BIENVENUE AU CREUSOT
Au travail !
Tu as été dépéché.e sur place en tant que journaliste pour couvrir les événements. Tu veux en savoir plus et commences ton enquête. Recueille les témoignages des témoins et complète ton carnet d'enquêteur.trice.
Tu souhaites interviewer Henri Schneider, le patron. Trouve où il habite en cliquant sur sa résidence.
Oui, j'ai quelques questions à vous poser au sujet de ce dramatique incendie qui heureusement n'a causé que des dégâts matériels !
Vous vouliez me parler ?
La discussion débute...
Vous : Que faisiez-vous le jour de l'incendie ? Henri Schneider : L'incendie a été constaté le matin donc peut-être qu'il a été déclenché dans la nuit. J'ai passé la soirée chez des amis de la région et nous sommes rentrés tard sur le matin avec ma femme. Vous : Quelles relations avez-vous avec vos ouvriers ? Henri Schneider : Mes ouvriers sont bien traités. Ils disposent de logements, de tous les services nécessaires pour qu'ils vivent bien et ce à proximité de l'usine. C'est fantastique pour eux ! Qui ne rêverait pas de vivre là ? Vous : Pensez-vous que c'est criminel ? Henri Schneider : Peut-être... Vous savez il existe partout des personnes jalouses de la réussite financière des directeurs... Vous : « […] s’il faut en effet une direction à l’usine, est-il indispensable que ce directeur en absorbe à lui seul tous les bénéfices ? Voilà comment la question se pose. » Henri Schneider : « […] Pensez-vous qu’il ne faut pas de l’argent pour faire une « boîte » comme celle-ci ? […] Qui est-ce qui l’apportera, cet argent, à l’usine ? A côté du directeur, de la tête, il y a le capitaliste ! […] Le capital qui alimente tous les jours les usines des outillages perfectionnés, le capital sans lequel rien n’est possible, qui nourrit l’ouvrier lui-même. Ne représente-t-il pas une force qui doit avoir sa part de bénéfices […] ? »
La discussion se poursuit...
Vous : « [Que pensez-vous de] l’intervention de l’Etat ?» Henri Schneider : « Très mauvaise ! Très mauvaise ! Je n’admets pas un préfet dans les grèves ; c’est comme la réglementation du travail des femmes et des enfants* ; on met des entraves inutiles, trop étroites, nuisibles surtout aux intéressés (ouvriers) qu’on veut défendre, on décourage les patrons de les employer […]. » Vous : « La journée de [travail] de huit heures ? » Henri Schneider : « Oh ! Je veux bien, si tout le monde est d’accord, je serai le premier à en profiter car je travaille souvent moi-même plus de dix heures par jour… Seulement les salaires diminueront ou le prix des produits augmentera, c’est tout comme ! […] Pour moi, la vérité, c’est qu’un ouvrier bien portant peut très bien faire ses dix heures par jour et qu’on doit le laisser libre de travailler davantage si cela lui fait plaisir. »
* En 1853, la journée de travail est limitée à 8h par jour pour les femmes et les enfants. De nombreux ouvriers militent pour abaisser le temps de travail.
Merci d'avoir répondu à mes questions !
Je vous en prie ! J'espère que vous allez vite retrouver ce filou qui est derrière cet incendie...
Tu poursuis ton enquête et souhaites interroger le curé de l'Eglise Saint-Laurent.
Le curé n'est pas dans son église, essaye de trouver où il habite.
Oh ! Il n'y a personne.... Décidement, il est introuvable ce curé... Pour les besoins de l'enquête, tu fouilles sa maison pour en savoir plus.
