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Analyse de Germinal

adeline.marliere

Created on May 31, 2023

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Transcript

Analyse de

Germinal

Emile Zola

index

1. Axe 1: Le genre

2. Axe 2: Le contexte politique et historique

3. Axe 3: Idéologie

4. Axe 4: Structure du roman

Axe 1: le genre

1. Le roman naturaliste

Enquête sur le terrain et utilisation des documents

  • Le romancier naturaliste assigne au roman un rôle documentaire :
--> Zola s’appuiera donc sur de nombreuses observations, dont il nourrira son imaginaire. --> Avant d’écrire Germinal, il a constitué un dossier préparatoire comportant 962 feuillets emplis de notes de lecture, d’informations diverses sur la mine : il y a amassé tout ce qu’il a lu, vu ou entendu.
      • Exemple: « mes notes sur Anzin » --> il emmagasine des sensations et des visions qui nourrissent son imagination.
  • Ses sources livresques sont nombreuses. Elles ont trait :
      • À la géographie et à la géologie du Bassin minier (disposition des couches de terrain et des veines du charbon),
      • Au mode de vie des ouvriers (mode de calcul des salaires, maladies des mineurs…),
      • À leur condition de travail (nom et nature de chaque spécialité…),
      • A l’économie politique (rythme de production et de consommation de la houille),
      • A l’histoire du socialisme et du syndicalisme entre 1860 et 1880. Il a lu des récits d’accidents, consulté la Gazette des Tribunaux, où il a trouvé des récits de grèves publiés dans les comptes rendus d’audience des procès intentés aux responsables syndicaux.

Influence de l'hérédité

  • L’hérédité détermine les comportements.
    • Etienne est « le dernier enfant d’une race d’ivrognes, qui souffrait dans sa chair de toute cette ascendance trempée et détraquée d’alcool » (I,4).
    • Le roman est jalonné d’allusions au « mal héréditaire » : Etienne est assailli par le besoin de tuer sous l’effet de l’alcool ou de la colère.
      • Il le dit à Catherine « quand je bois, cela me rend fou, je me mangerais et je mangerais les autres » (I, 4). Lors de l’émeute (Ve partie), il boit du genièvre et l’on voit « saillir des dents de loup (V, 4).
      • Quand il se bat avec Chaval, « il luttait contre le mal héréditaire », pris d’ »une brusque folie du meurtre, un besoin de gouter au sang ».
      • Il réussit à se maitriser, et résiste à la tentation de tuer jusqu’à la fin où « en dehors de sa volonté, sous la poussée de la lésion héréditaire », il tue Chaval au fond de la mine : « le besoin de tuer le prenait […] un besoin physique » (VII,5).

Influence du milieu

  • Les enfants subissent particulièrement le poids du déterminisme.
    • Le personnage de Jeanlin est emblématique des ravages que peuvent causer le milieu et l’hérédité : la misère, la révolte et la faim ont fait de cet enfant le symbole de la dégénérescence, « un avorton humain » (III,5). « Mon petit estropié deviendrait la dégénérescence dernière, chétif, maigre et victime du travail avec son accident. Il résumerait les vices fatals, le produit du salariat sous terre » écrit Zola dans « l’Ebauche ».
    • Le physique de Jeanlin, son comportement sont proches de l’animal : il a un « museau de singe, aux oreilles écartées, aux petits yeux verdâtres » (VI,7). Toujours prêt à faire le mal, il rôde tel une « bête de proie » (IV,7) et va jusqu’à tuer le petit soldat breton sautant sur ses épaules « comme un chat sauvage » et s’agrippant de ses « griffes ».
    • La mine est un monstre, elle ne peut enfanter que des monstres.

Axe 1: le genre

2. Le roman engagé

Axe 1: le genre

3. Le roman d'apprentissage

Roman d'apprentissage

  • Etienne Lantier, né en 1846, fils de Gervaise Macquart et d'Auguste Lantier, a été marqué par son hérédité alcoolique. Cette hérédité réveille en lui une rage de tuer dangereuse.
  • Malgré son besoin inassouvi d'amour avec Catherine, Etienne est un ouvrier consciencieux, et un bon militant révolutionnaire.
  • L'aventure de ce personnage est une formation personnelle : il apprend un métier, il découvre la passion, il se forme comme un militant ouvrier et symbolise la prise de conscience de toute une classe, la classe ouvrière.
--> Il fait de Germinal un roman d'apprentissage.

Axe 1: le genre

4. Différents registres

Les registres littéraires: rappel

Un registre littéraire est défini par l’effet produit par le texte sur le lecteur, effet souvent recherché par l’auteur (registre comique, satirique, tragique, fantastique, épique…)

a. Registre réaliste

Effet de réel

  • Transcription « fidèle » de la réalité.
    • Ce souci de vérité s’applique aux personnages (caractères, motivations, registre de langue...) comme au cadre spatio-temporel (description des lieux, contexte historique, vocabulaire technique …)
      • Espace : Zola évoque la vie au coron avec réalisme. Nord-ouest de la France à Montsou (ville imaginaire) près de Lille. Le lieu principal est la mine et le coron où vivent les mineurs (saleté, promiscuité><luxe et confort des bourgeois)
      • Temps : L’action commence une nuit de mars 1865 et s’achève un matin d’avril 1866 (13 mois). Le roman s’ouvre avec l’arrivée d’Etienne et se ferme avec son départ.
      • Saisons : Printemps: début et fin du récit (cyclique) / Eté : bref, fête, création de la caisse commune / Hiver: grève.
  • Il introduit des « petits faits vrais », comme il le dit lui-même, qu’il a noté au cours de ses visites :
    • description du coron, avec son église, ses « maisons quatre par quatre, entourées de leur jardin » où poussent des poireaux et de l’oseille,
    • description des plats dont se nourrissent les mineurs (la soupe, « le fromage de cochon » (II,3), le lapin, les jours des fêtes et des distractions)
    • description de la toilette après le travail,
    • description de la fête de la ducasse avec ses concours de pinson,…

