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Cave animalia _ expo

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Created on January 19, 2023

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Transcript

des anecdotes insolites

Fragment de peinture murale avec une panthère assise sur un élément architectural, 2ème s. Musée de la Romanité, Wikimedia commons

J.W.

Cave Animalia !

Julie Wojciechowski

Connaître les animaux de Rome par les sources

XENOPHON, Expédition de Cyrus et retraite des Dix Mille, LIVRE IV

Ξενοφώντος - Κύρου Ἀνάβασις. Βιβλίον Δ. chap 9, traduction française · Eugène TALBOT.

[19] Οἱ δὲ πολέμιοι, ὡς ἤρξαντο θεῖν, οὐκέτι ἔστησαν, ἀλλὰ φυγῇ ἄλλος ἄλλῃ ἐτράπετο. Οἱ δὲ Ἕλληνες ἀναβάντες ἐστρατοπεδεύοντο ἐν πολλαῖς κώμαις καὶ τἀπιτήδεια πολλὰ ἐχούσαις. [20] Καὶ τὰ μὲν ἄλλα οὐδὲν ὅ τι καὶ ἐθαύμασαν· τὰ δὲ σμήνη πολλὰ ἦν αὐτόθι, καὶ τῶν κηρίων ὅσοι ἔφαγον τῶν στρατιωτῶν πάντες ἄφρονές τε ἐγίγνοντο καὶ ἤμουν καὶ κάτω διεχώρει αὐτοῖς καὶ ὀρθὸς οὐδεὶς ἐδύνατο ἵστασθαι, ἀλλ᾽ οἱ μὲν ὀλίγον ἐδηδοκότες σφόδρα μεθύουσιν ἐᾐκεσαν, οἱ δὲ πολὺ μαινομένοις, οἱ δὲ καὶ ἀποθνῄσκουσιν. [21] Ἔκειντο δὲ οὕτω πολλοὶ ὥσπερ τροπῆς γεγενημένης, καὶ πολλὴ ἦν ἀθυμία. Τῇ δ᾽ ὑστεραίᾳ ἀπέθανε μὲν οὐδείς, ἀμφὶ δὲ τὴν αὐτήν πως ὥραν ἀνεφρόνουν· τρίτῃ δὲ καὶ τετάρτῃ ἀνίσταντο ὥσπερ ἐκ φαρμακοποσίας.

[19] Les ennemis, quand les Grecs commencent à courir, ne tiennent plus, mais prennent la fuite dans tous les sens. Les Grecs, arrivés en haut, cantonnent dans plusieurs villages pourvus de vivres abondantes. [20] Il n’y eut là rien qui parut extraordinaire si ce n’est qu'il se trouva beaucoup de ruches, que tous les soldats qui en mangèrent eurent le délire, des vomissements, un dérangement de corps, et que pas un ne put se tenir sur ses jambes. Ceux qui en avaient peu mangé ressemblaient à des gens tout à fait ivres : ceux qui en avaient pris beaucoup, à des furieux ou à des mourants. [21] Beaucoup gisaient à terre, comme après une défaite ; il y avait un grand découragement. Cependant le lendemain il n’y eut personne de mort, et le délire cessa vers la même heure où il avait pris la veille. Le troisième et le quatrième jour, chacun se leva, comme après une purgation.

Pline l’Ancien parle (Hist. nat., XXI, chap. XIII, § 45) d’une sorte de miel qui, de son temps, se trouvait sur les côtes du Pont, et qu’il désigne sous le nom de mænomenon mel (μαινόμενον μέλι), mel quod insaniam gignit, parce qu’il faisait perdre la raison à ceux qui en mangeaient.

De nombreuses plantes de la famille des Ericaceae comme les rhododendrons, contiennent des grayanotoxines. Or, ces grayatoxines ont été retrouvées à de nombreuses occasions dans le miel, les fleurs et les feuilles de Rhododendron ponticum et de Rhododendron flavum, dans la partie orientale de la Mer Noire, précisément sur les lieux décrits par Xénophon. La consommation de cette toxine via des feuilles, des fleurs ou des produits dérivés comme le miel, peut produire une intoxication caractérisée par des vertiges, de l’hypotension et un bloc auriculo-ventriculaire, des nausées et/ou des vomissements, des sueurs abondantes et des troubles de la conscience. Chez l’homme, cette intoxication est rarement fatale, contrairement aux cas d’intoxication rencontrés chez le bétail ou les animaux de compagnie.

Le miel et les abeilles

Ε Φ (e ph) pour "Ephesos"Tétradrachme en argent représentant une abeille Source : Wikimedia commons

J.W.

VALÈRE-MAXIME, Facta et dicta memorabilia I, 4.

P. Claudius bello Punico primo, cum proelium navale committere vellet, auspiciaque more maiorum petisset, et pullarius non exire cavea pullos nuntiasset, abici eos in mare iussit, dicens : « Quia esse nolunt, bibant. » L. Iunius, P. Claudii collega, neglectis auspiciis classem tempestate amisit, damnationisque ignominiam voluntaria morte praevenit.

Publius Claudius, lors de la première guerre punique, tandis qu’il voulait engager un combat naval et qu’il avait demandé les auspices* selon l’habitude des ancêtres, et que le pullaire** avait annoncé que les poulets ne sortaient pas de leur cage, ordonna que ceux-ci soient jetés dans la mer, disant : « Puisqu’ils ne veulent pas manger, qu’ils boivent. » Lucius Junius, le collègue de Publius Claudius, les auspices ayant été négligés, perdit sa flotte dans une tempête et prévint la honte d’une condamnation par une mort volontaire.

