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Emergence, apogée et déclin de la classe ouvrière en France

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Created on December 7, 2022

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Emergence, apogée et déclin de la classe ouvrière en France

Photographies (cartes postales) du village de Longueville (77), début du XXe siècle : ouvriers de l'usine de tubes sans soudure Degond (haut, gauche), cité-jardin ouvrière construite par la Compagnie des chemins de fer de l'Est pour loger les salariés (haut, droite) du dépôt des machines de la gare (bas).

Table des matières

1815-1880 : l'industrialisation tardive freine la "prolétarisation" 1880-1936 : la grande industrie se développe et "fait" la classe 1936-1980 : les Trente Glorieuses, ou l'apogée de la classe ouvrière Depuis 1980 : les ouvriers après la classe ouvrière Bibliographie

  • Luttes plurielles (des grèves locales et spontanées aux révolutions de 1830, 1848, 1871)
  • Diversité des situations sociales et professionnelles (poids de la petite exploitation paysanne, pluriactivité, industrie rurale, importance de l'artisanat et des groupes de métiers fortement mobiles)
  • Faible autonomie politique : tentatives morcelées d'organisation politique (autour des groupes de métiers, de groupes plus ou moins informels, de journaux, de coopératives et mutuelles, etc.) et développement de la pensée socialiste
  • Avancées sociales et juridiques timides et non unifiées (grève et syndicalisme, travail des enfants, des femmes, de nuit, etc.)

Classe en soi ou classe pour soi ?

1815-1880 : l'industrialisation tardive freine la "prolétarisation"
  • Accélération de l'exode rurale et de l'immigration
  • Ouvriérisation industrielle (développement de la grande industrie)
  • Politiques paternalistes
  • Ségrégation sociale et spatiale, autoexclusion (scolaire)
  • Crises économiques (1880-1890, années 1930)
  • Développement de la pratique de la grève
  • Construction du syndicalisme et des partis revendiquant la défense des ouvriers, ainsi que de tout un monde associatif
  • Lois sociales (de la loi sur les accidents du travail 1898 au Code du travail 1920)

Ces facteurs contribuent à fixer la main-d'oeuvre à proximité des usines

Formation de la classe ouvrière

1880-1936 : la grande industrie se développe et "fait" la classe (d'une grande dépression à l'autre)
  • Grandes luttes ouvrières (grèves 1936, mineurs 1947, dockers 1949-1950, Mai 1968, LIP et le Larzac 1973, Longwy 1979-1980)
  • Rites, église, héros et sociabilités ouvrières (1er Mai, PCF et CGT, Marx et Lénine, etc.)
  • Intérêt des intellectuels pour la classe ouvrière
  • Clivages internes (femmes, immigrés, ouvriers peu qualifiés, ouvriers ruraux)
  • Amélioration relative du niveau de vie (confort et hygiène, accession à la société de consommation et à la propriété)
  • Début de la massification-démocratisation scolaire

Rapport de forces et place centrale

1936-1980 : les Trente Glorieuses, ou l'apogée de la classe ouvrière
  • Désindustrialisation, automatisation, délocalisation
  • Effondrement du monde communiste
  • Déclin du syndicalisme et du PCF, réorientation idéologique du PS
  • Dévalorisation du monde ouvrier (sociabilités, attitudes politiques, désintérêt des intellectuels), dans un contexte de changement idéologique (marchés, individualisme, progrès technique)
  • Chômage, précarité, rapport au travail (fragmentation de la production, éclatement des collectifs de travail, formes atypiques d'emploi, transformation et démantèlement de l'Etat social)
  • Développement et précarisation du groupe "employés"
  • Clivages au sein des classes populaires (genrés, générationnels, peur du déclassement et distinction avec les chômeurs et exclus, liés à l'origine ethno-raciale, etc.)

