Séance 2
L'art et le féminisme
Comment l’art exprime-t-il le féminisme ? Qu’est-ce que l’art féministe ? A quels sujets s’intéresse-t-il ?
I. Remettre en question la place de la femme dans la société et ses archétypes
Mettre une autre oeuvre qui dénonce la même chose
Archétype/figure remis en question
La place de la femme dans la société
L'Encoconnage, Françoise Janicot, 1972, photographie argentique de la performance, 100 x 100 cm, Centre Pompido, Paris
A Woman’s Work Is Never Done, Eliza Bennett, 2012, chair et fils.
Three Minutes Scream, Gina Birch, 1977, vidéo d'environ 3min, coll. part.
La Mariée, Niki de Saint-Phalle, 1963, grillage,plâtre, tissus, jouets divers peints, 2,3 x 2 x 1m, Centre Pompidou, Paris
Bride's cake, Penny Slinger, 1973, série de photographies, Tate Britain, Londres (Angleterre)
Maman, Louise Bourgeois, 1999/2003, 10m, acier inoxydable, bronze, marbre, Musée des Beaux-arts, Ottawa (Canada)
Mother and child at breaking point (Mère et enfant au point de rupture), Maureen Scott, 1970, huile sur toile, Tate Britain, Londres (Angleterre)
Bear it in mind (Garde-le en tête), Su Richardson, 1976, vêtement, objets divers, papier, 1,5 x 0,5m, Tate Britain, Londres (Angleterre)
Au nom du père, Raymonde Arcier, 1975-76, toile de jute, kapok, mousse de polyester, coton au crochet, coton au point mousse, laine, 2,6 x 3 x 1 m, Centre Pompidou, Paris
A Woman’s Work Is Never Done, Eliza Bennett, 2012, chair et fils.
Washing/Tracks/Maintenance : Outside, Mierle Laderman Ukeles, 1973, performance davant le Wadsworth Museum of Art à Hartford (Etats-Unis)
Mierle Laderman Ukeles en 1969 dans son manifeste l'Art ménager
Je suis une artiste. Je suis une femme. Je suis une épouse. Je suis une mère (le tout dans le désordre). Je fais un maximum de lessive, de nettoyage, de cuisine, de bricolage, de soutien, de réparations, etc. En plus, jusqu'à présent), je fais de l'Art. Dorénavant, je vais tout simplement effectuer ces travaux domestiques quotidiens et les faire connaître, je vais les exposer comme l'art.
Wages for housework (Des salaires pour le travail domestique), Monica Sjöö; 1975, huile sur toile, collection de l'artiste
Housewives with steak knives, Sutapa Biswas, 1985, acrylique, pastel et collage sur toile, 2,7 x 2,4m Bradford Museums and Galleries, Bradford (Angleterre)
La femme comme symbole de beauté
Art must be beautiful. Artist must be beautiful, Marina Abramovic, 1975
I make up the image of my perfection / deformity, Martha Wilson, 1974
L'émancipation de la femme et de l'artiste femme s'associe souvent à l'émancipation de l'art : Art must be beautiful. Artist must be beautiful, Marina Abramovic, 1975
A portfolio of Models, Martha Wilson, 1974, photographies, MoMa, New-York (Etats-Unis)
Makeover, Martha Wilson, 2015, photographies, 40.6 × 111.8 cm, coll. part.
The Political and Performance Art Collection à la galerie Michèle Didier à Paris (in 2021-début 2022) : présentation de vidéos et photographies de Matha Wilson réalisées majoritairement dans les années 1970 où elle incarne Nancy Reagan, Barbara Bush, Donald Trump et Tipper Gore.
Tipper Gore, la femme du vice président des Etats-Unis en 1992
Martha Wilson en Tipper Gore
L'émancipation de la femme est liée à l’émancipation de l’art :
- Performance : nouvelle modalité artistique née dans les années 60
- Utilisation du fil : Nouvelles Pénélope (Aline Doppler en 1976)
- mise en rapport dans des oeuvres de l’émancipation de la femme, de l’artiste et de l’art
Définition de performance : la définition de Allan Kaprow en 1961 : « Les happenings sont des événements qui, pour dire les choses simplement, ont lieu. (...) Par contraste avec les arts du passé, ils n’ont ni commencement structurée, ni milieu, ni fin »
II. Se réapproprier les clichés, remettre en cause les stéréotypes, transformer le stigmate
Mettre une autre oeuvre qui dénonce la même chose
Archétype/figure remis en question
A. La sorcière : entre victime et figure d'empowerment
- Il y a un lien entre la violence actuelle qui touche les femmes et l’histoire de la chasse aux sorcières.
