Fiche de lecture par Célya BOUVIER portant sur l'ouvrage :
Les grands discours de l'histoire
KEVIN LABIAUSSE
Sommaire
Classement des discours selon leurs thématiquesRéaction à trois textes du recueilTrois textes du recueil encore d'actualitéQuel est le discours le plus efficace?Mon discours à l'assemblée nationale
Question 1
Il convient de souligner que certains discours peuvent aborder plusieurs thèmes simultanément et que certaines parties peuvent être interprétées différemment en fonction du point de vue adopté. Par conséquent cette classification est non exhaustive.
Religion
Question 1
Parmi les discours de ce recueil, nous pouvons distinguer un thème commun aux quatre premiers qui sont celui de Moïse : « Les dix commandements », celui de Jésus de Nazareth : « sermon sur la montagne », celui de Mahomet : « Les versets sur la prière » ou encore celui de Saint François D’assise : « Le sermon aux oiseaux ».
En effet, ces quatre discours évoquent la religion. Dans son discours, Moïse énonce les commandements aux Hébreux, Jésus, lui, énonce « les règles du christianisme » tandis que Mahomet traite de la direction que les musulmans doivent avoir lors de la prière. Saint François d’assise, lui, demande à des oiseaux d’être reconnaissant envers Dieu.
De surcroît, l’omniprésence du champ lexical de la religion dans ces quatre déclarations souligne ce thème commun, nous pouvons relever « L’Éternel » « Dieu » « commandements » dans le premier discours, mais encore « Royaume des cieux » « Dieu » « prophètes » « géhenne » « offrande » « autel » « Seigneur » « Père céleste » dans le deuxième. Nous pouvons de même relever : « sacré » « Seigneur » « Dieu » « Qibla » « Apôtre » « priant » « prophètes » « croyants » « prière » « bénédictions » « pèlerinage » « maison sainte » « péché » dans la prise de parole de Mahomet, et également : « Dieu » « votre Créateur » dans celle de Saint François d’Assise.
Militaire
Question 1
Les discours d’Elizabeth 1ere d’Angleterre : « Discours aux troupes à Tilbury », de Napoléon Bonaparte : « Adieux de Fontaine-bleau à la vieille garde », d’Abraham Lincoln : « Discours de Gettysburg », de Charles de Gaulle : « Appel à la résistance » et celui de Winston Churchill : « Discours de Fulton » semblent converger vers un même thème.
Ce thème commun est un thème militaire dans la mesure où dans son discours, Elizabeth 1ère d’Angleterre jure sur Dieu qu’elle se battra coûte que coûte avec ses soldats à la suite d’une invasion qu’elle dit ne pas savoir tolérer. Napoléon Bonaparte, lui remercie son unité militaire, « La vieille garde », pour les efforts accomplis et dit qu’il souhaite les voir heureux en servant la patrie. De même, lors de sa prise de parole, Abraham Lincoln inaugure un cimetière militaire sur un champ de bataille en pleine guerre de sécession, il encourage d’ailleurs à continuer de se battre pour finir la tâche pour laquelle ceux qui sont morts se battaient afin qu’ils ne soient pas morts en vain. Également, avec son appel à la résistance, Charles de Gaulle met en avant la nécessité de garder espoir et de continuer à résister aux allemands par rapport à l’armistice du 22 juin 1940 après l’invasion allemande en France.
De la même façon nous pouvons dégager un thème militaire du discours de Fulton car il a marqué le début de la Guerre froide et a été considéré comme un appel à la coopération transatlantique et un soutien aux pays qui luttent pour leur liberté et leur indépendance. De surcroît, nous notons la présence du champ lexical de la guerre, du combat voir du conflit dans l’ensemble de ces discours. En somme, dans le premier discours nous observons l’usage de : « foule armée » « combat » « battre » « armes » « général » mais encore « guerres » « armées » « l’armée » « guerre » « général » dans le second discours. De même nous distinguons l’usage de « guerre » « champ de bataille » « combattants » dans le discours d’Abraham Lincoln l’usage des mots : « armées » « défaite » « combat » « victoire » « guerre » « bataille » « officiers » « soldats » « armes » « armement » dans celui de Charles de Gaulle ou encore « guerre » « stratégique » « sécurité » « destruction » « lutter » « force armée » « victoire » « maréchal » « agression » « combattu » dans celui de Winston Churchill.
