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Les vents de l'OSM

Orchestre Montréal

Created on October 15, 2021

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Les Vents de l'OSM

Découvrir l'OSM autrement

Préparation à l'écoute

Les Vents à l'honneur!

Symphonies pour instruments à vent d'Igor Stravinsky

Au début du siècle dernier, Paris est le centre culturel de l'Europe, moderne, grouillant, inspirant. De nombreux artistes de tous les domaines convergent vers la Ville Lumière pour s'y former et faire carrière.

Un soir de 1910, alors que le public parisien réagissait avec enthousiasme à la première audition du ballet L'Oiseau de feu, Claude Debussy, initiateur presque deux décennies auparavant du mouvement musical depuis nommé impressionnisme, vient serrer la main du jeune compositeur du succès de l'heure, Igor Stravinsky. C'est ce soir-là que leur amitié est née, basée sur un respect réciproque pour le talent musical de l'un et l'autre.

Les deux hommes possèdent des personnalités fondamentalement différentes. Malgré le respect qu'ils ressentent pour la démarche artistique l'un de l'autre, ils n'apprécient pas toujours les formes que celle-ci prend dans leur musique. Debussy surtout, le plus âgé des deux, est de plus en plus perplexe devant la direction que prennent les explorations musicales de Stravinsky.

En mémoire de Claude Achille Debussy

N'empêche que, comme l'ensemble du monde musical parisien, Stravinsky ressent profondément la perte de son ami lorsque celui-ci décède d'un cancer en 1918. Il compose un choral austère, publié en 1920 dans un numéro hommage de "La Revue musicale" en compagnie d'autres oeuvres à la mémoire de Debussy. Plus tard, il réutilise ce même choral pour conclure sa pièce Symphonies pour instruments à vent, elle aussi dédiée à Debussy.

Quelle différence le choix d'instrument fait-il dans l'expérience de l'auditeur? Préfères-tu une des deux versions? Peux-tu imaginer le même choral joué par d'autres instruments (cordes, bois, claviers)?

Une mosaïque musicale

La première section de la pièce est construite comme une mosaïque, avec des tuiles de couleurs et de motifs variés juxtaposées les unes aux autres et se répétant selon un ordre apparemment aléatoire.

Parfois, certaines tuiles morcelées en motifs encore plus petits - dont des extraits du choral, qui ne sera entendu au long que plus tard - sont insérées au sein d'un premier motif.

La Suite pour instruments à vent, op. 4 de Richard Strauss

Richard Strauss (1864-1949) Connu pour

  • Don Juan
  • Don Quichotte
  • Till l'espiègle
  • Ainsi parla Zarathustra
  • Le Chevalier à la rose
  • Quatre derniers Lieder

Romantique et moderne, érudite et frivole, luxuriante et agile : ces paires d'adjectifs contradictoires décrivent à la fois l'essence de l'esprit viennois au tournant du 20e siècle et la musique de Richard Strauss.

Fils d'un corniste à l'orchestre de la cour de Munich, le jeune Richard a commencé très tôt à composer. À l'âge de 18 ans, il avait déjà publié un quatuor à cordes, une sonate et quelques pièces courtes pour piano. Il avait également composé une symphonie entière et avait obtenu un succès considérable avec sa Sérénade pour instruments à vent. Encouragé par ce succès et par le soutien du chef d'orchestre Hans von Bülow, il décide d'entreprendre une deuxième oeuvre pour le même type de formation, qui est devenue la Suite pour instruments à vent. La Suite est consituée de quatre mouvements de tempos et de caractères différents.

III Gavotte

II Romance

IV Introduction et Fugue

I Prélude

Le chef d'orchestre

Alain Trudel, chef d'orchestre

Alain Trudel a commencé ses études musicales dans le programme Arts-étude de l'École secondaire Joseph-François-Perrault de Montréal. Son grand talent au trombone l'a mené à entamer très jeune une carrière impressionnante: il a fait ses débuts comme soliste avec l'OSM à l'âge de 18 ans. Il est le chef d'orchestre de l'Orchestre symphonique de Laval, de l'Orchestre symphonique de Toledo aux États-Unis, le chef des concerts jeunesse de l'Orchestre du Centre national des arts à Ottawa et le premier chef invité de l'Orchestre symphonique d'Ottawa. Il est invité à diriger des concerts symphonies et des opéras à travers le monde.