« Quia esse nolunt,bibant. »

Bande de poulets mouillés !

Source : languesanciennes.com

*Présage tiré du comportement des oiseaux**Le pullaire est le prêtre chargé de s’occuper des poulets sacrés.

J.W.

J.W.

PLINE L’ANCIEN, « L’enfant et le dauphin », Histoire naturelle, IX, 25

Delphinus, Divo Augusto principe, Lucrinum lacum invectus, pauperis puerum ex Baiano Puteolos in ludum itantem miro amore dilexit.[…] Quocumque diei tempore inclamatus a puero, ex imo advolabat et praebebat puero ascensuro dorsum, receptumque Puteolos per magnum aequor in ludum ferebat, simili modo revehens pluribus annis, donec morbo extincto puero, subinde ad consuetum locum venitans tristis ipse quoque pueri desiderio expiravit.

Pendant le règne du divin Auguste, un dauphin avait pénétré dans le lac Lucrin : il s'éprit d'une incroyable affection pour un enfant de pauvres qui avait l'habitude de se rendre de Baïes à Pouzzoles, à l'école. […] A n'importe quelle heure de la journée, quand l'enfant l'avait appelé, il se précipitait du fond de l'eau et lui présentait son dos pour qu'il y montât; quand l'enfant était installé, il l'emmenait à l'école à Pouzzoles à travers le grand lac. Il fit ainsi ce trajet plusieurs années durant, jusqu'au jour où l'enfant fut emporté par une maladie ; il prit l'habitude de revenir souvent à leur lieu de rendez-vous, tout triste, puis, lui aussi, il mourut, de chagrin.

Pline l'Ancien donne un savoureux détail à propos du même animal... N'ayant pas d'articulation souple, il ne se couche pas mais s'appuie contre un arbre pour dormir, et on le piège en coupant cet arbre ; sinon, il est d'une rapidité extraordinaire. Il a une lèvre supérieure très grande, si bien qu'il recule en broutant pour que sa lèvre ne s'enroule pas s'il va tout droit. PLINE L’ ANCIEN (23-79), Histoire naturelle ,Vlll, XVI.

De nombreuses plantes de la famille des Ericaceae comme les rhododendrons, Pieris, Agarista et Kalmia, contiennent des grayanotoxines de type diterpènes Les grayatoxines 1 et 2 ont été retrouvées à de nombreuses occasions dans le miel, les fleurs et les feuilles de Rhododendron ponticum et de Rhododendron flavum, dans la partie orientale de la Mer Noire, précisément sur les lieux décrits par Xénophon (8, 9). La consommation de cette toxine via des feuilles, des fleurs ou des produits dérivés comme le miel, peut produire une intoxication caractérisée par des vertiges, de l’hypotension et un bloc auriculo-ventriculaire, des nausées et/ou des vomissements, des sueurs abondantes et des troubles de la conscience (10). Chez l’homme, cette intoxication est rarement fatale, contrairement aux cas d’intoxication rencontrés chez le bétail ou les animaux de compagnie.

Source : M. Cuvillier

Un dauphin qui ne fait pas Flipper

J.W.

J.W.

Il y en a aussi, qui sont appelés alces [élans]. Leur physionomie et la variété de leur robe sont tout à fait semblables à celles des chèvres, mais elles les dépassent un peu en taille, ont des cornes tronquées et des pattes sans jointures ni articulations. Elles ne se couchent pas pour dormir, et si, touchées par quelque accident, elles tombent, elles ne peuvent se redresser ni se relever. Elles utilisent les arbres commes couche ; elles s'appuient contre, et ainsi légèrement inclinées seulement, elles prennent leur repos. Quand, d'après leurs traces, l'endroit où elles ont l'habitude de se retirer a été repéré par les chasseurs, ils y minent tous les arbres par les racines, ou les coupent de manière que leur partie supérieure garde l'aspect d'arbres debout. Lorsqu'elles s'y appuient comme à leur habitude, elles font tomber sous leur poids les arbres affaiblis, et tombent en même temps.

Sunt item, quae appellantur alces. harum est consimilis capris figura et varietas pellium, sed magnitudine paulo antecedunt mutilaeque sunt cornibus et crura sine nodis articulisque habent. Neque quietis causa procumbunt neque, si quo adflictae casu conciderunt, erigere sese aut sublevare possunt. His sunt arbores pro cubilibus ; ad eas se adplicant atque ita paulum modo reclinatae quietem capiunt. quarum ex vestigiis cum est animadversum a venatoribus quo se recipere consuerint, omnes eo loco aut ab radicibus subruunt aut accidunt arbores, tantum ut summa species earum stantium relinquatur. Huc cum se consuetudine reclinaverunt, infirmas arbores pondere adfligunt atque una ipsae concidunt.

César, De Bello Gallico, 6.27

Source : Collatinus.org

De nombreuses plantes de la famille des Ericaceae comme les rhododendrons, Pieris, Agarista et Kalmia, contiennent des grayanotoxines de type diterpènes Les grayatoxines 1 et 2 ont été retrouvées à de nombreuses occasions dans le miel, les fleurs et les feuilles de Rhododendron ponticum et de Rhododendron flavum, dans la partie orientale de la Mer Noire, précisément sur les lieux décrits par Xénophon (8, 9). La consommation de cette toxine via des feuilles, des fleurs ou des produits dérivés comme le miel, peut produire une intoxication caractérisée par des vertiges, de l’hypotension et un bloc auriculo-ventriculaire, des nausées et/ou des vomissements, des sueurs abondantes et des troubles de la conscience (10). Chez l’homme, cette intoxication est rarement fatale, contrairement aux cas d’intoxication rencontrés chez le bétail ou les animaux de compagnie.