Politique
Question 1
Au sein de ce recueil de discours, ceux de Victor Hugo : « Discours sur l’Afrique », de Gandhi : « Discours de Bénarès », d’Adolf Hitler : « Discours aux Jeunesses hitlériennes », de Mikhaïl Gorbatchev : « Discours de démission », de Nelson Mandela : « Discours d’investiture » et celui de George Walker Bush : « Discours au Congrès » ont une similarité, il s’agit de discours politiques.
En effet, Victor Hugo met en avant son idéologie politique, il exalte la colonisation de l’Afrique, il souhaite que l’Europe l’envahisse. Tandis que Gandhi, lui, au contraire, prône l’indépendance de l’Inde, ce qui est un point de vue politique. Le dictateur Adolf Hitler, dans son discours aux jeunesses Hitlériennes, réalise une propagande (d’après Le Robert : Action exercée sur l'opinion pour l'amener à avoir et à appuyer certaines idées, surtout politiques), il souhaite qu’elles forment un peuple obéissant, patriote. Concernant le discours de Mikhaïl Gorbatchev, il annonce sa démission (il était président de l’URSS). Il parle notamment des réformes mises en place, de la chute du totalitarisme. Ce discours marque d’ailleurs la chute de l’URSS. Ainsi il s’agit d’un discours politique tout comme le discours de Nelson Mandela dans la mesure où il s’agit d’un discours juste après son élection, il y annonce son idéologie, il souhaite une Afrique du Sud sans racisme et sans sexisme.
Le discours au Congrès du président George Walker Bush datant du 20 septembre 2001 également est un discours politique car il a affirmé la détermination des Etats-Unis à anéantir le terrorisme, à faire justice des attentats du 11 septembre et à exiger de l'Afghanistan qu'il livre les terroristes d’Al-Qaida présents dans leur pays. De plus, il a aussi remercié le monde entier pour son soutien. Ce discours aborde donc des questions de sécurité nationale. Nous pouvons relever l’usage de mots du champ lexical politique que ce soit dans le discours de Victor Hugo : « civilisation » « nations » « colonisateurs » « liberté » ou dans celui de Gandhi avec « concitoyens » « Congrès » « présidence » « gouverner » « vice-roi » « anarchiste » « droit » « liberté ». Nous pouvons également en relever dans les autres discours, dans celui d’Adolf Hitler avec notamment « peuple » « pacifiques » « drapeau », dans celui de Mikhaïl Gorbatchev avec par exemple « compatriotes » « concitoyens » « président » « État » « Union » « républiques », dans celui de Nelson Mandela avec des mots tels que : « liberté » « compatriotes » « patrie » « idéologie » « démocratie », dans celui de George Walker Bush avec entre autres : « Présidents » « Chambre » « Union » « terroristes » « liberté » « citoyens » etc…
Paix
Question 1
L’idée de paix est aussi induite dans le discours de Yasser Arafat dans lequel il réitère l’indépendance de la Palestine, il souhaite la fin des incessants conflits avec Israël soulignés par l’énumération : « l’occupation, l’injustice et les crimes barbares commis quotidiennement par les occupants israéliens » mais avant tout, il souhaite la paix comme le dépeint cette autre énumération : « la mise en place des bases d’une paix juste, fondée sur la garantie des droits, des espoirs et des aspirations de notre peuple et de l’égalité des droits pour tous les hommes » ou encore cette généralisation : « Je vous affirme que nous sommes, comme tous les autres peuples sur terre, un peuple qui aspire à la paix ». De même pour Dominique de Villepin, la paix est une idée qui transparaît dans son discours, dans lequel il énonce qu’il souhaite une solution pacifique à la crise en Irak, il souhaite un « désarmement dans la paix », la continuité des inspections plutôt qu’une intervention militaire. Tout cela est souligné par exemple par les interrogatives : « Une telle intervention ne risquerait-elle pas d'aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme ? » « En quoi la nature et l'ampleur de la menace justifient-elles le recours immédiat à la force ? Comment faire en sorte que les risques considérables d'une telle intervention puissent être réellement maîtrisés ? »
Par ailleurs, les discours de Pierre de Coubertin : « Le manifeste olympique », de Yasser Arafat : « Discours à l’assemblée générale des Nations Unies » et de Dominique de Villepin : « Discours au conseil de sécurité de l’ONU » sont tous traversés par une idée centrale, la paix, la résolution de conflits.