a. Registre réaliste

  • L’écrivain accorde un soin particulier à l’évocation des odeurs, et un des aspects les plus originaux de Germinal est sans doute la précision des notations olfactives.
    • Chaque moment, chaque lieu à ses odeurs spécifiques :
      • chez les Maheu, au petit matin, « une odeur d’oignon cuit, enfermé depuis la veille, empoisonnait l’air chaud, cet air alourdi toujours chargé d’une âcreté de houille » (I,2) ;
      • à la Piolaine règne au contraire « une bonne odeur de brioche chaude » ;
      • chez les Levaque, « une puanteur de ménage mal tenu prenait à la gorge » (II,3).
  • Dans un souci d’authenticité, Zola accorde de l’importance à certains détails :
    • un chien qui aboie derrière une haie, un chat qui fuit juste avant la mort du Voreux (V,3).

b. Registre épique

rappel

  • Le mot épique provient de « épopée ». Ce terme désigne un long poème qui célèbre les exploits d’un héros.
  • Le caractère épique d’un texte repose souvent sur l’amplification qui peut aller jusqu’au merveilleux, et sur la dimension symbolique de certains éléments du récit.
  • NB : Quelques procédés d’écriture du registre épique :
    • Les figures d’amplification (énumération, gradation, hyperbole), de répétition (anaphore) et les figures d’analogie permettent de renforcer le propos;
    • Champs lexicaux de l’héroïsme : le style épique fait naître l’admiration chez le lecteur,
    • Superlatifs et adverbes d’intensité (le plus, très, beaucoup, etc.),
    • Phrases longues,
    • Nombreux pluriels, etc.

b. Registre épique

Dans Germinal, les choses deviennent parfois vivantes, des forces s’affrontent, laissant l’homme impuissant.

1. Métaphore de la machine dévorante 2. Les 4 éléments (terre, air, feu, eau) 3. Références mythiques (Minotaure, les Enfers,...)

Métaphore de la machine dévorante

Métaphore de la machine dévorante

  • La métaphore assimilant la machine à un monstre est récurrente dans le roman.
      • Lecture extrait pp.51-52 (+page 60 fin chapitre 1)
    • Dès le premier chapitre, la fosse du Voreux apparaît à Etienne comme ayant « un air mauvais de bête goulue, accroupie là pour manger le monde » (I,1).
      • Il voit en elle « deux yeux jaunes, énormes » qui «trouèrent les ténèbres » (I,3).
      • Sa respiration se fait lancinante et rythme l’ensemble du roman : « cette respiration grosse et longue, soufflant sans relâche, qui était comme l’haleine engorgée du monstre » (I,1).

Métaphore de la machine dévorante

      • Lecture extrait pp.72-74
  • La mine est caractérisée par sa voracité, comme son nom l’indique : le Voreux.
      • Il est question de sa gueule « gloutonne » (I,3), de son coup de gosier ».
      • Les mineurs sont de la nourriture : « le puits avalait des hommes par bouchées de vingt ou de trente » (p.73, I,3).
      • Le narrateur fait également allusion aux « boyaux géant » de la machine, « capable de digérer un peuple » (I,3), à sa « digestion » souvent « pénible de chair humaine » (I,3).
      • La mine anthropophage renvoie à la figure de l’ogre dans les contes et est ainsi liée aux terreurs de la petite enfance.
  • Lorsque Souvarine détruit le Voreux, la machine, telle une créature vivante a un dernier sursaut de vie, elle lutte contre la mort et, dans une terrible agonie, s’effondre, engloutie par la terre, comme si la fosse se dévorait elle-même.

Les 4 éléments

Les quatre éléments s’acharnent sur les hommes au point de provoquer leur mort.

La terre

  • La terre est le milieu naturel des mineurs, et ils évoluent en son sein, ressentent sa pesanteur écrasante.
  • L’image de l’écrasement et de l’étouffement est récurrente : « et à mesure qu’on avançait, la galerie devenait plus étroite, plus basse, inégale de toit, forçant les échines à se plier sans cesse ».
  • La terre est meurtrière.
    • Un éboulement emporte Chicot et mutile Jeanlin.
    • Lorsque la mine est inondée, la terre devient une force hostile qui s’acharne sur Bataille, le cheval, comme pour le garroter.

Le feu

  • Le feu, la menace de l’incendie, de l’explosion, est un danger constant pour les mineurs.
    • Catherine, dès l’arrivée d’Etienne dans la mine, lui fait entendre un petit bruit pareil à un sifflement d’oiseau et le met en garde contre le grisou.
    • L’explosion a lieu au chapitre 4 de la 7e partie lorsque Zacharie, creusant pour sauver Catherine, allume sa lampe. Zacharie meurt, calciné, avec d’autres ouvriers.

L'eau

  • L’eau est particulièrement destructrice.
    • Dans l’ensemble du roman, la peur d’inondation accompagne celle de l’incendie.
    • A la fin, l’eau triomphe des hommes, des animaux et de la machine elle-même.
    • Catherine et Etienne tentent désespérément de lui échapper.
    • L’agonie de Bataille est longuement décrite.
    • Enfin, l’eau a raison de la machine. Ainsi meurt le Voreux : noyé.

