Les Arts au château de Versailles
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| Les arts au château de VErsailles
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Dès ses origines, le château de Versailles est étroitement lié aux arts. Du XVIIe siècle à nos jours, les artistes y ont trouvé et y trouve toujours un vaste espace d'expression et d'inspiration. Découvrez cette histoire et ces liens à travers les domaines artistiques suivants :
cliquez sur les chaque domaine artistique pour en savoir plus
Musique et arts de la scène
Audiovisuel et arts numériques
Littérature et écritures
Arts visuels
Architecture et Design
Pour aller plus loin
Tuto de navigation
Architecture et Design
De 1682 à 1789, le Château de Versailles et ses jardins ont été le siège et le symbole du pouvoir français. Tous deux sont l'œuvre de plusieurs architectes qui se sont succédé à travers les siècles.
Les Jardins de Versailles
Sculpture et mythologie
L'architecture du Château
L'architecture du château
Siège officiel du pouvoir de 1682 à 1789, le Château de Versailles est l'œuvre de trois architectes : Louis Le Vau, Jules Hardouin-Mansart et Ange-Jacques Gabriel. Sous Louis XIV, le palais est agrandi en plusieurs étapes. Il subit de nombreuses transformations jusqu'au XXIe siècle.
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Focus sur ...
les architectes des rois
De nombreux architectes se sont succédés à Versailles. Agrandissements, réaménagements, restauration, le château a été le théâtre de leurs savoir-faire. Découvrez-les à travers leurs chefs-d'œuvre.
Ange-Jacques Gabriel 1698-1782
Jules Hardouin-Mansart 1646-1708
Louis Le Vau 1612-1670
Les transformations du XXIe siècle
Les évolutions architecturales du Château
Les jardins
Louis XIV apprécie autant, sinon davantage, les jardins de Versailles au Château. Il en suit les travaux, s'y promène souvent et y accompagne les hôtes de marque, ambassadeurs et visiteurs étrangers. Pendant sa jeunesse, il en fait le cadre de fêtes somptueuses. La symétrie et la rigueur des jardins de Versailles sont le reflet du pouvoir du roi : tout comme il domestique la nature, il souhaite maîtriser ses sujets.
Les bosquets
André Le Nôtre
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Focus sur...
La perspective du Grand Canal
Sculpture et mythologie
Les jardins de Versailles constituent un véritable musée de sculptures en plein air. Aujourd’hui encore, près de trois cents statues ponctuent les allées, les bassins et les bosquets du parc. Certaines d’entre elles sont des œuvres antiques, mais pour la grande majorité elles ont été réalisées par des artistes français qui ont travaillé sous le règne de Louis XIV et Louis XV tels Marsy, Le Hongre, Tuby, Girardon, Coysevox.
Une inspiration antique et mythologique
Le mythe apollinien
Une inspiration antique
Outre le plaisir qu’elles pouvaient procurer au roi et à sa cour, le parc et ses sculptures trouvent leur origine dans le modèle antique des villas impériales romaines et de leurs jardins. Au XVIIe siècle s’ouvre un nouveau chapitre dans l’art : celui du classicisme. Les arts et l’architecture s’inspirent de l’Antiquité et puisent dans la mythologie des sujets qui permettent d’exprimer de façon poétique et allégorique des réalités complexes ou des idées abstraites. La fable et l’histoire mythologique mettent en scène un monde habité par les dieux et peuplé de héros dont les histoires, parfois tragiques, tendent à l’universalisme.
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Focus sur...
La mythologie comme source d'inspiration
Laocoon, Jean-Baptiste Tuby, Philibert Vigier, Jean Rousselet, d'après Anonyme antiquité, 1684-1696.
La grande majorité des statues commandées pour le parc du château est d’inspiration gréco-romaine. Les thèmes traités dérivent presque tous de la mythologie. Les épopées de la guerre de Troie (Iliade), du retour d’Ulysse (Odyssée) et du périple d’Énée (Énéide) constituent un premier ensemble de sources d’inspiration. La mythologie est prétexte à exalter les exploits et les victoires des héros sur leurs ennemis. Un autre ensemble repose sur les Métamorphoses d’Ovide dont les mythes permettent d’expliquer la création du monde.
Le mythe apollinien
Charles le Brun qui dirigea les travaux et le programme iconographique des décors et des sculptures à Versailles, a souhaité répondre au désir de Louis XIV : faire du domaine le lieu de l’expression de son pouvoir et faire du roi l’égal du dieu solaire, Apollon. C’est ainsi qu’autour de la Grande perspective, vaste tapis vert qui relie le château au Grand canal, le mythe d’Apollon est omniprésent. Le bassin de Latone est consacré à la naissance d’Apollon tandis qu’à une autre extrémité, le char d’Apollon jaillit des ondes pour entreprendre sa course à travers le firmament.
1/2
Chaque sculpture se fait l’écho de la vision d’un ordre du monde protégé par les dieux dont Apollon est la figure de proue. La grotte de Téthys, le bassin d’Apollon, le parterre d’Eau illustrent un cosmos dominé par le dieu solaire. Pour illustrer les effets du soleil sur le monde, un programme imaginé par Le Brun dans les années 1680 que l’on nomme « la Grande commande » devait évoquer dans la statuaire du parc, les quatre saisons, les quatre parties du jour, les quatre tempéraments de l’Homme, les quatre éléments. Cet ensemble de sculptures évoque la marche du temps et le cycle des saisons, rythmé par la course du soleil faisant de Versailles, un nouveau centre de l’univers.
En savoir plus
Apollon servi par les nymphes, François Girardon , 1666-1672
2/2
Focus sur...