"L'industrie s'est développée et ses méthodes se sont complètement renouvelées. Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué dans les mains d'un petit nombre et la multitude a été laissée dans la misère […]. Les socialistes, pour guérir ce mal, poussent à la haine jalouse des pauvres contre les riches […]. Mais pareille théorie, loin d'être capable de mettre fin au conflit, ferait tort à la classe ouvrière elle-même, si elle était mise en pratique. D'ailleurs, elle est souverainement injuste en ce qu'elle viole les droits légitimes des propriétaires […]. Quant aux riches et aux patrons, ils ne doivent point traiter l'ouvrier en esclave […]. Parmi les devoirs principaux du patron, il faut mettre au premier rang celui de donner à chacun le salaire qui convient. L'enfant en particulier - et - ceci demande à être observé strictement - ne doit entrer à l'usine qu'après que l'âge aura suffisamment développé en lui les forces physiques, intellectuelles et morales."
Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ! L'Encyclique* du pape Léon XIII : Rerum Novarum de 1893. Tu décides de lire la page où le curé s'était arrêté. *Lettre publique envoyée par le pape à ses évêques.
Tu poursuis ton enquête et souhaites interroger un ouvrier. Pour les besoins de l'enquête, l'usine a été arrêtée momentanément
Tu te trouves dans la cité ouvrière de la Villedieu au Creusot. Ces maisons ont été construites par les Schneider pour leurs ouvriers. Tu décides d'aller toquer chez quelqu'un pour interroger un ouvrier.
Bonjour, je suis Jean-Baptiste Dumay, jeune ouvrier au Creusot. J'ai 18 ans. Mes parents ne sont pas là.
Bonjour, je suis le journaliste chargé d'enquêter sur l'incendie. Je peux te poser quelques questions et visiter la maison ?
La discussion débute...
Vous : Je t'écoute, que peux-tu me dire sur tes conditions de travail ici ? Jean-Baptiste Dumay : « Le Creusot étant un modèle […] de bagnes industriels, où les ouvriers sont enrégimentés, logés, numérotés et surtout surveillés, non seulement dans leurs fonctions de producteurs, mais encore dans leur vie privée, intime, nous croirions manquer à notre devoir si […] nous ne venions pas dévoiler au public l'organisation tyrannique de cette grande Compagnie […]. Un ouvrier en difficultés avec les patrons a autant à craindre pour les siens que pour lui, vu qu'il n'est pas rare que toute une famille soit renvoyée des ateliers, parce qu'un fils ou un frère a voulu secouer le joug. […] Si les ouvriers du Creusot ne peuvent manifester leurs opinions politiques sans crainte de perdre leur travail, il en est de même au point de vue religieux […] aussi a-t-on vu des jeunes gens renvoyés de l'usine […] pour avoir chanté des chansons anticléricales. […] La caisse de secours aux malades et blessés est encore une de ces œuvres philanthropiques dont on fait honneur aux patrons, […] et qui, en définitive, sont payées par les ouvriers. […] » Vous : Et sur ton salaire ? Ou celui de tes parents ? Jean-Baptiste Dumay : Nous gagnons environ 5 francs par jour et par personne. Ma mère gagne moins car c'est une femme. Ce maigre salaire permet difficilement de vivre car tout coûte cher...
La discussion se poursuit...
Vous : Avez-vous des loisirs ? Jean-Baptiste Dumay : Nos distractions sont rares. Vous : Penses-tu que l'incendie soit criminel ? Jean-Baptiste Dumay : Peut-être...nous vivons en esclaves ici et l'Etat le défend ! Il ne fait rien pour nous aider. Toute personne aurait raison de vouloir que cela s'arrête. Voyez Lucie Baud, ouvrière en soie qui s'est mobilisée pour les droits des ouvriers et ouvrières. Vous : Lucie Baud ? Jean-Baptiste Dumay : Oui Lucie Baud, laissez-moi vous parler d'elle.
