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Carnet de lecture le Parti pris des choses Francis Ponge
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Created on November 20, 2021
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Transcript
Le Parti pris des choses
Francisponge
Travail réalisé par Tounsi Maha
Sommaire
A). Les grands courants /mouvements littéraires du XX è siècle
B). Contexte historique de l’oeuvre : précision du lien avec l'œuvre.
C) Brève biographie sur l’auteur
D). Analyse du titre
E) Le nombre de poèmes constituant le recueil
F). Les thèmes majeurs du recueil
H). présentation d’un poème de mon choix : titre, structure/forme, composition, élément d’interprétation marquant
G). Les caractéristiques majeures des poèmes: écriture, thème, sujet, forme...
I). Francis Sponge renouvelle la poésie
J). Francis sponge synthétise sa démarche valise “objeu” - comment considères-tu cette expression
K). Ponge est un alchimiste?
L). Quel figure du poète se dessine? Confrontation avec Baudelaire
1) Dada ou Dadaïsme
Mouvement littéraire ou artistique fondé en 1916 à Zurich par Tristan Tzara. Il est né dans le tumulte de la première guerre mondiale et exprime une révolte extrêmement virulente. C’est la contestation radicale d’une civilisation qui, fondée sur la raison et les valeurs humanistes, a pu engendrer une pareille horreur. Révolutionnaire et anarchiste, ce mouvement littéraire vit de protestations et de scandales. Il regroupe aussi bien des peintres comme Marcel Duchamp, qui expose à New York sous le titre fountain, un simple urinoire que des écrivains comme Georges Ribemont-Dessaignes et, ceux qui allaient bientôt former le groupe surréaliste comme André Breton, Philippe Soupault, Paul Éluard, Louis Aragon ou Benjamin Perret. Cependant, ce mouvement a rapidement sombré à cause de ses excès et provocations. Il disparaît en 1923 exerçant tout de même une influence déterminante sur l’art et la littérature car il a ouvert la voie au surréalisme qui poursuivra à sa façon la lutte contre toutes les formes d'aliénation de l’individu.
LESmouvements littéraires du XXème siècle
2) Surréalisme
Quelques auteurs surréalistes
Le surréalisme est un mouvement littéraire et artistique qui s’est développé après la première guerre mondiale en France. L’étymologie du mot “surréel” revient à son créateur Guillaume Apollinaire(1880-1918)que les surréalistes considèrent comme leur précurseur. Ce mouvement fut fondé par André Breton et Philippe Soupault (1897-1990) d'abord en 1919 suite à la rédaction du texte sous le titre Les champs magnétiques publiés dans La revue littérature en 1920 et qui fut considérée comme le premier écrit surréaliste. Ensuite, André Breton(1896-1966), considéré comme le chef de fil de ce mouvement, publie en 1924 le premier Manifeste surréaliste. Né dans un contexte de guerre, de révolte et de traumatisme qui ont démontré l’échec des valeurs de l’Humanisme occidental, ce mouvement est aussi connu pour son engagement politique. Le surréalisme est un mouvement qui a subi de nombreuses influences, tout d'abord les théories psychanalytiques de Freud (1856-1939) qui révèlent les richesses de l’inconscient. Ensuite, l’influence des travaux de l’économiste Karl Marx (1818-1883) qui prône la révolution contre la bourgeoisie capitaliste. Et enfin l’influence du mouvement artistique Dada de Tristan Tzara (1898-1963) qui cherche à détruire toutes formes d’ordre. -Les thèmes majeures du Surréalisme sont : - Le rôle de l’inconscient et du hasard avec absence de tout contrôle de la raison c’est pourquoi les surréalistes ont privilégié le surgissement de l’inconscient et du hasard par le biais des récits de rêves, de l’écriture automatique ou de l’hypnose. - L’amour fou où la femme occupe une place privilégiée car elle est considérée comme une sorte de medium bien plus apte que l’homme à acceder à la surréalité. - Opposition à la tradition poétique pour privilégier le vers libre et le jeu avec les mots comme le cadavre exquis. Parmi les poètes surréalistes, nous pouvons citer Louis Aragon et Paul Eluard.