Illustrer l'Histoire par la statuaire
L'Encelade, Gaspard Marsy, deuxième moitié XVIIe siècle
Avec le langage mythologique, certaines sculptures nous parlent également de l’époque de Louis XIV. Dans le bosquet de l’Encelade, un personnage mythologique apparaît sous les traits d’un homme barbu, comme enseveli sous des rochers : il s’agit du titan Encelade qui se fait ensevelir sous l’Etna après sa défaite contre Athéna. Ici encore, Louis XIV s’est appuyé sur l’image et le récit mythologique pour aborder l’époque troublée dont il a été victime au début de son règne, lorsqu’il était enfant : la Fronde. La fontaine de l’Encelade représente ainsi la victoire de la royauté sur les frondeurs. Les références antiques contenues dans les sculptures des jardins devaient exprimer sans équivoque la nature du pouvoir politique dont Versailles était le siège ordinaire et permanent, transformant les dieux et les héros de la mythologie comme autant de messagers du roi.
musique et arts de la scène
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, à Versailles, la musique résonne dans tout le palais ; elle est présente dans la vie du souverain, du matin au soir, de sa naissance à sa mort. Quant à la danse et aux divertissements, ils sont des outils essentiels à la politique et au rayonnement du Roi-Soleil.
Danse et divertissements
Musique
La musique sous Louis XV et Louis XVI
La musique sous Louis XIV
Les instruments de musique
La musique sous Louis XIV
À la cour de Louis XIV, il existe trois ensembles de musiciens qui se partagent les différentes fonctions de la musique. Cliquez dessus pour les découvrir !
- La musique de la chapelle
- La musique de chambre du roi
- La musique de l'écurie du roi
En savoir plus
Focus sur ...
deux compositeurs du Grand Siècle
Rameau et Lully ont composé de nombreux morceaux pour Louis XIV. Pour les découvrir, cliquez sur leur portrait !
Jean-Philippe Rameau 1683-1764
Jean-Baptiste Lully 1632-1687
La musique sous Louis XV et Louis XVI
L’organisation de la musique n’est pas modifiée sous Louis XV et Louis XVI.
Durant le règne de Louis XV, la reine Marie Leszczynska organise de nombreux concerts, quant au Dauphin, il apprend le clavecin, chante et possède un orgue de salon ; ses sœurs sont également musiciennes. Sous Louis XVI, Marie-Antoinette organise des bals et opéras une fois par semaine. Suivant la mode, elle fait construire, à Trianon, un minuscule théâtre où elle peut elle-même monter sur les planches et chanter. Il est baptisé "Le théâtre de la Reine"
Intérieur du théâtre de la Reine au Petit Trianon, Antoinette Asselineau, huile sur toile, 1838
Les instruments
À la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle, les facteurs (fabricants d’orgues ou de clavecins) et les luthiers (fabricants d’instruments à cordes) perfectionnent les instruments de musique. Les préjugés contre les artistes disparaissent. Un enfant bien éduqué doit connaître la danse et la musique.
Un instrument politique
Un apprentissage indispensable
Un temps fort de la vie sociale
Et aujourd'hui ?
Un apprentissage indispensable
Au XVIIe siècle, nobles et courtisans s'adonnaient à la « belle danse ». L’apprentissage de la danse débutait dès le plus jeune âge. Elle favorisait l'agilité, préparait au combat et assurait un maintien et une élégance corporelle importants pour l’aristocratie. Les maîtres à danser apprenaient dans un premier temps aux enfants à se tenir droits, à s’asseoir avec grâce, à marcher les pieds en dehors et sur demi-pointe, à faire des révérences et à manier correctement le tricorne ou l’éventail. Dans un second temps, ils montraient les pas et les gestes nécessaires pour briller lors des bals. Pour accompagner en musique et en rythme leurs leçons, les maîtres à danser utilisaient leur pochette, un petit violon de poche.
Un instrument politique
Louis XIV se passionne pour la danse, il y consacre plusieurs heures par jour. Il bénéficie de l’enseignement des plus grands maîtres, dont l’illustre Pierre Beauchamp. Le roi se produit pour la première fois sur scène à l’âge de 12 dans le Ballet de Cassandre. S’il monte sur scène, c’est à la fois par plaisir mais également pour des raisons politiques. En effet, Louis XIV, fait du ballet de Cour un instrument de propagande exaltant la monarchie. Dans le Ballet royal de la nuit (1653), Louis XIV, âgé de 15 ans, vêtu d’un costume doré et scintillant, incarne pour la première fois le soleil levant autour duquel gravitent les étoiles, interprétées par les nobles désormais soumis. Il signifie ainsi son triomphe des ténèbres et des temps troubles de la Fronde. Louis XIV affirme son dessin : soumettre et domestiquer les nobles.
Ballet Royal de la nuit. Louis XIV en Apollon
Info
Un temps fort de la vie sociale
Louis XIV a compris qu’il était nécessaire d’offrir aux nobles des distraction afin de les occuper et d’éviter les complots. Ainsi, gentilhommes et dames se retrouvent lors des bals de cérémonie, des bals ordinaires ou des bals masqués.
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Le bal des ifs donné à l'occasion du mariagedu Dauphin Louis de France avec l'infante d'Espagne, Cochin le Jeune, estampe, 1749
Focus sur ...
