L'esprit de Résistance : un thème commun pour deux projets * Renommer le collège au nom d’Alice Arteil, résistante méconnue de la Montagne Bourbonnaise * Assister à la panthéonisation d’un couple de résistants étrangers Mélinée et Missak Manouchian.
Sommaire
Des modes d’action et des parcours différents
Des lieux de mémoire
Honorer la mémoire
Faire perdurer les valeurs de la Résistance
Des modes d’action et des parcours différents
La montagne bourbonnaise, un lieu de maquis
Le groupe FTP-MOI
La montagne bourbonnaise un lieu de maquis
D’autres résistants locaux : François Riboulet Francisque Driffort
L’exemple d’Alice Arteil
L’exemple d’Alice Arteil
François Riboulet
Francisque Driffort
Francisque Driffort est né le 10 octobre 1905 au Mayet-de-Montagne. A l’âge de seulement 11 ans, il devient orphelin de père, ce dernier ayant été porté disparu sur le front en 1916.
Incorporé au 31èmebataillon des Chasseurs à pied lors de la mobilisation pour la seconde guerre mondiale, Francisque Driffort est fait prisonnier le 16 juin 1940 puis libéré quelques mois plus tard, le 29 septembre.
Il devient militant de la SFIO, le parti socialiste et Selon son frère Joseph, et résistant au sein du mouvement « Libération-Sud ». Tandis que son frère Joseph et son épouse sont inquiétés par les autorités allemandes avant d’être relâchés, lui est arrêté sur son lieu de travail par deux policiers allemands en civil pour avoir déclaré, lors d’une conversation interceptée, connaître des dépôts d’armes.
Francisque Driffort est alors déporté le 6 avril 1944 au camp de Mauthausen en Autriche. Il décède à Ebensee dans ce pays, le 23 avril 1945.
Le groupe FTP-MOI
Les valeurs défendues
Les actions menées
L’affiche rouge
Les membres du groupe
Le rôle des femmes
Le groupe FTP-MOI
Les actions menées
Les valeurs défendues
Le rôle des femmes
La place des femmes dans la Résistance a été reconnue tardivement dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.
Les missions de la plupart des femmes sont le fait de devoir cacher, héberger, nourrir et ravitailler.
Au sein des réseaux, les femmes peuvent être agent de liaison, ce qui consiste à faire passer des messages et des renseignements entre les résistants mais aussi à transporter des armes et de l’argent. Elles assurent les travaux de secrétariat, ou s’occupent des services sociaux. Certaines deviennent membres de groupes armés et de maquis. Elles contribuent également à la création de certains mouvements et partis liés à la Résistance. Les missions qu'elles remplissent peuvent les conduire, tout comme les hommes, à la prison, à la torture, à la déportation et à la mort.
Certaines sont trublions, ce sont des manifestantes dans les manifestations publiques souvent contre l’occupant.
D’autres vont être aviatrices, médecins et infirmières.
Olga BANCIC
Elle était d’un courage inarrêtable, une grande figure féminine, une mère aimante. Elle faisait partie du groupe Manouchian. Elle assurait le transport des armes et des munitions lors des actions. Elle fut par la suite chargée du dépôt des armements. Olga Bancic était la seule femme parmi les vingt-quatre accusés du groupe Manouchian, elle a été transférée en Allemagne, elle fut condamnée à mort et guillotinée dans la cour de la prison le jour de son trente-deuxième anniversaire, le 10 mai 1944.
Germaine TILLION
Elle était Fr ançaise. Germaine a décidé de s’engager dans la résistance, elle participe à l’organisation d’une filière pour prendre en charge les prisonniers de guerre évadés. Elle a reçu la grande croix de la Légion d’Honneur en 1999. Elle est entrée au Panthéon le 27 mai 2015.
Exemple de femmes résistantes
Alice ARTEIL
C’est une résistante Française qui est chef du maquis de Lavoine puis d’un maquis au col de la Loge. Elle va être menée à faire dérailler des trains. Elle obtient le grade de lieutenant. Elle reçoit la croix de guerre avec palme.
Cristina BOÏCO
C’est une juive Roumaine qui est responsable du service de renseignements des FTP-MOI, dans le fameux groupe dirigé par Missak Manouchian. Elle échappa miraculeusement à la chute des membres de "L'Affiche rouge",en novembre 1943, et poursuivit ses missions dans la zone Nord jusqu'à la Libération de la France.
L'affiche rouge
Une affiche de propagande
Les membres figurant sur l'affiche
Maurice Fingercweig
Celestino Alfonso
Marcel Rayman
Spartano Fontano
Wolf Wajsbrot
Joseph Boczov
Szlama Grzywacz
Robert Witchitz
Thomas Elek
Missak Manouchian
Une affiche de propagande
Celestino Alfonso
Celestino Alfonso est né le 1er mai 1916 à Ituero de Azaba (dans la Province de Salamanque, en Espagne). Républicain espagnol, il est devenu soldat volontaire des FTP-MOI au sein du Groupe Manouchian, dont une dizaine, lui parmi eux, avait leur portrait sur l'affiche rouge.
Celestino Alfonso et ses parents arrivent en France en 1927 et s'installent à Ivry-sur-Seine. En 1934, il adhère aux Jeunesses communistes et devient responsable du groupe d'Ivry-sur-Seine.
En 1936, il part comme volontaire pour l'Espagne républicaine, engagé dans les Brigades internationales, où il arrive le 27 août 1936. Il sert comme mitrailleur avec le grade de sergent à la 3e Brigade puis, à partir de 1937, dans la 14e Brigade en tant que lieutenant en qualité de commissaire politique de compagnie. Blessé à la main droite en 1938, il entre à l'intendance et est nommé peu après commissaire politique de la 2e Brigade avec le grade de capitaine.
En février 1939, il est interné au camp d'Argelès-sur-Mer et en sort le 7 décembre de la même année pour intégrer une compagnie de travailleurs étrangers.
Revenu à Paris en juin 1940, il travaille jusqu'en janvier 1941, date à laquelle il est arrêté puis incarcéré à la caserne des Tourelles où il séjourne un mois. Libéré, il est envoyé en Allemagne pour travailler jusqu'au 18 juin 1941.
Revenu en France, il milite au Parti communiste clandestin. Il entre en résistance et distribue des tracts. Durant cette période, il est embauché au camp de Satory, puis dans un garage automobile parisien rue de Chaillot, et aux Établissements ACO à Villacoublay.
En novembre 1942, après l'arrestation de plusieurs de membres de son groupe, il quitte Paris pour Orléans.
C’est en juillet 1943, de retour à Paris, qu’il intègre les FTP-MOI de la région parisienne, sous le pseudonyme de Pierrot, dans l'équipe constituée de Leo Kneler et de Marcel Rajman avec lesquels il participe à plusieurs opérations.
Ainsi, le 28 juillet 1943, les trois hommes lancent une grenade avenue Paul-Doumer contre la voiture du général Ernst von Schaumburg, commandant du Grand Paris. Toutefois, l'attentat échoue car le général ne se trouve pas, alors, dans son véhicule.
Le 19 août, Alfonso est désigné pour assassiner un officier allemand qui, chaque jour, vient lire son journal au parc Monceau.
Le 28 septembre, Missak Manouchian, Leo Kneler, Marcel Rayman et Celestino Alfonso tuent, rue Pétrarque, un haut dignitaire dont ils ne connaissent pas encore e nom. Ils apprennent par la suite qu'il s'agit du SS Julius Ritter, responsable du Service du Travail Obligatoire (STO) en France.
Arrêté au moment de la chute du groupe, il meurt avec ses compagnons, fusillé le 21 février 1944 au fort du Mont-Valérien.
Joseph Boczov
De son vrai nom Ferenz Wolf, il est né le 3 août 1905 en Hongrie. Il était ingénieur chimiste, militant et résistant juif et communiste.
C’était également un soldat résistant engagé dans les FTP MOI de la région parisienne, et chef du 4ème détachement des« dérailleurs » pour lequel il aurait commis 20 attentats.
Il est arrêté le 27 novembre 1943, et son nom et son portrait sont affichés par les nazis sur la fameuse Affiche rouge avec la description « juif hongrois » suivis de ses 8 camarades de la FTP MOI.
Il fait parti des fusillés du fort du Mont-Valérien le 21 février 1944. Il avait seulement 38 ans.
Thomas Elek
Thomas Elek est né le 7 décembre 1924 à Budapest, en Hongrie, de parents intellectuels communistes. En 1930, Thomas et sa famille émigrent en France, à Fontenay-sous-Bois.
En 1933, ils partent à Paris. Sa mère, Sandor Hofmann, devient restauratrice onze ans après, en 1944. Ce restaurant deviendra un lieu de ralliement de l’émigration hongroise et des étudiants de La Sorbonne.
Thomas est un élève brillant, cependant, en seconde, il quitte sa classe car il a manqué de tuer un camarade de ses propres mains. Celui-ci avait dévoilé le fait qu’Elek était juif et étranger. Thomas a seize ans et il décide de s’engager dans la résistance.
Il débute la lutte avec son petit frère Béla, âgé de douze ans à l’époque, en réalisant et distribuant des tracts, et en collant la nuit des affiches sur les murs de Paris.
Thomas s’engage dans les FTP-MOI sous le pseudonyme de Tommy (matricule 10306). Il commence alors la lutte armée.
Sa toute première attaque est dirigée contre la librairie allemande de La Sorbonne le 9 novembre 1942, qu’il réussit à faire exploser. En effet, àvec l’aide de son frère Béla, Thomas place une bombe artisanale dans un livre de son père, le Capital de Karl Marx (livre détesté par les Nazis en tant que “bible” du communisme), qu’il dépose discrètement dans les rayonnages.
Le 29 mars 1943, Thomas attaque un restaurant réservé aux officiers allemands avec une grenade et l’aide de Pavel Simo, un tchèque de son âge. Ce dernier sera arrêté et fusillé le 22 mai suivant.
Son attitude le fait monter en grade et il est nommé chef de groupe au sein du 4e détachement des FTP-MOI de la région parisienne, commandé par Joseph Boczov, spécialisé dans le déraillement des trains allemands. Il participe à plusieurs actions, comme le 28 juillet 1943 où le déraillement cause la mort de plusieurs centaines de soldats ennemis. Au total, Thomas Elek effectue plus d’une centaine d’actions.
Thomas Elek est trahi par la concierge qui a remis à la police les deux derniers messages qu'il lui avait confiés pour un de ses camarades du groupe Manouchian, Wolf Wajsbrot, après que celui-ci eut été arrêté. Arrêté à son tour et torturé par les Brigades Spéciales, comme les autres membres du groupe auquel il appartient, en novembre 1943, il est incarcéré à la prison de Fresnes. Thomas ainsi que les tous les membres du groupe, à l’exception d’Olga Bancic (l’unique femme du groupe), sont condamnés à mort le 18 février 1944 et fusillés trois jours plus tard au Mont-Valérien. Il avait 19 ans.
Thomas Elek figure sur l’affiche rouge, sa photo étant accompagnée de la légende: juif hongrois - 8 déraillements.
Maurice Fingercweig
Spartaco Fontanot
Spartaco Fontano est né le 17 janvier 1922 à Monfalcone, en Italie.
Il arrive en France à l’âge de 2 ans, ses parents antifascistes italiens étant obligés de quitter l'Italie lors de la prise du pouvoir par Mussolini.
Lors de l’Occupation allemande en 1941, il se tourne rapidement vers la lutte armée et, en 1942, s'engage volontairement dans les rangs des Francs-tireurs et partisans de la MOI.
Sous le pseudonyme « Paul » matricule 10166, il participe à de nombreux attentats et sabotages contre les troupes d’occupation et les officiers allemands, notamment.
Il participe aux opérations entreprises contre Julius Ritter, responsable du Service du Travail Obligatoire en France, et contre le général von Schaumburg, commandant du Grand Paris.
Arrêté à Paris par la Brigade Spéciale, le 13 novembre 1943, il ne parle pas. Transféré à Fresnes, il est condamné par le Tribunal militaire et fusillé le 21 février 1944 au Mont-Valérien avec ses 21 camarades du « groupe Manouchian ».
Szlama Grzywacz
Szlama Grzywacz naît le 1er janvier 1909 à Wolomin, en Pologne.
Dès 1941, il empêche les entreprises de fourrure qu’il gère de fournir les allemands. Il effectue de nombreux sabotages avec le groupe Manouchian.
Il meurt fusillé au Mont Valérien par les nazis le 21 février 1944.
Grzywacz figure sur l’affiche rouge en tant que « terroriste juif polonais et communiste ». Szlama Grzywacz est décoré de la croix de guerre à titre posthume le 31 mars 1947.
Missak Manouchian
Missak Manouchian est né le 1er septembre 1906 à Adiyaman en Turquie. Missak est un ouvrier et poète arménien immigré en France, , il se réfugie en France en 1925. Il est devenu un membre des FTP-MOI de la région parisienne lors de la seconde guerre mondiale. Missak est un survivant du génocide arménien. Profondément humaniste, internationaliste et antinazi, il s’engage, notamment à la suite des émeutes des ligues d’extrême droite du 6 février 1934, dans le mouvement antifasciste qu’anime le parti communiste français. En 1935, il devient cadre de l’internationale communiste en accédant à la direction du journal Zangou, puis de l’union populaire franco-arménienne, relais de l’organisation de la Main d’œuvre immigrée (MOI) de la conférence générale du travail unitaire auprès des ouvriers arméniens. Militant clandestin depuis juin 1940, il est arrêté au lendemain de l’attaque allemande contre l’URSS. À partir du début de 1941 puis en 1942, Manouchian entre dans le militantisme clandestin. Il quitte illégalement la Sarthe où il était prisonnier au début de 1941 pour revenir à Paris.
Il est de nouveau arrêté peu après le 22 juin 1941, date de l'invasion de l’URSS par les Allemands, et incarcéré sous contrôle allemand au camp de Compiègne. Il est libéré au bout de quelques semaines, aucune charge n'étant retenue contre lui. Il habite avec son épouse, Mélinée, au 11 rue de Plaisance dans le 14e arrondissement de Paris de 1941 jusqu'au 16 novembre 1943, date de son arrestation. Missak est marié de 1936 à 1944 à Mélinée Manouchian. Il est ensuite versé en février 1943 dans les FTP-MOI de la région parisienne. Missak est choisi en août 1943 pour être commissaire militaire et est arrêté trois mois plus tard par la Brigade Spéciale de la police française après une longue filature. Il meurt le 21 février 1944, fusillé à la forteresse du Mont Valérien à Suresnes en compagnie de ses compagnons de Résistance.
Marcel Rayman
Marcel Rajman, né à Varsovie, arrive à Paris à l'âge de huit ans avec son frère, Simon, et leurs parents.
A 15 ans, il travaille avec ses parents comme ouvrier tricoteur et entre dans les premiers groupes des Jeunesses communistes et devient responsable des Jeunesses communistes du XIe arrondissement.
En août 1941 Marcel assiste à l'arrestation de son père. Puis il apprend sa déportation.
Profondément choqué, il prend les armes et s'engage dans le deuxième détachement du FTP-MOI.
