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Le Diable au corps

Cloé Chérel

Created on April 15, 2022

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Transcript

Le Diable au corps Raymond Radiguet

1923

Cloé Chérel 1G

Raymond Radiguet

Sa famille : Raymond Maurice Radiguet est un écrivain et poète français, né en 1903 à Saint Maur dans la banlieue parisienne et décédé en 1923 à Paris. Il est l'aîné d'une famille de 7 enfants et fils du célèbre caricaturiste Maurice Radiguet. Ses études : Considéré comme un très bon élève il obtient une bourse pour étudier au lycée Charlemagne à Paris. Cependant, il enchaîne les résultats médiocres ce qui le pousse à quitter le lycée pour l'école buissonière en 1914. Ses débuts de carrière : Etant passioné de lecture et d'écriture, il dévore des ouvrages classiques du XVIIe et XVIIIe et écrit de nombreux poèmes. Il apprécie particulièrement La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette et les romans de Stendhal. Mais aussi les poèmes de Verlaine ou de Rimbaut. Alors qu'il vient d'avoir 15 ans, Raymond Radiguet abandonne définitivement ses études afin de se lancer dans le journalisme c'est d'ailleurs grâce à cette profession qu'il commencera à se faire connaître... En effet, elle lui a permis de rencontrer le poète André Salmon, ami d'Appolinaire qui publiera pour la première fois quelques uns de ses poèmes.

Ses oeuvres majeures : - Le Diable au corps, édité et publié par Bernard Grasset en 1923 est annoncé comme "le premier livre d'un romancier de 17ans" Malgré les critiques, le livre connaît un grand succès avec plus de 50 000 exemplaires vendus en un mois seulement. De plus, l'oeuvre fut adaptée cinématographiquement, une première fois en 1947 par Claude Autant-Lara puis en 1986 par Marco Bellocchio. - Devoirs de vacances, est un reccueil de poème publié en 1921 alors qu'il débute l'écriture du Diable au corps. - Bal du compte d'Orgel, publié par Grasset à titre posthume en 1924, est un roman considéré comme "chef d'oeuvre du roman moraliste" et ayant connu un succès comparable à celui du Diable au corps.
Son décès : Raymond Radiguet décède prématurément en 1923 à l'âge de 20 ans, suite aux conséquences d'une fièvre typhoïde.

Ses amours

Ses influences littéraires

Quelle vision de l'amour trouve-t-on dans ce roman ?

I) L'amour passionnel II) L'amour toxique, dangereux III) L'amour immoral

I) L'amour passionnel

Le Diable au corps est en premier lieu un roman traitant d'un amour passionnel. Cette passion est notifiable grâce aux différentes marques d'affection entre les deux protagonistes et aux choix qu'ils entreprènent parfois malgré eux. a) marques d'affections - Pour le narrateur, le coup de foudre est immédiat :"Cette imprudente me charma" p.20, - Il lui dédie rapidement tout son amour et toutes ses pensées : "Ressentant de l'amour pour Marthe, j'en ôtais à René, à mes parents, à mes soeurs", "Je m'efforçais de ne plus penser à Marthe (...) ne pensant qu'à elle" p.24. - Il se concentre uniquement sur elle et abandonne ses projets même les plus importants "Je renonçai au lycée" p.25, "ce que je négligeais pour elle" p.26 = comportement similaire au Duc de Nemours dans la PDC, concessions par amour, obsession envers l'être aimé. - il lui prouve son affection en lui offrant des roses rouges = symbole de passion - idée d'une femme exceptionnelle / idéalisation : "je la trouvai différente" p.33 + description de sa beauté "une telle complicité m'était restée, jusqu'à ce jour, inconnue." p.27, "la voir dormir me procurait une volupté sans égale"
b) mensonges et tricheries - mensonges à leurs familles p.30;37.39 ( fausse balade en forêt avec son ami René, faux retard du train...) - le narrateur lui rend visite la nuit pour ne pas éveiller les soupçons, (p.46/47 ils font croire Mme Grangier que sa fille est absente.) "L'amour qui est l'égoïsme à deux, sacrifie tout à soi et vit de mensonges" p.46 = mentir est indispensable pour sauver leur liaison secrète, la passion prime sur la raison c) l'adultère conduisant au bonheur -Contrairement à la PDC, ils cèdent à leur passion physiquement ( début p.35 ), ils ont conscience de leur erreur mais la passion est incontrôlable voire incompréhensible "je désirais Marthe et ne le comprenais pas", "C'était jouer avec le feu", "j'aime trop Marthe pour trouver notre bonheur criminel" p.43 - champs lexicaux de la sensualité/sexualité (embrasser, caresses, brûlant, cou, nudité, lèvres...) -"les signes d'une passion incapable de se contenir" p.60, "il ne fut pas question d'apporter un peu de prudence dans nos rendez-vous. Nous nous en sentions incapables" p.51 = La passion prime à nouveau sur la raison, ils sont les propres victimes de leur amour. - insoucience de leurs actes, cette liaison les rend heureux p.75 "Cette dernière semaine d'août et ce mois de septembre furent-ils ma seule époque de vraie bonheur" p.76