Les styles de danse et leur transmission
Bal du Mai donnéeà Versailles pendant le carnaval de l'année 1763 sous les ordres de M. le duc de Duras, Michel-Ange Slodtz, estampe, 1763
Les danses de bal doivent être accessibles à tous. Elles ressemblent à des marches dans lesquelles le corps s’élève à chaque temps fort. Les costumes de Cour sont contraignants. Ainsi, les ports de bras restent orientés vers le bassin et le bas du corps tandis que le buste, au contraire, tend vers le haut. Pas et figures, transmis oralement, couraient le risque d’être déformés et la danse de s’appauvrir. De cette nécessité et du désir royal naquit l’Académie royale de danse (1661). Elle regroupe alors treize maîtres à danser les « plus expérimentés dudit art », parmi lesquels Pierre Beauchamp qui demeura le maître à danser du roi pendant vingt ans. Il fut l'un des principaux collaborateurs de Molière et Lully à la cour de Louis XIV et mit au point la comédie-ballet popularisée par le Bourgeois Gentilhomme (1670). C’est à cette époque que Beauchamp codifie les cinq positions que l’on retrouve aujourd’hui encore en danse classique.
Et aujourd'hui ?
Francine Lancelot puis Béatrice Massin, spécialistes de la « belle danse », nommée également « danse baroque » depuis les années 1960, ont pu reconstituer le répertoire et près de 300 chorégraphies grâce aux ouvrages des maîtres à danser. Nous connaissons aujourd’hui les danses grâce au premier grand manuel de notation de la danse publié par Raoul-Auger Feuillet : Chorégraphie ou l’art de décrire la dance (sic).
Si certains danseurs et chorégraphes cherchent à reconstituer les menuets, d’autres cherchent à s’approprier l’esthétisme baroque afin de nourrir leurs créations contemporaines et questionner le monde d’aujourd’hui.
audiovisuel et arts numériques
Tout comme Versailles a été une source d'inspiration pour les auteurs, peintres, architectes et musiciens, dès l'apparition de l'audiovisuel, les artistes se sont emparés des lieux. Le château, qu'il soit simple décor ou sujet, accueille le cinéma dès 1896. Aujourd'hui encore, des compositeurs de musiques électroniques sont invités à exprimer leur talent en s'inspirant de sons captés dans le château et les jardins.
Versailles et le cinéma
Musiques contemporaines
Versailles et le cinéma
D'Abel Gance à Benoît Jacquot, de Sacha Guitry à Pierre Schoeller... Depuis 1896 et la première mention d'un film tourné dans les jardins de Versailles, le domaine de Versailles n'a cessé d'ouvrir ses portes au cinéma français et international. En 2020, le Château comptabilise près de 220 films tournés sur son Domaine depuis 1896.
Parmi ces films, certains ont marqué l'histoire du cinéma, des réalisateurs reconnus et des acteurs en vogue constituent le palmarès du Château.
Musiques contemporaines
Depuis 2019, le Château de Versailles invite des compositeurs de musiques électroniques à s'emparer des sons et des ambiances du château et à les faire revivre dans leurs œuvres. Mécanismes des horloges, grincements de portes, de parquet et orgue sont mixés avec des musiques actuelles afin de composer des morceaux originaux.
FAKEAR - Palace of time (2022)
SAYCET- Messa Solaris (2020)
THYLACINE - Versailles (2019)
littérature et écritures
Depuis l’époque de Louis XIV, Versailles n’a cessé d’être une source d’inspiration constante pour les écrivains. Résidence royale, musée de l’histoire de France, palais national, le Château de Versailles est un lieu unique qui a marqué l’Histoire et les esprits. Grands appartements, galerie des Glaces, bosquets, nombreux sont les endroits où rêves et illusions ont habité les esprits de chacun. Qu’il s’agisse de poèmes, romans, mémoires, pièces de théâtre, lettres, chroniques… Versailles est la toile de fond de tous les genres littéraires.
Entre moqueries et admiration, Versailles au XVIIIe siècle
Versailles sous le sceau de la satire au XVIIe siècle
Le temps des Romantiques
Versailles sous le sceau de la satire au XVIIe siècle
Louis XIV et la Cour ont inspiré les plus célèbres écrivains du temps : La Fontaine, Molière, La Bruyère, Madame de Sévigné, Boileau... Souvent satiriques, leurs écrits nous transportent à la cour du Roi Soleil et nous en dévoilent tous les travers. La figure du courtisan est tout particulièrement étudiée et tournée en dérision.
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deux écrivains du Grand Siècle
Molière 1622-1673
Jean de La Fontaine 1621-1695
Entre moqueries et admiration, Versailles au XVIIIe siècle
Au XVIIIe, on continue de se moquer de Versailles, car pour bien écrire, il faut débiner. Mais face à ces moqueries, l’on retrouve également dès le XVIIe siècle les admirateurs de Versailles, tels que Madame de Sévigné. Beauté de l’éphémère, art de la fête, style immortel, Versailles est vanté à travers ses lettres. Ces éloges perdureront jusque sous Louis XVI.
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une admiratrice de la Cour
Madame de Sévigné 1626-1695
Le temps des Romantiques
À partir du XIXe siècle, le regard des écrivains sur Versailles évolue. La Cour n’est plus le sujet phare sur lequel on écrit. Après la Révolution, Versailles perd son statut de résidence royale. Ce lieu empreint d’histoire et de fantômes du passé devient un objet littéraire pour les Romantiques. Ils se saisissent de ce Versailles en ruine, grâce auquel ils libèrent leur imagination et expriment leur nostalgie du passé. Dans son poème Sur trois marches de marbre rose, Alfred de Musset évoque ses souvenirs dans le parc, imagine toutes les personnes qui ont fréquenté ces lieux et leurs histoires. Après l’abdication de Louis-Philippe en 1848, la guerre de 1870 et la défaite de la France en 1871, le château de Versailles a de nouveau perdu de sa splendeur. Il est délaissé par le public et devient un lieu propice à la mélancolie comme en témoigne Marcel Proust dans À la Recherche du temps perdu.