Lucie Baud : "Quelques années plus tard, au début de 1888, je vins travailler à Vizille, à la maison Duplan. Là, on gagnait un peu plus parce que le matériel y était perfectionné. Les métiers battaient 120 coups à la minute et les patrons soyeux engageaient le plus possible leurs ouvrières à conduire deux métiers à la fois. Cela s'accentua encore lorsqu'arriva la grande mode de la mousseline. Il en résulta un commencement de baisse des salaires, mais comme il n'y avait aucune organisation, personne n'osa protester. […] Cela dura jusqu'en 1902, où les ouvriers se réveillèrent enfin et s'organisèrent en syndicats, avec le concours de militants syndicalistes de la Bourse du Travail de Grenoble. […]
Pour continuer à lire le témoignage de Lucie Baud, réponds à cette question. Dans quel type d'industrie travaille Lucie Baud ? Le textile (la soie) Les mines Les sabots Le textile (le coton)
Pour continuer à lire le témoignage de Lucie Baud, réponds à cette question. Dans quel type d'industrie travaille Lucie Baud ? Le textile (la soie) Les mines Les sabots Le textile (le coton)
Poursuis la lecture du témoignage...
"En 1904, M. Duplan rapporta d'Amérique un système nouveau de bloc-navette, grâce auquel les métiers purent battre 290 à 300 coups à la minute. La conséquence fut qu'on voulut imposer une diminution de 60 % au personnel. Voici la façon dont M. Duplan agit […]. Il fit arrêter d'abord toute la préparation […] en disant que, ma foi, il n'y avait plus de travail et qu'on rappellerait les ouvrières dès que l'ouvrage reprendrait. Au bout de trois semaines, comme une partie des tisseuses chômait […] , une délégation fut envoyée auprès du directeur. Celui-ci nous répondit qu'il y avait bien du travail, mais qu'il serait moins payé que par le passé, à cause des maisons concurrentes qui travaillaient à meilleur marché. […] Une réunion eut lieu le 9 mars 1905, où les ouvrières, à l'unanimité moins deux voix, décidèrent la grève. Le lendemain, nous en informâmes le directeur, qui téléphona à M. Duplan, installé à Cannes. [Nous] cessâmes toutes le travail. […] Dès qu'il fut rentré, le patron fit appeler la délégation, et il nous raconta un tas d'histoires, dont nous ne crûmes pas un seul mot. […]"
Pour finir le témoignage de Lucie Baud, identifie ce qu'elle et ses camarades ont décidé de faire...
Elles organisent une casse.
Elles font grève.
Elles vont à Cannes.
Elles manifestent.
Pour finir le témoignage de Lucie Baud, identifie ce qu'elle et ses camarades ont décidé de faire...
Elles organisent une casse.
Elles font grève.
Elles vont à Cannes.
Elles manifestent.
Termine la lecture du témoignage...
"Nous organisâmes des soupes communistes, que tous nos amis de Grenoble et de Lyon trouvèrent fort bien. Les secours matériels et moraux ne nous firent pas défaut, et nos cantines eurent un grand succès […]. […] Cela dura 104 jours. Les petits commerçants […] se mirent de notre côté, et les dons en nature ou en espèces vinrent alimenter chaque jour nos marmites. Nous étions 200 grévistes femmes.
Un moment, nos camarades de l'usine voisine Tresca avaient eu l'intention de se solidariser avec nous et de faire aussi grève. Mais, réflexion faite, elles continuèrent le travail, et s'imposèrent une cotisation de 0,50 F par semaine pour nous soutenir. Cela alla bien durant six semaines. Ces secours nous permettaient d'alimenter régulièrement nos marmites. Mais le patronat s'inquiéta de pareils actes de solidarité et voulut les empêcher. Les collectes furent interdites dans les ateliers, on empêcha de cotiser à l'usine […]. […] Après le troisième mois, les pourparlers recommencèrent, le patron nous fit appeler de nouveau à la mairie et nous soumit de nouveaux tarifs ; nous les refusâmes. II espérait que, la misère nous ayant brisées, nous pourrions plus facilement capituler. Mais, cette fois encore, nous résistâmes. M. Duplan se tourna alors vers le préfet, qui désigna un arbitre : c'était un patron, qui ne valait pas mieux que le nôtre, et cette tentative échoua encore. Alors, en désespoir de cause, le patron envoya la femme de son chauffeur et celle de son comptable racoler les ouvrières à domicile : dix-neuf se laissèrent séduire. Ces quelques renégates décidèrent du sort de la grève, qui finit rapidement. Celles qui avaient résisté ne purent trouver du travail dans les autres usines. Je fus donc obligée de partir et je me dirigeai sur Voiron."
