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Carnaval Schumann

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Created on December 21, 2022

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Transcript

Champs de questionnement : Le son, la musique, l’espace et le temps / Thématiques : La musique,un art du temps - La forme, principes et éléments du discours musical - Musique et esthétique- musique et récit

Carnaval, op.9 (1834-1835) Robert Schumann

Petites scènes mignonnes sur 4 notes

Genial.ly réalisé et co-écrit par Fabien Ducret, Fabienne Miqueu, Caroline Vivès

Sommaire

1. Musique et esthétique : le Romantisme
4. Musique et récit : la musique à programme
2. Robert Schumann : un artiste romantique
5. Le Carnaval op.9 : présentation
3. Robert Schumann : une écriture romantique
6. Le Carnaval op.9 : organisation de l'oeuvre
7. Le Carnaval op.9 : les 7 pièces au programme
Sujets de créations - sujets de bac blanc

Qu'as-tu retenu ?

La période romantique (1800 - 1900)

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Qu'as-tu retenu ?

La période romantique (1800 - 1900)

En résumé :

  • Une nouvelle façon de penser l’homme, le monde, la société… Réaction contre le classicisme, revendication, liberté de forme et de langage;
  • Sources d’inspirations : la nature, l’amour, la mort, l’exotisme, le fantastique, le voyageur solitaire…
  • Transformation de genres anciens : sonates, concertos, symphonies jusqu’aux limites de l’éclatement en durée et en effectif;
  • Apparition de genres nouveaux : opposition musique « pure » / musique à programme
  • Naissance de formes courtes et libres pour instrument seul : Impromptu, nocturne, ballade, romance, intermezzo, rhapsodie etc.
  • C’est l’intensité de l’expression qui prime ;
  • Exaltation de l’individu, de la sensibilité, exacerbation de l’expression du « moi » ; Le langage devient individuel : on reconnaît plus facilement des personnalités => invention de « l’individu ».

Musique et esthétique : l'artiste romantique

L'expression des sentiments

Revendique sa singularité

La virtuosité

Formes musicales concises ou très longues ; Ecriture qui met en valeur la virtuosité du musicien

Il peut être incompris, méprisé ou rejeté ; Il cherche la liberté, quitte à être pauvre

Il compose pour lui, il n’attend plus une commande ; L’acte créateur est une réponse à un besoin d’expression

+info

L'artiste romantique :

+info

Robert Schumann, un artiste romantique

"Où il mourira !" 😂 👌

Robert Schumann

Génie et folie

Robert et Clara

Grand littéraire

Clara est la fille de son professeur de piano : Friedrich Wieck. Elle deviendra l'une des plus grandes pianistes de la période romantique.Lorsqu'ils se rencontrent pour la première fois, Clara n'est qu'une enfant mais les années passant, ils tombent amoureux l'un de l'autre.Quand Clara atteint la majorité, Robert demande sa main. Cela prendra plusieurs années car Friedrich s'oppose à ce mariage. Ensemble, ils ont 8 enfants. La pièce No. 11 "Chiarina" de Carnaval représente Clara.

Son père était libraire, éditeur et auteur. Robert se destinait à une carrière littéraire. Dans sa musique, il attache une très grande importance à la poésie, au texte. Il a lu tous les grands poètes de son époque. Carnaval fait référence au roman "L'âge ingrat" ("Flegeljahre") de Jean Paul (Richter) : succession de visions brêves et fantastiques qui se suivent dans un désordre apparent.

Toute sa vie, Robert souffrira de ce que l'on appellerait aujourd'hui des troubles bipolaires. Il alterne entre des phases de dépression et des périodes d'intense créativité. (En 1840, il compose 138 lieder !) Plus le temps passe et plus ses troubles s'amplifient. En 1854, en proie à des hallucinations et pensées délirantes, il tente de se suicider en se jetant dans le Rhin. Ces deux aspects opposés de la personnalité de Schumann apparaissent dans les pièces No. 5 "Eusebius" et No.6 "Florestan"

+info

Pour aller plus loin...

Qu'as-tu retenu sur sa biographie ?

