Portfolio
Représentation de la sorcière
Etapes de la comparaison
3. Une base de la sorcière traditionnelle
4. Manifeste W.I.T.C.H.
1. Pendant l'Antiquité
2. Extrait des Métamorphoses (Apulée)
5. Comparaison
6. Conclusion
Extrait des Métamorphoses, d'Apulée
Texte en latin
Traduction
Dans cet extrait, les sorcières sont bien montrées comme des monstres et non pas comme des humaines. Ces soeurs sont le parfait exemple, dans ce fragment de récit, de la vision de la "sorcière" à cette époque. Tout d'abord, on les montre tout à fait cruelles: Panthia propose "avec douceur" à Méroé de "déchirer [Socrate] à la mode des Bachhantes" (ce sont ces créatures adoratrices de Bacchus qui, selon le mythe d'Orphée et Eurydice, auraient décapité et déchiré Orphée).
Méroé et sa soeur poignardent Socrate pendant qu'Aristomène se cache sous un drap.
Panthia montre ainsi un cruel traitement qu'elle exécute sans scrupules: "jusqu'au coeur, l'extirpa, l'exhiba". En fait, elles tirent de ce meurtre de la félicité et de la fierté. De plus,elles humilient Aristomène, se soutirant à leur dissection pour se soulager sur lui et déverser sur lui leur urine.
Pendant l'Antiquité
Le mot sorcière, féminin, remonte au latin populaire sortiarius, soit « diseur de sorts », dérivé de sors, désignant initialement une utilisation de la divination, puis plus couramment « destinée, sort ». Donc la magie est très clairement présente dans ces représentations de la sorcière. Son pendant masculin, le sorcier, ou magicien a une symbolique différente, donc elle n'est représentée de façon traditionnelle que par le sexe féminin.
La sorcière lors de l’antiquité n’est pas exactement celle que l’on connaît aujourd’hui, elle n’existe même pas telle quelle à cette époque. L'une des premières « sorcières », Circé par Homère (l’Odyssée), est qualifiée comme ayant des pouvoirs qu'elle utilise pour faire du mal. C’est donc à partir de là que l’idée de la sorcière se développe, et qu’on y associe le vice : elles font un usage négatif de leurs pouvoirs. Les sorcières sont maléfiques.
Une base de la sorcière traditionnelle
En plus de voir les sorcières comme des cannibales, des créatures cruelles et qui s'en délectent, elles sont perçues comme dénuées de manières, répugnantes et sales. On y retrouve de plus le caractère de sorcellerie justifiant leur appellation: "pour [...] appliquer [...] le rituel d'un sacrifice".
Panthia et Méroé sont des créatures magiques (d'où également le titre du récit dans lequel elles apparaissent, les Métamorphoses) et vicieuses: ce sont ces deux adjectifs qui o t créé la sorcière traditionnelle (celle au nez crochu, parfois bossue, toujours accompagnée de son corbeau ou chat, de son chaudron magique et de son balai volant), vision qui a perduré jusqu'à aujourd'hui. Son rire est machiavélique, et étant puissante, elle fait peur.
Manifeste w.i.t.c.h.
re femme selon la religion (prépondérante) qui aurait cédé à la tentation et cueilli une pomme qu’il ne fallait pas cueillir, appuie cette idée que la femme est faible, dangereuse, influençable, et que la sorcellerie fait d’elle un être…monstrueux. Mais dans les années 60-70, à l'éclosion de nombreux et nouveaux mouvements féministes, on associe parfois la femme indépendante à la sorcière injustement chassée et on revient sur les évènements du passé: la chasse aux sorcières. C'est le cas par exemple du mouvement W.I.T.C.H. (Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell soit Conspiration féministe internationale de l’enfer en français), qui éclot dans les années 1960 aux Etats-Unis dans le cadre du mouvement de libération des femmes, à travers son manifeste.