De retour au Creusot dans la maison de Jean-Baptiste Dumay ; clique sur la maison pour t'y rendre...
La discussion reprend...
Vous : Je ne connaissais pas Lucie Baud, quel parcours inspirant ! D'ailleurs, puis-je regarder le livre posé sur ta table ? Jean-Baptiste Dumay : Oui, bien sûr.
Extraits du livre...
" A notre époque, la société tout entière se divise de plus en plus en deux vastres camps ennemis, en deux classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat […]. Des masses d'ouvriers sont chaque jour, chaque heure, dominées par la machine, par le surveillant, par le bourgeois industriel tout seul. Ce despotisme est d'autant plus mesquin, odieux, exaspérant qu'il proclame plus ouvertement que son but est le profit […]. Politiquement, les communistes sont la partie la plus décidée, la plus mobilisée des partis ouvriers de tous les pays […]. Le but immédiat des communistes est la constitution des prolétaires en classe, le renversement de la domination bourgeoise, la conquête du pouvoir politique par le prolétariat […]. Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste […]. Le prolétariat se servira de sa domination politique pour arracher à la bourgeoisie tout son capital […]."
Tu poursuis ton enquête et souhaites interroger l'adjoint au maire du Creusot qui constate les dégâts dans les hauts-fourneaux.
Bonjour, je suis le journaliste dépêché sur place pour enquêter sur l'incendie. Puis-je vous interroger ?
Bonjour, je suis Monsieur Burdy. Ah quelle tragédie pour M. Schneider... Oui, volontiers.
La discussion débute...
Vous : Que pouvez-vous vous me dire sur M. Schneider ? Monsieur Burdy : « Être le père de [ses] ouvriers, voilà bien, […], la constante préoccupation de [son] cœur. Toutes les œuvres de bienfaisance dont [il] [a] doté [la]cité, en donnent un vivant et magnifique témoignage. L’enfant a ses écoles, le vieillard sa maison de famille pour abriter ses infirmités ; les blessés et les malades trouveront ici l’hôtel du bon Dieu. Cette pensée constante de [sa] vie, vouée au bien-être moral et matériel de [sa] grande famille ouvrière, [il l'a] recueillie, de [son] illustre père, le grand génie qui a créé cette cité industrielle. »
Vous : Pensez-vous que l'incendie puisse être criminel ? Monsieur Burdy : Oui je le pense même si cela fait mal à mon coeur de penser que l'on veuille du mal à Monsieur Schneider. Voyez-vous, il a tout investi pour ses ouvriers. C'est un homme bon. Quel malheur lui arrive-t-il ! Vous : Merci pour vos réponses.
Tu penses connaître le coupable de l'incendie. Clique sur l'endroit où il se trouve.
BRAVO : TU AS RESOLU L'ENQUETE !
Les étapes de la fabrication de la soie : 1/ Sériciculture (élevage du vers à soie) dans des magnaneries. Les vers à soie se nourissen de feuilles de mûrier blanc. Les vers tissent leur cocon en produisant le fil de soie. 2/ Filature : Les cocons de vers sont plongés dans l'eau bouillante pour tirer le fil de soie. 3/ Moulinage : Etape qui consiste à rendre le fil de soie utilisable pour le tissage. 4/ Tissage : Entrelacer les fils de chaîne (dans la longueur du tissu) avec les fils de trame (dans la largeur du tissu) pour obtenir différents tissus comme la mousseline, le satin...