Pline l'Ancien donne de savoureux détails à propos du même animal... N'ayant pas d'articulation souple, il ne se couche pas mais s'appuie contre un arbre pour dormir, et on le piège en coupant cet arbre ; sinon, il est d'une rapidité extraordinaire. Il a une lèvre supérieure très grande, si bien qu'il recule en broutant pour que sa lèvre ne s'enroule pas s'il va tout droit. PLINE L’ ANCIEN (23-79), Histoire naturelle, Vlll, XVI.

Est-ce que ce monde est sérieux ?

J.W.

Source : M. Cuvillier

J.W.

Videndumque hoc loco est ne, quos ob benefacta diligi volemus, eorum laudem atque gloriam, cui maxime invideri solet, nimis efferre videamur; atque eisdem his ex locis et in alios odium struere discemus et a nobis ac nostris demovere; eademque haec genera sunt tractanda in iracundia vel excitanda vel sedanda; nam si, quod ipsis, qui audiunt, perniciosum aut inutile sit, id factum augeas, odium creatur; sin, quod aut in bonos viros aut in eos, quos minime quisque debuerit, aut in rem publicam, tum excitatur, si non tam acerbum odium, tamen aut invidiae aut odi non dissimilis offensio; [209]Item timor incutitur aut ex ipsorum periculis aut ex communibus: interior est ille proprius; sed hic quoque communis ad eandem similitudinem est perducendus.

César, De Bello Gallico, 6.27

Rumpatur, quisquis rumpitur invidia. Puisse-t-il crever celui qui crève de jalousie !

La chouette est l`oiseau attribué par les Grecs à la déesse Athéna, puis par les Romains à Minerve. Elle évoque, par son immobilité silencieuse, la sagesse, par ses mœurs nocturnes et son calme, la solitude, et par son regard fixe perçant les ténèbres, le savoir.

MARTIAL Épigrammes LIVRE IX, XCVIII

Les mauvaisesprits pouvaient prendre la forme de pensées envieuses et cette mosaïque était destinée à protéger la maison contre eux.

El-jem, Tunisie, Fin IIIe s ap JC

De nombreuses plantes de la famille des Ericaceae comme les rhododendrons, Pieris, Agarista et Kalmia, contiennent des grayanotoxines de type diterpènes Les grayatoxines 1 et 2 ont été retrouvées à de nombreuses occasions dans le miel, les fleurs et les feuilles de Rhododendron ponticum et de Rhododendron flavum, dans la partie orientale de la Mer Noire, précisément sur les lieux décrits par Xénophon (8, 9). La consommation de cette toxine via des feuilles, des fleurs ou des produits dérivés comme le miel, peut produire une intoxication caractérisée par des vertiges, de l’hypotension et un bloc auriculo-ventriculaire, des nausées et/ou des vomissements, des sueurs abondantes et des troubles de la conscience (10). Chez l’homme, cette intoxication est rarement fatale, contrairement aux cas d’intoxication rencontrés chez le bétail ou les animaux de compagnie.

"Je pense plutôt que l'émotion de la jalousie est de loin la plus féroce de toutes, et a besoin d'autant d'énergie pour sa répression que pour sa stimulation. Maintenant, les gens sont particulièrement jaloux de leurs égaux, ou de ceux qui étaient autrefois en dessous d'eux, lorsqu'ils se sentent laissés pour compte et s'inquiètent de l'ascension des autres." Cicéron - De Oratore - Livre II - 209 - Traduction par EW Sutton.

El-jem, Tunisie, Fin IIIe s ap JC

INVIDIA RVMPVNTVR AVES NEQVE NOCTVA CVRAT Les oiseaux sont déchirés par l'envie et le hibou s'en moque. (les oiseaux crèvent de jalousie et la chouette n’en a cure)

Contre les rageux !

J.W.

J.W.

Videndumque hoc loco est ne, quos ob benefacta diligi volemus, eorum laudem atque gloriam, cui maxime invideri solet, nimis efferre videamur; atque eisdem his ex locis et in alios odium struere discemus et a nobis ac nostris demovere; eademque haec genera sunt tractanda in iracundia vel excitanda vel sedanda; nam si, quod ipsis, qui audiunt, perniciosum aut inutile sit, id factum augeas, odium creatur; sin, quod aut in bonos viros aut in eos, quos minime quisque debuerit, aut in rem publicam, tum excitatur, si non tam acerbum odium, tamen aut invidiae aut odi non dissimilis offensio; [209]Item timor incutitur aut ex ipsorum periculis aut ex communibus: interior est ille proprius; sed hic quoque communis ad eandem similitudinem est perducendus.

VARRON, DE L'AGRICULTURE, LIVRE II

Un effet bœuf

DE L’ÉDUCATION DES BESTIAUX

le bétail à l'origine de toute chose.

Traduction M. Nisard

N’étaient-ils pas des pâtres eux-mêmes ces fondateurs de notre ville, comme le prouve leur choix pour la fonder, du jour même des Parilia ? Ne dit-on pas encore aujourd’hui, suivant l’ancienne coutume, tant de bœufs, tant de brebis, pour exprimer la valeur de certaines choses ? Notre plus ancienne monnaie* n’a-t-elle pas une figure de bétail pour effigie ? Et n’était-ce pas avec une charrue attelée d’un bœuf et d’une vache qu’autrefois on traçait l’enceinte d’une ville, et qu’on marquait l’emplacement de ses portes ? Enfin les suovitaurilia, c’est-à-dire les victimes solennelles que l’on promène autour du peuple romain pour le purifier, qu’est-ce autre chose qu’un verrat, un bélier, et un taureau? Combien n’avons-nous pas de noms propres empruntés soit au gros, soit au petit bétail ? au petit bétail, comme ceux de Porcius, d’Ovinius, de Caprilius ; au gros bétail, comme ceux de Taurius, d’Equitius. Enfin les Annius n’ont-ils pas reçu le surnom de Capra, les Statilius celui de Taurus, et les Pomponius celui de Vitulus ? Et combien on en citerait d’autres !