De la classe ouvrière aux classes populaires

Depuis 1980 : les ouvriers après la classe ouvrière
Bibliographie (i)
  • BEAUD Michel (1981), Histoire du capitalisme. 1500-2010, Paris, Seuil, "Points", 6e édition, 2010.
  • BEAUD Stéphane (2002), 80 % au bac... et après ? Les enfants de la démocratisation scolaire, Paris, La Découverte, "Poche", 2003.
  • BEAUD Stéphane, CONFAVREUX Joseph, LINDGAARD Jade (dir.) (2006), La France invisible, Paris, La Découverte, "Poche", 2008.
  • BEAUD Stéphane, MAUGER Gérard (dir.) (2017), Une génération sacrifiée ? Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée, Paris, Ed. Rue d'Ulm, "Sciences sociales".
  • BEAUD Stéphane, PIALOUX Michel (1999), Retour sur la condition ouvrière, Paris, La Découverte, "Poche", 2012.
  • BEAUD Stéphane, PIALOUX Michel (2003), Violences urbaines, violence sociale. Genèse des nouvelles classes dangereuses, Paris, Hachette Littérature, "Pluriel".
  • BEROUD Sophie, BOUFFARTIGUE Paul, ECKERT Henri, MERKLEN Denis (2016), En quête des classes populaires. Un essai politique, Paris, La Dispute.
  • BIHR Alain (2012), Les rapports sociaux de classes, Lausanne, Ed. Page deux, "Empreinte".
  • BOURDIEU Pierre (dir.) (1993), La misère du monde, Paris, Seuil, "Points", 1998.
  • BOSC Serge (1993), Stratification et classes sociales, Paris, Armand Colin, "Cursus", 7e édition, 2011.
Bibliographie (ii)
  • BOUFFARTIGUE Paul (dir.) (2004), Le retour des classes sociales. Inégalités, dominations, conflits, Paris, La Dispute, "états des lieux", nouvelle édition, 2015.
  • BRUNEAU Ivan, LAFERTE Gilles, MISCHI Julien, RENAHY Nicolas (dir.) (2018), Mondes ruraux et classes sociales, Paris, Ed. EHESS, "En temps et lieux".
  • CASTEL Robert (1995), Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Gallimard, "Folio", 1999.
  • CHAUVEL Louis (1998), Le destin des générations. Structure sociale et cohortes en France du XXe siècle aux années 2010, Paris, PUF, "Quadrige", 2e édition, 2014.
  • COLLECTIF DU 9 AOÛT (2017), Quand ils ont fermé l'usine. Lutter contre la délocalisation dans une économie globalisée, Marseille, Agone, "L'ordre des choses".
  • DUVOUX Nicolas, LOMBA Cédric (dir.) (2019), Où va la France populaire ?, Paris, PUF, "La vie des idées".
  • FASSIN Didier, FASSIN Eric (dir.) (2006), De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française, Paris, La Découverte, "Poche", 2009.
  • MALVA Constant (1978), Ma nuit au jour le jour, Paris, Maspero, "La mémoire du peuple".
  • MASCLET Olivier, MISSET Séverine, POULLAOUEC Tristan (dir.) (2019), La France d'en bas ? Idées reçues sur les classes populaires, Paris, Le Cavalier bleu, "Idées reçues".
Bibliographie (iii)
  • MASCLET Olivier, AMOSSE Thomas, BERNARD Lise, CARTIER Marie, LECHIEN Marie-Hélène, SCHWARTZ Olivier, SIBLOT Yasmine (dir.) (2020), Être comme tout le monde. Employées et ouvriers dans la France contemporaine, Paris, Raisons d'agir, "Cours et travaux".
  • NOIRIEL Gérard (1984), Immigrés et prolétaires. Longwy, 1880-1980, Marseille, Agone, "L'ordre des choses", 2019.
  • NOIRIEL Gérard (1986), Les ouvriers dans la société française. XIXe-XXe siècle, Paris, Seuil, "Points", 2012.
  • OURY Louis (1973), Les prolos, Marseille, Agone, "Mémoires sociales", 2016.
  • PIALOUX Michel (2019), Le temps d'écouter. Enquêtes sur les métamorphoses de la classe ouvrière, Paris, Raisons d'agir, "Cours et travaux".
  • RANCIERE Jacques, FAURE Alain (1976), La parole ouvrière. Textes choisis, Paris, La Fabrique, 2007.
  • RENAHY Nicolas (2005), Les gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale, Paris, La Découverte, "Poche", 2010.
  • RUSTENHOLZ Alain (2008), Les grandes luttes de la France ouvrière, Paris, Les beaux jours.
  • SCHWARTZ Olivier (1990), Le monde privé des ouvriers. Hommes et femmes du Nord, Paris, PUF, "Quadrige", 2002.
Bibliographie (iv)
  • SIBLOT Yasmine, CARTIER Marie, COUTANT Isabelle, MASCLET Olivier, RENAHY Nicolas (2015), Sociologie des classes populaires contemporaines, Paris, Armand Colin, "U".
  • VIGNA Xavier (2012), Histoire des ouvriers en France au XXe siècle, Perrin, "Pour l'histoire".
  • VIGNA Xavier (2014), Les ouvriers. Dans la France des usines et des ateliers, Paris, Les Arènes, "L'Histoire entre nos mains".
  • WEIL Simone (1951), La condition ouvrière, Paris, Gallimard, "Folio", 2002.

Genially créé le 07/12/2022 par Ludovic Van Der Eecken Enseignant en SES Lycée Paul Claudel d'Hulst (Paris)