II) L'amour toxique, dangereux

La relation entre les deux protagonistes apparaît comme passionnelle mais aussi toxique, elle est synonyme de dépendance de domination et de souffrance. a) dépendance affective et domination - Marthe devient une addiction pour le narrateur "je ne pouvais plus m'en passer" p.37, "J'étais ivre de passion", "je ne pouvais imaginer de vivre sans Marthe" p.63 - Volonté malsaine de la posséder "Marthe était à moi", "je la mordais(...)j'aurais voulu pouvoir y marquer mes initiales", "ne voulant pas que d'autres que moi puissent voir son corps." p.69 - Elle est sous son emprise, il la domine et va parfois même jusqu'à la manipuler "A force d'orienter Marthe dans un sens qui me convenait, je la façonnais peu à peu à mon image." p.64, il lui fait également du chantage pour qu'elle accomplisse ce qu'il souhaite "je la menaçais de ne jamais revenir, si elle n'obéissait pas." p.55 - Il la surprotège par peur de s'en séparer ( il craint le pire quand elle s'absente p.56 ) b) jalousie et souffrance - la jalousie = "une vraie douleur d'homme": "je maudissais l'homme qui avait avant moi éveillé son corps" p.43 "j'était jaloux de notre enfant" p.91 "Ma jalousie la suivant jusque dans la tombe" p.95
Leur relation est vouée à l'échec car elle prendra fin en même temps que la guerre = amour tragique - caractère éphemère "Notre bonheur est un château de sable" p.56, "l'armistice signifiait le retour de Jacques." p.90, "il ne pouvait y avoir d'autre issue que la mort" p.87 ( ironie du sort). -difficultés renforcées par la différence d'âge, Marthe souffre de cet écart : "Je ne pourrai que souffrir(...). Si tu me quittes j'en mourrai. Si tu restes, ce sera par faiblesse, et je souffrirai de te voir sacrifier ton bonheur." = elle est dans une impasse, elle souffre dans tous les cas ( cf : Prince de Clèves dans la PDC ) - sentiment de culpabilité de la part du narrateur : "elle subissait le caprice d'un jeune garçon cruel. J'étais assez honteux, et je souffrais" p.85

III) L'amour immoral

La relation entre Marthe et François est contraire à la morale de l'époque qui punit l'infidélité et qui privilégie la raison à la passion. - "mes parents condamnaient plutôt la camaraderie mixte" p.9 = passion condamnable, malsaine synonyme de "mauvaise conduite", ( assimilation à Dom Juan p.11 ), il ne faut pas mettre en avant la passion. ( épisode de la lettre p.10/11 ( comme dans la PDC )= la passion ne doit pas être affichée ) - morale qui s'apparente à la morale dans la cour d'Henri II dans la PDC - la passion qui peut empiéter sur la réputation : Marthe est ignorée par tous ses voisins à cause de sa liaison, on conseille les gens de ne pas la fréquenter : "il lui avait conseillé de ne pas revoir Marthe" p.51, "on lui défendait de revoir la locataire" p.57, "Les gens qui connaissaient Marthe n'osaient pas lui dire bonjour" p.47 - différence d'âge mal vue, notamment par la mère de François - Marthe et Jacques = mariage de raison, Marthe "n'aimait déjà plus Jacques quand elle l'épousa" p.38, = comme la PDC, Marthe n'aime pas son mari. , cependant elle au contraire vit sa passion.