En effet, Pierre de Coubertin souhaitait le rétablissement des Jeux Olympiques qu’il décrit comme étant une œuvre « grandiose » et « bienfaisante ». Le sport est vu comme un moyen de rassembler les nations. Pour lui cela favoriserait la paix comme le souligne l’hyperbole à la fin de cet extrait : « Il y a des gens que vous traitez d'utopistes lorsqu'ils vous parlent de la disparition de la guerre et vous n'avez pas tout à fait tort, mais il y en a d'autres qui croient à la diminution progressive des chances de guerre et je ne vois pas là d'utopie. Il est évident que le télégraphe, les chemins de fer, le téléphone, la recherche passionnée de la science, les congrès, les expositions ont plus fait pour la paix que tous les traités et toutes les conventions diplomatiques. Eh bien j'ai espoir que l'athlétisme fera plus encore ». Pour lui juste l’athlétisme peut faire bien plus que les autres avancées technologiques et diplomatiques dans la promotion de la paix.
Liberté
Question 1
Au sein de ce corpus de discours, certains partagent le thème de la liberté, il s’agit du discours de Saint Just : « Discours au procès de Louis XVI » et celui de John Fitzgerald Kennedy : « Discours de Berlin-Ouest ».
En effet, dans son discours, Saint Just évoque la liberté dans le contexte de la Révolution française face au roi Louis XVI, qu’il dépeint comme un tyran.
Le discours de Fitzgerald Kennedy également évoque la liberté, cette fois dans le contexte de la guerre froide, la liberté face au communisme. Dans ce discours, il dénonce notamment le mur de Berlin qui oppresse les libertés des Berlinois (Ceux à l’Est ne peuvent pas se rendent à l’Ouest comme ils le souhaitent et inversement, ce mur a d’ailleurs séparé beaucoup de familles).
Tout au long de ces deux discours nous pouvons relever la répétition du mot « liberté ».
Inégalités
Question 1
Les discours de Martin Luther King : « discours de la marche de Washington » et celui de Mère Teresa : « Discours pour son prix Nobel de la paix » abordent tout deux la thématique des inégalités.
Effectivement, dans son discours, Martin Luther King parle de son souhait que les personnes noires aient les mêmes droits civiques que les personnes blanches aux États-Unis. Il s’agit d’une dénonciation d’une inégalité, en l’occurrence, une inégalité raciale (la ségrégation). L’anaphore : « Mais cent ans plus tard, les Noirs ne sont toujours pas libres. Cent ans plus tard, les Noirs sont toujours entravés par les fers de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, les Noirs vivent toujours isolés sur une île de pauvreté, au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, les Noirs se morfondent toujours en marge de la société américaine et se retrouvent étrangers à leur propre terre. » souligne ces inégalités.
De même pour Mère Teresa, son discours aborde la thématique des inégalités, cette fois les inégalités économiques. En effet, elle y dénonce la pauvreté et souhaite que les gens aident les personnes atteintes par ce fléau plutôt que de les dénigrer. L’utilisation de la 2ème personne du pluriel lors de son discours par exemple dans ces phrases (où il y a par ailleurs une répétition du mot « ici ») : « Je m’adresse donc à vous ici. Je veux que vous trouviez les pauvres ici, d’abord directement dans votre pays. Et que vous commenciez à les aimer ici. » attire l’ouïe des spectateurs et traduit sa volonté d’aider ces personnes.