Si le bétail n’eut pas été en honneur chez les anciens, les astronomes ne lui auraient certes pas emprunté plusieurs noms de signes, dans la description qu’ils ont faite du ciel. Loin d’avoir la moindre hésitation à placer ces noms au zodiaque, plus d’un auteur, en énumérant les douze signes, commence par ceux qui portent des noms d’animaux, et donne ainsi le pas au Bélier et au Taureau sur Apollon et sur Hercule, qui, tout dieux qu’ils sont, ne viennent qu’en troisième lieu, sous le nom de Gémeaux. Et, peu contents de n’avoir en noms de bétail qu’un sixième du nombre des signes, ils y ont introduit le Capricorne pour compléter le quart. Les noms de chèvre, de bouc et de chien, que portent différentes constellations, sont également empruntés au bétail. Des terres, qui plus est, et des mers ne tirent-elles pas leurs noms de la même source, témoin la mer Égée, qui doit le sien à l’espèce chèvre (ἄγριος), le mont Taurus en Syrie, le mont Canterius dans le pays des Sabins, le Bosphore de Thrace et le Bosphore cimmérien. Il y a des villes dont les noms n’ont pas d’autre origine par exemple, la ville grecque qu’on nomme ἵππιον Ἄργος. Enfin l’Italie ne doit-elle pas elle-même son nom aux veaux (vituli), comme le prétend Pison ? Qui oserait nier que le peuple romain n’ait eu des pâtres pour ancêtres ? Qui ne sait que Faustulus, père nourricier de Romulus et Remus, et l’instructeur de leur jeunesse, était un simple pâtre ?

zodiaque

monnaie

suovitaurilia

De nombreuses plantes de la famille des Ericaceae comme les rhododendrons, Pieris, Agarista et Kalmia, contiennent des grayanotoxines de type diterpènes Les grayatoxines 1 et 2 ont été retrouvées à de nombreuses occasions dans le miel, les fleurs et les feuilles de Rhododendron ponticum et de Rhododendron flavum, dans la partie orientale de la Mer Noire, précisément sur les lieux décrits par Xénophon (8, 9). La consommation de cette toxine via des feuilles, des fleurs ou des produits dérivés comme le miel, peut produire une intoxication caractérisée par des vertiges, de l’hypotension et un bloc auriculo-ventriculaire, des nausées et/ou des vomissements, des sueurs abondantes et des troubles de la conscience (10). Chez l’homme, cette intoxication est rarement fatale, contrairement aux cas d’intoxication rencontrés chez le bétail ou les animaux de compagnie.

"Je pense plutôt que l'émotion de la jalousie est de loin la plus féroce de toutes, et a besoin d'autant d'énergie pour sa répression que pour sa stimulation. Maintenant, les gens sont particulièrement jaloux de leurs égaux, ou de ceux qui étaient autrefois en dessous d'eux, lorsqu'ils se sentent laissés pour compte et s'inquiètent de l'ascension des autres." Cicéron - De Oratore - Livre II - 209 - Traduction par EW Sutton.

terres et mers

noms propres

villes, ancêtres de Rome

*pecunia (argent monnayé) est dérivé de pecus, le bétail étant regardé comme la base de toute richesse.

Aes signatum, monnaie de bronze, 280-250 avant J.-C., une des plus anciennes du monde romain. Source : BnF

J.W.

J.W.

COLUMELLE, De l'agriculture l'économie rurale, LIVRE VII, XII. "DE CANIBUS".

Videndumque hoc loco est ne, quos ob benefacta diligi volemus, eorum laudem atque gloriam, cui maxime invideri solet, nimis efferre videamur; atque eisdem his ex locis et in alios odium struere discemus et a nobis ac nostris demovere; eademque haec genera sunt tractanda in iracundia vel excitanda vel sedanda; nam si, quod ipsis, qui audiunt, perniciosum aut inutile sit, id factum augeas, odium creatur; sin, quod aut in bonos viros aut in eos, quos minime quisque debuerit, aut in rem publicam, tum excitatur, si non tam acerbum odium, tamen aut invidiae aut odi non dissimilis offensio; [209]Item timor incutitur aut ex ipsorum periculis aut ex communibus: interior est ille proprius; sed hic quoque communis ad eandem similitudinem est perducendus.

COLUMELLE, De l'agriculture, Livre VII, XII, "De canibus"

Nom d'un chien !

Nominibus autem non longissimis appellandi sunt, quo celerius quisque vocatus exaudiat : nec tamen brevioribus, quam quae duabus syllabis enuntiantur, sicuti Graecum est Σκύλαξ, Latinum Ferox, Graecum Λάκων, Latinum Celer, vel femina, ut sunt Graeca Σπουδὴ, Ἀλκής, Ῥώμη, Latina Lupa, Cerva, Tigris.

Il ne faut pas leur donner des noms trop longs, afin qu'ils les entendent plus promptement lorsqu'on les appelle, ni de plus courts que ceux que l'on énonce en deux syllabes : tels que Skúlax (Jeune chien) en grec, Ferox (Fier) en latin; Lákōn (Chien de Laconie) en grec, Celer (Léger à la course) en latin ; ou, s'il s'agit d'une femelle, Spoudê, Alkês, Rhṓmē (Zèle, Vaillance, Force) en grec, Lupa, Cerva, Tigris (Louve, Biche, Tigresse) en latin.

