votre revue annuelle publiée par EFA68
Avec le soutien du Conseil départemental et de la CAF du Haut-Rhin. REDACTION & RELECTURE Yohann C. - Magali M. - Catherine M. - Sophie P. - Céline S. - Rosine T. PHOTOGRAPHIES & ILLUSTRATIONS pixabay - photographies personnelles d'adhérents - photographies professionnelles des intervenants IMPRIMEUR Petra Consulting - 5 rue des Artisans - 68440 LANDSER DISTRIBUTION efa68.gac@gmail.com - Stéphanie F. La reproduction de tout ou partie des articles et éléments constitutifs de ce numéro est soumise à l'accord préalable de notre association EFA 68.
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Sommaire
Edito
Rando pique nique
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Atelier danse
Moments partagés
EMDR
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Fête de rentré
Adopter un enfant différent
On en parle !
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Le racisme
Notre association EFA et ERF
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A vos côtés
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Le harcèlement E. Piquet
Conférence
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Agenda
Famille élargie Sensibilisation à la parentalité adoptive
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Ateliers
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Café bibliothèque
Les enfants pupilles de l'Etat
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Amandine Gay fait l'actualité
Dossier
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Mots d'enfants
... la conférence du Dr Chicoine
24
Concours de dessins
48
... la conférence de Johanne Lemieux
28
A toi de jouer !
Zoom sur...
Groupes de parole et de soutien
32
Heureux événements
51
Edito
À l’heure où nous écrivons ces lignes, la situation sanitaire s’améliore doucement et nous avons pu organiser quelques évènements en présentiel ces derniers temps.
Quel bonheur de se retrouver en vrai !
Nous profitons de cet édito pour rappeler qu’EFA 68 est votre association ! N’hésitez pas à apporter vos idées et vos envies. Nous sommes à l’écoute de vos besoins. Enfin, nous tenions à remercier l’ensemble du Conseil d’Administration pour leur motivation et leur dévouement.
Nous vous laissons à présent découvrir ce nouveau GAC.
A très bientôt.
Sophie et Thomas PEGEOT
Nous avons ainsi innové et organisé notre première randonnée/pique-nique. Ce fût un beau moment et nous allons très certainement réitérer l’expérience.
Toute l’équipe d’EFA 68 est restée mobilisée aux côtés des familles adoptives et des postulants à l’adoption durant ces mois difficiles et nous avons dû nous réinventer.
C’est ainsi qu’en 2021 est né notre rendez-vous mensuel « On en parle ! » Plusieurs thèmes ont été abordés et les échanges furent enrichissants. Nous en profitons pour vous remercier pour votre participation active à ces visio-conférences. Le nombre d’adoptions est évidemment en chute libre cette année et nous pensons bien à ces familles qui attendent. Nous souhaitons être à leurs côtés et leur apporter le soutien nécessaire !
World Adoption Day
Chaque année, le 9 novembre, chez nos amis américains, le « Word Adoption Day » est célébré.
Le but : dessiner un smiley sur sa main et la prendre en photo. Un moyen simple, ludique et convivial pour se souvenir que nos familles et nos enfants sont différents.
Une fête de l’adoption que nous avons voulu fêter en 2020 pour la première fois chez EFA 68.
Nous vous avons invité à nous envoyer vos plus belles photos de mains.
Et voici le résultat 😊
Merci à chacun et à chacune pour votre participation.
On en parle !
L'EMDR a le vent en poupe. De quoi s'agit-il ?
Eye
Movement
Desenzitisation
Reprocessing
L'EMDR nous a sauvés. Notre fille de 15 ans ne gérait plus ses agressions liées à son enfance traumatique avant l'adoption et attaquait des camarades de classe, se tapait en dehors du collège, et faisait aussi des crises de violence à la maison.
Grâce aux séances EMDR, elle est beaucoup plus calme et sereine. Elle n’est plus hantée par son passé. Elle n’a pas besoin de parler de son vécu atroce pour le travailler avec l’EMDR, ce qui est très avantageux pour elle.
Eva
Flashback sur notre première visio conférence de l’histoire d’EFA 68
Eh oui, la crise sanitaire a remis en cause toutes nos pratiques et habitudes. EFA 68 n’était pas en reste. Nous avons voulu tenter l’expérience des visio conférences pour garder le lien avec nos adhérents mais aussi développer nos connaissances.
Une vingtaine d’inscriptions plus tard, nous ouvrons pour la première fois notre « On en parle ! » le vendredi 15 janvier à 20h.
Le thème de cette soirée était l’EMDR.
Les initiales EMDR signifient Eye Movement Desensitization and Reprocessing c’est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires.
En effet la thérapie EMDR utilise une stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche) qui se pratique par mouvements oculaires (le patient suit les doigts du thérapeute qui passent de droite à gauche devant ses yeux) mais aussi par stimuli auditifs. La thérapie EMDR s’adresse à toute personne (nourrisson, enfant, adolescent, adulte) souffrant de perturbations émotionnelles généralement liées à des traumatismes psychologiques même en bas âges. Les enfants adoptés ont tous vécu des traumatismes au début de leur vie, par l’abandon de leur mère biologique.
L’EMDR peut être une réponse à des souffrances ou des situations difficiles. C’est une méthode encore peu connue mais elle tend à se développer.
La psychothérapeute, Françoise PISTOL, nous a expliqué pendant près d’une heure trente cette méthode avec de la théorie mais aussi des exemples concrets.
Le temps des questions/réponses a permis de développer certains points et nous ressortons enrichis de cette première visio conférence. Depuis, nous avons fait du chemin, puisque nous proposons chaque mois une visio « On en parle ! ».
à lire : Vulnérabilité traumatique des enfants adoptés et EMDR article > Santé page 46 de la revue Accueil n°199
On en parle !
Adopter un enfant différent
La majorité des postulants ont, en début de démarche, le rêve d’accueillir un tout petit en pleine forme. C’est un désir naturel et compréhensible. Qui voudrait que son enfant soit en difficulté ?
Mais actuellement les enfants adoptés par des familles françaises ont des besoins spécifiques : ils sont grands, malades ou handicapés, parfois en fratrie, parfois porteurs d’une histoire lourde. Il n’est donc plus possible de faire l’économie d’une réflexion sur sa capacité à faire sien un enfant plus grand ou plus fragile. Extraits de la visio-conférence "On en parle !" animée par Nathalie Schmitt.
Il peut s'agir d'enfants qui ont plus de cinq ans, de fratries de trois enfants ou plus, d'enfants malades, d'enfants porteurs de handicap ou encore d'enfants ayant des histoires de vie très lourdes à porter. Il se peut aussi que plusieurs de ces éléments soient présents : l'aîné-e d'une fratrie nombreuse pourrait bien avoir plus de cinq ans ; une expérience traumatisante pourrait avoir engendré un handicap ; etc.
Qui sont ces enfants à besoins spécifiques ?
Que cela soit bien dit : il ne s'agit pas d'aller toujours plus loin, au-delà de ses capacités, bien au contraire. Il s'agit de prendre conscience de ce à quoi, en tant qu'adoptants, nous sommes prêts, tout en gardant en tête qu'il y aura toujours des imprévus.
Afin de définir les contours de notre zone de confort, il peut être utile de consulter des spécialistes telles les COCA - Consultations d'Orientation et de Conseil en Adoption - ou médecins spécialistes d'une maladie ou d'un handicap. Des lectures ou autres ressources peuvent également aider à cibler certaines spécificités. Enfin, les témoignages de familles concernées sont une mine d'or pour bien comprendre les impacts au quotidien, autant pour l'enfant que pour sa famille adoptive.
Pour les adoptants, il s'agit alors de connaître ses propres limites.
Une particularité médicale peut signifier bien des réalités différentes : s'agit-il d'un handicap ou d'une maladie ? L'enfant souffre-t-il d'une déficience physique, intellectuelle ou sensorielle ? Quel est le degré de gravité ? Quelles sont les évolutions constatées dans son développement ? Du point de vue des parents adoptants, l'objectif est de se positionner sur chacune de ces questions, mais aussi sur le cumul de ces particularités ainsi que sur leurs rapports à l'incertitude car il est aussi possible qu'une réponse médicale sur tel ou tel point soit impossible. L'adoption d'une fratrie nécessite avant tout une très grande disponibilité psychologique et matérielle. Chaque enfant a besoin d'être accueilli pour lui-même (caractère, besoins, vécus, facilités de création du lien différentes, etc.). L'effet de groupe se manifeste par les enfants faisant bloc face aux parents, par la parentalisation de l'aîné et par des relations plus ou moins harmonieuses entre les enfants. Les spécificités des enfants grands sont des acquis culturels à transformer, une dysharmonie de développement constante, ou encore une augmentation du risque d'histoires lourdes. Du côté des parents adoptants, il existe aussi des spécificités : faire face à une "programmation" biologique et à un sentiment d'urgence, comme pour rattraper le temps.
Quelques exemples permettent d'illustrer différentes situations.
Au-delà des difficultés, connaître ses points forts permet aux parents d'aborder l'adoption sereinement.
Capacité à s'affirmer, créativité, résilience personnelle, patience, optimisme, couple complémentaire et soudé, célibataire bénéficiant d'un réseau fort, disponibilité, souplesse psychologique, ouverture à la différence, capacité à demander de l'aide, etc. sont autant de ressources personnelles pour les parents adoptants. Grâce à ces gages de réussite, l'adoption d'enfants à besoins spécifiques devient possible, pour permettre à chaque enfant de grandir heureux-se dans une famille prête à l'accueillir.
On en parle !
LE RACISME
Visio EFA 68 animée par Frédéric V. et Karine P.
Pandémie oblige, nous nous retrouvons en visio ce vendredi 19 mars 2021 pour traiter d’un sujet qui concerne une grande partie des parents et futurs parents adoptants : le racisme.
Par définition, le racisme désigne une attitude d’hostilité, allant du mépris à la haine, à l’égard d’un groupe humain défini sur la base d’une identité raciale ou ethnique.
Le racisme se manifeste par différentes attitudes allant de propos injurieux jusque dans certains cas extrêmes à la violence physique.
Cela peut prendre des
qualités morales et que de ce fait certaines « races » s’estiment supérieures aux autres. A cela rajoutons les dimensions historiques, religieuses et sociologiques, et nous obtenons un savant cocktail d’individus qui ne voient pas plus loin que ce que leur histoire génétique et sociale leur a inculqué. En tant que parents adoptants et futurs parents adoptants d’enfants venus d’ailleurs, nous sommes ou allons être concernés par divers comportements qui vont nous crisper, nous interloquer, voire quelquefois nous faire sortir de nos gonds.
formes anodines, comme l’évitement d’un groupe d’individus, un changement de trottoir, une non-réponse à un simple bonjour, etc. Il est important de comprendre de manière sommaire les origines de ce racisme. C’est avant tout une affaire de biologie. En effet on présuppose que l’existence de « races » est liée aux caractères biologiques et génétiques de ces groupes d’individus.
En somme on nous explique que chaque «race» possède en commun un patrimoine génétique qui détermine ses aptitudes intellectuelles et fonctionnelles, ses
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assez traumatisant et des questions vont se poser :
« Pourquoi suis-je
différent ? » ; « Pourquoi mes parents ne sont-ils pas comme moi ? »
En effet certains témoignages sont édifiants. Après les traditionnelles phrases du style «Tu n’es pas d’ici » ; «Tu viens d’où ? » les enfants ont fait l’objet de remarques plus difficiles à entendre, comme «Tu serais mort si on n’avait pas eu pitié pour toi » ; «Tu as été acheté » ; « On t’a trouvé dans une cage » et bien d’autres exemples absurdes voire cruels. Un enfant qui connait son histoire est plus à même de répondre à ces attaques, à les éviter et à ne pas trop en souffrir même si ces remarques laissent des traces. Par ailleurs, une « préparation » peut être un moyen de le préserver face à ces comportements. Lui dire aussi que les autres ont « peur » de ce qui est différent et que c’est pour cela qu’ils agissent ainsi. Il paraît important d’expliquer aux enfants comment se passe une adoption pour qu’ils comprennent bien qu’ils ne sont pas issus d’un quelconque traffic, ou autre opération de sauvetage, qu’ils font partie de la famille et qu’ils ont été désirés au même titre que d’autres. Leur dire aussi qu’il n’y a pas que les liens biologiques qui unissent les
membres d’une famille, leur expliquer ce qu’est une famille, leur répéter qu’ils ont une famille aimante qui est présente pour eux quoiqu’il arrive. L’école aussi a sa place dans le processus d’intégration des enfants. Il ne faut pas hésiter à échanger avec les autres parents d’élèves et avec le corps enseignant. En tant que parent adoptant, on peut aussi participer à des échanges avec d’autres papas et/ou mamans qui sont dans le même cas que nous afin d’obtenir une écoute et des conseils.
Lors de cet échange, nous avons entendu des témoignages de plusieurs parents adoptants ayant eu à faire face à ce genre de préjugés. Viennent d’emblée les fameuses questions « D’où vient-elle ? » ; « Vous l’avez adoptée ? » ; « Pourquoi pas une de chez nous ? » et bien d’autres. Face à cela, quelles réponses donner ? Quelles attitudes prendre ? Selon les différentes expériences, il n’y a pas de solution toute faite. A chacun de voir s’il se sent d’entrer dans une discussion dont la finalité sera de notre
Retrouvez les groupes de paroles EFA 68 à la page 32
Voilà certaines pistes de réflexion qui pourront aider les parents adoptants et futurs parents face à cette problématique du racisme. En fin de compte, c’est l’éducation d’une société toute entière qu’il faudrait revoir mais même à notre petite échelle nous pouvons agir ou ignorer ces attaques pour protéger nos enfants et nous même face à certains individus et autres comportements désobligeants.