En juillet 1942, le bruit d'arrestations massives de Juifs à Paris se répandit. Marcel, son frère Simon, et les familles Peltin et Frydman sont alors cachés par Catherine Lave et sa fille Odette.
Sa mère Chana Rayman sera gazée à Birkenau et Simon, son petit frère déporté à Buchenwald.
Après l'attentat contre Julius Ritter, haut dignitaire SS allemand, Himmler somme la police française à ses ordres de "mettre rapidement fin aux menées des terroristes juifs étrangers".
Arrêté en novembre 1943, incarcéré à la prison de Fresnes, Marcel est condamné à la peine capitale lors d'un procès à grand spectacle dit l'Affiche Rouge (les Allemands avaient couvert Paris de fameuse Affiche Rouge portant la photo et le nom de dix accusés avec mention de leur lieu de naissance, tentant de présenter les accusés comme des criminels étrangers).
Le 21 février 1944 Marcel Rajman, 20 ans, et vingt-deux de ses camarades sont exécutés au Mont Valérien.
27/09/2008
Wolf Wajsbrot
Wolf Wajsbrot est un résistant juif et communiste polonais, apprenti mécanicien né à Kraśnik (Pologne) le 3 mars 1925 et mort pour la France le 21 février 1944, fusillé au fort du Mont-Valérien.
• Il s'engage dans les Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) probablement au cours de l'été 1942.En juillet 1943, il est versé dans le « détachement des dérailleurs » des FTP-MOI de la région parisienne et participe à de nombreux déraillements de trains.
Arrêté le 17 novembre 1943 par la police française (Brigades spéciales des Renseignements généraux), il déclare que sa mère a été déportée après la rafle du Vel' d'Hiv' pour la protéger. En réalité, sa mère et ses six frères et sœurs échapperont aux rafles et survivront à la guerre, Sarah Danzinger (sa petite amie), quant à elle, sera déportée à Auschwitz, d'où elle ne reviendra pas.,.
• Emprisonné à Fresnes, Wolf est condamné à mort par la cour militaire allemande qui se tient le 18 février 1944 et qui juge les membres du “groupe Manouchian”. Il est fusillé le 21 février 1944 au fort du Mont-Valérien avec 21 de ses camarades du « Groupe Manouchian ».
• Il obtient la médaille de la Résistance, décernée à titre posthume par décret du 31 mars 1947, publié au Journal Officiel le 26 juillet 1947.
Robert Witchitz
Il est né à Abscon, dans le nord,d’un père commerçant d’origine polonaise et d’une mère française .
Au début de la seconde guerre mondiale, Robert devient télégraphiste. Son père, mobilisé, est fait prisonnier, mais comme ancien combattant de la guerre 1914-1918, il rentre de captivité. Robert, lui, est licencié. Il doit faire des courses à bicyclette, pour le compte d'une distillerie. Devenu ajusteur à l'usine de constructions mécaniques Texier-Dufor, il devient militant dans les jeunesses communistes, à Ivry sur seine . En 1943, il est réquisitionné dans le cadre du STO pour aller travailler en Allemagne. Avec son ami Roger Rouxel, il rejoint alors, en février 1943, à l'insu de ses parents, la FTP-MOI1 du 3e détachement italien sous le matricule 10 279 et le nom de guerre de René. Chaque fois que, par la presse ou tout autre moyen, il apprend la mort d'un Allemand ou d'un collaborateur, il se réjouit et dit à son père : « Tu vois, il y a encore des hommes, et de bons Français. »
Le 19 novembre 1943, Robert est arrêté, avec Rino Della Negra, à la suite d'une action contre des convoyeurs de fonds allemand au 56 rue La Fayette à Paris. Il prévient ses parents dans une lettre où il s'accuse, pour ne pas incriminer ses camarades de combat, d'avoir fait une « bêtise ». Il reste en prison, exactement cent jours et jamais ses parents, malgré de nombreuses demandes, ne sont autorisés à le voir pendant son incarcération. Traduit avec ses autres frères de combat au procès des 23, il est condamné à mort.
Robert Witchitz est fusillé au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944 avec les 23 membres de l'Affiche rouge. Lorsque ses parents reçoivent enfin l'autorisation de lui rendre visite, il est trop tard : les Allemands l'ont fusillé la veille.
Son corps fut déposé au carré des Fusillés au cimetière d’Ivry-sur-Seine, et plus tard, conformément au désir de sa mère, dans le caveau de la famille.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur, à titre posthume, en mai 1959.
Une rue d'Ivry-sur-Seine porte son nom.
Le 21 février 2024, il est cité « Mort pour la France », ainsi que ses 23 autres camarades, avec l'entrée de Missak et de Mélinée Manouchian lors de la cérémonie de panthéonisation en présence d'Emmanuel Macron, président de la République française. Une plaque portant son nom et ceux des 23 résistants du groupe Manouchian est apposée au Panthéon.
Les membres (autres que ceux sur l’affiche rouge) Olga Bancic Rino Della Negra Mélinée Manouchian Georges Cloarec Roger Rouxel Antonio Salvadori Armenak Tavitian Amedeo Usseglio Willy Shapiro Jonas Geduldig
Les membres du groupe
Emeric Glasz Léon Goldberg Stanislas Kubacki Cesare Luccarini
Les membres figurant sur l'affiche rouge
Olga Bancic
Olga Bancic, ou plutôt Golda, est en 1912 à Kishinev, en Moldavie. C’est une résistante roumaine, juive et communiste. Elle est soldate volontaire des FTP-MOI de la région parisienne et intègre le groupe Manouchian.
Olga et ses nombreux camarades ont débuté la lutte contre Hitler dès les premiers jours de l’Occupation. Olga avait déjà commencé à lutter quelques années plus tôt lors la montée du fascisme en Roumanie, lorsqu’elle n’avait que six ans. Elle a été emprisonnée et rouée de coups pour la première fois à douze ans à la suite d’une grève dans la fabrique de maroquinerie où elle travaillait.
En 1929, elle épouse l'écrivain Jacob Salomon, connu sous le nom d'Alexandru Jar. Ils ont une petite fille, Dolorès. Au début de la guerre, Olga confie sa fille à une famille française vivant à la campagne. Elle viendra lui rendre visite de temps en temps avec son mari.
Dans le réseau, Olga, dite « Pierrette », est agent de liaison, chargée de cacher les armes et les bombes, de les donner à ses camarades et de les reprendre à la fin d’une opération. Elle a participé indirectement à une centaine d’attaques.
Jacob Salomon est arrêté en septembre de l’année 1941. Olga, elle, est arrêtée en novembre 1943 par les Brigades Spéciales, la police de lutte « anti-terroriste » qui cherche à supprimer la Résistance communiste notamment. Elle est condamnée à mort avec ses vingt-trois camarades au cours du procès qui se tient en février 1944.
Olga Bancic, elle, ne figure pas sur l’Affiche Rouge. Elle a été atrocement torturée à coups de fouet avant d’être transférée en Allemagne dans différentes villes. Elle est guillotinée le 10 mai 1944 (traitement de « faveur » réservée aux femmes par les Nazis), le jour de ses 32 ans, à Stuttgart.
Elle a tout de même pu écrire une lettre à sa fille avant de mourir :
« Ma chère petite fille, mon cher petit amour. Ta mère écrit la dernière lettre. Ma chère petite fille, demain à 6 heures, le 10 mai, je ne serai plus. Mon amour, ne pleure pas, ta mère ne pleure pas non plus. Je meurs avec la conscience tranquille et avec toute la conviction que demain tu auras une vie et un avenir plus heureux que ta mère. Tu n’auras plus à souffrir. Sois fière de ta mère, mon petit amour. J’ai toujours ton image devant moi. Je vais croire que tu verras ton père, j’ai l’espérance que lui aura un autre sort. Dis-lui que j’ai toujours pensé à lui comme à toi. Je vous aime de tout mon cœur. Tous les deux vous m’êtes chers. Ma chère enfant, ton père est, pour toi, une mère aussi. Il t’aime beaucoup. Tu ne sentiras pas le manque de ta mère. Mon cher enfant, je finis ma lettre avec l’espérance que tu seras heureuse pour toute ta vie, avec ton père, avec tout le monde. Je vous embrasse de tout mon cœur, beaucoup, beaucoup. Adieu mon amour. Ta mère. »
Rino Della Negra
Rino Della Negra naît en 1923 à Vimy dans le Pas-de-Calais.
Il a des parents italiens: son père est originaire d’Udine, dans le Frioul. La famille s’installe en 1926, dans la région parisienne, à Argenteuil, dans le quartier des italiens immigrés nommé Mazagran.
En 1937, Rino travaille comme apprenti ajusteur à l’usine Chausson d’Asnières-sur-Seine.
Le football :
Il commence sa carrière au FC Argenteuillais au poste d’attaquant, dans l’équipe interne de Chausson qui emporte la Coupe de la Seine en 1938, puis à la Jeunesse sportive Jean-Jaurès d’Argenteuil avec laquelle il gagne la Coupe de Matin-FSGT en 1941. En 1942, cette compétition change de formule et oppose des sélections régionales, avec celle de Paris. Il est remarqué par la presse lorsqu’il rejoint l’Union sportive athlétique de Thiais. Le Red Star de Saint-Ouen le recrute au début de la saison 1943-1944.
Résistance :
En 1942, réquisitionné pour le Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, il décide de ne pas partir et adhère aux Francs-tireurs et partisans (FTP) d’Argenteuil dès février 1943, sans quitter son activité sportive et sa famille. Il rejoint le 3e détachement italien des Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) de la région parisienne commandé par Missak Manouchian.
Le 7 juin 1943, il participe à l’exécution du général Von Apt au 4 Rue Maspero. Le 10 juin, il attaque le siège central du parti fasciste italien rue Sédillot.
Le 23 juin, il attaque la caserne Guynemer à Rueil-Malmaison.
Blessé lors d’une opération du groupe visant l’attaque d’un convoyeur de fonds, il est arrêté à l’automne 1943.
Avec ses autres camarades pris lors des filatures de la Brigade Spéciale 2 en novembre 1943, Rino Della Negra est condamné a mort. Il est fusillé au fort du Mont-Valérien, le 21 février 1944, avec les 23 membres du groupe Manouchian dont les dix de l’affiche rouge. Après la guerre, sa famille rapatrie son corps du cimetière d’Ivry où reposaient les fusillés, pour qu’il soit inhumé avec les siens au cimetière d’Argenteuil.
Aujourd’hui il est une figure emblématique de la ville d’Argenteuil et surtout du club de football le Red Star de Saint-Ouen : une tribune du stade Bauer porte même son nom.
Mélinée Manouchian
Mélinée est née en 1913 à Constantinople et morte le 6 décembre 1989 à Fleury-Mérogis.C’est une Immigrée résistante d’origine Arménienne devenue Française lors de la Libération. Elle a deux ou trois ans quand ses parents sont tués, victime du génocide Arméniens. Orpheline, elle est recueillie avec sa sœur aînée, elle grandit de la Grèce à Paris en passant par Marseille. Diplômée d’une formation de secrétaire comptable, elle s’installe dans la capitale.
En 1934 elle fait connaissance de Missak Manouchian. Tous deux apatrides, ils affichent le même amour pour la France et partagent l’idéal de la République, résumé par sa devise.
Conscients de vivre une époque troublée et qu’il est nécessaire de protéger le pays et l’Europe contre les fascismes, ils s’engagent ensemble au sein du Parti Communiste Français. Devenus tous deux délégués du HOC (Comité de secours à l'Arménie soviétique ), ils participent au Front Populaire en 1936 et se marient la même année, avant de s’installer ensemble quelques mois plus tard. Dans leur logement ils fondent l’Union populaire franco-arménienne.
Militant communiste clandestin à partir de juin 1940 en raison de l'interdiction du PCF qui soutient le pacte germano-soviétique, il est arrêté au lendemain de l'attaque allemande contre l'URSS. Mélinée parvient à échapper à cette opération.
Son mari libéré en 1941, le couple s’engage dans la résistance au sein du groupe communiste des Francs tireurs partisans - Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI) de la région parisienne avec pour objectif d’inciter les soldats non-allemands ou opposés à Hitler à déserter. C’est le « travail allemand ».
Melinée Manouchian a quant à elle pour rôle de dactylographier des tracts et de porter des messages secrets. Deux ans plus tard, ils décident de passer à la lutte armée aux attentats. La jeune femme est affectée au repérage et à l’espionnage des cibles d’attentat, puis de rédiger des comptes-rendus pour les commandos.
En 1943 son mari figure avec des camarades sur la célèbre affiche rouge de propagande allemande. Il est accusé d’être l’auteur de nombreux attentats et exécutions sommaires.
Fin novembre 1943, Missak est arrêté. Mélinée se réfugie chez la famille Aznavourian, et n’apprendra que plusieurs semaines plus tard l’exécution de son époux.
La jeune veuve reprend ses actions au sein de la Résistance jusqu’à la fin du conflit. Après la guerre, elle travaille durant deux ans en tant que secrétaire pour la jeunesse arménienne de France, avant de se porter volontaire pour un programme soviétique destiné à repeupler l’Arménie. Elle s’installe ainsi à Erevan durant quatorze ans, elle trouve un emploi au sein de l’Institut de Littérature. Cette proximité avec les mots l’incite à rédiger une biographie de son mari en 1954, dont elle publie un recueil de poèmes deux ans plus tard.
Atteinte d’un cancer et déçue par la politique de l’Union soviétique elle rentre en France en 1960 où elle vit de manière discrète, mais œuvre activement pour la mémoire des résistants arméniens.
Elle fait parler d’elle en 1983 avec la co-réalisation du film « Des terroristes à la retraite » qui dénonce les agissements de certains communistes au cours de la guerre et le manque de soutien apporté aux membres du groupe Manouchian par le parti.
Elle meurt en 1989 à Paris est enterrée dans le cimetière d’Ivry comme son mari.
Depuis le 21 février 2024 ils reposent ensemble au Panthéon de Paris, une volonté du gouvernement français de rendre hommage à ce couple qui a marqué l’histoire.
Georges Cloarec
George Cloarec est né le 22 décembre 1923 à St-Lubin-des-Joncherets et vit une vie d’ouvrier agricole dès l’age de 15 ans avant que l’Allemagne n’envahisse la France.
Il quitte son travail et passe clandestinement en zone sud dans le but de se rendre en Angleterre pour s’engager dans les Forces Françaises Libres mais il est malheureusement trop jeune et ne se fait pas enrôler .
Il s’engage donc en 1942 à Toulon dans la marine nationale française mais n’est pas du même avis que ses supérieurs subordonnés au régime pétainiste de Vichy. Il se révolte et crie ‘’VIVE LA FRANCE ! A BAS LA COLLABORATION !’’ Il est aussitôt mis au fer.
Une fois libéré, il retourne quelque mois chez ses parents puis à Paris pour chercher un contact avec la Résistance.
Il se trouve donc enrôlé dans les FTP-MOI. Il participe à plusieurs actions comme l’attaque d’un convoyeur de fonds Allemand qui tourne mal. Cela conduit à l’arrestation de certains membres du groupe Manouchian, le 12 novembre 1943. Il est fusillé avec ses compagnons le 21 février 1944 au fort de Mont-Valérien.
