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Duchamp, Fontaine, 1917
DELETRE Béné
Created on April 11, 2022
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Transcript
DELETRE Bénédicte
Marcel Duchamp : Prank à l'exposition du Salon des Indépendants à New York
Foutain, Marcel Duchamp, urinoir en faïence blanche, 63 × 48 × 35 cm, 1917, 9 répliques existantes Alfred Stieglitz, photographie de la Fountain de Marcel Duchamp, The Blind Man, 1917
Introduction
- 1887 : Naissance de Marcel Duchamp
- 1902 : Duchamp commence à peindre
- 1904 : Duchamp termine ses études secondaires et rejoint ses frères à Paris
- 1905 : Exemption du service militaire car "ouvrier d'art"
- 1910 : Premières oeuvres importantes qui témoignent de l'influence de Cézanne et des fauves
- 1911 : Travail montre des traces de symbolisme, de cubisme et de futurisme, influencé par la chronophotographie
- 1912 : Nu descendant un escalier N° 2 refusé au Salon des Indépendants de Paris
- 1915-1916 : Arrivée à New York - invention du terme "ready made"
- 1917 : Fontaine, 1ère exposition de la Society of Independent artists
- 1968 : Décès de Duchamp
Comment Duchamp en présentant Fontaine en 1917, redéfinit-il la notion d’œuvre d’art et interroge-t-il la théorie de la réception artistique ?
III. L’institution : la surface d’émergence des œuvres
II. Le public : l’accusé de réception de l’énoncé « art »
I. L’œuvre et l’artiste : les deux premières conditions d’énonciation artistique
1. Les principes de la Society de New-York : tout le monde peut être artiste et l’exposition « no jury no prize » 2. L’échec des Society selon Duchamp 3. Les reproductions de Fontaine dans les institutions : les séries
1. Le public : un jugement fondé sur le goût, le nom de l’artiste et les « gossip » 2. Fontaine : une œuvre privée de son public 3. La diffusion au public de l’œuvre par le biais du journal The Blind Man
1. L’objet manufacturé s’énonçant comme œuvre : le ready-made et Fontaine 2. Le refus du « carnaval d’esthétisme » 3. L’artiste R. Mutt : l’énonciateur de l’œuvre
I.
L’œuvre et l’artiste : les deux premières conditions d’énonciation artistique
1. L’objet manufacturé s’énonçant comme œuvre : le ready-made et Fontaine.
Ready made : ustensile, objet tout fait, industriel, peu ou pas modifié par l’artiste et qui est privé de sa fonction pour laquelle il a été usiné, détourné de son utilité, de son contexte habituel
Porte-bouteille ou Séchoir à bouteille ou Hérisson : Ready made : porte bouteille en fer galvanisé, original perdu, 1914 - Acheté par Marcel Duchamp au Bazar de l’Hôtel de Ville à Paris - Photo de l’original prise par Man Ray pour figurer dans la Boite en Valise
E X E M P L E
Janis Mink, Duchamp, TASCHEN FRANCE, 2013
Fontaine, 1917, New-York
Original perdu Ready made : urinoir en porcelaine de 60 cm - modèle Bedforshire daté de 1917 Acheté dans la manufacture de plomberie J.L Mott Iron Works sur la 5ème avenue Inscription à la peinture noire : R. Mutt/1917 Deuxième version : Sidney Janis, New-York, 1951 Troisième version : Galerie Scwartz, Milan, édition de 8 répliques signées et numérotées, 1964
Alfred Stieglitz, photographie de la Fountain de Marcel Duchamp, 1917
Expression « fonction énonciative », Foucault dans l’Archéologie du savoir, 1969
Définition : Fonction d’existence des signes en tant qu’ils s’énoncent et non qu’ils signifient Ce que fait foucault avec les mots peut s'applicabler à l’art, notamment pour l’œuvre de Duchamp Pour Duchamp : les ready made et l’urinoir s’énoncent en étant des objets artistiques et non la fonction première qui leur a été attribué -->Passage du Quantitatif au qualitatif
Alfred Stieglitz, photographie de la Fountain de Marcel Duchamp, 1917
Les ready made, comme toutes les œuvres d’art, existent ; ils s’énoncent en tant qu’art
Thierry de Duve, Résonances du ready made : Duchamp entre avant-garde et tradition, collection Pluriel art, Hachette littérature, 2006
Pensée de Duchamp
Duchamp fait la distinction entre objet d’art et œuvre d’art :
- Objet d’art : du fait de son caractère artisanal de l’art, objet apparait comme son but
- Œuvre d’art : à la fois processus et résultat de l’action
Avec Fontaine : Duchamp attire l’attention sur ce qui fait la valeur de la création artistique : le processus, le comportement, le témoignage
I.