Je conclurai en disant qu’il faut répéter à tous, enfants, adultes, qu’il n’y a pas que les gènes qui font des familles, des humains qui s’aiment suffisent.
point de vue de parents adoptants d’éduquer notre interlocuteur, alors même que l’on a l’impression de devoir justifier sa parentalité, ou de manière subtile de congédier notre interlocuteur et de l’inviter à s’occuper de ses affaires. Nous devons donc apprendre à « faire avec » ce genre d’attitudes lorsque l'on adopte un enfant d’une autre origine ethnique que la sienne.
Concernant les enfants, ils sont eux-mêmes de par cette différence ethnique confrontés au racisme dès leur plus jeune âge ; être le seul enfant « de couleur » dans un village peut être
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Visio-conférence
Emmanuelle Piquet
Comment outiller nos enfants contre le harcèlement ?
Conférence EFA nationale du 7 janvier 2021
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Virage à 180°
Lutter contre le harcèlement des adoptés
L'histoire de Coumba Coumba est une bonne élève. Elle a été adoptée à l’âge d’un an en Ethiopie. Elle s'épanouit à l'école primaire, puis c’est la chute libre. Coumba se recroqueville. Ses parents pensent que cela est dü à l’entrée au collège. En fait, Léa, une fille populaire, se place derrière Coumba dans les rangs et dit : « Bah, ça pue ! » en se pinçant le nez. En quelques jours, toute la classe fait de même. En quelques semaines, c’est tout le collège. Toute la journée, Coumba entend des remarques et voit des grimaces qui laissent penser qu’elle sent mauvais. Évidemment, Coumba commence à se laver plusieurs fois par jour. Et évidemment, cela ne résout pas le
A 180° est un groupe de psycho-praticiens, de formateurs et d'auteurs s'appuyant sur l'école de Palo Alto pour apaiser toutes formes de souffrance dont le harcèlement.
Mais comment détecter une situation de harcèlement ? Voici trois aspects identifiables :
• La vulnérabilité - une fragilité repérable. Les parents qui ont tendance à porter un regard très protecteur sur leur enfant rendent leur fragilité potentielle repérable. Ce peut être le cas des parents d’enfants adoptés.
• L’un des premiers signaux d’alerte lorsqu’un enfant se fait harceler est qu’il devient agressif à la maison. Les parents sont donc en première ligne pour repérer le phénomène.
• Les enfants harcelés cachent le fait de harcèlement à leurs parents pour les protéger car ils ont peur de ne pas être aimés. La solution proposée est d’apprendre à se faire respecter. Malheureusement, changer d’environnement (école ou classe) ne permet pas de résoudre le problème car 70 % des harcelés se feront à nouveau harceler en raison de leur posture de victime. Un constat s'impose : dans une situation classique de harcèlement, qui ne fait que s’aggraver, c’est souvent ce que l’on met en place dans le but de résoudre le problème qui aggrave justement la situation.
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un jeu. » La CPE félicite Léa et lui impose quand même 4 heures de colle pour être sûre que Léa comprenne bien. Pendant 2 jours, il ne se passe plus rien, puis Coumba se retrouve encerclée par une vingtaine d'élèves qui lui crachent dessus. Léa va lui faire payer les 4 heures de colle.
Coumba veut absolument changer d’école. C’est l’infirmière scolaire, chez qui Coumba se retrouve très souvent afin de se protéger, qui l'oriente vers 180°. Coumba ne veut pas y aller. Elle a peur de l’aide des adultes, puisque cela n'a fait
problème, puisque le problème est ailleurs.
Alors Coumba s’isole. Elle évite les couloirs et les temps dans la cour. Mais cela amplifie sa posture de victime et donc cela encourage Léa et sa bande à en faire davantage. Coumba est régulièrement piégée, notamment près de la salle de sport (les élèves savent bien repérer les zones d’ombre, dans lesquelles les adultes ont très peu de visibilité). Lorsqu’elle reste dans la cour, Léa vient la trouver. Celle-ci s’installe proche de Coumba sur un banc et lui parle, comme une
Le jour où Coumba revient à l’école avec le parfum à l’ail dans sa poche, elle se rend directement dans la zone d’ombre, près de la salle
Emmanuelle Piquet explique sa méthode pour décrypter les mécanismes harceleur / harcelé, poser les bonnes questions à son enfant et l'aider efficacement.
amie – les surveillants qui circulent à proximité ne peuvent pas se douter de ce qui se passe, car Léa adopte une attitude amicale en apparence.
En réalité, Léa dit à Coumba :
« Tu pues vraiment fort aujourd’hui. »
Ou bien « Mais, dis-moi, ils puent tous comme ça dans ton pays ? »
Coumba cherche de l’aide auprès des adultes. Un jour, dans le bureau de la CPE, Léa se retourne vers Coumba, la regarde dans les yeux et lui dit : « Je suis désolée. Je n’avais pas réalisé que cela te faisait du mal. C’est juste
de sport. Mais personne ne vient. Le deuxième jour non plus. Coumba commence à désespérer (elle veut vraiment pouvoir utiliser son parfum à l’ail sur Léa). Le troisième jour, Léa arrive avec seulement trois autres compères. Coumba saute sur l’occasion et lui dit : « Je pue à cause du parfum anti-racisme. J’en mets tous les jours, mais visiblement ça ne marche pas. Tiens, prends-en toi ! » Léa a pué l’ail toute la journée et plus personne ne s’en est pris à Coumba.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que le harcèlement cesse lorsque la personne
qu’aggraver sa situation.
Emmanuelle Piquet propose à Coumba un virage à 180° : faire l’inverse de ce qui a été fait jusqu’à présent. Cette situation de harcèlement est clairement raciste, donc une idée est de faire puer Léa avec un spray « anti-racisme ». Coumba est difficile à convaincre, mais elle n’a plus grand-chose à perdre, donc elle finit par accepter. Elle demande où trouver du jus d’ail. Puis, Coumba s'entraîne, se met en situation, avec l'aide d'Emmanuelle Piquet, comme dans un théâtre.
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Extrait du livre « Te laisse pas faire » La cour de recréation, s'il est vrai que nous n’y sommes pas et que c’est à eux de trouver les ressources qui sont les leurs pour en sortir plus forts, il y a des solutions, des pistes de réflexions que nous pouvons emprunter en étant auprès d’eux, pas entre eux et le monde. Parce que tout simplement, les apprentissages relationnels faits à l’école sont ceux avec lesquels les enfants vont devoir s’insérer dans la vie adulte. Ils ne pourront pas se contenter de fermer la porte de la cour de recréation après que la sonnerie aura retenti une dernière fois.
Retrouvez Emmanuelle Piquet sur le site https://a180degres.com/
harcelée sort de sa position de victime.
Dans la moitié des cas, cela est efficace avant même de mettre en place la contre-attaque,
Paradoxalement, le regard porté sur l'adoption d'un enfant peut en faire un problème (et ainsi le placer en position de victime), alors que c'est une force.
En revanche, il est peu efficace de tenter une prévention auprès des harceleurs. Ceux-ci cessent lorsqu’ils se rendent compte que leurs victimes ne se laissent plus faire. D'après Emmanuelle Piquet, il s'agit de la méthode la plus efficace pour combattre le harcèlement dans un établissement scolaire puisque les harceleurs cessent d’eux-mêmes.
Le fait d'être adopté est une force.
simplement en changeant de posture mentale.
Pour agir, la victime a besoin de constater les faits, d'être capable d'auto-dérision et de s'en prendre à la posture du harceleur (surtout pas à sa personne).
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Ateliers
Famille élargie
Cet atelier est destiné à l'entourage des parents par adoption et des postulants.
Il était animé par Valérie Gosseaume et Geneviève Miral, mères adoptives et animatrices des formations de la sensibilisation à la parentalité adoptive.
Au programme :
> s'informer sur les réalités de l'adoption et des démarches
> partager questionnements, émotions, inquiétudes et espoirs... dans un climat de confiance entre pairs.
> cheminer et démystifier l'adoption
> trouver des repères et être rassuré sur la place à occuper au sein de la famille adoptive ou future famille
Avec d'autres personnes nous avons participé a cette réunion d'information sur l'adoption. Organisation et encadrement sont assurés par des personnes compétentes qui nous ont bien expliqué le parcours concernant l'adoption. Nous avons pu poser des questions variées et nous avons eu de très bonnes réponses. Journée instructive, moment de partage avec d'autres personnes, entre émotions, rires, pleurs.
Merci et bravo à vous et aux autres personnes qui ont pris sur leur temps pour faire cette journée de sensibilisation pour la famille.
Sensibilisation à la parentalité adoptive
Cet atelier est ouvert à toute personne titulaire ou en cours d’agrément.
Il était animé par deux parents d’EFA68 formés sur le sujet. Au programme :
> Saisir la portée de ce projet de vie. > Mieux comprendre le parcours des enfants. > Cheminer et partager les expériences. Un atelier qui fait référence à :
> La théorie de l’attachement, à la “normalité adoptive” de la québecoise Johanne Lemieux. > L’expérience acquise par Anne-Marie Crine en Belgique et au Luxembourg
en matière de préparation des parents.
Corinne et François G.
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Dossier
Les enfants pupilles
Visio mensuelle "On en parle" par EFA68 : Nés sous le secret.
Visio EFA national : Qui sont les enfants adoptables en France ?
Parrainage et tiers bénévole : agrandir la famille autrement.
Ressources : se former et s'informer pour en savoir plus sur les enfants pupilles de l'État.
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Dossier : PUPILLES / Nés sous le secret
Nés sous le secret
Visio mensuelle "On en parle", EFA 68 du 16 avril 2021, co-animée par Rosine, Christelle, Catherine, Hélène et Stéphanie.
demeurer anonyme aux yeux de la société. Ce nouveau-né est recueilli par les services de l’ASE et devient pupille de l’Etat après les deux mois de délai de rétractation.
L'accouchement sous le secret, couramment appelé “accouchement sous X”, est traditionnellement défini comme la possibilité pour une femme de laisser son nouveau-né aux services de l’État et le droit de xxxxxxxxxxxxxx
Les parcours de vie
Les lieux de vie de l’enfant en attendant l’adoption sont multiples : ventre maternel, naissance, maternité, hôpital, pouponnière, famille d’accueil, etc. Il en va de même pour les raisons qui poussent les mères à accoucher sous le secret :
Les chiffres nationaux
L’ONPE estime à 470 le nombre d’enfants nés sous le secret au cours de l’année 2019, un chiffre en baisse de 14 % par rapport à 2018 qui comptait 548 enfants nés sous le secret. Bien qu’elle survienne dans un contexte de diminution du nombre global des naissances en France, la diminution des naissances sous le secret reste beaucoup plus marquée.
Dans le Haut-Rhin :2019 : 5 naissances 2020 : 4 naissances dont 3 rétractations
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Dossier : PUPILLES / Nés sous le secret
Le projet d’adoption par le Conseil de famille
de l’enfant permet d’orienter le choix des adoptants parmi les personnes ayant un agrément en cours de validité. Le projet ainsi construit est présenté au conseil de famille qui sélectionnera au départ 3 dossiers et validera son choix ensuite sur l’un d’eux.
Le projet d’adoption doit être élaboré le plus rapidement possible, une fois le délai des 2 mois passé. C’est l’intérêt de l’enfant qui guide ce projet, le conseil de famille est à la recherche d’une famille pour cet enfant. Cette connaissance xxxxxxxxxxxxx
Témoignage d’une maman
Devenir parents est une chose, mais le devenir par le biais de l’adoption c’est d’autant plus fort. Maman de cœur, Papa de cœur, Parents pour la vie.Le jour où le téléphone sonne et que l’annonce d’avoir été choisis par le conseil de famille retentit, l’émotion est indescriptible. En l’espace de quelques secondes, ça y est notre vie bascule et nous devenons parents d’un petit bébé de quelques mois seulement. Après l’avoir tellement attendu, vous me direz « ah mais vous deviez être prêts ! ». Evidemment ! Nous étions PRETS, mais cela ne nous a pas empêchés de nous poser un millier de questions…Des questions auxquelles nous avons finalement eu la chance d’avoir des réponses lors de la découverte du dossier de notre enfant au conseil départemental, quelques jours après l’appel « magique ». La rencontre avec notre fille a été riche elle aussi en émotions. Notre petite puce nous attendait à bras ouverts, avec le sourire et les yeux remplis de joie et d’émerveillement. Elle avait été très xxxxxxxxxxxxxxx
bien préparée par l’équipe qui la suivait afin que la rencontre se passe le mieux possible. Nous avons passé plusieurs journées à ses côtés, afin d’apprendre à la connaitre et surtout à se connaitre. Car c’est une découverte pour tous ! Ces moments étaient magiques, nous avions compris pourquoi le destin avait choisi de mettre cette petite fille sur notre route. Cela ne pouvait être qu’elle. Son histoire de début de vie fait partie d’elle, et de nous aussi maintenant, mais nous avons à 3 réussi à écrire le début d’un nouveau chapitre. Finalement, être parents c’est aussi savoir accepter ce que nous ne savons pas, tant sur le plan médical que sur le passé personnel de son propre enfant et vivre avec, de la meilleure façon possible.
