Les Etats-Unis et l'Amérique latine
De F. D. Roosevelt to B. Obama
Quelques repères
pour bien commencer
timeline générale
1933-2016
1991
1933
2016
End of the Cold War
F. D. Roosevelt President
D. Trump Election
World
USA
USA
1947
1994
Beginning of the Cold war
NAFTA (ALENA)
World
America
Résumé par président
1933-1969
F. D. Roosevelt
Harry S. Truman
1933-1945
1945-1953
"Good Neighbor Policy", vise à améliorer les relations. Vers l'abandon de l'interventionnisme militaire.
Continue la politique de FDR, mais début de la Guerre Froide. Tensions à Cuba et au Guatemala : politique anti régimes communistes.
J. F. Kennedy
L. B. Jonhson
1961-1963
1963-1969
Continue la politique anti-communiste. Soutient l'invasion de la Baie des Cochons.
Continue la même politique. Début de contestations au sein du pays.
Résumé par président
1969-1989
R. nixon
Gerald ford
1969-1974
1974-1977
Contribue à faire tomber Allende. Doctrine Nixon : réduire la dépendance économique des USA vis à vis de l'Amérique latine.
Continue la politique de Nixon. L'AL essaye d'être moins dépendante économiquement. Tensions. Accords bilatéraux avec le Mexique en 1975.
Jimmy carter
Ronald Reagan
1977-1981
1981-1989
Met l'accent sur les droits de l'Homme. Soutient les transitions démocratiques (Argentine et Nicaragua).
Soutient les politiques anti-communistes. Irangate.
Résumé par président
1989-2017
G. H. W. Bush
Bill Clinton
1989-1993
1993-2001
Opération "Just Cause". Soutient la signature de l'ALENA. Soutient certaines transitions démocratiques. Soutient la protection de l'environnement en AL.
Signe l'ALENA. Veut renforcer les liens économiques (libre-échange).
G. W. Bush
Barack Obama
2001-2009
2009-2017
Lutte contre le terrorisme et la drogue. Relations dans un but de sécurité nationale.
Cherche à améliorer les relations. Met fin à la politique de la guerre.
Partie 1
Approche chronologique
Introduction
l'Avant F. D. Roosevelt
La doctrine Monroe
1823 : "L'Amérique aux Américains"
- 1823: Doctrine Monroe stipule que toute intervention européenne en Amérique latine serait jugée comme inamicale. Inversement, les Etats-Unis n'interviennent pas en Europe => solidarité des EU aux colonies espagnoles en cours d'émancipation contre les puissances européennes => accueil favorable en Amérique latine. − Malgré quelques interventions (1867: intervention des EU contre la France au Mexique), cette doctrine n'est pas appliquée de suite, la priorité est donnée à l'expansion à l'ouest. − Aujourd'hui, cette doctrine est le fil conducteur des relations inter-américaines, même si elle est très ambiguë et souvent contournée (les EU refusent de s'engager dans une alliance pour défendre l'Amérique du S).
La doctrine Monroe
Une irrésistible poussée expansionniste
- Apparition d'un courant expansionniste aux EU au 19ème s → 1845: O'Sullivan parle de « destinée manifeste » des EU selon laquelle il ont pour mission de s'étendre dans le monde => la doctrine Monroe utilisée pour justifier cette expansion. − 1885: l'historien Fiske explique que les EU méritent d'être érigés comme modèle pour les autres pays => dvpt courant nationaliste et impérialiste*. − 1848: ruée ver l'or => on veut étendre + le territoire => 1853: les EU veulent acheter Cuba à l'Espagne. − 1890: fermeture de la frontière des EU + 1880: marine militaire des EU => volonté d'expansion pour lutter cotre l'expansion européenne en Amérique.
La doctrine Monroe
L'Idéal Panaméricain des Etats-Unis
- Républiques d'Amérique latine juste indépendantes veulent le panaméricanisme => conférences internationales − 1889: à Washington avec les EU => traités commerciaux instituant une division du travail (échanges de produits manufacturés contre des matières premières) + 1890: création de l'Union des Républiques américaines qui siège à Wanshington DC. − Conférences tous les 5 ans.
La Mise en oeuvre
1898 : "La Guerre Hispano-Américaine
− 1898: explosion cuirassé des EU à Cuba => EU bloquent l'île => G Espagne-EU => capitulation Espagne => fin Empire espagnol + domination des EU sur Cuba (investissements et échanges commerciaux, contrôle du gouvernement). − 1898: naissance symbolique de l' « empire américain » => nouveaux territoires annexés, dominés économiquement et politiquement (Cuba, Philippines...) => les EU deviennent une puissance coloniale et évacue les puissances européennes d'Amérique.
Roosevelt, l'impéralisme ?
La politique du "Gros bâton"
− 1904 : big stick policy par Theodore Roosevelt selon laquelle l'armement préventif est la meilleure garantie de paix et de sécurité pour le pays, les EU ont pour devoir d'intervenir en Amérique latine s'il y a un mauvais gouvernement. − Les EU se positionnent au-dessus des autres Etats américains => mouvement anti-américain en Amérique latine => renforcement de l'identité latino-américaine.
Roosevelt, l'impéralisme ?
Le Canal de Panama
− 1904-1914: construction du canal de Panama par T. Roosevelt => signe que les EU sont la puissance dominante en Am latine et plus les Européens. − Projet au départ lancé par le Français Ferdinand de Lesseps et repris par les EU. − Gestion économique, politique et militaire du canal par les EU jusqu'en 1999, quand l'autorité est restituée à Panama et les EU quittent la zone.
Roosevelt, l'impéralisme ?