- les hommes ont toujours eu peur des femmes- période historique tendue
Heinrich Kramer et Jacob Sprenger cherchent à les reconnaître et publient le Malleus Maleficarum (Le Marteau des Sorcières) en 1486-1487. Ce livre recense les différentes manières de démasquer une sorcière. C'est un des textes les plus misogynes de l'histoire. C’est à ce moment-là que l’image actuelle de la sorcière commence à se fixer (nez crochu, balais, chapeau pointu, vielle femme, en marge de la société).
Enluminure représentant deux sorcières, Le Champion des dames, Martin Le Franc, 1451.
- La marque du diable - L'épreuve de l'eau - La mort
Exécution d'Anne Hendricks, 1571, gravure
Les tensions se renforcent jusqu’à aboutir à l’époque moderne à une véritable chasse aux sorcières. La chasse aux sorcières connaît deux vagues :1480-15201560-1650On estime entre 70 000 à 100 000 personnes condamnées pour faits de sorcellerie. Ce sont à 80% des femmes (minimum). Seules les femmes de basse extraction sont touchées. Au cours de la seconde moitié du XVIIe et puis du XVIIIe, les lois contre la sorcellerie sont abolies ou les peines transformées en exil. A partir de 1682, la sorcellerie n’est plus considérée comme un crime.
CONCLUSION
- Les sorcières ne sont pas des criminelles mais bien des victimes
- La « chasse aux sorcières » est un des premiers féminicides de masse. Certain.e.s parlent de gynécide. Jusqu’au XXe s, la « chasse aux sorcières » a été le « cas de persécution de masse le plus important de l’histoire » (Joseph Klaits, historien)
- Cette violence de masse était cautionnée et encouragée par l’Etat et l’Eglise.
- La « chasse aux sorcières » en Occident a participé à la mise en place d’un ordre patriarcal, capitaliste, genré et misogyne.
- Des femmes sont toujours victimes de ces accusations de sorcellerie et sont torturées, enfermées et assassinées pour cette raison en Inde, Afrique (Ghana) et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
La réhabilitation de la sorcière : la sorcière moderne
La réhabilitation de la sorcière : une femme puissante
« La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie. »
La réhabilitation de la sorcière : une figure du féminisme
Dessin de Léonor Fini, couverture du n°1 de la revue Sorcières, publiée de 1975 à 1982
"Si les sorcières s'envolent, c'est qu'elles sont légères, c'est qu'elles ne se soumettent à aucune loi, pas davantage à celle de la pesanteur."
La Sorcière Bleue, Leonor Fini, 1990, lithographie, 69,8 x 55,7 cm, coll. part
La réhabilitation de la sorcière : hommage aux victimes
Mémorial de Steilneset, Louise Bourgeois et Peter Zumthor, 2013, Vardø (Norvège)
Holotropic Breathing for the Masses. An Afro-Futuristic Performance, Grace Ndiritu, 2015, performance, Glasgow School of Art
Grace Ndiritu réalise un rite chamanique pour redonner vie au Mackintosh Building de la Glasgow School of Art qui a brûlé en 2014.
Holotropic Breathing for the Masses. An Afro-Futuristic Performance, Grace Ndiritu, 2015, performance, Glasgow School of Art
Grace Ndiritu réalise un rite chamanique pour redonner vie au Mackintosh Building de la Glasgow School of Art qui a brûlé en 2014.
Holotropic Breathing for the Masses. An Afro-Futuristic Performance, Grace Ndiritu, 2015, performance, Glasgow School of Art
Grace Ndiritu réalise un rite chamanique pour redonner vie au Mackintosh Building de la Glasgow School of Art qui a brûlé en 2014.
B. L'inaccessible sainteté ? Marie, une femme pas comme les autres ?
Virgin Mary, Kiki Smith, 1992, cire teintée, 1,6m, coll. part.