L'air

  • Le quatrième élément, l’air, est également hostile.
  • Germinal est un roman de l’hiver et du froid.
      • Dès son arrivée, Etienne sent les rafales glacées du « vent de mars ».
      • La grève a lieu en hiver et le froid est un véritable ennemi.

Les références mythiques

Germinal évoque de nombreux mythes (le minotaure, l’Enfer…). Zola confère ainsi au roman une tonalité épique.

Le mythe du labyrinthe et du Minotaure

  • La mine est un véritable labyrinthe de galeries obscures.
  • La métaphore de la mine labyrinthe est récurrente dans l’ensemble du roman et renvoie au mythe du Minotaure.
    • Dédale avait construit un labyrinthe pour enfermer le Minotaure, monstre mi-homme mi-taureau, qui dévorait chaque année sept jeunes gens et sept jeunes filles.
  • La mine labyrinthe devient sous la plume de Zola le repaire du monstre Voreux, qui se nourrit de chair humaine :
      • « le puits dévorateur avait avalé sa ration quotidienne d’hommes, près de 700 ouvriers » (I,3).

Le mythe des Enfers et de ses supplices

  • La première descente d’Etienne dans la mine est assimilée à une descente en Enfer (I,5).
  • La mine évoque l’enfer aussi bien païen que chrétien, par sa situation, dans les profondeurs de la terre, par l’obscurité et la chaleur qui y règnent et par le supplice qu’y vivent quotidiennement les mineurs soumis à des tâches inhumaines.
  • L’air y est mort, les bruits sont sans échos,..

Le mythe des Enfers et de ses supplices

  • La mine, comme l’enfer, est un lieu de supplice où l’on est aplati entre les roches « couché sur le flanc, le cou tordu, se trainant des genoux et des coudes, ne pouvant se retourner sans se meurtrir les épaules » (I,4).
  • C’est un lieu de mort et d’ensevelissement : l’homme est soumis aux éboulements, aux inondation, aux coups des grisou.

Le mythe des Enfers et de ses supplices

  • C’est un lieu de damnation, telles sont du moins les croyances véhiculées par la légende du Tartaret.
      • Le Tartaret (dont le nom rappelle le Tartare, désignant dans la mythologie grecque le lieu des tortures et des supplices) est une lande inculte sous laquelle brûlait depuis des siècles une mine de houille incendiée et qui était, selon une croyance populaire le lieu de torture des « âmes criminelles ».
  • Les mineurs apparaissent ainsi comme des damnés mais des damnés innocents, soumis à un supplice éternel.

Axe 2: le contexte politique et historique

a. L'agitation sociale

  • Dans Germinal, c'est l'ouvrier insurgé que veut représenter Zola, celui qui se mobilise contre les injustices dont il est l'objet.
  • De très nombreux conflits ont éclaté dans les mines, en cette deuxième moitié du XIXe siècle.

b. Les évolutions politiques

  • En parallèle aux bouleversements sociologiques liés à la révolution industrielle, et à l'avènement du capitalisme, de nouvelles théories économiques et politiques sont apparues.
  • C'est en 1864 à Londres que Karl Marx rédige Le Manifeste communiste et la fondation de l'Association Internationale des Travailleurs.
  • L'opposition au capitalisme est représentée en France par divers courants idéologiques et Zola s'en est beaucoup inspiré pour les arguments que ses personnages développent au cours de leurs discussions politiques : les débats entre Étienne, Rasseneur et Souvarine.

b. Les évolutions politiques

  • On peut résumer ainsi les diverses tendances dans la gauche française, à partir de 1850 :
    • Deux courants idéologiques s'opposent principalement: le courant socialiste inspiré par Marx et le courant anarchiste
    • Le courant socialiste lui-même s'est scindé en deux organisations distinctes à partir de 1881-1882 :
      • Le Parti ouvrier, centraliste, collectiviste, intransigeant et autoritaire (tendance incarnée par Étienne dans le roman)
      • et La Fédération des Travailleurs socialistes, parti plus fédéraliste et évolutionniste qui veut représenter la politique du possible (tendance incarnée par Rasseneur).
    • Le mouvement anarchiste (représenté par Souvarine) s'est surtout illustré en cette fin de XIXe siècle par de nombreux attentats.

c. La transposition romanesque.

  • On l'a vu, Zola a nettement inscrit son roman dans l'actualité politique et sociale de l'époque. Mais quelle époque?
    • Celle de 1884, au moment où il est en train d'écrire, ou celle de 1866, au moment où est censée se dérouler l'action?
  • Toute la documentation dont il dispose, toutes les notes qu'il a accumulées au fil de ses enquêtes sont postérieures de près de vingt ans à l'intrigue de son roman. Aussi les risques d'anachronismes sont-ils évidents.
  • En fait, le problème de l'exactitude historique se pose surtout en ce qui concerne les débats idéologiques des personnages.
  • Cependant, ces légers décalages historiques paraissent bien secondaires au regard du fantastique éclairage que le roman projette sur les conditions de travail des mineurs et sur toute l'histoire du mouvement ouvrier en cette deuxième moitié du XIXe siècle.