Les Paradoxes d'une puissance anti-coloniale
− EU issus de la lutte anti-coloniale, hostiles à l'impérialisme => courant anti-impérialiste aux EU, mais pas opposé à l'ouverture pacifiques de nouveaux marché. − Pour le mouvement anti-colonialiste américain, toute annexion coloniale est anticonstitutionnelle, contraire au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes que défendent les EU. − Expansion économique des EU en Amérique centrale, au Mexique (pétrole), dans les Caraïbes, au Nicaragua (pour creuser un canal)... => « néo-impérialisme » des EU qui privilégie le contrôle indirect par l'armée et l'administration. − Ex: Cuba se voit imposer une dictature favorable aux US, les Portoricains acquièrent la citoyenneté EU.
Roosevelt, l'impéralisme ?
La "diplomatie du dollar" en Amérique Latine
− « Diplomatie du dollar » remplace la politique du « gros bâton » (investissements EU en Am latine, extension de la zone $...). − Economie des EU dynamique au 19ème s => cherche des débouchés pour ses produits et des matières premières => s'étend à l'Am latine. − Accroissement des IDE des EU en Am latine → 1869: 80 millions $ / 1914: 3,5 milliards$, EU n°3 mondial en IDE. − Mexique et Canada partenaires de 1er ordre pour les EU → Mexique = ¼ IDE des EU (mines, chemins de fer, pétrole) / Canada = ¼ des IDE des EU (automobile, équipement électrique, bois, papier, métaux...). − Cuba aussi partenaire (mines, chemins de fer, tabac), Am centrale (fruits, chemins de fer, mines de métaux précieux, service public...), Am du S (mines → Pérou, Chili). − Amérique latine = 45% des IDE des EU.
Frise Chronologique
L'Avant F. D. Roosevelt
Les Etats-Unis et l'amérique latine à l'époque de F. D. Roosevelt
1933-1945
F. D. Roosevelt
La politique du bon voisinage
− Hégémonie EU => anti-américanisme en Am latine => assouplissement politique des EU dès les 1920's => 1933 : politique du « bon voisinage » par F.D.Roosevelt qui met fin aux interventions directes, provisoirement. − ATTENTION: cette politique ne signifie pas que les EU renoncent à la domination de l'Am latine. Elle sert juste à repousser l'Allemagne à l'époque. → soutien de Batista à Cuba en 1933... − Ex: le pétrole au Mexique. Révolution conduite par Zapata au Mexique => menace pour les intérêts pétroliers des EU => accord Mexique-EU pour les préserver => 1938 : nationalisation de l'activité pétrolière au Mexique => pressions des EU sur le Mexique pour que celui-ci ne fournisse pas l'Axe => 1942 : indemnisation des entreprises américaines en échange de la souveraineté du Mexique sur le pétrole. Le Mexique s'engage à ne pas fournir de pétrole à l'Axe.
La domination des états-unis sur l'Amérique Latine
1945-1970s
L'Amérique latine
Situation en 1945
- 1823 : Doctrine Monroe, l'Amérique latine est la chasse gardée des USA - Sur le plan politique : les démocraties en place sont fragile : rôle important des armées - 1er cercle géographique : les Etats des Caraïbes et les Etats d'Amérique centrale constituent le premier cercle d'alliés surveillés étroitement : politique de bon voisinnage - Sur le plan économique : nationalisation de certains secteurs industriels + économies très dépendantes des investissements américains et de nombreuses multiationales américaines sont implantées et contrôlent des productions agricoles (la United Fruits Company par exemple) et minières
En pleine Guerre Froide
Un nouveau contexte, une nouvelle doctrine
- 1947 : Doctrine Truman (théorise l'opposition des deux blocs, l'influence des USA s'accentue) => éviter la propagation du communisme - 1947 : Création de la CIA pour lutter contre la présence de l'URSS en Amérique latine
En pleine Guerre Froide
La mise en oeuvre du "Containment"
- Systèmes d'alliances : => 1946 : l'Ecole des Amériques = centre de formation militaire le plus important d'Amérique, géré par les USA, transmet ses valeurs => 1947 : TIAR (Traité Interaméricain d'Assistance Réciproque) = réponse collective si attaque extérieure => 1948 : Signature de la Charte de Bogota (= Organisation de Etats Américains) − 1954: résolution condamnant le communisme en Amérique latine signée par l'OEA à Caracas. − Regain de l'interventionnisme EU aussi pour préserver les intérêts économiques des EU → la CIA organise une rébellion au Guatemala après que le président ait entamé une réforme agraire qui dessert les intérêts américains. − Interventionnisme des EU => montée de l'anti-américanisme.
En pleine Guerre Froide
Cuba et la montée de la tension est-ouest
− 1959: Castro prend le pouvoir à Cuba => perçu comme une menace pour les intérêts des USA=> embargo sur Cuba => Cuba se tourne vers l'URSS et signe avec le pays un accord commercial (pour le sucre de canne) => domination de l'URSS sur Cuba => INNACEPTABLE pour les USA! − 1961: épisode de la baie des Cochons mené par Kennedy => échec. − 1962: crise des missiles à Cuba => on craint un conflit thermonucléaire entre les deux Grands MAIS compromis trouvé (URSS retire ses missiles et USA s'engagent à ne pas envahir Cuba). - A partir des 1960s, une partie des Etats d'Amérique latine passent sous la domination de mouvements révolutionnaires qui contestent la présence américaine tandis que les USA soutiennent aussi des dictatures pro-américaines rassemblées par le plan Condor
En pleine Guerre Froide
Contre l'effet domino : L'alliance pour le progrès
− Théorie des dominos énoncée par Eisenhower => il ne faut pas que Cuba entraîne d'autres pays vers le communisme => 1961: l'Alliance pour le progrès, programme d'aide au dvpt économique, social et culturel proposé par Kennedy. − Ce programme consiste à accorder des prêts (et pas des dons) pour lutter contre la contagion révolutionnaire.