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Marcel Proust à Versailles
En 1906, Proust, logeant l'hôtel des Réservoirs, fait à Versailles un séjour reclus avec quelques sorties qui entre dans la genèse d'À la Recherche du Temps Perdu. Puis durant toute sa vie, il est relié au domaine de Versailles par tout un réseau de société de la Belle Époque.
Les plaisirs et les jours, 1896 (extrait) "Versailles, grand nom rouillé et doux, royal cimetière de feuillages, de vastes eaux et de marbres, lieu véritablement aristocratique et démoralisant, où ne nous trouble même pas le remords que la vie de tant d'ouvriers n'y ait servi qu'à affiner et qu'à élargir moins les joies d'un autre temps que les mélancolies du nôtre."
Lire l'extrait
Le portrait à Versailles
Au XVIIe siècle, le portrait de Cour domine à Versailles. Les artistes mettent en place une hiérarchie des genres dans laquelle le portrait se place en deuxième position derrière les scènes d’histoire. Au XVIIIe siècle, se faire portraiturer devient une pratique courante dans les couches aisées de la population. Les portraits occupent alors une part importante de la production artistique de cette époque. C’est l’âge d’or du portrait. Au XIXe siècle, la diversité des tendances, des courants artistiques et des sensibilités entraîne de nouvelles approches stylistiques qui permettent d’aborder la psychologie des personnages représentés sous de nouveaux jours
Représentation allégorique
Portraits de groupe
Outil de propagande
Représentation allégorique
Le roi gouverne par lui-même
Située au centre du plafond de la galerie des Glaces, cette fresque représente la décision prise par Louis XIV en 1661 de se passer de premier ministre et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement. Sur cette œuvre, l'allégorie de la gloire y est représentée, couronnant le roi pour sa sagesse et ses victoires militaires.
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Le roi gouverne par lui-même, 1661, Charles Le Brun, huile sur toile marouflée, 1678-1685
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Le roi gouverne par lui-même
Le roi est représenté au centre. Légèrement en hauteur, à sa gauche, Minerve, symbole de la Prudence royale, lui montre du doigt une femme assise sur un nuage qui lui tend une couronne. Il s’agit de la Gloire, qui est également désignée par l’homme casqué et portant une amure assis en dessous d’elle. Cet homme est Mars, le dieu de la Guerre : Louis XIV a acquis la gloire grâce à sa prudence et ses succès militaires. Ainsi, toutes les œuvres présentes dans la galerie des Glaces et plus largement dans les décors des Grands Appartements sont porteuses d’un message mettant en scène le pouvoir et le valorisant.
L'analyse complète du plafond
Outil de propagande
Marie-Antoinette et ses enfants
Suite à l'affaire du collier, Marie-Antoinette passe commande d’un portrait à la peintre Élisabeth Vigée-Lebrun. Il s'agit d'un portrait de propagande dans lequel la portraitiste prend le contre-pied des critiques faites à la reine. Marie-Antoinette y est représentée tendre, entourée de ses enfants. Cette représentation d'une souveraine en mère aimante dans un portrait officiel est particulièrement novatrice au XVIIIe siècle.
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Marie-Antoinette, reine de France, et ses enfants, Élisabeth-Louise Vigée Le Brun, huile sur toile, 1787
Focus sur...
Marie-Antoinette, reine de France et ses enfants
La reine tient sur ses genoux le duc de Normandie, Louis Charles, le plus jeune de ses fils. Marie-Thérèse Charlotte de France, dite Madame Royale, se blottit tendrement contre sa mère. Le premier dauphin, Louis Joseph Xavier François de France, arborant le ruban bleu et la plaque de l’ordre du Saint-Esprit, entrouvre le rideau d’une bercelonnette vide, allusion à la mort précoce de Sophie Hélène Béatrix, disparue à onze mois pendant l’exécution de l’œuvre. On a supposé un probable remaniement du tableau après le décès. C'est un tableau sobre par plusieurs éléments :
- La reine ne porte pas de collier.
- Elle est mise en scène en mère moderne, éducatrice de ses enfants, ce qui était une posture inédite pour un portrait officiel.
- Les visages abordent un air triste et évoquent une maternité qu’on eût souhaitée plus rayonnante.
- Le rouge de la robe rappelle un portrait de la vertueuse Marie Leszczynska, très aimée pour sa générosité et sa piété.
Portrait de groupe
Le Sacre de Napoléon
En 1804, l’Empire est officiellement créé par le Conseil d’État et le Sénat. Ils confient son gouvernement à Napoléon Bonaparte qui devient alors empereur héréditaire. Ce dernier profite de la venue du pape Pie VII à Paris pour se faire sacrer et couronner à la cathédrale Notre-Dame le 2 décembre. Néanmoins, contrairement aux usages, l’empereur se couronne lui-même, ainsi que son épouse Joséphine, le pape se contentant de bénir la couronne. Grâce à ce tableau, David avait pour mission de léguer à la postérité le témoignage de la légitimité du pourvoir impérial.
En savoir plus
Sacre de Napoléon et couronnement de Joséphine à Notre-Dame de Paris, 2 décembre 1804, Jacques-Louis David, 1808-1822
Focus sur...