Plaidoirie
Question 1
Pour finir, le discours de Charles 1er : « Discours avant son exécution » ainsi que celui de Fidel Castro : « Plaidoirie à son procès » sont tous deux des discours de défense, de plaidoirie.
En effet, dans le premier discours qui a eu lieu juste avant son exécution, Charles 1er déclare son innocence par rapport aux crimes dont le parlement l'a accusé comme l’attestent les modalisateurs mélioratifs employés à son égard : « honnête homme » « bon Roi »« bon Chrétien » « innocent » ou encore l’assertion : « Chacun sait que ce n'est pas moi qui ai entamé la guerre contre les deux chambres du Parlement ». Il nie les accusations portées contre lui.
En outre, le discours de Fidel Castro a lieu durant son procès, il est son propre avocat, en plus de dénoncer le pouvoir en place il se défend. Le champ lexical du jugement avec par exemple les mots : « avocat » « accusé » « droit pénal » « crime » « loi » « procureur » employé lors de son discours attestent du fait qu’il s’agit d’un discours de défense, de plaidoirie.
Question 2
Premièrement, le discours de Victor Hugo sur l’Afrique m’a choquée. Il parle de l’Afrique comme un territoire de sauvages comme l’indiquent les deux parallélismes : « La méditerranée a sur l’un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute la civilisation, et de l’autre, toute la barbarie. » (l.15 à 18) ou encore cet autre parallélisme « peuplée, c’est la barbarie, déserte, c’est la sauvagerie »(l.53-34). Il la qualifie même « d’Afrique farouche » (l.52) qui n’aurait d’ailleurs « pas d’histoire » (l.29)
Dans l’ensemble de son discours il encourage et exalte la colonisation de l’Afrique, pour lui, ce continent n’appartient à aucun peuple et l’Europe serait dans son droit de s’en emparer comme le dépeint l’emploi de l’impératif dans une suite d’exclamation et d’interrogations : « Allez, Peuples ! emparez-vous de cette terre. Prenez-là. À qui ? À personne ! » (l.67).
Je trouve cela méprisant et réducteur pour les peuples africains. De plus, vers la fin de sa prise de parole il dit que cette colonisation serait un acte de fraternité comme le traduit le parallélisme « non pour la conquête mais pour la fraternité » (l.74) ce que je trouve contradictoire et mensonger dans les faits.
Ainsi, ce discours m’a indignée, surtout venant d’un homme comme Victor Hugo, souvent encensé. Cependant, je pense que ma position et ma réaction sur ce discours est liée à l’époque à laquelle je vis, en effet, de nos jours, de tels discours sont bien sûr scandalisants mais à l’époque de cet écrivain du 19ème siècle, ce genre de propos était malheureusement courant.
Question 2
Je garderai en mémoire le « discours de la marche de Washington » de Martin Luther King qui m’a émue. En effet, dans celui-ci Martin Luther King veut pousser la communauté noire à ne pas perdre espoir face à la ségrégation. Pour se faire il s’appuie sur la condition des personnes noires aux États-Unis à l’époque. Une condition que je trouve affligeante comme en témoigne l’anaphore : « Mais cent ans plus tard, les Noirs ne sont toujours pas libres. Cent ans plus tard, les Noirs sont toujours entravés par les fers de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, les Noirs vivent toujours isolés sur une île de pauvreté, au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, les Noirs se morfondent toujours en marge de la société américaine et se retrouvent étrangers à leur propre terre. » . Plus loin dans son discours il parle aussi du fait qu’il y avait alors des panneaux « Réservé aux blancs ». Cette situation est pathétique. De fait, ces panneaux sont le symbole de la discrimination systématique et institutionnalisée des afro-américains aux États-Unis sous la période de ségrégation raciale. En tant qu’adolescente aujourd’hui je trouve que ce sont le symbole d’une situation pathétique dans le sens où cette période de ségrégation raciale complètement assumée (on affiche des panneaux) provoque une émotion forte, c’est révoltant et saisissant. De plus, ce qui est impressionnant dans son discours est sa volonté d’agir, d’agir sans violence (à sa place je pense que beaucoup auraient souhaité le faire justement avec violence, pour cesser tout cela rapidement, par fatigue) comme le souligne l’impératif : « Ne laissons pas notre démarche constructive dégénérer en violence destructive. » .