Robert Schumann

Le compositeur

Le critique musical

Le pianiste

En 1831, Robert signe une critique sur Chopin dans une gazette musicale. Il écrit "Chapeaux bas, Messieurs ! Un génie!". L'article est signé de compères qui n'en font qu'un, Eusebius et Florestan (les pseudonymes de Robert). En 1834, Schumann participe à la création d'un journal qui aura un grand succès : Die Neue Zeitschrift für Musik (Nouvelle gazette musicale). Les rédacteurs de cette revue prennent le nom de Davidsbündler (Les compagnons de David). Ils défendent la musique allemande et ses artistes. La dernière pièce de Carnaval se nomme "Marche des Davidsbündler contre les Philistins"

Il compose de nombreuses pièces pour piano seul. (Sonates, pièces de caractères, variations...) Le lied est un genre musical que Schumann affectionne plus particulièrement car il associe de façon étroite poésie et musique. Par exemple : les cycles L'amour et la vie d'une femme ou Les amours du poète. Il écrit aussi : - 4 symphonies - 1 concerto pour piano - 1 concerto pour violoncelle - de la musique de chambre (quatuors, trios pour piano et 1 quintette pour piano)

En 1830, après avoir assisté à un concert du violoniste virtuose Niccolo Paganini, Robert décide de devenir musicien. Il prendra des cours de piano avec le grand professeur Friedrich Wieck.En 1832, Schumann invente un dispositif pour améliorer l'indépendance de ses doigts. Il travaille jusqu'à l'épuisement sur ce système si bien que plusieurs de ses doigts se paralysent. C'est la fin de sa carrière de pianiste.

Robert Schumann (1810 -1856) Quelques dates..

1832

blessure à la main puis dépression

1834

création de la « Neue Zeitschrift für Musik» => s’oppose à Rossini, Meyerbeer et les classiques qu’il nomme les « Philistins »

1835

Carnaval op.9 pour Ernestine von Fricke

1836

décès de sa mère. Rencontre Clara qui a 16 ans. Ils auront 8 enfants ensemble.

Robert Schumann (1810 -1856) Quelques dates...

1839

Carnaval de Vienne op.26 Décès de son frère Edouard

1840

union enfin possible avec Clara après un long procès

1851

Symphonie n°3 op. 97 dite "Rhénane"

1853

Ami avec Joseph Joachim et Johannes Brahms

1854

obsession de la note « la », se jette dans le Rhin, interné à Düsseldorf.

1856

décède à Düsseldorf

Quelques oeuvres

Der Kontrabandist

Symphonie n°4 - 3ème mouvement Scherzo

Concerto pour piano

Lied extrait des Dichterliebe

Etre incollable sur Robert Schumann :

Approche du style de Robert Schumann

Esthétique de la dualité

Schumann utilise souvent une écriture concise qui ne fonctionne pas avec l’idée de développement. Il s'agit plus d'un jaillissement de l’idée, très spontanné, une mosaïque de l’instant, une fuite des idées (exaltation de la manie Florestan) et retour obsessif propre au mélancolique Eusebius. Cette esthétique de la dualité présente dans son oeuvre - exaltation et dépression - reflète également ses choix de vie - poète ou musicien ? - et sa névrose.

Approche du style de Robert Schumann

Liberté mélodique

L'écriture mélodique de Schumann donne souvent l’impression d’une grande fluidité, de souplesse et d’être quasi improvisée : c'est une musique de l’instant.(cf. "Eusébius" dans le Carnaval op.9) La simplicité mélodique de certaines pièces peut également être emblématique du style de Schumann, comme dans "Le poète parle" (Der Dichter spricht) figurant dans les "Scènes d'enfant" : La Fantaisie opus 17 reflète également cette grande liberté mélodique ; elle était initiallement intitulée « Clara-fantaisie » ("Fantasie", en Allemand, veut dire imaginer, improviser). Cette fantaisie a été dédiée à Liszt, qui dédiera à Schumann en retour sa célèbre Sonate en si mineur , en 1853.

