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Introduction à Antigone de Jean Anouilh

Anne Priouret

Created on May 3, 2022

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INTRODUCTION A ANTIGONE DE JEAN ANOUILH

Jean Anouilh

Jean Anouilh est un dramaturge et scénariste français né le 23 juin 1910 à Bordeaux (Gironde) et mort le 3 octobre 1987 à Lausanne (Suisse). Son œuvre théâtrale commencée en 1932 est particulièrement abondante et variée : elle est constituée de nombreuses comédies souvent grinçantes et d'œuvres à la tonalité dramatique ou tragique comme sa pièce la plus célèbre, Antigone, réécriture moderne de la pièce de Sophocle. Anouilh a lui-même organisé ses œuvres en séries thématiques, faisant alterner d'abord Pièces roses et Pièces noires. Les premières sont des comédies marquées par la fantaisie comme Le Bal des voleurs (1938) alors que les secondes montrent dans la gravité l'affrontement des « héros » entourés de gens ordinaires en prenant souvent appui sur des mythes comme Eurydice (1941), Antigone (1944) ou Médée (1946). Après la guerre apparaissent les Pièces brillantes qui jouent sur la mise en abyme du théâtre au théâtre (La Répétition ou l'Amour puni en 1947, Colombe en 1951), puis les Pièces grinçantes, comédies satiriques comme Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes (1956). Dans la même période, Jean Anouilh s'intéresse dans des Pièces costumées à des figures lumineuses qui se sacrifient au nom du devoir : envers la patrie comme Jeanne d'Arc dans L'Alouette (1953) ou envers Dieu comme Thomas Becket (Becket ou l'Honneur de Dieu en 1959). Le dramaturge a continué dans le même temps à servir le genre de la comédie dans de nombreuses pièces où il mêle farce et ironie (par exemple Les Poissons rouges ou Mon père ce héros en 1970) jusque dans les dernières années de sa vie. Jean Anouilh a également adapté plusieurs pièces d'auteurs étrangers, Shakespeare en particulier. Il a aussi mis en scène certaines de ses œuvres (par exemple Colombe en 1974), en même temps qu'il travaillait à des scénarios pour le cinéma ou à la télévision.

Le mythe grec

Oedipe est le fils de Laïos, le roi de Thèbes, et de Jocaste. Il est exposé à sa naissance car l’oracle de Delphes a prédit qu’il tuerait son père et épouserait sa mère. Mais l’enfant est recueilli. L’enfant grandit et part à 18 ans consulter l’oracle. Il apprend sa terrible destinée et renonce à rentrer chez lui. Il se rend alors à Thèbes. Sur le chemin, il rencontre un vieillard et le tue accidentellement. Il parvient à la cité thébaine qu’il débarrasse du Sphinx, monstre qui tue les voyageurs qui ne savent pas répondre à ses énigmes. Le monstre lui propose l'énigme suivante : "Quel être vivant a quatre pattes le matin, deux à midi, et trois le soir ?" Oedipe répond : "L'homme". Le Sphinx de dépit se tue. Oedipe a libéré la ville de son emprise. En récompense, le peuple thébain lui offre la main de la reine Jocaste, veuve depuis peu et Oedipe devient roi. Les époux ont quatre enfants : Polynice, Etéocle, Ismène et Antigone. Une peste, envoyée par les dieux, sévit à Thèbes. Après avoir consulté le devin Tirésias qui explique que les dieux réclament justice pour la mort de Laïos, Oedipe mène l’enquête et découvre, horrifié, qu’il est le fils de Laïos et son meurtrier et qu’il a commis l’inceste avec sa mère. Il a donc accompli son funeste destin. Oedipe, après s’être crevé les yeux, choisit de s’exiler et part pour Athènes avec Antigone. Il meurt et Antigone rentre à Thèbes où elle va assister à une guerre qui oppose ses deux frères aînés. Ces derniers devaient régner à tour de rôle mais Etéocle refusa de rendre le pouvoir. Polynice réunit des compagnons et attaqua Thèbes. Au cours d’une bataille, les deux frères s’entretuent et Créon, le frère de Jocaste, doit assurer la régence.

La création de la pièce

Antigone est une pièce en un acte de Jean Anouilh représentée pour la première fois au théâtre de l'Atelier à Paris le 4 février 1944, durant l'Occupation allemande, dans une mise en scène, des décors et des costumes d'André Barsacq. Réécriture de la pièce éponyme de Sophocle, elle fait partie de la série des Nouvelles Pièces noires. La pièce est inspirée du mythe antique d'Antigone, la fille d'Œdipe, mais est écrite en rupture avec les codes de la tragédie grecque : « L'Antigone de Sophocle, lue et relue, et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. » Jean Anouilh. Jean Anouilh a écrit la pièce entre 1941 et 1942, selon ses propres mots « à la lueur des premiers attentats terroristes, mais surtout comme une variation, à partir du chef-d’œuvre de Sophocle, sur le pouvoir et la révolte. » Un de ces événements marquants est l'assassinat raté de Pierre Laval et Marcel Déat par le résistant Paul Collette le 27 août 1941. Cet acte d'engagement perçu comme voué à l'échec semble avoir été un élément majeur dans le développement du personnage-titre. Comme il l'explique dans la préface de la première édition, Anouilh, qui admirait la pièce de Sophocle depuis son adolescence, trouve pendant la guerre que ses thèmes – l'individu qui se dresse contre des forces qui le dépassent – prennent un autre éclairage. Contrairement à l’auteur classique qui mettait en scène la lutte des hommes contre les dieux et le destin, Anouilh humanise le vain combat de ses personnages, les forces en présence étant tout ce qu'il y a de plus humaines : l'hypocrisie, l'égoïsme et l'orgueil. Après la validation de l'administration nazie sur la censure, la pièce est pour la première fois mise en scène le 4 février 1944 au Théâtre de l’Atelier par André Barsacq qui est aussi le créateur des décors et des costumes, volontairement modernes : le roi Créon a abandonné la toge pour un frac ; Antigone et Ismène portent des robes épurées, respectivement noires et blanches ; les gardes portent de longs cirés noirs (semblables à ceux que portaient les miliciens ou les membres de la Gestapo).