Aujourd’hui, nous sommes fiers et heureux d’être arrivés au bout de notre objectif : celui d’être parents. La vie nous aura appris à ne jamais rien lâcher !
La recherche des origines La démarche de recherche de ses origines, que ce soit ou non dans le cadre d’un accouchement anonyme, requiert une certaine maturité et peut s’avérer profondément déstabilisante. Les informations, la réalité, sont souvent bien différentes de ce qui avait été imaginé ; l’impact de ce qui ressort de cette démarche, quelle qu’en soit l’issue, est profond et les effets peuvent s’en faire ressentir pendant une durée de plusieurs mois, voire plus.
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Visio conférence EFA nationale du 27 juin 2021, animée par Laurence Gendarme et Diana Furniss, bénévoles EFA et ERF.
Qui sont les enfants adoptables en France ?
Toutes les informations officielles concernant les enfants pupilles de l'État se retrouvent dans le bilan ONPE. On constate que le nombre de pupilles augmente régulièrement depuis 9 ans, alors que le nombre de naissance sous le secret est en baisse. Le graphique ci-dessus liste les différentes conditions d'admission des pupilles et indique leurs propotions.
Les chiffres ONPE
Ces chiffres ne doivent pas faire oublier le côté humain. Il est évident qu’un enfant se porte bien mieux en famille. Une fois qu’il est pupille l’objectif est de mesurer sa capacité à se développer et à former des ancrages, ce qui est favorisé au sein d’une famille.Chaque enfant pupille bénéficie d’une révision annuelle : il s'agit d'une évaluation de l’évolution de l’enfant, en gardant en mémoire cette notion d’adoptabilité. L’enfant a-t-il besoin d’une famille ou bien doit-il rester dans son environnement actuel pour diverses raisons ?
La révision annuelle
Dossier : PUPILLES / Qui sont les enfants adoptables en France ?
Retrouvez toutes les statistiques dans la synthèse au 31-12-2019 sur www.onpe.gouv.fr
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A sole care-giver
Quelles sont les raisons pour lesquelles un enfant n’est pas adoptable ?
EFA soutient l’idée de placer l’enfant en famille d’accueil dès le début afin de favoriser le lien d’attachement. C'est le cas de la plupart des pupilles de l'État (nota : pas dans le 68). Par ailleurs, il est important de souligner le travail remarquable des personnes travaillant en pouponnière pour prendre soin de ces bébés et tenir leurs carnets de vie à jour. Ces petits détails (regard, prise du biberon, réactions, etc.) ont une grande importance pour la création future du lien d’attachement avec la famille d’adoption.
Pour 1020 enfants : absence de famille adoptante convenant à la situation de l’enfant, en raison de :
- 279 état de santé
- 571 âge
- 170 fratrie
Pour 666 enfants le placement n'est pas approprié. Les raisons sont nombreuses : bonne insertion dans sa famille d’accueil, maintien des liens familiaux, séquelles psychologiques, ou encore refus de la part de l’enfant.
Dossier : PUPILLES / Qui sont les enfants adoptables en France ?
Les incertitudes
Les familles adoptantes ont généralement besoin de réponses quant à l’évolution probable de l’enfant. Or, justement, la plupart des enfants à particularités présentent des incertitudes car il n’est pas possible de connaître, avant un certain âge, les difficultés réelles de l’enfant, ni de savoir comment il va évoluer dans son futur environnement.
Adopter un bébé n’est pas sans risque quant à l’état de santé de l’enfant. Les difficultés apparaissent souvent bien plus tard, au moment des apprentissages scolaires.
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Dossier : PUPILLES / Agrandir la famille autrement
Agrandir la famille autrement
Des enfants placés, juridiquement non adoptables, dont on sait qu’ils ne pourront jamais retourner vivre auprès de leur parent ou des enfants pupilles juridiquement adoptables mais pas psychologiquement ont besoin d’adultes bienveillants, aimants et désintéressés pour grandir et connaître leur valeur. Le parrainage et le tiers bénévole permettent cela. > Parrainer un enfant de l’ASE, c’est l’accueillir certains week-ends, tous les week-ends, une partie des vacances, durant toutes les vacances… dans notre famille, de partager du temps, des loisirs, de l’amour et de la confiance. > Devenir tiers bénévole, c’est accueillir un enfant chez soi, à vie, l’accompagner comme si on était le parent pour le faire grandir et le soutenir à l’âge adulte. Certaines situations de parrainage peuvent évoluer en tiers digne de confiance en fonction de l’enfant et de la famille.
Et l’adoption dans tout ça ? Certains enfants non adoptables juridiquement
Nous avons déjà ouvert notre esprit à une autre forme de famille que la famille biologique en adoptant (ou en faisant les démarches). Nous avons bien compris que les liens du sang n’étaient pas le ciment des liens entre parent et enfant et entre frère(s) et sœur(s). D’autres formes d’accueil existent pour agrandir nos familles, les rendre plus riches d’un nouveau membre : le parrainage et le tiers bénévole.
pourront le devenir et l’adoption pourra se faire. D’autres enfants adoptables juridiquement mais pas psychologiquement au début du placement pourront créer des liens avec les parents accueillants et pouvoir demander à être adoptés. Le chemin de l’adoption n’est pourtant pas une certitude, il faut pouvoir imaginer son rôle sans ce besoin d’avoir cet enfant sur son livret de famille et accepter que la responsabilité de l’enfant soit toujours à l’ASE ou au tuteur. Vous n’avez pas d’enfant mais le lien juridique vous importe peu, votre enfant est fils ou fille unique, vous aimeriez agrandir la famille d’une manière différente, vous êtes déjà une famille nombreuse mais vous pensez que plus on est de fous plus on rit… bref, cela peut correspondre à tous les profils de famille pour peu que ce soit un désir partagé d’ouvrir ses portes à un nouvel enfant qui en a besoin. LIVRE Bouet-Simon
Depuis la loi de Mars 2016, le projet de vie de l’enfant doit être revu tous les ans pour les enfants de plus de 2 ans et tous les six mois pour les enfants plus jeunes.
La conséquence – positive, puisque le projet est revu en fonction des besoins de l’enfant - est que le nombre de pupilles augmente et/ou que des projets de vie alternatifs peuvent être proposés à ces enfants.
Le conseil de famille remplace l'autorité parentale et prend toutes les décisions pour l'enfant. Le tuteur de l'enfant (officiellement le préfet mais celui-ci est toujours représenté par quelqu'un de la DDCSPP) doit faire appliquer les décisions du conseil de famille et peut prendre les décisions lui-même seulement si elles sont urgentes (par exemple, pour une chirurgie urgente). L'ASE assure le suivi quotidien de l'enfant.
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Dossier : PUPILLES / Pour aller plus loin
Pour aller plus loin
Léa devient pupille de l'État
Cette publication en ligne d'EFA propose un éclairage à double niveau : du point de vue de l'enfant pupille de l'état et de celui des professionnels qui l'accompagnent.
https://www.adoptionefa.org/lea-devient-pupille-de-letat-une-publication-defa-destinee-aux-enfants-pupilles-de-letat-et-aux-professionnels/
Pupille
Ce film s'appuie sur les pratiques en France : naissance sous le secret, placement en famille d'accueil, puis adoption.
STUDIO CANALJeanne Herry, 2018
Louise : comment j'ai adopté mes parents
Louise raconte son histoire de bébé née sous le secret, prise en charge dans une pouponnière à Mulhouse puis adoptée. Disponible à la vente chez EFA68.
Jean-Marc Dezèque et Anne Mahler, L'Ermitage, 2020
La situation des pupilles de l'Etat
L'Observatoire National de la Protection de l'Enfance publie chaque année un rapport d'enquête détaillé ainsi qu'une synthèse relatifs à la situation des enfants pupilles de l'état. De nombreuses autres publications reposent sur les résultats de cette enquête annuelle.
EnquêteONPE au 31 décembre 2019
Le glossaire de l'adoption
La FAQ du site France Diplomatie - adopter à l'étranger propose un glossaire pour définir ce qu'est un pupille de l'état ainsi que plus de 60 termes relatifs à l'adoption.
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/adopter-a-l-etranger/faq-glossaire-textes-de-reference/le-glossaire-de-l-adoption/article/pupille-de-l-etat
Les enfants pupilles de l'Etat
Ce guide édité en 2018 par le Ministère des Solidarité et de la Santé - Direction générale de la cohérion sociale, reprend toutes les informations essentielles depuis l'admission jusqu'à la sortie du statut de pupille de l'état.
https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pupille_de_l_etat.pdf
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Zoom sur...
... la conférence duDr. Chicoine
Le développement de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte adopté.
Comment les parents peuvent l’accompagner avec leurs propres forces et faiblesses.
Visio du 09 avril 2021 par EFA 13 / Visio du 01 mai 2021 par EFA 65.
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Référence
Une collaboration entre plusieurs agences départementales d'EFA.
Rappelons à présent les besoins de soins aux nouveaux nés d'après Mary Ainsworth : • satisfaisants
• rapides
• chaleureux
• prévisibles Quant aux enfants adoptés, ils peuvent potentiellement avoir des difficultés à interpréter les mouvements et les sens. Les enfants adoptés peuvent, soit :
• avoir été submergés de sens au départ
• avoir été isolés des sens au départ
• avoir vécu des ruptures (submergés, isolés, submergés, etc.) Cela se traite en ergothérapie et psychomotricité. Certaines solutions prescrites peuvent être : • faire des massages
• jouer à des jeux sensoriels (odeurs, etc.) • installer une "rocking chair" • suspendre un hamac dans la chambre
• pratiquer des activités de plein air
• pratiquer des activités de proximité parents / enfants. L’attachement pour un individu commence vers 8 ou 9 mois. Cela est nécessaire pour que l’amygdale cérébrale se calme.
Pour l’enfant adopté, il est nécessaire de préparer cet attachement en créant un attachement avec une nourrice ou autre donneur de soins. Les orphelinats dans le monde sont de mieux en mieux équipés en ce sens.
Il y a des noms qui rassemblent. Cette fois ce sont plusieurs Agences Départementales (AD) d'EFA qui s'accordent pour proposer une visio conférence depuis le Canada. Bien sûr, EFA 68 en fait partie, lorsque le nom en question est celui du Dr Chicoine, pédiatre au CHU Sainte-Justine et professeur agrégé au département de pédiatrie de l’Université de Montréal.
Le Dr Chicoine possède cette capacité à partir d'une évidence absolue pour emmener son auditoire à travers le cumul des difficultés liées à l'adoption. Le point de départ est la grossesse. Durant la grossesse, le stress maternel déclenche une amygdale sur-développée à la naissance. Pour vulgariser, on pourrait dire que cette amygdale correspond à la zone « stress » du cerveau. Cela s’ajoute à tous les facteurs « habituels » de l’adoption : la croissance, les toxiques, etc. Par conséquent, il faut parfois 5 à 6 années avant de pouvoir conclure sur telles ou telles causes pré-adoption.
Mary Ainsworth : www.britannica.com/biography/Mary-Salter-Ainsworth
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Si l’attachement manque ou pose problème, alors, tout est affecté. Les principales difficultés qui en résultent sont :
• l'enfant n'est pas assez nourri, • le développement retardé du langage, moteur, intellectuel et / ou social. L’attachement permet ensuite de se détacher. C’est une étape indispensable. A l’inverse, avec un attachement non freiné, on se retrouve avec des enfants qui s’attachent à tout le monde, à plusieurs figures d’attachement, dont le cerveau limbique (émotionnel) se développe de manière peu harmonieuse.
Vers l’âge de 2 ans ce cerveau limbique fixe l’univers affectif de l’enfant (entre 14 et 22 mois). L’objectif de la pédiatrie et des parents adoptifs (objectif commun ) est de transformer cette perception établie afin de permettre à l’enfant de se développer correctement.
Retrouvez le Dr Chicoine et Le Monde est Ailleurs
sur le site internet : www.lemondeestailleurs.com et sur les réseaux sociaux : www.facebook.com/lemondeestailleurs
Plus il-elle est adopté-e grand-e, plus il faudra lui accorder du temps. Il est indispensable d'offrir plusieurs années à l’enfant, en commençant par l’attachement. Cela va nourrir son cerveau et permettre le développement de différentes compétences. Ce sont les émotions qui nourrissent l’intelligence, et pas l’inverse.
Dans les 6 ou 7 premières années après l’adoption, les parents devraient se concentrer sur trois axes :
• développement de l’imagination : lectures, jouer librement (observer les jeux sans intervenir sauf en cas de sollicitation) ; • langage et parole : reconnaître le nom des animaux, des couleurs, les chiffres ; ◦ TDAH : les troubles de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité sont encore trop peu traités en France - cela signifie pas d’attentes scolaires avant 9 ans ; • traumatisme : lorsque les agressions sont installées dans la mémoire, sans souvenirs, alors l'enfant devient hypervigilant, fait de très gros cauchemars et subit une discordance cognitive - il faut créer des moments calmes, d’isolement dans un monde paisible, avec des gestes (danse, musique, chorale, plein air, théâtre) et envisager l'EMDR (article page 6).
