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Institut Ophélie

Théatre des 13 vents

Created on June 1, 2022

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Transcript

Dossier pédagogique

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Index

Activités de lecture

Présentation du CDN et des artistes

Thématiques

Activités pour l'oral

Les tableaux

Présentation de la pièce

Le travail de création

Galerie photos

Activités d'écriture

Extraits sonores du spectacle

Entretiens

Le Centre Dramatique National (CDN)

Un CDN est une structure dirigée par un ou plusieurs artistes directement concernés par l’art dramatique. Il lui est confié une mission d'intérêt public de création dramatique, dans le cadre d'une politique nationale de développement de l'art du théâtre.

Le CDN de Montpellier, le Théâtre des 13 vents, est dirigé par Olivier Saccomano (auteur) et Nathalie Garraud (metteuse en scène) depuis 2018.

La création d'une équipe

Nathalie Garraud, metteuse en scène et codirectrice du CDN Théâtre des 13 vents

La création d'une équipe

Olivier Saccomano, auteur et codirecteur du CDN Théâtre des 13 vents

Le projet de l'équipe

Conception : Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

Pièce en diptyque avec Un Hamlet de moins Dossier pédagogique ici

texte : Olivier Saccomano mise en scène : Nathalie Garraud assistanat à la mise en scène : Romane Guillaume interprètes : Karim Daher, Mitssou Doudeau, Mathis Masurier, Cédric Michel, Florian Onnéin*, Conchita Paz*, Lorie-Joy Ramanaidou*, Charly Totterwitz*, Maîka Radigales (7 et 8/12), Valentine Carette (13 au 20/12) scénographie : Nathalie Garraud, Lucie Auclair costumes : Sarah Leterrier lumières : Sarah Marcotte son : Serge Monségu collaboration technique : Nicolas Castanier *Troupe Associée au Théâtre des 13 vents production : Théâtre des 13 vents CDN Montpellier durée 1h35

dates

Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

Ophélie c'est une invention

La pièce pour Florian Onnéin et Charly Totterwitz, acteurs de la troupe associée

Thématiques

De quoi parle la pièce ?

La figure de la femme

L'Histoire du siècle

La folie

Les fantômes

Activités de lecture

Comprendre et analyser la pièce

Les fantômes

Le titre

Les objets

L'Histoire du siècle

La mise-en-scène de Nathalie Garraud

Le texte d'Olivier Saccomano

Les portes

La femme

Le titre

Institut Ophélie

Expliquez comment vous comprenez le titre.

Qui est Ophélie ?

Le texte d'Olivier Saccomano

Qu'est-ce qu'un institut ?

Institut Ophélie pour Lorie-Joy Ramanaidou, actrice de la troupe associée

Ophélie, un Institut... Ophélie ne sera pas un rôle, mais le nom donné à un Institut, dont la fonction semble d’accueillir, de recueillir, voire de former des jeunes gens en situation de grande dépression. C’était en tout cas sa mission, d’après ce qu’on dit, lorsqu'il fut créé aux alentours de 1920, à la sortie du premier conflit mondial, par un riche américain, soucieux de donner un abri aux jeunes filles en détresse, proches de la folie, après que la Grande Guerre avait rasé l’Europe pour la préparer – l’adapter – à l’arrivée de la Grande Industrie. Il abrite aujourd’hui des êtres manifestement inadaptés ou en situation de décrochage, poussés à la porte de la réalité contemporaine par les vagues historiques successives de la Grande Société. Ils ont dû arriver là à des époques diverses, chacun en sa jeunesse, plus ou moins proche. A un moment, il dut y avoir quelques encadrants, quelques bienfaiteurs, quelques médecins, mais plus maintenant. Maintenant, il y a seulement les plus anciens et les plus jeunes. Il abrite aussi, entre ses murs qui semblent n’avoir pas bougé depuis sa fondation, des fantômes et des fantasmes. Il faut dire que ses habitants – par choix ? par goût de l’expérience ? par jeu ? par nécessité thérapeutique ? – se sont donnés les prénoms d’une époque révolue : Suzanne, André, Jeanne, Henri, Paul, Louis, Rose, Marthe, Frantz... Et au-dessus de ces prénoms flotte celui d’Ophélie, jeune fille morte d’une ancienne fiction, jeune fille qui ne s’est pas adaptée au royaume, et à laquelle toutes et tous, un jour ou l’autre, ont pensé.