De nombreuses plantes de la famille des Ericaceae comme les rhododendrons, Pieris, Agarista et Kalmia, contiennent des grayanotoxines de type diterpènes Les grayatoxines 1 et 2 ont été retrouvées à de nombreuses occasions dans le miel, les fleurs et les feuilles de Rhododendron ponticum et de Rhododendron flavum, dans la partie orientale de la Mer Noire, précisément sur les lieux décrits par Xénophon (8, 9). La consommation de cette toxine via des feuilles, des fleurs ou des produits dérivés comme le miel, peut produire une intoxication caractérisée par des vertiges, de l’hypotension et un bloc auriculo-ventriculaire, des nausées et/ou des vomissements, des sueurs abondantes et des troubles de la conscience (10). Chez l’homme, cette intoxication est rarement fatale, contrairement aux cas d’intoxication rencontrés chez le bétail ou les animaux de compagnie.

Chien à l'askos (vase à anses), Mosaïque de pavement sur le site de la Bibliotheca Alexandrina, Égypte © Alain Lecler

"Je pense plutôt que l'émotion de la jalousie est de loin la plus féroce de toutes, et a besoin d'autant d'énergie pour sa répression que pour sa stimulation. Maintenant, les gens sont particulièrement jaloux de leurs égaux, ou de ceux qui étaient autrefois en dessous d'eux, lorsqu'ils se sentent laissés pour compte et s'inquiètent de l'ascension des autres." Cicéron - De Oratore - Livre II - 209 - Traduction par EW Sutton.

Nomd'un chien !

J.W.

J.W.

Montés sur leurs grands chevaux...

Poème écrit par l'empereur HADRIEN à la mort de son cheval Borysthène

traduit par J. Gascou, Ph. Leveau et J. Rimbert

Borysthenes Alanus Caesareus veredus per aequor et paludes et tumulos etruscos volare qui solebat pannonicos in apros nec ullus insequentem dente aper albicanti ausus fuit nocere vel extimam saliva sparsit ab ore caudam ut solet evenire; sed integer iuventa inviolatus artus die sua peremptus hoc situs est in agro.

Boristhène, coursier alain de l'empereur, qui, à son habitude, volait à travers la plaine, les marais et les hauteurs de l'Etrurie à la poursuite des sangliers de Pannonie ; nul sanglier n'osa lui porter un coup de ses blanches défenses tandis qu'il le pourchassait, ou répandre l'écume de sa bouche sur l'extrémité de sa queue, comme souvent il arrive. Mais dans la fleur de sa jeunesse, sans que nulle blessure ait souillé ses membres, il est mort à son heure et repose dans ce champ.

Caligula et Incitatus,Statue, British Museum.

Alexandre et Bucéphale Mosaïque, Pompéi, Maison du faune, Ier s. ap. J.-C. Musée archéologique national de Naples. Source :wikimedia commons

A l’image d’Alexandre, l’empereur Hadrien vouait une passion à ses chevaux. Il dédia à Borysthène, un cheval qu’il affectionnait particulièrement, une inscription funéraire, d'autant plus précieuse qu'elle paraît avoir été composée par l'empereur lui-même.

J.W.

J.W.

PETRONE, le Satiricon, La maison de Trimalcion, XXIX

trad. De Louis de Langle, Paris, Bibliothèque des curieux, 1923

Ceterum ego dum omnia stupeo, paene resupinatus crura mea fregi. Ad sinistram enim intrantibus non longe ab ostiarii cella canis ingens, catena uinctus, in pariete erat pictus superque quadrata littera scriptum : CAVE CANEM. Et collegae quidem mei riserunt.

Quant à moi, j'admirais bouche bée, quand, sursautant de peur, je faillis me rompre les jambes. A gauche de l'entrée, non loin de la loge du portier, un énorme chien tirait sur sa chaîne. Au-dessus de lui était écrit en lettres capitales : GARE AU CHIEN. Vérification faite, ce n'était qu'une peinture sur la muraille. Mes compagnons se moquaient de ma frayeur.

Mosaïque de la maison du poète tragique, PompéiSource : Wikimedia commons

PLAUTE, Mostellaria, La maison de Philolachès, III, 2

TRANION : Mane, sis ; videam ne canis... THEUROPIDE : Agedum, vide. SIMON : Nil pericli est, age ; Tam placida'st quam est aqua, ire intro audacter licet. TRANION : Attendez, je vous prie, que je voie si le chien... THEUROPIDE : Oui, prends garde. SIMON : N'ayez pas peur, entrez, il est tranquille comme l'eau qui dort.

Attention au chien !

J.W.

J.W.

COLUMELLE, De l'agriculture, LIVRE VII, XII. "DE CANIBUS"

PLINE L’ANCIEN, Histoire naturelle, LIVRE VIII, 61, 1

COLUMELLE, De l'agriculture, LIVRE VII, XII,"De canibus"

Texte français Paris : Dubochet, 1848-1850. édition d'Émile Littré

Pugnasse adversus latrones canem pro domino accepimus, confectumque plagis a corpore non recessisse, volucres et feras abigentem. Ab alio in Epiro agnitum in conventu percussorem domini ; laniatuque, et latratu coactum fateri scelus.

[...] de mutis custodibus loquar; quamquam falso canis dicitur mutus custos : nam quis hominum clarius, aut tanta vociferatione bestiam vel furem praedicat, quam iste latratu ? quis famulus amantior domini ? quis fidelior comes ? quis custos incorruptior ? quis excubitor inveniri potest vigilantior ? quis denique ultor aut vindex constantior ?