C. La folle, l'hystérique
« Le malade est fortement courbé en arrière, les pieds et la tête reposent seuls sur le lit, le ventre parfois météorisé formant le sommet de la courbe. » Charcot & Richer, Les démoniaques dans l’art, Paris, Macula, 1984 (p. 97).
« Le malade est fortement courbé en arrière, les pieds et la tête reposent seuls sur le lit, le ventre parfois météorisé formant le sommet de la courbe. » Charcot & Richer, Les démoniaques dans l’art, Paris, Macula, 1984 (p. 97).
D. La nécessaire relecture des mythes et des contes
Painted Ladies, Jessica Harrison, 2015-16, céramique
"les jeunes filles, belles, bien faites et gentilles, font très mal d'écouter toute sorte de gens" Morale du conte dans la version de Perrault
III. Se reapproprier son corps, interroger le regard sur le corps des femmes
A. Critiquer et dénoncer le regard des hommes
Le Baiser de l’artiste, ORLAN, sculpture et piédestal, 1977, photographies noir et blanc, socle en bois, fleurs, cierges, lettres en plastique, chaise, bande sonore 225,5 x 170 x 70 cm, FRAC Pays de la Loire,Carquefou
Between Parades (Entre les défilés), Caroline Coon, 1985, huile sur toile, 1,5 x 1,2m, coll. de l'artiste
Choosing- Before the Parade (choisir - avant le défilé), Caroline Coon, 1998, huile sur toile, 1,5 x 1,2m, coll. de l'artiste
Relecture féministe d'une oeuvre
Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique, Jana Sterbak, 1987, bœuf crue cousue sur mannequin en métal, photographie couleur, 1,55m, Centre Pompidou, Paris
Relecture féministe d'une oeuvre
La spécialiste du sujet : Nora Bouazzouni https://nora.bz/ https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/nourrir-son-homme-cauchemar-en-cuisine-1-2
Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique, Jana Sterbak, 1987, bœuf crue cousue sur mannequin en métal, photographie couleur, 1,55m, Centre Pompidou, Paris
3D slut, Alis Pelleschi, 2011, photographie numérique
Bathhouse, Katarzyna Koryza, 1997, vidéo
B. Mettre fin aux tabous et montrer autrement le corps de la femme
Chewing gum sculpture, Hannah Wilke, années 1940, chewing-gum dans un boîte, 2,5cm, coll. part.
SOS Scarification Object Series, Hannah Wilke, 1974-1982, photographies argentiques, Centre Pompidou, Paris
Enya Sa, Stacey Gillian Abe, 2017, photographie numérique, 1,5 x 1,5m, Afriart Gallery, Kampala (Ouganda)
How would you like your vaginas ?, Stacey Gillian Abe, 2017-2018, céramique, coll. part. [comment prendrez-vous vos vagins ?]
Enya Sa, Stacey Gillian Abe, 2017, photographie numérique, 1,5 x 1,5m, Afriart Gallery, Kampala (Ouganda)
Seat of Honor, Stacey Gillian Abe, 2017, photographie numérique, 1,5 x 1,5m, Afriart Gallery, Kampala (Ouganda)
Enya Sa, Stacey Gillian Abe, 2017, photographie numérique, 1,5 x 1,5m, Afriart Gallery, Kampala (Ouganda)
Stacey Gillian Abe
I’m trying to assert my position in society [as an unmarried woman] and question what it means to be powerful. I don’t want to go against my traditions but am drawn to what I want to do, so it is push and pull.”
J'essaie d'affirmer ma position dans la société [en tant que femme non mariée] et j'interroge ce que veut dire être puissant.e. Je ne veux pas aller contre les traditions ougandiennes mais je suis entraînée par ce que je veux faire, donc je suis toujours tiraillée entre les deux.
It is tough because there are fewer female artists than male artists in Kampala. There are amazing veteran female artists who have paved the way, like Dr Rose Kirumira and Dr Lilian Nabulime, but I’ve still had to fight twice as hard to make people believe in what I do. It’s difficult but things are changing and I hope that now other young female artists can follow in my generation’s footsteps.”