Enquête_au_Creusot_4e
elsa.rodolphe
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BIENVENUE AU CREUSOT
Au travail !
Tu as été dépéché.e sur place en tant que journaliste pour couvrir les événements. Tu veux en savoir plus et commences ton enquête. Recueille les témoignages des témoins et complète ton carnet d'enquêteur.trice.
Tu souhaites interviewer Henri Schneider, le patron. Trouve où il habite en cliquant sur sa résidence.
Oui, j'ai quelques questions à vous poser au sujet de ce dramatique incendie qui heureusement n'a causé que des dégâts matériels !
Vous vouliez me parler ?
La discussion débute...
Vous : Que faisiez-vous le jour de l'incendie ? Henri Schneider : L'incendie a été constaté le matin donc peut-être qu'il a été déclenché dans la nuit. J'ai passé la soirée chez des amis de la région et nous sommes rentrés tard sur le matin avec ma femme. Vous : Quelles relations avez-vous avec vos ouvriers ? Henri Schneider : Mes ouvriers sont bien traités. Ils disposent de logements, de tous les services nécessaires pour qu'ils vivent bien et ce à proximité de l'usine. C'est fantastique pour eux ! Qui ne rêverait pas de vivre là ? Vous : Pensez-vous que c'est criminel ? Henri Schneider : Peut-être... Vous savez il existe partout des personnes jalouses de la réussite financière des directeurs... Vous : « […] s’il faut en effet une direction à l’usine, est-il indispensable que ce directeur en absorbe à lui seul tous les bénéfices ? Voilà comment la question se pose. » Henri Schneider : « […] Pensez-vous qu’il ne faut pas de l’argent pour faire une « boîte » comme celle-ci ? […] Qui est-ce qui l’apportera, cet argent, à l’usine ? A côté du directeur, de la tête, il y a le capitaliste ! […] Le capital qui alimente tous les jours les usines des outillages perfectionnés, le capital sans lequel rien n’est possible, qui nourrit l’ouvrier lui-même. Ne représente-t-il pas une force qui doit avoir sa part de bénéfices […] ? »
La discussion se poursuit...
Vous : « [Que pensez-vous de] l’intervention de l’Etat ?» Henri Schneider : « Très mauvaise ! Très mauvaise ! Je n’admets pas un préfet dans les grèves ; c’est comme la réglementation du travail des femmes et des enfants* ; on met des entraves inutiles, trop étroites, nuisibles surtout aux intéressés (ouvriers) qu’on veut défendre, on décourage les patrons de les employer […]. » Vous : « La journée de [travail] de huit heures ? » Henri Schneider : « Oh ! Je veux bien, si tout le monde est d’accord, je serai le premier à en profiter car je travaille souvent moi-même plus de dix heures par jour… Seulement les salaires diminueront ou le prix des produits augmentera, c’est tout comme ! […] Pour moi, la vérité, c’est qu’un ouvrier bien portant peut très bien faire ses dix heures par jour et qu’on doit le laisser libre de travailler davantage si cela lui fait plaisir. » * En 1853, la journée de travail est limitée à 8h par jour pour les femmes et les enfants. De nombreux ouvriers militent pour abaisser le temps de travail.
Merci d'avoir répondu à mes questions !
Je vous en prie ! J'espère que vous allez vite retrouver ce filou qui est derrière cet incendie...
Tu poursuis ton enquête et souhaites interroger le curé de l'Eglise Saint-Laurent.
Le curé n'est pas dans son église, essaye de trouver où il habite.
Oh ! Il n'y a personne.... Décidement, il est introuvable ce curé... Pour les besoins de l'enquête, tu fouilles sa maison pour en savoir plus.