Lorsque nous connaissons la trajectoire passée de l’enfant, nous pouvons pré-supposer de sa trajectoire future.
A retenir : NASA
• Nature de l’enfant : l’individu, ses pathologies
• Affect : trajectoire affective (amour)
• Structure : cadrage, discipline, instruction (l'amour ne suffit pas)
• Aventure : en-dehors de la cellule familiale (école, extérieur, etc. )
C’est la prétention folle des parents adoptants de vouloir changer ce cerveau qui a été modelé de façon à croire que la vie est cruelle. Voilà tout l’enjeu de l'adoption. Les retards de l’enfant adopté sont différents de retards similaires sur les enfants biologiques. Par exemple, pour un enfant adopté à 18 mois il faudra attendre l’âge de 3 ans pour prétendre rattraper le retard. Les retards se placent à toutes sortes de niveaux. Plus il est adopté tard, plus il faudra être patient, parfois 5 ans, avant de pouvoir faire le comparatif avec son groupe d’âge.
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Compétences parentales
Les compétences à développer en tant que parents pourraient être de :
• faire preuve de sensibilité parentale -> l'expérience n'est pas toujours synonyme de compétence
• être en raisonnance affective avec son enfant (pas amour) → faire preuve de perspicacité parentale, être à l’écoute, décoder l’attachement de l’enfant
• se rendre disponible : prévoir une réelle présence, pleine et entière → congé parental d’au moins un an, à commencer par un temps d’accueil (avant même de se considérer adoptant, juste accueillant)
• prendre en compte les émotions : faire preuve d'écoute, en prenant par les épaules, très calmement, pour accompagner l’enfant, en donnant des choix, en ne criant pas, en souriant, pour pouvoir accueillir la tristesse de cet enfant
• permettre le développement de front sur :
◦ le langage : cela est particulièrement vrai s'il y a une ou plusieurs nouvelles langues à acquérir, ◦ la motricité : le manque de mouvements au départ peut causer de la dyspraxie, ◦ la scolarité : accepter un parcours différent avec une année doublon à l’adoption.
Parfois, les adoptés manquent de compassion pour eux-mêmes et pour les autres, ce qui peut être difficile à vivre pour les parents. Il s’agit de capacités de sens moral et de jugement.
Une des conséquences visible de cette lacune dans les médias actuellement est que les enfants par adoption vont de plus en plus porter leurs blessures sur la place publique (réseaux sociaux, etc. ) ; il ne s'agit pas de leur adoption / abandon, mais bien de la blessure raciale, ou autre, ou les horreurs du passé. Cela peut devenir une arme ou une armure, notamment avec les mouvements modernes idéologiques. Il faut y être vigilant. La blessure devrait pouvoir être portée fièrement, voire comme une arme pour l’individu, mais par pour une idéologie.
Pour le Dr Chicoine, "on adopte pas un enfant, mais un ado."
Et oui ; votre enfant sera un bambin pour quelques petites années, puis un adolescent pour une quinzaine d'années. C’est vers 13 ans qu’ils sont capables de mettre en parallèle plusieurs histoires, qui sont leurs histoires de vie, au moment où d’autres changements s’opèrent. Le concept OMNI devient important. Pour une meilleure résolution à ce moment-là il faut déjà avoir traité auparavant : • l’arbre généalogique : les racines dans le pays d’origine, les branches en France
• la boîte de souvenirs
• l’histoire de vie en rubans Durant la période sensible (vers 12-14 ans pour les filles et 14-16 ans pour les garçons) il faut parfois des placements durant 6 mois à un an afin de permettre à l'adolescent de faire son travail d'ado, c'est-à-dire se détacher de ses parents, sans pour autant mettre à mal le lien familial de l'adoption. Ce placement peut prendre la forme d'une hospitalisation, ou bien d'un éloignement en milieu rural chez la tante ou la grand-mère, avec parfois une médication, qu’il faut être prêt-e à donner si nécessaire pour aider l'ado à se calmer et à dormir.
Comment parler des deuils passés à son enfant ?
On peut en parler de manière adaptée. Il faut porter l’enfant pour qu’il soigne ses blessures. Les outils mentionnés plus hauts sont importants. Il faut pouvoir en parler sans forcer la porte d’entrée. Les éléments violents de l’histoire devraient être mis de côté (pas cachés, mais mis en attente jusqu’à ce que l’enfant soit prêt) pour qu’un psychologue ou autre professionnel le dévoile au début de l’adolescence.
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Zoom sur...
... la conférence de Johanne Lemieux
Environ 700 personnes ont assisté à cette visio conférence. 1ère partie : éléments à connaître sur les ados “modèle de base”, de 10-11 ans à 22-23 ans. 2ème partie : les éléments caractérisant la normalité des AdoAdos (adolescents adoptés).
Visio du 25 septembre 2021 par EFA65.
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Johanne Lemieux, la référence incontournable du monde de l'adoption, en direct du Québec,en visio-conférencegrâce à EFA65.
Référence
Tous les êtres humains ont des caractéristiques communes. Ceci est vrai à tous âges. De même, chaque individu présente des particularités propres. Les personnes adoptées présentent toutes ces caractéristiques communes ainsi que toutes ces particularités individuelles, auxquelles s’ajoutent les éléments de la normalité adoptive.
s’agit des grands ados / jeunes adultes. En parallèle, les parents adoptifs ont 10 ans de plus que les parents biologiques au moment de devenir parents. Il faut en tenir compte.
Du fait du besoin accru d’émotions, l’adolescent devient rapidement accro à la dopamine et l’adrénaline. Cela donne l’impression que l’adolescent ne tient pas compte des conséquences. C’est faux. Il en a conscience. Mais la décharge de dopamine est beaucoup plus souhaitable que la conscience d’être raisonnable, d’autant plus que dans le deuxème cas,
Le voyage du héro, selon Joseph Campbell
L’adolescent traverse une série d’aventures similaires au schéma proposé par Campbell dans les années 1930 et 1940. Les parents également. Certaines de ces aventures sont prévisibles et/ou choisies, d’autres non. Par exemple, tous les ados passent par la puberté, cela fait partie des aventures à traverser. Au bout de l’aventure, une nouvelle forme de normalité se met en place, différente de celle vécue 12 ans auparavant, avant le début de l’aventure.
Le but des adultes est de faire en sorte que l’enfant devienne le personnage principal de son histoire personnelle et non de l’histoire que l’adulte aurait imaginée pour lui. Les transformations neurologiques
L’IRM et les imageries médicales permettent de
mettre en exergue des éléments importants concernant le développement du cerveau.
Élagage : Il s’agit d’un phénomène similaire au développement du cerveau vers l’âge de 2 à 3 ans. Certains éléments indispensables avant 2 ans deviennent superflus (plus besoin des neurones pour apprendre à marcher, c’est fait). De même, certaines aptitudes deviennent inutiles vers 12 ans. La fabrication est l’étape suivante où le cerveau de l’adolescent devient aussi intelligent que celui du parent. Conséquence : l’ado a l’impression que son parent est devenu moins intelligent. En plus, l’ado devient super intelligent, mais sans expérience encore. L’ado devient donc méprisant, c'est un classique. La consolidation du cerveau se fait plus tard chez les garçons que chez les filles. Il
SENS de l’adolescenceCe sont des besoins forts :
• de socialisation
• d’émotions
• de nouveautés
• d’aventures
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les impacts ne sont pas immédiats mais visibles à long terme.
Les 3 étapes de maturité
Johanne Lemieux entend des parents parler de leur fils de 15 ans comme si c’était un mauvais adulte, ou un mauvais enfant. En fait, c’est juste un ado. Le défi d’un parent d’ado modèle de base est de traverser différentes phases de maturité. Les AdoAdos ont des stades de maturité décalés.
Les adolescents les plus matures ont aussi leurs besoins accrus de socialisation. Ils vont donc naturellement se regrouper par âges de maturité affective. Les plus avancés rejettent donc les AdoAdos qui, dans la normalité adoptive, ont un retard de maturité affective. C’est un phénomène normal.
Attention : Les âges proposés correspondent aux adolescents modèle de base. Un AdoAdo de 16 ans pourrait très bien être encore en Adonaissance.
Adonaissance (10-13 ans) : entre l’enfance et l’adolescence, on ne grandit pas de manière homogène (il est difficile de se réveiller chaque matin avec un nouveau corps). Les parents doivent gérer le quotidien en micro-gestion : répéter encore et encore.
Adolescence (14-18 ans) :les parents peuvent confier des missions, mais attention : l’ado fera tout en râlant. Tant qu’il fait les tâches demandées / attendues, tout va bien (oui il râle, mais ça, c'est normal).
Adulescence (19-23 ans) : il va pouvoir contrôler de mieux en mieux sa vie, à condition que les parents aient suivi le rythme, en ouvrant ses libertés au fur et à mesure.
2ème partie
Les AdoAdos ont les mêmes comportements que les adolescents modèle de base. Ce qui change c’est la fréquence et l’intensité.
Il faut avoir les outils d’entretien d’un enfant plus sophistiqué. Il faut se préparer en faisant le deuil de l’enfant biologique, mais surtout en faisant le deuil de l’enfant modèle de base. Il faut être prêt pour assurer un entretien sophistiqué à vie. Cela ne va pas se régler. L’enfant adopté ne va pas devenir un enfant modèle de base, même avec un entretien sophistiqué.
Stress
L’adolescence est une période stressante qui fait que l’on se sent vulnérable. Ceci est un vrai fléau, car au collège et au lycée il ne faut surtout pas avoir l’air vulnérable pour éviter de devenir la victime idéale. L’enfant va retourner dans de vieilles stratégies instinctives : Fight / Flight / Freeze.
Un ado modèle de base a besoin de 3 à 4 fois plus de
temps qu’un adulte pour récupérer et se calmer après une période de stress. Ceux qui ont vécu des ACE sont plus stressés que les ados modèle de base.
(ACE adverse childhood experience) « Se calmer » est une destination inconnue pour les enfants adoptés. Ils ont besoin de vivre cette expérience à répétition afin de pouvoir l’assimiler et savoir ce que cela signifie de « se calmer ». Le rôle du
parent est donc de montrer (pas d’expliquer) et de faire vivre cette expérience, en accompagnant l’enfant à chaque fois que possible.
C’est le rôle des parents de prendre soin d’eux-mêmes, de se connaître eux-mêmes et de prendre les traitements adéquats pour eux-mêmes. Le risque de burn-out chez les parents d’ados est plus élevé, et à fortiori chez les parents d’AdoAdos. Etes-vous le modèle que vous souhaitez être pour votre ado ?
Référence : https://sonialupien.com/
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retombent dans leur première langue d’attachement. Il faut pouvoir l’expliquer à l’enfant et l’accompagner dans ce nouvel apprentissage. Ce n’est pas une régression, le langage sécurisé n’est pas perdu mais inhibé. Trois clés pour les parents
Courage : être un modèle pour l’AdoAdo. Il faut le courage d’aller chercher de l’aide et de regarder ses propres peurs en face.
Compassion : cela implique également de la compassion pour soi-même.
Connexion : c’est un besoin physiologique qui passe par les 5 sens. Les groupes de soutien et de parole des associations de parents sont alors primordiaux. Le voyage de 12 ans est aussi un voyage pour les parents.
Cette conférence se termine sur une citation du grand-père paternel de Johanne Lemieux : « Les enfants existent pour finir d’élever les parents. »
Pour contrer les 3 Fs, il faut s’approprier des habitudes : prendre du plaisir dans des activités en immersion, avec le corps : bouger, chanter, rire. « Activement, envoyez le message à votre corps que votre ado n’est pas un grizzli. »
Attachement, facteur de réussite
L’attachement est un lien d’amour et de sécurité qui permet à la fois au parent de détecter les besoins réels d’un enfant et pour l’enfant de détecter la sensibilité et la bienveillance du parent. La nature a prévu 12 ans pour créer puis renforcer ce lien. L’enfant adopté à 6 ans aura d’autant moins le temps de faire ce travail. Sans lien d’attachement, vous ne pouvez pas être un parent compétent.
C’est un travail qui devrait, dans un monde idéal, être fait en amont de l’adolescence.
Ce lien se créé parfois dans des moments agréables, mais surtout dans des moments de stress, en fonction de la réponse donnée alors.
Un lien d’attachement sécure se voit : l’enfant est capable de faire confiance à d’autres personnes, pas seulement à son parent. Les enfants adoptés sont tous des enfants insécurisés car ils subissent tous une forme de syndrome post-traumatique. Cela fait partie de la normalité adoptive. Si ce n’est déjà fait, il est temps de se former à repérer la forme d’attachement insécure de son enfant adopté : solo / velcro / sumo. Les enfants adoptés apprennent petit à petit à parler attachement sécurisé, puis, à l’adolescence,
Conseils personnalisés et astuces de Johanne Lemieux :
Il ne se souviendra pas nécessairement de ce que vous avez dit ou fait, mais il se souviendra toute sa vie de comment il se sentait auprès de vous.
Lorsque l’enfant est stressé ou angoissé, il est inutile de lui faire remarquer (même avec persistance). Il faut lui faire prendre conscience de ce qui se passe. Au lieu de demander « Es-tu stressé ? » il sera plus utile de le guider « Que ressens-tu dans ton corps ? »
Organiser une année de scolarité à l’étranger, ou dans un autre contexte, permet de « justifier » le fait de prendre son temps lors de la scolarité. Cela permet de gagner une année ou deux de maturité affective, pour se mettre à niveau.