On pense souvent qu'il y a moins de femmes artistes que d'hommes artistes In Kampala. Il y eu des femmes artistes extraordinaires qui nous ont ouvert la voie, comme Dr Rose Kirumira et Lilial Nabulime, mais je dois toujours me battre deux fois plus pour que les gens adhèrent à ce que je fais. C'est difficile mais les choses évoluent et j'espère que maintenant d'autres jeunes femmes artistes peuvent marcher dans les pas de notre génération.
Will I still carry water when I am a dead woman?, Wura-Natasha Ogungji, 2013, performance filmée, coll.part.
The Dinner Party, sous la direction de Judy Chicago, 1974-79, installation, Brooklyn Museum, New York (Etats-Unis)
White and Blue Flower Shapes, Georgia O'Keeffe, 1919, huile sur panneau, 40 x 50cm, coll. part.
Menstruation bathroom, Judy Chicago, 1972, installation exposée dans la Womanhouse lors de l'exposition Division of Labor Exhibition
You Beaut, Hotham Street Ladies (collectif d'artistes), Installation, 2017, matériaux divers dans des toilettes publiques
C. Montrer d'autres corps
Mini-exposés
-indiquer quel type de corps est représenté -comment ce type de corps est représenté
-comparer les œuvres afin de voir si le point de vue, l’intention de l’artiste, … sont les mêmes
-préparer des éléments d’analyse
Des recherches peuvent être nécessaires. Avant de les effectuer, vous devez indiquer à Mme Parois ce que vous allez rechercher précisément et obtenir son accord.
Objectif : présenter les œuvres leurs enjeux (10min environ)
Bellies Cushion, Alina Szapocznikow, 1968, polyuréthane, 18 x 30 x 34cm, MoMA, New-York (Etats-Unis)
Fringe (Frange), Rebecca Belmore, 2008, photographie numérique, 81,5 x 244,8 x 16,7 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (Canada)
Rebecca Belmore est originaire du peuple autochtone anishinaabe.
Dzumani, Buhlebezwe Siwani, 2019, photographie numérique, 80 x 80cm chacune, coll.part.
Covering Sarah Baartman V, Senzeni Marasela, 2011, aquarelle, Les Abattoirs, Toulouse
Rebecca Belmore est une autochtone du peuple anishinaabe.
En 1988, le musée Glenbow à Calgary organise une exposition « The spirit Sings » avec 650 objets des peuples autochtones du Canada, en parallèle des Jeux Olympiques qui se déroulaient dans la région. Cette exposition a été réalisée sans aucune personne originaire des peuples autochtones et était marquée par de nombreux stéréotypes négatifs et erronés sur ces peuples.
Artifact #671B, Rebecca Belmore, 12 janvier 1988, photo de la performance, coll. part.
Blood on the snow, Rebecca Belmore, 2002, sculpture, couverture, encre, chaise, Morris and Helen Belkin Art Gallery, Vancouver (Canada)
Hole on black, Mari Katayama 2018, photographie numérique, coll. part.
Autoportrait, Alice Neel, 1980, huile sur toile, 1,4 x1m, National Portrait Gallery, Washington D.C (Etats-Unis)
Ritournelle, Julika Mayer et Martine Joséphine Thomas, 2010, photographie de son spectacle (Théâtre de marionnette)
Reprendre son souffle, Julika Mayer, 2013, photographie numérique d’une performance, coll. part
En plis, Julika Mayer, non daté, photographie de marionnettes, coll. part
Andy Warhol, Alice Neel, 1970, acrylique sur toile, 1,5 x1m, Tate Modern, Londres (Angleterre)
Au fond du miroir la vieillesse guette; et c’est fatal, elle m’aura. Elle m’a. Souvent je m’arrête, éberluée, devant cette chose incroyable qui me sert de visage […] Rien ne va plus. Je déteste mon image […] je vois mon ancienne tête où une vérole s’est mise dont je ne guérirai jamais.
Simone de Beauvoir
The power of my hands, Keyezua, 2015, mèches de cheveux synthétiques, coll. part.
Sans titre, Darlyne Komukama, 2017 photographie de la série The Salooni Salon, coll. part
Peggy, Alice Neel, 1949, huile sur toile, Collection of James Kenyon, Los Angeles (Etats-Unis)
The Spanish Family, Alice Neel, 1943, huile sur toile 86 x 72cm, coll. part.
