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La traite Atlantique

Coralie BEUQUE

Created on February 25, 2022

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Transcript

La Traite Atlantique

Sommaire

Histoire

Carte

Marchandises

Hier et aujourd'hui

Sommaire

Olaudah Equiano

Questions

Chatiment

Poule et oeuf

Vie d'esclave

Le commerce triangulaire

La traite atlantique d'hier à aujourd'hui

Site à utiliser : Mémorial de l'abolition de Nantes

La traite négrière transatlantique, XVIème-XIXème siècles

De simples marchandises

La vie d'un esclave : Olaudah Equiano

Chronologie de la vie d'Olaudah Equiano

vers 1745

Naissance dans l'actuel Nigéria

1756-1766

Mise en esclavage

1777

Agé de 10ans

Installé en Angleterre, il lutte contre l'esclavage

1786

1789

Dirige une expédition et devient porte parole du mouvement abolitionniste

La publication de ses mémoires, un véritable succès

1797

Décès

Né vers 1745 dans le Sud-Ouest de l’actuel Nigéria, Olaudah Equiano est enlevé par des marchands d’esclaves à l’âge de 10 ans. Vendu à maintes reprises après avoir été amené aux Amériques, d’abord à un planteur de Virginie, puis à un officier de la marine britannique qui l’offre comme cadeau à ses cousins, il travaille comme esclave durant une dizaine d’années sur un vaisseau négrier. Il réussit à mettre suffisamment d’argent de côté pour pouvoir acheter, en 1776, sa liberté. À partir de 1777, alors installé en Angleterre, il se consacre à la lutte pour l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage colonial, notamment en écrivant de nombreux articles dans les journaux. En 1781, il fait inculper le capitaine d’un navire négrier, le Zong, pour avoir fait jeter à la mer 132 captifs, avec l’intention de toucher la prime d’assurance. Ce procès est un épisode célèbre de la lutte contre la traite. En 1786, il dirige une expédition destinée à installer d’anciens esclaves des plantations américaines au Sierra Léone. Il devient l’un des principaux porte-parole du mouvement abolitionniste et présente, en 1788, au roi et au Parlement britannique, une pétition pour l’abolition de la traite négrière. Equiano publiera ses mémoires en 1789. Le succès sera immédiat, et le livre, qui connaîtra neuf rééditions, aura un immense retentissement. Il sera traduit en français sous le titre “Olaudah Equiano ou Gustavus Vassa l’Africain : Le passionnant récit de ma vie”

D’après, Olaudah Equiano ou Gustavus Vassa l’Africain. La passionnante autobiographie d’un esclave affranchi, 1789, L’Harmattan, 2005.

La traversée

La capture

« On nous installa tous sous le pont […]. L’étroitesse de l’endroit ainsi que la chaleur du climat, ajoutées aux passagers du bateau qui était tant encombré de monde que chacun avait à peine l’espace pour se retourner, nous étouffaient presque. Cela généra d’abondantes transpirations, de sorte que l’air devint presque irrespirable, à cause d’une variété d’odeurs répugnantes, et provoquaune maladie parmi les esclaves dont plusieurs en moururent […]. Cette situation misérable fut encore aggravée par le bruit irritant des chaînes, maintenant devenues insupportables ; et la crasse des latrines. Les cris des femmes et les gémissements des personnes mourantes rendaient toute la scène atroce. Heureusement pour moi, peut-être, je devins bientôt si faible en cet endroit qu’on jugea nécessaire de me laisser sur le pont presque tout le temps, et parce que j’étais jeune on ne me mit pas aux fers […]. Un jour, deux de mes compatriotes enchaînés l’un à l’autre, préférant la mort à une telle vie de misère, passèrent à travers les filets (sur les côtés du bateau) et sautèrent à la mer. »

Un jour où tous nos parents étaient allés à leurs travaux comme d’habitude, deux hommes et une femme franchirent nos murs et, en un instant, sans nous laisser le temps de nous défendre, ils nous bâillonnèrent, nous lièrent les mains et nous emportèrent vers la forêt [...]. La première chose que je vis en arrivant à la côte [...], six ou sept mois après ma capture [...], fût un navire négrier qui attendait son chargement. Olaudah Equiano, Ma véridique histoire, 1789.

