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Destinat hunc Minos thalamo removere pudorem
multiplicique domo caecisque includere tectis.
Daedalus ingenio fabrae celeberrimus artis
ponit opus turbatque notas et lumina flexu
ducit in errorem variarum ambage viarum.
Non secus ac liquidus Phrygiis Maeandros in arvis
ludit et ambiguo lapsu refluitque fluitque
occurensque sibi venturas aspicit undas
et nunc ad fontes, nunc ad mare versus apertum
incertas exercet aquas ita Daedalus implet
in numerosas errore vias vixque ipse reverti
ad limen potuit : tanta est fallacia tecti.
Ovide, Métamorphoses, livre VIII, trad. G.T. Villenave
Minos veut dérober au monde la honte de son hymen : il enferme le Minotaure dans l'enceinte profonde, dans les détours obscurs du palais. Le plus célèbre des architectes, Dédale, en a tracé les fondements. L'œil s'égare dans des sentiers infinis, sans terme et sans issue, qui se croisent, se mêlent, se confondent entre eux. Tel le Méandre se joue dans les champs de Phrygie : dans sa course ambiguë, il suit sa pente ou revient sur ses pas, et détournant ses ondes vers leur source, ou les ramenant vers la mer, en mille détours il égare sa route, et roule ses flots incertains. Ainsi Dédale confond tous les sentiers (du labyrinthe). À peine lui-même il peut en retrouver l'issue, tant est grande la tromperie de l'édifice.
tunc Daedalus Minotauro labyrinthum inextricabili exitu fecit, in quo est conclusus.
Hygin, Fables, XL. 3
Puis Dédale construisit le labyrinthe du Minotaure, dans lequel il fut enfermé de manière inextricable.
Hinc utique sumsisse Daedalum exemplar eius labyrinthi, quem fecit in Creta, non est dubium, sed centesimam tantum portionem eius imitatum,
Pline, Histoire naturelle, XXXVI, 19, 85
Que Dédale ait pris modèle sur ce labyrinthe pour faire celui de Crète, cela n'est pas douteux; mais il n'en reproduisit que la centième partie, c'est-à-dire celle qui renferme des circuits, des rencontres et des détours inextricables. Il ne faut pas, le comparant à ce que nous voyons sur les pavés en mosaïque, ou dans les campagnes artificielles livrées aux jeux des enfants, y voir un espace étroit, où l'on peut faire plusieurs milliers de pas en se promenant; mais il faut entendre un édifice offrant des portes nombreuses et de fausses issues qui ramenait sans cesse sur ses pas le visiteur égaré.
quae itinerum ambages occursusque ac recursus inexplicabiles continet: non (ut in pavimentis, puerorumve ludicris campestribus videmus) brevi lacinia millia passuum plura ambulationis continentem : sed crebris foribus inditis, ad fallendos occursus, redeundumque in errores eosdem
Hic labor ille domus et inextricabilis error ;
magnum reginae sed enim miseratus amorem
Daedalus ipse dolos tecti ambagesque resoluit,
caeca regens filo vestigia. [...]
Virgile, l'Énéide, chant VI, 6,27-30
Enfin voici l'œuvre fameuse, le palais aux détours inextricables;
toutefois apitoyé par l'immense amour d'une reine,
Dédale triompha des pièges et des méandres de la demeure, guidant par un fil des pas aveugles.
Inde pedem sospes multa cum laude reflexit
errabunda regens tenui vestigia filo
ne labyrintheis e flexibus egredientem
tecti frustraretur inobservabilis error.
Catulle, Poésies, 64, 112-115, trad. G. Lafaye
Puis, sain et sauf, le héros revient en arrière, dirigeant ses pas errants à l’aide d’un fil léger, qui lui permit de sortir des détours du labyrinthe sans s’égarer dans l'inextricable réseau de l’édifice.
Μίνως δὲ ἐν τῷ λαβυρίνθῳ κατά τινας χρησμοὺς κατακλείσας αὐτὸν ἐφύλαττεν. Ἦν δὲ ὁ λαβύρινθος, ὃν Δαίδαλος κατεσκεύασεν, οἴκημα καμπαῖς πολυπλόκοις πλανῶν τὴν ἔξοδον.
Apollodore, Bibliothèque, livre III, 1, 3
D'après quelques oracles, Minos le garda enfermé dans le Labyrinthe. Ce Labyrinthe, que Dédale avait construit, était un édifice avec des courbes présentant de nombreux détours, de façon qu'il était impossible d'en trouver l'issue.
Labyrinthus est perplexis parietibus aedificium, qualis est apud Cretam a Daedalo factus, ubi fuit Minotaurus inclusus; in quo si quis introierit sine glomere lini, exitum invenire non valet. Cuius aedificii talis est situs ut aperientibus fores tonitruum intus terribile audiatur : descenditur centenis ultra gradibus; intus simulacra et monstrificae effigies, in partes diversas transitus innumeri per tenebras, et cetera ad errorem ingredientium facta, ita ut de tenebris eius ad lucem venire inpossibile videatur.
Isidore de Séville , Étymologies, livre XV, 36
Le labyrinthe est un édifice aux murs enchevêtrés, comme l’est celui que Dédale a construit en Crète où était enfermé le Minotaure ; si l’on y entre sans une pelote de fil, il est impossible de trouver la sortie. La construction de l’édifice est telle que ceux qui en ouvrent les portes entendent un tonnerre terrible à l’intérieur ; on y descend par plus de cent marches ; à l’intérieur se trouvent des statues et des représentations de monstres, d’innombrables passages conduisant à travers les ténèbres vers des parties opposées, et d’autres dispositions faites pour tromper qui y entre, de sorte qu’il paraît impossible de revenir de ses ténèbres à la lumière.
Magistra Wojciechowski
DE LABYRINTHO
DE LABYRINTHO

Mosaïque romaine de Rhétie représentant le labyrinthe, Thésée et le Minotaure.
Ier-IIe siècle ap. J.-C.
VIIe siècle ap. J.-C.
Ier siècle ap. J.-C.
Ier siècle av. J.-C.
Vt quondam Creta fertur Labyrinthus in alta
parietibus textum caecis iter ancipitemque
mille viis habuisse dolum, qua signa sequendi
frangeret indeprensus et inremeabilis error
Virgile, l'Énéide, chant V, v 588-591
On raconte qu'autrefois, dans la Crète montagneuse, le Labyrinthe
abritait dans ses parois aveugles un parcours enchevêtré,
aux mille chemins trompeurs et incertains, où tout signe de piste
disparaissait irrémédiablement suite à la moindre erreur.