Paul Eluard (1895-1952)
Guillaume Appolianire (1880-1918)
Philippe Soupault (1897-1990)
petits jeux d'écritures de l'oulipo
L'oulipo
L’Oulipo est un courant littéraire. L‘oulipo est un acrostiche de ouvroir de littérature potentielle, un groupe de recherche fondé en 1960 par le poète Raymond Queneau (1903-1976) et le mathématicien François le Lionnais (1901-1984) et dont l’objectif est d’être un laboratoire des formes littéraires nouvelles. Les poètes qui ont participé aux activités de l’Oulipo sont Jacques Roubaud (1932), Georges Perec (1936-1982) et Italo Calvino (1923-1985). L’Oulipo se situe à contre-courant de l’idéologie Romantique qui fait du poète une sorte de prophète mais aussi du surréalisme qui cherche à se libérer des règles pour créer librement. Pour les oulipiens, il n’y a pas de création littéraire sans règles. Les travaux de l’Oulipo consistent donc à expérimenter la productivité des contraintes, mais aussi à en créer de nouvelles.
Calligramme
Boule de neige
Contexte historique de l'oeuvre
Photographie de la parade allemande en France (1940 période de la seconde guerre mondiale)
Le recueil poétique Le Parti pris des choses fut publié en 1942, c’est la période de la seconde guerre mondiale (1940-1945). Cette date vient aussi après la période de l’entre de guerre c'est-à-dire de 1919 à 1939, comprise entre la première et seconde guerre mondiale. Les premières années de ces vingt années de paix ont été appellées en France “ Les années folles” car elles représentent les ruptures dans le comportement social, les nouvelles esthétiques artistiques. Mais à partir de 1929, avec la crise économique et sociale et la montée du nationalisme étatique agressif, se crée une atmosphère de tension et de peur. Cette période connaît également l’invasion des régimes totalitaires et entre 1936 et 1937, les dictatures se rallient face aux démocraties isolées jusqu’à la déclaration de la seconde guerre mondiale en 1932.
Photographie prise durant la seconde guerre mondiale
Analyse du titre
Brève biographie sur l’auteur
Natif de Montpellier le 27 mars 1899, vous avez vécu, monsieur Francis Ponge, non seulement l'année de transition entre la fin du XIXème siècle et le XXème siècle mais aussi quatre-vingt neuf ans durant le siècle le plus mouvementé de l’histoire de l’humanité. Votre adolescence est marquée par deux échecs, tout d'abord votre licence de philosophie et ensuite à l’école normale supérieure. Comment se fait-il que vous, qui avez pu jouer avec les mots et les choses, étiez bloqué à l’oral. Ce n’est certes pas le cas à l’écrit car vous avez commencé en 1942 avec Le Parti pris des choses, un recueil poétique représentant une poésie antipoétique qui refuse la conception traditionnelle de la poésie étant donnée que vous avez suivi votre propre voie et vous vous êtes concentré sur des objets y compris les plus triviaux. Votre vie a évidemment été animée : vous êtes resté en marge des milieux littéraires et bien que vous avez adhéré en 1930 au mouvement surréaliste, vous êtes resté insensible au surréalisme dont vous vous êtes séparé. En compatriotes vous avez adhéré au parti communiste en 1937, et pendant la guerre vous avez participé à la résistance. Pendant dix années, vous avez enseigné mais c’est dans l’écriture que vous avez excellé surtout après votre retraite en 1962 qui vous a permis de vous concentrer totalement à vos oeuvres dont nous pourrions citer les oeuvres poétiques : -Proêmes ( 1948) -La rage de l’expression (1952) -Le Savon ( 1967) -Le nouveau recueil ( 1967) -La fabrique du pré (1971) -Comment une figue de paroles et pourquoi (1977) -Ou encore vos deux essais : -Le grand recueil (1961) -Pour un malherbe (1965)
La Parti pris des choses
Ce titre en lui-même nous éclaire sur le contenu de l'œuvre poétique. En effet le poète nous révèle sa prise de position avec Le Parti pris pour son choix poétique à savoir chanter les choses et les objets dans toutes leurs dimensions matérielles et visuelles. Ce choix représente pour moi une première car je n’ai pas l’habitude de lire des poèmes qui chantent des fruits, des objets ou des lieux inspirés de la réalité d'autant plus qu’il a opté pour la poésie en prose, une forme poétique moins contraignante en ce qui concerne la lecture et la compréhension des poèmes .
Nombre de poèmes constituant le recueil
Le Parti pris des choses se compose de trente deux poèmes tous écrits entre 1924 et 1939. Je pourrais classer en plusieurs catégories : les objets, les animaux, les hommes , la faune et la flore.