La vie d'un esclave

Après notre débarquement, on nous dirigea vers la cour d’un marchand où nous fûmes parqués comme des moutons, sans souci du sexe ni de l’âge. Nous étions là depuis quelques jours quand on procéda à notre vente. Au signal du roulement de tambour, les acheteurs, marchands ou planteurs, se précipitaient tous ensemble dans l’enclos où étaient massés les esclaves et choisissaient le lot qu’ils préféraient. Pendant quelques semaines, je fus employé à désherber et à ramasser des pierres dans une plantation [...]. En entrant dans la maison, je vis une esclave noire qui préparait le diner : la pauvre était cruellement chargée de divers instruments en fer, dont un qu’elle portait sur la tête et qui lui fermait si étroitement la bouche qu’elle pouvait à peine parler, manger ou boire. Je fus choqué par ce dispositif, dont j’appris plus tard qu’on l’appelait une muselière de fer. À Montserrat, M. King, mon nouveau maitre, m’avait acheté car, comme je comprenais un peu l’arithmétique, lorsque nous arriverions à Philadelphie, il m’inscrirait à l’école, et me formerait au métier de commis. Il me rebaptisa Gustave Vasa.

Olaudah Equiano, Ma véridique histoire, 1789.

Esclavage et racisme : "la poule et l'oeuf"

En 1944 l'hitorien trinidadien Eric Williams affirmait dans un ouvrage désormais classique "L'esclavage n'est pas né du racisme, le racisme a été plutôt la conséquence de l'esclavage". La controverse était ainsi lancée. [...] Elle divise durablement les historiens nord-américains dans le contexte des luttes pour l'égalité des droits civiques aux Etats-Unis. De deux choses l'une : soit les nécessités économiques liées au système esclavagiste ont conduit à l'élaboration de préjugés racistes visant à justifier a posteriori l'exploitation des Africains, soit le racisme explique l'émergence de sociétés esclavagistes sur le sol nord-américain. Jusqu'à la fin des années 1950, c'est la thèse de l'esclavage comme cause du racisme qui domine. Ses défenseur soulignent que, au cours des premières décennies de la colonisation anglaise en Amérique du Nord et dans la Caraïbe, la main d'oeuvre employée dans les plantations de tabac est constituée en grandemajorité d'Européens engagés par un contre entre quatre et sept ans. [...] S'appuyant en grande partie sur les récits de voyageurs de l'époque qui décrivent les conditions de travail éprouvantes des engagés, des historiens en sont ainsi venus à qualifier l'engagisme de "white slavery", niant à la race tout effet structurant dans ces sociétés naissantes. Les premiers codes juriduques statuant sur l'esclavage sont par ailleurs assez tardifs. Si les premiers esclaves africains débarquent en 1619 en Virginie, ce n'est qu'en 1662 que la loi institue un esclavage perpétuel et héréditaire pour les Africains et leurs descendants. [...] Les premières voix à nuancer ces travaux, dans les années 1960, mettent l'accent sur les discriminations dont ont très tôt victimes les populations noires, preuve de préjugés raciaux préexitants. Dès l'arrivée des premiers Africains dans les colonies anglaisesceux-ci sont contraints de travailler pour leurs maîtres jusqu'à leur mort. Aucun Européen, à l'inverse, ne se trouve détenu en esclavage par les Anglais. Une série d'éléments permet, en outre, d'affirmer que la main d'oeuvre blanche d'origine européenne est distinguée de la main d'oeuvre noire d'origine africaine : la durée d'engagement, qui se compte en année, n'a rien de comparable au caractère perpétuel de l'esclavage des Africains. Contrairement à l'engagé, le "Nègre" n'est pas sujet de droit, ne peut porter d'armes et se voit astreint à des punitions bien plus sévères. [...] l'histoire raciale a, par ailleurs, démontré la précocité du sentiment de supériorté raciale des Anglais vis-à-vis des Africains bien avant 1619. D'autant qu'à cette date plusieurs centaines de moilliers d'Africains sont déjà la prorpiété des Espagnols et Portugais dans leurs colonies américaines comme dans la Péninsule Ibérique. La plupart des historiens reconnaissent que les préjugés raciaux contre les Africains préexistaient au développement de la traite atlantique, qui les a en retour renforcés.

L'Histoire, N°493, mars 2022

Le chatiment

Questions

1. Pourquoi acheter et vendre des Africains ?2. En quoi le racisme envers les Noirs s'est développé suite à la traite ? 3. Quels sont les réseaux d'approvisionnement des captifs ? 4. Quelles sont les principales routes utilisées ?5. Quelle logistique est mise en place pour les amener en Amérique ?6. Quels sont les principaux lieux de vente ?7. Quel arsenal idéologique (philosophique, religieux, ...) permet de justifier ce trafic?8. Comment fonctionnent les systèmes esclavagistes ? Sachant qu’ils comptent sur la capacité des populations serviles à croître par excédent naturel une fois sur place, si la traite des Noirs persiste dans le temps, ce serait donc lié à l’incapacité des populations d’esclaves de se maintenir de manière naturelle. Pourquoi ?9. Pourquoi ne pas avoir eu recourt à plus de travailleurs européens ?10. Qu’est-ce que le métissage ?