Référence, en anglais : Hang out to your kids (Gordon Neufeld, Ph.D., and Gabor Maté, M.D.) Notre société nous pousse à rendre nos enfants autonomes beaucoup trop tôt, alors que les enfants ont besoin de résoudre les situations à problème eux-mêmes justement pour pouvoir devenir autonomes, ce qui leur prend du temps. https://drgabormate.com/book/hold-on-to-your-kids/
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Groupes de soutien entre postulants titulaires de l'agrément
Aanimés par 2 bénévoles d'EFA 68 parents adoptifs.
Entre la décision d'entamer une procédure d'adoption et l'arrivée d'un enfant au foyer, la route est longue... Pour ne pas rester seul-es face à l'attente, pour s'épauler et se préparer aux spécificités de la parentalité adoptive, EFA 68 vous invite à participer à un groupe convivial de soutien entre postulant-es à l'adoption.
Chaque année, ce sont 4 rencontres de 2h en soirée.
Groupes de parole de parents adoptifs
Animés par une psychologue, en présence d'un bénévole EFA 68.
La vie de famille, nous l'avons tous ardemment souhaitée... elle n'est pas toujours simple pour autant. Discuter, partager les difficultés mais aussis les progrès de nos enfants, chercher ensemble des solutions aux grands et petits tracas, c'est ce qu'EFA 68 vous propose en participant aux groupes de parole.
Chaque année, ce sont 6 rencontres de 2h en soirée.
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" Le groupe nous permet d’échanger nos expériences avec des personnes qui sont dans la même situation d’attente que nous."
Groupe de postulants
Groupe de parents d'ados
Groupe de parents de jeunes enfants
Le groupe de parents m'apporte "une écoute, de la compréhension, du soulagement de ne
pas être seule et
des idées."
" Je sais que je serai écoutée avec bienveillance, et les autres participants m'offrent souvent des pistes de réflexion et d'action. C'est valorisant aussi quand mon expérience peut servir à d'autres."
Groupe de parents
Groupe de postulants
Renseignements et fiche d'inscription sur notre blog efa68.blog4ever.comou auprès du secrétariat efa68@laposte.net
Rejoignez l'un de nos 5 groupes à Colmar ou Mulhouse. En participant à un groupe de parole ou de soutien vous vous engagez à :
- venir régulièrement,
- écouter les autres participants,
- garder la confidentialité sur les échanges ,
- acquitter une participation de 20 € / an pour les adhérents EFA 68 (au lieu de 50€) payables à l'inscription.
Avec le soutien de :
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Moments partagés
Ballade et pique-nique aux trois châteauxle 30 mai 2021
Merci pour cette journée super sympa !Ça fait du bien de se voir en réel !
Les enfants ont passé un super moment.
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Danse parents-enfants, le 19 juin 2021
" Super partante pour le refaire !!!! "
" Les enfants se sont éclatés et les parents super ravis. "
Ma fille et moi avonsparticipé à l'atelier danse organisé en juin à Rixheim. C'était un chouette moment, les activités rythmées et physiques s'enchainaient pour le plus grand bonheur d'E. A deux mais aussi avec les autres duos nous avons évolué pendant une heure...Ce fut une nouvelle façon de créer, de nouer un lien le tout dans la bonne humeur!
EFA68 vous a proposé un atelier danse en binôme Parent / Enfant (ou neveu, nièce...) L'intention était de se retrouver pour un moment de complicité. A travers cette séance l'enfant apprend à appréhender ses peurs et à faire confiance à son meilleur allié : son parent. Peu à peu, le couple parent/enfant se porte un autre regard, une relation privilégiée et une connivence s'installent et peut perdurer bien au-delà de l'atelier. L'atelier fût animé par Philippe Vallotton. Formé au centre de danse Rosella Hightower, danseur professionnel au Ballet du Rhin (danse classique), à la compagnie Odile Duboc (danse conotemporaine) et Motus Modules (danse aérienne). Après cette carrière, il se tourne vers l'enseignement avec notamment des cours d'éveil pour les 4/6 ans, de danse classique pour adultes. En partenariat avec le Centre Cynthia Jouffre, à Rixheim.
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Fête de rentrée, le 19 septembre 2021
"C'était super de se retrouver en vrai."
"La bonne ambiance compense la météo."
"C'était vraiment chouette." :-)
Ma fille et moi avonsparticipé à l'atelier danse organisé en juin à Rixheim. C'était un chouette moment, les activités rythmées et physiques s'enchainaient pour le plus grand bonheur d'E. A deux mais aussi avec les autres duos nous avons évolué pendant une heure...Ce fut une nouvelle façon de créer, de nouer un lien le tout dans la bonne humeur!
Se retrouver, passer un bon moment, jouer ensemble et rire, voilà le programme de la fête de rentrée d'EFA 68, à la ferme du Château de Pfastatt, avec la participation de la boulangerie Poulaillon.
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à vos côtés
Notre association
> La fédération nationale EFA > Le rôle des associations départementales > Le service ERF > Notre CA pour EFA 68
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La fédération nationale EFA
Enfance & Familles d’Adoption (EFA) est une fédération de 92 associations départementales, regroupant près de 6 000 familles adoptives et adoptés majeurs. Les objectifs de l’association sont de préparer et guider les candidats à l’adoption, de soutenir les adoptants dans leur parentalité et les adoptés dans leurs interrogations, de proposer des formations aux professionnels, et de fournir des informations sur l’adoption. EFA ne confie pas d’enfants à l’adoption.Retrouvez plus d'informations sur www.adoptionefa.org
Le rôle des associations départementales (AD)
Il existe une association EFA dans chaque département. Toutes sont affiliées à la Fédération nationale.
Elles sont animées par des parents adoptifs et/ou des adoptés majeurs, qui ont une expérience des démarches d’adoption et des questions qui se posent après l’arrivée de l’enfant, et un certain recul par rapport à l’adoption.
Les AD accueillent les familles adoptives, les adoptés majeurs, les postulants à l’adoption et tous ceux qui s’intéressent à l’adoption et à l’enfance privée de famille. Chaque AD dispose de représentants au conseil de famille de son département. Le dossier pages 17-23 vous expliquent le rôle du conseil de famille pour les enfants pupilles de l'État.
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Le service ERF
Enfants en Recherche de Famille (ERF) est un service d'EFA dont la mission est double :
> Gérer un fichier de familles ouvertes à l'accueil de pupilles présentant des particularités lourdes. Mis à la disposition des Conseils Départementaux aui ont du mal à trouver des candidats sur leur propre territoire, ce fichier permet chaque année à des enfants difficilement adoptables de trouver la famille à laquelle ils ont droit. Nous cherchons en permanence des familles ayant la possibilité d'aider de petits enfants dans leurs difficultés de santé ou souhaitant accueillr des enfants de plus de 8 ans, parfois en fratrie.
> Accompagner les familles ayant le projet d'accueillir un enfant à particularité. Le profil des enfants proposés à l'adoption internationale évolue et se rapproche de plus en plus de celui des pupilles en attente de famille. S'interroger sur sa capacité (ou non) à accueillir un enfant différent est devenu une étape incontournable dans un projet d'adoption.
Contact et RDV : 01 40 05 57 71 erf@adoptionefa.org
ERF est à votre écoute.
Vous souhaitez adopter un enfant à particularité ? Vous vous interrogez sur l'accueil d'un enfant différent ?
Nous vous rencontrons pour des entretiens individuels, sur RDV, pour : * mieux connaître et comprendre les besoins spécifiques de ces enfants, * mieux cerner vos forces et vos limites, afin de mieux définir votre projet, * le cas échéant, vous inscrire au fichier des postulants ERF, si vos ouvertures correspondent aux besoins des enfants pour lesquels les Conseils Départementaux nous sollicitent.
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efa68@laposte.net
EFA 68 - Enfance & Familles d'adoption du Haut-rhin
06.45.27.24.30
efa68.blog4ever.com
Siège social EFA 68 10, rue des Coquelicots 68700 ASPACH-LE-BAS
Présidence
Thomas et Sophie PEGEOT
Trésorerie
Hélène BERNHARDGéraldine STOECKLIN
Secrétariat
Assesseurs
Christelle BAEUMLINStéphanie FONDEMENT
Hélène AUREGGIO Catherine MOSER Karine PANIER Anne PEROT Rosine TETU Frédéric VILLARD Cécile VINCENT
Associés
Régis et Claire AMBEIS Céline STRESSER Marie-Hélène THEURKAUFF Sabrina VIVAT Vanessa WOJCIK
Membres de droit
Nathalie PARENTMaria RODRIGOChristophe SCHMITT
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CA festif et champêtre
AG en visio
Retour du CA en présentiel au Carré des Associations
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AGENDA
Sélection
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Samedi 11 décembre à Colmar, nous vous invitons à une journée sur la parentalité positive :
Conférence 10h : Parentalité positive et relation de confiance dans la famille adoptive Atelier 14h-17h : Oser écouter son enfant pour renforcer la relation de confiance Cette journée sera animée par deux membres de la fédération nationale EFA. Pour la conférence, comme pour l’atelier, les inscriptions sont obligatoires. Plus d’information et inscription sur le blog
Conférence et atelier “Relation de confiance”
L'Assemblée Générale d'EFA68 se tiendra le 23 janvier 2022 à Aspach. Retrouvez-nous pour ce moment clé dans la vie de notre association, suivi d'une après-midi conviviale, autour d'un goûter et d'animations.
Assemblée Générale
Cet atelier est destiné à l'entourage des parents par adoption et des postulants. Il sera animé par Stéphanie, Marie, Hélène et Anne. Le 26 février 2022
Famille élargie
Testez vos cinq sens et affrontez vos peurs. Serez-vous à la hauteur ?
Plongez dans un parcours sensoriel étonnant où vos cinq sens seront mis à l’épreuve, bousculés, transcendés ! Le 20 mars 2022
Parcours Sensas
Equithérapie
L’équithérapie, c’est l’art de soigner l’esprit par la médiation du cheval. Ce peut être également une manière ludique de retrouver un lien de confiance pour les enfants adoptés. Le 14 avril 2022
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Café Bibliothèque
Ouvert à tous : postulants, adoptants, adoptés et leur entourage, pour se rencontrer et échanger.
Espace enfants pour retrouver les copains - copines et côtoyer d'autres jeunes adoptés. Prêt de livres sur le thème de l'adoption (réservé aux adhérents).
MAFF, bât. A rez-de-chaussée 7 rue l'Abbé Lemire Quai 124 68000 COLMAR
Le Carré des Associations 100 avenue de Colmar 68100 Mulhouse
"Les enfants jouent ensemble, les parents discutent. Tout le monde est ravi."
Chaque 2ème samedi du mois de 14h à 17h en alternance à Mulhouse et Colmar
"L'entretien ERF nous a fait prendre conscience de nos ouvertures. Nous n'avons pas eu besoin de les étirer, elles étaient déjà là, juste invisibles. Notre projet a fait un bon en avant. "
"C'est comme une bouffée d'oxygène."
Possibilité d'entretiens individuels sur rendez-vous :
- prise de contact avec l'association EFA 68
- soutien à la parentalité
- entretien ERF
- ou pour toute demande personnelle
Contactez : efa68@laposte.net
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Amandine Gay fait l'actualité
"Ce sont des histoires qui percutent avec celles que l'on connaît personnellement, y compris celles de nos enfants adoptés, aujourd'hui adultes." - Marie-Hélène
Projection et rencontre au cinéma Bel Air à Mulhouse le 10 otobre 2021
L'objectif fut alors de sélectionner les histoires qui ‘fonctionnent’, celles qui peuvent faire sens à l'écran. S'agissant d'un film d'archives, les supports, apportés par les participants eux-mêmes, ont revêtu une importance capitale dans leur qualité et quantité.
Très rapidement, d'autres critères sélectifs firent leur apparition, tel l'âge. Les annonces de départ ciblaient des personnes entre 18 et 75 ans, cependant les participants devaient être prêts à livrer leurs histoires intimes ce qui implique une certaine maturation du regard que l'on porte sur sa propre adoption. De ce fait, les ruptures familiales ont été écartées car elles engendraient un problème de droit à l'image. Il s'agissait de montrer les aspects structurels fondamentaux dans les histoires d'adoption retenues ; ces aspects devaient donc pouvoir être clairement dégagés. Un autre critère fut la parité. Curieusement, il n'y avait que 17 hommes parmi les 93 personnes rencontrées au départ alors que les annonces avaient été largement partagées par EFA et La Voix des Adoptés, sans discrimination. La suite s'est avérée encore plus surprenante : 6 de ces 17 histoires ont été retenues, mais parmi elles, 5 concernaient des hommes gays. L'identité sexuelle des personnes adoptées n'étant pas au cœur de ce documentaire, il a fallu renouveler les annonces de départ, afin de trouver des histoires plus représentatives de la population des adoptés en France. Certaines vidéos d'archives internationales alimentent également le documentaire, notamment en Italie et en Suisse. Ces images, parfois ancrées dans notre imaginaire collectif, sont mises en relation avec d'autres réalités afin de bousculer les idées reçues et de changer de point de vue sur ces histoires qui nous semblent familières. Ce film permet à chaque participant d'exprimer son avis personnel, comme un espace de parole. Quelles sont lesidées qui traversent la tête des adoptés enfants, puis adultes ?
