La peau de chagrin, Honoré de Balzac, 1831.
Le portrait de l'antiquaire
Analyse linéaire n°5
Problématique
En quoi le personnage de l'antiquaire est-il une figure allégorique?
01
Un portrait aussi précis qu'inquiétant
Lignes 732-751
01 Un portrait aussi précis qu'inquiétant
Un appel à l'imagination du lecteur.
Figurez-vous un petit vieillard sec et maigre, vêtu d’une robe de velours noir, serrée autour de ses reins par un gros cordon de soie. Sur sa tête, une calotte en velours également noir laissait passer, de chaque côté de la figure, les longues mèches de ses cheveux blancs et s’appliquait sur le crâne de manière à rigidement encadrer le front. La robe ensevelissait le corps comme dans un vaste linceul, et ne permettait de voir d’autre forme humaine qu’un visage étroit et pâle. Sans le bras décharné, qui ressemblait à un bâton sur lequel on aurait posé une étoffe et que le vieillard tenait en l’air pour faire porter sur le jeune homme toute la clarté de la lampe, ce visage aurait paru suspendu dans les airs.
- Adresse au lecteur + impératif associé à un verbe d'imagination
- Une description structurée: progression
- Une description détaillée: expansions du nom et syntaxe
- Une description imagée: comparaisons
Une figure morbide.
- un personnage desséché physiquement
- un personnage monochrome
- une incarnation de la mort
Un être mystérieux.
- Une focalisation incertaine
- Des apparences...
- ...trompeuses
- Un être fantasmatique
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Lignes 732-751
01 Un portrait aussi précis qu'inquiétant
Un appel à l'imagination du lecteur.
Une barbe grise et taillée en pointe cachait le menton de cet être bizarre, et lui donnait l’apparence de ces têtes judaïques qui servent de types aux artistes quand ils veulent représenter Moïse. Les lèvres de cet homme étaient si décolorées, si minces, qu’il fallait une attention particulière pour deviner la ligne tracée par la bouche dans son blanc visage. Son large front ridé, ses joues blêmes et creuses, la rigueur implacable de ses petits yeux verts, dénués de cils et de sourcils, pouvaient faire croire à l’inconnu que le Peseur d’or de Gérard Dow était sorti de son cadre.
- Une description structurée: progression
- Une description détaillée: expansions du nom et syntaxe
- Une description imagée: comparaisons
Une figure morbide.
- un personnage desséché physiquement
- un personnage monochrome
- une incarnation de la mort
Un être mystérieux.
- Une focalisation incertaine
- Des apparences...
- ...trompeuses
- Un être fantastique
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Lignes 732-751
01 Un portrait aussi précis qu'inquiétant
Bilan
du premier mouvement
Ce début de portrait physiquement très détaillé donne à voir un personnage mystérieux et inquiétant. Le texte dessine alors les contours imprécis d'un personnage fantastique difficile à cerner et que le décor décrit précédemment invitait à imaginer.
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02
Un personnage omnipotent et ambivalent
Lignes 751-766
02 Un personnage omnipotent et ambivalent
Une finesse d’inquisiteur, trahie par les sinuosités de ses rides et par les plis circulaires dessinés sur ses tempes, accusait une science profonde des choses de la vie. Il était impossible de tromper cet homme qui semblait avoir le don de surprendre les pensées au fond des cœurs les plus discrets. Les moeurs de toutes les nations du globe et leurs sagesses se résumaient sur sa face froide, comme les productions du monde entier se trouvaient accumulées dans ses magasins poudreux ; vous y auriez lu la tranquillité lucide d’un Dieu qui voit tout, ou la force orgueilleuse d’un homme qui a tout vu.Un peintre aurait, avec deux expressions différentes et en deux coups de pinceau, fait de cette figure une belle image du Père Éternel ou le masque ricaneur du Méphistophélès, car il se trouvait tout ensemble une suprême puissance dans le front et de sinistres railleries sur la bouche. En broyant toutes les peines humaines sous un pouvoir immense, cet homme devait avoir tué les joies terrestres.
Un personnage puissant
- Un pouvoir surnaturel
- une incarnation de la connaissance
- Une figure allégorique
Un personnage symbolique
- une valeur proleptique
- une mise en abyme de l'écriture
- Une incarnation divine
Un personnage ambigu
- Une expression de l'incertitude
- Un double visage
- Entre alternative et paradoxe
- Un être entre création et destruction
Lignes 751-766
02 Un personnage omnipotent et ambivalent
Bilan
du deuxième mouvement
Peu à peu le personnage de l'antiquaire se mue en un être supérieur, omnipotent et omniscient mais présentant deux visages et dont les desseins semblent funestes.
