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l'ecole aux heures sombres de l'occupation

anne-barbance

Created on March 26, 2023

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Transcript

L'école aux heures sombres de l'occupation

INTRODUCTION

Notre camarade Lucie porte le prénom que son arrière-grand mère utilisait comme nom de résistante à Versailles.Lucie nous entraine sur ses traces dans le cadre du cours d'histoire et du concours national de la résistance. C'est l'occasion pour nous de faire des recherches et d'interroger nos arrières-grands parents qui étaient enfants en 1940.

Pourquoi peut-on dire que l'école est un lieu qui reflète les difficultés et les choix auxquels les Français ont été confrontés pendant la seconde guerre mondiale ?

SOMMAIRE

L'école en temps de guerre

Introduction

La Révolution nationale à l'école

L'école, lieu de résistance

L'école, lieu de mémoire aujourd'hui

Retour au sommaire

Nos sources

L'école en temps de guerre

Le contexte : la défaite de 1940

3 septembre 1939

Déclaration de guerre de la France à l'Allemagne nazie en réaction à l'invasion de la Pologne

10 mai 1940

Après 8 mois d'une "drôle de guerre" sans combat, l'Allemagne passe à l'offensive par les Pays-Bas et la Belgique, puis passe la frontière française au travers de la forêt des Ardennes. L'armée française est débordée par la stratégie allemande de "Blitzkrieg" combinant blindés et aviation.

Le gouvernement français fait appel au Maréchal Pétain, héros de Verdun pour faire face à cette situation de crise. Le 17 juin à la radio Pétain annonce qu'il a demandé à l'ennemi de négocier un armistice. Le général de Gaulle depuis Londres réagit au discours de Pétain et appelle à ne pas cesser le combat et à le rejoindre à Londres.

17 juin 1940

18 juin 1940

L'avancée des troupes allemandes sème la panique dans le nord de la France et à Paris. C'est l'exode: la fuite des civils sur les routes de France vers le sud. Beaucoup ne savent pas où aller exactement. On part avec une voiture, à vélo ou à pied. Les enfants sont marqués par cet épisode de panique. Françoise nous raconte par exemple que sa grand mère a préféré ne pas partir voyant que la voiture était déjà trop chargée. Voici un dessin fait par un enfant. On y voit la panique, la volonté d'emporter le plus de choses mais aussi les bombardements de la Lufftwaffe. Pour tous l'année scolaire s'achève prématurément.

réseau canopé musée national de l'éducation

A partir de septembre 1940, les écoles rouvrent mais certaines ont été réquisitionnées par les Allemands, il faut tout réorganiser. A Versailles le lycée La Bruyère est transféré à la caserne d'Artois. Michka se souvient que par la fenêtre de son école à Paris, elle voyait les Allemands qui occupaient l'autre moitié de l'école. Il manque localement des professeurs. Les classes comptent alors beaucoup d'enfants. Les pénuries se font sentir à l'école comme partout tout au long de la guerre. Alain nous raconte que l'hiver, il faisait froid dans les classes car on manquait de combustible. Jean se souvient qu'on leur distribuait des biscuits caséinés, notamment fabriqués par les usines LU. Ces biscuits riches en protéines servaient à compenser un peu le manque de nourriture.

Michka se souvient avoir appris à l'école à tricoter des chaussettes pour les prisonniers de guerre. Ils préparaient ainsi des colis à leur envoyer. Beaucoup d'enfants étaient personnellement touchés par l'absence d'un père prisonnier en Allemagne.

En 1941 des masques à gaz sont distribués aux enfants. Il faut l'apporter à l'école. Alain se souvient que ca sentait très mauvais. Des bombardements obligent les populations à s'abriter dans des caves aménagées. Les enfants sont marqués à vie par les sirènes qui hurlent.

Alain nous raconte que l'école c'était tout de même pour lui un endroit où on oubliait un peu la guerre : un temps pour apprendre, un temps pour jouer. Il est réfugié en zone libre, près de Grenoble et là personne ne sait qu'il est juif. Il ne porte pas l'étoile jaune, est un enfant comme les autres.

La vie scolaire reprend ses droits pour les élèves. Remise de prix, photos de classe et même un moment plus festif comme ce goûter au lycée la Fontaine à Paris

L'école à l'heure de la Révolution Nationale voulue par Pétain

Le programme du régime de Vichy

Pétain obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. La France cesse alors d'être une République. Pétain concentre les pouvoirs législatif et exécutif. La presse est censurée, les grèves interdites. Pétain lance sa politique de révolution nationale et remplace la devise "Liberté égalité fraternité" par "Travail Famille Patrie".

Affiche réalisée par R.Vachet et éditée par le centre de propagande de la Révolution nationale d’Avignon.

Pétain et l'école

En 1940 c'est à l'école, aux instituteurs et professeurs que l'Etat de Vichy impute la défaite. Gangrenée par le communisme l'éducation nationale serait responsable d'un esprit de défaite. Une réforme de l'éducation nationale s'impose à ses yeux dès l'été 1940.