Axe 3: l'idéologie

Roman engagé

  • Germinal est un roman engagé parce qu'il défend une cause : il prend parti pour que changent les conditions de vie des mineurs qu'il décrit. Roman de la lutte des classes et de la révolte sociale, Germinal est un vibrant plaidoyer en faveur des déshérités et des exploités.
  • Le roman décrit un moment de l’histoire économique et sociale du XIXe siècle. Il prend pour toile de fond le monde du travail et l’évolution de la société industrielle avec l’apparition du machinisme. Il évoque une étape du mouvement ouvrier : l’époque où les syndicats se constituent, où éclatent des grèves spontanées, où nait la conscience de classe.
  • Le roman peut se lire comme un manifeste socialiste : la peinture des mineurs opprimés, de leurs conditions de vie misérable, contraste avec le monde bourgeois, enfermé dans son mépris et son indifférence.
  • Le roman prône en fait un message de vérité et de justice et a fortement contribué à la prise de conscience de la nécessité d’une transformation sociale.

Axe 4: structure du roman

Le titre

Coup de Pioche, La Maison craque, Le grain qui germe, L’Orage qui monte, Le sang qui germe, Maison rouge, Le feu qui couve, Le sol qui brûle, Le Feu souterrain

Le titre

  • Zola avait songé successivement à Coup de Pioche, La Maison craque, Le grain qui germe, L’Orage qui monte, Le sang qui germe, Maison rouge, Le feu qui couve, Le sol qui brûle, Le Feu souterrain.
  • Puis, Germinal s’imposa :
« Je cherchais un titre exprimant la poussée d’hommes nouveaux, l’effort que les travailleurs font, même inconsciemment, pour se dégager des ténèbres si durement laborieuses où ils s’agitent encore. Et c’est un jour, par hasard, que le mot germinal m’est venu aux lèvres. Je n’en voulais pas d’abord, le trouvant trop mystique, trop symbolique, mais il représentait ce que je cherchais, un avril révolutionnaire, une envolée de la société caduque dans le printemps [..] S’il reste obscur pour certains lecteurs, il est devenu pour moi comme un coup de soleil qui éclaire toute l’œuvre ».

Le titre

  • Le mot a une résonance historique et révolutionnaire :
    • Germinal était le mois d’avril dans le calendrier révolutionnaire.
      • C’est le 12 germinal an III (1er avril 1795) que le peuple affamé envahit la Convention pour réclamer du pain.
    • Le mot symbolisant la faim et le révolte inscrit le roman dans le grand mythe de la Révolution.

Le calendrier républicain

NB : Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, fut créé pendant la Révolution française, et fut utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Ce calendrier marque la volonté des révolutionnaires d'adopter un système universel s’appuyant sur le système décimal, qui ne soit plus lié à la monarchie ou au christianisme, en remplacement du calendrier grégorien Outre le changement d'ère (renumérotation des années), il comprend un nouveau découpage de l'année, et de nouveaux noms pour les mois et les jours.

Le titre

  • La métaphore devient comme un leitmotiv.
  • Elle apparait pour la première fois au début de la troisième partie avec la venue du printemps.
    • Etienne contemple l’ondulation des épis dans lesquels se cachent les couples amoureux :
      • « toute vie germait, jaillissait de cette terre, pendant qu’il geignait sous elle, là-bas, de misère et de fatigue »(p. 189, III,1).
    • A la veillée, alors qu’il converse avec les Maheu, l’image revient
      • « A présent, le mineur s’éveillait au fond, germait dans la terre ainsi qu’une vraie graine ; et l’on verrait un matin ce qu’il pousserait des hommes, une armée d’hommes qui rétabliraient la jusrtice » (pp219-220, III,3) ; « une société nouvelle poussait en un jour »

Le sens de la métaphore

  • Mais c’est le dernier chapitre, et surtout la dernière phrase qui fournit l’explication la plus claire de la métaphore.
    • Certes, les mineurs sont retournés au travail.
    • Mais l’envie, sourde et silencieux, de reprendre la lutte est bien présente en eux.
  • La métaphore de la germination connote la violence.
  • Elle renvoie au mythe antique des Spartoï.
  • Les révolutionnaires naitront de la terre, comme issus des dents du monstre Voreux, pour rétablir la justice.
  • Zola présente le peuple comme une force souterraine, dont le narrateur prédit l’avènement prochain et qui fera « bientôt éclater la terre ».

Le sens de la métaphore

  • Les dernières pages du roman font entrevoir la promesse d’un monde juste, et présentent les transformations sociales comme inéluctables :
      • un monde est ébranlé, un autre est en germe ; la marche de l’Histoire et des idées dépasse la volonté et le pouvoir des hommes.
  • La violence n’est pas exclue et le narrateur ne peut que désapprouver et espérer une révolution pacifique.

Excipit

Incipit

la structure du roman

  • Une construction dramatique
  • Une double intrigue

Une construction dramatique

  • Le roman est constitué de sept parties comportant chacune 5 à 7 chapitres.
  • Sa structure repose sur un schéma narratif traditionnel : une situation initiale, une transformation, des péripéties, un dénouement, une situation finale.
    • Les trois premières parties présentent la situation initiale, déjà problématique (avec l’arrivée d’Etienne et la description des conditions de vie des mineurs) et la transformation (baisse des salaires, mécontentement croissant).
    • Les quatrième et cinquième parties constituent l’action (la grève) qui progresse jusqu’à atteindre un paroxysme (violences de la cinquième partie).
    • Les sixième et septième parties constituent le dénouement (l’échec de la grève et la destruction du Voreux),
    • tandis que les dernières pages présentent la situation finale (les mineurs ont repris le travail, Etienne quitte Montsou).