"L'industrie s'est développée et ses méthodes se sont complètement renouvelées. Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué dans les mains d'un petit nombre et la multitude a été laissée dans la misère […]. Les socialistes, pour guérir ce mal, poussent à la haine jalouse des pauvres contre les riches […]. Mais pareille théorie, loin d'être capable de mettre fin au conflit, ferait tort à la classe ouvrière elle-même, si elle était mise en pratique. D'ailleurs, elle est souverainement injuste en ce qu'elle viole les droits légitimes des propriétaires […]. Quant aux riches et aux patrons, ils ne doivent point traiter l'ouvrier en esclave […]. Parmi les devoirs principaux du patron, il faut mettre au premier rang celui de donner à chacun le salaire qui convient. L'enfant en particulier - et - ceci demande à être observé strictement - ne doit entrer à l'usine qu'après que l'âge aura suffisamment développé en lui les forces physiques, intellectuelles et morales."
Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ! L'Encyclique* du pape Léon XIII : Rerum Novarum de 1893. Tu décides de lire la page où le curé s'était arrêté. *Lettre publique envoyée par le pape à ses évêques.
Tu poursuis ton enquête et souhaites interroger un ouvrier. Pour les besoins de l'enquête, l'usine a été arrêtée momentanément
Tu te trouves dans la cité ouvrière de la Villedieu au Creusot. Ces maisons ont été construites par les Schneider pour leurs ouvriers. Tu décides d'aller toquer chez quelqu'un pour interroger un ouvrier.
Bonjour, je suis Jean-Baptiste Dumay, jeune ouvrier au Creusot. J'ai 18 ans. Mes parents ne sont pas là.
Bonjour, je suis le journaliste chargé d'enquêter sur l'incendie. Je peux te poser quelques questions et visiter la maison ?
La discussion débute...
Vous : Je t'écoute, que peux-tu me dire sur tes conditions de travail ici ? Jean-Baptiste Dumay : « Le Creusot étant un modèle […] de bagnes industriels, où les ouvriers sont enrégimentés, logés, numérotés et surtout surveillés, non seulement dans leurs fonctions de producteurs, mais encore dans leur vie privée, intime, nous croirions manquer à notre devoir si […] nous ne venions pas dévoiler au public l'organisation tyrannique de cette grande Compagnie […]. Un ouvrier en difficultés avec les patrons a autant à craindre pour les siens que pour lui, vu qu'il n'est pas rare que toute une famille soit renvoyée des ateliers, parce qu'un fils ou un frère a voulu secouer le joug. […] Si les ouvriers du Creusot ne peuvent manifester leurs opinions politiques sans crainte de perdre leur travail, il en est de même au point de vue religieux […] aussi a-t-on vu des jeunes gens renvoyés de l'usine […] pour avoir chanté des chansons anticléricales. […] La caisse de secours aux malades et blessés est encore une de ces œuvres philanthropiques dont on fait honneur aux patrons, […] et qui, en définitive, sont payées par les ouvriers. […] » Vous : Et sur ton salaire ? Ou celui de tes parents ? Jean-Baptiste Dumay : Nous gagnons environ 5 francs par jour et par personne. Ma mère gagne moins car c'est une femme. Ce maigre salaire permet difficilement de vivre car tout coûte cher...
La discussion se poursuit...
Vous : Avez-vous des loisirs ? Jean-Baptiste Dumay : Nos distractions sont rares. Vous : Penses-tu que l'incendie soit criminel ? Jean-Baptiste Dumay : Peut-être...nous vivons en esclaves ici et l'Etat le défend ! Il ne fait rien pour nous aider. Toute personne aurait raison de vouloir que cela s'arrête. Voyez Lucie Baud, ouvrière en soie qui s'est mobilisée pour les droits des ouvriers et ouvrières. Vous : Lucie Baud ? Jean-Baptiste Dumay : Oui Lucie Baud, laissez-moi vous parler d'elle.
