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anthologie de poèmes

Pollet Rose

Created on April 16, 2023

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Transcript

Le cycle des saisons

Pollet Rose 2nde Memphis

Las de s'être contractés tout l'hiver les arbres tout à coup se flattent d'être dupes. Ils ne peuvent plus y tenir : ils lâchent leurs paroles, un flot, un vomissement de vert. Ils tâchent d'aboutir à une feuillaison complète de paroles. Tant pis! Cela s'ordonnera comme cela pourra! Mais, en réalité, cela s'ordonne! Aucune liberté dans la feuillaison... Ils lancent, du moins le croient-ils, n'importe quelles paroles, lancent des tiges pour y suspendre encore des paroles : nos troncs, pensent-ils, sont là pour tout assumer. Ils s'efforcent à se cacher, à se confondre les uns dans les autres. Ils croient pouvoir dire tout, recouvrir entièrement le monde de paroles variées : ils ne disent que « les arbres ». Incapables même de retenir les oiseaux qui repartent d'eux, alors qu'ils se réjouissaient d'avoir produit de si étranges fleurs.Toujours la même feuille, toujours le même mode de dépliement, et la même limite, toujours des feuilles symétriques à elles-mêmes, symétriquement suspendues ! Tente encore une feuille! — La même! Encore une autre! La mèmel Rien en somme ne saurait les arrêter que soudain cette remarque : « L'on ne sort pas des arbres par des moyens d'arbres. « Une nouvelle lassitude, et un nouveau retournement moral. « Laissons tout ça jaunir, et tomber. Vienne le taciturne état, le dépouillement, I'automne. » Francis Ponge, 1927

"Les 4 saisons"

de Guiseppe Arcimboldo

Préface

L'oeuvre que j'ai choisie est un poème de Francis Ponge: " Le cycle des saisons". Dans son oeuvre, Ponge dénonce l'utilisation de la parole par l'homme la jugeant incontrôlable voire incapable de progresser puisqu'elle refait toujours les mêmes erreurs de façon cyclique. Ponge offre une réflexion sur cette parole en s'appuyant sur une personnification de la Nature et plus précisément des arbres. En effet, les bourgeons, les feuilles des arbres font référence au langage des Hommes. En hiver, la nature "dort", il y a donc peu de choses à raconter, mais lorsque le printemps arrive la parole se libère et les arbres produisent alors beaucoup de bourgeons et cela provoque une symbolique du flot de bavardages. J'ai aimé ce poème car il illustre la parole qui pour moi est une expression des sentiments et du partage qui me pose souvent question. Comment certains font-ils pour parler sans cesse? Ou d'autres pour avoir plein de choses intéressantes à raconter? Ou d'autres encore qui parlent pour ne rien dire? Sans oublier ceux qui se taisent que peuvent-ils penser? Pour réaliser mon anthologie poétique cela n'a pas été facile, et mon débit de parole a augmenté chaque jour cherchant à trouver des arguments capables de vous convaincre. Même mon chat se mettait à me répondre en miaulant... j'ai donc fini par choisir neuf poèmes qui ont tous des liens avec le poème de Francis Ponge : évoquant un rapport Nature-Homme, ou un rapport au temps qui passe ou des oppositions... J'ai également eu des difficultés car je ne connais pas toutes les règles de l'écrit poétique et surtout comment les repérer. J'ai choisi de mettre mes poèmes par ordre chronologique pour montrer que de tout temps les poètes écrivaient sur les Hommes, la Nature et le temps qui passe. J'ai aimé réaliser ce travail car pour moi la poésie permet de faire éprouver aux autres les sentiments que nous gardons à l'intérieur de nous. Le poème est donc une partie du poète. La poésie permet de critiquer, de défendre une idée, de déclarer son amour, de porter conseil, de dire le beau, le laid... J'aime aussi la poésie pour ses jeux de mots et sa forme libre d'expression. D'ailleurs, poésie, vient d'un mot grec qui veut dire « faire, créer ». Avec les mots, le poète fait ce qu'il veut : il les fait rimer entre eux, il s'amuse avec leur sonorité, il coupe les phrases en deux, joue sur les figures de styles. J'apprécie également déchiffrer les nombreux messages cachés et de savoir pourquoi le poète à voulu nous dire ça même si cela est parfois compliqué.