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03
Une allégorie du mal
Lignes 766-773
03 Une allégorie du Mal
Une atmosphère fantastique et mortifère
- L'idée d'étrangeté
- L'idée de mort
- L'idée de destin
Le moribond frémit en pressentant que ce vieux génie habitait une sphère étrangère au monde où il vivait seul, sans jouissances, parce qu’il n’avait plus d’illusion, sans douleur, parce qu’il ne connaissait plus de plaisirs. Le vieillard se tenait debout, immobile, inébranlable comme une étoile au milieu d’un nuage de lumière, ses yeux verts, pleins de je ne sais quelle malice calme, semblaient éclairer le monde moral comme sa lampe illuminait ce cabinet mystérieux.
Une figure du Mal
- Des représentations traditionnelles
- Une image biblique
- La fin de tout
- L'incarnation du mal
Un passage allégorique
- Une philosophie de la mesure
- Une représentation de la conscience
- Un avertissement à double destinataire
Lignes 766-773
03 Une allégorie du Mal
Bilan
du troisième mouvement
L'Antiquaire est devenu Méphistophélès, tentateur, destructeur mais détenteur de la connaissance, figure aussi fascinante que funeste. Mais il incarne aussi la destinée et avertit paradoxalement Raphaël, comme le lecteur, par le truchement de la voix de Balzac, de la nécessité d'un équilibre et de mesure dans la vie, afin de la préserver et de la goûter tout à la fois.
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03
01 Section
Méphistophélès
Faust (1808), JW Goethe
« Je suis l'esprit qui toujours nie ; et c'est avec justice : car tout ce qui existe mérite d'être détruit, il serait donc mieux que rien n'existât »
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Références
Oeuvres sur le pacte avec le diable
Faust
Le portrait de Dorian Gray
JW Goethe, 1808
Oscar Wilde, 1891
Dorian, jeune dandy londonien d'une rare beauté, fait la connaissance de Lord Henry, dit Harry, chez son ami Basil Hallward, un peintre reconnu. Ce dernier vient d'achever le portrait du jeune homme, un chef-d'œuvre qu'ils contemplent tous les trois. « Si c’était moi qui toujours devais rester jeune, et si cette peinture pouvait vieillir !... Pour cela, pour cela je donnerais tout !... Il n’est rien dans le monde que je ne donnerais... Mon âme, même ! »
Heinrich Faust, un savant et professeur considéré, fait le bilan de sa vie et en tire deux constats accablants : malgré sa science, il lui manque une compréhension profonde des choses et des résultats probants et en tant qu'homme, il est incapable de profiter de la vie dans toute sa plénitude. Dans cette situation sans espoir, il promet son âme à Mephisto, le diable, si ce dernier parvient à le libérer de son insatisfaction et de son tourment.
Conclusion
Rédigez une brillante conclusion et publiez-la sur Pearltrees.
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Le portrait de l'antiquaire
aurore.renouxl
Created on March 14, 2023
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La peau de chagrin, Honoré de Balzac, 1831.
Le portrait de l'antiquaire
Analyse linéaire n°5
Problématique
En quoi le personnage de l'antiquaire est-il une figure allégorique?
01
Un portrait aussi précis qu'inquiétant
Lignes 732-751
01 Un portrait aussi précis qu'inquiétant
Un appel à l'imagination du lecteur.
Figurez-vous un petit vieillard sec et maigre, vêtu d’une robe de velours noir, serrée autour de ses reins par un gros cordon de soie. Sur sa tête, une calotte en velours également noir laissait passer, de chaque côté de la figure, les longues mèches de ses cheveux blancs et s’appliquait sur le crâne de manière à rigidement encadrer le front. La robe ensevelissait le corps comme dans un vaste linceul, et ne permettait de voir d’autre forme humaine qu’un visage étroit et pâle. Sans le bras décharné, qui ressemblait à un bâton sur lequel on aurait posé une étoffe et que le vieillard tenait en l’air pour faire porter sur le jeune homme toute la clarté de la lampe, ce visage aurait paru suspendu dans les airs.
Une figure morbide.
Un être mystérieux.
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01 Un portrait aussi précis qu'inquiétant
Un appel à l'imagination du lecteur.
