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LA NATURE

Liza Akrout

Created on January 8, 2023

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Transcript

La Nature

INTRODUCTION

L'idée de nature nous est familière : nous pouvons parler d'aimer la nature ou de la nature profonde d'une personnes, de meme que nous distinguons ce qui est naturel de ce qui ne l'est pas. La nature est d'abord une évidence pour nous, mais si nous cherchons à défnir ce que nous pouvons entendre par "nature", nous sommes vite confrontés à la polysémie de ce mot.

Problématiques

  • Quel est le points commun entre les différents sens que recouvre ce termes ? Quelle est l'essence de la nature ?
  • Est-il pertinant de distinguer la nature de son inverse : la culture ou l'artifice ?
  • Le concept designe-t-il une réalité objective, ou est-il avant tous normatif ?

Les stoiciens ont particulièrement insisté sur cette idée : s'interrogeant sur la meilleure maniére de vivre, distinguant les tendances naturelles des hommes, par oppositions à des tendances non naturelles.

Ainsi, par exemple, manger pour se nourrir est naturel, alors que manger par gourmandise ne l'est pas.

Pour vivre une bonne et philosophique, les hommes devraient suivre leurs besoins naturels et se tenir à distance de ce qui s'en écarte.

nature et domination selon

Socrate

Dans le Gergias de Platon, Socrate (dont Platon était le disiple) rapelle la conception harmonieuse de la nature. Plus loin, Socrate discute avec Calliclès qui, partant d'une meme définition de la nature, en tire des règles d'existance différentes. Pour Calliclès, suivre la nature ne signifie pas mener une vie simpke, comme le pensent les stoiciens, ni s'efforce de se rendre maitre de ses désirs,comme le pense Socrate. Il élargit la définition en développant le concept de justice naturelle :

"(...) la justice consiste en ce que le meilleur ait plus que lemoin bon, et le plus fort que le moins fort." Platon, Gorgias.

Selon Calliclès, la nature n'est pas seulement un principe d'harmonie et d'unité, elle est aussi une justification de la domination et de la force.

La distinction du "naturel" et de l'"artificiel" selon aristote

Aristote propose de distinguer les choses qui existent par la nature, de celles qui existent par d'autres causes, auxquelles il donne le d' "art"

Pourtant, Aristote ne fait pas de la nature le domaine de la pure liberté, mais un univers régi par des lois au même titre que la société. Si la nature peut nous apparaître comme sauvage et dépourvue de rationalité humaine, elle est pourtant un monde avant tout physique, c’est-à-dire régi par les lois de la physique.

On peut comprendre la nature comme un tout, mais un tout régi par un ensemble cohérent de lois.

Descartes et l'idée de se rendre maitre de la nature

Il s’agit, pour l’humanité moderne, de s’affranchir de la domination de la nature, ainsi que l’exprime Descartes dans son Discours de la méthode. Grâce aux connaissances techniques et scientifiques, les hommes pourraient se rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Il faut toutefois nuancer ce désir de maîtrise, Descartes disant bien qu’il s’agit de se rendre « comme » maître. Son objectif n’est pas la domination de la nature pour elle-même, mais l’amélioration des conditions de vie.

Descartes renverse donc le modèle antique de l’harmonie.

la nature COMME MOYEN SELON KANT

En distinguant conceptuellement fin et moyen, Kant a contribué à circonscrire le rôle de la nature dans son livre : Fondements de la métaphysique des mœurs. Si la nature est dépourvue de raison, elle n’a donc qu’une « valeur relative », c’est-à-dire relativement à ce qu’elle permet de réaliser (par exemple, se nourrir). La nature est ici définie comme moyen et non comme fin en soi, c’est-à-dire comme ce qui vaut pour soi-même. En tant que moyen, elle est donc au service d’une fin qui lui est extérieure.

Critique du dualisme entre " nature " et " culture ", selon philippe descola

L’anthropologue français Philippe Descola a critiqué le dualisme entre nature et culture, en observant que le concept de nature, loin d’être universel, était au contraire propre à la pensée occidentale. Il explique que « sans doute la nature n’existe-t-elle pas pour bien des peuples comme un domaine ontologique [c’est-à-dire formant la même unité qu’un être] autonome » et que la question de la nature ne s’est « guère posée pour de nombreuses cultures. C’est là un fétiche qui nous est propre »(Par-delà nature et culture, 2005).

. a RETENIR .

- L’idée de nature repose avant tout sur des postulats métaphysiques, par exemple sur une conception mécaniste ou finaliste du monde. - La nature est avant tout un concept axiologique, c’est-à-dire chargé de valeurs. Il importe donc de mettre à jour ces valeurs, soit pour s’en méfier, soit, au contraire, pour défendre les valeurs qu’une pensée uniquement utilitaire contribue à détruire.