Les outils d'analyse littéraire
Pour étudier le récit
Rythme et ordre du récit
c'est par ici
Classes de seconde et de première
M. Chomienne
exercices
un quiz
La leçon
cours en vidéo
Le rythme du récit
(c'est le temps des événements racontés (durée en minutes, heures, jours...)
(c'est le temps mis pour les raconter (en nombre de lignes, de pages,...)
L'ordre du récit
Un écrivain a plusieurs possibilités pour raconter les événements dont son récit est constitué : il peut respecter ou non l'ordre de leur succession.
les retours en arrière
les anticipations
Attention: flash back est un terme d'analyse du cinéma, interdit dans un commentaire
Les temps du récit
Dans le cas d'un récit au présent
Dans le cas d'un récit au passé
(= conditionnel passé et conditionnel présent)
Exercice 1 : ordre du récit, repérage
Jérôme avait vingt-quatre ans. Sylvie en avait vingt-deux. Ils étaient tous deux psychosociologues. Ce travail, qui n’était pas exactement un métier, ni même une profession, consistait à interviewer des gens, selon diverses techniques, sur des sujets variés. C’était un travail difficile, qui exigeait, pour le moins, une forte concentration nerveuse, mais ne manquait pas d’intérêt, était relativement bien payé, et leur laissait un temps libre appréciable. Comme presque tous leurs collègues, Jérôme et Sylvie étaient devenus psychosociologues par nécessité, non par choix. […] L’histoire, là encore, avait choisi pour eux. Ils auraient aimé, certes, comme tout le monde, se consacrer à quelque chose, sentir en eux un besoin puissant, qu’ils auraient appelé vocation, une ambition qui les aurait soulevés. Hélas, ils n’en connaissaient qu’une : celle du mieux vivre, et elle les épuisait. Etudiants, la perspective d’une pauvre licence, d’un poste à Nogent-sur-Seine, à Château-Thierry ou à Etampes, et d’un salaire petit, les épouvanta au point qu’à peine se furent-ils rencontrés –Jérôme avait alors vingt et un ans, Sylvie dix-neuf- ils abandonnèrent, sans presque avoir besoin de se concerter, des études qu’ils n’avaient jamais vraiment commencées. Le désir de savoir ne les dévorait pas ; beaucoup plus humblement, et sans se dissimuler qu’ils avaient sans doute tort, et que, tôt ou tard, viendrait le jour où ils le regretteraient, ils ressentaient le besoin d’une chambre un peu plus grande, d’eau courante, d’une douche, de repas plus variés, ou simplement plus copieux que ceux des restaurants universitaires, d’une voiture peut-être, de disques, de vacances, de vêtements. Georges Perec, Les Choses (chp.3)
Pour pouvoir faire l'exercice, cliquez ici (à la fin cliquez sur esc)
Exercice1 : vitesses du récit
Exercice 2 : ordre du récit 1
Exercice 3 : ordre du récit 2
Gustave Flaubert, Madame Bovary
Exercice 4 : bilan
La fille unique du marquis de Mézières, héritière très considérable, et par ses grands biens, et par l'illustre maison d'Anjou dont elle était descendue, était promise au duc du Maine, cadet du duc de Guise, que l'on a depuis appelé le Balafré. L'extrême jeunesse de cette grande héritière retardait son mariage. Et cependant le duc de Guise qui la voyait souvent, et qui voyait en elle les commencements d'une grande beauté, en devint amoureux, et en fut aimé. Ils cachèrent leur amour avec beaucoup de soin. Le duc de Guise qui n'avait pas encore autant d'ambition qu'il en a eu depuis, souhaitait ardemment de l'épouser : mais la crainte du cardinal de Lorraine, qui lui tenait lieu de père, l'empêchait de se déclarer. Les choses étaient en cet état, lorsque la maison de Bourbon, qui ne pouvait voir qu'avec envie l'élévation de celle de Guise, s'apercevant de l'avantage qu'elle recevrait de ce mariage, se résolut de le lui ôter et d'en profiter elle-même, en faisant épouser cette héritière au jeune prince de Montpensier. On travailla à l'exécution de ce dessein avec tant de succès, que les parents de Mlle de Mézières, contre les promesses qu'ils avaient faites au cardinal de Lorraine, se résolurent de la donner en mariage à ce jeune prince. Madame de La Fayette, La Princesse de Montpensier, 1662.