En pleine Guerre Froide
Contre l'effet domino : Retour du gros bâton
− Révolution avance en Am latine (Che Guevara...) => USA met de côté principes démocratiques => interventions indirectes des USAen Am latine via la CIA => + de coup d'Etat, on combat le communisme de l'intérieur => Am latine = terrain d'affrontement entre les 2 Grands. − Gouvernements trop faibles ou pas favorables aux USA sont renversés → 1973: USA soutiennent le renversement d'Allende (il menait une politique sociale jugée défavorable aux EU) par Pinochet au Chili. − Plan Condor: opération conduite par les dictatures (Pinochet) pour traquer les opposants au régimes en Argentine, Chili, Pérou, Uruguay, Paraguay, Brésil, Bolivie, Equateur. => USA apportent en secret leur soutien à Pinochet.
Info
La reprise en main
Virage néo-libéral
− 1970's: essoufflement du modèle de dvpt latino-américain (dette...) => USA cherchent à influencer les politiques économiques nationales (directement ou par le biais d'institutions financières internationales comme le FMI). − Tournant néolibéral (recul de l'Etat, initiative privée, exportations...) d'abord au Chili par Pinochet.
La reprise en main
Les derniers conflits majeurs
− Situation apaisée sous Carter / tendue à nouveau sous Reagan. − Scandale de l'Irangate: administration Reagan (1980s) soutient les contras (mercenaires) en leur vendant des armes.
Frise Chronologique
De F. D. Roosevelt à J. Carter
L'Amérique Latine depuis les années 1980
La transition démocratique
La détente des années 1980
− 1979: démocratie en Equateur - 1984: Brésil - 1985: Argentine - 1989: Chili - 1990: Nicaragua => Le retour des régimes démocratiques est en partie dû aux échecs des régimes totalitaires => sous-développement chronique ainsi qu'une crise économique et financière prolongée - La transition démocratique prend des formes différentes (grèves générales, marches pour la démocratie...) − Soutien des EU à ce retour à la démocratie → intervention militaire au Panama... − Tension entre les EU et Cuba persiste.
Du panaméricanisme à l'intégration
L'antagonisme fondamental du panaméricanisme
- Fin de la Guerre Froide => apaisement des relations en Amérique et poursuite de la libéralisation économique => EU modèle et leader du continent. − Relations Amérique latine / EU marquée par des reproches mais aussi une fascination mutuelle => dur d'appliquer le panaméricanisme face à ce paradoxe.
Du panaméricanisme à l'intégration
L'intégration économique
- 1960 : création du Pacte d'Andin - 1990 : G.Bush propose son « Initiative pour les Amériques » = projet d'intégration économique et commerciale à l'échelle du continent. - 1991 : MERCOSUR (Marché commun du Sud), les alliances des années 60 sont réanimées, de nouvelles sont crées − 1994 : création de l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) => création à terme d'une zone de libre-échange continentale. − 2 objectifs à ces alliances: promouvoir le libre-échange ainsi que renforcer la démocratie et résoudre les tensions sociales par la croissance économique. − EU en passe de créer une zone $ → Equateur renonce à sa monnaie pour le $ / résistance comme au Brésil.
Du panaméricanisme à l'intégration
Crise du modèle néo-libéral et résistances
− Crise sociale ne disparaît pas => remise en question du projet de libre-échange panaméricain des EU => renversement politique → 1998 : Chavez élu au Venezuela critique l'impérialisme des EU et le libéralisme économique, 2003: Lula l'emporte au Brésil... => gauches latino-américaines. − Gauches latino-américaines =/= : axe radicalement opposé aux EU (La Havane avec Castro, Caracas avec Chavez, La Paz avec Morales) / autres socialistes veulent conserver des liens économiques et politiques avec les EU. − Volonté de créer des espaces régionaux indépendants des EU (Mercosur) / volonté de s'associer à l'ALENA (Chili, Uruguay...) => paradoxes (Pérou signataire accord de libre-échange avec les EU mais élit un président qui s'y oppose). − Négociations pour construire une zone de libre échange des Amériques stagnent devant l'opposition en Am latine et le refus du congrès des EU d'examiner la question avant les élections de 2008. − 2005-2006: l'administration Bush cherche à étendre le libre-échange par le biais de l'OMC.
Un nouvel interventionnisme ?
La guerre contre la drogue
− Production de drogue = alternative à la pauvreté dans certains pays (Colombie, Pérou, Bolivie, Equateur). − « Guerre contre la drogue » menée par les EU dans les zones de production (défoliation des champs de coca dangereuse pour la santé des populations et à l'environnement, incitations financières, présence militaire...)
Un nouvel interventionnisme ?
Activisme militaire
− Processus de remilitarisation de l'Am latine sous direction des EU (pour éviter les débordements sociaux, les pbms avec les Amérindiens, le trafic de drogue...) => création d'organes de sécurité → Cicte (Comité interaméricain contre le terrorisme). − Construction d'une nouvelle forme de contrôle géopolitique du continent latino-américain est en train de se jouer. Contrôle aussi de l'accès aux ressources, du marché, de la main-d'oeuvre... à l'échelle continentale.
une Interdépendance hiérarchisée ?
Consolidation du rapport centre/ périphérie
− Poids des EU considérable d'un point de vue économique et géopolitique → EU = 80% du PIB du continent. − Hégémonie politique, militaire, stratégique des EU sur le reste de l'Amérique. − MAIS volonté de l'Am latine de sortir de la domination américaine => nouvelle relation triangulaire entre EU-Am latine-UE. − 4 types de périphéries à l'échelle continentale: 1) périphérie intégrée par les flux économiques et démographiques, par proximité culturelle → Canada 2) périphérie en cours d'intégration par contrat (Alena), par flux de population ou flux économiques... → Mexique... 3) périphérie en position de résistance → Mercosur 4) périphérie en situation d'opposition pour des raisons stratégiques, idéologiques → Cuba, Venezuela...
une Interdépendance hiérarchisée ?