Sans titre, Sandra Rocha, sans date, photographie numérique de la série « Le moindre souffle », coll. part.
Double identité (femmes de Kivu), Pamela Tulizo, 2019, photographie, coll. part
Double identité (femmes de Kivu), Pamela Tulizo, 2019, photographie, coll. part
Autoportrait en femme battue, Nan Goldin, 1984, photographie couleur, coll. part
S2 Femme, féminisme, féminité
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Séance 2
L'art et le féminisme
Comment l’art exprime-t-il le féminisme ? Qu’est-ce que l’art féministe ? A quels sujets s’intéresse-t-il ?
I. Remettre en question la place de la femme dans la société et ses archétypes
Mettre une autre oeuvre qui dénonce la même chose
Archétype/figure remis en question
La place de la femme dans la société
L'Encoconnage, Françoise Janicot, 1972, photographie argentique de la performance, 100 x 100 cm, Centre Pompido, Paris
A Woman’s Work Is Never Done, Eliza Bennett, 2012, chair et fils.
Three Minutes Scream, Gina Birch, 1977, vidéo d'environ 3min, coll. part.
La Mariée, Niki de Saint-Phalle, 1963, grillage,plâtre, tissus, jouets divers peints, 2,3 x 2 x 1m, Centre Pompidou, Paris
Bride's cake, Penny Slinger, 1973, série de photographies, Tate Britain, Londres (Angleterre)
Maman, Louise Bourgeois, 1999/2003, 10m, acier inoxydable, bronze, marbre, Musée des Beaux-arts, Ottawa (Canada)
Mother and child at breaking point (Mère et enfant au point de rupture), Maureen Scott, 1970, huile sur toile, Tate Britain, Londres (Angleterre)
Bear it in mind (Garde-le en tête), Su Richardson, 1976, vêtement, objets divers, papier, 1,5 x 0,5m, Tate Britain, Londres (Angleterre)
Au nom du père, Raymonde Arcier, 1975-76, toile de jute, kapok, mousse de polyester, coton au crochet, coton au point mousse, laine, 2,6 x 3 x 1 m, Centre Pompidou, Paris
A Woman’s Work Is Never Done, Eliza Bennett, 2012, chair et fils.
Washing/Tracks/Maintenance : Outside, Mierle Laderman Ukeles, 1973, performance davant le Wadsworth Museum of Art à Hartford (Etats-Unis)
Mierle Laderman Ukeles en 1969 dans son manifeste l'Art ménager
Je suis une artiste. Je suis une femme. Je suis une épouse. Je suis une mère (le tout dans le désordre). Je fais un maximum de lessive, de nettoyage, de cuisine, de bricolage, de soutien, de réparations, etc. En plus, jusqu'à présent), je fais de l'Art. Dorénavant, je vais tout simplement effectuer ces travaux domestiques quotidiens et les faire connaître, je vais les exposer comme l'art.
Wages for housework (Des salaires pour le travail domestique), Monica Sjöö; 1975, huile sur toile, collection de l'artiste
Housewives with steak knives, Sutapa Biswas, 1985, acrylique, pastel et collage sur toile, 2,7 x 2,4m Bradford Museums and Galleries, Bradford (Angleterre)
La femme comme symbole de beauté
Art must be beautiful. Artist must be beautiful, Marina Abramovic, 1975
I make up the image of my perfection / deformity, Martha Wilson, 1974
L'émancipation de la femme et de l'artiste femme s'associe souvent à l'émancipation de l'art : Art must be beautiful. Artist must be beautiful, Marina Abramovic, 1975
A portfolio of Models, Martha Wilson, 1974, photographies, MoMa, New-York (Etats-Unis)
Makeover, Martha Wilson, 2015, photographies, 40.6 × 111.8 cm, coll. part.
The Political and Performance Art Collection à la galerie Michèle Didier à Paris (in 2021-début 2022) : présentation de vidéos et photographies de Matha Wilson réalisées majoritairement dans les années 1970 où elle incarne Nancy Reagan, Barbara Bush, Donald Trump et Tipper Gore.
