotion profonde. Francis Ponge réfléchit au sens de son écriture : pour lui, sa démarche est proche de celle d’un scientifique. Il ne se considère pas poète, mais savant.

Francis Ponge rompt avec la représentation traditionnelle du poète, être romantique et passionné, capable de capturer la beauté du monde dans des moments de fulgurance. Il privilégie au contraire une approche objective et scientifique de la poésie. Par exemple, il part du dictionnaire, le Littré, qu’il utilise abondamment et dont il reporte scrupuleusement les définitions comme dans « Le Mimosa » ou dans « Le Carnet du bois de pins ». Il n’hésite pas à utiliser l’Encyclopédie ou tout ouvrage à caractère scientifique ou informatif, s’éloignant ainsi de l’inspiration par les Muses attribuée aux poètes classiques. « Je me veux moins poète que savant » écrit-il à Gabriel Audisio dans sa lettre du 19 juillet 1941.

Révéler le processus d'écriture chez Ponge signifie révéler une méthode de création au sens de chemin suivi par le poète. "My creativ method" : méthode désignant le chemin dont Ponge se sert pour illustrer sa poétique après Le Parti pris des choses. Il évoque les différentes étapes de son travail caractéristiques du processus d'écriture. L'écriture poétique suppose un travail sur le langage, La Rage de l'expression révèle la création poétique, son évolution au sens d'un travail et d'une méthode d'écriture toujours relancée par sa quête.

Le titre du recueil manifeste un mouvement de dépit et de colère : la « rage » de s’exprimer par la parole et l’écriture est revendiquée par l’écrivain alors que les dictatures sévissent en Europe. « Écrire contre », contredire « tout ce qui a été écrit avant », tel est le programme de Ponge, qui refuse de se dire poète.

"Le Mimosa" offre plusieurs variantes d'un même poème dans le but de mettre en avant le processus de sa pensée = rendre le travail préparatoire visible. On trouve ainsi "Pages-bis" dans "Carnet du Bois des pins" et des extraits de correspondance ou des astérisques pour souligner l'évolution de ses réflexions dans "Berges de la Loire". Ainsi le poète dissocie et recompose comme le peintre. C'est ainsi qu'il travaille dans son atelier pour fabriquer son texte et dans le but de le matérialiser davantage, il soigne la typographie, s'approprie la page blanche comme le peintre s'approprie sa toile.

En Europe comme en Amérique, de jeunes artistes tels que Hugo Ball (écrivain), Marcel Duchamp (plasticien), Tristan Tzara (écrivain et poète) et Marcel Janco (peintre et architecte) remodèlent l’art en effectuant à travers leurs œuvres une véritable recherche de la liberté, de la légèreté et de l’humour. Par maints jeux de langage, les artistes Dada, adolescents durant la guerre, désirent donner une connotation positive à tous les mots, pour faire table rase avec le langage et la logique du monde, instaurer une vision et des valeurs nouvelles, plus proches de leurs idéaux.

-En 1926 paraît Douze petits écrits, où s'affirme déjà le défi qu'il lance au langage. - C'est dans les années trente qu'il compose les fameux « poèmes-objets » du Parti pris des choses (1942), en y consacrant « vingt minutes par soirée ». Le titre est inspiré d'une phrase écrite dans un texte engagé surréaliste, qui invite à « prendre jusqu'au bout le parti pris des choses ». - En 1944, il devient responsable des pages littéraires de l'hebdomadaire communiste Action, rencontre Braque, Picasso, Sartre. Il écrit Le Carnet du bois de pins et La Rage de l'expression (1952), recueils où s'affirme sa « tentative d'assassinat d'un poème par son objet » : conscient du danger de produire des textes-bibelots trop léchés, trop parfaits, il préfère aux ratures les variations et les répétitions pour donner à voir « le journal de son exploration. » -Le Grand recueil, qui paraît en 1961, définit clairement, en alternant textes théoriques et poèmes, son esthétique. Avec Tome premier (1965) et Nouveau recueil (1967), qui rassemblent une somme importante de ses écrits, il atteste de la richesse et de l'étendue d'une œuvre, jugée jusqu'ici minimaliste. -La Fabrique du pré, publié en 1971, s'inscrit dans la recherche de l’écriture poétique. Dans ce recueil hétéroclite, Ponge commente sa propre production et révèle les différentes étapes – réflexion théorique, versions manuscrites, publiées sur des feuilles vertes et blanches – de l'écriture du « Pré », texte de quelques pages, imprimé sur fond brun. Le poète se détourne de ces formes brèves et s'interroge sur la genèse de l'écriture. Avec l'« objeu », l'objet décrit est source infinie de jeux (typographiques, étymologiques, homonymiques...). Il tire de cette manipulation verbale une jouissance qui culmine dans l'orgasme de « l'objoie »