Mignonne, allons voir si la rose

Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil. Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place Las ! las ses beautez laissé cheoir ! Ô vrayment marastre Nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez vostre jeunesse : Comme à ceste fleur la vieillesse Fera ternir vostre beauté. Robert Desnos, 1553

Caillebotte - Les roses, jardin du petit Gennevilliers (1886)

Mignonne, allons voir si la rose

J'ai choisi ce premier poème de Pierre De Ronsard pour le mettre dans mon anthologie car on retrouve ici la personnification de l'Homme dans la nature comme dans le poème de Ponge pour la parole de l'Homme. Ici, la rose est personnifiée comme les arbres du poème de Ponge. En effet, il décrit la rose en utilisant la métaphore : elle représente alors une femme. Dans le premier sizain on peut relever les mots qui la décrivent "mignonne" (vers 1), "robe" (vers 3), "teint" (vers 6), "ses beautés". De plus la rose va éclore et cela représente la vie qui passe et plus particulièrement la jeunesse qui ne dure qu'un temps. Pour lui la fin est proche, la mort est inévitable. Le poète parle de renouvellement floral mais cela signifie qu'une autre femme va prendre la place de l'autre et de sa beauté passée. Il incite le lecteur à comprendre qu'il faut profiter de sa jeunesse "carpe diem" car "Puis qu'une telle fleur ne dure que du matin au soir" (vers 11 et 12). Il nous donne alors un conseil dans le dernier sizain : celui de profiter de chaque instant présent. On peut alors faire le lien avec le poème de Francis Ponge qui lui aussi insiste sur un renouvellement. Un renouvellement, cette fois, des paroles identiques non réfléchies qui ne pèsent pas les mots, en dénonçant son utilisation par l'homme. Il la juge inutile et incapable de progresser puisqu'elle refait toujours les mêmes erreurs. Enfin, j'ai choisi ce poème parce qu'on peut le voir aussi en opposition avec celui de Ponge. En effet dans le poème de Pierre De Ronsard, le poète regrette que l'apparition de cette rose soit éphémère "Las", "cheoir", "du matin au soir". La fleur, donc la femme, est vouée à disparaître, à perdre sa beauté et à mourir rapidement. Il y a une fin clairement énoncée. Alors qu'au contraire dans le cycle des saisons, Ponge ne met pas de fin : la nature n'arrête pas de donner naissance à des bourgeons chaque printemps comme si cela ne s'arrêterai jamais.

L'eau change tous les jours

Assieds-toi sur le bord d’une ondante rivière Tu la verras fluer d’un perpétuel cours, Et flots sur flots roulant en mille et mille tours Décharger par les prés son humide carrière. Mais tu ne verras rien de cette onde première Qui naguère coulait ; l’eau change tous les jours, Tous les jours elle passe, et la nommons toujours Même fleuve, et même eau, d’une même manière. Ainsi l’homme varie, et ne sera demain Telle comme aujourd’hui du pauvre corps humain La force que le temps abrévie et consomme : Le nom sans varier nous suit jusqu’au trépas, Et combien qu’aujourd’hui celui ne sois-je pas Qui vivais hier passé, toujours même on me nomme. Jean-Baptiste Chassignet, 1595