"ANDY.- Ophélie est également un personnage célèbre. Elle a été représentée mille fois dans des pièces de théâtre, des tableaux, des poèmes, des films, des rivières, au XVIIe siècle, au XVIIIe siècle, au XIXe siècle, au XXe siècle et au XXIe siècle, toujours très jeune, très belle, très morte. Elle a aussi écrit des essais sur la botanique et la vente des femmes, mais ils se sont perdus, ou ont été brûlés, on ne sait pas. En tous cas, sa noyade, sa folie et sa virginité ont donné lieu à plusieurs interprétations contradictoires, et sont devenues une source d’inspiration pour divers meurtres et suicides de femmes à travers les âges."

O.Saccomano, Institut Ophélie, 2022

L'Histoire du siècle

"Andy.- Mesdames et Messieurs, l’histoire a tourné, l’exposition est terminée, merci d’avoir participé." O.Saccomano, Institut Ophélie, 2022

Dans la pièce, Jeanne voit apparaître des personnages qui ont marqué le XXe siècle

Angela DAVIS militante, philosophe
Felix GUATTARI philosophe

Le texte d'Olivier Saccomano

Gilles DELEUZE philosophe
Silvia FEDERICI militante, sociologue
Jacques RANCIÈRE philosophe
Simone DE BEAUVOIR philosophe, romancière

L'Histoire du siècle

"Andy.- Mesdames et Messieurs, l’histoire a tourné, l’exposition est terminée, merci d’avoir participé." O.Saccomano, Institut Ophélie, 2022

Andy WAHROL, artiste

Le texte d'Olivier Saccomano

La Marseillaise

Jeanne chante sur l'air de la Marseillaise

JEANNE, chante.- Allons au fond de l’apathie / Le jour au soir est arrimé / Con trop mou de l’hâtive Annie / Sur ton dard cent glands élevés / Sur ton dard cent glands élevés / Entendez- vous dans nos campagnes / Rougir les fesses roses sous mes doigts / Elles mènent au jus que dans nos bras / Epongeaient vos filles et vos compagnes / Mozart est autrichien.

Comme Jeanne, inventez un autre texte sur la Marseillaise

La femme

BEAUVOIR.- Eh bien je voudrais rappeler ceci : après la première guerre, comme après la deuxième, on a cru que les femmes allaient pouvoir sortir de chez elles, participer davantage à la vie du corps social, conquérir une relative indépendance, si ce n’est juridique, au moins économique. Et certaines l’ont fait, bien sûr. Mais pourquoi les a-t-on laissé faire ? Parce qu’il y avait du travail. Parce qu’on avait besoin de main d’œuvre et que les femmes sont une main d’œuvre bon marché. Autrement dit, ce sont des aléas de la conjoncture économique. Mais sur un plan idéologique, politique, en somme, rien n’a changé. La preuve : dès qu’il y a moins de travail on remet les femmes à leur place et, dans l’idéologie bourgeoise, cette place, c’est la maison. DAVIS.- Avec mari et enfants. BEAUVOIR.- Oui, c’est ça. Le foyer familial. DAVIS.- Cela dit, même quand elles ont un travail, les femmes assurent toujours la plus grande part des tâches domestiques.

Le texte d'Olivier Saccomano

Pensez-vous que la vision de la femme a changé ?

La femme

Comment comprenez-vous cette phrase de Federici ?

"FEDERICI.- (…) Je voudrais dire que la solitude des femmes, cette solitude tramée d’exigence collective, forme pour moi l’énigme et le chiffre de ce que pourrait être une existence humaine."O.Saccomano, Institut Ophélie, 2022

Le texte d'Olivier Saccomano

Dans la pièce, Jeanne est offerte au regard. Elle est sur le plateau toute la durée du spectacle.Qui la regarde ?

