Lycée Xavier Marmier – Classe de 1ère 1– Français 2022-2023 – Théâtre
Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
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Un trop grand silence me paraît aussi lourd de menaces
qu’une explosion de cris inutiles.
Antigone, Sophocle, vers 1251-1252
Présentation du parcours
Qu’est-ce qu’une crise ?
Le mot français crise vient du latin crisis, lui-même hérité du grec. À l’origine, le mot signifie : Dans le Dictionnaire grec-français, Bailly 1. action ou faculté de juger ;
2. action de choisir, choix, élection ;
3. action de séparer, d’où dissentiment, contestation ;
4. action de décider d’où décision, jugement ; ce qui décide de quelque chose (issue, dénouement, résultat) ; phase décisive d’une maladie.
En latin, le mot renvoie d’abord à une acception d’ordre médical, la crise étant définie comme la phase grave d’une maladie. Il peut toutefois renvoyer plus généralement à une période critique, un moment décisif. Avec le temps, le mot évolue. Le Dictionnaire universel de Furetière, au XVIIe siècle, propose trois entrées :
- Crise : jugement qu’un médecin fait d’une maladie par quelque symptôme qui arrive au plus fort du mal [...]. La crise est un soudain changement de la maladie, qui se tourne à la santé ou à la mort.
- Crise : se dit aussi de l’accident qui est causé par la nature. Ce malade est en sa crise, en sa sueur, il ne faut pas le découvrir.
- Crise : se dit figurément en choses morales. Cette intrigue est dans sa crise, nous en verrons bientôt le dénouement. [...].
• Crise : se dit figurément en choses morales. Cette intrigue est dans sa crise, nous en verrons bientôt le dénouement. [...].De nos jours, la langue française emploie ce terme pour renvoyer : ▶ à un état soudain, intense, marquant une rupture Le terme crise, en français moderne, appartient toujours au domaine médical. La crise renvoie dans cette acception à un état pathologique qui apparaît brusquement, intensément, pendant une période limitée. Crise cardiaque, crise de foie, crise de nerfs. Au théâtre, la crise constitue le nœud de l’action dramatique, caractérisé par un conflit intense entre les passions, qui doit conduire au dénouement (Trésor de la Langue française). ▶ à un état de trouble, de difficulté • Situation de trouble pour un individu. Crise de la quarantaine.
• Situation de trouble pour la société. Crise politique, crise économique.
De cette première approche lexicale, on peut déduire que le terme crise est à lier aux notions plus générales de rupture, de soudaineté, d’intensité, de brièveté, de trouble, de conflit. En lien avec ces notions, les synonymes proposés généralement par les dictionnaires sont les mots attaque, accès, poussée. Ainsi, considérer au théâtre une situation de crise personnelle renverrait à un moment où un personnage, considéré comme un individu, est troublé dans sa personne, dans son identité, dans ce qui le définit. Cet état nouveau marquerait une rupture par rapport à un état précédent et ne serait vraisemblablement pas appelé à durer. A contrario, l’expression "crise familiale" renverrait à une pluralité d’individus, appréhendés éventuellement comme un tout et qui traverserait également une période troublée, conflictuelle.