Le sacre de Napoléon
Autour de l’Empereur couronnant l’impératrice Joséphine, se tiennent sa famille, des maréchaux ainsi qu’une partie du corps religieux. Derrière Napoléon, le pape Pie VII bénit la couronne. Dans la tribune, Madame Mère, mère de Napoléon, est représentée bien qu’elle ait été absente le jour de la cérémonie. Dans la tribune au-dessus d’elle, Jacques-Louis David, lui-même, s'est représenté accompagné de sa famille ainsi que de son élève Rouget et de son maître, Vien. Ce tableau est en réalité une réplique exécutée par David pour, semble-t-il, de riches américains. Il a été installé au château de Versailles en 1946 à la place de l’original parti au Louvre en 1889 et n’en étant jamais revenu. Cette version diffère en quelques points du premier tableau : les personnages sont vieillis, les tenues ajustées à la mode de l'époque et quelques personnages ont été retirés.
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CHATEAU VERSAILLES
Created on July 12, 2023
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Dès ses origines, le château de Versailles est étroitement lié aux arts. Du XVIIe siècle à nos jours, les artistes y ont trouvé et y trouve toujours un vaste espace d'expression et d'inspiration. Découvrez cette histoire et ces liens à travers les domaines artistiques suivants :
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De 1682 à 1789, le Château de Versailles et ses jardins ont été le siège et le symbole du pouvoir français. Tous deux sont l'œuvre de plusieurs architectes qui se sont succédé à travers les siècles.
Les Jardins de Versailles
Sculpture et mythologie
L'architecture du Château
L'architecture du château
Siège officiel du pouvoir de 1682 à 1789, le Château de Versailles est l'œuvre de trois architectes : Louis Le Vau, Jules Hardouin-Mansart et Ange-Jacques Gabriel. Sous Louis XIV, le palais est agrandi en plusieurs étapes. Il subit de nombreuses transformations jusqu'au XXIe siècle.
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les architectes des rois
De nombreux architectes se sont succédés à Versailles. Agrandissements, réaménagements, restauration, le château a été le théâtre de leurs savoir-faire. Découvrez-les à travers leurs chefs-d'œuvre.
Ange-Jacques Gabriel 1698-1782
Jules Hardouin-Mansart 1646-1708
Louis Le Vau 1612-1670
Les transformations du XXIe siècle
Les évolutions architecturales du Château
Les jardins
Louis XIV apprécie autant, sinon davantage, les jardins de Versailles au Château. Il en suit les travaux, s'y promène souvent et y accompagne les hôtes de marque, ambassadeurs et visiteurs étrangers. Pendant sa jeunesse, il en fait le cadre de fêtes somptueuses. La symétrie et la rigueur des jardins de Versailles sont le reflet du pouvoir du roi : tout comme il domestique la nature, il souhaite maîtriser ses sujets.
Les bosquets
André Le Nôtre
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La perspective du Grand Canal
Sculpture et mythologie
Les jardins de Versailles constituent un véritable musée de sculptures en plein air. Aujourd’hui encore, près de trois cents statues ponctuent les allées, les bassins et les bosquets du parc. Certaines d’entre elles sont des œuvres antiques, mais pour la grande majorité elles ont été réalisées par des artistes français qui ont travaillé sous le règne de Louis XIV et Louis XV tels Marsy, Le Hongre, Tuby, Girardon, Coysevox.
Une inspiration antique et mythologique
Le mythe apollinien
Une inspiration antique
Outre le plaisir qu’elles pouvaient procurer au roi et à sa cour, le parc et ses sculptures trouvent leur origine dans le modèle antique des villas impériales romaines et de leurs jardins. Au XVIIe siècle s’ouvre un nouveau chapitre dans l’art : celui du classicisme. Les arts et l’architecture s’inspirent de l’Antiquité et puisent dans la mythologie des sujets qui permettent d’exprimer de façon poétique et allégorique des réalités complexes ou des idées abstraites. La fable et l’histoire mythologique mettent en scène un monde habité par les dieux et peuplé de héros dont les histoires, parfois tragiques, tendent à l’universalisme.
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La mythologie comme source d'inspiration
Laocoon, Jean-Baptiste Tuby, Philibert Vigier, Jean Rousselet, d'après Anonyme antiquité, 1684-1696.
La grande majorité des statues commandées pour le parc du château est d’inspiration gréco-romaine. Les thèmes traités dérivent presque tous de la mythologie. Les épopées de la guerre de Troie (Iliade), du retour d’Ulysse (Odyssée) et du périple d’Énée (Énéide) constituent un premier ensemble de sources d’inspiration. La mythologie est prétexte à exalter les exploits et les victoires des héros sur leurs ennemis. Un autre ensemble repose sur les Métamorphoses d’Ovide dont les mythes permettent d’expliquer la création du monde.
Le mythe apollinien
Charles le Brun qui dirigea les travaux et le programme iconographique des décors et des sculptures à Versailles, a souhaité répondre au désir de Louis XIV : faire du domaine le lieu de l’expression de son pouvoir et faire du roi l’égal du dieu solaire, Apollon. C’est ainsi qu’autour de la Grande perspective, vaste tapis vert qui relie le château au Grand canal, le mythe d’Apollon est omniprésent. Le bassin de Latone est consacré à la naissance d’Apollon tandis qu’à une autre extrémité, le char d’Apollon jaillit des ondes pour entreprendre sa course à travers le firmament.
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Chaque sculpture se fait l’écho de la vision d’un ordre du monde protégé par les dieux dont Apollon est la figure de proue. La grotte de Téthys, le bassin d’Apollon, le parterre d’Eau illustrent un cosmos dominé par le dieu solaire. Pour illustrer les effets du soleil sur le monde, un programme imaginé par Le Brun dans les années 1680 que l’on nomme « la Grande commande » devait évoquer dans la statuaire du parc, les quatre saisons, les quatre parties du jour, les quatre tempéraments de l’Homme, les quatre éléments. Cet ensemble de sculptures évoque la marche du temps et le cycle des saisons, rythmé par la course du soleil faisant de Versailles, un nouveau centre de l’univers.