Au Moyen Age, on croyait en l'existence des sorcières. Et très vite, la chasse aux sorcières est née, traquant chaque femme pendant trop longtemps célibataire, veuve aux agissements les plus légèrement suspects. Même si bien sûr, c’est cette vision de la personne différente, magique, qui faisait peur aux personnes considérées « normales » par la société, le principal fait était issu de la misogynie, puisqu'on considérait que la gente féminine devait être mariée. Et ce sont elles que l’on chasse lors du Moyen Age, parce qu’elles ne sont à cette époque-là pas soumises. D’autant plus que la sorcellerie, l’alchimie, l’ésotérisme, étaient des péchés à ce moment-là, et que l’association des femmes à Eve, la premiè-
<- Manifeste
Elles étaient considérées comme des indigènes parmi la population. Cependant aujourd'hui, les sorcières traditionnelles (mais qui ont néanmoins continué d'évoluer jusqu'à nos jours) sont considérées comme bonnes et non plus seulement mauvaises (cruelles) tel qu'on l'estimait par exemple dans le texte d'Apulée où elles arrachent à main nue le coeur d'un individu. Au contraire le manifeste est plutôt une ode à ces femmes sorcières, à leur puissance, à leurs combats, et une dénonciation des épreuves qu'elles ont dû surmonter: "les sorcières et les gitans furent les premiers combattants de la guérilla et de la résistance contre l'oppresion [...] des femmes" nous montrant le rapprochement entre ces femmes et les sorcières, ces dernières n'étant pas mauvaises, "neuf millions d’entre elles ont été brûlées comme sorcières" dénonçant les agressions atteintes aux femmes désignées comme sorcières par leur simple marginalité. Tandis que le texte d'Apulée a une vision très péjorative de la sorcière, celui de W.I.T.C.H. apporte un point de vue plus mélioratif. Au-delà du thème de la sorcière qui diffère dans chacun des récits, ils se scindent aussi par leur but, par leur contenu: alors que le texte d'Apulée est plutôt d'aventure et assez humoristique (l'image des sorcières qui urinent sur un humain est pour faire rire, en plus de souligner la saleté des deux soeurs) tandis que le manifeste est un message politique, social et idéologique.
Cependant, les textes se rejoignent en certains points. En premier temps, dans les deux textes, on peut voir une image de la puissance qui y est représentée: Méroé et Panthia sont effrayantes, elles sont violentes (déchirer la peau de Socrate, par exemple), elles sont plus fortes qu'Aristo-
mène et Socrate et c'est pour cela qu'ils ne peuvent pas se défendre; et le manifeste explique bien que "vous établissez vos propres règles" et "votre pouvoir vient de vous-même en tant que femme". Ainsi les deux textes font l'apologie de leur pouvoir, et tout spécialement du leur. En second temps, on parle des deux côtés d'un éloignement, ou du moins d'une indépendance vis à vis des autres mais particulièrement du sexe masculin. Les sorcières d'Apulée et la sorcière traditionnelle sont en marge des moeurs de leur époque, puisqu'elles sont en général seules (célibataires ou veuves). Les femmes dont on parle dans le manifeste, comparées à des "sorcières", mais dont le terme est bonifié, dénoncent en partie "l'absurde domination masculine [...] qu'impose notre société malade" en s'en émancipant ; ces sorcières-là ne sont certes pas "seules" (en terme de relations), mais elles sont simplement elles-mêmes sans passer par les hommes.
Comparaison
Ce texte a été établi par le mouvement, et est donc indéniablement féministe; et tout le long, on y fait un rapprochement entre la sorcière et la femme. Tous les termes de la magie y sont utilisés, et elle représente la force de ces femmes : " votre pouvoir vient de vous-même en tant que femme", on reprend ici le terme du pouvoir, la magie que seraient censées incarner les sorcières, mais elle n'est ni potions ni prédictions, tout simplement la foi des femmes en elles-mêmes. C'est en effet un message qui passe à travers ce manifeste, qui s'éloigne du mot assez infâme de "sorcière", qui évoque normalement les attributs de la sorcière traditionnelle.
De la représentation initiale de la sorcière d'Apulée à la modernisation de sa figure, il y a un saut assez important. Alors que l'extrait des Métamorphoses pose les bases d'une sorcière vicieuse, dégoûtante et violente à travers Méroé et Panthia et met en avant le côté très ésotérique, divinatoire mais gore des sorcières, le manifeste défend les femmes punies à cause de leur "ressemblance avec elles", et réinvente même le mot sorcière pour en faire un terme plein de puissance.
Conclusion
Mona Chollet aborde cette comparaison entre le terme de "sorcière" et les femmes aujourd'hui dans son essai sociologique "Sorcières: la puissance invaincue des femmes"; elle y cite en l'occcurence le manifeste W.I.T.C.H.
Les sorcières d'Apulée et celles d'aujourd'hui, retranscrites dans le manifetse W.I.T.C.H., sont différentes en bien des manières. La vision que l'on a d'elles tout d'abord diffère beaucoup, entre une "mauvaise" et une "bonne". Leur magie également n'est pas la même, même si elles peuvent être considérées comme équitablement puissantes. Mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas pour rien qu'on les appelle du même nom; ainsi, elles ont des ressemblances indéniables.