Dans la salle de cinéma du quartier Bel Air, en cette fin d'après-midi d'automne indien, nous sommes plusieurs familles adoptives du Haut-Rhin à nous retrouver avec le sourire. Cinq histoires d'adoption se mêlent à l'écran, racontées sur fond d'images d'archives, percutantes de vérité. Puis, vient le temps des échanges avec la réalisatrice et autrice Amandine Gay, en petit comité, confortablement installés dans les fauteuils rouges.
Cet instant cocooning révèle une sixième histoire, celle de la réalisation de ce documentaire. "Vous avez quasiment toute l'équipe du tournage devant vous." Avec à ses côtés son compagnon Enrico Bartolucchi, Amandine Gay nous raconte les différentes étapes qui ont donné naissance à ce documentaire d'archives, "Une histoire à soi". Tout part d'un prisme, de la volonté d'offrir une multitude de points de vue, par le regard des adoptés. Après les annonces passées sur les réseaux sociaux, ce sont 93 personnes adoptées qui ont été rencontrées, pour ensuite donner lieu à 42 enregistrements.
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Quel est le poids réel du déracinement inévitablement induit par l’adoption internationale et intitulé ‘déportation’ par l’une des participantes au film ? Qui peut porter la responsabilité morale des questionnements des adoptés qui découvrent l’histoire de leurs pays d’origine via les médias français ? Chaque participant a son message propre à faire passer, que ce soit une question de société, ou bien l’envie de communiquer avec sa famille d’une autre manière, via le film, pas seulement pour se raconter à ses parents, mais aussi à sa fratrie, à sa famille élargie, à ses proches. Pourtant, la réalisatrice a fait le choix de la créativité indépendante, sans aucun ‘face caméra’. Les images des différentes personnes sont évocatrices, sans illustration directe du propos, ce qui permet de donner un nouveau relief à l’esthétique des photos de famille.
L’audace de la réalisatrice est contagieuse. C’est toujours avec le sourire aux lèvres que nous sortons du cinéma Bel Air, dans la nuit d’octobre, ayant fait le plein d’énergie, prêts à combattre les idées reçues pour soutenir nos enfants adoptés. Ou tout simplement prêts à les écouter vraiment, pour que chacun puisse raconter son histoire à soi.
Il a fallu plus de deux années de sélection, avec l'aide de Sandrine Deckens (référente ERF) afin de valider les candidats et la justesse des histoires. Au grand regret du couple cinématographe, l'une des histoires n'a pu être retenue, en raison d’un refus de droit à l’image. Il s'agissait d'une femme de 73 ans ayant été placée avant que l’adoption ne devienne légale pour les couples ayant déjà un enfant biologique.
« On est adopté par une famille ET par une société. » Amandine Gay insiste sur le rôle des parents adoptifs, pour bien préparer les enfants à cette société. Elle-même estime avoir échappé au pire, contrairement à son grand-frère, pour lequel leurs parents adoptifs n’étaient pas prêts. Lorsque leur fils se retrouve en garde-à-vue, leurs parents pensent qu’il a fait quelque chose de mal, ils ne supposent pas un profilage racial. Amandine Gay nous confie que, de son point de vue, un tissu de figures parentales diverses semblent plus important que l’appui parental isolé d’un ‘parfait’ couple blanc hétérosexuel.
Est-il toujours nécessaire, voire désirable, de recourir à une fiction juridique en modifiant l’acte de naissance des personnes adoptées ?
Beaucoup de questionnements sont suscités par ce film.
Une poupée en chocolat, La Découverte, 2021
Dans son dernier essai autobiographique Amandine Gay revient, à l'aide de son expérience personnelle, sur le sujet de l'adoption internationale pour en creuser les enjeux et l'historique.
Retrouvez de nombreux podcasts en ligne pour écouter Amandine Gay s'exprimer sur ses oeuvres et ses idées, ainsi que d'autres adoptés.
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Le point de vue des enfants
"Dis-moi, comment te sentirais-tu avec un petit frère à la peau noire ?" Les yeux écarquillées, la petite fille dévisage sa maman puis secoue la tête. Elle reprend son jeu, et choisit une pièce ronde pour construire la suite de son château de briques. "Ah non ? Tu es sûre ? Mais pourtant, ta meilleure amie a la peau noire..." "Mais pas du tout !" Nouveau silence. Les yeux sortent des orbites. La petite fille en oublie son château. "Ben si, tu as quand même remarqué que sa peau est noire, voyons." "Mais n'importe quoi ! Elle n'est pas noire. Elle est brune."
"Imaginons... Et si, l'enfant qui arrivera dans notre famille n'avait qu'une seule main ; comment le vivrais-tu ?" "Ben oui, c'est pas grave ça, on s'en fiche." "Bon. Et s'il ne peut pas grimper aux arbres avec toi ?" "Et ben, on fera de la balançoire." "D'accord. Et s'il ne peut pas aller dans la même école ou qu'il va dans la classe ULIS ?" "On s'en fiche je te dis !" "Bon d'accord, mais c'est important de bien se préparer. Par exemple, imagine que ton petit frère..." "Quoi ? Un garçon ? Ah non ! Hors de question ! Nan mais ça va pas la tête ?"
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Ajoutez votre touche de couleurs ! L'équipe de rédaction et de relecture remercie tous ceux, petits et grands, qui ont contribué à la rédaction de ce bulletin. Pour le prochain numéro, c'est avec plaisir et impatience que nous attendons vos contributions : photos, témoignages, idées créatives, mots d'enfants, etc. A envoyer à : efa68.gac@gmail.com
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Les dessins de Baptiste
Cette histoire est racontée par Baptiste, en dessins.
Mais que se passe-t-il ?
Bébé est devenu grand. Il est avec sa maman.
Bébé est dans le ventre.
Il est heureux.
Il pleure.
à vos crayons !
EFA 68 invite les enfants et les parents à participer à l'événement"les dessins de Baptiste". Pour participer, c'est très simple : une poignée de crayons de couleurs et un peu d'imagination. Racontez-vous, en dessins ! Tous les dessins seront recompensés. De nombreux lots sont à gagner. Envoyez une photo de vos dessins par email à : efa68.gac@gmail.com
avant le 31 décembre 2021.
Avec le soutien de :
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Concours de dessins
Les dessins de Baptiste
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Vous pouvez aussi participer en réalisant votre dessin sur papier libre. Ensuite, prenez une photo de vos dessins et envoyez-les à efa68.gac@gmail.com
Indiquez dans l'intitulé "Concours de dessins GAC"et précisez l'âge du dessinateur.
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Retrouvez les mots-clés du Graines d'Arc-en-Ciel :
https://puzzlemaker.discoveryeducation.com/
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Heureux événements
Camille et Pierre sont heureux d'annoncer l'arrivée de leur fils, à l'âge de 4 mois.
Marie et Christophe sont heureux d'annoncer l'arrivée de leur fille,à l'âge de 4 ans.
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GAC 2021
efa68.gac
Created on June 26, 2021
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Transcript
votre revue annuelle publiée par EFA68
Avec le soutien du Conseil départemental et de la CAF du Haut-Rhin. REDACTION & RELECTURE Yohann C. - Magali M. - Catherine M. - Sophie P. - Céline S. - Rosine T. PHOTOGRAPHIES & ILLUSTRATIONS pixabay - photographies personnelles d'adhérents - photographies professionnelles des intervenants IMPRIMEUR Petra Consulting - 5 rue des Artisans - 68440 LANDSER DISTRIBUTION efa68.gac@gmail.com - Stéphanie F. La reproduction de tout ou partie des articles et éléments constitutifs de ce numéro est soumise à l'accord préalable de notre association EFA 68.
Accédez à la version interactive de ce magazine :
Sommaire
Edito
Rando pique nique
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Atelier danse
Moments partagés
EMDR
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Fête de rentré
Adopter un enfant différent
On en parle !
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Le racisme
Notre association EFA et ERF
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A vos côtés
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Le harcèlement E. Piquet
Conférence
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Agenda
Famille élargie Sensibilisation à la parentalité adoptive
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Ateliers
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Café bibliothèque
Les enfants pupilles de l'Etat
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Amandine Gay fait l'actualité
Dossier
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Mots d'enfants
... la conférence du Dr Chicoine
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Concours de dessins
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... la conférence de Johanne Lemieux
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A toi de jouer !
Zoom sur...
Groupes de parole et de soutien
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Heureux événements
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Edito
À l’heure où nous écrivons ces lignes, la situation sanitaire s’améliore doucement et nous avons pu organiser quelques évènements en présentiel ces derniers temps. Quel bonheur de se retrouver en vrai !
Nous profitons de cet édito pour rappeler qu’EFA 68 est votre association ! N’hésitez pas à apporter vos idées et vos envies. Nous sommes à l’écoute de vos besoins. Enfin, nous tenions à remercier l’ensemble du Conseil d’Administration pour leur motivation et leur dévouement. Nous vous laissons à présent découvrir ce nouveau GAC. A très bientôt. Sophie et Thomas PEGEOT
Nous avons ainsi innové et organisé notre première randonnée/pique-nique. Ce fût un beau moment et nous allons très certainement réitérer l’expérience. Toute l’équipe d’EFA 68 est restée mobilisée aux côtés des familles adoptives et des postulants à l’adoption durant ces mois difficiles et nous avons dû nous réinventer. C’est ainsi qu’en 2021 est né notre rendez-vous mensuel « On en parle ! » Plusieurs thèmes ont été abordés et les échanges furent enrichissants. Nous en profitons pour vous remercier pour votre participation active à ces visio-conférences. Le nombre d’adoptions est évidemment en chute libre cette année et nous pensons bien à ces familles qui attendent. Nous souhaitons être à leurs côtés et leur apporter le soutien nécessaire !
World Adoption Day
Chaque année, le 9 novembre, chez nos amis américains, le « Word Adoption Day » est célébré.
Le but : dessiner un smiley sur sa main et la prendre en photo. Un moyen simple, ludique et convivial pour se souvenir que nos familles et nos enfants sont différents.
Une fête de l’adoption que nous avons voulu fêter en 2020 pour la première fois chez EFA 68. Nous vous avons invité à nous envoyer vos plus belles photos de mains.
Et voici le résultat 😊 Merci à chacun et à chacune pour votre participation.
On en parle !
L'EMDR a le vent en poupe. De quoi s'agit-il ?
Eye Movement Desenzitisation Reprocessing
L'EMDR nous a sauvés. Notre fille de 15 ans ne gérait plus ses agressions liées à son enfance traumatique avant l'adoption et attaquait des camarades de classe, se tapait en dehors du collège, et faisait aussi des crises de violence à la maison. Grâce aux séances EMDR, elle est beaucoup plus calme et sereine. Elle n’est plus hantée par son passé. Elle n’a pas besoin de parler de son vécu atroce pour le travailler avec l’EMDR, ce qui est très avantageux pour elle.
Eva
Flashback sur notre première visio conférence de l’histoire d’EFA 68
Eh oui, la crise sanitaire a remis en cause toutes nos pratiques et habitudes. EFA 68 n’était pas en reste. Nous avons voulu tenter l’expérience des visio conférences pour garder le lien avec nos adhérents mais aussi développer nos connaissances. Une vingtaine d’inscriptions plus tard, nous ouvrons pour la première fois notre « On en parle ! » le vendredi 15 janvier à 20h. Le thème de cette soirée était l’EMDR. Les initiales EMDR signifient Eye Movement Desensitization and Reprocessing c’est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. En effet la thérapie EMDR utilise une stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche) qui se pratique par mouvements oculaires (le patient suit les doigts du thérapeute qui passent de droite à gauche devant ses yeux) mais aussi par stimuli auditifs. La thérapie EMDR s’adresse à toute personne (nourrisson, enfant, adolescent, adulte) souffrant de perturbations émotionnelles généralement liées à des traumatismes psychologiques même en bas âges. Les enfants adoptés ont tous vécu des traumatismes au début de leur vie, par l’abandon de leur mère biologique.
L’EMDR peut être une réponse à des souffrances ou des situations difficiles. C’est une méthode encore peu connue mais elle tend à se développer. La psychothérapeute, Françoise PISTOL, nous a expliqué pendant près d’une heure trente cette méthode avec de la théorie mais aussi des exemples concrets. Le temps des questions/réponses a permis de développer certains points et nous ressortons enrichis de cette première visio conférence. Depuis, nous avons fait du chemin, puisque nous proposons chaque mois une visio « On en parle ! ».
à lire : Vulnérabilité traumatique des enfants adoptés et EMDR article > Santé page 46 de la revue Accueil n°199
On en parle !
Adopter un enfant différent
La majorité des postulants ont, en début de démarche, le rêve d’accueillir un tout petit en pleine forme. C’est un désir naturel et compréhensible. Qui voudrait que son enfant soit en difficulté ? Mais actuellement les enfants adoptés par des familles françaises ont des besoins spécifiques : ils sont grands, malades ou handicapés, parfois en fratrie, parfois porteurs d’une histoire lourde. Il n’est donc plus possible de faire l’économie d’une réflexion sur sa capacité à faire sien un enfant plus grand ou plus fragile. Extraits de la visio-conférence "On en parle !" animée par Nathalie Schmitt.