La montre molle de Salvodor Dali, 1954

L'eau change tous les jours

J'ai choisi ce deuxième poème baroque en relation avec "le cycle des saisons" car il évoque un élèment de la nature : on retrouve le champ lexical de l'eau: "rivière, cours, flots, humide,ondes, coulait,eau" mais cela ne s'arrête pas là. En effet le poète met en relation l'Homme et l'eau qu'elle symbolise. Il y a une comparaison entre la nature et l'Homme :"ainsi l'homme varie". Cette relation nature/homme est reprise également dans le poème de Francis Ponge, le cycle des saisons. En effet dans ce dernier c'est la floraison des arbres qui est comparée à la parole des Hommes. On retrouve donc dans ces deux poèmes une métaphore qui compare l'Homme à la nature. Dans ce poème la vie est un changement perpétuel tout comme le cours de la rivière "perpétuel cours" (vers 2), "l'homme varie"(vers 9). Cette idée est renforcée avec l'utilisation du sonnet. A l'inverse Ponge développe un cycle répétitif dans les actions de l 'Homme. On a ici une opposition entre les 2 conceptions : paroles abondantes qui se renouvellent uniformité, stérilité chez Ponge et changement, variation de la vie des Hommes chez Chassignet. On peut néanmoins nuancer cette opposition car ce poème a certes une idée de changement, mais il énonce également l'idée d'une invariabilité du langage comme avec les vers 12 et 14 "Le nom sans varier" et "Qui vivais hier passé, toujours même on me nomme". Tout comme le poème de Francis Ponge où les arbres produisent toujours les mêmes feuilles donc toujours les mêmes paroles.

Sur l'arc-en ciel

Le bel astre du jour dans le sein de l’orage Nous forme tout-à-coup ce lumineux tableau, Et, tout-à-coup, aussi, le couvrant d’un rideau, Il dérobe à nos yeux son inconstant ouvrage. De ce peintre brillant, la toile est le nuage ; Ses rayons réfléchis lui servent de pinceau ; Il prend pour ses couleurs, l’or, l’azur, le feu, l’eau, Et la vapeur commence à finir cette image. Fragiles ornements, éclat faible et trompeur, Passagères beautés, filles de la vapeur, Des faux biens d’ici-bas vous peignez l’inconstance. Par les mêmes couleurs et par les mêmes traits, Vous imprimez la crainte, et donnez l’espérance, Vous annoncez la guerre, et vous manquez la paix. Laurent Drelincourt, 1677

Sur l'arc-en ciel

J'ai choisi ce troisième poème car cette fois encore il y a un lien entre l'homme et la nature. Laurent Drelincourt dénonce ici le comportement de l'homme comme le fait Ponge lorsqu'il parle des paroles incessantes et stériles des Hommes. Dans ce poème il s'agit plutôt de ce que sont capables d'offrir les hommes de plus laid en comparaison avec la beauté que nous offre la nature. Ce poème montre tout d'abord que la nature offre de beaux et nombreux spectacles comme les arcs-en-ciel. Le poète nous décrit ici la nature comme une peinture "ce lumineux tableau" (vers 2), "la toile est le nuage" (vers 5). Les couleurs sont beaucoup présentes avec l'accumulation et les métonymies du vers 7. Alors que pour Ponge la nature est comme un "vomissement de vert" avec ici une idée de dégoût. Ce poème appartient au mouvement baroque et se caractérise par un recours aux éléments naturels pour exprimer la vision de l'Homme et du monde. L'arc en ciel et l'orage sont ainsi cités : l'arc en ciel signifiant la paix, la prospérité aux vers 1 et 2, alors que l'orage signifie une menace (vers 1). On peut comprendre dans les deux derniers tercets la fragilité de cet arc en ciel, en image à la fragilité de la constance des hommes pour en arriver à leur malversation. Grâce aux antithèses des deux derniers vers "craintes, espérance" et "guerre, paix" le poète impose sa vison du monde, les Hommes sont alors comparés à l'orage. Pour lui les Hommes sont une menace pour la nature et entre eux. Tout comme Ponge qui porte également un regard sur les Hommes et la menace de leurs paroles.