Approche du style de Robert Schumann

Ecriture harmonique

Goût du contrepoint

Aime également l’écriture "verticale" / harmonique de type « choral », comme en témoigne cet extrait du 4e mvt de sa 3e Symphonie :

Aime l’écriture contrapuntique : utilise fréquemment des canons, des jeux d'imitations entre les voix, des entrées fuguées, des polyphonie internes très denses dans les voix intérieures des pièces pianistiques :

Approche du style de Robert Schumann

Ecriture harmonique raffinée

  • Utilisation fréquente de notes pédales inférieures, médianes ou supérieures ;
  • Goût pour les modulations inattendues, les cadences rompues, évitées ou plagales ;
  • Utilisation de marches harmoniques, d'enharmonies, de chromatismes, de trilles et d'appoggiatures ;
  • Attaque souvent le premier accord en anacrouse ou sur temps faible ;
  • Utilisation fréquente du 1er renversement de l'accord de 7e de dominante (6-5 barré) ou de la sixte allemande, mais aussi de l'accord de 9e sans fondamentale (7-5 barré qui est une nouveauté harmonique pour l'époque) ou de la 9e attaquée directement (par ex. dans "Lettres dansantes")

Approche du style de Robert Schumann

Déambulation musicale, rêveries et répétitions...

Qu'as-tu retenu sur sa biographie ?

Comment ça marche le piano ?

Les pédales

  • La pédale de droite = la pédale forte
Permet à toutes les notes de résonner librement. (Les étouffoirs sont relevés)
  • La pédale du milieu = sostenuto
Permet à certaines notes de résonner librement.
  • La pédale de gauche = una corda
Permet d'avoir un son plus doux.
  • La sourdine : sur les pianos droits, la pédale du milieu sert de sourdine

La musique pour piano de Robert Schumann

Influences et genres préférés

... un univers intimiste :

Pièces pour piano

  • Scènes d’enfant,
  • Papillons op.2,
  • Carnaval op.9,
  • Davidsbündlertänze,
  • Fantasiestücke opus 12,
  • Fantaisie op.17,
  • Novelettes op.21,
  • Carnaval de Vienne op. 26, Humoreske op.20,
  • Album pour la jeunesse op.68,
  • 3 sonates,
  • 1 quatuor avec piano et un quintette avec piano
  • 1 concerto pour piano
  • (liste non exhaustive)

Musique pour piano influencée par la littérature, mais aussi par Schubert, Bach, Beethoven & des virtuoses comme Moscheles ou Hummel.

S'éloigne des genres classiques – il ne compose que trois sonates peu conventionnelles sur le plan formel – et crée ses propres formes, très libres et romantiques : fantaisies, humoresques, novelettes, carnaval etc. Schumann juxtapose souvent des pièces de caractère très contrastées.

... ou très expressif :

Musique et récit

La musique à programme

  • Est-il besoin que la musique s’appuie sur un support littéraire ou plus généralement narratif, pour être créée, interprétée et écoutée ? La réponse semble aller de soi pour la musique vocale : imagine-t-on qu’un compositeur se désintéresse du texte (poème, livret d’opéra, texte liturgique, etc.) sur lequel il crée son œuvre ? Et l’auditeur a tout intérêt à connaître ce texte ou au moins à en saisir le sens général, pour en apprécier pleinement la traduction musicale.
  • Pour la musique instrumentale, la réponse est plus problématique. Elle a même suscité, à la fin du XIXe siècle, une polémique entre les partisans de la « musique pure » (sonate, quatuor, concerto, symphonie) soutenus par le critique et écrivain Eduard Hanslick et les défenseurs de la musique à programme qui apparaît, notamment chez Franz Liszt, comme l’idéal d’avenir ("Zukunftsideal") de la musique symphonique.
  • Si les « classiques » s’attachent aux formes construites (sonate, quatuor, concerto, symphonie), les « romantiques » inventent des formes plus libres (la symphonie à programme, le poème symphonique et l’ouverture à programme) qui se prêtent à la narration. La musique à programme revêt donc de nombreux aspects. Elle est souvent rapprochée de la musique descriptive mais ne s’y réduit pas car elle peut aussi suggérer des impressions, des sentiments ou des idées (amour, espoir, héroïsme...).
Source : Symphozik "la musique à programme"