La famille comme sujet tragique privilégiéLe parcours proposé, crise personnelle, crise familiale est lié à un objet d’étude : le théâtre. Or, la question de la famille, celle des relations entre les individus qui composent celle-ci, obsèdent le théâtre depuis l’antiquité. En effet, dès les premières pièces dont on ait conservé la trace, la famille fournit un personnel privilégié dans le cadre de la tragédie. Aristote, dans la Poétique (IVe s. av. J.-C.), estime ainsi que le surgissement de la violence au sein des alliances est un sujet que le dramaturge doit privilégier afin de susciter la crainte et la pitié. Il écrit : […] les cas où l’événement pathétique survient au sein d’une alliance, par exemple l’assassinat, l’intention d’assassiner ou toute autre action de ce genre entreprise par un frère contre son frère, par un fils contre son père, par une mère contre son fils ou par un fils contre sa mère, ce sont des cas qu’il faut rechercher. Aristote, La Poétique, XIV, trad. Michel Magnien
Théâtre 1e - Crise personnelle, crise familiale
christine.vuillet
Created on September 5, 2021
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Un trop grand silence me paraît aussi lourd de menaces qu’une explosion de cris inutiles. Antigone, Sophocle, vers 1251-1252
Présentation du parcours Qu’est-ce qu’une crise ? Le mot français crise vient du latin crisis, lui-même hérité du grec. À l’origine, le mot signifie : Dans le Dictionnaire grec-français, Bailly 1. action ou faculté de juger ; 2. action de choisir, choix, élection ; 3. action de séparer, d’où dissentiment, contestation ; 4. action de décider d’où décision, jugement ; ce qui décide de quelque chose (issue, dénouement, résultat) ; phase décisive d’une maladie. En latin, le mot renvoie d’abord à une acception d’ordre médical, la crise étant définie comme la phase grave d’une maladie. Il peut toutefois renvoyer plus généralement à une période critique, un moment décisif. Avec le temps, le mot évolue. Le Dictionnaire universel de Furetière, au XVIIe siècle, propose trois entrées :
• Crise : se dit figurément en choses morales. Cette intrigue est dans sa crise, nous en verrons bientôt le dénouement. [...].De nos jours, la langue française emploie ce terme pour renvoyer : ▶ à un état soudain, intense, marquant une rupture Le terme crise, en français moderne, appartient toujours au domaine médical. La crise renvoie dans cette acception à un état pathologique qui apparaît brusquement, intensément, pendant une période limitée. Crise cardiaque, crise de foie, crise de nerfs. Au théâtre, la crise constitue le nœud de l’action dramatique, caractérisé par un conflit intense entre les passions, qui doit conduire au dénouement (Trésor de la Langue française). ▶ à un état de trouble, de difficulté • Situation de trouble pour un individu. Crise de la quarantaine. • Situation de trouble pour la société. Crise politique, crise économique.
De cette première approche lexicale, on peut déduire que le terme crise est à lier aux notions plus générales de rupture, de soudaineté, d’intensité, de brièveté, de trouble, de conflit. En lien avec ces notions, les synonymes proposés généralement par les dictionnaires sont les mots attaque, accès, poussée. Ainsi, considérer au théâtre une situation de crise personnelle renverrait à un moment où un personnage, considéré comme un individu, est troublé dans sa personne, dans son identité, dans ce qui le définit. Cet état nouveau marquerait une rupture par rapport à un état précédent et ne serait vraisemblablement pas appelé à durer. A contrario, l’expression "crise familiale" renverrait à une pluralité d’individus, appréhendés éventuellement comme un tout et qui traverserait également une période troublée, conflictuelle.
La famille comme sujet tragique privilégiéLe parcours proposé, crise personnelle, crise familiale est lié à un objet d’étude : le théâtre. Or, la question de la famille, celle des relations entre les individus qui composent celle-ci, obsèdent le théâtre depuis l’antiquité. En effet, dès les premières pièces dont on ait conservé la trace, la famille fournit un personnel privilégié dans le cadre de la tragédie. Aristote, dans la Poétique (IVe s. av. J.-C.), estime ainsi que le surgissement de la violence au sein des alliances est un sujet que le dramaturge doit privilégier afin de susciter la crainte et la pitié. Il écrit : […] les cas où l’événement pathétique survient au sein d’une alliance, par exemple l’assassinat, l’intention d’assassiner ou toute autre action de ce genre entreprise par un frère contre son frère, par un fils contre son père, par une mère contre son fils ou par un fils contre sa mère, ce sont des cas qu’il faut rechercher. Aristote, La Poétique, XIV, trad. Michel Magnien