Une construction dramatique

  • Malgré l’échec de la grève, le mécanisme de transformation (d’une situation initiale en une situation finale) qui structure tout le récit a fonctionné.
    • La fin du roman laisse présager que plus rien ne sera comme avant.
    • Les germes de révolte et d’espoir qu’Etienne a semé seront un jour récoltés.

Une double intrigue

  • Le roman est également sous-tendu par une double intrigue :
    • Une intrigue sentimentale (un drame d’amour et de jalousie)
    • Une intrigue sociale (l’histoire d’une grève).
  • Les fils des deux intrigues se croisent à travers les personnages :
      • la rivalité d’Etienne et de Chaval se développe sur les deux plans, et leur haine personnelle dicte souvent leur attitude de militants.
      • Le roman conserve ainsi son unité, les deux drames progressant selon la même courbe.

Une double intrigue

  • Les trois premières parties constituent un prélude :
    • peinture de la situation sociale et du travail,
    • prise de conscience par Etienne et Catherine des sentiments qui les rapprochent.
  • Ensuite, les deux drames prennent une forme plus aigüe.
  • Leur progression est marquée par des temps forts, des scènes violentes qui prennent pour décor les mêmes lieux.
  • L’intrigue se dénoue par la mort de Chaval et l’échec d’Etienne.

la technique narrative

Une multiplicité de points de vue

  • Même si, comme dans les romans du XIXe siècle, le narrateur mène la narration selon un point de vue omniscient, l’originalité du roman tient à ce que le narrateur s’efface très souvent derrière son personnage et adopte le point de vue interne.
    • En effet, la plupart du temps, le monde est vu et appréhendé par le regard d’Etienne, et dès la première page, l’omniscience du narrateur est relayée par son regard.
    • La description est faite à travers lui.
      • « un chemin creux s’enfoncait. Tout disparut ». Ce matin-là, Etienne se déplace dans un paysage hostile et fantastique.
      • Par la suite, Etienne revient plusieurs fois à ce même endroit, et le narrateur en profite pour multiplier les points de vue sur ce paysage.

Une multiplicité de points de vue

  • Même si le point de vue d’Etienne est dominant, le narrateur accorde une large part à la subjectivité des autres protagonistes (Maheu, Catherine, le bourgeois, Hennebeau, Souvarine,…)
  • Germinal présente ainsi une multiplicité des points de vue
  • Plusieurs vérités
    • la vérité des mineurs,
    • celle des bourgeois,
      • laissant ainsi au lecteur la liberté de l’interprétation.

les personnages

Les personnages

  • Au total, le roman contient une cinquantaine de personnages, prenant tous part à l’action à des degrés divers.
  • Ils représentent toutes les formes de comportement possibles face à la grève, incarnent toutes les passions humaines.
  • Chacun d’eux est caractérisé par son tempérament, son âge, sa condition.
  • Deux mondes opposés : les mineurs et les bourgeois
      • deux mondes antithétiques et symétriques.

Les personnages

Au total, le roman contient une cinquantaine de personnages, prenant tous part à l’action à des degrés divers. Ils représentent toutes les formes de comportement possibles face à la grève, incarnent toutes les passions humaines. Chacun d’eux est caractérisé par son tempérament, son âge, sa condition. Deux mondes opposés : les mineurs et les bourgeois --> deux mondes antithétiques et symétriques.

Les Mineurs

vs

Les Bourgeois

Les mineurs

Etienne Lantier

Chaval

  • Origine et portrait physique
  • Hérédité chargée
  • Le parcours amoureux
  • Le parcours politique
  • « Un grand maigre de 25ans, osseux (III,1).
  • Il s’approprie Catherine, par un baiser brutal, sous le regard d’Etienne et les deux hommes ne cesseront dès ce moment-là, de s’opposer.
  • Ambitieux avant tout, il n’agit qu’en fonction de ses intérêts
  • Il dénonce aux gendarmes ses camarades grévistes, devenus émeutiers.
  • Une dernière altercation avec Etienne, lui sera fatale, au fond de la mine inondée.

Les Levaque

Le père Levaque est un homme brutal, et peu intelligent (il embrouille tout chez les Hennebeau, lors de la réunion des délégués) tandis que la mère se fait remarquer par sa saleté.

La levaque

Jérôme levaque

  • Sale, « affreuse, usée, la gorge sur le ventre et le ventre sur les cuisses » (III,2), elle est la maitresse de leur logeur Bouteloup.
  • Coureur, buveur, il bat sa femme.

Bébert

Philomène levaque

  • leur fils, gros garçon naïf, 12ans. Il s’est pris d’affection pour Lydie Pierron, mais celle-ci est sous la coupe de Jeanlin qui joue au chef de bande.
  • leur fille ainée, « mince, pâle, d’une figure moutonnière de fille crachant le sang » (VI,1), est la maitresse de Zacharie dont elle a deux enfants.

Bouteloup

  • gros garçon brun de 35ans, loge chez les Levaque et est l’amant de la Levaque.

Les Pierron

Ils apparaissent hypocrites et ambitieux. Pierron facilite les relations de sa femme pour être bien considéré par la direction. La mère de la Pierronne est La Brûlé, décrite comme une "vieille sorcière".

François

La pieronne

  • est veuf et père de Lydie. Marié à la Pieronne, il ferme les yeux, par intérêt, sur les infidélités de sa femme avec Dansaert (maître-porion)
  • « elle passait pour la plus jolie femme du coron, brune, le front bas, les yeux grands, la bouche étroite, et coquette avec ça ». Elle est la maitresse de Dansaert, ce dont elle tire les avantages.