Relation asymétrique
- Bilan positif pour les EU: faibles coûts de production des entreprises américaines installées en Am latine - Compétitivité de l'économie des EU, source de bénéfices: 1) redevances sur les droits d'exploitation (Coca-Cola...) 2) versement des dividendes 3) excédents commerciaux 4) intérêts de la dette.
Frise Chronologique
Depuis les années 1980
Partie 2
Approche thématique
Les enjeux sécuritaires et démocratiques
Relations économiques, développement, politiques migratoires
Acteurs
Citations utiles sur ce sujet
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LE Plan Condor
Qu'est-ce que c'est ?
Le plan Condor, ou opération Condor, est un système d’échange d’informations et de collaboration entre les polices secrètes des dictatures d’Amérique du Sud pour la traque, l’arrestation voire l’assassinat d’opposants politiques, notamment communistes, dans les années 1970 et 1980. Ces dictatures, pour la plupart militaires, sont idéologiquement de droite et soutenues par les États-Unis. En pleine guerre froide, ceux-ci craignent, par dessus tout, que le communisme s’installe dans les Amériques, continent qu’ils considèrent comme relevant de leur seule sphère d’influence (prétention formalisée par la « Doctrine Monroe » en 1823). Le renversement en 1959 du dictateur cubain Batista, pro-américain, par la guérilla de Fidel Castro (dirigeant Cuba jusqu’en 2008), qui installe un régime pro-communiste à 170 km des côtes américaines, a été vécue comme un traumatisme par l’administration américaine. Les États-Unis, sous l’influence du diplomate et secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères) Henry Kissinger (né en 1923), et la CIA soutiennent ainsi le renversement de fragiles régimes démocratiques par des dictatures militaires (voire le coup d’État de 11 septembre 1973 au Chili par exemple), et appuient leurs systèmes de renseignement. La lutte se concentre contre la « subversion», c’est-à-dire sur l’idéologie communiste. Plusieurs guérillas marxistes se sont développées sur le continent (le Front sandiniste de libération nationale au Nicaragua, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, le Sentier lumineux au Pérou, etc), même si elles subissent, dans les années 1970, un reflux. Ainsi, le 26 novembre 1975, des représentants des services de sécurité de l’Uruguay, de l’Argentine, du Paraguay et de la Bolivie se réunissent à Santiago du Chili, à l’initiative du dictateur de ce pays, le général Augusto Pinochet (de 1973 à 1990), et du chef de la police politique chilienne, la DINA, le colonel Contreras. Le Pérou et l’Équateur rejoignent le système en 1978.
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LE Plan Condor
Système de fonctionnement
Ils décident de l’organisation d’un réseau pour le renseignement national, la coordination d’informations, la mutualisation de la traque des opposants et pour l’échange de prisonniers. Une banque de données est mise en place, avec des archives centralisées contenant les antécédents des personnes traquées. Les polices utilisent des moyens de communication modernes, comme le télex, la cryptologie, les téléphones avec inverseurs de voix. Un présidence rotative est mise en place, avec un siège permanent et un secrétariat. Condor se divise en trois phases : • La phase 1 : renseignement et coordination pour la collection et l’échange d’informations. • La phase 2 : opérations limitées et attaques d’opposants présents sur le territoire des pays appartenant au système Condor. • La phase 3 : surveillance en vue de l’assassinat d’opposants présents sur le territoire de pays étrangers au plan Condor, notamment les États-Unis, la France et l’Italie.
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LE Plan Condor
Bilan
• Les polices politiques des pays du plan Condor n’hésitent pas à avoir recours à des méthodes terroristes : prisons clandestines (comme l’Automotores Orletti à Buenos Aires), torture et assassinat, parfois collectif. Ils ont parfois recours à des groupes paramilitaires et terroristes, comme l’organisation Triple-A en Argentine.• L’appui américain se manifeste, notamment, par l’envoi d’un émissaire du FBI auprès de Condor, l’attaché à l’ambassade de Buenos Aires, Robert Scherrer. Condor doit en outre beaucoup à l’armée française, forte de son expérience de la guerre irrégulière en Algérie (voir le livre et le documentaire de Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’école française). Les services de renseignements allemands collaborent aussi avec Condor pour aider à l’espionnage des opposants. • Cependant, les opérations de phase 3, qui mettaient en péril les relations diplomatiques des pays membres du plan Condor avec les pays touchés, sont abandonnées à partir de décembre 1976. En effet, certains assassinats suscitent une émotion internationale, comme celui du militaire chilien légaliste Carlos Prats le 30 septembre 1974 à Buenos Aires, l’attentat raté contre l’opposant chilien Bernardo Leighton le 6 octobre 1975 à Rome (avec le soutien de la CIA), ou l’explosion près de la Maison blanche de la voiture d’Orlando Letellier, ancien ambassadeur du Chili à Washington, le 21 septembre 1976. Le scandale entraîné par ce dernier assassinat entraîne la dissolution de la DINA et la destitution de Contreras. • Le plan Condor aurait fait, dans le cadre de la « guerre sale», la campagne de répression en Amérique latine des années 1960 à 1980, des dizaines de milliers de morts et disparus. Les mécanismes de ce plan furent révélés à la fin de la dictature paraguayenne grâce au travail de l’ancien détenu politique Marin Almeda : il a découvert l’existence à Asunción de 700 000 documents, soit 4 tonnes d’archives, contenant notamment 574 dossiers sur les partis politiques, 1888 passeports et cartes d’identités, 115 volumes de rapports de police, etc. (Les services de sécurité paraguayens dans le système Condor, 1974-1982).