+info

Le but de l'éducation est de faire de tous les Français des hommes ayant le goût du travail et l'amour de l'effort (...) Les projets actuels (...) visent à rendre à la race française santé, courage , discipline

extraits de l'article de P Pétain dans la Revue des Deux Mondes, 15 août 1940

Certains enseignants sont révoqués, notamment s'ils étaient identifiés comme communistes. De plus à partir d'octobre 1940 les juifs sont exclus de la fonction publique.Les programmes scolaires sont modifiés dès la rentrée de 1940 : moins d'enseignement disciplinaire théorique et abstrait. Il faut plus d'activités sportives, de travaux manuels. Certains livres scolaires sont interdits s'ils sont trop républicains ou hostiles aux Allemands. La pénurie de papier empêche d'éditer de nouveaux manuels pour tous, dans ce cas certaines pages sont arrachées. L'école devient de plus le lieu d'une intense propagande où l'on encourage le culte de la personnalité du chef, le Maréchal Pétain.

Le culte de la personnalité de Pétain

Le portrait de Philippe Pétain doit être affiché dans toutes les salles de classe. Michka se souvient que tous les matins ils devaient chanter "Maréchal nous Voila", hymne à la gloire de Pétain "le sauveur de la France", celui qui "nous a redonné l'espérance"

Pochette du disque de la chanson, "Maréchal, nous voilà !" éditée par les Edts musicales du Ver Luisant en 1941

Des concours de dessins

Des concours de dessins sont organisés. Cette affiche a été diffusée dans les écoles . On invite les enfants à faire un dessin pour le Maréchal en représentant les valeurs traditionnelles. Ils sont réalisés en classe. Une exposition des dessins est faite au musée Galliera. Chaque enfant reçoit une carte de remerciement de la part du Maréchal.

L'école, un lieu de résistance

Enseignants, lyécens et étudiants entrent en résistance

Les enseignants n'acceptent pas tous d'obéir aux directives de Vichy., quelque soit leur appartenance politique. Certains vont jusqu'à faire acte de résistance comme par exemple en fermant les yeux sur la présence d'élèves juifs ne portant pas l'étoile jaune. D'autres répondent à l'appel de de Gaulle et s'engagent dans des réseaux de résistance comme Lucie Aubrac. Etudiants ou lycéens ont aussi refusé la défaite et la collaboration. Nous allons évoquer quelques exemples

Marcel Lafitan à Versailles

Marcel Lafitan était instituteur à l'école de garçons à Versailles depuis 1937. Le 28 juin 1944 il est arrêté par la Gestapo sur son lieu de travail. Son réseau "libération nord" participait notamment à la fabrication de faux paiers pour des résistants, des réfractaires au STO. Il est déporté à Buchenwald le 17 août 1944. Il est tué le 9 avril 1945

source: musée de la résistance en ligne

Plaque apposée dans la cour de l'école où il enseignait à Versailles et qui porte désormais son nom

Marc Bloch

Marc Bloch est professeur d'histoire à la Sorbonne. Il est exclu de la fonction publique en tant que juif en octobre 1940 puis réintégré en janvier 1941 pour "services scientifiques exceptionnels rendus à la nation" Il devient résistant à Clermont-Ferrand puis à Montpellier et à Lyon Le 8 mars 1944, il est arrêté et torturé par la Gestapo. Le 16 juin 1944, Marc Bloch est fusillé .

source: https://www.gouvernement.fr/

Jacqueline Fleury et Andrée Bès : des vies de lycéennes bouleversées par la défaite

Les parents de Andrée Bès l'ont envoyée passer son bac à Montpellier en juin 1939. La défaite précipite la fin de ses études et son père lui trouve une place à la préfecture.

Dans ces deux familles la défaite est inacceptable. Les Bès font partie de la poignée de Français qui ont entendu en direct l'appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle Dans les deux familles, tous vont faire le choix de la résistance. Pour Jacqueline Fleury, c'est son professeur de français, Mme Yvette Couigneau qui lui propose ses premiers actes de résistance

Son amie de Lycée, plus jeune, Jacqueline Fleury retourne au lycée en septembre 1940 mais le lycée La Bruyère a été réquisitionné par les Allemands. Les cours reprennent à la caserne d'Artois

Deux lycéennes de Versailles entrent en résistance

" Pour ma part, c’est grâce à mon professeur de lettres, Yvette Gouineau, que j'entre en contact avec la Résistance. Je suis en classe de seconde et prends des cours particuliers chez elle. C'est un professeur extrêmement dur, un « chameau », comme l'on dit alors. Ma mère m'accompagne à son domicile pour les leçons; à la faveur de petites conversations, les deux femmes finissent par déduire qu'elles partagent le même point de vue sur l'occupant, à savoir un rejet clair et net. De fil en aiguille, Yvette me propose quelques actions ponctuelles. " Témoignage de Jacqueline Fleury dans Résistante