Pourquoi un chef ?

À l’époque des premiers orchestres, les musiciens étaient moins nombreux, une dizaine à peu près. Il était alors plus facile de jouer ensemble. Souvent le premier violon se chargeait d’indiquer aux autres musiciens quand commencer à jouer et quand arrêter. Mais avec le temps, les orchestres sont devenus de plus en plus gros et les œuvres de plus en plus complexes. On a alors ressenti le besoin de confier la tâche de diriger l’orchestre à une seule personne, qui ne jouerait d’aucun instrument.

Le chef d’orchestre n’est pas nécessairement spécialiste d’un seul instrument. Il doit avoir une bonne connaissance des différentes sections, finalement on pourrait dire que c’est l’orchestre qui est son instrument.

C’est par des gestes bien précis que le chef communique avec les musiciens en concert et en répétition. Cette gestuelle nécessite tout comme pour l’apprentissage d’un instrument de musique de nombreuses heures de pratique et de perfectionnement.

Les gestes employés par le ou la chef d'orchestre pour communiquer avec les instrumentistes de l'orchestre incluent la battue, c'est-à-dire un motif dessiné par la main droite qui varie selon le nombre de temps dans la mesure, et des indications pour les entrées, les nuances, les articulations et les phrasés. Au-delà de tout ça, son rôle s'apparente aussi à celui du metteur en scène au théâtre, puisqu'il doit développer une interprétation de l'oeuvre qu'il transmet ensuite - par ses gestes et par des indications verbales en répétition - aux instrumentistes.

Les grands compositeurs du passé dirigeaient souvent leurs propres œuvres, ils savaient donc mieux que quiconque comment leur musique devait être jouée. Mais avec le temps, les compositeurs n’étaient plus là pour diriger et c’est le chef d’orchestre qui s’en est chargé.

La gestuelle du chef d'orchestre

L'extrait suivant provient du deuxième mouvement de la même pièce, la Romance. Il s'agit d'une musique lente et legato, ce que le chef représente bien par son geste lourd et soutenu. On voit aussi comment il indique aux cuivres d'appuyer une note pour la faire ressortir.

Dans cet extrait tiré du premier mouvement de la Suite de Strauss, on voit très bien comment le chef indique d'abord un accent vigoureux, puis relâche la tension dans ses bras pour inviter les flûtes à jouer doucement.

Regarde de nouveau les deux extraits en coupant le son: tu peux facilement reconnaître quelle vidéo correspond à quel extrait musical!

La gestuelle du chef d'orchestre

La musique de Stravinsky ajoute une dimension supplémentaire aux tâches du chef: en effet, la métrique change souvent dans ses oeuvres, et la battue du chef doit suivre tous ces changements afin d'être un guide fiable pour les instrumentistes. Dans les extraits de la Suite de Strauss, les gestes du chef suivaient le même modèle tout le long, même tandis qu'il indiquait les éléments musicaux dont on a parlé. Dans les extraits de la pièce de Stravinsky, on voit que le chef "dessine" des motifs différents avec ses mains pour correspondre aux changements de métriques indiqués dans la partition. Cela demande beaucoup de concentration!

Les bois

Dans cette vidéo, Mathieu Harel, bassoniste à l’OSM, nous présente la section des bois.

Traditionnellement faits de bois, ces instruments sont faciles à reconnaître par leur forme allongée. Pour produire un son, on souffle dans une petite ouverture à leur extrémité. ​

Celle du hautbois, du basson et de la clarinette est munie d’une petite lamelle de bois appelée « anche » que l’instrumentiste fait vibrer avec ses lèvres. Elle peut être simple ou double selon l’instrument. La flûte, elle, n’a pas d’anche mais un petit trou (embouchure) par lequel le flûtiste souffle pour produire un son.