[...] je vais maintenant parler des gardiens muets, quoique ce soit à tort que l'on qualifie ainsi le chien : car quel est l'homme qui annonce plus clairement et d'une voix plus forte les bêtes féroces et les voleurs, que ne le fait le chien par son aboiement ? quel domestique aime plus sans maître ? quel compagnon est plus fidèle? quel gardien plus incorruptible ? Peut-on trouver une sentinelle plus vigilante ? enfin, y a-t-il un défenseur et un vengeur plus courageux ?

Nous lisons qu’un chien combattit pour son maître contre des brigands, et que, percé de coups, il ne quitta pas le corps, dont il éloignait les oiseaux et les bêtes de proie ; qu’un autre, en Epire, reconnut au milieu d’une assemblée le meurtrier de son maître, et le força d’avouer le crime par ses morsures et ses aboiements.

Epitaphe CIL IX 5785, IIe s.Raeda[r]um custos / numquam latravit / inepte nunc / silet et cineres / vindicat um/bra suos Surveillant des chariots, jamais il n’aboya pour rien. Maintenant, il se tait. Son ombre s’en prend à ses cendres.

Wouaf ! Wouaf !

J.W.

Le graffiti VAVA, Collection Vesunna, Ville de Périgueux (France).©Laurent Flutsch, Conservateur du Musée romain de Lausanne-Vidy

J.W.

HORACE, Épîtres, II, 2, 70-76

Quelle pagaille !

Traduction Alexandre Vincent

Dans ce passage, Horace décrit les embouteillages provoqués par les véhicules dans les rues de Rome et la divagation de certains animaux dans la rue.

Festinat calidus mulis gerulisque redemptor,torquet nunc lapidem, nunc ingens machina tignum, tristia robustis luctantur funera plaustris, hac rabiosa fugit canis, hac lutulenta ruit sus

C'est un entrepreneur qui se hâte, bouillant d'impatience, avec ses mules et ses portefaix, c'est un cabestan qui élève en tournant soit une pierre soit une poutre énormes, c'est un convoi funèbre qui dispute le passage à des chariots pesamment chargés ; d'un côté court un chien enragé, de l’autre un porc fangeux.

Inscription à Pompéi

Duaci (c)apel(l)a Donat(a) nomine aber(r)av(it)

Un dénommé Duax laisse ainsi un message sur un mur de Pompéi afin de retrouver sa chèvre nommée Donata.

La petite chèvre du nom de Donata s'est échappée de chez Duax

III, 235-238 :

JUVENAL, Satires, III, 259-261

Traduction Fançois Villeneuve

Inde caput morbi : rhedarum transitus arcto Vicorum in flexu, et stantis convicia mandræ Eripient somnum Druso vitulisque marinis.

Le passage des voitures dans les sinuosités des rues étroites, les querelles du troupeau qui n’avance plus, ôteraient le sommeil à Drusus même ou à des veaux marins.

Au-delà des embouteillages, Juvénal dénonce les nuisances sonores.

J.W.

J.W.

inscription Pompéi

Gallia me genuit nomen mihi divitis undae / concha dedit formae nominis aptus honos / docta per incertas audax discurrere silvas / collibus hirsutas atque agitare feras / non gravibus vinc(u)lis unquam consueta teneri / verbera nec niveo corpore saeva pati / molli namque sinu domini dominaeque iacebam / et noram in strato lassa cubare toro / et plus quam licuit muto canis ore loquebar / nulli latratus pertimuere meos / sed iam fata subii partu iactata sinistro / quam nunc sub parvo marmore terra tegit / Margarita En Gaule je suis née, et Perle était mon nom, un nom qui fut tiré des richesses de l’onde, un nom qui allait bien à ma beauté insigne. L’audace me faisait courir ici et là les sentes forestières, chasser, dans les vallons, les bêtes fauves hirsutes. Je ne supportais pas d’être tenue en laisse, et mon pelage blanc refusait du bâton l’inadmissible offense. J’étais sur les genoux du maître, de sa femme, et puis, lassée, j’allais sur un lit bien moelleux. Je savais m’exprimer mieux qu’il n’est ordinaire par ma face de chien et son muet langage. Mais jamais mes abois n’ont effrayé personne ! Maintenant, je suis morte, en donnant la lumière aux fils que je portais. Sous ce marbre exigu m’emprisonne la terre. Perle

QVAM DVLCIS FVIT ISTA, QVAM BENIGNA, QVAE CVM VIVERET IN SINV IACEBAT, SOMNI CONSCIA SEMPER ET CVBILIS ! O FACTVM MALE, MYIA, QVOD PERISTI ! LATRARESMODO SI QVIS ADCVBARET RIVALIS DOMINAE, LICENTIOSA. O FACTVM MALE, MYIA, QVOD PERISTI ! ALTVM IAM TENET INSCIAM20SEPVLC[H]RVM, NEC SEVIRE POTES NEC INSILIRE NEC BLANDIS MIHI MORSIB(VS) RENIDES.

Comme elle était douce, comme elle était gentille, celle qui, de son vivant, reposait sur ma poitrine, partageant constamment mon sommeil et mon lit ! Oh quel malheur, Myia, que tu sois décédée ! Tu aboierais aussitôt en toute impudence, contre un rival couché auprès de ta maîtresse. Oh quel malheur, Myia, que tu sois décédée ! Désormais retenue malgré toi au fond d’un tombeau, tu ne peux ni râler, ni me sauter dessus ; pour toi, plus de gaieté par de tendres morsures.