Musique et récit

La musique à programme

  • Hector Berlioz est, semble-t-il, l’inventeur de la « symphonie à programme ». Pour la "Symphonie fantastique" il rédige un texte détaillant les images qu’il désire suggérer aux auditeurs. Certes, d’autres avant lui avaient donné aux différents mouvements d’une œuvre instrumentale des titres évocateurs. Citons notamment : "Capriccio sur le départ du frère bien aimé" de Johann Sebastian Bach, "les Fastes de la grande et ancienne ménestrandise" de François Couperin ou les ballets-pantomimes du XVIIIe siècle dont "Les Petits Riens" de Mozart sont un exemple. Mais Berlioz va plus loin.
  • Quand il écrit la "Fantastique" en 1830, c’est à la "Symphonie pastorale" de Ludwig van Beethoven qu’il se réfère. À tord, semble-t-il, car son illustre aîné ne manifestait que peu d’inclination pour la « peinture musicale ». Beethoven prend d’ailleurs la peine d’indiquer dans le titre de sa 6ème symphonie en 1808 : « plutôt expression de la sensation que peinture. » Et il note par ailleurs : « la "Symphonie Pastorale" n’est pas un tableau; on y trouve exprimées, en nuances particulières, les impressions que l’homme goûte à la campagne. »
Source : Symphozik "la musique à programme"

Musique et récit

Découvrir "la "Symphonie fantastique" de Berlioz (3'16min)

"Tempête, orage" 3e et 4e mvts de la 6e Symphonie de Beethoven

Musique et récit

Position de Schumann après Berlioz

  • Berlioz estime qu’en raison du « vague de l’expression musicale », les auditeurs d’un même passage musical ne sauraient être impressionnés de la même façon. Il est donc nécessaire, pour le recours à « l’imitation en musique » (in "Gazette musicale", janvier 1837), que le compositeur précise verbalement ce qu’il a voulu peindre : c’est la raison même des détails du programme de la "Fantastique".
  • Robert Schumann, qui reconnaît le vague de l’expression et la subjectivité de l’auditeur, part du même constat pour choisir une direction opposée puisque le recours au langage verbal ne doit en aucun cas avoir la fonction d’un « poteau-indicateur » (expression de Gustav Mahler), mais celui de poser des questions à l’auditeur et stimuler ainsi son imagination.
  • Il considère en outre que le langage verbal est inférieur à l’art musical. Par conséquent, accoler un programme détaillé à une page musicale, c’est, pour lui, abaisser cette dernière.
  • Dans son analyse de la "Symphonie fantastique" de Berlioz, il écrit : « C’est assez pour le programme. Toute l’Allemagne le lui renvoie : de tels modes d’emploi ont toujours quelque chose qui tient de l’escroquerie, quelque chose de dégradant. De toute façon, les titres donnés à chaque mouvement auraient suffi en eux-mêmes. […] En un mot, l’Allemand, avec sa sensibilité délicate, sa personnalité des plus réceptives, ne souffre pas d’être guidé d’une façon aussi brutale dans ses pensées. Déjà il s’était senti insulté par la "Symphonie pastorale", comme si Beethoven avait douté de sa capacité à deviner le caractère de l’œuvre sans l’aide d’indices. » (in http://hal.archives-ouvertes.fr/).

Le Carnaval op.9, présentation

« Ma musique n'est pas une besogne de manœuvre ; le métier n'y a point de part ; mais elle a coûté à mon cœur plus qu'on ne saurait imaginer.» Robert Schumann

Le Carnaval op.9, présentation

Les 22 pièces de Carnaval

  • 1. Préambule
  • 2. Pierrot
  • 3. Arlequin
  • 4. Valse noble
  • 5. Eusebius
  • 6. Florestan
  • 7. Coquette
  • 8. Réplique
  • Sphinx
  • 9. Papillons
  • 10. A.S.C.H. - S.C.H.A: Lettres Dansantes
  • 11. Chiarina
  • 12. Chopin
  • 13. Estrella
  • 14. Reconnaissance
  • 15. Pantalon et Colombine
  • 16. Valse Allemande
  • Intermezzo : Paganini
  • 17. Aveu
  • 18. Promenade
  • 19. Pause
  • 20. Marche des "Davidsbündler" contre les Philistins

Les 7 pièces au programme du bac sont soulignées et en gras.