L’œuvre et l’artiste : les deux premières conditions d’énonciation artistique
2. Le refus du « carnaval d’esthétisme »
D'où vient votre attitude antirétinienne? De l'importance trop grande donnée au rétinien. Depuis Courbet, on croit que la peinture s'adresse à la rétine; ça a été l'erreur de tout le monde. Le frisson rétinien ! Avant, la peinture avait d'autres fonctions; elle pouvait être religieuse, philosophique, morale. Si j'ai eu la chance de pouvoir prendre une attitude antirétinienne, malheureusement ça n'a pas changé grand-chose; tout le siècle est complètement rétinien, sauf les surréalistes qui ont un peu essayé d'en sortir. Et encore ils ne s'en sont pas tellement sortis! […] Il faudrait que ça change, que ça ne soit pas toujours comme ça.
Marcel Duchamp, Pierre Cabanne (préface), Marcel Duchamp - Entretiens avec Pierre Cabanne, collection Livre d'art, Allia, 2014
Pensée de Duchamp : refus de l'esthétisme
Duchamp se refuse de proposer des œuvres pour leur esthétisme :
- normes créées par les institutions
- répondent au goût dominant
- ready made s'inscrivent dans la continuité de cette pensée
Lorsque j’ai découvert les ready made, j’espérais décourager le carnaval d’esthétisme. Mais les néo-dadaïstes utilisent les ready made pour leur découvrir une valeur esthétique. Je leur ai jeté le porte bouteille et l’urinoir à la tête comme une provocation et voilà qu’ils en admirent la beauté esthétique
Marcel Duchamp à Hans Richter
I.
L’œuvre et l’artiste : les deux premières conditions d’énonciation artistique
3. L’artiste R. Mutt : l’énonciateur de l’œuvre
R. Mutt
Signature :
- un des multiples pseudonymes de Duchamp
- vient de « Mott Works » une entreprise d’articles sanitaires sur la 5ème avenue
- une œuvre pour être œuvre doit s’énoncer œuvre mais pour cela elle a besoin d’un énonciateur qui la définit en tant que telle
Au fond l’artiste n’est plus un artiste. C’est une sorte de missionnaire.
Thierry de Duve, Résonances du ready made : Duchamp entre avant-garde et tradition, collection Pluriel art, Hachette littérature, 2006
II.
Le public : l’accusé de réception de l’énoncé « art »
1. Le public : un jugement fondé sur le goût, le nom de l’artiste et les « gossip »
Ce sont les regardeurs qui font le tableau
Marcel Duchamp, Marchand du sel, Paris, Le Terrain vague, 1958, p.173
Les critères de jugement du public
Le goût
Le nom de l'artiste
Duchamp bénéficiait d'un certain prestige artistique: s'il avait signé de sa main, le résultat n'aurait pas été le même
Ma fontaine pissotière portait l’idée de jouer un exercice sur la question du goût : choisir l’objet qui ait le moins de chance d’être aimé. Une pissotière, il y a très peu de gens qui trouvent cela merveilleux. Car le danger, c’est la délectation artistique. Mais on peut faire avaler n’importe quoi aux gens ; c’est ce qui est arrivé
Les "gossip"
Nu descendant un escalier , Duchamp n°2, 1912
Marcel Duchamp, Nu descendant l'escalier n° 2, 1912 Huile sur toile, 147 x 89,2 cm Philadelphia Museum of Art, PhiladelphieSource : Médiation centre Pompidou http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-futurisme2008/ENS-futurisme2008-07-section-or.html
II.
Le public : l’accusé de réception de l’énoncé « art »
2. Fontaine : une œuvre privée de son public
La censure de Fontaine
Entretiens avec Pierre Cabanne
Communiqué de presse du comité de sélection
Version de Duchamp sur l’affaire à sa sœur
Non, pas refusé. On ne pouvait pas refuser une œuvre aux Indépendants. Disons qu'elle n'est pas admise. Elle a été simplement supprimée. J'étais dans le jury, mais je n'ai pas été consulté parce que les officiels ne savaient pas que c'était moi qui l’avais envoyé; j’avais inscrit le nom de Mutt justement pour éviter des rapports avec des choses personnelles. La Fontaine a simplement été placée derrière une cloison et, pendant toute la durée de l'exposition, je n'ai pas su où elle était
Cet objet est très utile à sa place, mais sa place n’est pas dans une exposition d’art !