Lucie Baud : "Quelques années plus tard, au début de 1888, je vins travailler à Vizille, à la maison Duplan. Là, on gagnait un peu plus parce que le matériel y était perfectionné. Les métiers battaient 120 coups à la minute et les patrons soyeux engageaient le plus possible leurs ouvrières à conduire deux métiers à la fois. Cela s'accentua encore lorsqu'arriva la grande mode de la mousseline. Il en résulta un commencement de baisse des salaires, mais comme il n'y avait aucune organisation, personne n'osa protester. […] Cela dura jusqu'en 1902, où les ouvriers se réveillèrent enfin et s'organisèrent en syndicats, avec le concours de militants syndicalistes de la Bourse du Travail de Grenoble. […]
Pour continuer à lire le témoignage de Lucie Baud, réponds à cette question. Dans quel type d'industrie travaille Lucie Baud ? Le textile (la soie) Les mines Les sabots Le textile (le coton)
Pour continuer à lire le témoignage de Lucie Baud, réponds à cette question. Dans quel type d'industrie travaille Lucie Baud ? Le textile (la soie) Les mines Les sabots Le textile (le coton)
Poursuis la lecture du témoignage...
"En 1904, M. Duplan rapporta d'Amérique un système nouveau de bloc-navette, grâce auquel les métiers purent battre 290 à 300 coups à la minute. La conséquence fut qu'on voulut imposer une diminution de 60 % au personnel. Voici la façon dont M. Duplan agit […]. Il fit arrêter d'abord toute la préparation […] en disant que, ma foi, il n'y avait plus de travail et qu'on rappellerait les ouvrières dès que l'ouvrage reprendrait. Au bout de trois semaines, comme une partie des tisseuses chômait […] , une délégation fut envoyée auprès du directeur. Celui-ci nous répondit qu'il y avait bien du travail, mais qu'il serait moins payé que par le passé, à cause des maisons concurrentes qui travaillaient à meilleur marché. […] Une réunion eut lieu le 9 mars 1905, où les ouvrières, à l'unanimité moins deux voix, décidèrent la grève. Le lendemain, nous en informâmes le directeur, qui téléphona à M. Duplan, installé à Cannes. [Nous] cessâmes toutes le travail. […] Dès qu'il fut rentré, le patron fit appeler la délégation, et il nous raconta un tas d'histoires, dont nous ne crûmes pas un seul mot. […]"
Pour finir le témoignage de Lucie Baud, identifie ce qu'elle et ses camarades ont décidé de faire...
Elles organisent une casse.
Elles font grève.
Elles vont à Cannes.
Elles manifestent.
Pour finir le témoignage de Lucie Baud, identifie ce qu'elle et ses camarades ont décidé de faire...
Elles organisent une casse.
Elles font grève.
Elles vont à Cannes.
Elles manifestent.
Termine la lecture du témoignage...
"Nous organisâmes des soupes communistes, que tous nos amis de Grenoble et de Lyon trouvèrent fort bien. Les secours matériels et moraux ne nous firent pas défaut, et nos cantines eurent un grand succès […]. […] Cela dura 104 jours. Les petits commerçants […] se mirent de notre côté, et les dons en nature ou en espèces vinrent alimenter chaque jour nos marmites. Nous étions 200 grévistes femmes. Un moment, nos camarades de l'usine voisine Tresca avaient eu l'intention de se solidariser avec nous et de faire aussi grève. Mais, réflexion faite, elles continuèrent le travail, et s'imposèrent une cotisation de 0,50 F par semaine pour nous soutenir. Cela alla bien durant six semaines. Ces secours nous permettaient d'alimenter régulièrement nos marmites. Mais le patronat s'inquiéta de pareils actes de solidarité et voulut les empêcher. Les collectes furent interdites dans les ateliers, on empêcha de cotiser à l'usine […]. […] Après le troisième mois, les pourparlers recommencèrent, le patron nous fit appeler de nouveau à la mairie et nous soumit de nouveaux tarifs ; nous les refusâmes. II espérait que, la misère nous ayant brisées, nous pourrions plus facilement capituler. Mais, cette fois encore, nous résistâmes. M. Duplan se tourna alors vers le préfet, qui désigna un arbitre : c'était un patron, qui ne valait pas mieux que le nôtre, et cette tentative échoua encore. Alors, en désespoir de cause, le patron envoya la femme de son chauffeur et celle de son comptable racoler les ouvrières à domicile : dix-neuf se laissèrent séduire. Ces quelques renégates décidèrent du sort de la grève, qui finit rapidement. Celles qui avaient résisté ne purent trouver du travail dans les autres usines. Je fus donc obligée de partir et je me dirigeai sur Voiron."