Quiz de vérification
Et pour ceux qui ont besoin de réentendre la leçon
Les vitesses du récit
Analepses et prolepses
Ellipse, résumé, scène et pause
Retours en arrière et anticipations
Ordre et rythme du récit
marianne.chomienne
Created on February 18, 2022
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Exercice 1 : ordre du récit, repérage
Jérôme avait vingt-quatre ans. Sylvie en avait vingt-deux. Ils étaient tous deux psychosociologues. Ce travail, qui n’était pas exactement un métier, ni même une profession, consistait à interviewer des gens, selon diverses techniques, sur des sujets variés. C’était un travail difficile, qui exigeait, pour le moins, une forte concentration nerveuse, mais ne manquait pas d’intérêt, était relativement bien payé, et leur laissait un temps libre appréciable. Comme presque tous leurs collègues, Jérôme et Sylvie étaient devenus psychosociologues par nécessité, non par choix. […] L’histoire, là encore, avait choisi pour eux. Ils auraient aimé, certes, comme tout le monde, se consacrer à quelque chose, sentir en eux un besoin puissant, qu’ils auraient appelé vocation, une ambition qui les aurait soulevés. Hélas, ils n’en connaissaient qu’une : celle du mieux vivre, et elle les épuisait. Etudiants, la perspective d’une pauvre licence, d’un poste à Nogent-sur-Seine, à Château-Thierry ou à Etampes, et d’un salaire petit, les épouvanta au point qu’à peine se furent-ils rencontrés –Jérôme avait alors vingt et un ans, Sylvie dix-neuf- ils abandonnèrent, sans presque avoir besoin de se concerter, des études qu’ils n’avaient jamais vraiment commencées. Le désir de savoir ne les dévorait pas ; beaucoup plus humblement, et sans se dissimuler qu’ils avaient sans doute tort, et que, tôt ou tard, viendrait le jour où ils le regretteraient, ils ressentaient le besoin d’une chambre un peu plus grande, d’eau courante, d’une douche, de repas plus variés, ou simplement plus copieux que ceux des restaurants universitaires, d’une voiture peut-être, de disques, de vacances, de vêtements. Georges Perec, Les Choses (chp.3)
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Exercice1 : vitesses du récit
Exercice 2 : ordre du récit 1
Exercice 3 : ordre du récit 2
Gustave Flaubert, Madame Bovary
Exercice 4 : bilan
La fille unique du marquis de Mézières, héritière très considérable, et par ses grands biens, et par l'illustre maison d'Anjou dont elle était descendue, était promise au duc du Maine, cadet du duc de Guise, que l'on a depuis appelé le Balafré. L'extrême jeunesse de cette grande héritière retardait son mariage. Et cependant le duc de Guise qui la voyait souvent, et qui voyait en elle les commencements d'une grande beauté, en devint amoureux, et en fut aimé. Ils cachèrent leur amour avec beaucoup de soin. Le duc de Guise qui n'avait pas encore autant d'ambition qu'il en a eu depuis, souhaitait ardemment de l'épouser : mais la crainte du cardinal de Lorraine, qui lui tenait lieu de père, l'empêchait de se déclarer. Les choses étaient en cet état, lorsque la maison de Bourbon, qui ne pouvait voir qu'avec envie l'élévation de celle de Guise, s'apercevant de l'avantage qu'elle recevrait de ce mariage, se résolut de le lui ôter et d'en profiter elle-même, en faisant épouser cette héritière au jeune prince de Montpensier. On travailla à l'exécution de ce dessein avec tant de succès, que les parents de Mlle de Mézières, contre les promesses qu'ils avaient faites au cardinal de Lorraine, se résolurent de la donner en mariage à ce jeune prince. Madame de La Fayette, La Princesse de Montpensier, 1662.
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