PORTFOLIO LATIN - Sorcières
Péma Parisot
Created on May 28, 2023
Portfolio de latin (2nde) sur la représentation de la sorcière
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Représentation de la sorcière
Etapes de la comparaison
3. Une base de la sorcière traditionnelle
4. Manifeste W.I.T.C.H.
1. Pendant l'Antiquité
2. Extrait des Métamorphoses (Apulée)
5. Comparaison
6. Conclusion
Extrait des Métamorphoses, d'Apulée
Texte en latin
Traduction
Dans cet extrait, les sorcières sont bien montrées comme des monstres et non pas comme des humaines. Ces soeurs sont le parfait exemple, dans ce fragment de récit, de la vision de la "sorcière" à cette époque. Tout d'abord, on les montre tout à fait cruelles: Panthia propose "avec douceur" à Méroé de "déchirer [Socrate] à la mode des Bachhantes" (ce sont ces créatures adoratrices de Bacchus qui, selon le mythe d'Orphée et Eurydice, auraient décapité et déchiré Orphée).
Méroé et sa soeur poignardent Socrate pendant qu'Aristomène se cache sous un drap.
Panthia montre ainsi un cruel traitement qu'elle exécute sans scrupules: "jusqu'au coeur, l'extirpa, l'exhiba". En fait, elles tirent de ce meurtre de la félicité et de la fierté. De plus,elles humilient Aristomène, se soutirant à leur dissection pour se soulager sur lui et déverser sur lui leur urine.
Pendant l'Antiquité
Le mot sorcière, féminin, remonte au latin populaire sortiarius, soit « diseur de sorts », dérivé de sors, désignant initialement une utilisation de la divination, puis plus couramment « destinée, sort ». Donc la magie est très clairement présente dans ces représentations de la sorcière. Son pendant masculin, le sorcier, ou magicien a une symbolique différente, donc elle n'est représentée de façon traditionnelle que par le sexe féminin.
La sorcière lors de l’antiquité n’est pas exactement celle que l’on connaît aujourd’hui, elle n’existe même pas telle quelle à cette époque. L'une des premières « sorcières », Circé par Homère (l’Odyssée), est qualifiée comme ayant des pouvoirs qu'elle utilise pour faire du mal. C’est donc à partir de là que l’idée de la sorcière se développe, et qu’on y associe le vice : elles font un usage négatif de leurs pouvoirs. Les sorcières sont maléfiques.
Une base de la sorcière traditionnelle
En plus de voir les sorcières comme des cannibales, des créatures cruelles et qui s'en délectent, elles sont perçues comme dénuées de manières, répugnantes et sales. On y retrouve de plus le caractère de sorcellerie justifiant leur appellation: "pour [...] appliquer [...] le rituel d'un sacrifice".
Panthia et Méroé sont des créatures magiques (d'où également le titre du récit dans lequel elles apparaissent, les Métamorphoses) et vicieuses: ce sont ces deux adjectifs qui o t créé la sorcière traditionnelle (celle au nez crochu, parfois bossue, toujours accompagnée de son corbeau ou chat, de son chaudron magique et de son balai volant), vision qui a perduré jusqu'à aujourd'hui. Son rire est machiavélique, et étant puissante, elle fait peur.
Manifeste w.i.t.c.h.
re femme selon la religion (prépondérante) qui aurait cédé à la tentation et cueilli une pomme qu’il ne fallait pas cueillir, appuie cette idée que la femme est faible, dangereuse, influençable, et que la sorcellerie fait d’elle un être…monstrueux. Mais dans les années 60-70, à l'éclosion de nombreux et nouveaux mouvements féministes, on associe parfois la femme indépendante à la sorcière injustement chassée et on revient sur les évènements du passé: la chasse aux sorcières. C'est le cas par exemple du mouvement W.I.T.C.H. (Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell soit Conspiration féministe internationale de l’enfer en français), qui éclot dans les années 1960 aux Etats-Unis dans le cadre du mouvement de libération des femmes, à travers son manifeste.