Roger Rouxel
Roger Rouxel est né le 3 novembre 1925 à Paris et vit une vie d’ouvrier tourneur avant que la France ne soit occupée par l’Allemagne en 1940.
Il décide de s’engager dans la résistance dans le groupe des FTP-MOI sous le nom de ‘’Léon’’.
Il est arrêté par la 2eme Brigade Spéciale avec les 22 autres membres du groupe Manouchian le 12 novembre 1943 mais, étant le plus jeune, les Allemands lui proposent d'être libéré mais il refuse.
Il est donc fusillé avec ses compagnons au Mont-Valérien le 21 février 1944.
Antonio Salvadori
Antonio Salvadori est un résistant communiste d’origine italienne.
Il est connu pour avoir été membre du groupe « Groupe Manouchian », au sein des FTP-MOI dans la région parisienne.
Il est né le 13 juin 1920 et mort fusillé au Mont-Valérien avec ses compagnons d’armes le 21 février 1944.
Son pseudonyme était « Tony Maitron ».
Portrait d’Antonio Salvadori pris par les Brigades Spéciales au moment de son arrestation fin 1943
Armenak Tavitian
Amedeo Usseglio
Willy Shapiro
Jonas Geduldig
Jonas Geduldig est un juif qui a combattu dans la clandestinité en France, pendant la seconde guerre mondiale.
Engagé très jeune dans le combat antinazi, il intègre les rangs de l'Armée républicaine Espagnole. Emprisonné, il réussit à s'évader à la fin de l'année 1940.
Il rejoint Paris et prend une nouvelle identité: « Michel Martiniuk ».
En novembre 1941, il participe à la première grève de sabotage.
En 1942 il intègre les rangs du 2e détachement des FTP-MOI, et en juillet 1943, celui du groupe des dérailleurs.
Il fut arrêté et fusillé avec les membres du « groupe Manouchian » au Fort du Mont-Valérien de Suresnes après trois mois de tortures par des brigades spéciales. Il meurt avec ses compagnons le 21 février 1944, à l'âge de 26 ans.
Il n'écrit pas de lettre d'adieux à sa famille, afin de préserver sa véritable identité.
La mention « mort pour la France » lui est attribuée par le Ministère des Anciens Combattants en date du 17 avril 1972.
Emeric Glasz
Emeric Glasz est né en 1902 à Budapest.
Emeric Glasz émigre en France en 1937 et devient ouvrier mécanicien. Il se marie le 1er septembre 1939, le jour de la déclaration de guerre, durant la campagne de France. Entré dans la clandestinité en 1941, il agit d’abord au sein des GSD (Groupes de sabotage et de destruction), puis dans le 2em détachement des FTP-MOI. Il devient l’un des chefs et responsables majeurs. Il est arrêté le 17 novembre 1943 au métro Denfert-Rochereau par des inspecteurs français des Brigades Spéciales (BS2) qui le remettent aux Allemands. Il est l’un des 24 accusés qui sont jugés le 18 février 1944 aux cotés de Celestino Alfonso, Joseph Boczov et Marcel Rayman. Ce martyr de la résistance est mort au Mont Valérien le 21 février 1943 sous les balles allemandes à l’âge de 42 ans.
Léon Goldberg
Léon Goldberg est né le 14 février 1924 à Łódź, en Pologne. En 1928, son père Samuel Goldbermuel Goldberg (né en 1901) s’expatrie en France, et fait venir sa femme, Riwka Gelemer et son fils en 1929. Ils demeurent à Paris où voient le jour Henry en 1931 et Max en 1934. Il s’est tenu jusqu’alors à l’écart de toute activité militante, mais confronté plus tard aux mesures prises contre les juifs par Pétain et l’occupant, il prit conscience de la nécessité de résister. Lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver, le 16 juillet 1942, les parents de Léon l’envoient se cacher chez une voisine, tandis qu'ils restent chez eux avec ses deux jeunes frères. Le 16 juillet 1942, ils sont arrêtés. Son père est interné à Beaune-la-Rolande et Compiègne avant d’être déporté vers Auschwitz le 31 juillet 1942. Sa mère et ses deux frères (Henry, 11 ans, et Max, 8 ans) sont internés à Pithiviers et Drancy avant d’être déportés pour Auschwitz le 19 août 1942. Après l’arrestation et la déportation de toute sa famille suite à la rafle du Vel’d’Hiv’, le 16 juillet 1942, il cherche le contact avec la Résistance. Il s'engage dans les FTP-MOI (2e détachement). Il combat au sein du groupe dirigé par Missak Manouchian, avec lequel il participe à de nombreuses actions et, en juillet 1943, poursuit le combat au sein d’un des groupes de « dérailleurs ».
Dans la Résistance, il est connu sous le pseudonyme de "Julien", ses faux papiers mentionnent qu’il s’appelle "Gérard Charton". Le 23 septembre 1943, Léon Goldberg, Joseph Boczov et deux autres combattants de la MOI prennent un train à destination de Brie-Comte-Robert. De là, ils se rendent à Coubert où ils effectuent un sabotage sur la voie ferrée. Le lendemain il reprennent le train à Lieusaint pour rentrer à Paris. Il participe à d’autres actions du groupe. Il est arrêté avec les membres du groupe Manouchian et exécuté au mont Valérien le 21 février 1944.
Stanislas Kubacki
Cesare Luccarini
Des lieux de mémoire
Le panthéon
Le Mont Valérien
Le Mémorial de la Shoah
Les stèles de la montagne bourbonnaise
Le Mont Valérien
Qu'est-ce que le mont Valérien ?
Le mont Valérien est une colline qui se situe dans les Hauts de Seine à l'ouest de Paris. Entre le 15 ème siècle et le 19 ème siècle le Mont Valérien accueillait un calvaire religieux, monument chrétien. A partir de 1841 on érige sur la colline une forteresse militaire pour permettre de protéger la capitale, qui sera utile notamment pendant la guerre contre la Prusse.
L'utilité du Mont Valérien pendant la seconde guerre mondiale :
Pendant la seconde guerre mondiale et l’Occupation, les Allemands envahissent la colline. Pour eux c'est l'endroit parfait pour fusiller, condamner à mort car à l'époque le Mont Valérien n'était entouré que par des champs et il ne se situe qu'à 2 km de Paris, ce qui va leur permettre d’exécuter les nombreux condamnés à mort en toute discrétion.
A cet endroit des milliers d'hommes ont donc été fusillés entre 1941 et 1944, comme des otages, ainsi que des juifs et des communistes. Les condamnés périssent fusillés, attachés à des poteaux. Parfois cinq otages pouvaient être accrochés au même poteau.
Le Mont Valérien le 21 février 1944
Le 21 février 1944, 23 membres des FTP-MOI sont condamnés à mort : ceux du « groupe Manouchian », préalablement « jugés », sont alors fusillés au Mont-Valérien. A cette occasion une affiche rouge est affichée dans tout Paris et dans plusieurs grandes villes de France. Cette affiche a servi de propagande pour les Nazis qui font passer les Résistants du groupe Manouchian pour de dangereux terroristes étrangers relégués à une « armée du crime ».
Le Mont Valérien aujourd’hui
Lieu de mémoire incontournable, la forteresse du Mont-Valérien est également, de nos jours, occupée par plusieurs espaces comme le siège du 8ème régiment de transmission et le musée colombophile* militaire où est expliquée l'histoire de la colombophilie militaire depuis l'antiquité jusqu'à aujourd’hui.
Le Mont-Valérien permet aussi de stocker des réservoirs d'eau sur les pentes de la colline ce qui permet d’alimenter en eau les communes des environs.
De nos jours, au pieds du Mont-Valérien a été créé un établissement pédagogique qui sert à présenter l'agriculture aux enfants et un vignoble y est aussi installé, on y produit plus de 5000 bouteilles par an.
* Art d’élever et de dresser des pigeons voyageurs.
Le Mémorial de la Shoah
Le panthéon
Le Panthéon est un édifice de style néo-classique datant du XVIII°siècle. Il est situé à Paris, au cœur du quartier Latin. C’est un mausolée qui regroupe les grands Hommes ayant marqué l’Histoire française. L’architecture est inspirée de la Rome antique. Au départ, c’était l’Eglise sainte Geneviève, mais l’on compte 6 changements de fonctions. C’est après la Révolution, une fois l’édifice achevé, que Mirabeau fut le premier homme à entrer au Panthéon, qui devint ainsi une nécropole destinée aux Hommes illustres.
Mais l’édifice change encore de fonction notamment sous le règne de Napoléon Bonaparte. Il faudra attendre les funérailles de Victor Hugo en 1885, sous la troisième République, pour que le monument possède pleinement le rôle de Panthéon que nous connaissons aujourd’hui.
Le Panthéon abrite Voltaire et Rousseau, grands philosophes des Lumières, ou encore Simone Veil, ancienne femme d’état française , et bien sûr Victor Hugo. Au fronton, du monument figure l’inscription « Aux grands Hommes, la patrie reconnaissante ».
Cette année, nous, élèves de 3° du collège Jules Verne – Alice Arteil, avons eu la chance, dans le cadre de notre projet scolaire, d’assister à la Panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian, Résistants, et de leurs camarades de Résistance. Ce fut un moment fort en émotions qui restera gravé dans nos mémoires !
Le Panthéon au soir du 21 février 2024, lors de notre visite.
Les stèles de la montagne bourbonnaise
Dans la Montagne Bourbonnaise, nous pouvons trouver de nombreuses stèles qui commémorent les actions des Résistants .
La stèle du Cluzel rend hommage à Claude Mondière, arrêté par la Milice et assassiné par les nazis en 1944.
Elle se trouve entre le Pouthier et le Mayet de Montagne.
Les allemands étaient basés, à la Roche, en Montagne Bourbonnaise.
Avant, il y avait une plaque au nom de Francique Driffort au Mayet de Montagne, mais elle n’existe plus.
Ce monument a été édifié afin d’honorer la mémoire de Jean Zay. Il se trouve à Molles sur la route des Malavaux. Jean Zay était un résistant. Il a été assassiné par des collaborateurs en 1944, à quelques mètres du monument, dans un bois.
Cette plaque se situe sur la façade d’une maison au Panneau Blanc, à Châtel-Montagne. Elle honore le premier maquis de la Montagne Bourbonnaise.
Cette stèle rend hommage aux aviateurs Américains s’étant écrasés à Chatel-Montagne afin d’aider la France à se liberer.
Cette stèle rend hommage aux maquisards de Châtel-Montagne ayant été fusillés ou déportés principalement à Dachau.
Voici le symbole des résistants commnistes. Il se trouve à Chargueraud, à Châtel-Montagne
Cette plaque rend hommage à la Résistance et commémore un hôtel détruit par les Allemands. Elle se situe aux Biefs.
Cette stèle rappelle les 14 bâtiments brulés par les Allemands et les déportés de Châtel-Montagne. On peut la trouver sur la route des Brizolles.
Cette stèle honore Alice Arteil, son groupe de maquisards et les déportés de la Montagne Bourbonnaise. Elle se trouve à Arfeuilles.
La stèle du Goutaudier rend hommage à tous les morts déportés, résistants et soldats s’étant battus pour la France. Elle se situe à Saint-Nicolas-des-Biefs.
La stèle du Cacot rend hommage à un homme assassiné par les SS, un déporté et un homme mort au maquis. On peut la retrouver à Lavoine. Dans ce village, nous pouvons aussi voir une plaque sur la mairie, édifiée au nom de Claude Vallas, résistant.
La croix du Fayot honore la mémoire des déportés victimes du nazisme. Elle se trouve également à Saint-Nicolas-des-Biefs.
A Ferrières se trouve un monument et une plaque au nom de François Riboulet. C’était un résistant qui a été arrêté par la Gestapo et déporté au camp de Buchenwald.
Cette stèle commémore la destruction de la ferme Depalle, brûlée par les nazis. En effet les propriétaires cachaient des résistants. Les SS ont donc arrêté le père, le fils, deux ouvriers agricoles et le Capitaine Bardet. Jean Claude, le père, et son fils Robert, sont déportés. Cette stèle se trouve au Gué de la Chaux accompagnée de trois croix pour se souvenir des personnes assassinées ce jour là.
Cette croix rend hommage à Jean Tachon, tué par les ennemis. Elle se trouve à Laprugne
Cette statue a été édifiée afin de rendre hommage aux maquisards et aux fusillés et deportés, dont Jean Claude et Robert Depalle.
Honorer la mémoire
La panthéonisation
Autres résistants panthéonisés
Jean Monnet
Germaine Tillion
Joséphine Baker
Jean Moulin
Geneviève De Gaulle-Anthonioz
Félix Eboué
René cassin
André Malraux
Pierre Brossolette
Jean Zay
La panthéonisation
Joséphine Baker
Freda Josephine McDonald, appelée plus tard de son nom de scène Joséphine Baker, naît le 3 juin 1906, aux États-Unis, dans le Missouri. Elle està la fois d’origine espagnole, afro-américaine et amérindienne.
La jeune fille passe une partie de son enfance à alterner l'école et les travaux domestiques pour des gens aisés chez qui sa mère l'envoie travailler.
À cette époque, Joséphine Baker n'a d'autre choix que de contribuer, par son salaire, à faire vivre sa nombreuse fratrie dont elle est l’aînée car sa famille est très pauvre. Joséphine quitte l’école en février 1920 pour se marier très jeune.
Peu de temps plus tard, elle rencontre Willie Baker qu'elle épouse, toute jeune encore, en 1921 et avec lequel elle s'installe.
Après la rupture avec son second mari elle se rend à New York où elle rencontre Donald J. Reagan qui décèle le potentiel spectaculaire de la jeune fille. Il lui fait donc une offre mirobolante pour la suivre en France où Reagan veut monter un spectacle dont elle serait la vedette et qui fera d’elle une star : la Revue nègre.
Le 2 octobre 1925, elle passe en première partie dans la Revue nègre au théâtre des Champs-Élysées et fait rapidement salle comble. Quasiment nue, seulement vêtue d’une ceinture de bananes, elle danse le charleston, dans un décor de savane et au rythme des tambours.
Plus tard, le directeur du Casino de Paris l’engage pour mener la revue de la saison 1930-1931 et, par goût de l’exotisme, la fait accompagner d’un guépard, nommé Chiquita. En 1931, elle remporte son grand succès inoubliable avec la chanson « J'ai deux amours » composée par Vincent Scotto.
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, en septembre 1939, Joséphine Baker rencontre un officier des services de contre-espionnage français dont elle devient la correspondante en glanant des informations et renseignements sensibles dans les soirées mondaines.
Son engagement devient concret quand elle chante pour les soldats au front ou quand elle devient infirmière pilote secouriste de l’air, affectée à la Croix-Rouge.
Le 17 janvier 1941, elle s’embarque sur un paquebot à destination d’Alger avec ses nombreuses malles de spectacle et les cages pour ses divers animaux : elle va dès lors séjourner en Afrique du Nord, lieu de refuge d’une partie de la Résistance de l’Armée française.