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Apollon servi par les nymphes, François Girardon , 1666-1672
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L'Encelade, Gaspard Marsy, deuxième moitié XVIIe siècle
Avec le langage mythologique, certaines sculptures nous parlent également de l’époque de Louis XIV. Dans le bosquet de l’Encelade, un personnage mythologique apparaît sous les traits d’un homme barbu, comme enseveli sous des rochers : il s’agit du titan Encelade qui se fait ensevelir sous l’Etna après sa défaite contre Athéna. Ici encore, Louis XIV s’est appuyé sur l’image et le récit mythologique pour aborder l’époque troublée dont il a été victime au début de son règne, lorsqu’il était enfant : la Fronde. La fontaine de l’Encelade représente ainsi la victoire de la royauté sur les frondeurs. Les références antiques contenues dans les sculptures des jardins devaient exprimer sans équivoque la nature du pouvoir politique dont Versailles était le siège ordinaire et permanent, transformant les dieux et les héros de la mythologie comme autant de messagers du roi.
musique et arts de la scène
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, à Versailles, la musique résonne dans tout le palais ; elle est présente dans la vie du souverain, du matin au soir, de sa naissance à sa mort. Quant à la danse et aux divertissements, ils sont des outils essentiels à la politique et au rayonnement du Roi-Soleil.
Danse et divertissements
Musique
La musique sous Louis XV et Louis XVI
La musique sous Louis XIV
Les instruments de musique
La musique sous Louis XIV
À la cour de Louis XIV, il existe trois ensembles de musiciens qui se partagent les différentes fonctions de la musique. Cliquez dessus pour les découvrir !
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deux compositeurs du Grand Siècle
Rameau et Lully ont composé de nombreux morceaux pour Louis XIV. Pour les découvrir, cliquez sur leur portrait !
Jean-Philippe Rameau 1683-1764
Jean-Baptiste Lully 1632-1687
La musique sous Louis XV et Louis XVI
L’organisation de la musique n’est pas modifiée sous Louis XV et Louis XVI.
Durant le règne de Louis XV, la reine Marie Leszczynska organise de nombreux concerts, quant au Dauphin, il apprend le clavecin, chante et possède un orgue de salon ; ses sœurs sont également musiciennes. Sous Louis XVI, Marie-Antoinette organise des bals et opéras une fois par semaine. Suivant la mode, elle fait construire, à Trianon, un minuscule théâtre où elle peut elle-même monter sur les planches et chanter. Il est baptisé "Le théâtre de la Reine"
Intérieur du théâtre de la Reine au Petit Trianon, Antoinette Asselineau, huile sur toile, 1838
Les instruments
À la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle, les facteurs (fabricants d’orgues ou de clavecins) et les luthiers (fabricants d’instruments à cordes) perfectionnent les instruments de musique. Les préjugés contre les artistes disparaissent. Un enfant bien éduqué doit connaître la danse et la musique.
Un instrument politique
Un apprentissage indispensable
Un temps fort de la vie sociale
Et aujourd'hui ?
Un apprentissage indispensable
Au XVIIe siècle, nobles et courtisans s'adonnaient à la « belle danse ». L’apprentissage de la danse débutait dès le plus jeune âge. Elle favorisait l'agilité, préparait au combat et assurait un maintien et une élégance corporelle importants pour l’aristocratie. Les maîtres à danser apprenaient dans un premier temps aux enfants à se tenir droits, à s’asseoir avec grâce, à marcher les pieds en dehors et sur demi-pointe, à faire des révérences et à manier correctement le tricorne ou l’éventail. Dans un second temps, ils montraient les pas et les gestes nécessaires pour briller lors des bals. Pour accompagner en musique et en rythme leurs leçons, les maîtres à danser utilisaient leur pochette, un petit violon de poche.
Un instrument politique
Louis XIV se passionne pour la danse, il y consacre plusieurs heures par jour. Il bénéficie de l’enseignement des plus grands maîtres, dont l’illustre Pierre Beauchamp. Le roi se produit pour la première fois sur scène à l’âge de 12 dans le Ballet de Cassandre. S’il monte sur scène, c’est à la fois par plaisir mais également pour des raisons politiques. En effet, Louis XIV, fait du ballet de Cour un instrument de propagande exaltant la monarchie. Dans le Ballet royal de la nuit (1653), Louis XIV, âgé de 15 ans, vêtu d’un costume doré et scintillant, incarne pour la première fois le soleil levant autour duquel gravitent les étoiles, interprétées par les nobles désormais soumis. Il signifie ainsi son triomphe des ténèbres et des temps troubles de la Fronde. Louis XIV affirme son dessin : soumettre et domestiquer les nobles.
Ballet Royal de la nuit. Louis XIV en Apollon
Info
Un temps fort de la vie sociale
Louis XIV a compris qu’il était nécessaire d’offrir aux nobles des distraction afin de les occuper et d’éviter les complots. Ainsi, gentilhommes et dames se retrouvent lors des bals de cérémonie, des bals ordinaires ou des bals masqués.
