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Trois héroïnes au combat

Laura Monachini

Created on March 17, 2022

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Transcript

Trois héroïnes au combat

1. Camille est comparée à une Amazone. 2. Le poète semble surpris du choix fait par Jeanne d’Arc de préférer le combat à la tranquillité de la vie domestique. Cette surprise s’exprime par une interrogation directe (une question) et une antithèse (une forte opposition entre deux parties de la phrase) : « Qui t’inspira [....] de préférer aux baisers de ta mère / L’horreur des camps, le carnage et la mort ? » (v. 9-11).

3. Camille et Eowyn revendiquent leur féminité. Camille, dans le texte 1, lance à son adversaire masculin qu’elle vient de transpercer : « Il est arrivé le jour où les armes d’une femme confondront votre jactance » (l. 22). Elle lui indique par ces mots que la suprématie des hommes sur les femmes est terminée. Eowyn, quant à elle, défie son adversaire qui vient de déclarer qu’« aucun homme vivant » (l. 5) ne peut s’opposer à lui, en lui rétorquant : « Mais je ne suis pas un homme vivant ! C’est une femme que tu vois. » (l. 9). On peut penser qu’elle cherche à le surprendre, le déstabiliser, tout en affirmant qu’une femme peut tout aussi bien combattre qu’un homme.

4. a) La première qulité commune à ces trois héroïnes est le courage. En effet, toutes trois affrontent des adversaires puissants : pour Jeanne, « des bandes formidables » (v. 1), c’est-à-dire effrayantes ; pour Camille, un guerrier aux larges épaules et à la tête « énorme » (l. 16) habillé d’une peau de taureau et d’une peau de loup ; et pour Eowyn, un monstre terrifiant. Par ailleurs, toutes trois sont très fortes physiquement : Camille a une « droite infatigable [qui] brandit une forte hache » (l. 4), Jeanne a « la force dans [son] bras » (l. 15), Eowyn est « mince mais telle une lame d’acier » (l. 17). Elles emploient cette force avec habileté, ce qui fait d’elles des guerrières très meurtrières. Ainsi Virgile demande à Camille : « Combien de corps moribonds étends-tu sur le sol ? » (v. 7), ce qui sous-entend qu’elle a fait de nombreuses victimes. Casimir Delavigne dit à Jeanne d’Arc : « l’ange exterminateur [...] mit [...] la mort dans ton regard » (v. 13 à 15). Enfin, Eowyn porte « un coup rapide, habile et mortel » (l. 18) au Nazgûl. Cette violence est présentée comme une qualité puisque les textes racontent des combats.

b) Ces trois femmes ne combattent pas pour elles-mêmes mais pour leur peuple, pour leur patrie (le peuple de Rohan et plus largement tous les gentils de la Terre du Milieu, pour Eowyn). C’est ce qui fait d’elles des héroïnes, et non de simples guerrières : elles se battent pour des valeurs et leur combat a du sens pour tout un groupe. Dans le cas de Jeanne d’Arc, le combat est même une mission divine : « C’est Dieu qui l’a voulu » (v. 12). De plus, dans les trois cas, leur adversaire qui a attaqué le premier (Énée, les Anglais, les Nazgûl liés à Sauron), la défense des héroïnes parait donc légitime au lecteur.

5. a) Il peut sembler surprenant de voir une femme combattre car cela ne correspond pas à l’image (stéréotypée) qu’on se fait d’un combattant – ni d’une femme. On associe plutôt la femme à la douceur, à la famille, à la maison ; et l’homme à la violence, au physique, à l’extérieur. Mais il s’agit de stéréotypes qui ne correspondent pas (ou plus) à la réalité. Ainsi, spontanément, quand on pense à la guerre, on pense plutôt à des hommes. Mais aujourd’hui de nombreuses armées incluent des femmes. Les groupes de combattantes kurdes par exemple sont particulièrement craintes par Daech, car elles sont redoutablement efficaces. En Israël, le service militaire est obligatoire pour les jeunes femmes comme pour les jeunes hommes. En France, en 2014, 15% des membres de l’armée française étaient des femmes. Dans les sports de combat aussi, les femmes sont de plus en plus présentes.

b) Les filles devraient pouvoir choisir qui elles veulent être, et les garçons aussi, mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas. Beaucoup de métiers restent très sexiste. Les femmes sont relativement présentes dans l’armée française, mais elles sont surtout employées dans les tâches de soutien et de santé (infirmière, secrétaire, comptable, etc), et très peu sont vraiment soldates. À l’école aussi, on remarque que certaines habitudes sont tenaces. Par exemple, les filles ont globalement des meilleurs résultats scolaires que les garçons, y compris en sciences, et pourtant elles sont moins nombreuses que les garçons à choisir les domaines scientifiques. Dans le monde du travail, les femmes ont moins de responsabilités et sont moins bien payées que les hommes. Cette situation est injuste, chacun devrait être jugé selon la qualité de son travail.