Organisation interne :

Les sections sont organisées avec chacune un"pendant" ou plusieurs pièces qui se répondent entre elles : (cf. couleurs similaires)

+info

Le Carnaval op.9, analyse

« Ma musique me semble si merveilleusement réalisée, si simple et venant droit au cœur…Musique bizarre, musique folle, voire solennelle» Robert Schumann, lettre à Clara, 1838

Une oeuvre cyclique

Trois courts motifs sont présentés dans "Sphinxes" . Cette "pièce" n'est ni numérotée, ni jouée, c'est une sorte de clef de l'énigme du Carnaval op.9 Ces lettres correspondent aux noms des notes dans le solfège allemand. Deux de ces motifs parcourent toute l'oeuvre et servent à donner de l'unité à toutes ces différentes pièces : le Carnaval op.9 est donc une oeuvre cyclique.

Les lettres associées à ces motifs ont une grande valeur symbolique :

  • (e)S C H A (mi bémol, do, si, la) représente SCHumAnn. Ce motif ne servira pas.
  • As C H (la bémol, do, si) utilisé dans la seconde moitié de l'oeuvre.
  • A (e)S C H (la, mi bémol, do, si) domine la première moitié de la partition.

Une oeuvre cyclique

Les lettres ASCH représentent :

  • La ville de Asch dont est originaire Ernestine von Fricke (représentée en musique dans la pièce 13. Estrella), la fiancée de Robert Schumann à ce moment-là.
  • C'est ce motif No. 3 (la - mi bémol - do - si) auquel fait référence le sous-titre de "Carnaval" : Scènes mignonnes sur 4 notes.
  • Le mot carnaval en allemand = fASCHing
  • Le nom des deux jumeaux Vult et Walt hArniSCH : personnages principaux du roman "L'âge ingrat" (= Flegeljahre) de Jean-Paul Richter, principale source d'inspiration littéraire de Schumann pour son "Carnaval".

Une galerie de portraits en musique

Carnaval présente toute une galerie de personnages issus de la Commedia del Arte : Pierrot, Arlequin, Pantalon et Colombine, mais aussi des proches de Schumann : Coquette = une domestique, Chiarina = Clara Wieck, la fille de son professeur de piano qui deviendra sa femme, Estrella = Ernestine von Fricken, sa fiancée de l'époque) , des musiciens de son époque auxquels il rend hommage (Chopin et Paganini) et même sa propre personnalité qui se dédouble en Eusebius (son côté calme, introverti rêveur) et Florestan (son côté passionné, extraverti, impétueux). Carnaval est donc une oeuvre autobiographique.Les personnages se retrouvent dans ses éditoraux de Neue Zeitschrift für Musik (= le Nouveau journal de la musique) dont il est le cofondateur.

Des citations musicales

Un autre élément musical qui montre l'aspect auto-biographique de l'oeuvre c'est la présence de plusieurs citations et auto-citations :

- le Sehnsuchtswalzer op. 9 n°2 D.365 de Schubert (mesures 9-10) se retrouve aux mesures 7-10 du Préambule - Le développement de l'Ouverture d'Egmont de Beethoven apparaît au Più mosso du même Préambule - Le n°1 de "Papillons" de Schumann est cité dans Florestan - Les valses romantiques de Clara Wieck (mes 9-10) se glissent dans Valse allemande (Mes 9-10) - Les mesures 453-454 du finale du concerto l'Empereur de Beethoven résonnent dans le Molto più vivo de la Marche des Davidsbündler, associées à une auto-citation de la Symphonie en sol mineur puis au "philistin" Grossvatertanz.

Informations tirées du livre "Robert Schumann" de Brigitte François-Sappey (p.507)

Analyse des 7 pièces au programme

Préambule

Préambule - Analyse

  • Forme une paire avec la dernière pièce de Carnaval : "Marche des Davidsbündler contre les Philistins".
  • Tonalité principale de La bémol majeur. Mesure 3/4 (= 3 temps binaires)
  • Utilisation de la pédale. Virtuosité. Nombreux chromatismes. Accélération progressive.
  • Différents tempos et caractères en fonction des parties. 3 grandes parties :

Presto

Valse

Marche

Mesure 114 à la fin Presto = tempo très rapide Enfin, la pièce se termine dans un mouvement Presto : le rythme s’accélère et s’emballe, le bal devient une farandole effrenée haute en couleurs ! Partie en hémiole = thème à 2 temps superposé à l'accompagnement à 3 temps.