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Le bal des ifs donné à l'occasion du mariagedu Dauphin Louis de France avec l'infante d'Espagne, Cochin le Jeune, estampe, 1749
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Les styles de danse et leur transmission
Bal du Mai donnéeà Versailles pendant le carnaval de l'année 1763 sous les ordres de M. le duc de Duras, Michel-Ange Slodtz, estampe, 1763
Les danses de bal doivent être accessibles à tous. Elles ressemblent à des marches dans lesquelles le corps s’élève à chaque temps fort. Les costumes de Cour sont contraignants. Ainsi, les ports de bras restent orientés vers le bassin et le bas du corps tandis que le buste, au contraire, tend vers le haut. Pas et figures, transmis oralement, couraient le risque d’être déformés et la danse de s’appauvrir. De cette nécessité et du désir royal naquit l’Académie royale de danse (1661). Elle regroupe alors treize maîtres à danser les « plus expérimentés dudit art », parmi lesquels Pierre Beauchamp qui demeura le maître à danser du roi pendant vingt ans. Il fut l'un des principaux collaborateurs de Molière et Lully à la cour de Louis XIV et mit au point la comédie-ballet popularisée par le Bourgeois Gentilhomme (1670). C’est à cette époque que Beauchamp codifie les cinq positions que l’on retrouve aujourd’hui encore en danse classique.
Et aujourd'hui ?
Francine Lancelot puis Béatrice Massin, spécialistes de la « belle danse », nommée également « danse baroque » depuis les années 1960, ont pu reconstituer le répertoire et près de 300 chorégraphies grâce aux ouvrages des maîtres à danser. Nous connaissons aujourd’hui les danses grâce au premier grand manuel de notation de la danse publié par Raoul-Auger Feuillet : Chorégraphie ou l’art de décrire la dance (sic). Si certains danseurs et chorégraphes cherchent à reconstituer les menuets, d’autres cherchent à s’approprier l’esthétisme baroque afin de nourrir leurs créations contemporaines et questionner le monde d’aujourd’hui.
audiovisuel et arts numériques
Tout comme Versailles a été une source d'inspiration pour les auteurs, peintres, architectes et musiciens, dès l'apparition de l'audiovisuel, les artistes se sont emparés des lieux. Le château, qu'il soit simple décor ou sujet, accueille le cinéma dès 1896. Aujourd'hui encore, des compositeurs de musiques électroniques sont invités à exprimer leur talent en s'inspirant de sons captés dans le château et les jardins.
Versailles et le cinéma
Musiques contemporaines
Versailles et le cinéma
D'Abel Gance à Benoît Jacquot, de Sacha Guitry à Pierre Schoeller... Depuis 1896 et la première mention d'un film tourné dans les jardins de Versailles, le domaine de Versailles n'a cessé d'ouvrir ses portes au cinéma français et international. En 2020, le Château comptabilise près de 220 films tournés sur son Domaine depuis 1896. Parmi ces films, certains ont marqué l'histoire du cinéma, des réalisateurs reconnus et des acteurs en vogue constituent le palmarès du Château.
Musiques contemporaines
Depuis 2019, le Château de Versailles invite des compositeurs de musiques électroniques à s'emparer des sons et des ambiances du château et à les faire revivre dans leurs œuvres. Mécanismes des horloges, grincements de portes, de parquet et orgue sont mixés avec des musiques actuelles afin de composer des morceaux originaux.
FAKEAR - Palace of time (2022)
SAYCET- Messa Solaris (2020)
THYLACINE - Versailles (2019)
littérature et écritures
Depuis l’époque de Louis XIV, Versailles n’a cessé d’être une source d’inspiration constante pour les écrivains. Résidence royale, musée de l’histoire de France, palais national, le Château de Versailles est un lieu unique qui a marqué l’Histoire et les esprits. Grands appartements, galerie des Glaces, bosquets, nombreux sont les endroits où rêves et illusions ont habité les esprits de chacun. Qu’il s’agisse de poèmes, romans, mémoires, pièces de théâtre, lettres, chroniques… Versailles est la toile de fond de tous les genres littéraires.
Entre moqueries et admiration, Versailles au XVIIIe siècle
Versailles sous le sceau de la satire au XVIIe siècle
Le temps des Romantiques
Versailles sous le sceau de la satire au XVIIe siècle
Louis XIV et la Cour ont inspiré les plus célèbres écrivains du temps : La Fontaine, Molière, La Bruyère, Madame de Sévigné, Boileau... Souvent satiriques, leurs écrits nous transportent à la cour du Roi Soleil et nous en dévoilent tous les travers. La figure du courtisan est tout particulièrement étudiée et tournée en dérision.
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deux écrivains du Grand Siècle
Molière 1622-1673
Jean de La Fontaine 1621-1695
Entre moqueries et admiration, Versailles au XVIIIe siècle
Au XVIIIe, on continue de se moquer de Versailles, car pour bien écrire, il faut débiner. Mais face à ces moqueries, l’on retrouve également dès le XVIIe siècle les admirateurs de Versailles, tels que Madame de Sévigné. Beauté de l’éphémère, art de la fête, style immortel, Versailles est vanté à travers ses lettres. Ces éloges perdureront jusque sous Louis XVI.
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une admiratrice de la Cour
Madame de Sévigné 1626-1695
Le temps des Romantiques
À partir du XIXe siècle, le regard des écrivains sur Versailles évolue. La Cour n’est plus le sujet phare sur lequel on écrit. Après la Révolution, Versailles perd son statut de résidence royale. Ce lieu empreint d’histoire et de fantômes du passé devient un objet littéraire pour les Romantiques. Ils se saisissent de ce Versailles en ruine, grâce auquel ils libèrent leur imagination et expriment leur nostalgie du passé. Dans son poème Sur trois marches de marbre rose, Alfred de Musset évoque ses souvenirs dans le parc, imagine toutes les personnes qui ont fréquenté ces lieux et leurs histoires. Après l’abdication de Louis-Philippe en 1848, la guerre de 1870 et la défaite de la France en 1871, le château de Versailles a de nouveau perdu de sa splendeur. Il est délaissé par le public et devient un lieu propice à la mélancolie comme en témoigne Marcel Proust dans À la Recherche du temps perdu.