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USA et Amérique latine
Alexandre Cordonnier
Created on June 26, 2023
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De F. D. Roosevelt to B. Obama
Quelques repères
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1933-2016
1991
1933
2016
End of the Cold War
F. D. Roosevelt President
D. Trump Election
World
USA
USA
1947
1994
Beginning of the Cold war
NAFTA (ALENA)
World
America
Résumé par président
1933-1969
F. D. Roosevelt
Harry S. Truman
1933-1945
1945-1953
"Good Neighbor Policy", vise à améliorer les relations. Vers l'abandon de l'interventionnisme militaire.
Continue la politique de FDR, mais début de la Guerre Froide. Tensions à Cuba et au Guatemala : politique anti régimes communistes.
J. F. Kennedy
L. B. Jonhson
1961-1963
1963-1969
Continue la politique anti-communiste. Soutient l'invasion de la Baie des Cochons.
Continue la même politique. Début de contestations au sein du pays.
Résumé par président
1969-1989
R. nixon
Gerald ford
1969-1974
1974-1977
Contribue à faire tomber Allende. Doctrine Nixon : réduire la dépendance économique des USA vis à vis de l'Amérique latine.
Continue la politique de Nixon. L'AL essaye d'être moins dépendante économiquement. Tensions. Accords bilatéraux avec le Mexique en 1975.
Jimmy carter
Ronald Reagan
1977-1981
1981-1989
Met l'accent sur les droits de l'Homme. Soutient les transitions démocratiques (Argentine et Nicaragua).
Soutient les politiques anti-communistes. Irangate.
Résumé par président
1989-2017
G. H. W. Bush
Bill Clinton
1989-1993
1993-2001
Opération "Just Cause". Soutient la signature de l'ALENA. Soutient certaines transitions démocratiques. Soutient la protection de l'environnement en AL.
Signe l'ALENA. Veut renforcer les liens économiques (libre-échange).
G. W. Bush
Barack Obama
2001-2009
2009-2017
Lutte contre le terrorisme et la drogue. Relations dans un but de sécurité nationale.
Cherche à améliorer les relations. Met fin à la politique de la guerre.
Partie 1
Approche chronologique
Introduction
l'Avant F. D. Roosevelt
La doctrine Monroe
1823 : "L'Amérique aux Américains"
- 1823: Doctrine Monroe stipule que toute intervention européenne en Amérique latine serait jugée comme inamicale. Inversement, les Etats-Unis n'interviennent pas en Europe => solidarité des EU aux colonies espagnoles en cours d'émancipation contre les puissances européennes => accueil favorable en Amérique latine. − Malgré quelques interventions (1867: intervention des EU contre la France au Mexique), cette doctrine n'est pas appliquée de suite, la priorité est donnée à l'expansion à l'ouest. − Aujourd'hui, cette doctrine est le fil conducteur des relations inter-américaines, même si elle est très ambiguë et souvent contournée (les EU refusent de s'engager dans une alliance pour défendre l'Amérique du S).
La doctrine Monroe
Une irrésistible poussée expansionniste
- Apparition d'un courant expansionniste aux EU au 19ème s → 1845: O'Sullivan parle de « destinée manifeste » des EU selon laquelle il ont pour mission de s'étendre dans le monde => la doctrine Monroe utilisée pour justifier cette expansion. − 1885: l'historien Fiske explique que les EU méritent d'être érigés comme modèle pour les autres pays => dvpt courant nationaliste et impérialiste*. − 1848: ruée ver l'or => on veut étendre + le territoire => 1853: les EU veulent acheter Cuba à l'Espagne. − 1890: fermeture de la frontière des EU + 1880: marine militaire des EU => volonté d'expansion pour lutter cotre l'expansion européenne en Amérique.
La doctrine Monroe
L'Idéal Panaméricain des Etats-Unis
- Républiques d'Amérique latine juste indépendantes veulent le panaméricanisme => conférences internationales − 1889: à Washington avec les EU => traités commerciaux instituant une division du travail (échanges de produits manufacturés contre des matières premières) + 1890: création de l'Union des Républiques américaines qui siège à Wanshington DC. − Conférences tous les 5 ans.
La Mise en oeuvre
1898 : "La Guerre Hispano-Américaine
− 1898: explosion cuirassé des EU à Cuba => EU bloquent l'île => G Espagne-EU => capitulation Espagne => fin Empire espagnol + domination des EU sur Cuba (investissements et échanges commerciaux, contrôle du gouvernement). − 1898: naissance symbolique de l' « empire américain » => nouveaux territoires annexés, dominés économiquement et politiquement (Cuba, Philippines...) => les EU deviennent une puissance coloniale et évacue les puissances européennes d'Amérique.
Roosevelt, l'impéralisme ?
La politique du "Gros bâton"
− 1904 : big stick policy par Theodore Roosevelt selon laquelle l'armement préventif est la meilleure garantie de paix et de sécurité pour le pays, les EU ont pour devoir d'intervenir en Amérique latine s'il y a un mauvais gouvernement. − Les EU se positionnent au-dessus des autres Etats américains => mouvement anti-américain en Amérique latine => renforcement de l'identité latino-américaine.
Roosevelt, l'impéralisme ?
Le Canal de Panama
− 1904-1914: construction du canal de Panama par T. Roosevelt => signe que les EU sont la puissance dominante en Am latine et plus les Européens. − Projet au départ lancé par le Français Ferdinand de Lesseps et repris par les EU. − Gestion économique, politique et militaire du canal par les EU jusqu'en 1999, quand l'autorité est restituée à Panama et les EU quittent la zone.
Roosevelt, l'impéralisme ?