La nature,poème XXIX des contemplations

L'arbre de vie, de Gustav Klimt, 1909

La nature,poème XXIX des contemplations

Dans ce quatrième poème que j'ai choisi, on peut reconnaître certaines saisons comme l'hiver avec son champs lexical "froid"(vers 2), "de marbre", (vers 1) "hiver" (vers 2), et le printemps avec "bel arbre vert" (vers 12), feuilles (vers 18) qui nous rappelle les saisons dans le poème de Francis Ponge. Ce poème est un dialogue entre un Homme et un arbre. C'est l'Homme qui parle d'abord "Veux-tu, bon arbre, être timon de charrue?" (vers 7) puis l'arbre dans une deuxième partie "laissez-moi mes branches" (vers 34), " Je suis l'arbre des bois" (vers 32). L'arbre est donc personnifié tout comme l'avait fait Ponge en personnifiant les feuilles des arbres comme les paroles des hommes. L'homophone "chaînes" et "chênes" des vers 37 et 38 montre la soumission des arbres, ils sont, comme, attachés et doivent faire ce que l'Homme dit. Cela peut aussi faire référence aux forçats que l'on attachaient pour travailler de force vers le XVIII et XIXeme siècle. On retrouve cette soumission chez Ponge avec les arbres qui ne peuvent pas faire autre chose : "Tente encore une feuille! — La même! Encore une autre! La mème" Les Hommes dévastent la nature, ici les arbres, pour satisfaire leurs besoins. Victor Hugo utilise l'ironie pour dénoncer cette destruction comme avec les vers 2 et 3 "nous avons bien froid. Veux-tu, bon arbre, être dans mon foyer la bûche de Noël ?". Il dénonce les attitudes des Hommes envers la nature personnifiée donc entre les hommes eux mêmes, tout comme Francis Ponge qui lui dénonce une autre attitude des Hommes envers les autres avec le flot incessant de paroles qui en devient même insupportable pour lui.

"Correspondances", les fleurs du mal

La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L'homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l'observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. II est des parfums frais comme des chairs d'enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, - Et d'autres, corrompus, riches et triomphants, Ayant l'expansion des choses infinies, Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857

Le rêve, du Douanier Rousseau, 1910

"Correspondances", les fleurs du mal

J'ai choisi ce cinquième poème de Charles Baudelaire en rapport avec celui de Francis Ponge car tout d'abord Baudelaire exprime dans son poème "correspondances" son spleen, qui désigne sa profonde mélancolie née de son mal de vivre. On retrouve ce sentiment désabusé également chez Francis Ponge qui préfère l'arrivée du silence, représentée par l'automne plutôt que le printemps et sa parole abondante, inutile et répétitive. On peut relever également qu'il s'agit ici d'une correspondance pour Baudelaire avec des paroles qui s'échangent en opposition avec le poème de Ponge où là les paroles ne s'échangent pas mais sont un flot discontinu, sans singularité et uniformisé. De plus dès les deux premiers vers des fleurs du mal il évoque une "nature laissant parfois sortir de confuses paroles". Cette confusion est reprise par Ponge qui lui décuple cette feuillaison des arbres et donc cette prise de parole. De plus ils utilisent tous les deux en grande partie le temps du présent, présent de vérité générale comme pour mettre une universalité dans leurs propos. On remarque la présence d'une synesthésie "les parfums, les couleurs, les sons" (vers 8), dans le poème de Baudelaire qui associe des perceptions différentes. Ponge utilise également cette figure de style en utilisant la vue avec les très nombreuses feuilles vertes des arbres toutes symétriques et l'ouie avec les paroles entendues. De plus les 2 poètes ont recours à l'hyperbole, en exagérant et amplifiant ce qu'ils décrivent : "l'expansion des choses infinies" et "Ils croient pouvoir dire tout, recouvrir entièrement le monde de paroles variées". L'esthétique de la nature est dans ces deux poèmes dénaturées : pour Baudelaire la nature devient "corrompu, riche, triomphant" et pour Ponge, la nature ici les arbres ne sont même pas capable de garder les oiseaux sur leurs branches.

"La nature à l'homme", Poésies Philosophiques

Dans ce sixième poème de Louise Ackermann, l'Homme parle à la nature "Repose toi Nature!". (vers 3 ). Cela rappelle les paroles des Hommes du poème de Ponge qui est personnifié par les bourgeons. Ici la Nature est personnifiée, elle parle tout au long du poème ce qui nous rappelle la personnification des arbres du poème de Ponge. On remarque dans ce poème un changement de saison avec le vers 37 "j’entasse à la fois naissances, funérailles" les naissances pour le printemps avec les bourgeons des arbres et les funérailles quand il n'y a plus de fleurs en l'hiver : images que l'on retrouve dans "le cycle des saisons". Dans ce poème la Nature maintient en continu son activité de donner naissance à des êtres. "Quand je crée ou détruis avec acharnement" (vers 38) "préparer mes entrailles pour ce suprême enfantement ?" (vers 40). On peut faire le parallèlle avec le poème de Francis Ponge car les arbres produisent énormement de bourgeons et feuilles lors du printemps donc la parole des Hommes est incessante et ce poème montre que la nature ne s'arrêtera jamais, c'est une "ouvrière immortelle".