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Marcel Proust à Versailles
En 1906, Proust, logeant l'hôtel des Réservoirs, fait à Versailles un séjour reclus avec quelques sorties qui entre dans la genèse d'À la Recherche du Temps Perdu. Puis durant toute sa vie, il est relié au domaine de Versailles par tout un réseau de société de la Belle Époque.
Les plaisirs et les jours, 1896 (extrait) "Versailles, grand nom rouillé et doux, royal cimetière de feuillages, de vastes eaux et de marbres, lieu véritablement aristocratique et démoralisant, où ne nous trouble même pas le remords que la vie de tant d'ouvriers n'y ait servi qu'à affiner et qu'à élargir moins les joies d'un autre temps que les mélancolies du nôtre."
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Le portrait à Versailles
Au XVIIe siècle, le portrait de Cour domine à Versailles. Les artistes mettent en place une hiérarchie des genres dans laquelle le portrait se place en deuxième position derrière les scènes d’histoire. Au XVIIIe siècle, se faire portraiturer devient une pratique courante dans les couches aisées de la population. Les portraits occupent alors une part importante de la production artistique de cette époque. C’est l’âge d’or du portrait. Au XIXe siècle, la diversité des tendances, des courants artistiques et des sensibilités entraîne de nouvelles approches stylistiques qui permettent d’aborder la psychologie des personnages représentés sous de nouveaux jours
Représentation allégorique
Portraits de groupe
Outil de propagande
Représentation allégorique
Le roi gouverne par lui-même
Située au centre du plafond de la galerie des Glaces, cette fresque représente la décision prise par Louis XIV en 1661 de se passer de premier ministre et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement. Sur cette œuvre, l'allégorie de la gloire y est représentée, couronnant le roi pour sa sagesse et ses victoires militaires.
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Le roi gouverne par lui-même, 1661, Charles Le Brun, huile sur toile marouflée, 1678-1685
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Le roi gouverne par lui-même
Le roi est représenté au centre. Légèrement en hauteur, à sa gauche, Minerve, symbole de la Prudence royale, lui montre du doigt une femme assise sur un nuage qui lui tend une couronne. Il s’agit de la Gloire, qui est également désignée par l’homme casqué et portant une amure assis en dessous d’elle. Cet homme est Mars, le dieu de la Guerre : Louis XIV a acquis la gloire grâce à sa prudence et ses succès militaires. Ainsi, toutes les œuvres présentes dans la galerie des Glaces et plus largement dans les décors des Grands Appartements sont porteuses d’un message mettant en scène le pouvoir et le valorisant.
L'analyse complète du plafond
Outil de propagande
Marie-Antoinette et ses enfants
Suite à l'affaire du collier, Marie-Antoinette passe commande d’un portrait à la peintre Élisabeth Vigée-Lebrun. Il s'agit d'un portrait de propagande dans lequel la portraitiste prend le contre-pied des critiques faites à la reine. Marie-Antoinette y est représentée tendre, entourée de ses enfants. Cette représentation d'une souveraine en mère aimante dans un portrait officiel est particulièrement novatrice au XVIIIe siècle.
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Marie-Antoinette, reine de France, et ses enfants, Élisabeth-Louise Vigée Le Brun, huile sur toile, 1787
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Marie-Antoinette, reine de France et ses enfants
La reine tient sur ses genoux le duc de Normandie, Louis Charles, le plus jeune de ses fils. Marie-Thérèse Charlotte de France, dite Madame Royale, se blottit tendrement contre sa mère. Le premier dauphin, Louis Joseph Xavier François de France, arborant le ruban bleu et la plaque de l’ordre du Saint-Esprit, entrouvre le rideau d’une bercelonnette vide, allusion à la mort précoce de Sophie Hélène Béatrix, disparue à onze mois pendant l’exécution de l’œuvre. On a supposé un probable remaniement du tableau après le décès. C'est un tableau sobre par plusieurs éléments :
Portrait de groupe
Le Sacre de Napoléon
En 1804, l’Empire est officiellement créé par le Conseil d’État et le Sénat. Ils confient son gouvernement à Napoléon Bonaparte qui devient alors empereur héréditaire. Ce dernier profite de la venue du pape Pie VII à Paris pour se faire sacrer et couronner à la cathédrale Notre-Dame le 2 décembre. Néanmoins, contrairement aux usages, l’empereur se couronne lui-même, ainsi que son épouse Joséphine, le pape se contentant de bénir la couronne. Grâce à ce tableau, David avait pour mission de léguer à la postérité le témoignage de la légitimité du pourvoir impérial.
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Sacre de Napoléon et couronnement de Joséphine à Notre-Dame de Paris, 2 décembre 1804, Jacques-Louis David, 1808-1822
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Le sacre de Napoléon
Autour de l’Empereur couronnant l’impératrice Joséphine, se tiennent sa famille, des maréchaux ainsi qu’une partie du corps religieux. Derrière Napoléon, le pape Pie VII bénit la couronne. Dans la tribune, Madame Mère, mère de Napoléon, est représentée bien qu’elle ait été absente le jour de la cérémonie. Dans la tribune au-dessus d’elle, Jacques-Louis David, lui-même, s'est représenté accompagné de sa famille ainsi que de son élève Rouget et de son maître, Vien. Ce tableau est en réalité une réplique exécutée par David pour, semble-t-il, de riches américains. Il a été installé au château de Versailles en 1946 à la place de l’original parti au Louvre en 1889 et n’en étant jamais revenu. Cette version diffère en quelques points du premier tableau : les personnages sont vieillis, les tenues ajustées à la mode de l'époque et quelques personnages ont été retirés.
Pour aller plus loin
Toutes les ressources du château de Versailles
Le site des collections du château de Versailles
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