Lydie

La brûlé

  • une « galopine » qui en sait déjà long sur la vie. Elle est soumise à Jeanlin, devant qui elle éprouve « une peur et une tendresse de petite femme battue ».
  • surnom donné à la mère de la Pierronne, vieille femme à l’allure de sorcière.

Les Maheu

A l'opposé des autres familles, les Maheu ont peu de défauts. Ils sont travailleurs, courageux et pleins de bon sens. Ils apparaissent à côté d'Étienne Lantier comme les héros positifs du roman.

Toussaint Maheu

Vincent Maheu

  • Bon ouvrier, consciencieux, qui travaille dans les difficiles conditions de la mine (sous une température de 35 degrés, couché sur le flanc, dans un espace réduit, sans air,…
  • brisé de fatigue, il se laisse progressivement gagner par la colère et suit Etienne.
  • dit Bonnemort (surnommé ainsi parce qu’il a survécu à trois accidents dans la mine). Il travaille au Voreux depuis l’âge de 8ans.
  • Son aspect physique est inquiétant (« il a une grosse tête, aux cheveux blancs et rares, à la face plate, d’une pâleur livide, maculée de taches bleuâtres »).
    • Il est atteint d’une maladie grave, la silicose [maladie des poumons des mineurs due à la poussière de charbon], qui touche les ouvriers des mines (Bonnemort ne cesse de tousser et de cracher).
    • Il figure les ravages que la mine peut exercer sur l’homme.

La Maheude

  • (de son prénom Constance), épouse de Toussaint Maheu.
  • D’abord hostile à la grève, elle se laisse aller à espérer en un monde meilleur.
  • Elle prend la tête du cortège des grévistes, et pousse son mari à jeter des briques aux soldats qui gardent la fosse.

Les Maheu

Catherine

Zacharie

  • est une jeune fille fluette aux cheveux roux.
  • Teint blême, yeux verdâtres ; Courageuse, elle se lève à 4h du matin pour préparer le maigre déjeuner de la famille.
  • Arrivée à la mine, elle pousse sa berline dont le poids atteint 700kg.
  • Elle est la maitresse de Chaval qui la brutalise, mais à qui elle reste fidèle.
  • Attirée par Etienne, elle repousse son amour pour lui.
  • « maigre, dégingandé, la figure longue, salie de quelques rares poils de barbe, avec des cheveux jaunes et la pâleur anémique de toute la famille ».
  • Il périt brulé dans un coup de grisou.

Jeanlin

Alzire

  • petit, aux membres grêles, il a une face de « singe blafard et crépu », des yeux verts, de larges oreilles.
  • Malicieux, rusé, brutal, c’est un « brigand d’enfant », toujours à la recherche de ce qu’il pourrait faire de mal.
  • Victime d’un éboulement dans la mine, il conserve ses jambes mais il reste boiteux.
  • Souvent caractérisé par des métaphores animales (singe, fouine, canard, chat sauvage), Jeanlin représente l’enfance dégénérée, produit de la misère.
  • petite infirme bossue, 9ans.
  • D’une intelligence précoce, elle aide sa mère et s’occupe de ses petits frères et sœurs.
  • Elle meurt de faim et de froid.

Les mineurs

  • La misère matérielle est un thème récurrent.
    • Du début à la fin, le problème des mineurs et de la famille Maheu en particulier est celui de trouver de quoi manger et l'obsession de la nourriture devient de plus en plus grande à mesure que la grève se prolonge.
    • Les ouvriers sont souvent appelés par les bourgeois comme par le narrateur des "meurt-de-faim".
  • Le narrateur a su ménager des parallélismes entre le lever chez les Maheu dans l'intérieur rudimentaire d'une maison de coron et celui de la famille Grégoire (en particulier en soulignant la différence entre le sort de Catherine et celui de Cécile).
    • La description des intérieurs bourgeois confortables, voire cossus (salon des Grégoire, salle à manger des Hennebeau) donne à voir l'inégalité criante des situations.

Les Bourgeois

Les Hennebeau

Mme Hennebeau

  • femme du directeur.
  • Blonde, sensuelle, elle s’ennuie avec ce mari qu’elle méprise et qui ne gagne pas suffisamment d’argent.
  • C'est certainement elle qui apparait comme le personnage le plus antipathique.
  • Grande bourgeoise méprisante, elle ne se préoccupe que d'elle-même et lors de la visite du coron vante outrageusement les bienfaits du patronat :"Elle s'indignait de l'ingratitude du peuple".

Philippe Hennebeau

  • Directeur général des mines de Montsou
  • d'origine modeste a gravi les échelons de la société minière et se retrouve "directeur" salarié de la mine de Montsou.
  • Il est ingénieur (École des Mines) et doit surtout son aisance à son riche mariage avec Mme Hennebeau, issue d'une famille d'industriels (filatures d'Arras).
  • Contrairement à Deneulin qui analyse lucidement la situation, Mr Hennebeau apparait souvent dépassé par la situation.
  • Il se préoccupe surtout de ses déboires sentimentaux (Mme Hennebeau le trompe avec Négrel).

Paul Négrel

  • Neveu de M. Hennebeau, 26ans
  • Paul Négrel est un jeune ingénieur ambitieux mais courageux.
  • Comme Deneulin, il est sur le terrain. Républicain, soucieux du mérite, il n'en est pas moins féroce, surtout en paroles

Les Bourgeois

Les Grégoire

Mme Grégoire

Léon grégoire

  • 60ans, rentier.
  • La grève ne l’inquiète pas et pour se donner bonne conscience, il fait quelques aumônes.