Les voici jouant tous ensemble dans ce mouvement des Tableaux d’une exposition de Moussorgski !

Le savais-tu ? Le saxophone

Les cuivres

On les voit de loin parce qu’ils brillent, on les entend bien parce que leur son est puissant: ce sont les instruments de la famille des cuivres !

Dans cette vidéo, Pierre Beaudry, tromboniste à l’OSM, nous présente la section des cuivres.

Pour produire un son, on souffle dans l’embouchure en faisant vibrer les lèvres.

Le savais-tu ? Les harmoniques

Découvre ici les cuivres de l'OSM en formation quintette !

Instruments inusités

1. Flûte alto ou flûte en sol

As-tu remarqué cette flûte de construction inhabituelle? Son tuyau est plus long que celui de la flûte traversière régulière, donc elle sonne plus grave. La pièce d'embouchure courbée permet à l'instrumentiste d'atteindre les notes graves grâce à son corps plus long. Cet ajout en longueur lui procure également un timbre plus moelleux, moins éclatant.

Instruments inusités

2. Cor de basset

Malgré son nom, le cor de basset n'est pas un cor, mais un type de clarinette. Le cor de basset moderne, comme tu le vois ici, a une forme similaire à celle de la clarinette basse, avec le haut courbé se rapprochant du corps du clarinettiste et le pavillon (section du bas) qui remonte, aidant à mieux projeter le son. Mozart aimait beaucoup le cor de basset et lui a confié plusieurs lignes importantes, dont le début de son célèbre Requiem.

Reconnaître les timbres

Quand on parle du timbre d'un instrument, on fait référence à la couleur spécifique du son qu'il produit. Chez les vents, le timbre est le résultat entre autres du matériau utilisé, de la façon dont le son est produit (embouchure, anche simple ou double) et du type de perce (conique ou cylindrique).

La fugue de la Suite de Strauss est une bonne occasion d'identifier et de comparer les timbres des instruments puisqu'on les entend jouer à tour de rôle un motif aisément reconnaissable.

À l'écran, on voit clairement le cor français, alors qu'on l'entend entamer la fugue avec sa sonorité cuivrée, ronde et pleine. C'est la clarinette qui entre ensuite. Comment décrirais-tu son timbre? Les instruments jouant les trois prochaines entrées du sujet restent hors caméra - es-tu capable identifier les instruments qui les jouent? Clique ici pour vérifier ta réponse.

Astuces de Pro

Les Pros de l'OSM te confient ici leurs meilleurs trucs pour progresser dans la pratique de ton instrument! Clique sur l'instrument de ton choix pour entendre leurs conseils.

Découvrir les musiciens et l'OSM autrement!

Pour être un musicien ou une musicienne hors pair, il faut bien sûr savoir jouer de son instrument au plus haut niveau possible, mais il faut compléter cette maîtrise technique par une personnalité développée, grandir à travers les leçons que la vie nous présente et toucher le public par l’expression de la musique. Clique sur la photo pour découvrir quelques musiciens de l’OSM qui parlent de leur relation avec leur instrument, de comment ils entretiennent leur passion pour leur métier et des obstacles qu’ils ont dû surmonter.

Un nouveau chef!

Le nouveau directeur musical de l’OSM, Rafael Payare, connaît bien le pouvoir de la musique à nous inspirer à surmonter les obstacles, puisqu’il est diplômé du programme El Sistema. Ce programme établi au Venezuela a offert une voie de sortie à des milliers de jeunes en situation de pauvreté. Rafael Payare y a appris le cor français, puis la direction d'orchestre. Clique sur la photo pour en savoir plus à son sujet.

Encore curieux? Il y a une appli pour ça!

Tu en sais maintenant un peu plus au sujet du fonctionnement de l'OSM, mais celui-ci a encore bien des secrets à te dévoiler! Pour poursuivre ton exploration, tu peux télécharger l’application OSM polyphonique pour iPhone ou iPad, ou venir en faire l’expérience en personne gratuitement à l’Espace OSM.