De surcroît, son espoir qui perdure malgré les conditions difficiles est saisissant, il croît réellement en un monde meilleur, ce qui je pense fait sa force, comme le dépeint la longue anaphore vers la fin de son discours : « Je fais le rêve qu’un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité [… ] Je fais le rêve qu’un jour chaque vallée sera élevée, chaque colline et montagne abaissée, que les terres rocailleuses seront aplanies, et que la gloire du Seigneur sera révélée à tous. » .
Question 2
Le discours d’Adolf Hitler aux Jeunesses Hitlériennes, quant à lui, bien que court, m’a sidérée. En effet, c’est un rappel troublant de sa cruauté et de la façon dont il manipulait des adolescents afin d’assouvir ses projets antisémites. La manipulation a pour but de contraindre l'interlocuteur à agir d'une certaine manière, souvent sans qu'il soit conscient de l'intention manipulatrice. Dans son discours, Hitler manipule ces jeunes à être patriotes en utilisant des termes comme « chair de notre chair » et « sang de notre sang » afin de renforcer leur sentiment d’appartenance à l’Allemagne ce qui les pousse notamment à être fier du pays. Par conséquent, ces jeunes à qui il s’adresse se sentiront importants pour l’Allemagne et agiront donc dans l’intérêt d’Hitler (adhésion à sa vision politique), ils auront un comportement soumis à l’autorité du parti. De plus, en utilisant la peur et l’intimidation, Hitler pousse ces jeunes à être obéissants et pacifiques comme le souligne ce parallélisme qui met de la force dans les propos du dictateur : « Nous voulons un peuple obéissant. Et vous devez apprendre l'obéissance. Nous voulons que ce peuple soit pacifique, mais aussi courageux. Et vous devez être pacifiques. Vous devez être pacifiques et courageux à la fois. Nous ne voulons pas que ce peuple s'affaiblisse, mais qu'il soit fort, et pour cela, vous devez vous endurcir, jeunes. ». Hitler induit que s’ils ne le sont pas l’Allemagne s’affaiblira. De plus le terme « obéissant » me marque car il traduit sa dictature affreuse. Le fait qu’il répète les termes « obéissants » et « pacifiques » plusieurs fois les rend mémorables. La propagande étant les actions exercées pour amener un groupe de personnes à adopter certaines idées, surtout politiques, nous pouvons qualifier ce texte de propagande à l’égard des jeunes allemands, car il les incite à suivre aveuglement les ordres du régime nazi. En outre, l’adolescence et l’enfance étant le moment de notre vie où nous nous forgeons notre avis sur les choses, manipuler des jeunes parait plus simple. La façon dont il parle de l’Allemagne afin d’inciter ces jeunes à être patriotes est écœurante car il pensait réellement que sa politique antisémite faisait de ce pays un état exemplaire, admirable.
Question 3
Certains des discours retranscris dans cet ouvrage dénoncent des choses toujours d’actualité. C’est le cas pour le discours de Mère Teresa : « Discours pour son prix Nobel de la paix ». En effet, dans son discours, elle dénonce les inégalités économiques et la pauvreté. Elle appelle à l’action. Cependant, ces problèmes sont toujours d’actualité, effectivement, l’extrême pauvreté perdure partout dans le monde. Selon l’Oxfam (ONG) en mars 2023, près de 700 millions de personnes sont en situation d’extrême pauvreté, en d’autres termes, 700 millions de personnes vivent avec moins de 2,15 dollars par jour. Cependant, il s’agit seulement du seuil de « pauvreté extrême » établit par la banque mondiale, elle a aussi établi un autre seuil indicateur de la pauvreté : 6,85 dollars par jour. Concernant ce dernier seuil, 47% de la population mondiale vit en dessous. Autrement dit, près de 1 personne sur 2 vit avec moins de 6,85 dollars par jour dans le monde. Ces données témoignent de la pauvreté qui sévit dans le monde encore aujourd’hui, 44 ans après le discours de Mère Teresa. La pauvreté risque notamment d’augmenter face à l’inflation liée soit à l’impact économique du Covid-19 encore présent dans de nombreux pays ou encore les différents conflits (nous pouvons citer le conflit qui oppose l’Ukraine à la Russie à titre d’exemple).