De retour au Creusot dans la maison de Jean-Baptiste Dumay ; clique sur la maison pour t'y rendre...
La discussion reprend...
Vous : Je ne connaissais pas Lucie Baud, quel parcours inspirant ! D'ailleurs, puis-je regarder le livre posé sur ta table ? Jean-Baptiste Dumay : Oui, bien sûr.
Extraits du livre...
" A notre époque, la société tout entière se divise de plus en plus en deux vastres camps ennemis, en deux classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat […]. Des masses d'ouvriers sont chaque jour, chaque heure, dominées par la machine, par le surveillant, par le bourgeois industriel tout seul. Ce despotisme est d'autant plus mesquin, odieux, exaspérant qu'il proclame plus ouvertement que son but est le profit […]. Politiquement, les communistes sont la partie la plus décidée, la plus mobilisée des partis ouvriers de tous les pays […]. Le but immédiat des communistes est la constitution des prolétaires en classe, le renversement de la domination bourgeoise, la conquête du pouvoir politique par le prolétariat […]. Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste […]. Le prolétariat se servira de sa domination politique pour arracher à la bourgeoisie tout son capital […]."
Tu poursuis ton enquête et souhaites interroger l'adjoint au maire du Creusot qui constate les dégâts dans les hauts-fourneaux.
Bonjour, je suis le journaliste dépêché sur place pour enquêter sur l'incendie. Puis-je vous interroger ?
Bonjour, je suis Monsieur Burdy. Ah quelle tragédie pour M. Schneider... Oui, volontiers.
La discussion débute...
Vous : Que pouvez-vous vous me dire sur M. Schneider ? Monsieur Burdy : « Être le père de [ses] ouvriers, voilà bien, […], la constante préoccupation de [son] cœur. Toutes les œuvres de bienfaisance dont [il] [a] doté [la]cité, en donnent un vivant et magnifique témoignage. L’enfant a ses écoles, le vieillard sa maison de famille pour abriter ses infirmités ; les blessés et les malades trouveront ici l’hôtel du bon Dieu. Cette pensée constante de [sa] vie, vouée au bien-être moral et matériel de [sa] grande famille ouvrière, [il l'a] recueillie, de [son] illustre père, le grand génie qui a créé cette cité industrielle. » Vous : Pensez-vous que l'incendie puisse être criminel ? Monsieur Burdy : Oui je le pense même si cela fait mal à mon coeur de penser que l'on veuille du mal à Monsieur Schneider. Voyez-vous, il a tout investi pour ses ouvriers. C'est un homme bon. Quel malheur lui arrive-t-il ! Vous : Merci pour vos réponses.
Tu penses connaître le coupable de l'incendie. Clique sur l'endroit où il se trouve.
BRAVO : TU AS RESOLU L'ENQUETE !
Les étapes de la fabrication de la soie : 1/ Sériciculture (élevage du vers à soie) dans des magnaneries. Les vers à soie se nourissen de feuilles de mûrier blanc. Les vers tissent leur cocon en produisant le fil de soie. 2/ Filature : Les cocons de vers sont plongés dans l'eau bouillante pour tirer le fil de soie. 3/ Moulinage : Etape qui consiste à rendre le fil de soie utilisable pour le tissage. 4/ Tissage : Entrelacer les fils de chaîne (dans la longueur du tissu) avec les fils de trame (dans la largeur du tissu) pour obtenir différents tissus comme la mousseline, le satin...