"Le voyageur contemplant une mer de nuages" de Caspar David Friedrich, 1818

A Aurore

La nature est tout ce qu’on voit, Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime. Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit, Tout ce que l’on sent en soi-même. Elle est belle pour qui la voit, Elle est bonne à celui qui l’aime, Elle est juste quand on y croit Et qu’on la respecte en soi-même. Regarde le ciel, il te voit, Embrasse la terre, elle t’aime. La vérité c’est ce qu’on croit En la nature c’est toi-même. George Sand, 1873

Saint-Georges-Majeur au crépuscule Claude Monet, 1912

A Aurore

Dans ce septième poème de George Sand, la Nature prend une place essentielle. On le releve grâce au parallèlisme de la strophe 1 "La nature est tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime, Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit." (vers 2 et 3). Tout comme le poème de Francis Ponge qui personnifie la nature, les arbres pour parler du langage incessant des Hommes. Le titre "à Aurore" n'est pas du au hasard, c'est le nom original de George Sand, elle s'est dédiée ce poème. Elle exprime, de son point de vue, ce qu'est la nature pour elle. Le poème de Ponge permet d'avoir également son point de vue mais cette fois-ci pas sur la nature mais sur le langage des Hommes. Nous avons donc dans les 2 poèmes le point de vue des poètes sur un sujet. J'ai choisi ce poème car c'est un poème lyrique tout comme celui de Francis Ponge. Les poètes expriment leurs sentiments et leurs émotions par le moyen de rythmes et d'images. Lyrique, car dans le poème "à Aurore" on peut relever le pronom personnel "toi" "te" et "t'"qui indique que l'auteur s'adresse au lecteur.C'est bien elle qui parle et qui donne ses propres sentiments (je). Dans le poème de Ponge les mots comme " Las", "vomissement" nous font comprendre les sentiments négatifs du poète. De plus, les deux poèmes 'A Aurore' et 'Le cycle des saison' sont deux poèmes qui montrent une musicalité. En effet les poèmes sont rythmés. Dans le poème 'à Aurore' on peut relever des rimes croisées, avec des épiphores et la répétition des derniers mots de chaque vers "voit, aime, croit, soi-même". De plus, des vers 4 à 10 les vers sont des octosyllabes : trois quatrains d'octosyllabes aux rimes croisées ce qui rythme davantage le poème. Dans le poème de Francis Ponge, cette musicalité est représentée elle aussi mais cette fois par des assonnances en"o" "paroles, un flot, un vomissement" et des allitérations en "s" "nos troncs, pensent-ils, sont là pour tout assumer", des phrases exclamatives et des phrases nominales, courtes, qui permettent de mettre du ton et du mouvement. Comme l'a fait Ponge, George Sand, utilise une image de la nature pour dire au lecteur que la nature est très importante et qu'elle est partout autour de nous. Image renforcée grâce aux parallélismes des strophes 1 et 2 "Elle est belle pour qui la voit, Elle est bonne à celui qui l’aime, Elle est juste quand on y croit".

La montre

comme l’on s’amuse bien la beauté de la vie passe la douleur de mourir mon cœur les yeux l’enfant Agla la main Tircis semaine l’infini redressé par un fous de philosophe les Muses aux portes de ton corps le bel inconnu et le vers dantesque luisant et cadavérique les heures Il est – 5 Et tout sera fini Guillaume Apollinaire, 1918