Le réseau Défense de la France

Le réseau Défense de la France" mène comme principale action d'éditer et diffuser un journal clandestin pour contrer la propagande de Vichy. Il a été fondé par des étudiants dont Philippe Viannay en juillet 1941. Andrée Bès fait partie du mouvement sous le nom de code de Lucie de la Défense. Quant à Jacqueline Fleury, elle la rejoint et se fait appeler Kaky, son surnom d'enfant. Elles vont chercher des exemplaires de journaux à Paris et les rapportent en train jusqu'à Versailles. Il faut parfois emprunter les souterrains du métro parisien, au milieu des rats, rentrer discrètement après le couvre-feu. Leur jeunesse et leur air innocent leur sauvent plusieurs fois la vie. Elle participent aussi à la fabrication de faux papiers, autre action du réseau Défense de la France

Les lycéens de la région parisienne

Le frère de Jacqueline Fleury, Pierre Marié, fait partie des milliers d'étudiants et lycéens qui ont manifesté devant l'Arc de triomphe à Paris le 11 novembre 1940. Cette manifestation est interdite par l'occupant. De plus l'arrestation d'un professeur, Paul Langevin notoirement antifasciste déclenche cette récation des étudiants. Ils sont entre 5 et 6000 à défier les autorités allemandes. On considère cet événement comme un des premiers actes de résistance.

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"Je distribue également des tracts sur lesquels sont dessinés quatre cochons qui, une fois assemblés, la feuille pliée en quatre, forment la tête de Hitler entourée de deux couteaux aux lames sanguinolentes. Dans chaque coin de la feuille sont inscrits les noms de Goebbels, Goering, Himmler et Ribbentrop, quatre des salopards du régime nazi" Jacqueline Marié in Résistante

Source: collection privée

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Dessins faits par Pierre Marié

Jacqueline Fleury aide son frère qui fait du renseignement pour le réseau Mithridate. Il parvient à mettre la main sur des documents militaires importants grâce à sa maitrise de l'allemand. Elle reproduit ainsi des plans du mur de l'Atlantique Les informations sont transmises à Londres par avion (avec la complicité de Mme Stewart directrice de l'école Berlitz à Versailles) Jacqueline aide à trouver des lieux pour diffuser par radio. Il faut émettre peu de temps et changer de lieu régulièrement pour ne pas se faire repérer par la Gestapo. Parmi ces lieux à Versailles: les greniers de l'école d'infirmières, sous les toits de la maison du lycée de jeunes filles avenue de Paris

L'école, lieu de mémoire aujourd'hui

Andrée Bès et Jacqueline Fleury ont été toutes les deux déportées à Ravensbrück. Elles ont vécu l'enfer des tortures de la Gestapo, les wagons à bestiaux, l'horreur des camps. La fille d'Andrée Bès a réuni les notes de sa mère, les informations collectées auprès de ses camarades de déportation, dont Jacqueline Fleury dont elle est proche. Dans le cadre de notre cours d'histoire et du concours, nous avons eu la chance d'entendre son témoignage, indirect mais si précieux. Elle nous a encouragés à transmettre à notre tour, nous qui avons la chance d'être à l'école où on nous transmet non seulement des savoirs mais également où les enseignants nous apprennent à avoir un esprit critique dans le respect des libertés fondamentales.

Témoignage de la fille d'Andrée Bès

Mme Astier Tuloup nous raconte l'action de sa mère dans la résistance puis la déportation à Ravensbrück. Elle nous montre le vêtement qu'elle portait avec son matricule et le triangle rouge qui veut dire déporté politique.

Quelques uns des objets qu'Andrée Bès a fabriqués en déportation à Ravensbrück et Zwodau, en volant des petits outils et morceaux de matériau dans l'usine Siemens où elle devait travailler.

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NOS SOURCES

  • Résistante, Jacqueline Fleury-Marié avec Jérôme Cordelier, Calmann Levy, 2019
  • La résistance expliquée à mes petits-enfants, Lucie Aubrac, Seuil, 2000
  • TDC n° 986 l'école en France, décembre 2009
  • Histoire junior n°8, La France sous l'occupation, mai 2012
  • DVD De la résistance à la déportation, UNADIF-FNDIR, 2018
  • Collections privées de Jacqueline Fleury-Marié et Marie-Odile Astier Tuloup
  • témoignages de nos arrières grands parents
Sitographie :
  • http://www.museedelaresistanceenligne.org/
  • https://www.franceculture.fr
  • https://www.ina.fr
  • https://enseignants.lumni.fr
  • https://histoire-image.org
  • https://webdoc.france24.com/si-je-reviens-un-jour-louise-pikovsky/
  • http://pedagopsy.eu/journal_de_la_guerre_39_45.html
  • https://www.reseau-canope.fr/musee/fr

Réalisé par Lucie Lacour, Thibaud Dennery, Gaspard du Paty et Baptiste Machet (3e4) avec Mme Barbance en mars 2023 Dans le cadre du Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Merci !

Mme Astier Tuloup de nous avoir partagé l'histoire de votre famille.