Tipper Gore, la femme du vice président des Etats-Unis en 1992
Martha Wilson en Tipper Gore
L'émancipation de la femme est liée à l’émancipation de l’art :
Définition de performance : la définition de Allan Kaprow en 1961 : « Les happenings sont des événements qui, pour dire les choses simplement, ont lieu. (...) Par contraste avec les arts du passé, ils n’ont ni commencement structurée, ni milieu, ni fin »
II. Se réapproprier les clichés, remettre en cause les stéréotypes, transformer le stigmate
Mettre une autre oeuvre qui dénonce la même chose
Archétype/figure remis en question
A. La sorcière : entre victime et figure d'empowerment
- Le contexte
- les hommes ont toujours eu peur des femmes- période historique tendueHeinrich Kramer et Jacob Sprenger cherchent à les reconnaître et publient le Malleus Maleficarum (Le Marteau des Sorcières) en 1486-1487. Ce livre recense les différentes manières de démasquer une sorcière. C'est un des textes les plus misogynes de l'histoire. C’est à ce moment-là que l’image actuelle de la sorcière commence à se fixer (nez crochu, balais, chapeau pointu, vielle femme, en marge de la société).
Enluminure représentant deux sorcières, Le Champion des dames, Martin Le Franc, 1451.
- Démasquer une sorcière
- La marque du diable - L'épreuve de l'eau - La mortExécution d'Anne Hendricks, 1571, gravure
Les tensions se renforcent jusqu’à aboutir à l’époque moderne à une véritable chasse aux sorcières. La chasse aux sorcières connaît deux vagues :1480-15201560-1650On estime entre 70 000 à 100 000 personnes condamnées pour faits de sorcellerie. Ce sont à 80% des femmes (minimum). Seules les femmes de basse extraction sont touchées. Au cours de la seconde moitié du XVIIe et puis du XVIIIe, les lois contre la sorcellerie sont abolies ou les peines transformées en exil. A partir de 1682, la sorcellerie n’est plus considérée comme un crime.
CONCLUSION
La réhabilitation de la sorcière : la sorcière moderne
La réhabilitation de la sorcière : une femme puissante
« La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie. »
La réhabilitation de la sorcière : une figure du féminisme
Dessin de Léonor Fini, couverture du n°1 de la revue Sorcières, publiée de 1975 à 1982
"Si les sorcières s'envolent, c'est qu'elles sont légères, c'est qu'elles ne se soumettent à aucune loi, pas davantage à celle de la pesanteur."
La Sorcière Bleue, Leonor Fini, 1990, lithographie, 69,8 x 55,7 cm, coll. part
La réhabilitation de la sorcière : hommage aux victimes
Mémorial de Steilneset, Louise Bourgeois et Peter Zumthor, 2013, Vardø (Norvège)
Holotropic Breathing for the Masses. An Afro-Futuristic Performance, Grace Ndiritu, 2015, performance, Glasgow School of Art
Grace Ndiritu réalise un rite chamanique pour redonner vie au Mackintosh Building de la Glasgow School of Art qui a brûlé en 2014.
Holotropic Breathing for the Masses. An Afro-Futuristic Performance, Grace Ndiritu, 2015, performance, Glasgow School of Art
Grace Ndiritu réalise un rite chamanique pour redonner vie au Mackintosh Building de la Glasgow School of Art qui a brûlé en 2014.
Holotropic Breathing for the Masses. An Afro-Futuristic Performance, Grace Ndiritu, 2015, performance, Glasgow School of Art
Grace Ndiritu réalise un rite chamanique pour redonner vie au Mackintosh Building de la Glasgow School of Art qui a brûlé en 2014.
B. L'inaccessible sainteté ? Marie, une femme pas comme les autres ?
Virgin Mary, Kiki Smith, 1992, cire teintée, 1,6m, coll. part.
C. La folle, l'hystérique
« Le malade est fortement courbé en arrière, les pieds et la tête reposent seuls sur le lit, le ventre parfois météorisé formant le sommet de la courbe. » Charcot & Richer, Les démoniaques dans l’art, Paris, Macula, 1984 (p. 97).
« Le malade est fortement courbé en arrière, les pieds et la tête reposent seuls sur le lit, le ventre parfois météorisé formant le sommet de la courbe. » Charcot & Richer, Les démoniaques dans l’art, Paris, Macula, 1984 (p. 97).