C’est à partir de mai 1944 qu’elle est officiellement engagée dans l'Armée de l'Air, comme « officier de propagande » avec le grade de sous-lieutenant, engagement qui concrétise le fait qu’elle ait passé un brevet de pilote en 1938. A cette époque, elle apparait aussi bien en uniforme qu'en tenue de scène.
En 1946, elle reçoit pour ses actions la médaille de la Résistance française.
Elle poursuit son engagement en utilisant ensuite sa grande popularité : au service de la lutte contre le racisme, pour l’émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le mouvement américain des droits civiques. Ainsi, le 28 août 1963, elle est, en uniforme de l’armée française, aux côtés de Martin Luther King quand il prononce son célèbre discours « I have a dream ». Elle y est d’ailleurs la seule femme à prendre la parole depuis le Lincoln Memorial.
Après la guerre, elle achète le château des Milandes en Dordogne où elle vivra jusqu’en 1969. Elle y élèvera les douze enfants de sa « tribu arc-en-ciel », jeunes de toutes origines, qu’elle adopte avec son nouveau mari depuis 1947, Jo Bouillon.
C’est dans le parc de son château que le 18 août 1961, Joséphine Baker est décorée de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre.
Elle continue ses spectacles jusqu’à la fin de sa vie afin de pouvoir continuer à faire vivre sa famille dans le château de Dordogne et, après deux attaques cardiaques et quatorze soirée triomphales, elle s'éteint, à 68 ans, le 12 avril 1975.
En 2021, près de cinquante ans après sa mort, elle entre au Panthéon, devenant ainsi la sixième femme et la première femme noire à rejoindre le « temple » républicain.
Félix Eboué
Jean Zay
Jean Zay est né le 6 août 1904 à Orléans et mort assassiné par la milice le 20 juin 1944 à Molles. Ses cendres ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015. Son père, Léon, était juif, mais Jean a été élevé selon la foi protestante.
Il est avocat et homme politique français. Jean Zay a été ministre de l’Education Nationale durant quarante-quatre mois. Il a beaucoup œuvré pour l’amélioration de l’école notamment, l’obligation scolaire jusqu’à 14 ans, les enseignements interdisciplinaires et le sport à l’école. Il créé également des musées, comme le Musée national des arts et traditions populaires et le Musées des arts modernes et il a mis en place le festival de Cannes (1er septembre 1939).
Jean Zay effectue des études de droits et il apprécie l’écriture. A ses 19 ans, Zay écrit un poème intitulé « Le Drapeau », dénonçant les massacres de la Première Guerre mondiale. Ce poème antimilitariste est daté du 6 mars 1924.
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, Jean Zay démissionne le 2 septembre 1939 pour rejoindre l'armée française et suivre le sort de sa classe d'âge. Son courage et son dévouement au sein de l’armée sont attestés par ses chefs militaires. Jean Zay eut l’accord de ses supérieurs pour partir au Maroc. Par la suite, il fut accusé de désertion. Le 20 août 1940, il est interné à la prison militaire de Clermont-Ferrand. Pendant des mois, Jean Zay devient « la cible notoire de la campagne antisémite » et une violente campagne de presse orchestrée par le ministère de l’information du gouvernement de Vichy, réclamant la condamnation à mort du « juif, Jean Zay » comme juif, franc-maçon, anti-munichois, anti-hitlérien et ministre du Front populaire.
Il fut libéré de la prison par trois miliciens, qui l’ont conduit jusqu’au lieu-dit Les Malavaux à Molles. Jean Zay est abattu et ses dernières paroles sont « Vive la France. »
Germaine Tillion
Germaine TILLION est née le 30 mai 1907 à Allègre, au Puy-en-Velay. Elle mène des études d’histoire de l’art et de préhistoire à l’Ecole du Louvre, puis suit les cours de Marcel Mauss à l’Institut d’ethnologie dont elle sort diplômée en 1932. Pendant l'Occupation allemande, durant la Seconde Guerre mondiale, Germaine Tillion participe à la résistance et devient chef de la filière d'évasion de prisonniers de guerre fondée par le colonel Hauet, dénommée après la guerre "groupe du musée de l'Homme".Après l'arrestation de presque tous ses camarades, elle rejoint le réseau Gloria qui avait pour mission de recueillir des informations militaires pour le compte des britanniques. Infiltré par l'abbé Robert Alesch, le groupe est démantelé. Germaine Tillion est arrêtée puis déportée à Ravensbrück. Grâce à l'intervention du diplomate suédois Folke Bernadotte elle peut, avec d'autres détenues de Ravensbrück, être transportée en Suède et y être soignée.
Après sa libération, Germaine Tillion crée une équipe de déportés afin de rassembler et de classer tous les documents sur l'histoire du camp de Ravensbrück. En 1947, elle reçoit le prix Pulitzer pour ses actes héroïques pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle réalise des enquêtes sur les crimes de guerre nazis ainsi que sur les camps de concentration soviétiques de 1945 à 1954. Elle décède le 19 avril 2008. Grand-croix de la Légion d'honneur, en 1999, Germaine Tillion fait partie des quatre personnalités désignées en 2014 par François Hollande pour rejoindre le Panthéon.
Geneviève De Gaulle-Anthonioz
Geneviève de Gaulle-Anthonioz est née le 25 octobre 1920 à Saint - Jean de Valeriscle. Résistante française, militante des droits de l’homme et de la lutte contre la pauvreté, elle est aussi connue pour être la nièce du général Charles De Gaulle.
Sous l’Occupation , lorsqu'elle est étudiante à l'université de Rennes, elle mène des actions de résistance au sein du groupe du Musée de l’Homme, puis du réseau Défense de la France. Arrêtée par la Gestapo, elle est déportée en février 1944 au camp de Ravensbruck où elle est détenue jusqu'en février 1945.
Heinrich Himmler se sert d’elle comme monnaie d'échange et, par la suite, elle est tenue au secret dans un camp au sud de l'Allemagne jusqu'en avril 1945, avant son transfert à Genève.
Après la guerre, elle s'engage notamment dans la lutte contre la pauvreté et devient présidente de l'association française ATD Quart-Monde de 1964 à 1998.
Elle s’éteint le 15 février 2002 à Paris. Quelque temps après sa mort en 2015, elle fait son entrée symbolique au Panthéon : en effet, sa famille ne voulant pas qu’elle soit séparée de son mari, son cercueil ne contient que la terre provenant du cimetière où elle est inhumée.
André Malraux
Jean Monnet
Jean Moulin
Jean Moulin est né le 20 Juin 1899 à Béziers dans le Languedoc-Roussillon. En 1917, après avoir obtenu son baccalauréat, il s’engage dans des études de droit à l’université de Montpellier, et travaille en même temps pour la préfecture de l’Hérault.
Mobilisé lors de la Première Guerre Mondiale, Jean Moulin ne combat pas, l’armistice étant signée avant son premier combat.
Poursuivant ses études, il obtient sa licence de droit en 1921. Sa carrière de haut fonctionnaire débute en 1925 quand il devient sous-préfet à Albertville, puis en 1937, le plus jeune préfet de France en Aveyron. Ses convictions s’affirment quand il soutient les Républicains durant la guerre d’Espagne.
Au début de l’invasion allemande, Jean Moulin , alors préfet à Chartres, refuse de se soumettre : c’est pourquoi il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un bout de verre. Il évite la mort de peu mais gardera à vie une cicatrice à la gorge qu’il dissimulera par une écharpe, comme on peut le voir sur une des plus célèbres photos qui le représente.
Évidemment opposé au régime de Pétain, il est démis de ses fonctions de Préfet en novembre 1940 par le régime de Vichy.
Le 18 juin 1940, il entend l’appel du Général de Gaulle, et décide alors de le rejoindre à Londres. Entrant en clandestinité pour la Résistance, il prend différentes pseudonymes, notamment Rex , Régis, Alix ou encore Max…
Chargé en 1943 par le Général De Gaulle d’unir les mouvements de la Résistance au sein du CNR (Conseil National de la Résistance), il n’a pas le temps de mener à bien sa mission. En effet, il est arrêté par les Nazis et torturé à Lyon. Il finit par décéder le 8 juillet 1943 à l'âge de 44 ans, des suites des tortures qu’il a subies de la part de la Gestapo et de son chef à Lyon, Klaus Barbie.
Après la guerre, considéré comme un héros national, le Général de Gaulle alors président de la République, souhaite lui rendre les honneurs : ses« présumées cendres » sont alors transférées au Panthéon où il repose depuis le 19 décembre 1964 lorsque l’écrivain et Ministre de la Culture André Malraux prononce un hommage resté célèbre.
Pierre Brossolette
René cassin
Faire perdurer les valeurs de la Résistance
Les lettres de fusillés
La renomination du collège
La littérature engagée
Des films sur la Résistance
Les bus de la mémoire
Des ouvrages lus
Les lettres de fusillés
Les lettres des fusillés sont des lettres des résistants d'origines diverses, condamnés à mort, notamment celles des fusillés du groupe Manouchian. Ils ont écrit ces missives à leurs proches.
Les conditions générales de production de ces lettres
Le contexte de production de ces lettres est terriblement court, quelques heures le plus souvent, de l’approche d’une mort annoncée dans des conditions dramatiques.
Les lettres passent officiellement par les autorités d’occupation et subissent une censure. Parfois, certains mots, certains passages sont censurés, d’autres fois, la lettre entière est censurée sans qu’en subsiste la moindre trace.
Par ailleurs, certains condamnés ont réussi à faire parvenir à leurs proches des lettres par les moyens les plus divers : la complicité de camarades de détention, celle de l’aumônier catholique allemand de la prison de Fresne, Franz Stock , celle d’un gardien, ou par dissimulation dans leurs vêtements, échappant ainsi à une censure dont ils n’ignorent pas l’existence. Olga Bancic jette ainsi une lettre par la fenêtre, espérant que quelqu’un la remettra à son destinataire.
La construction du discours
La construction du discours des lettres des fusillés commence généralement par une adresse très sentimentale au destinataire, presque toujours un proche parent. Puis est fait mention de l’annonce de l’exécution prochaine. Ensuite un appel au courage face à cette nouvelle terrible, pour celui qui l’annonce, comme pour celui qui la reçoit. Sans oublier l’évocation nostalgique ou joyeuse du passé commun (bonheur familial et/ou valeurs partagées) qui confirme la profonde solidarité du condamné avec ses proches .
Mais dans ces lettres, on retrouve aussi l’élargissement du cercle des proches aux amis, camarades de détention, chrétiens, français, membres du Parti… et une éventuelle exposition des raisons d’avoir agi . Le discours se finit par des vœux de bonheur ou d’acceptation de la souffrance pour le futur immédiat ou lointain, à l’adresse de la famille et/ou de la France. Les derniers adieux closent ces missives.
Les auteurs des lettres des fusillés
Certaines des lettres les plus célébres des fusillés sont celles de Missak Manouchian ou de Guy Môquet, un militant communiste, célèbre pour avoir été un des plus jeunes des résistants fusillés. Ces lettres sont devenues des symboles de la Résistance et d’espoir pendant cette période sombre de l’histoire. Elles ont touché de nombreuses personnes et continuent d’inspirer aujourd’hui.
Lettre de Missak Manouchian à Mélinée
Autres lettres exposées au Musée de la Résistance Nationale de Champigny sur Marne
La renomination du collège
A l’arrivée de Jean-François Vallé, principal du collège du Mayet de Montagne, l’équipe pédagogique lui a proposé de renommer le collège
du nom d’Alice Arteil…
Il s’est donc renseigné sur l’histoire de cette Résistante, inconnue pour beaucoup, même en Montagne Bourbonnaise où elle a été active, et a apprécié son combat et sa personne.
Au cours de son existence, Alice
a combattu contre le nazisme, a dirigé un groupe de plus de 50 hommes et a redoublé d’efforts pour parvenir à ses fins. Elle représente des valeurs contemporaines qui la rendent digne de figurer au fronton d’un établissement scolaire.
Alice Arteil n’était pas grande mais avait une volonté à toute épreuve et une résistance hors du commun. Qui aurait songé, dans ce petit village à deux pas de Roanne, dans les monts du Forez, qu’une enfant de la région, Alice Arteil, connue pour le commerce de tissu familial, allait se transformer et devenir une femme au destin exceptionnel ?
Alice est une personne humble qui n’a jamais demandé de récompense pour ce qu’elle a accompli, même s’il elle les a reçues et méritées par la suite.
C’est pourquoi, a été décidé d’honorer sa mémoire en donnant son nom au collège du Mayet de Montagne, anciennement Jules Verne, le 27 mai 2024, et en affichant un grand portrait d’elle en uniforme militaire de combattante, devant le collège, pour la faire davantage connaître aux habitants de la Montagne Bourbonnaise.
Cette action permettra de la faire rayonner dans l’Allier , dans l’Académie et au-delà.
De plus, le collège honore la mémoire d’Alice Arteil au nom de ses descendants, sa fille, son petit-fils notamment, présents à la cérémonie de renomination du 27 mai 2024, date choisie symboliquement puisque est célébrée ce jour-là la journée nationale de la Résistance.
La littérature engagée
Le poème d'Aragon
La chanson de Léo Ferré
La reprise de Feu Chatterton
Autres poèmes sur la Résistance
Des films sur la Résistance
L’Affiche Rouge
L’Affiche rouge est un film français de 1976, réalisé par Frank Cassenti. Dans la distribution de ce film, on retrouve Pierre Clémenti, Roger Ibanez et Malka Ribowska. Il est de genre dramatique et historique et dure 1h30.
Synopsis :
Une trentaine d’années après la fusillade des 22 hommes et de la décapitation de la seule femme du groupe, des comédiens rencontrent des survivants qui ont côtoyés et connus ces martyrs. Ces acteurs veulent interpréter au mieux ces personnages emblématiques, en souvenir de leur mémoire et afin de leur rendre hommage.
Les femmes de l’ombre
Les femmes de l’ombre est un film français, sorti en 2008 et réalisé par Jean-Paul Salomé. Les actrices principales sont Sophie Marceau, Julie Depardieu, Marie Gillain et Deborah François. Ce film dure près de 2heures.
Synopsis :
Louise Desfontaines, ancienne résistante active pour la France, est engagée par le SOE, qui est un service de renseignement secret britannique. Elle a pour mission de sauver un agent britannique géologue qui a été capturé par les Allemands. Pour réaliser cette mission, Louise constitue un commando de femmes. Mais une autre mission les attend à Paris : assassiner le colonel Heindrich…
La liste de Schindler
La liste de Schindler est un film américain, datant de 1993 et réalisé par Steven Spielberg. Ce film est basé sur des faits réels, c’est pour cette raison que ce film sur la Shoah est très émouvant. Les acteurs principaux sont Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes
Synopsis :
Oskar Schindler, industriel allemand et membre du parti nazi, profite de la main d’œuvre juive. Mais lorsque Amon Göth arrive à Cracovie pour superviser la construction du camp de concentration de Plaszów, il ordonne la liquidation du ghetto de Cracovie. C’est à ce moment-là qu’Oskar Schindler se rend compte de l’horreur et des crimes commis par les SS. Il prend alors la décision d’aider et de sauver des juifs, en les faisant travailler dans son usine.