Question 3
Le fait que le jour où il a effectué cette tuerie soit le même que le chiffre gravé sur son arme n’est pas une coïncidence, cela fait écho chez les communautés racistes aux États-Unis à un slogan de l’écrivain David Lane : « nous devons protéger l’existence de notre peuple et assurer un futur pour les Blancs ». Le tueur de Buffalo avait écrit dans des messages ainsi que dans un manifeste déjà plusieurs mois avant le massacre qu’il avait l’intention de tuer des personnes noires et qu’il prévoyait de cibler un quartier précis de Buffalo en raison de la forte proportion d’Afro-Américains qui y vivent. Tout cela démontre clairement la persistance du racisme chez l’Oncle Sam de nos jours.
C’est aussi le cas pour le discours de Martin Luther King : « discours de la marche de Washington ». Effectivement, dans son discours, Martin Luther King parle de son souhait que les personnes noires aient les mêmes droits civiques que les personnes blanches aux États-Unis. De manière générale, il dénonce, condamne le racisme. Bien qu’aujourd’hui les personnes noires ont les mêmes droits que les personnes blanches aux États-Unis, ce fléau qu’est le racisme est malheureusement toujours présent. Le mouvement Black Lives Matter de mai 2020 à la suite de la mort de George Floyd le souligne. Ce mouvement se dresse contre le racisme systémique, le profilage racial, et les violences policières subies par les personnes noires. Selon l’Express, en 2020, les afro-américains ont 2,5% de risques supplémentaires de se faire tuer par la police. La même année d’après le New York Times et à la suite d’une étude menée par des chercheurs de l’université de Rutgers, un adolescent afro-américain sera sujets à cinq actes racistes par jour. De plus, en 2018, selon l’Economic Policy Institute, les ménages noirs perçoivent près de 30 000 dollars de moins par an que les ménages blancs. Un chiffre qui pourrait s’expliquer par le fait que le taux de chômage dans ce pays est plus élevé chez les personnes noires. Afin d’illustrer davantage le racisme aux États-Unis, nous pouvons mentionner également Payton Gendron, surnommé « Le tueur de Buffalo » qui vient tout juste d’être condamné en février 2023 après avoir tué dix personnes noires le 14 mai 2022. Après s’être garé dans le parking d’un supermarché, équipé notamment d’une caméra diffusant son acte en direct, le jeune homme a commencé à tirer à l’aide d’une arme sur laquelle était gravée le chiffre « 14 ».
Question 3
Il en est de même pour le discours de George Walker Bush : « Discours au Congrès ». Dans ce discours, monsieur Walker Bush blâme de manière forte le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 revendiqués par Al-Qaida. Le terrorisme islamiste est encore un problème d’actualité.
En 2022, Shihab Ahmed Shihab, un Irakien lié à l’État Islamique (organisation terroriste) a été inculpé après avoir tenté d’organiser l’assassinat de George Walker Bush.
De plus, il se déroule actuellement le procès d’attentats très meurtriers ayant eu lieu en Belgique, il s’agissait de trois attentats suicides à la bombe à Bruxelles. Ces attentats ont fait trois cent quarante blessés et trente-deux morts et sont revendiqués par l’État Islamique.