6. Plusieurs réponses sont possibles, l’essentiel est dans la justification. On peut considérer que le texte le plus épique est celui de Virgile, car c’est celui qui décrit avec le plus de précision le combat, et le registre épique est fondamentalement lié au combat. Les détails qu’il donne, comme « Vomissant des flots de sang, il tombe, mord la terre sanglante/et en mourant se tord autour de sa blessure » (v. 10-11), avec la répétition « sang »/« sanglante », et l’écho sonore « mord »/« mourant »/« se tord », amplifient la violence de cette guerre. De plus, l’Énéide est l’un des textes épiques les plus célèbres. Le texte le moins épique est sans doute celui de Casimir Delavigne, car, dans cet extrait du moins, l’ensemble reste assez abstrait (général) : l’adversaire, la scène d’action en particulier, Jeanne en train de combattre ne sont pas décrits

7. Chez Virgile, on relève l’emploi du présent de narration, qui dramatise la scène, en nous donnant l’impression qu’elle est en train de se dérouler sous nos yeux : « au milieu des massacres bondit une Amazone » (v. 1). C’est un procédé épique car il immerge le lecteur dans l’action. Le texte est également truffé de répétitions et d’énumérations : presque chaque phrase est composée de deux éléments : « Tantôt son bras répand une pluie serrée de souples javelots / Tantôt sa droite infatigable brandit une forte hache à deux tranchants » (v. 3-4), « l’arc d’or et les armes » (v. 5), « Qui est la première victime [...], qui la dernière ? » (v. 7) ; « avec ses armes singulières et son cheval » (v. 13), « la gueule béante et les mâchoires d’un loup » (v. 15), « par deux fois de sa hache puissante / Elle frappe l’armure et les os » (v. 27). C’est un procédé épique car il redouble les exploits de l’héroïne.

Chez Delavigne, le poème commence par une métaphore qui est aussi une hyperbole : l’armée anglaise est assimilée à un torrent dans une métaphore filée : « nos champs de leur foule inondés / Et ce torrent vainqueur expira dans les sables /Que naguère il couvrait de ses flots débordés » (v. 2-4). Cette métaphore donne l’impression que l’armée anglaise était puissante et aussi inévitable qu’une inondation, et que Jeanne a pourtant réussi à l’arrêter. En amplifiant la force de l’ennemi, on renforce la valeur de l’héroïne. Chez J.R.R. Tolkien, le passage est construit autour d’une antithèse (une forte opposition) entre le monstre et la jeune fille, entre la créature obscure et la blonde, entre l’ombre et la lumière. C’est exprimé à la fin de l’extrait : « l’ombre disparut. Une lumière tomba sur Eowyn, et ses cheveux brillèrent dans le soleil levant » (l. 20-21). Ce procédé épique renforce le contraste entre l’héroïne et son adversaire, entre le bien et le mal.

8. Ces trois textes ont été écrits peu après des guerres traumatisantes : respectivement, les guerres civiles qui ont marqué la fin de la République romaine, les guerres de la fin de l’Empire Napoléonien et la Seconde Guerre mondiale. Tout d’abord, on pourrait penser que la population aurait envie de se changer les idées avec des histoires plus gaies plutôt qu’avec des histoires de guerre. Cependant, dans ces trois histoires, on lit certes de la violence, mais on peut surtout se rassurer en se disant que toute cette violence est juste. Dans la vraie vie, la population qui subit une guerre ne voit presque jamais de héros, mais voit au contraire beaucoup de personnes se comporter d’une façon horrible. Cela peut donc faire du bien de lire les exploits de héros : on peut se dire que tous les hommes ne sont pas des monstres, qu’il existe aussi des héros qui utilisent leur force pour défendre une bonne cause.