Les bus de la mémoire
Des ouvrages lus
Le poème d'Aragon
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Autres poèmes sur la Résistance
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L'esprit de Résistance : un thème commun pour deux projets * Renommer le collège au nom d’Alice Arteil, résistante méconnue de la Montagne Bourbonnaise * Assister à la panthéonisation d’un couple de résistants étrangers Mélinée et Missak Manouchian.
Sommaire
Des modes d’action et des parcours différents
Des lieux de mémoire
Honorer la mémoire
Faire perdurer les valeurs de la Résistance
Des modes d’action et des parcours différents
La montagne bourbonnaise, un lieu de maquis
Le groupe FTP-MOI
La montagne bourbonnaise un lieu de maquis
D’autres résistants locaux : François Riboulet Francisque Driffort
L’exemple d’Alice Arteil
L’exemple d’Alice Arteil
François Riboulet
Francisque Driffort
Francisque Driffort est né le 10 octobre 1905 au Mayet-de-Montagne. A l’âge de seulement 11 ans, il devient orphelin de père, ce dernier ayant été porté disparu sur le front en 1916. Incorporé au 31èmebataillon des Chasseurs à pied lors de la mobilisation pour la seconde guerre mondiale, Francisque Driffort est fait prisonnier le 16 juin 1940 puis libéré quelques mois plus tard, le 29 septembre. Il devient militant de la SFIO, le parti socialiste et Selon son frère Joseph, et résistant au sein du mouvement « Libération-Sud ». Tandis que son frère Joseph et son épouse sont inquiétés par les autorités allemandes avant d’être relâchés, lui est arrêté sur son lieu de travail par deux policiers allemands en civil pour avoir déclaré, lors d’une conversation interceptée, connaître des dépôts d’armes. Francisque Driffort est alors déporté le 6 avril 1944 au camp de Mauthausen en Autriche. Il décède à Ebensee dans ce pays, le 23 avril 1945.
Le groupe FTP-MOI
Les valeurs défendues
Les actions menées
L’affiche rouge
Les membres du groupe
Le rôle des femmes
Le groupe FTP-MOI
Les actions menées
Les valeurs défendues
Le rôle des femmes
La place des femmes dans la Résistance a été reconnue tardivement dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Les missions de la plupart des femmes sont le fait de devoir cacher, héberger, nourrir et ravitailler. Au sein des réseaux, les femmes peuvent être agent de liaison, ce qui consiste à faire passer des messages et des renseignements entre les résistants mais aussi à transporter des armes et de l’argent. Elles assurent les travaux de secrétariat, ou s’occupent des services sociaux. Certaines deviennent membres de groupes armés et de maquis. Elles contribuent également à la création de certains mouvements et partis liés à la Résistance. Les missions qu'elles remplissent peuvent les conduire, tout comme les hommes, à la prison, à la torture, à la déportation et à la mort. Certaines sont trublions, ce sont des manifestantes dans les manifestations publiques souvent contre l’occupant. D’autres vont être aviatrices, médecins et infirmières.
Olga BANCIC Elle était d’un courage inarrêtable, une grande figure féminine, une mère aimante. Elle faisait partie du groupe Manouchian. Elle assurait le transport des armes et des munitions lors des actions. Elle fut par la suite chargée du dépôt des armements. Olga Bancic était la seule femme parmi les vingt-quatre accusés du groupe Manouchian, elle a été transférée en Allemagne, elle fut condamnée à mort et guillotinée dans la cour de la prison le jour de son trente-deuxième anniversaire, le 10 mai 1944. Germaine TILLION Elle était Fr ançaise. Germaine a décidé de s’engager dans la résistance, elle participe à l’organisation d’une filière pour prendre en charge les prisonniers de guerre évadés. Elle a reçu la grande croix de la Légion d’Honneur en 1999. Elle est entrée au Panthéon le 27 mai 2015.
Exemple de femmes résistantes
Alice ARTEIL C’est une résistante Française qui est chef du maquis de Lavoine puis d’un maquis au col de la Loge. Elle va être menée à faire dérailler des trains. Elle obtient le grade de lieutenant. Elle reçoit la croix de guerre avec palme. Cristina BOÏCO C’est une juive Roumaine qui est responsable du service de renseignements des FTP-MOI, dans le fameux groupe dirigé par Missak Manouchian. Elle échappa miraculeusement à la chute des membres de "L'Affiche rouge",en novembre 1943, et poursuivit ses missions dans la zone Nord jusqu'à la Libération de la France.
L'affiche rouge
Une affiche de propagande
Les membres figurant sur l'affiche
Maurice Fingercweig
Celestino Alfonso
Marcel Rayman
Spartano Fontano
Wolf Wajsbrot
Joseph Boczov
Szlama Grzywacz
Robert Witchitz
Thomas Elek
Missak Manouchian
Une affiche de propagande
Celestino Alfonso
Celestino Alfonso est né le 1er mai 1916 à Ituero de Azaba (dans la Province de Salamanque, en Espagne). Républicain espagnol, il est devenu soldat volontaire des FTP-MOI au sein du Groupe Manouchian, dont une dizaine, lui parmi eux, avait leur portrait sur l'affiche rouge. Celestino Alfonso et ses parents arrivent en France en 1927 et s'installent à Ivry-sur-Seine. En 1934, il adhère aux Jeunesses communistes et devient responsable du groupe d'Ivry-sur-Seine. En 1936, il part comme volontaire pour l'Espagne républicaine, engagé dans les Brigades internationales, où il arrive le 27 août 1936. Il sert comme mitrailleur avec le grade de sergent à la 3e Brigade puis, à partir de 1937, dans la 14e Brigade en tant que lieutenant en qualité de commissaire politique de compagnie. Blessé à la main droite en 1938, il entre à l'intendance et est nommé peu après commissaire politique de la 2e Brigade avec le grade de capitaine. En février 1939, il est interné au camp d'Argelès-sur-Mer et en sort le 7 décembre de la même année pour intégrer une compagnie de travailleurs étrangers.
Revenu à Paris en juin 1940, il travaille jusqu'en janvier 1941, date à laquelle il est arrêté puis incarcéré à la caserne des Tourelles où il séjourne un mois. Libéré, il est envoyé en Allemagne pour travailler jusqu'au 18 juin 1941. Revenu en France, il milite au Parti communiste clandestin. Il entre en résistance et distribue des tracts. Durant cette période, il est embauché au camp de Satory, puis dans un garage automobile parisien rue de Chaillot, et aux Établissements ACO à Villacoublay. En novembre 1942, après l'arrestation de plusieurs de membres de son groupe, il quitte Paris pour Orléans. C’est en juillet 1943, de retour à Paris, qu’il intègre les FTP-MOI de la région parisienne, sous le pseudonyme de Pierrot, dans l'équipe constituée de Leo Kneler et de Marcel Rajman avec lesquels il participe à plusieurs opérations. Ainsi, le 28 juillet 1943, les trois hommes lancent une grenade avenue Paul-Doumer contre la voiture du général Ernst von Schaumburg, commandant du Grand Paris. Toutefois, l'attentat échoue car le général ne se trouve pas, alors, dans son véhicule. Le 19 août, Alfonso est désigné pour assassiner un officier allemand qui, chaque jour, vient lire son journal au parc Monceau. Le 28 septembre, Missak Manouchian, Leo Kneler, Marcel Rayman et Celestino Alfonso tuent, rue Pétrarque, un haut dignitaire dont ils ne connaissent pas encore e nom. Ils apprennent par la suite qu'il s'agit du SS Julius Ritter, responsable du Service du Travail Obligatoire (STO) en France. Arrêté au moment de la chute du groupe, il meurt avec ses compagnons, fusillé le 21 février 1944 au fort du Mont-Valérien.
Joseph Boczov
De son vrai nom Ferenz Wolf, il est né le 3 août 1905 en Hongrie. Il était ingénieur chimiste, militant et résistant juif et communiste. C’était également un soldat résistant engagé dans les FTP MOI de la région parisienne, et chef du 4ème détachement des« dérailleurs » pour lequel il aurait commis 20 attentats. Il est arrêté le 27 novembre 1943, et son nom et son portrait sont affichés par les nazis sur la fameuse Affiche rouge avec la description « juif hongrois » suivis de ses 8 camarades de la FTP MOI. Il fait parti des fusillés du fort du Mont-Valérien le 21 février 1944. Il avait seulement 38 ans.
Thomas Elek
Thomas Elek est né le 7 décembre 1924 à Budapest, en Hongrie, de parents intellectuels communistes. En 1930, Thomas et sa famille émigrent en France, à Fontenay-sous-Bois. En 1933, ils partent à Paris. Sa mère, Sandor Hofmann, devient restauratrice onze ans après, en 1944. Ce restaurant deviendra un lieu de ralliement de l’émigration hongroise et des étudiants de La Sorbonne. Thomas est un élève brillant, cependant, en seconde, il quitte sa classe car il a manqué de tuer un camarade de ses propres mains. Celui-ci avait dévoilé le fait qu’Elek était juif et étranger. Thomas a seize ans et il décide de s’engager dans la résistance. Il débute la lutte avec son petit frère Béla, âgé de douze ans à l’époque, en réalisant et distribuant des tracts, et en collant la nuit des affiches sur les murs de Paris.
Thomas s’engage dans les FTP-MOI sous le pseudonyme de Tommy (matricule 10306). Il commence alors la lutte armée. Sa toute première attaque est dirigée contre la librairie allemande de La Sorbonne le 9 novembre 1942, qu’il réussit à faire exploser. En effet, àvec l’aide de son frère Béla, Thomas place une bombe artisanale dans un livre de son père, le Capital de Karl Marx (livre détesté par les Nazis en tant que “bible” du communisme), qu’il dépose discrètement dans les rayonnages. Le 29 mars 1943, Thomas attaque un restaurant réservé aux officiers allemands avec une grenade et l’aide de Pavel Simo, un tchèque de son âge. Ce dernier sera arrêté et fusillé le 22 mai suivant. Son attitude le fait monter en grade et il est nommé chef de groupe au sein du 4e détachement des FTP-MOI de la région parisienne, commandé par Joseph Boczov, spécialisé dans le déraillement des trains allemands. Il participe à plusieurs actions, comme le 28 juillet 1943 où le déraillement cause la mort de plusieurs centaines de soldats ennemis. Au total, Thomas Elek effectue plus d’une centaine d’actions. Thomas Elek est trahi par la concierge qui a remis à la police les deux derniers messages qu'il lui avait confiés pour un de ses camarades du groupe Manouchian, Wolf Wajsbrot, après que celui-ci eut été arrêté. Arrêté à son tour et torturé par les Brigades Spéciales, comme les autres membres du groupe auquel il appartient, en novembre 1943, il est incarcéré à la prison de Fresnes. Thomas ainsi que les tous les membres du groupe, à l’exception d’Olga Bancic (l’unique femme du groupe), sont condamnés à mort le 18 février 1944 et fusillés trois jours plus tard au Mont-Valérien. Il avait 19 ans. Thomas Elek figure sur l’affiche rouge, sa photo étant accompagnée de la légende: juif hongrois - 8 déraillements.
Maurice Fingercweig
Spartaco Fontanot
Spartaco Fontano est né le 17 janvier 1922 à Monfalcone, en Italie. Il arrive en France à l’âge de 2 ans, ses parents antifascistes italiens étant obligés de quitter l'Italie lors de la prise du pouvoir par Mussolini. Lors de l’Occupation allemande en 1941, il se tourne rapidement vers la lutte armée et, en 1942, s'engage volontairement dans les rangs des Francs-tireurs et partisans de la MOI. Sous le pseudonyme « Paul » matricule 10166, il participe à de nombreux attentats et sabotages contre les troupes d’occupation et les officiers allemands, notamment. Il participe aux opérations entreprises contre Julius Ritter, responsable du Service du Travail Obligatoire en France, et contre le général von Schaumburg, commandant du Grand Paris. Arrêté à Paris par la Brigade Spéciale, le 13 novembre 1943, il ne parle pas. Transféré à Fresnes, il est condamné par le Tribunal militaire et fusillé le 21 février 1944 au Mont-Valérien avec ses 21 camarades du « groupe Manouchian ».
Szlama Grzywacz
Szlama Grzywacz naît le 1er janvier 1909 à Wolomin, en Pologne. Dès 1941, il empêche les entreprises de fourrure qu’il gère de fournir les allemands. Il effectue de nombreux sabotages avec le groupe Manouchian. Il meurt fusillé au Mont Valérien par les nazis le 21 février 1944. Grzywacz figure sur l’affiche rouge en tant que « terroriste juif polonais et communiste ». Szlama Grzywacz est décoré de la croix de guerre à titre posthume le 31 mars 1947.
Missak Manouchian
Missak Manouchian est né le 1er septembre 1906 à Adiyaman en Turquie. Missak est un ouvrier et poète arménien immigré en France, , il se réfugie en France en 1925. Il est devenu un membre des FTP-MOI de la région parisienne lors de la seconde guerre mondiale. Missak est un survivant du génocide arménien. Profondément humaniste, internationaliste et antinazi, il s’engage, notamment à la suite des émeutes des ligues d’extrême droite du 6 février 1934, dans le mouvement antifasciste qu’anime le parti communiste français. En 1935, il devient cadre de l’internationale communiste en accédant à la direction du journal Zangou, puis de l’union populaire franco-arménienne, relais de l’organisation de la Main d’œuvre immigrée (MOI) de la conférence générale du travail unitaire auprès des ouvriers arméniens. Militant clandestin depuis juin 1940, il est arrêté au lendemain de l’attaque allemande contre l’URSS. À partir du début de 1941 puis en 1942, Manouchian entre dans le militantisme clandestin. Il quitte illégalement la Sarthe où il était prisonnier au début de 1941 pour revenir à Paris.
Il est de nouveau arrêté peu après le 22 juin 1941, date de l'invasion de l’URSS par les Allemands, et incarcéré sous contrôle allemand au camp de Compiègne. Il est libéré au bout de quelques semaines, aucune charge n'étant retenue contre lui. Il habite avec son épouse, Mélinée, au 11 rue de Plaisance dans le 14e arrondissement de Paris de 1941 jusqu'au 16 novembre 1943, date de son arrestation. Missak est marié de 1936 à 1944 à Mélinée Manouchian. Il est ensuite versé en février 1943 dans les FTP-MOI de la région parisienne. Missak est choisi en août 1943 pour être commissaire militaire et est arrêté trois mois plus tard par la Brigade Spéciale de la police française après une longue filature. Il meurt le 21 février 1944, fusillé à la forteresse du Mont Valérien à Suresnes en compagnie de ses compagnons de Résistance.