D. La nécessaire relecture des mythes et des contes
Painted Ladies, Jessica Harrison, 2015-16, céramique
"les jeunes filles, belles, bien faites et gentilles, font très mal d'écouter toute sorte de gens" Morale du conte dans la version de Perrault
III. Se reapproprier son corps, interroger le regard sur le corps des femmes
A. Critiquer et dénoncer le regard des hommes
Le Baiser de l’artiste, ORLAN, sculpture et piédestal, 1977, photographies noir et blanc, socle en bois, fleurs, cierges, lettres en plastique, chaise, bande sonore 225,5 x 170 x 70 cm, FRAC Pays de la Loire,Carquefou
Between Parades (Entre les défilés), Caroline Coon, 1985, huile sur toile, 1,5 x 1,2m, coll. de l'artiste
Choosing- Before the Parade (choisir - avant le défilé), Caroline Coon, 1998, huile sur toile, 1,5 x 1,2m, coll. de l'artiste
Relecture féministe d'une oeuvre
Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique, Jana Sterbak, 1987, bœuf crue cousue sur mannequin en métal, photographie couleur, 1,55m, Centre Pompidou, Paris
Relecture féministe d'une oeuvre
La spécialiste du sujet : Nora Bouazzouni https://nora.bz/ https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/nourrir-son-homme-cauchemar-en-cuisine-1-2
Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique, Jana Sterbak, 1987, bœuf crue cousue sur mannequin en métal, photographie couleur, 1,55m, Centre Pompidou, Paris
3D slut, Alis Pelleschi, 2011, photographie numérique
Bathhouse, Katarzyna Koryza, 1997, vidéo
B. Mettre fin aux tabous et montrer autrement le corps de la femme
Chewing gum sculpture, Hannah Wilke, années 1940, chewing-gum dans un boîte, 2,5cm, coll. part.
SOS Scarification Object Series, Hannah Wilke, 1974-1982, photographies argentiques, Centre Pompidou, Paris
Enya Sa, Stacey Gillian Abe, 2017, photographie numérique, 1,5 x 1,5m, Afriart Gallery, Kampala (Ouganda)
How would you like your vaginas ?, Stacey Gillian Abe, 2017-2018, céramique, coll. part. [comment prendrez-vous vos vagins ?]
Enya Sa, Stacey Gillian Abe, 2017, photographie numérique, 1,5 x 1,5m, Afriart Gallery, Kampala (Ouganda)
Seat of Honor, Stacey Gillian Abe, 2017, photographie numérique, 1,5 x 1,5m, Afriart Gallery, Kampala (Ouganda)
Enya Sa, Stacey Gillian Abe, 2017, photographie numérique, 1,5 x 1,5m, Afriart Gallery, Kampala (Ouganda)
Stacey Gillian Abe
I’m trying to assert my position in society [as an unmarried woman] and question what it means to be powerful. I don’t want to go against my traditions but am drawn to what I want to do, so it is push and pull.”
J'essaie d'affirmer ma position dans la société [en tant que femme non mariée] et j'interroge ce que veut dire être puissant.e. Je ne veux pas aller contre les traditions ougandiennes mais je suis entraînée par ce que je veux faire, donc je suis toujours tiraillée entre les deux.
It is tough because there are fewer female artists than male artists in Kampala. There are amazing veteran female artists who have paved the way, like Dr Rose Kirumira and Dr Lilian Nabulime, but I’ve still had to fight twice as hard to make people believe in what I do. It’s difficult but things are changing and I hope that now other young female artists can follow in my generation’s footsteps.”
On pense souvent qu'il y a moins de femmes artistes que d'hommes artistes In Kampala. Il y eu des femmes artistes extraordinaires qui nous ont ouvert la voie, comme Dr Rose Kirumira et Lilial Nabulime, mais je dois toujours me battre deux fois plus pour que les gens adhèrent à ce que je fais. C'est difficile mais les choses évoluent et j'espère que maintenant d'autres jeunes femmes artistes peuvent marcher dans les pas de notre génération.
Will I still carry water when I am a dead woman?, Wura-Natasha Ogungji, 2013, performance filmée, coll.part.