Il peut s'agir d'enfants qui ont plus de cinq ans, de fratries de trois enfants ou plus, d'enfants malades, d'enfants porteurs de handicap ou encore d'enfants ayant des histoires de vie très lourdes à porter. Il se peut aussi que plusieurs de ces éléments soient présents : l'aîné-e d'une fratrie nombreuse pourrait bien avoir plus de cinq ans ; une expérience traumatisante pourrait avoir engendré un handicap ; etc.
Qui sont ces enfants à besoins spécifiques ?
Que cela soit bien dit : il ne s'agit pas d'aller toujours plus loin, au-delà de ses capacités, bien au contraire. Il s'agit de prendre conscience de ce à quoi, en tant qu'adoptants, nous sommes prêts, tout en gardant en tête qu'il y aura toujours des imprévus.
Afin de définir les contours de notre zone de confort, il peut être utile de consulter des spécialistes telles les COCA - Consultations d'Orientation et de Conseil en Adoption - ou médecins spécialistes d'une maladie ou d'un handicap. Des lectures ou autres ressources peuvent également aider à cibler certaines spécificités. Enfin, les témoignages de familles concernées sont une mine d'or pour bien comprendre les impacts au quotidien, autant pour l'enfant que pour sa famille adoptive.
Pour les adoptants, il s'agit alors de connaître ses propres limites.
Une particularité médicale peut signifier bien des réalités différentes : s'agit-il d'un handicap ou d'une maladie ? L'enfant souffre-t-il d'une déficience physique, intellectuelle ou sensorielle ? Quel est le degré de gravité ? Quelles sont les évolutions constatées dans son développement ? Du point de vue des parents adoptants, l'objectif est de se positionner sur chacune de ces questions, mais aussi sur le cumul de ces particularités ainsi que sur leurs rapports à l'incertitude car il est aussi possible qu'une réponse médicale sur tel ou tel point soit impossible. L'adoption d'une fratrie nécessite avant tout une très grande disponibilité psychologique et matérielle. Chaque enfant a besoin d'être accueilli pour lui-même (caractère, besoins, vécus, facilités de création du lien différentes, etc.). L'effet de groupe se manifeste par les enfants faisant bloc face aux parents, par la parentalisation de l'aîné et par des relations plus ou moins harmonieuses entre les enfants. Les spécificités des enfants grands sont des acquis culturels à transformer, une dysharmonie de développement constante, ou encore une augmentation du risque d'histoires lourdes. Du côté des parents adoptants, il existe aussi des spécificités : faire face à une "programmation" biologique et à un sentiment d'urgence, comme pour rattraper le temps.
Quelques exemples permettent d'illustrer différentes situations.
Au-delà des difficultés, connaître ses points forts permet aux parents d'aborder l'adoption sereinement.
Capacité à s'affirmer, créativité, résilience personnelle, patience, optimisme, couple complémentaire et soudé, célibataire bénéficiant d'un réseau fort, disponibilité, souplesse psychologique, ouverture à la différence, capacité à demander de l'aide, etc. sont autant de ressources personnelles pour les parents adoptants. Grâce à ces gages de réussite, l'adoption d'enfants à besoins spécifiques devient possible, pour permettre à chaque enfant de grandir heureux-se dans une famille prête à l'accueillir.
On en parle !
LE RACISME
Visio EFA 68 animée par Frédéric V. et Karine P.
Pandémie oblige, nous nous retrouvons en visio ce vendredi 19 mars 2021 pour traiter d’un sujet qui concerne une grande partie des parents et futurs parents adoptants : le racisme. Par définition, le racisme désigne une attitude d’hostilité, allant du mépris à la haine, à l’égard d’un groupe humain défini sur la base d’une identité raciale ou ethnique. Le racisme se manifeste par différentes attitudes allant de propos injurieux jusque dans certains cas extrêmes à la violence physique. Cela peut prendre des
qualités morales et que de ce fait certaines « races » s’estiment supérieures aux autres. A cela rajoutons les dimensions historiques, religieuses et sociologiques, et nous obtenons un savant cocktail d’individus qui ne voient pas plus loin que ce que leur histoire génétique et sociale leur a inculqué. En tant que parents adoptants et futurs parents adoptants d’enfants venus d’ailleurs, nous sommes ou allons être concernés par divers comportements qui vont nous crisper, nous interloquer, voire quelquefois nous faire sortir de nos gonds.
formes anodines, comme l’évitement d’un groupe d’individus, un changement de trottoir, une non-réponse à un simple bonjour, etc. Il est important de comprendre de manière sommaire les origines de ce racisme. C’est avant tout une affaire de biologie. En effet on présuppose que l’existence de « races » est liée aux caractères biologiques et génétiques de ces groupes d’individus. En somme on nous explique que chaque «race» possède en commun un patrimoine génétique qui détermine ses aptitudes intellectuelles et fonctionnelles, ses
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assez traumatisant et des questions vont se poser : « Pourquoi suis-je différent ? » ; « Pourquoi mes parents ne sont-ils pas comme moi ? » En effet certains témoignages sont édifiants. Après les traditionnelles phrases du style «Tu n’es pas d’ici » ; «Tu viens d’où ? » les enfants ont fait l’objet de remarques plus difficiles à entendre, comme «Tu serais mort si on n’avait pas eu pitié pour toi » ; «Tu as été acheté » ; « On t’a trouvé dans une cage » et bien d’autres exemples absurdes voire cruels. Un enfant qui connait son histoire est plus à même de répondre à ces attaques, à les éviter et à ne pas trop en souffrir même si ces remarques laissent des traces. Par ailleurs, une « préparation » peut être un moyen de le préserver face à ces comportements. Lui dire aussi que les autres ont « peur » de ce qui est différent et que c’est pour cela qu’ils agissent ainsi. Il paraît important d’expliquer aux enfants comment se passe une adoption pour qu’ils comprennent bien qu’ils ne sont pas issus d’un quelconque traffic, ou autre opération de sauvetage, qu’ils font partie de la famille et qu’ils ont été désirés au même titre que d’autres. Leur dire aussi qu’il n’y a pas que les liens biologiques qui unissent les
membres d’une famille, leur expliquer ce qu’est une famille, leur répéter qu’ils ont une famille aimante qui est présente pour eux quoiqu’il arrive. L’école aussi a sa place dans le processus d’intégration des enfants. Il ne faut pas hésiter à échanger avec les autres parents d’élèves et avec le corps enseignant. En tant que parent adoptant, on peut aussi participer à des échanges avec d’autres papas et/ou mamans qui sont dans le même cas que nous afin d’obtenir une écoute et des conseils.
Lors de cet échange, nous avons entendu des témoignages de plusieurs parents adoptants ayant eu à faire face à ce genre de préjugés. Viennent d’emblée les fameuses questions « D’où vient-elle ? » ; « Vous l’avez adoptée ? » ; « Pourquoi pas une de chez nous ? » et bien d’autres. Face à cela, quelles réponses donner ? Quelles attitudes prendre ? Selon les différentes expériences, il n’y a pas de solution toute faite. A chacun de voir s’il se sent d’entrer dans une discussion dont la finalité sera de notre
Retrouvez les groupes de paroles EFA 68 à la page 32
Voilà certaines pistes de réflexion qui pourront aider les parents adoptants et futurs parents face à cette problématique du racisme. En fin de compte, c’est l’éducation d’une société toute entière qu’il faudrait revoir mais même à notre petite échelle nous pouvons agir ou ignorer ces attaques pour protéger nos enfants et nous même face à certains individus et autres comportements désobligeants. Je conclurai en disant qu’il faut répéter à tous, enfants, adultes, qu’il n’y a pas que les gènes qui font des familles, des humains qui s’aiment suffisent.
point de vue de parents adoptants d’éduquer notre interlocuteur, alors même que l’on a l’impression de devoir justifier sa parentalité, ou de manière subtile de congédier notre interlocuteur et de l’inviter à s’occuper de ses affaires. Nous devons donc apprendre à « faire avec » ce genre d’attitudes lorsque l'on adopte un enfant d’une autre origine ethnique que la sienne. Concernant les enfants, ils sont eux-mêmes de par cette différence ethnique confrontés au racisme dès leur plus jeune âge ; être le seul enfant « de couleur » dans un village peut être
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Visio-conférence
Emmanuelle Piquet
Comment outiller nos enfants contre le harcèlement ?
Conférence EFA nationale du 7 janvier 2021
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Virage à 180°
Lutter contre le harcèlement des adoptés
L'histoire de Coumba Coumba est une bonne élève. Elle a été adoptée à l’âge d’un an en Ethiopie. Elle s'épanouit à l'école primaire, puis c’est la chute libre. Coumba se recroqueville. Ses parents pensent que cela est dü à l’entrée au collège. En fait, Léa, une fille populaire, se place derrière Coumba dans les rangs et dit : « Bah, ça pue ! » en se pinçant le nez. En quelques jours, toute la classe fait de même. En quelques semaines, c’est tout le collège. Toute la journée, Coumba entend des remarques et voit des grimaces qui laissent penser qu’elle sent mauvais. Évidemment, Coumba commence à se laver plusieurs fois par jour. Et évidemment, cela ne résout pas le
A 180° est un groupe de psycho-praticiens, de formateurs et d'auteurs s'appuyant sur l'école de Palo Alto pour apaiser toutes formes de souffrance dont le harcèlement. Mais comment détecter une situation de harcèlement ? Voici trois aspects identifiables : • La vulnérabilité - une fragilité repérable. Les parents qui ont tendance à porter un regard très protecteur sur leur enfant rendent leur fragilité potentielle repérable. Ce peut être le cas des parents d’enfants adoptés. • L’un des premiers signaux d’alerte lorsqu’un enfant se fait harceler est qu’il devient agressif à la maison. Les parents sont donc en première ligne pour repérer le phénomène.
• Les enfants harcelés cachent le fait de harcèlement à leurs parents pour les protéger car ils ont peur de ne pas être aimés. La solution proposée est d’apprendre à se faire respecter. Malheureusement, changer d’environnement (école ou classe) ne permet pas de résoudre le problème car 70 % des harcelés se feront à nouveau harceler en raison de leur posture de victime. Un constat s'impose : dans une situation classique de harcèlement, qui ne fait que s’aggraver, c’est souvent ce que l’on met en place dans le but de résoudre le problème qui aggrave justement la situation.
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un jeu. » La CPE félicite Léa et lui impose quand même 4 heures de colle pour être sûre que Léa comprenne bien. Pendant 2 jours, il ne se passe plus rien, puis Coumba se retrouve encerclée par une vingtaine d'élèves qui lui crachent dessus. Léa va lui faire payer les 4 heures de colle. Coumba veut absolument changer d’école. C’est l’infirmière scolaire, chez qui Coumba se retrouve très souvent afin de se protéger, qui l'oriente vers 180°. Coumba ne veut pas y aller. Elle a peur de l’aide des adultes, puisque cela n'a fait
problème, puisque le problème est ailleurs. Alors Coumba s’isole. Elle évite les couloirs et les temps dans la cour. Mais cela amplifie sa posture de victime et donc cela encourage Léa et sa bande à en faire davantage. Coumba est régulièrement piégée, notamment près de la salle de sport (les élèves savent bien repérer les zones d’ombre, dans lesquelles les adultes ont très peu de visibilité). Lorsqu’elle reste dans la cour, Léa vient la trouver. Celle-ci s’installe proche de Coumba sur un banc et lui parle, comme une
Le jour où Coumba revient à l’école avec le parfum à l’ail dans sa poche, elle se rend directement dans la zone d’ombre, près de la salle
Emmanuelle Piquet explique sa méthode pour décrypter les mécanismes harceleur / harcelé, poser les bonnes questions à son enfant et l'aider efficacement.
amie – les surveillants qui circulent à proximité ne peuvent pas se douter de ce qui se passe, car Léa adopte une attitude amicale en apparence. En réalité, Léa dit à Coumba : « Tu pues vraiment fort aujourd’hui. » Ou bien « Mais, dis-moi, ils puent tous comme ça dans ton pays ? » Coumba cherche de l’aide auprès des adultes. Un jour, dans le bureau de la CPE, Léa se retourne vers Coumba, la regarde dans les yeux et lui dit : « Je suis désolée. Je n’avais pas réalisé que cela te faisait du mal. C’est juste
de sport. Mais personne ne vient. Le deuxième jour non plus. Coumba commence à désespérer (elle veut vraiment pouvoir utiliser son parfum à l’ail sur Léa). Le troisième jour, Léa arrive avec seulement trois autres compères. Coumba saute sur l’occasion et lui dit : « Je pue à cause du parfum anti-racisme. J’en mets tous les jours, mais visiblement ça ne marche pas. Tiens, prends-en toi ! » Léa a pué l’ail toute la journée et plus personne ne s’en est pris à Coumba. Ce qu'il faut comprendre, c'est que le harcèlement cesse lorsque la personne
qu’aggraver sa situation. Emmanuelle Piquet propose à Coumba un virage à 180° : faire l’inverse de ce qui a été fait jusqu’à présent. Cette situation de harcèlement est clairement raciste, donc une idée est de faire puer Léa avec un spray « anti-racisme ». Coumba est difficile à convaincre, mais elle n’a plus grand-chose à perdre, donc elle finit par accepter. Elle demande où trouver du jus d’ail. Puis, Coumba s'entraîne, se met en situation, avec l'aide d'Emmanuelle Piquet, comme dans un théâtre.