Marcel Rayman
Marcel Rajman, né à Varsovie, arrive à Paris à l'âge de huit ans avec son frère, Simon, et leurs parents. A 15 ans, il travaille avec ses parents comme ouvrier tricoteur et entre dans les premiers groupes des Jeunesses communistes et devient responsable des Jeunesses communistes du XIe arrondissement. En août 1941 Marcel assiste à l'arrestation de son père. Puis il apprend sa déportation. Profondément choqué, il prend les armes et s'engage dans le deuxième détachement du FTP-MOI. En juillet 1942, le bruit d'arrestations massives de Juifs à Paris se répandit. Marcel, son frère Simon, et les familles Peltin et Frydman sont alors cachés par Catherine Lave et sa fille Odette. Sa mère Chana Rayman sera gazée à Birkenau et Simon, son petit frère déporté à Buchenwald. Après l'attentat contre Julius Ritter, haut dignitaire SS allemand, Himmler somme la police française à ses ordres de "mettre rapidement fin aux menées des terroristes juifs étrangers".
Arrêté en novembre 1943, incarcéré à la prison de Fresnes, Marcel est condamné à la peine capitale lors d'un procès à grand spectacle dit l'Affiche Rouge (les Allemands avaient couvert Paris de fameuse Affiche Rouge portant la photo et le nom de dix accusés avec mention de leur lieu de naissance, tentant de présenter les accusés comme des criminels étrangers). Le 21 février 1944 Marcel Rajman, 20 ans, et vingt-deux de ses camarades sont exécutés au Mont Valérien. 27/09/2008
Wolf Wajsbrot
Wolf Wajsbrot est un résistant juif et communiste polonais, apprenti mécanicien né à Kraśnik (Pologne) le 3 mars 1925 et mort pour la France le 21 février 1944, fusillé au fort du Mont-Valérien. • Il s'engage dans les Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) probablement au cours de l'été 1942.En juillet 1943, il est versé dans le « détachement des dérailleurs » des FTP-MOI de la région parisienne et participe à de nombreux déraillements de trains. Arrêté le 17 novembre 1943 par la police française (Brigades spéciales des Renseignements généraux), il déclare que sa mère a été déportée après la rafle du Vel' d'Hiv' pour la protéger. En réalité, sa mère et ses six frères et sœurs échapperont aux rafles et survivront à la guerre, Sarah Danzinger (sa petite amie), quant à elle, sera déportée à Auschwitz, d'où elle ne reviendra pas.,. • Emprisonné à Fresnes, Wolf est condamné à mort par la cour militaire allemande qui se tient le 18 février 1944 et qui juge les membres du “groupe Manouchian”. Il est fusillé le 21 février 1944 au fort du Mont-Valérien avec 21 de ses camarades du « Groupe Manouchian ». • Il obtient la médaille de la Résistance, décernée à titre posthume par décret du 31 mars 1947, publié au Journal Officiel le 26 juillet 1947.
Robert Witchitz
Il est né à Abscon, dans le nord,d’un père commerçant d’origine polonaise et d’une mère française . Au début de la seconde guerre mondiale, Robert devient télégraphiste. Son père, mobilisé, est fait prisonnier, mais comme ancien combattant de la guerre 1914-1918, il rentre de captivité. Robert, lui, est licencié. Il doit faire des courses à bicyclette, pour le compte d'une distillerie. Devenu ajusteur à l'usine de constructions mécaniques Texier-Dufor, il devient militant dans les jeunesses communistes, à Ivry sur seine . En 1943, il est réquisitionné dans le cadre du STO pour aller travailler en Allemagne. Avec son ami Roger Rouxel, il rejoint alors, en février 1943, à l'insu de ses parents, la FTP-MOI1 du 3e détachement italien sous le matricule 10 279 et le nom de guerre de René. Chaque fois que, par la presse ou tout autre moyen, il apprend la mort d'un Allemand ou d'un collaborateur, il se réjouit et dit à son père : « Tu vois, il y a encore des hommes, et de bons Français. » Le 19 novembre 1943, Robert est arrêté, avec Rino Della Negra, à la suite d'une action contre des convoyeurs de fonds allemand au 56 rue La Fayette à Paris. Il prévient ses parents dans une lettre où il s'accuse, pour ne pas incriminer ses camarades de combat, d'avoir fait une « bêtise ». Il reste en prison, exactement cent jours et jamais ses parents, malgré de nombreuses demandes, ne sont autorisés à le voir pendant son incarcération. Traduit avec ses autres frères de combat au procès des 23, il est condamné à mort.
Robert Witchitz est fusillé au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944 avec les 23 membres de l'Affiche rouge. Lorsque ses parents reçoivent enfin l'autorisation de lui rendre visite, il est trop tard : les Allemands l'ont fusillé la veille. Son corps fut déposé au carré des Fusillés au cimetière d’Ivry-sur-Seine, et plus tard, conformément au désir de sa mère, dans le caveau de la famille. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur, à titre posthume, en mai 1959. Une rue d'Ivry-sur-Seine porte son nom. Le 21 février 2024, il est cité « Mort pour la France », ainsi que ses 23 autres camarades, avec l'entrée de Missak et de Mélinée Manouchian lors de la cérémonie de panthéonisation en présence d'Emmanuel Macron, président de la République française. Une plaque portant son nom et ceux des 23 résistants du groupe Manouchian est apposée au Panthéon.
Les membres (autres que ceux sur l’affiche rouge) Olga Bancic Rino Della Negra Mélinée Manouchian Georges Cloarec Roger Rouxel Antonio Salvadori Armenak Tavitian Amedeo Usseglio Willy Shapiro Jonas Geduldig
Les membres du groupe
Emeric Glasz Léon Goldberg Stanislas Kubacki Cesare Luccarini
Les membres figurant sur l'affiche rouge
Olga Bancic
Olga Bancic, ou plutôt Golda, est en 1912 à Kishinev, en Moldavie. C’est une résistante roumaine, juive et communiste. Elle est soldate volontaire des FTP-MOI de la région parisienne et intègre le groupe Manouchian. Olga et ses nombreux camarades ont débuté la lutte contre Hitler dès les premiers jours de l’Occupation. Olga avait déjà commencé à lutter quelques années plus tôt lors la montée du fascisme en Roumanie, lorsqu’elle n’avait que six ans. Elle a été emprisonnée et rouée de coups pour la première fois à douze ans à la suite d’une grève dans la fabrique de maroquinerie où elle travaillait. En 1929, elle épouse l'écrivain Jacob Salomon, connu sous le nom d'Alexandru Jar. Ils ont une petite fille, Dolorès. Au début de la guerre, Olga confie sa fille à une famille française vivant à la campagne. Elle viendra lui rendre visite de temps en temps avec son mari. Dans le réseau, Olga, dite « Pierrette », est agent de liaison, chargée de cacher les armes et les bombes, de les donner à ses camarades et de les reprendre à la fin d’une opération. Elle a participé indirectement à une centaine d’attaques.
Jacob Salomon est arrêté en septembre de l’année 1941. Olga, elle, est arrêtée en novembre 1943 par les Brigades Spéciales, la police de lutte « anti-terroriste » qui cherche à supprimer la Résistance communiste notamment. Elle est condamnée à mort avec ses vingt-trois camarades au cours du procès qui se tient en février 1944. Olga Bancic, elle, ne figure pas sur l’Affiche Rouge. Elle a été atrocement torturée à coups de fouet avant d’être transférée en Allemagne dans différentes villes. Elle est guillotinée le 10 mai 1944 (traitement de « faveur » réservée aux femmes par les Nazis), le jour de ses 32 ans, à Stuttgart. Elle a tout de même pu écrire une lettre à sa fille avant de mourir : « Ma chère petite fille, mon cher petit amour. Ta mère écrit la dernière lettre. Ma chère petite fille, demain à 6 heures, le 10 mai, je ne serai plus. Mon amour, ne pleure pas, ta mère ne pleure pas non plus. Je meurs avec la conscience tranquille et avec toute la conviction que demain tu auras une vie et un avenir plus heureux que ta mère. Tu n’auras plus à souffrir. Sois fière de ta mère, mon petit amour. J’ai toujours ton image devant moi. Je vais croire que tu verras ton père, j’ai l’espérance que lui aura un autre sort. Dis-lui que j’ai toujours pensé à lui comme à toi. Je vous aime de tout mon cœur. Tous les deux vous m’êtes chers. Ma chère enfant, ton père est, pour toi, une mère aussi. Il t’aime beaucoup. Tu ne sentiras pas le manque de ta mère. Mon cher enfant, je finis ma lettre avec l’espérance que tu seras heureuse pour toute ta vie, avec ton père, avec tout le monde. Je vous embrasse de tout mon cœur, beaucoup, beaucoup. Adieu mon amour. Ta mère. »
Rino Della Negra
Rino Della Negra naît en 1923 à Vimy dans le Pas-de-Calais. Il a des parents italiens: son père est originaire d’Udine, dans le Frioul. La famille s’installe en 1926, dans la région parisienne, à Argenteuil, dans le quartier des italiens immigrés nommé Mazagran. En 1937, Rino travaille comme apprenti ajusteur à l’usine Chausson d’Asnières-sur-Seine.
Le football : Il commence sa carrière au FC Argenteuillais au poste d’attaquant, dans l’équipe interne de Chausson qui emporte la Coupe de la Seine en 1938, puis à la Jeunesse sportive Jean-Jaurès d’Argenteuil avec laquelle il gagne la Coupe de Matin-FSGT en 1941. En 1942, cette compétition change de formule et oppose des sélections régionales, avec celle de Paris. Il est remarqué par la presse lorsqu’il rejoint l’Union sportive athlétique de Thiais. Le Red Star de Saint-Ouen le recrute au début de la saison 1943-1944.
Résistance : En 1942, réquisitionné pour le Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, il décide de ne pas partir et adhère aux Francs-tireurs et partisans (FTP) d’Argenteuil dès février 1943, sans quitter son activité sportive et sa famille. Il rejoint le 3e détachement italien des Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) de la région parisienne commandé par Missak Manouchian. Le 7 juin 1943, il participe à l’exécution du général Von Apt au 4 Rue Maspero. Le 10 juin, il attaque le siège central du parti fasciste italien rue Sédillot. Le 23 juin, il attaque la caserne Guynemer à Rueil-Malmaison. Blessé lors d’une opération du groupe visant l’attaque d’un convoyeur de fonds, il est arrêté à l’automne 1943. Avec ses autres camarades pris lors des filatures de la Brigade Spéciale 2 en novembre 1943, Rino Della Negra est condamné a mort. Il est fusillé au fort du Mont-Valérien, le 21 février 1944, avec les 23 membres du groupe Manouchian dont les dix de l’affiche rouge. Après la guerre, sa famille rapatrie son corps du cimetière d’Ivry où reposaient les fusillés, pour qu’il soit inhumé avec les siens au cimetière d’Argenteuil. Aujourd’hui il est une figure emblématique de la ville d’Argenteuil et surtout du club de football le Red Star de Saint-Ouen : une tribune du stade Bauer porte même son nom.
Mélinée Manouchian
Mélinée est née en 1913 à Constantinople et morte le 6 décembre 1989 à Fleury-Mérogis.C’est une Immigrée résistante d’origine Arménienne devenue Française lors de la Libération. Elle a deux ou trois ans quand ses parents sont tués, victime du génocide Arméniens. Orpheline, elle est recueillie avec sa sœur aînée, elle grandit de la Grèce à Paris en passant par Marseille. Diplômée d’une formation de secrétaire comptable, elle s’installe dans la capitale. En 1934 elle fait connaissance de Missak Manouchian. Tous deux apatrides, ils affichent le même amour pour la France et partagent l’idéal de la République, résumé par sa devise. Conscients de vivre une époque troublée et qu’il est nécessaire de protéger le pays et l’Europe contre les fascismes, ils s’engagent ensemble au sein du Parti Communiste Français. Devenus tous deux délégués du HOC (Comité de secours à l'Arménie soviétique ), ils participent au Front Populaire en 1936 et se marient la même année, avant de s’installer ensemble quelques mois plus tard. Dans leur logement ils fondent l’Union populaire franco-arménienne. Militant communiste clandestin à partir de juin 1940 en raison de l'interdiction du PCF qui soutient le pacte germano-soviétique, il est arrêté au lendemain de l'attaque allemande contre l'URSS. Mélinée parvient à échapper à cette opération. Son mari libéré en 1941, le couple s’engage dans la résistance au sein du groupe communiste des Francs tireurs partisans - Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI) de la région parisienne avec pour objectif d’inciter les soldats non-allemands ou opposés à Hitler à déserter. C’est le « travail allemand ».
Melinée Manouchian a quant à elle pour rôle de dactylographier des tracts et de porter des messages secrets. Deux ans plus tard, ils décident de passer à la lutte armée aux attentats. La jeune femme est affectée au repérage et à l’espionnage des cibles d’attentat, puis de rédiger des comptes-rendus pour les commandos. En 1943 son mari figure avec des camarades sur la célèbre affiche rouge de propagande allemande. Il est accusé d’être l’auteur de nombreux attentats et exécutions sommaires. Fin novembre 1943, Missak est arrêté. Mélinée se réfugie chez la famille Aznavourian, et n’apprendra que plusieurs semaines plus tard l’exécution de son époux. La jeune veuve reprend ses actions au sein de la Résistance jusqu’à la fin du conflit. Après la guerre, elle travaille durant deux ans en tant que secrétaire pour la jeunesse arménienne de France, avant de se porter volontaire pour un programme soviétique destiné à repeupler l’Arménie. Elle s’installe ainsi à Erevan durant quatorze ans, elle trouve un emploi au sein de l’Institut de Littérature. Cette proximité avec les mots l’incite à rédiger une biographie de son mari en 1954, dont elle publie un recueil de poèmes deux ans plus tard. Atteinte d’un cancer et déçue par la politique de l’Union soviétique elle rentre en France en 1960 où elle vit de manière discrète, mais œuvre activement pour la mémoire des résistants arméniens. Elle fait parler d’elle en 1983 avec la co-réalisation du film « Des terroristes à la retraite » qui dénonce les agissements de certains communistes au cours de la guerre et le manque de soutien apporté aux membres du groupe Manouchian par le parti. Elle meurt en 1989 à Paris est enterrée dans le cimetière d’Ivry comme son mari. Depuis le 21 février 2024 ils reposent ensemble au Panthéon de Paris, une volonté du gouvernement français de rendre hommage à ce couple qui a marqué l’histoire.
Georges Cloarec
George Cloarec est né le 22 décembre 1923 à St-Lubin-des-Joncherets et vit une vie d’ouvrier agricole dès l’age de 15 ans avant que l’Allemagne n’envahisse la France. Il quitte son travail et passe clandestinement en zone sud dans le but de se rendre en Angleterre pour s’engager dans les Forces Françaises Libres mais il est malheureusement trop jeune et ne se fait pas enrôler . Il s’engage donc en 1942 à Toulon dans la marine nationale française mais n’est pas du même avis que ses supérieurs subordonnés au régime pétainiste de Vichy. Il se révolte et crie ‘’VIVE LA FRANCE ! A BAS LA COLLABORATION !’’ Il est aussitôt mis au fer. Une fois libéré, il retourne quelque mois chez ses parents puis à Paris pour chercher un contact avec la Résistance. Il se trouve donc enrôlé dans les FTP-MOI. Il participe à plusieurs actions comme l’attaque d’un convoyeur de fonds Allemand qui tourne mal. Cela conduit à l’arrestation de certains membres du groupe Manouchian, le 12 novembre 1943. Il est fusillé avec ses compagnons le 21 février 1944 au fort de Mont-Valérien.