Mesure 24 à 113 Più moto = Plus animé Puis vient un épisode central sur un rythme de valse, le bal proprement dit. Dialogues main droite / main gauche. Gammes fusées, chromatismes, ornementation, arpèges. Entrée du motif principal mesure 47 Puis accélération progressive : tempo Animato = animé puis Vivo = vif

Mesure 1 à 24 Quasi maestoso = Presque majestueux Un thème majestueux introduit le morceau et annonce l’arrivée des invités : nuance fortissimo, avec de nombreux accents, c’est presque une marche en fanfare qui trouvera un écho dans le morceau final.Ecriture verticale (accords à 6-7 sons !) Partie basée sur un motif rythmique court - long.

Pierrot

Pierrot - Analyse

  • Forme une paire avec "Arlequin"
  • Représente un personnage de la commedia dell arte : sorte de clown triste, rêveur et poétique. Amant malheureux de Colombine
  • Tempo moderato. Tonalité principale de Mi bémol majeur.
  • Mesure 2/4 = deux temps binaires
  • On retrouve le motif ASCH (ici la, mi b, do, do bémol) en alternance à la main gauche puis à la main droite au début du morceau.
  • Utilisation de la pédale forte.
  • Note pédale (mi bémol)
  • Mélodies jouées en octaves.
  • Nombreux chromatismes et modulations (= changements de tonalités)
  • Thèmes en anacrouse
  • Carrure de 4 mesures

Pierrot - Analyse

  • LA FORME : Forme binaire à reprise

LA FORMEGENERALE

b b a a

UNE FORME PLUS PRECISE

coda

Seconde partie B : Mesure 9 à la fin Normalement cette partie est reprise mais certains interprètent ne la jouent qu'une seule fois (= ne font pas la reprise) Partie b : Main droite et main gauche en octave. Chromatisme à la basse. Modulations (si bémol majeur/sol mineur/si b majeur/sol mineur) Retour de la partie a Coda : plusieures cadences parfaites en mi bémol majeur (= enchaînements d'accords conclusifs) Crescendo progressif jusqu'au fortissimo puis dernier accord piano.

Première partie A : Mesure 1 à 8 Cette partie est reprise. Le thème est joué en notes piquées et en octaves. + Accompagnement sous forme de note pédale (Mi bémol) + Contrechant à la main gauche Puis le contrechant grave devient le thème aigu joué en octave (et le thème devient le contrechant) Utilisation de la pédale forte Contraste de nuances

Pierrot Comparaison d'interprétations

Quelles différences de caractères, de nuances, de phrasé, de forme entre ces 3 interprétations ?Quelles est votre version préférée et pourquoi ?

Eusebius

Eusebius - Analyse

  • Forme une paire avec "Florestan"
  • Représente le côté introverti, tendre et calme de Schumann.
  • Tonalité principale de Mi bémol majeur.
  • Caractère "Molto teneramente" = très tendrement. Nuances "Sotto voce" = à voix basse. Tempo adagio
  • Mesure 2/4 (= 2 temps binaires)
  • Mais avec une grande souplesse rythmique : des ralentis (= ritenuto), des triolets, quintolets, septolets ainsi qu'une interprétation rubato.
  • Pas de pédale sauf dans la partie centrale.
  • Ornementation : gruppettos et appogiatures. Nombreux chromatismes.
  • Les deux thèmes principaux (très proches) sont aussi construits de la même façon :
un motif d'1 mesure joué 3 fois en marche mélodique puis une 4ème mesure différente. Chaque thème fait 4 mesures.

Eusebius - Analyse

  • LA FORME : Forme ternaire

A'

a a b a

b' a'

b a

Mesure 1 à 16 Tempo Adagio Sotto voce = A voix basse Sans pédale Accompagnement très simple. De nombreux chromatismes notamment à la basse.

Mesure 25 à la fin Sans pédale Pianissimo Retour de l'accompagnement du début.

Mesure 17 à 24 Più lento = plus lent Nuances mf Molto teneramente = très tendrement Les thèmes sont joués en octaves L'accompagnement : des accords réguliers joués en arpèges. Nombreux chromatismes à la basse.