Au Moyen Age, on croyait en l'existence des sorcières. Et très vite, la chasse aux sorcières est née, traquant chaque femme pendant trop longtemps célibataire, veuve aux agissements les plus légèrement suspects. Même si bien sûr, c’est cette vision de la personne différente, magique, qui faisait peur aux personnes considérées « normales » par la société, le principal fait était issu de la misogynie, puisqu'on considérait que la gente féminine devait être mariée. Et ce sont elles que l’on chasse lors du Moyen Age, parce qu’elles ne sont à cette époque-là pas soumises. D’autant plus que la sorcellerie, l’alchimie, l’ésotérisme, étaient des péchés à ce moment-là, et que l’association des femmes à Eve, la premiè-
<- Manifeste
Elles étaient considérées comme des indigènes parmi la population. Cependant aujourd'hui, les sorcières traditionnelles (mais qui ont néanmoins continué d'évoluer jusqu'à nos jours) sont considérées comme bonnes et non plus seulement mauvaises (cruelles) tel qu'on l'estimait par exemple dans le texte d'Apulée où elles arrachent à main nue le coeur d'un individu. Au contraire le manifeste est plutôt une ode à ces femmes sorcières, à leur puissance, à leurs combats, et une dénonciation des épreuves qu'elles ont dû surmonter: "les sorcières et les gitans furent les premiers combattants de la guérilla et de la résistance contre l'oppresion [...] des femmes" nous montrant le rapprochement entre ces femmes et les sorcières, ces dernières n'étant pas mauvaises, "neuf millions d’entre elles ont été brûlées comme sorcières" dénonçant les agressions atteintes aux femmes désignées comme sorcières par leur simple marginalité. Tandis que le texte d'Apulée a une vision très péjorative de la sorcière, celui de W.I.T.C.H. apporte un point de vue plus mélioratif. Au-delà du thème de la sorcière qui diffère dans chacun des récits, ils se scindent aussi par leur but, par leur contenu: alors que le texte d'Apulée est plutôt d'aventure et assez humoristique (l'image des sorcières qui urinent sur un humain est pour faire rire, en plus de souligner la saleté des deux soeurs) tandis que le manifeste est un message politique, social et idéologique.
Cependant, les textes se rejoignent en certains points. En premier temps, dans les deux textes, on peut voir une image de la puissance qui y est représentée: Méroé et Panthia sont effrayantes, elles sont violentes (déchirer la peau de Socrate, par exemple), elles sont plus fortes qu'Aristo-
mène et Socrate et c'est pour cela qu'ils ne peuvent pas se défendre; et le manifeste explique bien que "vous établissez vos propres règles" et "votre pouvoir vient de vous-même en tant que femme". Ainsi les deux textes font l'apologie de leur pouvoir, et tout spécialement du leur. En second temps, on parle des deux côtés d'un éloignement, ou du moins d'une indépendance vis à vis des autres mais particulièrement du sexe masculin. Les sorcières d'Apulée et la sorcière traditionnelle sont en marge des moeurs de leur époque, puisqu'elles sont en général seules (célibataires ou veuves). Les femmes dont on parle dans le manifeste, comparées à des "sorcières", mais dont le terme est bonifié, dénoncent en partie "l'absurde domination masculine [...] qu'impose notre société malade" en s'en émancipant ; ces sorcières-là ne sont certes pas "seules" (en terme de relations), mais elles sont simplement elles-mêmes sans passer par les hommes.
Comparaison
Ce texte a été établi par le mouvement, et est donc indéniablement féministe; et tout le long, on y fait un rapprochement entre la sorcière et la femme. Tous les termes de la magie y sont utilisés, et elle représente la force de ces femmes : " votre pouvoir vient de vous-même en tant que femme", on reprend ici le terme du pouvoir, la magie que seraient censées incarner les sorcières, mais elle n'est ni potions ni prédictions, tout simplement la foi des femmes en elles-mêmes. C'est en effet un message qui passe à travers ce manifeste, qui s'éloigne du mot assez infâme de "sorcière", qui évoque normalement les attributs de la sorcière traditionnelle.
De la représentation initiale de la sorcière d'Apulée à la modernisation de sa figure, il y a un saut assez important. Alors que l'extrait des Métamorphoses pose les bases d'une sorcière vicieuse, dégoûtante et violente à travers Méroé et Panthia et met en avant le côté très ésotérique, divinatoire mais gore des sorcières, le manifeste défend les femmes punies à cause de leur "ressemblance avec elles", et réinvente même le mot sorcière pour en faire un terme plein de puissance.
Conclusion
Mona Chollet aborde cette comparaison entre le terme de "sorcière" et les femmes aujourd'hui dans son essai sociologique "Sorcières: la puissance invaincue des femmes"; elle y cite en l'occcurence le manifeste W.I.T.C.H.
Les sorcières d'Apulée et celles d'aujourd'hui, retranscrites dans le manifetse W.I.T.C.H., sont différentes en bien des manières. La vision que l'on a d'elles tout d'abord diffère beaucoup, entre une "mauvaise" et une "bonne". Leur magie également n'est pas la même, même si elles peuvent être considérées comme équitablement puissantes. Mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas pour rien qu'on les appelle du même nom; ainsi, elles ont des ressemblances indéniables.