Raconte ce détail à la famille : les Indépendants sont ouverts ici avec un gros succès, Richard Mutt, avait envoyé une pissotière en porcelaine comme sculpture ; ce n’était pas du tout indécent. Aucune raison pour le refuser. Le comité a décidé de refuser d’exposer cette chose.
II.
Le public : l’accusé de réception de l’énoncé « art »
3. La diffusion au public de l’œuvre par le biais du journal The Blind Man
Fontaine trouve son public par un autre biais que les institutions traditionnelles : le journal
Permet que l’œuvre ne meure pas comme l’aurait voulu les Indépendants Fontaine est disparue : ne reste plus que la photographie originale prise par Stieglitz (fondateur de la 291 gallery) illustrant l'article anonyme paru dans le second numéro de Blind Man (éphémère revue publiée à New-York par Béatrice Wood, Duchamp, Henri-Pierre Roché)
L’article « Buddha of the bathroom », signé Louise Norton, précédé de « The Richard Mutt Case »,non signé, dans la revue THe Blind Man N°2Source : Culturieuse https://culturieuse.blog/2021/06/08/elsa-%C2%A7-lurinoir-whats-the-fuck/
L’institution : la surface d’émergence des œuvres
III.
1. Les principes de la Society de New-York : tout le monde peut être artiste et l’exposition « no jury no prize »
La Society of Independent artists
- Society se déclare prête « in advance » à accorder « avec tous délais » le statut d’artiste à
- Exposition : « no jury-no prize »
- But de la Society : « dans le but de tenir des expositions où tous les artistes peuvent participer indépendamment des décisions de jurys »
- Duchamp : président du comité de placement des 2500 œuvres envoyés par 1200 artistes
- Fondée en décembre 1916 à New York
- Salon des Indépendants américains : 21 directeurs
- Loi de la Society : "tout le monde peut être artiste" --> concept de "wishful thinking"
- Article II du règlement : « tout artiste, citoyen des Etats-Unis ou de tout pays étranger, peut devenir membre de la Société en remplissant un formulaire à cet effet, en payant une cotisation initiale d’un dollar et une cotisation annuelle de cinq dollars, et en participant à l’exposition de la Société dans l’année où il se fait membre »
III.
L’institution : la surface d’émergence des œuvres
2. L’échec des Society selon Duchamp
C'est à peu de choses près la même aventure qui vous était arrivée aux Indépendants de 1912 à Paris. Exactement. Je ne pouvais rien faire qui soit accepté d'emblée, mais ça n'a pas eu d'importance pour moi. Alors, puisque vous aviez cherché le scandale, vous étiez content? C'était, en effet, une réussite. Dans ce sens. Au fond vous auriez été déçu si la Fontaine avait été bien accueille... Presque. Là, j'ai été enchanté.
Marcel Duchamp, Pierre Cabanne (préface), Marcel Duchamp - Entretiens avec Pierre Cabanne, collection Livre d'art, Allia, 2014
III.
L’institution : la surface d’émergence des œuvres
3. Les reproductions de Fontaine dans les institutions : les séries
Conclusion
Marcel Duchamp, Wikipédia
Merci pour votre attention !
Bibliographie
Ouvrages :
- DE DUVE, Thierry, Résonances du ready made : Duchamp entre avant-garde et tradition, collection Pluriel art, Hachette littérature, 2006
- DUCHAMP, Marcel Duchamp, CABANNE, Pierre (préface), Marcel Duchamp - Entretiens avec Pierre Cabanne, collection Livre d'art, Allia, 2014
- SAMOUILLET, Michel, MATISSE, Paul, Marcel Duchamp – Duchamp du signe suivi de Notes. Paris, Flammarion, 2008
- SERS, Philippe, L’énigme Marcel Duchamp-L ’art à l’épreuve du cogito, Paris, Hazan, 2012
- SERS, Philippe, Duchamp confisqué, Marcel retrouvé, Paris, Hazan, 2009
- CLAIR, Jean (dir.), Marcel Duchamp – Catalogue,– L’œuvre de Marcel Duchamp 31 janvier – 2 mai, Musée National d’Art Moderne, Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou, 1977
- CLAIR, Jean (dir.), Marcel Duchamp – abécédaire – approches critiques*, Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou, Paris, 1977