Épitaphe de la chienne Myia, trouvée à Augusta Auscorum (Auch), sur le site de la ville gallo-romaine (Ier s. apr. J.-C.) pendant la construction de la gare d’Auch, dans le Gers.CIL XIII, 488. Marbre blanc pyrénéen (H. : 35 cm ; l. 47,5 cm ; P. 5 cm). © Musée des Amériques, Auch (France) – Philippe Fuzeau.

Les chiens accompagnent leurs maîtres dans le sommeil et dans l'intimité du lit. C'est ce qu'atteste l’épitaphe originale de Margarita (Perle), d'ailleurs rédigée à la 1re personne : molli namque sinu domini dominaeque iacebam et noram in strato lassa cubare toro J’étais sur les genoux du maître, de sa femme, et puis, lassée, j’allais sur un lit bien moelleux. C'est le cas de cette autre chienne attachante, Myia : quae cum viveret in sinu jacebat, somni conscia semper et cubilis ! celle qui, de son vivant, reposait sur ma poitrine, partageant constamment mon sommeil et mon lit ! CIL XIII, 488

Épitaphe trouvée à la porte Pinciana, Rome, CILVI, 29896/B. 1175, trad. Danielle Porte,o. c.

Épitaphe pour Marguerite, Rome, British Museum, Ier -IIe s.

Une perle...

J.W.

J.W.

inscription Pompéi

Enfants auriges sur un char mené par des échassiers, Villa du Casale, SicileSource : wikimedia commons

Pourri gâté...

Enfant et cruauté ?

QVAM DVLCIS FVIT ISTA, QVAM BENIGNA, QVAE CVM VIVERET IN SINV IACEBAT, SOMNI CONSCIA SEMPER ET CVBILIS ! O FACTVM MALE, MYIA, QVOD PERISTI ! LATRARESMODO SI QVIS ADCVBARET RIVALIS DOMINAE, LICENTIOSA. O FACTVM MALE, MYIA, QVOD PERISTI ! ALTVM IAM TENET INSCIAM20SEPVLC[H]RVM, NEC SEVIRE POTES NEC INSILIRE NEC BLANDIS MIHI MORSIB(VS) RENIDES.

Martial cite aussi des modèles réduits de maisons, voire de petites voitures tirées par des souris !

Enfant jouant avec une oie, musée du LouvreSource : Collections Louvre

Comme elle était douce, comme elle était gentille, celle qui, de son vivant, reposait sur ma poitrine, partageant constamment mon sommeil et mon lit ! Oh quel malheur, Myia, que tu sois décédée ! Tu aboierais aussitôt en toute impudence, contre un rival couché auprès de ta maîtresse. Oh quel malheur, Myia, que tu sois décédée ! Désormais retenue malgré toi au fond d’un tombeau, tu ne peux ni râler, ni me sauter dessus ; pour toi, plus de gaieté par de tendres morsures.

Épitaphe de la chienne Myia, trouvée à Augusta Auscorum (Auch), sur le site de la ville gallo-romaine (Ier s. apr. J.-C.) pendant la construction de la gare d’Auch, dans le Gers.CIL XIII, 488. Marbre blanc pyrénéen (H. : 35 cm ; l. 47,5 cm ; P. 5 cm). © Musée des Amériques, Auch (France) – Philippe Fuzeau.

Habebat puer mannulos multos et iunctos et solutos, habebat canes maiores minoresque, habebat luscinias psittacos merulas.

L'enfant avait beaucoup de poneys à atteler et à monter, il avait des chiens grands et petits, il avait des rossignols, des perroquets, des merles.

PLINE LE JEUNE, Lettres, IV, 2 :

Traduction Ph. Remacle

J.W.

J.W.

inscription Pompéi

MARTIAL, Épigrammes, livre VII, LXXXVII

Si Flaccus, mon ami, se plaît à avoir une chouette aux longues oreilles ; si Canius est heureux de posséder un noir Éthiopien ; si Publius témoigne le plus tendre attachement pour une petite chienne; si Cronius aime un singe qui lui ressemble ; si l'ichneumon redoutable (au serpent et au crocodile) fait l'amusement de Marius ; et toi, Lausus, si la pie qui te salue te cause tant de plaisir; si Glacilla lie autour de son cou un serpent glacé ; si Thelesina fit ériger un tombeau à son rossignol ; pourquoi le témoin des goûts bizarres de ses maîtres, n'aimerait-il pas la figure gracieuse de Labyca, qu'envierait Cupidon lui-même ?

trad. Verger, Dubois et Mangeart

Si meus aurita gaudet glaucopide Flaccus, si fruitur tristi Canius Aethiope; Publius exiguae si flagrat amore catellae, si Cronius similen cercopithecon amat ; delectat Marium si perniciosus ichneumon, pica salutatrix si tibi, Lause, placet; si gelidum collo nectit Cadilla draconem, luscinio tumulum si Telesilla dedit: blanda Cupidinei cur non amet ora Labyrtae qui uidet haec dominis monstra placere suis ?

Le livre 14 des Épigrammes de Martial a pour thème les cadeaux des Saturnales : certains sont le don d'animaux de compagnie, dont ce perroquet.

Psittacus a vobis aliorum nomina discam :Hoc didici per me dicere Caesar have.Moi, le perroquet, j’apprendrai de vous d’autres noms, mais j’ai appris tout seul à dire : “César, salut”

MARTIAL, Épigrammes, 14, 73

trad. Verger, Dubois et Mangeart

Stace décrit l'incroyable cage de cet autre perroquet :

NAC* antiques

At tibi quanta domus rutila testudine fulgensconexusque ebori virgarum argenteus ordoargutumque tuo stridentia limina cornuMais quel magnifique palais tu habitais ! La rouge écaille y resplendissait, un treillage d’argent y était symétriquement enchâssé dans l’ivoire, et les portes y rendaient un bruit aigu sous tes coups de bec.