Nous pouvons aussi aborder l’interpellation d’un jeune adolescent de quatorze ans en début avril en France, soupçonné d’ourdir une action violente. Le jeune passionné de chimie et d’explosifs était rentré en contact avec un membre de l’État Islamique, il avait aussi des vidéos de propagande enregistrées sur son ordinateur. Cette affaire met aussi en lumière la manipulation effectuée par ces groupes terroristes.
De surcroît, en Autriche, en 2020, il y a aussi eu lieu une attaque terroriste revendiquée par l’État Islamique, cette dernière a fait quatre morts et plusieurs blessés.
Plus récemment, le 4 avril 2023, c’est cinq hommes qui ont été arrêtés en Suède car soupçonnés de planifier un attentat, ils sont « considérés comme ayant des liens internationaux avec l’extrémisme islamiste violent » a annoncé le service de sureté suédois.
Ainsi, tout cela prouve que le terrorisme islamiste est encore une menace.
Question 4
Selon moi le discours le plus efficace parmi ce recueil est le discours de Fidel Castro « Plaidoirie à son procès ». Dans son discours, ce dernier dénonce notamment la dictature et la souffrance du peuple cubain.
Il cherche d’abord à convaincre les auditeurs par rapport à l’article utilisé pour le condamner, celui-ci parle de pouvoirs constitutionnels au pluriel, or, Fidel Castro souligne qu’il s’agirait d’un seul pouvoir en place, anticonstitutionnel. Les auditeurs sont appelés à utiliser leurs capacités d’analyse logique et la progression de son discours est marquée par l’utilisation de connecteurs logiques : « En premier lieu » « En second lieu ». Ainsi, cette partie de son discours où il se défend est très claire et logique. Il y utilise aussi des interrogatives pour interpeller le procureur et donc l’encourager à partager sa position : « Dans quel pays vit monsieur le procureur ? Qui lui a dit que nous avons encouragé la révolte contre les pouvoirs constitutionnels de l’État ? ». Après cela il emploi la première personne du pluriel ce qui permet au procureur (au sens plus large, tous les cubains) de se retrouver dans ses propos : « La dictature qui opprime notre nation n’est pas un pouvoir constitutionnel mais anticonstitutionnel ». Fidel Castro réalise aussi une répétition du mot « Constitution » à plusieurs reprises, ce qui insiste sur l’aspect anticonstitutionnel du pouvoir en place et qui interpelle les auditeurs (cela donne de l’impact à son discours).
Question 4
De plus, par la suite, Fidel Castro va chercher à persuader les auditeurs, en faisant appel à leurs émotions, il réalise une longue énumération de données qui soulignent l’oppression, les conditions de vie désastreuses du peuple cubain : « Les six cent mille Cubains dépourvus de travail qui voudraient gagner leur pain de manière honorable sans devoir émigrer pour survivre […] supplications » Chaque donnée est d’ailleurs introduite de la même manière (il y a une anaphore avec le mot « les ») ce qui insiste, marque et touche le cœur des spectateurs. Ces conditions de vies alarmantes mises en avant par Fidel Castro d’une manière impactante peuvent pousser les auditeurs à se révolter. Il finit d’ailleurs son discours d’une manière inoubliable, très confiant et déterminé en utilisant la prolepse : « L’Histoire m’acquittera ».
Ainsi, je pense que ce discours est le plus efficace du recueil car Fidel Castro, en sa qualité de très bon orateur, a su se montrer logique, persuasif, clair, émouvant dans ses propos. Il utilise différents procédés qui interpellent le spectateur. Son discours frappe les esprits.
Cependant, il est crucial de rappeler que Fidel Castro a été qualifié de dictateur car lorsqu’il a été au pouvoir, contrairement à sa position dans ce discours, il a mené une politique autoritaire avec une chasse de ses opposants politiques, une répression des libertés civiles, une restriction des droits politiques ainsi qu’une violation des droits de l’homme. Par conséquent, bien que possédant une très grande éloquence, il n’est, je pense, pas à encenser.