Une barbe grise et taillée en pointe cachait le menton de cet être bizarre, et lui donnait l’apparence de ces têtes judaïques qui servent de types aux artistes quand ils veulent représenter Moïse. Les lèvres de cet homme étaient si décolorées, si minces, qu’il fallait une attention particulière pour deviner la ligne tracée par la bouche dans son blanc visage. Son large front ridé, ses joues blêmes et creuses, la rigueur implacable de ses petits yeux verts, dénués de cils et de sourcils, pouvaient faire croire à l’inconnu que le Peseur d’or de Gérard Dow était sorti de son cadre.
Une figure morbide.
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01 Un portrait aussi précis qu'inquiétant
Bilan
du premier mouvement
Ce début de portrait physiquement très détaillé donne à voir un personnage mystérieux et inquiétant. Le texte dessine alors les contours imprécis d'un personnage fantastique difficile à cerner et que le décor décrit précédemment invitait à imaginer.
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02
Un personnage omnipotent et ambivalent
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02 Un personnage omnipotent et ambivalent
Une finesse d’inquisiteur, trahie par les sinuosités de ses rides et par les plis circulaires dessinés sur ses tempes, accusait une science profonde des choses de la vie. Il était impossible de tromper cet homme qui semblait avoir le don de surprendre les pensées au fond des cœurs les plus discrets. Les moeurs de toutes les nations du globe et leurs sagesses se résumaient sur sa face froide, comme les productions du monde entier se trouvaient accumulées dans ses magasins poudreux ; vous y auriez lu la tranquillité lucide d’un Dieu qui voit tout, ou la force orgueilleuse d’un homme qui a tout vu.Un peintre aurait, avec deux expressions différentes et en deux coups de pinceau, fait de cette figure une belle image du Père Éternel ou le masque ricaneur du Méphistophélès, car il se trouvait tout ensemble une suprême puissance dans le front et de sinistres railleries sur la bouche. En broyant toutes les peines humaines sous un pouvoir immense, cet homme devait avoir tué les joies terrestres.
Un personnage puissant
Un personnage symbolique
Un personnage ambigu
Lignes 751-766
02 Un personnage omnipotent et ambivalent
Bilan
du deuxième mouvement
Peu à peu le personnage de l'antiquaire se mue en un être supérieur, omnipotent et omniscient mais présentant deux visages et dont les desseins semblent funestes.
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03
Une allégorie du mal
Lignes 766-773
03 Une allégorie du Mal
Une atmosphère fantastique et mortifère
Le moribond frémit en pressentant que ce vieux génie habitait une sphère étrangère au monde où il vivait seul, sans jouissances, parce qu’il n’avait plus d’illusion, sans douleur, parce qu’il ne connaissait plus de plaisirs. Le vieillard se tenait debout, immobile, inébranlable comme une étoile au milieu d’un nuage de lumière, ses yeux verts, pleins de je ne sais quelle malice calme, semblaient éclairer le monde moral comme sa lampe illuminait ce cabinet mystérieux.
Une figure du Mal
Un passage allégorique
Lignes 766-773
03 Une allégorie du Mal
Bilan
du troisième mouvement
L'Antiquaire est devenu Méphistophélès, tentateur, destructeur mais détenteur de la connaissance, figure aussi fascinante que funeste. Mais il incarne aussi la destinée et avertit paradoxalement Raphaël, comme le lecteur, par le truchement de la voix de Balzac, de la nécessité d'un équilibre et de mesure dans la vie, afin de la préserver et de la goûter tout à la fois.
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01 Section
Méphistophélès
Faust (1808), JW Goethe
« Je suis l'esprit qui toujours nie ; et c'est avec justice : car tout ce qui existe mérite d'être détruit, il serait donc mieux que rien n'existât »
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Références
Oeuvres sur le pacte avec le diable
Faust
Le portrait de Dorian Gray
JW Goethe, 1808
Oscar Wilde, 1891
Dorian, jeune dandy londonien d'une rare beauté, fait la connaissance de Lord Henry, dit Harry, chez son ami Basil Hallward, un peintre reconnu. Ce dernier vient d'achever le portrait du jeune homme, un chef-d'œuvre qu'ils contemplent tous les trois. « Si c’était moi qui toujours devais rester jeune, et si cette peinture pouvait vieillir !... Pour cela, pour cela je donnerais tout !... Il n’est rien dans le monde que je ne donnerais... Mon âme, même ! »
Heinrich Faust, un savant et professeur considéré, fait le bilan de sa vie et en tire deux constats accablants : malgré sa science, il lui manque une compréhension profonde des choses et des résultats probants et en tant qu'homme, il est incapable de profiter de la vie dans toute sa plénitude. Dans cette situation sans espoir, il promet son âme à Mephisto, le diable, si ce dernier parvient à le libérer de son insatisfaction et de son tourment.
Conclusion
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