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Léon Vainer

cecile.boudes

Created on May 15, 2023

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Léon Vainer

La famille VAINER était constituée du père David VAINER, de la mère Mali HERSCU et des enfants Anna et Léon VAINER.

Léon VAINERLéon Vainer, est né le 23 décembre 1932 à Paris dans le 8 ème arrondissement. C'est un enfant français juif dont les parents David Vainer et Mali Herscu sont d'origine roumaine. Après l’arrestation de leur mère en septembre 1942, Léon et sa sœur Anna restent avec leur père et trouvent refuge chez une tante. Léon est pris en charge par l’O.S.E. et est scolarisé à l’école Lucien de Hirsch au 70 avenue Secretan dans le 19ème arrondissement. C’est ici qu’il se fait arrêter en juillet 1944. Il est ensuite interné à Drancy sous le matricule 25369 et déporté vers Auschwitz le 31 juillet 1944 par le convoi n°77. Il est sans doute assassiné dès son arrivée le 3 août 1944 avec les 835 personnes qui sont conduites vers les chambres à gaz.

Léon et sa soeur Anna

Mali VAINER- HERSCUMali Herscu, mère de Léon et Anna, est née le 29 octobre 1907 à Jassy en Roumanie. Elle arrive en France au début des années 1920 et rencontre son mari David Vainer à Paris dans une association de juifs de Bessarabie. Ils se marient le 12 juillet 1928 dans le 18ème arrondissement de Paris. De nombreuses personnes de sa famille vivent en France car les Roumains parlent le français. Elle est arrêtée le 22 septembre 1942 comme de nombreux juifs roumains et déportée à Auschwitz par le convoi n°38 après avoir été internée à Drancy.

Mali et sa mère en Roumanie
David jeune

David VAINERMeyer Kohn, père de Léon et Anna, n’a pas de date de naissance précise, on l’estime après 1895. Il vient de Galati, en Roumanie. Pour échapper à la Première Guerre mondiale, il prend l’identité d’un mort, David Vainer.Il arrive en France et rencontre sa femme Mali dans une association de juifs de Bessarabie. Ils se marient le 12 juillet 1928 dans le 18ème arrondissement de Paris. Sa langue maternelle est donc le roumain, mais aussi le yiddish et comme beaucoup de Roumains à cette époque, il devait aussi parler français. La famille vit au 13, rue Gustave Courbet dans le 16ème arrondissement. David est tailleur, il fait des vêtements sur mesure.

Anna et son frère Léon

Anna VAINERAnna Vainer, née le 13 juillet 1929, est la fille de David et Mali Vainer. Lorsque sa mère est déportée en 1942, elle et son frère se réfugient chez une tante. Malheureusement Léon est arrêté en 1944, et Anna se cache dans la synagogue de la rue Montévidéo, ce qui lui permet d’échapper à la déportation. Anna reconstruit sa vie après la guerre, mais garde beaucoup de séquelles de cette douloureuse période selon ses enfants. Elle a vécu dans un premier temps dans l’espoir d’un retour de sa mère et de son petit frère, mais a dû se résoudre à la triste réalité. Il ne lui restait plus que les photos qu’elle a confiées au Mémorial de la Shoah qui témoignent de son attachement à son frère.

Ce projet "Convoi 77" a été mené par des élèves de 3ème du collège Victor Duruy dans le cadre d'un travail de mémoire qui a prolongé le cours d'histoire-géographie. Merci à M. Charlie Kohn et à ses soeurs, Hélène et Martine pour leur aide et pour les documents qu'ils nous ont apportés. Léna Carbain, Azilis Chafsey, Martin Renollet encadrés par leur professeur d'histoire-géographie Cécile Boudes

Roumanie

Mali Herscu, mère de Léon et Anna, est née le 29 octobre 1907 à Jassy (ou Iasi), ancienne capitale de la Roumanie.
David Vainer ou Meyer Kohn, père de Léon et Anna, n’a pas de date de naissance précise, on l’estime après 1895. Il vient de Galati, en Roumanie.
Source : https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/gallery/romania-maps
Le 25 aout 1944, au moment de la libération de Paris, un groupe de résistants prend la caserne de Reuilly qui servait de centre de mobilisation pour la milice française et décide de constituer une compagnie juive. Jacob Tancerman, qui a le grade de lieutenant, fait fonction de commandant de compagnie. Un tract en yiddish daté du 31 août 1944 annonce la création de la compagnie Rayman et appelle les jeunes juifs parisiens à venir grossir ses rangs pour terminer la guerre et libérer tout le territoire. C’est sans doute à ce moment-là que David Vainer intègre la compagnie, mais nous n’avons aucune information précise à ce sujet. Il figure sur la photo conservée par le mémorial de la Shoah au N°58. La compagnie juive prend l’appellation de compagnie "Marcel Rayman" en hommage à cette figure emblématique de la jeunesse juive résistante, fusillé le 21 février 1944 au Mont-Valérien. La compagnie comprend environ 160 volontaires juifs, français et étrangers, âgés pour la plupart de 15 à 18 ans, dont la plupart des familles ont été déportées. David, lui, a presque 50 ans, il doit être parmi les plus âgés de sa compagnie. Source : https://museedelaresistanceenligne.org/media11113-La-compagnie-juive-Marcel-Rayman
La compagnie Rayman