Dans les années 1920, le surréalisme constitue une révolution esthétique. Apollinaire, précurseur de « L’Esprit Nouveau », s'attaque à la déconstruction du réel et est l’un des premiers poètes à supprimer de sa poésie toute ponctuation. Défini par Breton en 1924 comme « automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer […] le fonctionnement réel de la pensée », le processus de création surréaliste consiste à laisser faire l'inconscient en libérant l'imaginaire et le désir (écriture automatique). Le surréalisme est un état d'esprit qui vise à rechercher, dans le monde réel, dans la vie quotidienne, les faits insolites ou mystérieux qui fournissent un matériau pour la création artistique. Breton va s'intéresser à tout ce qui échappe à la raison et à la conscience : les sciences occultes, la folie, etc. Ce goût de l'étrange va donner lieu, en poésie, à des images insolites. Exemple « La terre est bleue comme une orange. » (L'Amour la poésie, Eluard, 1929.)

En analogie avec la philosophie de Camus, Ponge reconnaît l'absurdité du monde. Nous devons rappeler sa position antireligieuse et son combat contre l'obscurantisme au profit des Lumières. L'écriture poétique doit éclairer l'homme et le monde.

"Le Saint-Esprit est bien une colombe si je ne m'abuse", Notes prises pour un oiseau.

Ponge propose une écriture tournée vers l'homme et détournée de Dieu

Son écriture est investie d'une mission protéiforme : - Celle d'enseigner à l'homme son véritable rapport au monde - Celle de grandir l'homme "Faire gagner à l'esprit humain ces qualités dont il est capable et que seule sa routine l'empêche de s'approprier" dans "L'Oeillet". - Celle de le rendre meilleur en changeant son regard sur le monde par le langage.

C’est que l’ambition de Ponge est moins d’aboutir à un poème que de « fonder une science » comme il l’écrit à son ami Gabriel Audisio. Son écriture se rapproche ainsi de celle d’un scientifique comme le montre la section « La Guêpe » qui s’ouvre sur une terminologie savante avec le terme « Hyménoptère ». Afin de définir la guêpe, le poète procède comme un laborantin : par approximation (« Elle semble vivre… »), hypothèse, supposition, analogie (« Analogie de la guêpe et du tramway électrique »). Le champ lexical de la physique (« choc », « mécanique », « contact électrique », « vibration ») dévoile un imaginaire et une exigence scientifiques. De façon encore plus surprenante, dans « Le carnet du bois de pins », après avoir exploré de multiples « variantes » d’expressions, Francis Ponge propose une série de dispositions combinatoires ( « 1 2 3 4 5 / 1 2 4 3 5 etc. »), comme si le poème suivait une loi mathématique. Cette méthodologie scientifique transparaît également dans son recours systématique au Littré, dictionnaire de la langue française élaboré en 1841. En partant d’une définition et d’une étymologie, le poète adopte une approche objective des mots.

Chacun sera noté selon son travail personnel = pas de note de groupe !