Les thèmes majeurs du recueil
Francis Ponge, dans son entreprise de faire “des choses” anodines des thèmes poétiques, nous propose de changer et d’avoir un regard neuf sur ses objets banals qui nous entourent. Il a choisi une diversité thématique que nous pourrions présenter ainsi : - Les aliments qui vont des fruits comme “L’orange” ou “Les mûres”. Aux mollusques et aux fruits de mer “La crevette”,“L’huître” et “l’escargot” à la nourriture avec “ le morceau de viande”. - Les objets méprisés auxquels il donne de l’importance comme “le cageot”, ou encore d’autres objets comme “la bougie”. - Les phénomènes naturels dont il a chanté “la pluie” , “la fin de l’automne”, “ le cycle des saisons”. - La faune et la flore comme “Rhum des fougères” , “la mousse”, “le galet”. - Les portraits tels que “le gymnaste” et “la jeune mère”. - Les lieux comme “le restaurant lemeunier rue de la chaussée d’Antin” ou “les trois boutiques”
"La fin de l'automne "
"L'orange"
"La mousse"
"Le cageot"
"Le restaurant lemeunier rue de la chaussée"
"La jeune mère"
les caractéristiques majeures des poèmes:
les caractéristiques majeures des poèmes:
Tous les poèmes sont écrits en prose , une forme poétique récente liée au nom d’Aloysius Bertrand au XIXe siècle . Cette forme qui se popularise ensuite jusqu’ à occuper une place incontournable dans l’histoire de la poésie dont je me permets d’en citer quelques recueils célèbres: Baudelaire, Le Spleen de Paris (1868) Rimbaud, Illuminations ( 1875). Francis Ponge choisit la prose certainement pour la souplesse de cette forme qui peut s’adapter à toutes les longueurs, à tous les styles et partant de là à tous les sujets. A celà s’ajoute l’omniprésence d’une musicalité différente mais bien réelle que l' on peut percevoir à travers des jeux d’allitérations, d’assonances voire d’anaphores. Je note également que cette forme poétique qui est à la fois le symbole de la modernité et de la liberté à permis à Ponge de s’ouvrir à tous les thèmes inspirés de sa vie quotidienne. En effet, je trouve que tous ses poèmes sont au service d’une démarche scientifique car en lisant certains de ses poèmes, je constate qu’il analyse minutieusement chaque objet dans le but de mettre en valeur sa spécificité tout en maintenant une certaine objectivité à l’image d’une leçon. Il use souvent du présent de l’indicatif. Et il s’applique à nous rappeler l’origine de certains mots. Cette démarche est aussi accompagnée d’usage de figures de style comme la comparaison et la métaphore gardant ainsi une authenticité poétique. Et ce qui m’a le plus marqué c’est le côté comique avec lequel Francis Ponge s’applique à nous présenter certains objets et à nous les faire redécouvrir comme il le souhaite. Il utilise même des images parfois insolites dans le but de pousser le lecteur à avoir une nouvelle vision de la réalité. Je donne comme exemple, “Le papillon “ est à la fois “un minuscule voilier des airs malmené par le vent” et “une tasse mal lavée”. Ainsi, son écriture est au cœur du néologisme "objet" , il a réellement fait de l’objet une source de jeu voire de joie. Et personnellement à cette oeuvre je ne regarde plus les choses de la même manière.
La bougie
La nuit parfois ravive une plante singulière dont la lueur décompose les chambres meublées en massifs d'ombre. Sa feuille d'or tient impassible au creux d'une colon-nette d'albâtre par un pédoncule très noir. Les papillons miteux l'assaillent de préférence à la lune trop haute, qui vaporise les bois. Mais brûlés aussitôt ou vannés dans la bagarre, tous frémissent aux bords d'une frénésie voisine de la stupeur. Cependant la bougie, par le vacillement des clartés sur le livre au brusque dégagement des fumées originales encourage le lecteur, — puis s'incline sur son assiette et se noie dans son aliment.
Présentation d’un poème de mon choix
Francis Ponge renouvelle la poésie
Francis Ponge renouvelle bien la poésie dans la mesure où il ne compose pas une poésie qui s’inscrit dans la tradition poétique en chantant les hommes et les sentiments mais plutôt les choses sur lesquelles il porte un nouveau regard et amène le lecteur à partager avec lui ce regard. Je pense même que c’est une manière d’affirmer qu’il n y a pas de thème spécifique à la poésie qui reste ouverte à tous les thèmes. A ce titre, je rappelle que la poésie dans son sens étymologique est une perpétuelle création et renouveler la poésie pour notre poète c' est s' inscrire dans la tradition de la création.