Les Paradoxes d'une puissance anti-coloniale
− EU issus de la lutte anti-coloniale, hostiles à l'impérialisme => courant anti-impérialiste aux EU, mais pas opposé à l'ouverture pacifiques de nouveaux marché. − Pour le mouvement anti-colonialiste américain, toute annexion coloniale est anticonstitutionnelle, contraire au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes que défendent les EU. − Expansion économique des EU en Amérique centrale, au Mexique (pétrole), dans les Caraïbes, au Nicaragua (pour creuser un canal)... => « néo-impérialisme » des EU qui privilégie le contrôle indirect par l'armée et l'administration. − Ex: Cuba se voit imposer une dictature favorable aux US, les Portoricains acquièrent la citoyenneté EU.
Roosevelt, l'impéralisme ?
La "diplomatie du dollar" en Amérique Latine
− « Diplomatie du dollar » remplace la politique du « gros bâton » (investissements EU en Am latine, extension de la zone $...). − Economie des EU dynamique au 19ème s => cherche des débouchés pour ses produits et des matières premières => s'étend à l'Am latine. − Accroissement des IDE des EU en Am latine → 1869: 80 millions $ / 1914: 3,5 milliards$, EU n°3 mondial en IDE. − Mexique et Canada partenaires de 1er ordre pour les EU → Mexique = ¼ IDE des EU (mines, chemins de fer, pétrole) / Canada = ¼ des IDE des EU (automobile, équipement électrique, bois, papier, métaux...). − Cuba aussi partenaire (mines, chemins de fer, tabac), Am centrale (fruits, chemins de fer, mines de métaux précieux, service public...), Am du S (mines → Pérou, Chili). − Amérique latine = 45% des IDE des EU.
Frise Chronologique
L'Avant F. D. Roosevelt
Les Etats-Unis et l'amérique latine à l'époque de F. D. Roosevelt
1933-1945
F. D. Roosevelt
La politique du bon voisinage
− Hégémonie EU => anti-américanisme en Am latine => assouplissement politique des EU dès les 1920's => 1933 : politique du « bon voisinage » par F.D.Roosevelt qui met fin aux interventions directes, provisoirement. − ATTENTION: cette politique ne signifie pas que les EU renoncent à la domination de l'Am latine. Elle sert juste à repousser l'Allemagne à l'époque. → soutien de Batista à Cuba en 1933... − Ex: le pétrole au Mexique. Révolution conduite par Zapata au Mexique => menace pour les intérêts pétroliers des EU => accord Mexique-EU pour les préserver => 1938 : nationalisation de l'activité pétrolière au Mexique => pressions des EU sur le Mexique pour que celui-ci ne fournisse pas l'Axe => 1942 : indemnisation des entreprises américaines en échange de la souveraineté du Mexique sur le pétrole. Le Mexique s'engage à ne pas fournir de pétrole à l'Axe.
La domination des états-unis sur l'Amérique Latine
1945-1970s
L'Amérique latine
Situation en 1945
- 1823 : Doctrine Monroe, l'Amérique latine est la chasse gardée des USA - Sur le plan politique : les démocraties en place sont fragile : rôle important des armées - 1er cercle géographique : les Etats des Caraïbes et les Etats d'Amérique centrale constituent le premier cercle d'alliés surveillés étroitement : politique de bon voisinnage - Sur le plan économique : nationalisation de certains secteurs industriels + économies très dépendantes des investissements américains et de nombreuses multiationales américaines sont implantées et contrôlent des productions agricoles (la United Fruits Company par exemple) et minières
En pleine Guerre Froide
Un nouveau contexte, une nouvelle doctrine
- 1947 : Doctrine Truman (théorise l'opposition des deux blocs, l'influence des USA s'accentue) => éviter la propagation du communisme - 1947 : Création de la CIA pour lutter contre la présence de l'URSS en Amérique latine
En pleine Guerre Froide
La mise en oeuvre du "Containment"
- Systèmes d'alliances : => 1946 : l'Ecole des Amériques = centre de formation militaire le plus important d'Amérique, géré par les USA, transmet ses valeurs => 1947 : TIAR (Traité Interaméricain d'Assistance Réciproque) = réponse collective si attaque extérieure => 1948 : Signature de la Charte de Bogota (= Organisation de Etats Américains) − 1954: résolution condamnant le communisme en Amérique latine signée par l'OEA à Caracas. − Regain de l'interventionnisme EU aussi pour préserver les intérêts économiques des EU → la CIA organise une rébellion au Guatemala après que le président ait entamé une réforme agraire qui dessert les intérêts américains. − Interventionnisme des EU => montée de l'anti-américanisme.
En pleine Guerre Froide
Cuba et la montée de la tension est-ouest
− 1959: Castro prend le pouvoir à Cuba => perçu comme une menace pour les intérêts des USA=> embargo sur Cuba => Cuba se tourne vers l'URSS et signe avec le pays un accord commercial (pour le sucre de canne) => domination de l'URSS sur Cuba => INNACEPTABLE pour les USA! − 1961: épisode de la baie des Cochons mené par Kennedy => échec. − 1962: crise des missiles à Cuba => on craint un conflit thermonucléaire entre les deux Grands MAIS compromis trouvé (URSS retire ses missiles et USA s'engagent à ne pas envahir Cuba). - A partir des 1960s, une partie des Etats d'Amérique latine passent sous la domination de mouvements révolutionnaires qui contestent la présence américaine tandis que les USA soutiennent aussi des dictatures pro-américaines rassemblées par le plan Condor
En pleine Guerre Froide
Contre l'effet domino : L'alliance pour le progrès
− Théorie des dominos énoncée par Eisenhower => il ne faut pas que Cuba entraîne d'autres pays vers le communisme => 1961: l'Alliance pour le progrès, programme d'aide au dvpt économique, social et culturel proposé par Kennedy. − Ce programme consiste à accorder des prêts (et pas des dons) pour lutter contre la contagion révolutionnaire.