Cécile Grégoire

  • fille unique des Grégoire, 18 ans, fiancée à Paul Négrel.
  • Gâtée par ses parents, elle est élevée dans une ignorance heureuse et se plait à faire la charité.
  • Elle ne peut comprendre la détresse des mineurs et la fureur meurtrière, lorsque les femmes en délire se jettent sur elle et lui arrachent ses vêtements.
  • Elle meurt étranglée par Bonnemort.
  • Les Grégoire apparaissent comme des gens aisés et charitables, croyant faire le bien, mais campant sur leurs préjugés. Le père Grégoire est "actionnaire oisif", tandis que Mme Grégoire est une maîtresse de maison aidée de nombreux domestiques. Ce couple assez âgé met tout espoir dans Cécile (18 ans), leur fille qu'ils adorent et qu'ils rêvent de marier à l'ingénieur Négrel.

Les Bourgeois

Les Deneulin

Victor Deneulin

Lucie Deneulin

  • Deneulin est "patron" des mines de Vandamme, Jean-Bart et Gaston-Marie, il personnifie en quelque sorte le capital.
  • Il se heurte frontalement avec les ouvriers (Étienne, III,5 ; avec Chaval, V,1).
  • Par rapport à Hennebeau et à Grégoire, il est seul à avoir conscience des difficultés des mineurs :
    • "Il faudrait produire davantage : autrement, la baisse se porte sur les salaires et l'ouvrier a raison de dire qu'il paie les pots cassés".
  • Mais en même temps, il se montre impitoyable :
    • "Sa pigne d'homme amoureux des gouvernements forts se serrait, de peur de céder à la tentation d'en saisir un apr le col."

Jeanne Deneulin

Les Bourgeois

  • Au total, on voit que les oppositions
    • entre les jeunes femmes
      • Cécile, adulée et inconsciente VS Catherine, exploitée, méprisée, à bout de force mais digne
    • entre les jeunes gens
      • Négrel, actif lucide mais cynique et individualiste VS Étienne, idéaliste et courageux, mettant ses forces intellectuelles au service de la collectivité
    • les femmes d'âge mûr
      • Mme Hennebeau, coquette, égoïste et méprisante VS La Maheude, généreuse, déterminée, s'éveillant à la réflexion sociale
font pencher notre sympathie vers les mineurs.

Les Bourgeois

  • Cependant, ceux-ci ne sont pas tous décrits de façon positive, au contraire :
    • Pierron est traître,
    • Chaval est brutal (nom significatif de sa bestialité),
    • Levaque est borné,
    • les enfants Maheu (notamment Jeanlin) sont porteurs de tares.
  • On voit ici que Zola a modulé sa vision, laissant à des personnages ouvriers secondaires le poids d'une lourde hérédité (selon les principes naturalistes)
MAIS
  • il a fait d'Étienne et de Catherine le couple amoureux unissant des héros courageux et généreux, (tout comme le couple des parents Maheu) grandis par leurs souffrances et leur abnégation.
Mais surtout
  • les mineurs apparaissent comme de vrais personnages de roman et ce mérite sera reconnu par les ouvriers des mines défilant dans le cortège funèbre de Zola au cri de "Germinal !".

Les politiques

Souvarine

Rasseneur

  • Machineur au Voreux, il est logé chez Rasseneur dans la chambre voisine d’Etienne.
  • Né en Russie, d’une famille aristocratique, il s’est laissé emporter par l’action révolutionnaire.
  • Devenu anarchiste, il a quitté son pays et a réussi à se faire engager à Montsou.
  • Il provoque une catastrophe meurtrière : en pleine nuit, il sabote le cuvelage de la fosse qui retient les masses d’eau 🡪le Voreux s’écroule.
  • Cabaretier, il tient avec sa femme le débit de boisson du nom de l’Avantage, à la sortie du Voreux.
  • Devenu le chef des mécontents, il défend des idées modérées.

L'espace et le temps

Le traitement du temops

1. Le rythme de la narration

  • Etudier le rythme de la narration, c’est établir le rapport entre le temps de la fiction (temps de l’histoire racontée), évalué en heures, jours, mois, années, et le temps mis à le raconter (temps de la narration), évalué en nombre de pages ou de lignes.

Le traitement du temops

1. Le rythme de la narration

  • Le roman se déroule sur une durée de 14 mois.
  • Dans Germinal, les scènes et les sommaires alternent de façon significative, ce qui confère au roman un
« tempo» caractéristique.

Le traitement du temops

2. l'ordre de la narration

  • Dans Germinal, l’ordre de la narration ne respecte pas toujours l’ordre chronologique des évènements : le narrateur multiplie les retours en arrière.
  • Ces retours en arrière permettent
      • de donner au lecteur des informations sur des évènements ou des faits antérieurs à l’histoire
      • de mener des récits parallèles et de reconstituer la simultanéité du récit.

Le traitement du temops

3. le cycle des heures

  • Germinal est un roman du temps qui passe.
    • La vie au Coron ou au fond de la mine, les différentes phases de la grève sont rythmées par l’horloge de l’église, le coucou des Maheu, la position du soleil ou de la lune.
    • Les heures du jour s’égrènent, chacune avec ses bruits, comme pour marquer la répétitivité d’une vie réglée par le travail :
      • « Le coucou, en bas, sonna six heures. On entendit, le long des façades du coron, des bruits de portes, puis des claquements de sabots, sur le pavé des trottoirs : c’étaient les cribleuses qui s’en allaient à la fosse » (II,2).