FEDERICI.- C’est ça. Et on peut comprendre beaucoup de choses en considérant l’histoire des femmes parce que la classe capitaliste a essayé beaucoup de choses sur les femmes, je ne vais pas dire l’histoire précise des choses ici, mais elle en a essayé beaucoup pour les utiliser. DAVIS.- Et beaucoup ont marché.
FEDERICI.- La liste de ces essais est comme un vertige. Elle a essayé de les cacher, elle a essayé de les montrer, elle a essayé de les regrouper, elle a essayé de les isoler, elle a essayé de les féconder, elle a essayé de les stériliser, elle a essayé de les priver de salaire, elle a essayé de les salarier.
 DAVIS.- Et à chaque fois que ça résiste, elle essaye de les tuer.

Le texte d'Olivier Saccomano

Les fantômes

JEANNE.- Mais toi, là, tu es un fantôme, tu le sais, ça ?
DELEUZE.- Tu dis ça pour me faire plaisir...
 JEANNE.- Ah non non, c’est la vérité. Tu crois que tu es là mais pas du tout...
DELEUZE.- Écoute, tu vois, je préfère être un fantôme qu’un personnage de théâtre, parce que là ce serait vraiment euh... vraiment la fin des haricots quoi...

Par quels moyens scéniques le spectateur et la spectatrice identifie-t-il.elle les fantômes dans la mise en scène de Nathalie Garraud ?

La mise-en-scène de Nathalie Garraud

Jouer un fantôme : ce que dit Florian Onnéin

Visionnez différentes mises en scène du théâtre de Shakespeare : comment les fantômes sont-ils représentés ?

Les objets

Jeanne ne sait pas quoi faire. Elle s’assied sur le poste de TSF. Entrent des spectres, de toutes les époques, ils reprennent les objets qu’ils ont apportés. Jeanne ne bouge pas. Elle est à présent seule dans la pièce vide.

Les objets sont très nombreux dans la mise en scène. Essayez d'en établir la liste. Choississez-en 3 et justifiez leur raison d'être dans le spectacle.

La mise-en-scène de Nathalie Garraud

Réfléchissez à d'autres objets qui auraient pu être apportés par les personnages

Les 3 objets symboliques de la pièce pour Lorie-Joy Ramanaidou : la porte, le fusil, le dictaphone

Les portes

Ce que dit Lorie-Joy Ramanaidou sur les portes

Quels sont les éléments du décor ?Comptez les portes.

Quelle.s fonction.s attribuez-vous aux portes ? Comment les acteurs et actrices s'emparent-ils et elles des portes ?

La mise-en-scène de Nathalie Garraud

Activité de plateau : Inventez un jeu avec les portes : changement de personnage, changement de lieu, changement d'humeur, changement d'époque...

Activités d'écriture

S'inspirer de la pièce pour créer

Inventer et jouer

Imaginez l'irruption d'un autre personnage ayant marqué le siècle : - Qui choisiriez-vous ? - Que dirait-il ?

La folie

Imaginez que vous soyez folle ou fou. Ecrivez un monologue que vous pourriez dire sur scène. Vous pouvez vous inspirer du monologue d'Ophélie, dans Hamlet de Shakespeare (IV,5)