En pleine Guerre Froide
Contre l'effet domino : Retour du gros bâton
− Révolution avance en Am latine (Che Guevara...) => USA met de côté principes démocratiques => interventions indirectes des USAen Am latine via la CIA => + de coup d'Etat, on combat le communisme de l'intérieur => Am latine = terrain d'affrontement entre les 2 Grands. − Gouvernements trop faibles ou pas favorables aux USA sont renversés → 1973: USA soutiennent le renversement d'Allende (il menait une politique sociale jugée défavorable aux EU) par Pinochet au Chili. − Plan Condor: opération conduite par les dictatures (Pinochet) pour traquer les opposants au régimes en Argentine, Chili, Pérou, Uruguay, Paraguay, Brésil, Bolivie, Equateur. => USA apportent en secret leur soutien à Pinochet.
Info
La reprise en main
Virage néo-libéral
− 1970's: essoufflement du modèle de dvpt latino-américain (dette...) => USA cherchent à influencer les politiques économiques nationales (directement ou par le biais d'institutions financières internationales comme le FMI). − Tournant néolibéral (recul de l'Etat, initiative privée, exportations...) d'abord au Chili par Pinochet.
La reprise en main
Les derniers conflits majeurs
− Situation apaisée sous Carter / tendue à nouveau sous Reagan. − Scandale de l'Irangate: administration Reagan (1980s) soutient les contras (mercenaires) en leur vendant des armes.
Frise Chronologique
De F. D. Roosevelt à J. Carter
L'Amérique Latine depuis les années 1980
La transition démocratique
La détente des années 1980
− 1979: démocratie en Equateur - 1984: Brésil - 1985: Argentine - 1989: Chili - 1990: Nicaragua => Le retour des régimes démocratiques est en partie dû aux échecs des régimes totalitaires => sous-développement chronique ainsi qu'une crise économique et financière prolongée - La transition démocratique prend des formes différentes (grèves générales, marches pour la démocratie...) − Soutien des EU à ce retour à la démocratie → intervention militaire au Panama... − Tension entre les EU et Cuba persiste.
Du panaméricanisme à l'intégration
L'antagonisme fondamental du panaméricanisme
- Fin de la Guerre Froide => apaisement des relations en Amérique et poursuite de la libéralisation économique => EU modèle et leader du continent. − Relations Amérique latine / EU marquée par des reproches mais aussi une fascination mutuelle => dur d'appliquer le panaméricanisme face à ce paradoxe.
Du panaméricanisme à l'intégration
L'intégration économique
- 1960 : création du Pacte d'Andin - 1990 : G.Bush propose son « Initiative pour les Amériques » = projet d'intégration économique et commerciale à l'échelle du continent. - 1991 : MERCOSUR (Marché commun du Sud), les alliances des années 60 sont réanimées, de nouvelles sont crées − 1994 : création de l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) => création à terme d'une zone de libre-échange continentale. − 2 objectifs à ces alliances: promouvoir le libre-échange ainsi que renforcer la démocratie et résoudre les tensions sociales par la croissance économique. − EU en passe de créer une zone $ → Equateur renonce à sa monnaie pour le $ / résistance comme au Brésil.
Du panaméricanisme à l'intégration
Crise du modèle néo-libéral et résistances
− Crise sociale ne disparaît pas => remise en question du projet de libre-échange panaméricain des EU => renversement politique → 1998 : Chavez élu au Venezuela critique l'impérialisme des EU et le libéralisme économique, 2003: Lula l'emporte au Brésil... => gauches latino-américaines. − Gauches latino-américaines =/= : axe radicalement opposé aux EU (La Havane avec Castro, Caracas avec Chavez, La Paz avec Morales) / autres socialistes veulent conserver des liens économiques et politiques avec les EU. − Volonté de créer des espaces régionaux indépendants des EU (Mercosur) / volonté de s'associer à l'ALENA (Chili, Uruguay...) => paradoxes (Pérou signataire accord de libre-échange avec les EU mais élit un président qui s'y oppose). − Négociations pour construire une zone de libre échange des Amériques stagnent devant l'opposition en Am latine et le refus du congrès des EU d'examiner la question avant les élections de 2008. − 2005-2006: l'administration Bush cherche à étendre le libre-échange par le biais de l'OMC.
Un nouvel interventionnisme ?
La guerre contre la drogue
− Production de drogue = alternative à la pauvreté dans certains pays (Colombie, Pérou, Bolivie, Equateur). − « Guerre contre la drogue » menée par les EU dans les zones de production (défoliation des champs de coca dangereuse pour la santé des populations et à l'environnement, incitations financières, présence militaire...)
Un nouvel interventionnisme ?
Activisme militaire
− Processus de remilitarisation de l'Am latine sous direction des EU (pour éviter les débordements sociaux, les pbms avec les Amérindiens, le trafic de drogue...) => création d'organes de sécurité → Cicte (Comité interaméricain contre le terrorisme). − Construction d'une nouvelle forme de contrôle géopolitique du continent latino-américain est en train de se jouer. Contrôle aussi de l'accès aux ressources, du marché, de la main-d'oeuvre... à l'échelle continentale.
une Interdépendance hiérarchisée ?
Consolidation du rapport centre/ périphérie
− Poids des EU considérable d'un point de vue économique et géopolitique → EU = 80% du PIB du continent. − Hégémonie politique, militaire, stratégique des EU sur le reste de l'Amérique. − MAIS volonté de l'Am latine de sortir de la domination américaine => nouvelle relation triangulaire entre EU-Am latine-UE. − 4 types de périphéries à l'échelle continentale: 1) périphérie intégrée par les flux économiques et démographiques, par proximité culturelle → Canada 2) périphérie en cours d'intégration par contrat (Alena), par flux de population ou flux économiques... → Mexique... 3) périphérie en position de résistance → Mercosur 4) périphérie en situation d'opposition pour des raisons stratégiques, idéologiques → Cuba, Venezuela...
une Interdépendance hiérarchisée ?