A ma lecture de ce poème en prose composé de quatre paragraphes séparés par des blancs, j’ai remarqué que ce dernier exprime à la fois une sensibilité et de l’humour. Le premier paragraphe nous propose une vision insolite de la bougie qui se présente sous forme d’un végétal. Dans le deuxième paragraphe, il est question de la force et de la fragilité de la bougie, ce qui en fait un objet paradoxalement simple et précieux. Dans le troisième paragraphe, il est question de "papillons miteux” qui donnent l’impression que Ponge se moque de cet insecte. Puis dans le dernier paragraphe, le poète évoque la fin de la bougie consumée et consommée dans sa propre matière. Ainsi Ponge fait de la bougie qui brûle le symbole de notre vie. En effet, le poète me plonge dans un récit qui me rappelle des contes fantastiques de mon enfance en faisant appel aux sensations aux images. Cette bougie devient même une plante, une fleur. Ensuite cette même lumière de la bougie, à la flamme fragile, évoque notre vie éphémère. Je découvre à la fin du poème que Ponge évoque aussi la création poétique car si la bougie n’est qu’un objet éphémère qui se consume en se fondant sur elle-même, le poète se termine sur un retour au réel. Je pense que Francis Ponge nous donne ainsi une leçon d’humilité.
Francis Ponge synthétise sa démarche par le mot valise valise “objeu”
Comment considères-tu cette expression ?
Nous savons que ce mot “valise objeu” est une expression crée par Francis Ponge, qui veut dire selon moi, que l’objet grâce à l’art poétique de Francis Ponge devient un jeu lui permettant non seulement de nous représenter la chose, mais également de produire un inventaire de la chose dans une exploration des mots. Cette initiative paraît facile car le poète a clairement expliqué qu’il entendait à chaque poème « produire un objet de plaisir pour l’homme » et de l’objet à l’objoie par l’objeu. Cependant, afin d’y parvenir, il y a évidemment tout un travail d'écriture , de réflexion entremêlé de plaisir de donner vie aux objets .
Ponge est un alchimiste?
Francis Ponge est un alchimiste?
Quelle figure du poète se dessine dans cet ouvrage?
Afin de répondre à cette question , je vais d'abord donner une petite définition de l’alchimiste qui est celui qui pratique l’alchimie. Historiquement, les alchimistes passaient leur vie à chercher ce qu'ils appelaient la Pierre philosophale ou le Grand œuvre, c'est-à-dire un moyen d'opérer la transmutation des métaux. L’alchimiste relève aussi du domaine de la pensée et de la création artistique. Si nous partons de ces deux modestes définitions, nous pourrions attribuer le titre d’alchimiste à Francis Ponge car il a pu modifier cette conception traditionnelle de la poésie et de l'inspiration poétique en suivant sa propre voie. Il refuse également l'aliénation et l’imitation de ce qui a été tracé par les poètes anciens à savoir chanter le lyrisme ou les Hommes et il a opté pour une poésie antipoétique en choisissant les choses et les objets même les plus triviaux. Cependant il faut noter que sa poésie est une fusion entre le sujet et l’objet car Ponge va à la rencontre de l’objet pour nous transmettre le nouveau regard qu’il porte sur lui. Il se propose de retrouver dans les choses “un million de qualités inédites”. Ce que j’ai personnellement constaté car je ne regarde plus de la même manière “le pain” ou “l’orange” ou “la pluie". Ainsi, nous pourrions affirmer que Francis Ponge est un alchimiste qui a su nous présenter les choses à sa manière, à l’image de Charles Baudelaire qui a transformé la boue en or et la laideur en beauté.
La lecture de ce recueil poétique nous dessine la figure d’un poète anticonformiste qui a ouvert une nouvelle voie à la poésie étant donné qu’il l’a libérée de ses contraintes et de son héritage par une écriture nouvelle composée de descriptions non convenues. Il nous rappelle bien Charles Baudelaire, qualifié lui aussi de poète de la modernité et sont tous les deux des alchimistes. Nous pouvons aussi noter que si Baudelaire, le poète maudit marginalisé et incompris, transforme “la boue” en “or”, Francis Ponge nous fait entrevoir la beauté des choses et des objets les plus banals et les plus vils. Cependant Ponge incarne une vision plus positive du poète et utilise le langage en jouant avec le sens propre et le sens figuré des mots dans le but de nous présenter le monde autrement. Ainsi, ce poète matérialiste qui affirme dans Proêmes “je ne me veux pas poète, que j'utilise le magma poétique mais pour m'en débarrasser, que je tends plutôt à la conviction qu'aux charmes, qu'il s'agit pour moi d'aboutir à des formules claires, et impersonnelles, on me fera bien plaisir, on s'épargnera bien des discussions oiseuses à mon sujet.”
Fin!
Bonne lecture !