Ce recueil est une réflexion littéraire sur son art d'où l'omniprésence du champ lexical de la langue dans ses poèmes : « trouvaille verbale », « propos », « arrangement », « expression »…. Francis Ponge se fait même critique littéraire de lui-même, parfois avec une sévérité impitoyable : « En ce qui concerne le bois de pins, je viens de relire mes notes. Peu de choses méritent d’être retenues (…) Mais il faut que je me débarrasse d’une tendance à dire des choses plates ou conventionnelles. Ce n’est vraiment pas la peine d’écrire si c’est pour cela » (Le Carnet du bois de pins). Cette distance avec sa propre écriture relève de la fonction métalinguistique de langage : la langue est utilisée pour porter une réflexion sur elle-même.

Les jeux de mots, très présents dans le recueil vont parfois jusqu’aux calembours : « Pantomime, mimosa. / Un fervent de la pantomime osa / Enfer ! Vendre la pente aux mimosas. » (« Le Mimosa »)

Il explore toutes les ressources du mot (signifiant, signifié, dénotations, connotations). Volubile et enthousiaste, fougueux et musard, avec des pointes d’humour et de la malice, il exploite le magma linguistique (étymologie, jeux de mots, associations d’images, métaphores, intuitions sémantiques, définitions, repentirs, variantes, acrostiches, etc.) pour mieux déblayer les habitudes d’écrire, de penser et de vivre.

A faire en autonomie à la maison

Né en 1899 dans le sud de la France au sein d’une famille protestante, Francis Ponge fait des études littéraires et philosophiques brillantes à Caen puis Paris. Il affirme son goût pour les auteurs de l'Antiquité et pour le poète Malherbe, dont il apprécie la justesse. Il commence à fréquenter le cercle littéraire de la NRF, et voit en Jean Paulhan, le nouveau directeur de la prestigieuse revue, son mentor. Il s'insurge contre l'académisme d'un Valéry ou d'un Gide et revendique l'héritage révolutionnaire de Rimbaud, Lautréamont et Mallarmé. Il multiplie les petits boulots dans l'édition, milite au parti socialiste puis communiste, entre 1937 et 1947, et écrit le soir. Pendant la guerre, Ponge, résistant, officie comme agent de liaison. En 1944, il devient responsable des pages littéraires de l'hebdomadaire communiste Action, rencontre Braque, Picasso, Sartre. Ses difficultés financières l'amènent à travailler dans les assurances, puis à l'Alliance française, où il enseigne jusqu'à la retraite. Pendant toutes ces années, le « proête » (poète en prose) du quotidien publie énormément. La revue d'avant-garde Tel Quel le prend pour père spirituel, et Ponge accorde à Sollers une série d'entretiens. L'aura du poète s'étend encore dans les années 1970 et 1980. Il multiplie les conférences, en France et à l'étranger, reçoit le Grand Prix de Poésie de l'Académie française, et continue de publier jusqu'à sa mort, en 1988.

Francis Ponge rompt avec la représentation traditionnelle du poète, être romantique et passionné, capable de capturer la beauté du monde dans des moments de fulgurance. Il privilégie au contraire une approche objective et scientifique de la poésie. Par exemple, il part du dictionnaire, le Littré, qu’il utilise abondamment et dont il reporte scrupuleusement les définitions comme dans « Le Mimosa » ou dans « Le Carnet du bois de pins ». Il n’hésite pas à utiliser l’Encyclopédie ou tout ouvrage à caractère scientifique ou informatif, s’éloignant ainsi de l’inspiration par les Muses attribuée aux poètes classiques.

Francis Ponge veille dans son recueil à « En revenir toujours à l’objet lui-même, à ce qu’il a de brut, de différent » (« Berges de la Loire »). L’objet est donc placé au premier plan. Il prime sur toute forme verbale ou poétique. L’auteur reproche en effet à la poésie traditionnelle de contourner l’objet, de l’invisibiliser en l’exploitant ou en l’embellissant. Pour Francis Ponge, il convient de rendre à l’objet sa liberté : « Reconnaître le plus grand droit de l’objet, son droit imprescriptible, opposable à tout poème… » (« Berges de la Loire »). Par cette formulation humoristique, qui parodie la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le poète confère à l’objet un statut autonome qui impose un devoir à l’auteur : celui de ne pas le dénaturer.