Relation asymétrique
- Bilan positif pour les EU: faibles coûts de production des entreprises américaines installées en Am latine - Compétitivité de l'économie des EU, source de bénéfices: 1) redevances sur les droits d'exploitation (Coca-Cola...) 2) versement des dividendes 3) excédents commerciaux 4) intérêts de la dette.
Frise Chronologique
Depuis les années 1980
Partie 2
Approche thématique
Les enjeux sécuritaires et démocratiques
Relations économiques, développement, politiques migratoires
Acteurs
Citations utiles sur ce sujet
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Après cette page, ce ne sont que des pages ressources/ compléments d'information
LE Plan Condor
Qu'est-ce que c'est ?
Le plan Condor, ou opération Condor, est un système d’échange d’informations et de collaboration entre les polices secrètes des dictatures d’Amérique du Sud pour la traque, l’arrestation voire l’assassinat d’opposants politiques, notamment communistes, dans les années 1970 et 1980. Ces dictatures, pour la plupart militaires, sont idéologiquement de droite et soutenues par les États-Unis. En pleine guerre froide, ceux-ci craignent, par dessus tout, que le communisme s’installe dans les Amériques, continent qu’ils considèrent comme relevant de leur seule sphère d’influence (prétention formalisée par la « Doctrine Monroe » en 1823). Le renversement en 1959 du dictateur cubain Batista, pro-américain, par la guérilla de Fidel Castro (dirigeant Cuba jusqu’en 2008), qui installe un régime pro-communiste à 170 km des côtes américaines, a été vécue comme un traumatisme par l’administration américaine. Les États-Unis, sous l’influence du diplomate et secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères) Henry Kissinger (né en 1923), et la CIA soutiennent ainsi le renversement de fragiles régimes démocratiques par des dictatures militaires (voire le coup d’État de 11 septembre 1973 au Chili par exemple), et appuient leurs systèmes de renseignement. La lutte se concentre contre la « subversion», c’est-à-dire sur l’idéologie communiste. Plusieurs guérillas marxistes se sont développées sur le continent (le Front sandiniste de libération nationale au Nicaragua, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, le Sentier lumineux au Pérou, etc), même si elles subissent, dans les années 1970, un reflux. Ainsi, le 26 novembre 1975, des représentants des services de sécurité de l’Uruguay, de l’Argentine, du Paraguay et de la Bolivie se réunissent à Santiago du Chili, à l’initiative du dictateur de ce pays, le général Augusto Pinochet (de 1973 à 1990), et du chef de la police politique chilienne, la DINA, le colonel Contreras. Le Pérou et l’Équateur rejoignent le système en 1978.
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LE Plan Condor
Système de fonctionnement
Ils décident de l’organisation d’un réseau pour le renseignement national, la coordination d’informations, la mutualisation de la traque des opposants et pour l’échange de prisonniers. Une banque de données est mise en place, avec des archives centralisées contenant les antécédents des personnes traquées. Les polices utilisent des moyens de communication modernes, comme le télex, la cryptologie, les téléphones avec inverseurs de voix. Un présidence rotative est mise en place, avec un siège permanent et un secrétariat. Condor se divise en trois phases : • La phase 1 : renseignement et coordination pour la collection et l’échange d’informations. • La phase 2 : opérations limitées et attaques d’opposants présents sur le territoire des pays appartenant au système Condor. • La phase 3 : surveillance en vue de l’assassinat d’opposants présents sur le territoire de pays étrangers au plan Condor, notamment les États-Unis, la France et l’Italie.
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LE Plan Condor
Bilan
• Les polices politiques des pays du plan Condor n’hésitent pas à avoir recours à des méthodes terroristes : prisons clandestines (comme l’Automotores Orletti à Buenos Aires), torture et assassinat, parfois collectif. Ils ont parfois recours à des groupes paramilitaires et terroristes, comme l’organisation Triple-A en Argentine.• L’appui américain se manifeste, notamment, par l’envoi d’un émissaire du FBI auprès de Condor, l’attaché à l’ambassade de Buenos Aires, Robert Scherrer. Condor doit en outre beaucoup à l’armée française, forte de son expérience de la guerre irrégulière en Algérie (voir le livre et le documentaire de Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’école française). Les services de renseignements allemands collaborent aussi avec Condor pour aider à l’espionnage des opposants. • Cependant, les opérations de phase 3, qui mettaient en péril les relations diplomatiques des pays membres du plan Condor avec les pays touchés, sont abandonnées à partir de décembre 1976. En effet, certains assassinats suscitent une émotion internationale, comme celui du militaire chilien légaliste Carlos Prats le 30 septembre 1974 à Buenos Aires, l’attentat raté contre l’opposant chilien Bernardo Leighton le 6 octobre 1975 à Rome (avec le soutien de la CIA), ou l’explosion près de la Maison blanche de la voiture d’Orlando Letellier, ancien ambassadeur du Chili à Washington, le 21 septembre 1976. Le scandale entraîné par ce dernier assassinat entraîne la dissolution de la DINA et la destitution de Contreras. • Le plan Condor aurait fait, dans le cadre de la « guerre sale», la campagne de répression en Amérique latine des années 1960 à 1980, des dizaines de milliers de morts et disparus. Les mécanismes de ce plan furent révélés à la fin de la dictature paraguayenne grâce au travail de l’ancien détenu politique Marin Almeda : il a découvert l’existence à Asunción de 700 000 documents, soit 4 tonnes d’archives, contenant notamment 574 dossiers sur les partis politiques, 1888 passeports et cartes d’identités, 115 volumes de rapports de police, etc. (Les services de sécurité paraguayens dans le système Condor, 1974-1982).
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