Florestan

Florestan - Analyse

  • Forme une paire avec "Eusebius"
  • Représente le côté extraverti, passionné, tempétueux de Schumann.
  • Tonalité principale de sol mineur.
  • Mesure 3/4 (= trois temps binaires)
  • Tempo changeant : nombreux ralentis (= ritenuto) et accelérations (= accelerando)
  • Caractère passionato = passionné
  • Utilisation de la pédale
  • Auto-citation de la pièce n°1 de "Papillons" Op2 (1829-1831)
Cette citation est présentée mesures 9-10 puis mesures 19 à 22
  • Présence d'une note pédale (= ré)
  • Le premières notes du thème principal sont la, mi bémol, do, si (= A S C H)

Florestan - Analyse

  • LA FORME : Forme ternaire

A'

Mesure 1 à 28 Alternance entre le thème principal et l'auto-citation de la pièce n°1 de "Papillons. Et alternance de tempos : le thème principal = rapide et la citation = adagio La citation est jouée en octave Note pédale (= ré) et utilisation de la pédale forte. Accompagnement avec une note basse suivie d'accords répétés.

Mesure 45 à la fin Retour du thème de la première partie. Accélération progressive jusqu'à la fin. Enchaîne avec la pièce suivante. On retrouve l'accompagnement du début : Note pédale suivie d'accords répétés.

Mesure 29 à 44 Si bémol majeur Montées chromatiques L'accompagnement va changer au milieu de cette partie : arpèges à la main gauche. On part du grave pour finir dans le suraigu.

ASCH SCHA Lettres dansantes

ASCH SCHA - Lettres dansantes Analyse

  • Forme une paire avec "Sphinxes" Fait référence aux signatures musicales ASCH (la, mi bémol, do, si) et SCHA (mi bémol, do, si, la) mais c'est en fait AsCH (la bémol, do, si) qui est utilisée ici (3 premières notes du thèmes)
  • Mi bémol majeur
  • 3/4 (= trois temps binaires) et tempo Presto
  • Caractère leggierissimo = très léger. Notes piquées. Appogiatures.
  • Nuances plutôt douces (p et pp) avec des sforzandos (= en renforçant soudain le son)
  • Accompagnement en note pédale (si bémol) sur le premier temps et en accords sur les 2èmes et 3èmes temps.
  • Utilisation de la pédale forte
  • Carrure de 4 mesures

ASCH SCHA - Lettres dansantes Analyse

  • LA FORME :

a b a

b a

pont

Mesure 25 à 32 Motifs de 2 notes montantes (intervalles de quartes puis de secondes) sur les 2èmes et 3èmes temps.

Mesure 1 à 24 Retour au début sans faire les reprises. Parties a et b exactement identiques à celles du début.

Mesure 9 à 24 Partie b : variation de a qui s'étend vers l'aigu et qui module. Modification du rythme de l'accompagnement.

Mesure 1 à 8 Tempo Presto Très léger Avec pédale forte Accompagnement note pédale grave (si bémol) puis deux accords plaqués

Chopin

  • Schumann a réalisé le “portrait” musical de Chopin dans son Carnaval, comme s’il était l’un des disciples des Davidsbündler (compagnons de David). Cette pièce sonne d'ailleurs comme s’il s’agissait l’un des Nocturnes de Chopin. Plus qu'un pastiche stylistique, il s'agit d'un hommage.
  • Schumann rencontre Chopin pour la 1ère fois en septembre 1835 à Leipzig, après que le Carnaval ait été composé, mais deux ans avant sa publication. C’est dans la maison de son père que Clara aurait joué son propre Concerto pour piano à l’attention de Chopin, la Sonate de Schumann op.11 “dédicacée à Clara par Florestan et Eusebius” et deux études de Chopin. Schumann était présent. Plus tard, la soirée s’est poursuivie chez Mendelssohn.
  • Suite à cette rencontre, plusieurs lettres ont été adressées à Chopin mais il n’y a eu aucune réponse. Les compositeurs ne se sont jamais rencontrés à nouveau. Chopin était plutôt distant avec les autres compositeurs et il dédaignait les titres poétiques d’oeuvres musicales. Il n’a jamais répondu aux hommages publiés par Schumann. Clara a trouvé Chopin "irrésistible" et n’a pas manqué de programmer certaines de ses pièces à l’occasion de ses récitals.