Le traitement du temops

3. le cycle des heures

  • La nuit prédomine sur le jour :
    • sur 40 chapitres,
      • 30 se déroulent dans l’obscurité
--> 6 au fond de la mine, 24 la nuit ou au crépuscule.
  • Les scènes les plus tragiques se produisent dans l’obscurité, comme si les forces du mal étaient associées à la couleur noire :
    • il n’y a plus de pétrole pour éclairer la pièce lorsque meurt Alzire,
    • Jeanlin tue le petit soldat breton en pleine nuit,
    • Etienne tue Chaval dans l’obscurité souterraine de la mine.

Le traitement du temops

4. le cycle des saisons

  • Toutes les saisons ne sont pas également représentées :
    • les 4/5e du roman se situent en hiver.
      • En effet, par le jeu des ellipses et des sommaires le narrateur passe sous silence ou condense en nombre de pages l’évocation du printemps et de l’été, tandis que l’hiver constitue la toile de fond de la quasi-totalité des scènes, l’hiver de la boue, l’hiver de la terre gelée.
  • Germinal est un roman du froid et des éclairages hivernaux.
    • Les 2 premières parties sont marquées par le froid
    • La 3e partie condense les mois de printemps et d’été dans les deux premiers chapitres
    • La 4e, la 5e et la 6e partie ont pour cadre l’hiver
    • Les 5 premiers chapitres de la 7e partie se déroulent encore en hiver, seul le dernier chapitre est éclairé par le soleil d’avril
      • "en plein ciel, le soleil d’avril rayonnait dans sa gloire", VII,6

Le traitement de l'espace

1. Le choix du site

  • Dans les premières pages, le roman est ancré dans une réalité géographique précise :
    • Etienne vient de Lille et se trouve sur la route de Marchiennes.
    • Située dans le nord de la France, la ville de Marchiennes se trouve à environ 35km de Lille.
  • Zola puise ainsi dans le pays minier, les éléments qui lui permettent de construire l’espace romanesque de Germinal.
      • Il imagine la fosse du Voreux,
      • crée la ville de Montsou ,
      • fait passer la Scarpe tout près du Voreux, afin de rendre possible le débordement de la rivière et l’inondation de la fosse.

Le traitement de l'espace

1. Le choix du site

  • Zola a dessiné le plan du site de Germinal et l’action du roman reste cantonné à un cercle de quelques kilomètres, dont le Voreux représente le centre.
  • Le site n’est décrit qu’à travers les allées et venues des personnages qui l’arpentent.
  • Le paysage est ainsi appréhendé selon des points de vue différents. (cfr. Focalisations).

Le traitement de l'espace

2. l'espace des mineurs et l'espace des bourgeois

  • Zola oppose l’espace des mineurs, espace du dessous et l’espace des bourgeois, espace du dessus.
  • Dans la mine, le mineur est le maître :
    • il s’y déplace comme une fourmi dans une « fourmilière », connait la moindre galerie, le moindre soubassement, repère les alertes au grisou.
  • De la mine, il se rend au coron, espace géométrique, quadrillé par de petites maisons de briques rouges toutes semblables, exigües.

Le traitement de l'espace

2. l'espace des mineurs et l'espace des bourgeois

  • Le logis des Maheu (évoqué dans le chapitre 2 de la première partie) représente la maison type du mineur:
    • une chambre en haut ou l’on dort à 6, une salle commune en bas.
    • L’ameublement est sommaire : un buffet de sapin, une table, des chaises.
  • La maison des Grégoire, la Piolaine (décrite en II,1), et celle des Hennebeau (IV, 1) contrastent violemment avec celle des Maheu.
    • Ainsi, la Piolaine est caractérisée par de vastes espaces, sa verdure et son confort.

Le traitement de l'espace

2. l'espace des mineurs et l'espace des bourgeois

  • L’espace devient l’emblème et le symbole de la lutte des classes.
  • Le paysage minier, que Zola associe à la couleur noire, symbolise la mort.
  • Face à l’espace noir et terne des mineurs, l’espace blanc et coloré des bourgeois.
  • A chaque espace est associé une sensation :
    • il y a l’espace où l’on a froid VS l’espace où l’on a chaud,
    • l’espace où on règne des odeurs d’oignons VS celui des brioches fumantes et du chocolat chaud.

Le traitement de l'espace

2. le rapport de l'individu à l'epsace

  • Conformément au principe naturaliste, Zola établit des relations d’interaction entre le milieu et l’individu.
  • L’exigüité des logements des mineurs, la promiscuité dans laquelle ils vivent, leur interdisent toute intimité et expliquent les querelles, les violences et les dépravations morales :
    • toilette en commun, entassement dans les lits, minces cloisons où l’on entend tout.
  • Les mineurs vivent tels des animaux parqués, et sont réduits à l’animalité.

Le traitement de l'espace

2. le rapport de l'individu à l'espace

  • A la recherche de l’espace vital, ils s’en vont à la conquête du monde du dessus :
    • dans la 5e partie, la course folle des mineurs à travers la campagne, entonnant la Marseillaise, est une lutte pour l’espace.
    • En même temps, l’espace des bourgeois se rétrécit : ils sont contraints de « se ranger », lorsqu’ils croisent la foule des mineurs, et contemplent la ruée des mineurs cachés dans une grange.
  • Mais cette tentative d’appropriation de l’espace échouera. A la fin du roman, les mineurs redescendront dans la mine.
  • Seul Etienne s’est approprié l’espace du dessus :
    • il connait le nom des fosses, sait ce qui se passe sous terre et quitte l’espace des mineurs pour mener son action plus haut et plus loin à Paris.