Roger Rouxel
Roger Rouxel est né le 3 novembre 1925 à Paris et vit une vie d’ouvrier tourneur avant que la France ne soit occupée par l’Allemagne en 1940. Il décide de s’engager dans la résistance dans le groupe des FTP-MOI sous le nom de ‘’Léon’’. Il est arrêté par la 2eme Brigade Spéciale avec les 22 autres membres du groupe Manouchian le 12 novembre 1943 mais, étant le plus jeune, les Allemands lui proposent d'être libéré mais il refuse. Il est donc fusillé avec ses compagnons au Mont-Valérien le 21 février 1944.
Antonio Salvadori
Antonio Salvadori est un résistant communiste d’origine italienne. Il est connu pour avoir été membre du groupe « Groupe Manouchian », au sein des FTP-MOI dans la région parisienne. Il est né le 13 juin 1920 et mort fusillé au Mont-Valérien avec ses compagnons d’armes le 21 février 1944. Son pseudonyme était « Tony Maitron ».
Portrait d’Antonio Salvadori pris par les Brigades Spéciales au moment de son arrestation fin 1943
Armenak Tavitian
Amedeo Usseglio
Willy Shapiro
Jonas Geduldig
Jonas Geduldig est un juif qui a combattu dans la clandestinité en France, pendant la seconde guerre mondiale. Engagé très jeune dans le combat antinazi, il intègre les rangs de l'Armée républicaine Espagnole. Emprisonné, il réussit à s'évader à la fin de l'année 1940. Il rejoint Paris et prend une nouvelle identité: « Michel Martiniuk ». En novembre 1941, il participe à la première grève de sabotage. En 1942 il intègre les rangs du 2e détachement des FTP-MOI, et en juillet 1943, celui du groupe des dérailleurs. Il fut arrêté et fusillé avec les membres du « groupe Manouchian » au Fort du Mont-Valérien de Suresnes après trois mois de tortures par des brigades spéciales. Il meurt avec ses compagnons le 21 février 1944, à l'âge de 26 ans. Il n'écrit pas de lettre d'adieux à sa famille, afin de préserver sa véritable identité. La mention « mort pour la France » lui est attribuée par le Ministère des Anciens Combattants en date du 17 avril 1972.
Emeric Glasz
Emeric Glasz est né en 1902 à Budapest. Emeric Glasz émigre en France en 1937 et devient ouvrier mécanicien. Il se marie le 1er septembre 1939, le jour de la déclaration de guerre, durant la campagne de France. Entré dans la clandestinité en 1941, il agit d’abord au sein des GSD (Groupes de sabotage et de destruction), puis dans le 2em détachement des FTP-MOI. Il devient l’un des chefs et responsables majeurs. Il est arrêté le 17 novembre 1943 au métro Denfert-Rochereau par des inspecteurs français des Brigades Spéciales (BS2) qui le remettent aux Allemands. Il est l’un des 24 accusés qui sont jugés le 18 février 1944 aux cotés de Celestino Alfonso, Joseph Boczov et Marcel Rayman. Ce martyr de la résistance est mort au Mont Valérien le 21 février 1943 sous les balles allemandes à l’âge de 42 ans.
Léon Goldberg
Léon Goldberg est né le 14 février 1924 à Łódź, en Pologne. En 1928, son père Samuel Goldbermuel Goldberg (né en 1901) s’expatrie en France, et fait venir sa femme, Riwka Gelemer et son fils en 1929. Ils demeurent à Paris où voient le jour Henry en 1931 et Max en 1934. Il s’est tenu jusqu’alors à l’écart de toute activité militante, mais confronté plus tard aux mesures prises contre les juifs par Pétain et l’occupant, il prit conscience de la nécessité de résister. Lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver, le 16 juillet 1942, les parents de Léon l’envoient se cacher chez une voisine, tandis qu'ils restent chez eux avec ses deux jeunes frères. Le 16 juillet 1942, ils sont arrêtés. Son père est interné à Beaune-la-Rolande et Compiègne avant d’être déporté vers Auschwitz le 31 juillet 1942. Sa mère et ses deux frères (Henry, 11 ans, et Max, 8 ans) sont internés à Pithiviers et Drancy avant d’être déportés pour Auschwitz le 19 août 1942. Après l’arrestation et la déportation de toute sa famille suite à la rafle du Vel’d’Hiv’, le 16 juillet 1942, il cherche le contact avec la Résistance. Il s'engage dans les FTP-MOI (2e détachement). Il combat au sein du groupe dirigé par Missak Manouchian, avec lequel il participe à de nombreuses actions et, en juillet 1943, poursuit le combat au sein d’un des groupes de « dérailleurs ».
Dans la Résistance, il est connu sous le pseudonyme de "Julien", ses faux papiers mentionnent qu’il s’appelle "Gérard Charton". Le 23 septembre 1943, Léon Goldberg, Joseph Boczov et deux autres combattants de la MOI prennent un train à destination de Brie-Comte-Robert. De là, ils se rendent à Coubert où ils effectuent un sabotage sur la voie ferrée. Le lendemain il reprennent le train à Lieusaint pour rentrer à Paris. Il participe à d’autres actions du groupe. Il est arrêté avec les membres du groupe Manouchian et exécuté au mont Valérien le 21 février 1944.
Stanislas Kubacki
Cesare Luccarini
Des lieux de mémoire
Le panthéon
Le Mont Valérien
Le Mémorial de la Shoah
Les stèles de la montagne bourbonnaise
Le Mont Valérien
Qu'est-ce que le mont Valérien ? Le mont Valérien est une colline qui se situe dans les Hauts de Seine à l'ouest de Paris. Entre le 15 ème siècle et le 19 ème siècle le Mont Valérien accueillait un calvaire religieux, monument chrétien. A partir de 1841 on érige sur la colline une forteresse militaire pour permettre de protéger la capitale, qui sera utile notamment pendant la guerre contre la Prusse. L'utilité du Mont Valérien pendant la seconde guerre mondiale : Pendant la seconde guerre mondiale et l’Occupation, les Allemands envahissent la colline. Pour eux c'est l'endroit parfait pour fusiller, condamner à mort car à l'époque le Mont Valérien n'était entouré que par des champs et il ne se situe qu'à 2 km de Paris, ce qui va leur permettre d’exécuter les nombreux condamnés à mort en toute discrétion. A cet endroit des milliers d'hommes ont donc été fusillés entre 1941 et 1944, comme des otages, ainsi que des juifs et des communistes. Les condamnés périssent fusillés, attachés à des poteaux. Parfois cinq otages pouvaient être accrochés au même poteau.
Le Mont Valérien le 21 février 1944 Le 21 février 1944, 23 membres des FTP-MOI sont condamnés à mort : ceux du « groupe Manouchian », préalablement « jugés », sont alors fusillés au Mont-Valérien. A cette occasion une affiche rouge est affichée dans tout Paris et dans plusieurs grandes villes de France. Cette affiche a servi de propagande pour les Nazis qui font passer les Résistants du groupe Manouchian pour de dangereux terroristes étrangers relégués à une « armée du crime ». Le Mont Valérien aujourd’hui Lieu de mémoire incontournable, la forteresse du Mont-Valérien est également, de nos jours, occupée par plusieurs espaces comme le siège du 8ème régiment de transmission et le musée colombophile* militaire où est expliquée l'histoire de la colombophilie militaire depuis l'antiquité jusqu'à aujourd’hui. Le Mont-Valérien permet aussi de stocker des réservoirs d'eau sur les pentes de la colline ce qui permet d’alimenter en eau les communes des environs. De nos jours, au pieds du Mont-Valérien a été créé un établissement pédagogique qui sert à présenter l'agriculture aux enfants et un vignoble y est aussi installé, on y produit plus de 5000 bouteilles par an. * Art d’élever et de dresser des pigeons voyageurs.
Le Mémorial de la Shoah
Le panthéon
Le Panthéon est un édifice de style néo-classique datant du XVIII°siècle. Il est situé à Paris, au cœur du quartier Latin. C’est un mausolée qui regroupe les grands Hommes ayant marqué l’Histoire française. L’architecture est inspirée de la Rome antique. Au départ, c’était l’Eglise sainte Geneviève, mais l’on compte 6 changements de fonctions. C’est après la Révolution, une fois l’édifice achevé, que Mirabeau fut le premier homme à entrer au Panthéon, qui devint ainsi une nécropole destinée aux Hommes illustres. Mais l’édifice change encore de fonction notamment sous le règne de Napoléon Bonaparte. Il faudra attendre les funérailles de Victor Hugo en 1885, sous la troisième République, pour que le monument possède pleinement le rôle de Panthéon que nous connaissons aujourd’hui. Le Panthéon abrite Voltaire et Rousseau, grands philosophes des Lumières, ou encore Simone Veil, ancienne femme d’état française , et bien sûr Victor Hugo. Au fronton, du monument figure l’inscription « Aux grands Hommes, la patrie reconnaissante ». Cette année, nous, élèves de 3° du collège Jules Verne – Alice Arteil, avons eu la chance, dans le cadre de notre projet scolaire, d’assister à la Panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian, Résistants, et de leurs camarades de Résistance. Ce fut un moment fort en émotions qui restera gravé dans nos mémoires !
Le Panthéon au soir du 21 février 2024, lors de notre visite.
Les stèles de la montagne bourbonnaise
Dans la Montagne Bourbonnaise, nous pouvons trouver de nombreuses stèles qui commémorent les actions des Résistants .
La stèle du Cluzel rend hommage à Claude Mondière, arrêté par la Milice et assassiné par les nazis en 1944. Elle se trouve entre le Pouthier et le Mayet de Montagne. Les allemands étaient basés, à la Roche, en Montagne Bourbonnaise. Avant, il y avait une plaque au nom de Francique Driffort au Mayet de Montagne, mais elle n’existe plus.
Ce monument a été édifié afin d’honorer la mémoire de Jean Zay. Il se trouve à Molles sur la route des Malavaux. Jean Zay était un résistant. Il a été assassiné par des collaborateurs en 1944, à quelques mètres du monument, dans un bois.
Cette plaque se situe sur la façade d’une maison au Panneau Blanc, à Châtel-Montagne. Elle honore le premier maquis de la Montagne Bourbonnaise.
Cette stèle rend hommage aux aviateurs Américains s’étant écrasés à Chatel-Montagne afin d’aider la France à se liberer.
Cette stèle rend hommage aux maquisards de Châtel-Montagne ayant été fusillés ou déportés principalement à Dachau.
Voici le symbole des résistants commnistes. Il se trouve à Chargueraud, à Châtel-Montagne
Cette plaque rend hommage à la Résistance et commémore un hôtel détruit par les Allemands. Elle se situe aux Biefs.
Cette stèle rappelle les 14 bâtiments brulés par les Allemands et les déportés de Châtel-Montagne. On peut la trouver sur la route des Brizolles.
Cette stèle honore Alice Arteil, son groupe de maquisards et les déportés de la Montagne Bourbonnaise. Elle se trouve à Arfeuilles.
La stèle du Goutaudier rend hommage à tous les morts déportés, résistants et soldats s’étant battus pour la France. Elle se situe à Saint-Nicolas-des-Biefs.
La stèle du Cacot rend hommage à un homme assassiné par les SS, un déporté et un homme mort au maquis. On peut la retrouver à Lavoine. Dans ce village, nous pouvons aussi voir une plaque sur la mairie, édifiée au nom de Claude Vallas, résistant.
La croix du Fayot honore la mémoire des déportés victimes du nazisme. Elle se trouve également à Saint-Nicolas-des-Biefs.
A Ferrières se trouve un monument et une plaque au nom de François Riboulet. C’était un résistant qui a été arrêté par la Gestapo et déporté au camp de Buchenwald.
Cette stèle commémore la destruction de la ferme Depalle, brûlée par les nazis. En effet les propriétaires cachaient des résistants. Les SS ont donc arrêté le père, le fils, deux ouvriers agricoles et le Capitaine Bardet. Jean Claude, le père, et son fils Robert, sont déportés. Cette stèle se trouve au Gué de la Chaux accompagnée de trois croix pour se souvenir des personnes assassinées ce jour là.
Cette croix rend hommage à Jean Tachon, tué par les ennemis. Elle se trouve à Laprugne
Cette statue a été édifiée afin de rendre hommage aux maquisards et aux fusillés et deportés, dont Jean Claude et Robert Depalle.
Honorer la mémoire
La panthéonisation
Autres résistants panthéonisés
Jean Monnet
Germaine Tillion
Joséphine Baker
Jean Moulin
Geneviève De Gaulle-Anthonioz
Félix Eboué
René cassin
André Malraux
Pierre Brossolette
Jean Zay
La panthéonisation
Joséphine Baker
Freda Josephine McDonald, appelée plus tard de son nom de scène Joséphine Baker, naît le 3 juin 1906, aux États-Unis, dans le Missouri. Elle està la fois d’origine espagnole, afro-américaine et amérindienne. La jeune fille passe une partie de son enfance à alterner l'école et les travaux domestiques pour des gens aisés chez qui sa mère l'envoie travailler. À cette époque, Joséphine Baker n'a d'autre choix que de contribuer, par son salaire, à faire vivre sa nombreuse fratrie dont elle est l’aînée car sa famille est très pauvre. Joséphine quitte l’école en février 1920 pour se marier très jeune. Peu de temps plus tard, elle rencontre Willie Baker qu'elle épouse, toute jeune encore, en 1921 et avec lequel elle s'installe. Après la rupture avec son second mari elle se rend à New York où elle rencontre Donald J. Reagan qui décèle le potentiel spectaculaire de la jeune fille. Il lui fait donc une offre mirobolante pour la suivre en France où Reagan veut monter un spectacle dont elle serait la vedette et qui fera d’elle une star : la Revue nègre. Le 2 octobre 1925, elle passe en première partie dans la Revue nègre au théâtre des Champs-Élysées et fait rapidement salle comble. Quasiment nue, seulement vêtue d’une ceinture de bananes, elle danse le charleston, dans un décor de savane et au rythme des tambours. Plus tard, le directeur du Casino de Paris l’engage pour mener la revue de la saison 1930-1931 et, par goût de l’exotisme, la fait accompagner d’un guépard, nommé Chiquita. En 1931, elle remporte son grand succès inoubliable avec la chanson « J'ai deux amours » composée par Vincent Scotto.