Question 5
Madame la présidente de l’Assemblée Nationale, messieurs et mesdames les députés,
Je me tiens debout devant vous aujourd’hui dans le but de prendre la parole à propos d’une cause qui me tient à cœur, la précarité étudiante. Depuis des années celle-ci persiste voire augmente sans que le gouvernement n’agisse à la hauteur des enjeux. Bien évidemment des aides existent actuellement pour les plus démunis cependant, elles ne sont pas suffisantes et ne couvrent pas tous les étudiants dans le besoin, d’ailleurs, seulement un quart des étudiants touchent des bourses. Selon l’Union nationale des Étudiants de France (UNEF), entre 2017 et 2022, le prix de la vie étudiante a augmenté de 16,8%, cette augmentation est en moyenne de 6,47% globalement entre 2021 et 2022 mais les bourses, elles, ont seulement augmenté de 4%.
Malheureusement, dans de nombreux cas, les revenus des parents ne suffisent pas à l’étudiant pour vivre correctement, bon nombre d’entre eux se retrouve forcé de travailler à côté pour subvenir à leurs propres besoins et ont par conséquent moins de temps pour réviser. Ils développent donc plus de risques d’échouer à l’obtention de leur diplôme face aux étudiants issus des familles les plus riches. De plus, face à l’inflation, les parents sont encore plus dans l’incapacité d’aider leurs enfants. Ainsi, la France fait face à une vague de précarité que ce soit chez les étudiants boursiers ou non boursiers. Selon l’observatoire de la vie étudiante, en 2021, 16% des étudiants déclarent sauter des repas car ils n’ont pas les ressources financières nécessaires pour faire autrement. Quand le gouvernement compte-t-il agir ? Voir des queues qui ne cessent de grandir devant les points de distribution alimentaire ne vous fait-il pas réagir ? Récemment une loi proposant le repas du Crous à 1€ pour tous a été rejetée…C’est vrai, il ne faudrait pas que tous les étudiants de France se ruent vers le Crous ! On y mange tellement bien de toute façon, de la haute gastronomie, il est évident que même les enfants des très riches auraient voulu y aller… Quelle déception !
Selon l’UNEF, un étudiant aurait besoin de 1300€ par mois pour vivre, le loyer moyen d’un étudiant est d’environ 570€. Expliquez-moi, quelle famille peut débourser une telle somme par mois ? Quelle famille, excepté les 10% les plus riche est dans la capacité de donner autant à son enfant ? en sachant que selon l’INSEE le salaire net médian en France est de 1850€ en 2023.
De surcroît nous pouvons aussi, pour une fois, nous pencher sur les étudiants d’outre-mer, bien souvent oubliés. Étant donné votre manque d’action à ce sujet, je pense que vous devez ne pas être au courant ou du moins je l’espère : le coût de la vie et notamment des denrées alimentaires dans les DOM-TOM est beaucoup plus élevé qu’en France hexagonale. Seuls les fonctionnaires ont 40% de salaire en plus, ainsi, les familles basées en outre-mer sont encore plus dans l’incapacité d’aider financièrement leurs enfants durant leurs études car elles sont confrontées à des dépenses plus élevées. Qu’avez-vous fait pour résoudre ce problème ? Vous attribuez seulement 3 points de charges dans le système de bourse aux étudiants d’outre-mer allant étudier en France hexagonale, ce qui est très loin de compenser les dépenses supplémentaires auxquelles ils doivent faire face. De plus, malgré le fait que beaucoup de jeunes des DOM-TOM partent étudier en France hexagonale car les formations sur place ne sont pas très nombreuses ou catégorisées comme défaillantes, certains d’entre eux y restent. Mettons-nous à la place d’un étudiant aux Antilles Guyane boursier, il se rend au crous le plus proche de chez lui afin de manger. Va-t-il débourser 1 euro comme en France hexagonale ? Non, cet étudiant devra débourser 1,70€ pour son repas, soit 70% de plus !
Ainsi, les conditions de vie actuellement pour les étudiants sont alarmantes. Nous avons tous, en tant que députés une responsabilité envers ces étudiants en situation précaire. Je vous demande donc d’agir afin que leur situation s’améliore et vous remercie de votre attention.