Chopin

Chopin - Analyse

  • Forme une paire avec "Paganini"
  • Hommage à un artiste qu'il admire. Dans une critique
sur Chopin, il écrit : "Chapeaux bas, Messieurs ! Un génie!"
  • Tonalité principale de la bémol majeur.
  • Mesure 6/4 (= six temps binaires)
  • Caractère agitato = agité
  • Mélodie simple et très expressive accompagnée par des accords arpègés.
  • Utilisation de la pédale sur chaque arpège
  • Atmosphère musicale proches des "Nocturnes" de Frédéric Chopin
  • Cette pièce est reprise (= jouée deux fois). Même si la seconde fois est identique
à la première sur la partition, les pianistes ne la jouent pas forcément avec le mêmecaractère : la seconde fois est souvent interprétée de façon plus lente, plus douce etplus expressive. (Ecoutez à la diapositive suivante)

Marche des Davidsbündler contre les philistins

Marche des Davidsbündler contre les philistins

  • Forme une paire avec la première pièce de Carnaval : "Préambule". Plusieurs mélodies du Préambule sont réutilisées ici.
  • Tonalité principale de La bémol majeur. Mesure 3/4 (= 3 temps binaires)
  • Utilisation de la pédale. Virtuosité. Nombreux chromatismes.
  • Différents tempos et caractères en fonction des parties. 5 grandes parties :

Alternance entre le thème du XVIIème siècle et la valse du Préambule

Extrait de la valse du Préambule

Marche

Retour du Presto du Préambule

Thème du XVIIème siècle

Mesure 1 à 24 Non Allegro = Pas rapide Le morceau démarre avec un thème de marche brillante, au son duquel les convives défilent. Musique verticale, homorythmique sous forme d'accords plaqués. Le premier temps de la mesure est accentué. Mesures 9 à 14 : notes piquées.

Mesure 24 à 82 Molto più vivo = beaucoup plus vif Citation du concerto l'Empereur de Beethoven Puis citation d'une mélodie du 17ème siècle : La danse du grand-père (jouée en octaves à la main gauche dans le grave puis à la main droite dans l'aigu) Retour de la danse Tonalité principale de Mi bémol majeur

Mesure 83 à 121 Retour des parties Animato (= animé) et Vivo (= vif) de la valse centrale dans le "Préambule"

Mesure 224 à la fin Retour du Presto final du Préambule. Retour de l'hémiole Più stretto = en pressant Puis coda finale. Très grand ambitus, du très grave à l'extrême aigu.

Mesure 178 à 224 Reprise des parties Animato et Vivo de la valse centrale dans le "Préambule". Cette partie est aussi transposée.

Mesure 121 à 178 Reprise de la danse puis thème du 17ème siècle puis retour de la danse. Partie transposée en La bémol majeur

Quelle(s) interprétation(s) ?

Les chroniqueurs de l'emission "La tribune des critiques de disques" comparent 6 interprètes différents du Carnaval :

  • Version A : Youri Egorov
  • Version B : Arturo Renedetti Michelangeli
  • Version C : Catherine Collard
  • Version D : Eric Le Sage
  • Version E : Claudio Arrau
  • Version F : Nelson Freire

Et vous ? Quelle est votre interprétation préférée ? Et pourquoi ?

Quelle(s) interprétation(s) ?

Les chroniqueurs de l'emission "La tribune des critiques de disques" comparent 6 interprètes différents du Carnaval :

  • Version A : Youri Egorov
  • Version B : Arturo Renedetti Michelangeli
  • Version C : Catherine Collard
  • Version D : Eric Le Sage
  • Version E : Claudio Arrau
  • Version F : Nelson Freire

Et vous ? Quelle est votre interprétation préférée ? Et pourquoi ?

Sujets de créations musicales

Pratique instrumentale de groupe

Sujets d'entraînement à l'épreuve écrite

Fin !

Genial.ly réalisé et co-écrit par Fabien Ducret, Fabienne Miqueu & Caroline Vivès : fabien.ducret@ac-limoges.fr fabienne.miqueu@ac-toulouse.fr caroline.vives@ac-toulouse.fr