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, en septembre 1939, Joséphine Baker rencontre un officier des services de contre-espionnage français dont elle devient la correspondante en glanant des informations et renseignements sensibles dans les soirées mondaines. Son engagement devient concret quand elle chante pour les soldats au front ou quand elle devient infirmière pilote secouriste de l’air, affectée à la Croix-Rouge. Le 17 janvier 1941, elle s’embarque sur un paquebot à destination d’Alger avec ses nombreuses malles de spectacle et les cages pour ses divers animaux : elle va dès lors séjourner en Afrique du Nord, lieu de refuge d’une partie de la Résistance de l’Armée française. C’est à partir de mai 1944 qu’elle est officiellement engagée dans l'Armée de l'Air, comme « officier de propagande » avec le grade de sous-lieutenant, engagement qui concrétise le fait qu’elle ait passé un brevet de pilote en 1938. A cette époque, elle apparait aussi bien en uniforme qu'en tenue de scène. En 1946, elle reçoit pour ses actions la médaille de la Résistance française. Elle poursuit son engagement en utilisant ensuite sa grande popularité : au service de la lutte contre le racisme, pour l’émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le mouvement américain des droits civiques. Ainsi, le 28 août 1963, elle est, en uniforme de l’armée française, aux côtés de Martin Luther King quand il prononce son célèbre discours « I have a dream ». Elle y est d’ailleurs la seule femme à prendre la parole depuis le Lincoln Memorial. Après la guerre, elle achète le château des Milandes en Dordogne où elle vivra jusqu’en 1969. Elle y élèvera les douze enfants de sa « tribu arc-en-ciel », jeunes de toutes origines, qu’elle adopte avec son nouveau mari depuis 1947, Jo Bouillon. C’est dans le parc de son château que le 18 août 1961, Joséphine Baker est décorée de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre. Elle continue ses spectacles jusqu’à la fin de sa vie afin de pouvoir continuer à faire vivre sa famille dans le château de Dordogne et, après deux attaques cardiaques et quatorze soirée triomphales, elle s'éteint, à 68 ans, le 12 avril 1975. En 2021, près de cinquante ans après sa mort, elle entre au Panthéon, devenant ainsi la sixième femme et la première femme noire à rejoindre le « temple » républicain.
Félix Eboué
Jean Zay
Jean Zay est né le 6 août 1904 à Orléans et mort assassiné par la milice le 20 juin 1944 à Molles. Ses cendres ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015. Son père, Léon, était juif, mais Jean a été élevé selon la foi protestante. Il est avocat et homme politique français. Jean Zay a été ministre de l’Education Nationale durant quarante-quatre mois. Il a beaucoup œuvré pour l’amélioration de l’école notamment, l’obligation scolaire jusqu’à 14 ans, les enseignements interdisciplinaires et le sport à l’école. Il créé également des musées, comme le Musée national des arts et traditions populaires et le Musées des arts modernes et il a mis en place le festival de Cannes (1er septembre 1939). Jean Zay effectue des études de droits et il apprécie l’écriture. A ses 19 ans, Zay écrit un poème intitulé « Le Drapeau », dénonçant les massacres de la Première Guerre mondiale. Ce poème antimilitariste est daté du 6 mars 1924. Au début de la Seconde Guerre Mondiale, Jean Zay démissionne le 2 septembre 1939 pour rejoindre l'armée française et suivre le sort de sa classe d'âge. Son courage et son dévouement au sein de l’armée sont attestés par ses chefs militaires. Jean Zay eut l’accord de ses supérieurs pour partir au Maroc. Par la suite, il fut accusé de désertion. Le 20 août 1940, il est interné à la prison militaire de Clermont-Ferrand. Pendant des mois, Jean Zay devient « la cible notoire de la campagne antisémite » et une violente campagne de presse orchestrée par le ministère de l’information du gouvernement de Vichy, réclamant la condamnation à mort du « juif, Jean Zay » comme juif, franc-maçon, anti-munichois, anti-hitlérien et ministre du Front populaire. Il fut libéré de la prison par trois miliciens, qui l’ont conduit jusqu’au lieu-dit Les Malavaux à Molles. Jean Zay est abattu et ses dernières paroles sont « Vive la France. »
Germaine Tillion
Germaine TILLION est née le 30 mai 1907 à Allègre, au Puy-en-Velay. Elle mène des études d’histoire de l’art et de préhistoire à l’Ecole du Louvre, puis suit les cours de Marcel Mauss à l’Institut d’ethnologie dont elle sort diplômée en 1932. Pendant l'Occupation allemande, durant la Seconde Guerre mondiale, Germaine Tillion participe à la résistance et devient chef de la filière d'évasion de prisonniers de guerre fondée par le colonel Hauet, dénommée après la guerre "groupe du musée de l'Homme".Après l'arrestation de presque tous ses camarades, elle rejoint le réseau Gloria qui avait pour mission de recueillir des informations militaires pour le compte des britanniques. Infiltré par l'abbé Robert Alesch, le groupe est démantelé. Germaine Tillion est arrêtée puis déportée à Ravensbrück. Grâce à l'intervention du diplomate suédois Folke Bernadotte elle peut, avec d'autres détenues de Ravensbrück, être transportée en Suède et y être soignée.
Après sa libération, Germaine Tillion crée une équipe de déportés afin de rassembler et de classer tous les documents sur l'histoire du camp de Ravensbrück. En 1947, elle reçoit le prix Pulitzer pour ses actes héroïques pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle réalise des enquêtes sur les crimes de guerre nazis ainsi que sur les camps de concentration soviétiques de 1945 à 1954. Elle décède le 19 avril 2008. Grand-croix de la Légion d'honneur, en 1999, Germaine Tillion fait partie des quatre personnalités désignées en 2014 par François Hollande pour rejoindre le Panthéon.
Geneviève De Gaulle-Anthonioz
Geneviève de Gaulle-Anthonioz est née le 25 octobre 1920 à Saint - Jean de Valeriscle. Résistante française, militante des droits de l’homme et de la lutte contre la pauvreté, elle est aussi connue pour être la nièce du général Charles De Gaulle. Sous l’Occupation , lorsqu'elle est étudiante à l'université de Rennes, elle mène des actions de résistance au sein du groupe du Musée de l’Homme, puis du réseau Défense de la France. Arrêtée par la Gestapo, elle est déportée en février 1944 au camp de Ravensbruck où elle est détenue jusqu'en février 1945. Heinrich Himmler se sert d’elle comme monnaie d'échange et, par la suite, elle est tenue au secret dans un camp au sud de l'Allemagne jusqu'en avril 1945, avant son transfert à Genève. Après la guerre, elle s'engage notamment dans la lutte contre la pauvreté et devient présidente de l'association française ATD Quart-Monde de 1964 à 1998. Elle s’éteint le 15 février 2002 à Paris. Quelque temps après sa mort en 2015, elle fait son entrée symbolique au Panthéon : en effet, sa famille ne voulant pas qu’elle soit séparée de son mari, son cercueil ne contient que la terre provenant du cimetière où elle est inhumée.
André Malraux
Jean Monnet
Jean Moulin
Jean Moulin est né le 20 Juin 1899 à Béziers dans le Languedoc-Roussillon. En 1917, après avoir obtenu son baccalauréat, il s’engage dans des études de droit à l’université de Montpellier, et travaille en même temps pour la préfecture de l’Hérault. Mobilisé lors de la Première Guerre Mondiale, Jean Moulin ne combat pas, l’armistice étant signée avant son premier combat. Poursuivant ses études, il obtient sa licence de droit en 1921. Sa carrière de haut fonctionnaire débute en 1925 quand il devient sous-préfet à Albertville, puis en 1937, le plus jeune préfet de France en Aveyron. Ses convictions s’affirment quand il soutient les Républicains durant la guerre d’Espagne. Au début de l’invasion allemande, Jean Moulin , alors préfet à Chartres, refuse de se soumettre : c’est pourquoi il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un bout de verre. Il évite la mort de peu mais gardera à vie une cicatrice à la gorge qu’il dissimulera par une écharpe, comme on peut le voir sur une des plus célèbres photos qui le représente. Évidemment opposé au régime de Pétain, il est démis de ses fonctions de Préfet en novembre 1940 par le régime de Vichy.
Le 18 juin 1940, il entend l’appel du Général de Gaulle, et décide alors de le rejoindre à Londres. Entrant en clandestinité pour la Résistance, il prend différentes pseudonymes, notamment Rex , Régis, Alix ou encore Max… Chargé en 1943 par le Général De Gaulle d’unir les mouvements de la Résistance au sein du CNR (Conseil National de la Résistance), il n’a pas le temps de mener à bien sa mission. En effet, il est arrêté par les Nazis et torturé à Lyon. Il finit par décéder le 8 juillet 1943 à l'âge de 44 ans, des suites des tortures qu’il a subies de la part de la Gestapo et de son chef à Lyon, Klaus Barbie. Après la guerre, considéré comme un héros national, le Général de Gaulle alors président de la République, souhaite lui rendre les honneurs : ses« présumées cendres » sont alors transférées au Panthéon où il repose depuis le 19 décembre 1964 lorsque l’écrivain et Ministre de la Culture André Malraux prononce un hommage resté célèbre.
Pierre Brossolette
René cassin
Faire perdurer les valeurs de la Résistance
Les lettres de fusillés
La renomination du collège
La littérature engagée
Des films sur la Résistance
Les bus de la mémoire
Des ouvrages lus
Les lettres de fusillés
Les lettres des fusillés sont des lettres des résistants d'origines diverses, condamnés à mort, notamment celles des fusillés du groupe Manouchian. Ils ont écrit ces missives à leurs proches. Les conditions générales de production de ces lettres Le contexte de production de ces lettres est terriblement court, quelques heures le plus souvent, de l’approche d’une mort annoncée dans des conditions dramatiques. Les lettres passent officiellement par les autorités d’occupation et subissent une censure. Parfois, certains mots, certains passages sont censurés, d’autres fois, la lettre entière est censurée sans qu’en subsiste la moindre trace. Par ailleurs, certains condamnés ont réussi à faire parvenir à leurs proches des lettres par les moyens les plus divers : la complicité de camarades de détention, celle de l’aumônier catholique allemand de la prison de Fresne, Franz Stock , celle d’un gardien, ou par dissimulation dans leurs vêtements, échappant ainsi à une censure dont ils n’ignorent pas l’existence. Olga Bancic jette ainsi une lettre par la fenêtre, espérant que quelqu’un la remettra à son destinataire. La construction du discours La construction du discours des lettres des fusillés commence généralement par une adresse très sentimentale au destinataire, presque toujours un proche parent. Puis est fait mention de l’annonce de l’exécution prochaine. Ensuite un appel au courage face à cette nouvelle terrible, pour celui qui l’annonce, comme pour celui qui la reçoit. Sans oublier l’évocation nostalgique ou joyeuse du passé commun (bonheur familial et/ou valeurs partagées) qui confirme la profonde solidarité du condamné avec ses proches .
Mais dans ces lettres, on retrouve aussi l’élargissement du cercle des proches aux amis, camarades de détention, chrétiens, français, membres du Parti… et une éventuelle exposition des raisons d’avoir agi . Le discours se finit par des vœux de bonheur ou d’acceptation de la souffrance pour le futur immédiat ou lointain, à l’adresse de la famille et/ou de la France. Les derniers adieux closent ces missives. Les auteurs des lettres des fusillés Certaines des lettres les plus célébres des fusillés sont celles de Missak Manouchian ou de Guy Môquet, un militant communiste, célèbre pour avoir été un des plus jeunes des résistants fusillés. Ces lettres sont devenues des symboles de la Résistance et d’espoir pendant cette période sombre de l’histoire. Elles ont touché de nombreuses personnes et continuent d’inspirer aujourd’hui.
Lettre de Missak Manouchian à Mélinée
Autres lettres exposées au Musée de la Résistance Nationale de Champigny sur Marne
La renomination du collège
A l’arrivée de Jean-François Vallé, principal du collège du Mayet de Montagne, l’équipe pédagogique lui a proposé de renommer le collège du nom d’Alice Arteil… Il s’est donc renseigné sur l’histoire de cette Résistante, inconnue pour beaucoup, même en Montagne Bourbonnaise où elle a été active, et a apprécié son combat et sa personne. Au cours de son existence, Alice a combattu contre le nazisme, a dirigé un groupe de plus de 50 hommes et a redoublé d’efforts pour parvenir à ses fins. Elle représente des valeurs contemporaines qui la rendent digne de figurer au fronton d’un établissement scolaire. Alice Arteil n’était pas grande mais avait une volonté à toute épreuve et une résistance hors du commun. Qui aurait songé, dans ce petit village à deux pas de Roanne, dans les monts du Forez, qu’une enfant de la région, Alice Arteil, connue pour le commerce de tissu familial, allait se transformer et devenir une femme au destin exceptionnel ? Alice est une personne humble qui n’a jamais demandé de récompense pour ce qu’elle a accompli, même s’il elle les a reçues et méritées par la suite. C’est pourquoi, a été décidé d’honorer sa mémoire en donnant son nom au collège du Mayet de Montagne, anciennement Jules Verne, le 27 mai 2024, et en affichant un grand portrait d’elle en uniforme militaire de combattante, devant le collège, pour la faire davantage connaître aux habitants de la Montagne Bourbonnaise. Cette action permettra de la faire rayonner dans l’Allier , dans l’Académie et au-delà. De plus, le collège honore la mémoire d’Alice Arteil au nom de ses descendants, sa fille, son petit-fils notamment, présents à la cérémonie de renomination du 27 mai 2024, date choisie symboliquement puisque est célébrée ce jour-là la journée nationale de la Résistance.
La littérature engagée
Le poème d'Aragon
La chanson de Léo Ferré
La reprise de Feu Chatterton
Autres poèmes sur la Résistance
Des films sur la Résistance
L’Affiche Rouge L’Affiche rouge est un film français de 1976, réalisé par Frank Cassenti. Dans la distribution de ce film, on retrouve Pierre Clémenti, Roger Ibanez et Malka Ribowska. Il est de genre dramatique et historique et dure 1h30. Synopsis : Une trentaine d’années après la fusillade des 22 hommes et de la décapitation de la seule femme du groupe, des comédiens rencontrent des survivants qui ont côtoyés et connus ces martyrs. Ces acteurs veulent interpréter au mieux ces personnages emblématiques, en souvenir de leur mémoire et afin de leur rendre hommage.
Les femmes de l’ombre Les femmes de l’ombre est un film français, sorti en 2008 et réalisé par Jean-Paul Salomé. Les actrices principales sont Sophie Marceau, Julie Depardieu, Marie Gillain et Deborah François. Ce film dure près de 2heures. Synopsis : Louise Desfontaines, ancienne résistante active pour la France, est engagée par le SOE, qui est un service de renseignement secret britannique. Elle a pour mission de sauver un agent britannique géologue qui a été capturé par les Allemands. Pour réaliser cette mission, Louise constitue un commando de femmes. Mais une autre mission les attend à Paris : assassiner le colonel Heindrich…
La liste de Schindler La liste de Schindler est un film américain, datant de 1993 et réalisé par Steven Spielberg. Ce film est basé sur des faits réels, c’est pour cette raison que ce film sur la Shoah est très émouvant. Les acteurs principaux sont Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes Synopsis : Oskar Schindler, industriel allemand et membre du parti nazi, profite de la main d’œuvre juive. Mais lorsque Amon Göth arrive à Cracovie pour superviser la construction du camp de concentration de Plaszów, il ordonne la liquidation du ghetto de Cracovie. C’est à ce moment-là qu’Oskar Schindler se rend compte de l’horreur et des crimes commis par les SS. Il prend alors la décision d’aider et de sauver des juifs, en les faisant travailler dans son usine.
Les bus de la mémoire
Des ouvrages lus
Le poème d'Aragon
La chanson de Léo Ferré
La reprise de Feu Chatterton
Autres poèmes sur la Résistance