La montre

J'ai choisi ce huitième poème de Guillaume Apollinaire qui est un calligramme car il est sous certains aspects en opposition avec le poème de Ponge. En effet dans son caligramme représentant une montre, le poète représente une vie comme étant la durée du cadran de l'horloge. Ce temps qui passe, représentant une vie, semble rapide, "heures", "semaine" et se termine à une heure précise, à 12 h "Et tout sera fini". Il n'y a pas de renouveau. La vie commence et s'arrête et il faut en profiter car un tour passe vite. En opposition donc car Francis Ponge décrit les paroles de la vie des hommes, lui, comme un cycle avec des "saisons" qui se renouvellent sans cesse. La vie est un perpétuel recommencement. Il ne semble pas avoir de fin puisque dès qu' un cycle se termine, un autre reprend. Puis on peut relever une nouvelle opposition entre ces deux poèmes, en effet Appolinaire décrit la vie comme un moment plein d'effervescence il utilise l'accumulation et l'énumération "mon cœur, les yeux,l’enfant,Agla"... Cela permet de renforcer cette idée de la vie qui passe de façon rythmée, heureuse avec les plaisirs de la vie et de la chair. Pas une minute sans plaisir, Il se passe plein de choses tout le temps à chaque heure de la montre il y a un mot, il n'y a pas de pause. Alors que dans "le cycle des saisons", Ponge nous décrit la vie comme ennuyeuse, las il se passe toujours la même chose dans un renouvellement constant. Francis Ponge préfère même l'automne pour revenir au "taciturne état". Il évoque plutôt la tristesse et la monotonie de la vie : seul compte le tronc vertical, solide et essentiel. Enfin, grâce cette calligraphie le poète séduit, surprend, amuse le lecteur et marque presque une complicité avec lui "on s'amuse bien" (utilisation du pronom personnel on) Il l'entraine dans sa vie effreinée. Alors qu'au contraire le poème de Francis Ponge qui est en prose,est plus négatif, il se passe toujours la même chose et il met une distance avec le lecteur qui devient spectateur de cette vie qu'il observe et des paroles qu'il entend.

La voix

Une voix, une voix qui vient de si loin Qu'elle ne fait plus tinter les oreilles, Une voix, comme un tambour, voilée Parvient pourtant, distinctement, jusqu'à nous. Bien qu'elle semble sortir d'un tombeau Elle ne parle que d'été et de printemps. Elle emplit le corps de joie, Elle allume aux lèvres le sourire. Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine Qui traverse les fracas de la vie et des batailles, L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages. Et vous ? Ne l'entendez-vous pas ? Elle dit "La peine sera de courte durée" Elle dit "La belle saison est proche." Ne l'entendez-vous pas ? Robert Desnos, 1944

The voice, d'Edvard Munch, 1893

La voix

J'ai choisi ce neuvième poème de Robert Desnos car pour lui, les échanges entre les Hommes par l'intermédiaire d'une voix font du bien "elle emplit le corps de joie" (vers 7), "elle allume aux lèvres le sourire" (vers 8) contrairement à Francis Ponge qui, lui, ne veut plus de bavardages inutiles c'est un "vomissement", il attend le retour du "taciturne état", l'automne, la solitude. Dans le titre "la voix" on peut reconnaître l'homophone " la voie" qui montre que les échanges des Hommes sont bénéfiques et qu'ils peuvent nous montrer le chemin en nous conseillant et en nous guidant alors que dans celui de Ponge les paroles sont uniformes et ne peuvent changer" « L'on ne sort pas des arbres par des moyens d'arbres", personne ne peut donc nous guider. Les bavardages sont tous les mêmes, ils ne changent pas "Toujours la même feuille, toujours le même mode de dépliement". Dans le poème "la voix" , le poète parvient à entendre une seule et unique voix qui vient de loin "une voix qui vient de si loin" (vers 1), comme un murmure "voilée" (vers 3), "sortir d'un tombeau" (vers 5), "murmure" (vers 11). Cette voix donne de l'espoir grâce à son apaisement parlant des saisons du renouveau "Elle ne parle que d'été et de printemps". En contradiction, chez Ponge, ces voix sont très proches et abondantes : "encore des paroles", " n'importe quelles paroles", " complète de paroles" et n'apportent pas d'apaisement. La voix est évoquée au singulier, ce qui lui donne une force sacrée et singulière que n'ont pas les bavardages des feuilles du poème de Francis Ponge.