J.W.

J.W.

*Nouveaux animaux de compagnie

STACE, Silves, 2, 4, 11-13

inscription Pompéi

CATULLE, Poèmes, III, "Fletus passeris Lesbiae" (Déploration du moineau de Lesbie),

traduction de Lionel-Édouard Martin

Lugete, o Veneres Cupidinesque, et quantum est hominum venustiorum: passer mortuus est meae puellae, passer, deliciae meae puellae, quem plus illa oculis suis amabat. nam mellitus erat suamque norat ipsam tam bene quam puella matrem, nec sese a gremio illius mouebat, sed circumsiliens modo huc modo illuc ad solam dominam usque pipiabat. qui nunc it per iter tenebricosum illuc, unde negant redire quemquam. at vobis male sit, malae tenebrae Orci, quae omnia bella devoratis: tam bellum mihi passerem abstulistis o factum male! o miselle passer! tua nunc opera meae puellae flendo turgiduli rubent ocelli.

Vénus et tous les Cupidons, pleurez, Et vous, adorateurs de vénusté : Il est mort, le moineau de ma chérie, Le moineau, le plaisir de ma chérie, Plus aimé d’elle que ses propres yeux, L’oiseau de miel qui la connaissait mieux Que le bambin ne fait de sa maman ! – Et de sa gorge à peine s’éloignant, Près d’elle, çà, là, de sautiller, Daignant pour elle seule pépier… Voici qu’il va, par ténébreux chemin, Là d’où personne, dit-on, ne revient… Malheur à vous, ténèbres de malheur Qui dévorez les plus humbles splendeurs : Vous m’avez pris le plus beau des moineaux ! Fait de malheur, pauvre petit moineau ! – Par ta faute, les yeux de ma chérie De gros pleurs et de rouge sont meurtris.

OVIDE, Amours, 2, 6, 47-48

Les mots cependant ne se glacèrent pas dans ton gosier défaillant : en mourant, ta langue cria : Corinne, adieu !nec tamen ignauo stupuerunt verba palato ; clamavit moriens lingua : « Corinna, vale ! ». »

Un clin d'oeil à Catulle et à la déploration du moineau de Lesbie, la mort du perroquet :

nec tamen ignauo stupuerunt verba palato ;clamavit moriens lingua : « Corinna, vale ! ».Les mots cependant ne se glacèrent pas dans ton gosier défaillant ; en mourant, ta langue cria : "Corinne, adieu !"

OVIDE, Amours, 2, 6, 47-48

traduit par Henry Bornecque

Le petit oiseau est mort

J.W.

Détails d'une fresque retrouvée dans la villa de Livie à Prima Porta près de Rome. La fresque est conservée au Palazzo Massimo à Rome.

J.W.

inscription Pompéi

AVIANVS, Les Fables, XXXVII, "Canis et Leo" (le Chien et le Lion)

Traduction par J. Chenu.

Un Chien des mieux nourris rencontra, dit-on, un Lion des plus maigres, et s’entretint avec lui d’un ton enjoué. "Ne voyez-vous pas, lui dit-il, mon large dos s’arrondir jusque sur mes flancs rebondis, et quels muscles rehaussent ma noble poitrine? Après les convives, je suis le premier que l’homme appelle à sa table, n’interrompant mon repos que pour me rassasier largement, et je ne suis nullement gêné de cet épais collier de fer qu’on me met au cou pour que je ne puisse laisser la maison sans gardien. Pour vous, mourant de faim, vous attendez longtemps dans vos vastes forêts qu’une proie tombe en vos domaines. Venez donc, comme moi, offrir votre cou à la chaîne, et vous trouverez facilement de bons repas!" Aussitôt le Lion, qui sentait s’accroître son courroux, reprend sa noble fierté, et poussant un sourd rugissement : "Retire-toi, lui dit-il; va tendre ton cou au nœud qui lui sied si bien, et porte ces dures entraves pour apaiser ta faim. Pour moi, qui suis libre dans mon antre dépourvu de tout, si je suis à jeun, du moins puis-je arpenter à mon gré la campagne. Et pour tes festins, aie soin de ne les vanter qu’à ceux qui préfèrent la bonne chère à la liberté."

Pinguior exhausto canis occurrisse leoni Fertur, et insertis verba dedisse jocis. Nonne vides duplici tendantur ut ilia tergo Luxurietque toris nobile pectus, ait? Proximus humanis ducor post ocia mensis, Communem capiens largius ore cibum. Sed quod crassa malum circumdat guttura ferrum? Ne custodita fas sit abire domo. At tu magna diu moribundus lustra pererras, Donec se silvis obvia praeda ferat. Perge igitur nostris tua subdere colla catenis, Dum liceat faciles promeruisse dapes. Protinus ille gravem gemuit collectus in iram Atque ferox animi, nobile murmur agit. Vade, ait, et meritis nodum cervicibus infer, Compensentque tuam vincula dura famem. At mea cum vacuis libertas redditur antris, Quamvis jejunus quelibet arva peto. Has illis epulas potius laudare memento, Qui libertatem post posuere gulae.

Du bon usage du collier ?

L'animal et ses chaînes

Un chien de garde oublié ? Moule créé à l'époque moderne : on a versé du plâtre dans les espaces laissés dans les couches géologiques volcaniques par les corps décomposés.

Chien de garde, Musée national d'archéologie (Naples).

Déchaînés !

Chien de Pompéi, avec son collier, à l'agonie, British Museum

J.W.

J.W.