Lettre 161, Les Lettres Persanes
Introduction
L'auteur et l'oeuvre : Montesquieu : philosophe des Lumières connu pour De l'Esprit des lois. Les Lettres persanes = roman épistolaire publié en 1721 anonymement. L'éditeur présente son livre comme un recueil de lettres fictives de Persans qu'il aurait recueillis chez lui. Cela permet d'éviter la censure. Les deux personnages principaux, Rica et Usbek, sont deux riches Persans qui ont quitté Ispahan pour rejoindre Paris. Leur séjour s'étend sur une dizaine d'années de 1711 à 1720. Ils écrivent pour raconter ce qu'ils observent à leurds proches restés en Perse et aussi à leur ami Rhédi qui voyage en Europe. Ils observent les moeurs occidentales. Montesquieu va comparer deux mondes : l'Orient et l'Occident. Ce thème est très répandu au XVIIIe siècle.
L'extrait : La lettre 161 est la dernière lettre de ce roman épistolaire. Elle est signée par Roxane, favorite du sultan Usbek. Cette dernière a été surprise dans les bras de son amant qui a été tué. Elle décide de mourir, à son tour, en s'empoisonnant. Malgré l'approche imminente de la mort, elle se révolte contre la tyrannie de son maître.
Lecture
La problématique : Comment Roxane affirme-t-elle sa liberté en mourant ?
Les mouvements : mouvement 1 : l'aveu de la tromperie mouvement 2 : la lettre d'une femme libre
I) L' aveu de la tromperie
Roxane à Usbek A Paris,
Oui, je t'ai trompé ; j'ai séduit tes eunuques ; je me suis jouée de ta jalousie ; et j'ai su de ton affreux sérail faire un lieu de délices et de plaisirs. Je vais mourir ; le poison va couler dans mes veines : car que ferias-je ici, puisque le seul homme qui me retenait à la vie n'est plus ? Je meurs ; mais mon ombre s'envole bien accompagnée : je viens d'envoyer devant moi ces gardiens sacrilèges, qui ont répandu le plus beau sang du monde. Comment as-tu pensé que je fusse assez crédule pour m'imaginer que je ne fusse dans le monde que pour adorer tes caprices ? que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d'affliger tous mes désirs ?
CONCLUSION DU MOUVEMENT
II) La lettre d'une femme libre
Non : j'ai pu vivre dans la servitude ; mais j'ai toujours été libre : j'ai réformé tes lois sur celles de la nature ; et mon esprit s'est toujours tenu dans l'indépendance. Tu devrais me rendre grâces encore du sacrifice que je t'ai fait ; de ce que je me suis abaissée jusqu'à te paraître fidèle ; de ce que j'ai lâchement gardé dans mon coeur ce que j'aurais dû faire paraître à toute la terre ; enfin de ce que j'ai profané la vertu en souffrant qu'on appelât de ce nom ma soumission à tes fantaisies. Tu étais étonné de ne point trouver en moi les transports de l'amour : si tu m'avais bien connue, tu y aurais trouvé toute la violence de la haine. Mais tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un coeur comme le mien t'était soumis. Nous étions tous deux heureux ; tu me croyais trompée, et je te trompais. Ce langage, sans doute, te paraît nouveau. Serait-il possible qu'après t'avoir accablé de douleurs, je te forçasse encore d'admirer mon courage ? Mais c'en est fait, le poison me consume, ma force m'abandonne ; la plume me tombe des mains ; je sens affaiblir jusqu'à ma haine ; je me meurs.
Du sérail d'Ispahan, Le 8 de la lune de Rebiab 1, 1720
Conclusion
Roxane est une héroïne tragique motivée par deux passions : l'amour pour son amant et la haine envers Usbek. La question des femmes et la différence des sexes est un sujet qui a fortement intéressé Montesquieu. Philosophe des Lumières, il choisit de mettre à l'honneur Roxane dans l'excipit de son roman. Grâce à elle, il dénonce l'hypocrisie, les préjugés et l'abus de pouvoir des Hommes de son temps. Ouverture : - Lettre 81, les liaisons dangereuses A travers, le personnage de la marquise de Merteuil, Laclos dénonce l'éducation des femmes au XIIIe siècle. La Marquise incarne un personnage romanesque exrtrêmement complexe, n'hésitant pas à utiliser son intelligence pour manipuler ceux qui l'entourent. La marquises se révèle comme une intellectuelle n'agissant qu'après réflexion et calcul. Elle prône l'indépendance d'esprit. Elle se rebelle en se libérant du carcan dans lequel les femmes sont enfermées. Elle peut donc aussi nous faire penser à des héroÏnes en marge comme Manon Lescaut. - Manon Lescaut
Texte 14 : lettre 161, Les Lettres Persanes
Julie
Created on April 2, 2023
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Lettre 161, Les Lettres Persanes
Introduction
L'auteur et l'oeuvre : Montesquieu : philosophe des Lumières connu pour De l'Esprit des lois. Les Lettres persanes = roman épistolaire publié en 1721 anonymement. L'éditeur présente son livre comme un recueil de lettres fictives de Persans qu'il aurait recueillis chez lui. Cela permet d'éviter la censure. Les deux personnages principaux, Rica et Usbek, sont deux riches Persans qui ont quitté Ispahan pour rejoindre Paris. Leur séjour s'étend sur une dizaine d'années de 1711 à 1720. Ils écrivent pour raconter ce qu'ils observent à leurds proches restés en Perse et aussi à leur ami Rhédi qui voyage en Europe. Ils observent les moeurs occidentales. Montesquieu va comparer deux mondes : l'Orient et l'Occident. Ce thème est très répandu au XVIIIe siècle.