Ophélia - Où est la belle Majesté du Danemark ? La Reine - Qu’y a-t-il, Ophélia ? Ophélia, chantant - Comment puis-je reconnaître votre amoureux D’un autre ? À son chapeau de coquillages, à son bâton, À ses sandales. La Reine - Hélas ! dame bien-aimée, que signifie cette chanson ? Ophélia - Vous dites ? Eh bien ! attention, je vous prie ! (Elle chante.) Il est mort et parti, madame, Il est mort et parti. À sa tête une motte de gazon vert, À ses talons une pierre. La Reine - Mais voyons, Ophélia ! Ophélia - Attention, je vous prie ! (Elle chante.) Son linceul blanc comme la neige des monts... La Reine, au roi - Hélas ! regardez, seigneur. Ophélia, continuant - Est tout garni de suaves fleurs. Il est allé au tombeau sans recevoir l’averse Des larmes de l’amour. Le Roi - Comment allez-vous, jolie dame ? Ophélia - Bien. Dieu vous récompense ! On dit que la chouette a été jadis la fille d’un boulanger. Seigneur, nous savons ce que nous sommes, mais nous ne savons pas ce que nous pouvons être. Que Dieu soit à votre table ! Le Roi - Quelque allusion à son père ! Ophélia - Ne parlons plus de cela, je vous prie ; mais quand on vous demandera ce que cela signifie, répondez : (elle chante) Bonjour ! c’est la Saint-Valentin. Tous sont levés de grand matin. Me voici, vierge, à votre fenêtre, Pour être votre Valentine. Alors, il se leva et mit ses habits, Et ouvrit la porte de sa chambre ; Et vierge elle y entra, et puis oncques vierge Elle n’en sortit.

SHAKESPEARE, Hamlet, acte IV, scène 5

Le Roi - Jolie Ophélia ! Ophélia - En vérité, je finirai sans blasphème. Par Jésus ! par sainte Charité ! Au secours ! Ah ! fi ! quelle honte ! Tous les jeunes gens font ça, quand ils en viennent là. Par Priape, ils sont à blâmer ! Avant de me chiffonner, dit-elle, Vous me promîtes de m’épouser. C’est ce que j’aurais fait, par ce beau soleil là-bas, Si tu n’étais venue dans mon lit. Le Roi - Depuis combien de temps est-elle ainsi ? Ophélia - J’espère que tout ira bien. Il faut avoir de la patience ; mais je ne puis m’empêcher de pleurer, en pensant qu’ils l’ont mis dans une froide terre. Mon frère le saura ; et sur ce, je vous remercie de votre bon conseil. Allons, mon coche ! Bonne nuit, mes dames ; bonne nuit, mes douces dames ; bonne nuit, bonne nuit ! (Elle sort.)

Activités pour l'oral

Donner corps au texte

Mettre en voix

Articuler

Lire cette réplique de Jeanne

Echanger sur les thématiques de la pièce

Exprimer son point de vue

Entretiens

Avec les acteurs et actrice de la troupe associée

Florian Onnéin et Charly Totterwitz

  • Institut Ophélie pour nous

Lorie-Joy Ramanaidou

  • Les 3 objets emblématiques de la pièce
  • Mon défi personnel
  • Une anecdote
  • Une journée de répétition
  • Institut Ophélie pour moi

Les tableaux

La pièce fait référence à deux tableaux : L'Origine du Monde de Gustave Courbet et La Joconde de Léonard de Vinci

L'Origine du monde

La Joconde

JEANNE.- Derrière la Joconde, le paysage est... préhistorique. On entend des voix. VOIX PÈRE.- De mieux en mieux.
 VOIX ENFANT 2.- C’est qui, la Joconde ? VOIX PÈRE.- Une amie de ta mère.
 VOIX ENFANT 1.- Mona Lisa. 
VOIX ENFANT 2.- C’est qui, Mona Lisa ? VOIX PÈRE.- Une pute de la Renaissance. VOIX ENFANT 2.- Qu’est-ce qu’on mange ?

L'Origine du monde de Gustave Courbet, 1866

La Joconde de Léonard de Vinci, 1506

Le travail de création

Olivier Saccomano parle du processus de création

Le travail de création

Les éditions théâtrales un ouvrage sur l'oeuvre, avec le texte des pièces et des extraits de correspondance

Table des matièresIntervalles p.5 Un Hamlet de moins p.9 Institut Ophélie p.51 Correspondance p.93

extraits

Extraits sonores du spectacle

Galerie photos

Photos de Jean-Louis Fernandez, 2022

Contact

Service éducatif du Théâtre des 13 vents

Rolande Le Gal Chargée des relations publiques rolandelegal@13vents.fr et Alexandra Lacroix-Gosset Professeure missionnée alexandralacroix-gosset@13vents.fr 04 67 99 25 12

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