The Dinner Party, sous la direction de Judy Chicago, 1974-79, installation, Brooklyn Museum, New York (Etats-Unis)
White and Blue Flower Shapes, Georgia O'Keeffe, 1919, huile sur panneau, 40 x 50cm, coll. part.
Menstruation bathroom, Judy Chicago, 1972, installation exposée dans la Womanhouse lors de l'exposition Division of Labor Exhibition
You Beaut, Hotham Street Ladies (collectif d'artistes), Installation, 2017, matériaux divers dans des toilettes publiques
C. Montrer d'autres corps
Mini-exposés
-indiquer quel type de corps est représenté -comment ce type de corps est représenté -comparer les œuvres afin de voir si le point de vue, l’intention de l’artiste, … sont les mêmes -préparer des éléments d’analyse Des recherches peuvent être nécessaires. Avant de les effectuer, vous devez indiquer à Mme Parois ce que vous allez rechercher précisément et obtenir son accord.
Objectif : présenter les œuvres leurs enjeux (10min environ)
Bellies Cushion, Alina Szapocznikow, 1968, polyuréthane, 18 x 30 x 34cm, MoMA, New-York (Etats-Unis)
Fringe (Frange), Rebecca Belmore, 2008, photographie numérique, 81,5 x 244,8 x 16,7 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (Canada) Rebecca Belmore est originaire du peuple autochtone anishinaabe.
Dzumani, Buhlebezwe Siwani, 2019, photographie numérique, 80 x 80cm chacune, coll.part.
Covering Sarah Baartman V, Senzeni Marasela, 2011, aquarelle, Les Abattoirs, Toulouse
Rebecca Belmore est une autochtone du peuple anishinaabe. En 1988, le musée Glenbow à Calgary organise une exposition « The spirit Sings » avec 650 objets des peuples autochtones du Canada, en parallèle des Jeux Olympiques qui se déroulaient dans la région. Cette exposition a été réalisée sans aucune personne originaire des peuples autochtones et était marquée par de nombreux stéréotypes négatifs et erronés sur ces peuples.
Artifact #671B, Rebecca Belmore, 12 janvier 1988, photo de la performance, coll. part.
Blood on the snow, Rebecca Belmore, 2002, sculpture, couverture, encre, chaise, Morris and Helen Belkin Art Gallery, Vancouver (Canada)
Hole on black, Mari Katayama 2018, photographie numérique, coll. part.
Autoportrait, Alice Neel, 1980, huile sur toile, 1,4 x1m, National Portrait Gallery, Washington D.C (Etats-Unis)
Ritournelle, Julika Mayer et Martine Joséphine Thomas, 2010, photographie de son spectacle (Théâtre de marionnette)
Reprendre son souffle, Julika Mayer, 2013, photographie numérique d’une performance, coll. part
En plis, Julika Mayer, non daté, photographie de marionnettes, coll. part
Andy Warhol, Alice Neel, 1970, acrylique sur toile, 1,5 x1m, Tate Modern, Londres (Angleterre)
Au fond du miroir la vieillesse guette; et c’est fatal, elle m’aura. Elle m’a. Souvent je m’arrête, éberluée, devant cette chose incroyable qui me sert de visage […] Rien ne va plus. Je déteste mon image […] je vois mon ancienne tête où une vérole s’est mise dont je ne guérirai jamais.
Simone de Beauvoir
The power of my hands, Keyezua, 2015, mèches de cheveux synthétiques, coll. part.
Sans titre, Darlyne Komukama, 2017 photographie de la série The Salooni Salon, coll. part
Peggy, Alice Neel, 1949, huile sur toile, Collection of James Kenyon, Los Angeles (Etats-Unis)
The Spanish Family, Alice Neel, 1943, huile sur toile 86 x 72cm, coll. part.
Sans titre, Sandra Rocha, sans date, photographie numérique de la série « Le moindre souffle », coll. part.
Double identité (femmes de Kivu), Pamela Tulizo, 2019, photographie, coll. part
Double identité (femmes de Kivu), Pamela Tulizo, 2019, photographie, coll. part
Autoportrait en femme battue, Nan Goldin, 1984, photographie couleur, coll. part