Le Convoi 38 Le 17 septembre 1942, le ministère des Affaires étrangères à Berlin déclare que suite aux négociations entre Berlin et le Gouvernement roumain, les Juifs roumains, habitant le Reich ou autres pays occupés, pourraient désormais être déportés alors qu’ils étaient jusque-là épargnés. C'est sûrement suite à ces décisions que la police s'est présentée au domicile de David et Mali, 13 rue Courbet dans le 16ème arrondissement. Le convoi 38 en date du 28 septembre part à 8h 55 du matin de la gare du Bourget. Le convoi comprend 904 Juifs : 468 hommes et 436 femmes, 609 d'entre eux sont de nationalité roumaine : 282 hommes, 360 femmes (dont Mali), 21 fillettes et 46 garçons. Du convoi n° 38, seuls 20 hommes survivront. 1 401 des 1 574 Juifs roumains ont été déportés en deux convois (N°37 et N°38) en trois jours. Cent hommes avaient été sélectionnés en route pour des travaux forcés à Cosel, avant l’arrivée à Auschwitz. À Auschwitz 123 hommes supplémentaires sont sélectionnés et sont tatoués des numéros 66 515 à 66 637. De plus, 48 femmes sont sélectionnées et sont tatouées des numéros 21 116 à 21 163. Les autres déportés sont gazés dès leur arrivée au camp. source : Serge Klarsfeld, La Shoah en France, Fayard, 2001 Serge Klarsfeld, Le mémorial de la déportation des juifs dde France, 1978 https://collections.yadvashem.org/fr/deportations/5092611

La rafle de l’avenue Secrétan La rafle de l’avenue Secrétan s’est déroulée dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944 ,dans l’école Lucien-de-Hirsch, la plus ancienne école juive de Paris, construite en 1901. C’est là que se trouve Léon. Comme lui, toutes les victimes sont déportées par le Convoi 77, le 31 juillet 1944, de Drancy par la gare de Bobigny vers Auschwitz. Cette rafle concerne 78 enfants et 19 adultes. Pourquoi y-a-t-il autant d’enfants dans cette école la nuit ? Le centre Lamarck un centre de l’Union générale des israélites de France (UGIF) ayant été bombardé le 20 avril 1944, l’école devient alors un centre d’accueil pour les enfants orphelins de l’UGIF. Les 125 enfants et 52 moniteurs du pensionnat y sont alors transférés. Dans la nuit du 21 au 22 juillet, ce sont aussi les quatre autres sites de l’UGIF de Paris et la région parisienne qui sont victimes de cette dernière grande rafle : École du travail, Louveciennes, Saint-Mandé, Vauquelin. Pour honorer la mémoire des déportés de la rafle de l’avenue Secrétan, une plaque commémorative en granit est déposée sur la façade du bâtiment Lucien-de-Hirsch, qui donne la liste des enfants et adultes déportés de l’école. Nous n’avons pas réussi à éclaircir plusieurs zones d’ombre : Léon a-t-il été confié à l’UGIF du fait que sa mère a été déportée ? David avait-il commencé son activité résistante et pour cela il avait confié Léon à cette organisation ? Ce qui expliquerait qu’il ait été présent à l’école pendant la nuit de la rafle. Les témoignages familiaux disent que Léon et Anna étaient cachés avec David chez une sœur de Mali ou peut-être chez une autre famille et que David sentant la libération arriver avec le débarquement de Normandie avait repris confiance et remis Léon à l’école. Anna aurait dit à l’une de ses filles que c’était elle qui avait emmené Léon à l’école ce jour-là (elle avait 15 ans, elle était au collège et n’était pas scolarisée dans cette école). Or, le 22 juillet il est peu probable qu’il y ait encore des cours et la rafle s’est produite dans la nuit du vendredi au samedi. Donc peut-être Anna se rappelle -t-elle avoir raccompagné son frère à la pension où il dormait avec les autres enfants de l’UGIF, après avoir passé la journée avec lui en ce mois de juillet ?

Fiche de renseignement de Yad Vashem pour Mali Herscu