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texte 15 : lettre 81, Liaisons dangereuses
Julie
Created on April 2, 2023
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Transcript
Lettre 81, Les Liaisons dangereuses
Introduction
- L'extrait étudié est la Lettre 81 extraite du roman épistolaire les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, publié en 1781. Ce roman relate les manipulations de deux libertins : la Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont qui s'allient pour se venger de l'ancien amant de la Marquise qui s'apprête à épouser une jeune fille ingénue : Cécile Volanges. - La lettre 81 s'adresse à Valmont. La Marquise y retrace son parcours, son éducation et les origines de sa personnalité. Ce passage autobiographique montre comment elle est devenue une libertine. La Marquise y affirme aussi sa supériorité sur Valmont et les autres femmes. LECTURE PROBLEMATIQUE : Comment la marquise se présente-t-elle comme un stratège ? PLAN : mouv 1: "Mais moi ... on cherchait à me cacher" --> lettre autobiographique mouv 2: "Cette utile curiosité ... qu'il m'était utile de laisser voir" --> image d'une libertine du XVIIIe siècle
I) Une lettre autobiographique
a) La Marquise au centre de l'interêt "Mais moi ... et manquer à mes principes ?"
Mais moi, qu'ai je de commun avec ces femmes inconsidérées ? Quand m'avez-vous vue m'écarter des règles que je me suis prescrite et manquer à mes principes ?
b) Une femme orgueilleuse "Je dis mes principes ... mon ouvrage"
je dis mes principes, et je le dis à dessein : car ils ne sont pas, comme ceux des autres femmes, donnés au hasard, reçus dans examen et suivis par habitude ; ils sont le fruit de mes profondes réflexions ; je les ai créés, et je puis dire que je suis mon ouvrage.
c) un auto-éloge "Entrée dans le monde ... me cacher"
Entrée dans le monde dans le temps où, fille encore, j'étais vouée par état au silence et à l'inaction, j'ai su en profiter pour observer et réfléchir. Tandis qu'on me croyait étourdie ou distraite, écoutant peu à la vérité les discours qu'on s'empressait de me tenir, je recueillais avec soin ceux qu'on cherchait à me cacher.
II) Le portrait d'une libertine
a) L'importance de la réflexion ...
Cette utile curiosité, en servant à m'instruire, m'apprit encore à dissimuler : forcée souvent de cacher les objets de mon attention aux yeux qui m'entouraient, j'essayai de guider les miens à mon gré ; j'obtins dès lors de prendre volonté ce regard distrait que depuis vous avez loué si souvent.
b) L'art de devenir une manipulatrice
Encouragée par ce premier succès, je tâchai de régler de même les divers mouvements de ma figure. Ressentais-je quelque chagrin, je m'étudiais à prendre l'air de la sécurité, même celui de la joie ; j'ai porté le zèle jusqu'à me causer des douleurs volontaires, pour chercher pendant ce temps l'expression du plaisir. Je me suis travaillée avec le même soin et plus de peine pour réprimer les symptômes d'une joie inattendue. C'est ainsi que j'ai su prendre sur ma physionomie cette puissance dont je vous ai quelquefois si étonné.
c) ... au service d'un message : la condition des femmes
J'étais bien jeune encore, et presque sans intérêt : mais je n'avais à moi que ma pensée, et je m'indignais qu'on pût me la ravir ou me la surprendre contre ma volonté. Munie de ces premières armes, j'en essayai l'usage : non contente de ne plus me laisser pénétrer, je m'amusais à me montrer sous des formes différentes ; sûre de mes gestes, j'observais mes discours ; je réglais les uns et les autres, suivant les circonstances, ou même seulement suivant mes fantaisies : dès ce moment, ma façon de penser fut pour moi seule, et je ne montrai plus que celle qu'il m'était utile de laisser voir.
d) L'observation = un travail
Ce travail sur moi-même avait fixé mon attention sur l'expression des figures et les caractère des physionomies ; et j'y gagnai ce coup d'oeil pénétrant, auquel l'expérience m'a pourtant appris à ne pas me fier entièrement ; mais qui, en tout, m'a rarement trompée.
e) Orgueil
Je n'avais pas quinze ans, je possédais déjà les talents auxquels la plus grande partie de nos politiques doivent leur réputation, et je me trouvais encore qu'aux premiers éléments de la science que je voulais acquérir.
Conclusion
La lettre 81 de la marquise de Merteuil est un texte extrêmement riche. Laclos aborde des thèmes chers aux Lumières : le pouvoir de la raison et la puissance de la science. Il dénonce aussi l'éducation des femmes au XIIIe siècle. La Marquise incarne un personnage romanesque exrtrêmement complexe, n'hésitant pas à utiliser son intelligence pour manipuler ceux qui l'entourent. La marquises se révèle comme une intellectuelle n'agissant qu'après réflexion et calcul. Elle prône l'indépendance d'esprit. Elle se rebelle en se libérant du carcan dans lequel les femmes sont enfermées. Elle peut donc aussi nous faire penser à des héroÏnes en marge comme Manon Lescaut.