Un siècle poétique marqué par deux guerres mondiales La Première Guerre mondiale a profondément marqué la poésie du début de siècle. De nombreux poètes participent aux combats et certains sont touchés ou meurtris : Péguy(1) meurt au front, Cendrars (2) est amputé d'un bras et Apollinaire (3) y est blessé. Même s'ils ne sont pas marqués dans leur chair, Breton (4) et Aragon (5) n'oublieront jamais les combats et les souffrances endurées par tant d'hommes. La littérature, forcément, va porter les stigmates de cette douloureuse période. La Seconde Guerre mondiale Durant la Seconde Guerre mondiale, en réaction à l’occupation allemande, nait la poésie engagée. De nombreux poètes se font combattants : ils s’engagent alors dans la Résistance pour combattre l’Occupation, et ils s’engagent également à travers leurs poèmes. Il apparait clairement que le poète a un rôle à jouer dans la société : il doit défendre les valeurs françaises et soutenir les efforts de la Résistance. Parmi les thèmes récurrents figurent ceux de la liberté ou du combat. La liberté est notamment défendue dans le poème « Liberté », composé par Paul Eluard et parachuté en milliers d’exemplaires en 1942. Exemple « Sur mes cahiers d’écolier / Sur mon pupitre et les arbres / Sur le sable sur la neige / J’écris ton nom » (« Liberté », Poésie et vérité, 1942) Louis Aragon, Robert Desnos (6) et Jacques Prévert (7) sont également des poètes engagés.

Ponge veut aboutir à l’expression juste, vraie, qui donne une représentation complète et objective de la réalité de l’objet. Mais cette recherche est une « conquête » comme l’écrit Francis Ponge lui-même dans l’« Appendice au « Carnet des bois de pins » ». En effet, le poète se heurte au « mutisme habituel de l’objet » (« L’Œillet »). Sa tâche est donc complexe : « Oh ! qu’il est difficile d’approcher de la caractéristique des choses ! » s’écrit-il dans « Le Mimosa ». Cet aveu nous fournit des pistes pour interpréter le titre du recueil, La Rage de l’expression : l’expression est-elle rageuse elle-même ou le poète est-il rageur parce que l’expression juste finit toujours par lui échapper ?

Ponge cherche à renouveler l’art de la poésie. Il se méfie tout d’abord de la forme poétique qu’il perçoit comme un piège, au point de se donner comme consigne de « ne jamais [s’]arrêter à la forme poétique » (« Berges de la Loire »). Cela ne signifie pas que l’auteur refuse toute forme poétique, mais il la désacralise, la considère comme un outil, parmi d’autres, pour saisir l’essence des choses. Francis Ponge se méfie aussi des images poétiques qui viennent s’interposer entre le poète et l’objet : « À noter que j’éprouve les plus grosses difficultés du fait du nombre énorme d’images qui viennent se mettre à ma disposition (et masquer, mettre des masques, à la réalité) […] » (« La Mounine »). L’image, matériau poétique traditionnel par excellence, n’est donc plus considérée comme un moyen d’exprimer la réalité mais devient au contraire un « masque », une fiction mensongère qui éloigne l’écrivain de son sujet.

La terre est bleue comme une orange Jamais une erreur les mots ne mentent pas Ils ne vous donnent plus à chanter Au tour des baisers de s’entendre Les fous et les amours Elle sa bouche d’alliance Tous les secrets tous les sourires Et quels vêtements d’indulgence À la croire toute nue. Les guêpes fleurissent vert L’aube se passe autour du cou Un collier de fenêtres Des ailes couvrent les feuilles Tu as toutes les joies solaires Tout le soleil sur la terre Sur les chemins de ta beauté.