L'extrait : La lettre 161 est la dernière lettre de ce roman épistolaire. Elle est signée par Roxane, favorite du sultan Usbek. Cette dernière a été surprise dans les bras de son amant qui a été tué. Elle décide de mourir, à son tour, en s'empoisonnant. Malgré l'approche imminente de la mort, elle se révolte contre la tyrannie de son maître.
Lecture
La problématique : Comment Roxane affirme-t-elle sa liberté en mourant ?
Les mouvements : mouvement 1 : l'aveu de la tromperie mouvement 2 : la lettre d'une femme libre
I) L' aveu de la tromperie
Roxane à Usbek A Paris,
Oui, je t'ai trompé ; j'ai séduit tes eunuques ; je me suis jouée de ta jalousie ; et j'ai su de ton affreux sérail faire un lieu de délices et de plaisirs. Je vais mourir ; le poison va couler dans mes veines : car que ferias-je ici, puisque le seul homme qui me retenait à la vie n'est plus ? Je meurs ; mais mon ombre s'envole bien accompagnée : je viens d'envoyer devant moi ces gardiens sacrilèges, qui ont répandu le plus beau sang du monde. Comment as-tu pensé que je fusse assez crédule pour m'imaginer que je ne fusse dans le monde que pour adorer tes caprices ? que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d'affliger tous mes désirs ?
CONCLUSION DU MOUVEMENT
II) La lettre d'une femme libre
Non : j'ai pu vivre dans la servitude ; mais j'ai toujours été libre : j'ai réformé tes lois sur celles de la nature ; et mon esprit s'est toujours tenu dans l'indépendance. Tu devrais me rendre grâces encore du sacrifice que je t'ai fait ; de ce que je me suis abaissée jusqu'à te paraître fidèle ; de ce que j'ai lâchement gardé dans mon coeur ce que j'aurais dû faire paraître à toute la terre ; enfin de ce que j'ai profané la vertu en souffrant qu'on appelât de ce nom ma soumission à tes fantaisies. Tu étais étonné de ne point trouver en moi les transports de l'amour : si tu m'avais bien connue, tu y aurais trouvé toute la violence de la haine. Mais tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un coeur comme le mien t'était soumis. Nous étions tous deux heureux ; tu me croyais trompée, et je te trompais. Ce langage, sans doute, te paraît nouveau. Serait-il possible qu'après t'avoir accablé de douleurs, je te forçasse encore d'admirer mon courage ? Mais c'en est fait, le poison me consume, ma force m'abandonne ; la plume me tombe des mains ; je sens affaiblir jusqu'à ma haine ; je me meurs.
Du sérail d'Ispahan, Le 8 de la lune de Rebiab 1, 1720
Conclusion
Roxane est une héroïne tragique motivée par deux passions : l'amour pour son amant et la haine envers Usbek. La question des femmes et la différence des sexes est un sujet qui a fortement intéressé Montesquieu. Philosophe des Lumières, il choisit de mettre à l'honneur Roxane dans l'excipit de son roman. Grâce à elle, il dénonce l'hypocrisie, les préjugés et l'abus de pouvoir des Hommes de son temps. Ouverture : - Lettre 81, les liaisons dangereuses A travers, le personnage de la marquise de Merteuil, Laclos dénonce l'éducation des femmes au XIIIe siècle. La Marquise incarne un personnage romanesque exrtrêmement complexe, n'hésitant pas à utiliser son intelligence pour manipuler ceux qui l'entourent. La marquises se révèle comme une intellectuelle n'agissant qu'après réflexion et calcul. Elle prône l'indépendance d'esprit. Elle se rebelle en se libérant du carcan dans lequel les femmes sont enfermées. Elle peut donc aussi nous faire penser à des héroÏnes en marge comme Manon Lescaut. - Manon Lescaut