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Extrait du livre « Te laisse pas faire » La cour de recréation, s'il est vrai que nous n’y sommes pas et que c’est à eux de trouver les ressources qui sont les leurs pour en sortir plus forts, il y a des solutions, des pistes de réflexions que nous pouvons emprunter en étant auprès d’eux, pas entre eux et le monde. Parce que tout simplement, les apprentissages relationnels faits à l’école sont ceux avec lesquels les enfants vont devoir s’insérer dans la vie adulte. Ils ne pourront pas se contenter de fermer la porte de la cour de recréation après que la sonnerie aura retenti une dernière fois.
Retrouvez Emmanuelle Piquet sur le site https://a180degres.com/
harcelée sort de sa position de victime. Dans la moitié des cas, cela est efficace avant même de mettre en place la contre-attaque,
Paradoxalement, le regard porté sur l'adoption d'un enfant peut en faire un problème (et ainsi le placer en position de victime), alors que c'est une force. En revanche, il est peu efficace de tenter une prévention auprès des harceleurs. Ceux-ci cessent lorsqu’ils se rendent compte que leurs victimes ne se laissent plus faire. D'après Emmanuelle Piquet, il s'agit de la méthode la plus efficace pour combattre le harcèlement dans un établissement scolaire puisque les harceleurs cessent d’eux-mêmes.
Le fait d'être adopté est une force.
simplement en changeant de posture mentale. Pour agir, la victime a besoin de constater les faits, d'être capable d'auto-dérision et de s'en prendre à la posture du harceleur (surtout pas à sa personne).
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Ateliers
Famille élargie
Cet atelier est destiné à l'entourage des parents par adoption et des postulants. Il était animé par Valérie Gosseaume et Geneviève Miral, mères adoptives et animatrices des formations de la sensibilisation à la parentalité adoptive. Au programme : > s'informer sur les réalités de l'adoption et des démarches > partager questionnements, émotions, inquiétudes et espoirs... dans un climat de confiance entre pairs. > cheminer et démystifier l'adoption > trouver des repères et être rassuré sur la place à occuper au sein de la famille adoptive ou future famille
Avec d'autres personnes nous avons participé a cette réunion d'information sur l'adoption. Organisation et encadrement sont assurés par des personnes compétentes qui nous ont bien expliqué le parcours concernant l'adoption. Nous avons pu poser des questions variées et nous avons eu de très bonnes réponses. Journée instructive, moment de partage avec d'autres personnes, entre émotions, rires, pleurs. Merci et bravo à vous et aux autres personnes qui ont pris sur leur temps pour faire cette journée de sensibilisation pour la famille.
Sensibilisation à la parentalité adoptive
Cet atelier est ouvert à toute personne titulaire ou en cours d’agrément. Il était animé par deux parents d’EFA68 formés sur le sujet. Au programme : > Saisir la portée de ce projet de vie. > Mieux comprendre le parcours des enfants. > Cheminer et partager les expériences. Un atelier qui fait référence à : > La théorie de l’attachement, à la “normalité adoptive” de la québecoise Johanne Lemieux. > L’expérience acquise par Anne-Marie Crine en Belgique et au Luxembourg en matière de préparation des parents.
Corinne et François G.
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Dossier
Les enfants pupilles
Visio mensuelle "On en parle" par EFA68 : Nés sous le secret.
Visio EFA national : Qui sont les enfants adoptables en France ?
Parrainage et tiers bénévole : agrandir la famille autrement.
Ressources : se former et s'informer pour en savoir plus sur les enfants pupilles de l'État.
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Dossier : PUPILLES / Nés sous le secret
Nés sous le secret
Visio mensuelle "On en parle", EFA 68 du 16 avril 2021, co-animée par Rosine, Christelle, Catherine, Hélène et Stéphanie.
demeurer anonyme aux yeux de la société. Ce nouveau-né est recueilli par les services de l’ASE et devient pupille de l’Etat après les deux mois de délai de rétractation.
L'accouchement sous le secret, couramment appelé “accouchement sous X”, est traditionnellement défini comme la possibilité pour une femme de laisser son nouveau-né aux services de l’État et le droit de xxxxxxxxxxxxxx
Les parcours de vie
Les lieux de vie de l’enfant en attendant l’adoption sont multiples : ventre maternel, naissance, maternité, hôpital, pouponnière, famille d’accueil, etc. Il en va de même pour les raisons qui poussent les mères à accoucher sous le secret :
Les chiffres nationaux
L’ONPE estime à 470 le nombre d’enfants nés sous le secret au cours de l’année 2019, un chiffre en baisse de 14 % par rapport à 2018 qui comptait 548 enfants nés sous le secret. Bien qu’elle survienne dans un contexte de diminution du nombre global des naissances en France, la diminution des naissances sous le secret reste beaucoup plus marquée.
Dans le Haut-Rhin :2019 : 5 naissances 2020 : 4 naissances dont 3 rétractations
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Dossier : PUPILLES / Nés sous le secret
Le projet d’adoption par le Conseil de famille
de l’enfant permet d’orienter le choix des adoptants parmi les personnes ayant un agrément en cours de validité. Le projet ainsi construit est présenté au conseil de famille qui sélectionnera au départ 3 dossiers et validera son choix ensuite sur l’un d’eux.
Le projet d’adoption doit être élaboré le plus rapidement possible, une fois le délai des 2 mois passé. C’est l’intérêt de l’enfant qui guide ce projet, le conseil de famille est à la recherche d’une famille pour cet enfant. Cette connaissance xxxxxxxxxxxxx
Témoignage d’une maman
Devenir parents est une chose, mais le devenir par le biais de l’adoption c’est d’autant plus fort. Maman de cœur, Papa de cœur, Parents pour la vie.Le jour où le téléphone sonne et que l’annonce d’avoir été choisis par le conseil de famille retentit, l’émotion est indescriptible. En l’espace de quelques secondes, ça y est notre vie bascule et nous devenons parents d’un petit bébé de quelques mois seulement. Après l’avoir tellement attendu, vous me direz « ah mais vous deviez être prêts ! ». Evidemment ! Nous étions PRETS, mais cela ne nous a pas empêchés de nous poser un millier de questions…Des questions auxquelles nous avons finalement eu la chance d’avoir des réponses lors de la découverte du dossier de notre enfant au conseil départemental, quelques jours après l’appel « magique ». La rencontre avec notre fille a été riche elle aussi en émotions. Notre petite puce nous attendait à bras ouverts, avec le sourire et les yeux remplis de joie et d’émerveillement. Elle avait été très xxxxxxxxxxxxxxx
bien préparée par l’équipe qui la suivait afin que la rencontre se passe le mieux possible. Nous avons passé plusieurs journées à ses côtés, afin d’apprendre à la connaitre et surtout à se connaitre. Car c’est une découverte pour tous ! Ces moments étaient magiques, nous avions compris pourquoi le destin avait choisi de mettre cette petite fille sur notre route. Cela ne pouvait être qu’elle. Son histoire de début de vie fait partie d’elle, et de nous aussi maintenant, mais nous avons à 3 réussi à écrire le début d’un nouveau chapitre. Finalement, être parents c’est aussi savoir accepter ce que nous ne savons pas, tant sur le plan médical que sur le passé personnel de son propre enfant et vivre avec, de la meilleure façon possible.
Aujourd’hui, nous sommes fiers et heureux d’être arrivés au bout de notre objectif : celui d’être parents. La vie nous aura appris à ne jamais rien lâcher !
La recherche des origines La démarche de recherche de ses origines, que ce soit ou non dans le cadre d’un accouchement anonyme, requiert une certaine maturité et peut s’avérer profondément déstabilisante. Les informations, la réalité, sont souvent bien différentes de ce qui avait été imaginé ; l’impact de ce qui ressort de cette démarche, quelle qu’en soit l’issue, est profond et les effets peuvent s’en faire ressentir pendant une durée de plusieurs mois, voire plus.
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Visio conférence EFA nationale du 27 juin 2021, animée par Laurence Gendarme et Diana Furniss, bénévoles EFA et ERF.
Qui sont les enfants adoptables en France ?
Toutes les informations officielles concernant les enfants pupilles de l'État se retrouvent dans le bilan ONPE. On constate que le nombre de pupilles augmente régulièrement depuis 9 ans, alors que le nombre de naissance sous le secret est en baisse. Le graphique ci-dessus liste les différentes conditions d'admission des pupilles et indique leurs propotions.
Les chiffres ONPE
Ces chiffres ne doivent pas faire oublier le côté humain. Il est évident qu’un enfant se porte bien mieux en famille. Une fois qu’il est pupille l’objectif est de mesurer sa capacité à se développer et à former des ancrages, ce qui est favorisé au sein d’une famille.Chaque enfant pupille bénéficie d’une révision annuelle : il s'agit d'une évaluation de l’évolution de l’enfant, en gardant en mémoire cette notion d’adoptabilité. L’enfant a-t-il besoin d’une famille ou bien doit-il rester dans son environnement actuel pour diverses raisons ?
La révision annuelle
Dossier : PUPILLES / Qui sont les enfants adoptables en France ?
Retrouvez toutes les statistiques dans la synthèse au 31-12-2019 sur www.onpe.gouv.fr
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A sole care-giver
Quelles sont les raisons pour lesquelles un enfant n’est pas adoptable ?
EFA soutient l’idée de placer l’enfant en famille d’accueil dès le début afin de favoriser le lien d’attachement. C'est le cas de la plupart des pupilles de l'État (nota : pas dans le 68). Par ailleurs, il est important de souligner le travail remarquable des personnes travaillant en pouponnière pour prendre soin de ces bébés et tenir leurs carnets de vie à jour. Ces petits détails (regard, prise du biberon, réactions, etc.) ont une grande importance pour la création future du lien d’attachement avec la famille d’adoption.
Pour 1020 enfants : absence de famille adoptante convenant à la situation de l’enfant, en raison de :
- 279 état de santé
- 571 âge
- 170 fratrie
Pour 666 enfants le placement n'est pas approprié. Les raisons sont nombreuses : bonne insertion dans sa famille d’accueil, maintien des liens familiaux, séquelles psychologiques, ou encore refus de la part de l’enfant.Dossier : PUPILLES / Qui sont les enfants adoptables en France ?
Les incertitudes
Les familles adoptantes ont généralement besoin de réponses quant à l’évolution probable de l’enfant. Or, justement, la plupart des enfants à particularités présentent des incertitudes car il n’est pas possible de connaître, avant un certain âge, les difficultés réelles de l’enfant, ni de savoir comment il va évoluer dans son futur environnement.
Adopter un bébé n’est pas sans risque quant à l’état de santé de l’enfant. Les difficultés apparaissent souvent bien plus tard, au moment des apprentissages scolaires.
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Dossier : PUPILLES / Agrandir la famille autrement
Agrandir la famille autrement
Des enfants placés, juridiquement non adoptables, dont on sait qu’ils ne pourront jamais retourner vivre auprès de leur parent ou des enfants pupilles juridiquement adoptables mais pas psychologiquement ont besoin d’adultes bienveillants, aimants et désintéressés pour grandir et connaître leur valeur. Le parrainage et le tiers bénévole permettent cela. > Parrainer un enfant de l’ASE, c’est l’accueillir certains week-ends, tous les week-ends, une partie des vacances, durant toutes les vacances… dans notre famille, de partager du temps, des loisirs, de l’amour et de la confiance. > Devenir tiers bénévole, c’est accueillir un enfant chez soi, à vie, l’accompagner comme si on était le parent pour le faire grandir et le soutenir à l’âge adulte. Certaines situations de parrainage peuvent évoluer en tiers digne de confiance en fonction de l’enfant et de la famille. Et l’adoption dans tout ça ? Certains enfants non adoptables juridiquement
Nous avons déjà ouvert notre esprit à une autre forme de famille que la famille biologique en adoptant (ou en faisant les démarches). Nous avons bien compris que les liens du sang n’étaient pas le ciment des liens entre parent et enfant et entre frère(s) et sœur(s). D’autres formes d’accueil existent pour agrandir nos familles, les rendre plus riches d’un nouveau membre : le parrainage et le tiers bénévole.
pourront le devenir et l’adoption pourra se faire. D’autres enfants adoptables juridiquement mais pas psychologiquement au début du placement pourront créer des liens avec les parents accueillants et pouvoir demander à être adoptés. Le chemin de l’adoption n’est pourtant pas une certitude, il faut pouvoir imaginer son rôle sans ce besoin d’avoir cet enfant sur son livret de famille et accepter que la responsabilité de l’enfant soit toujours à l’ASE ou au tuteur. Vous n’avez pas d’enfant mais le lien juridique vous importe peu, votre enfant est fils ou fille unique, vous aimeriez agrandir la famille d’une manière différente, vous êtes déjà une famille nombreuse mais vous pensez que plus on est de fous plus on rit… bref, cela peut correspondre à tous les profils de famille pour peu que ce soit un désir partagé d’ouvrir ses portes à un nouvel enfant qui en a besoin. LIVRE Bouet-Simon
Depuis la loi de Mars 2016, le projet de vie de l’enfant doit être revu tous les ans pour les enfants de plus de 2 ans et tous les six mois pour les enfants plus jeunes.
La conséquence – positive, puisque le projet est revu en fonction des besoins de l’enfant - est que le nombre de pupilles augmente et/ou que des projets de vie alternatifs peuvent être proposés à ces enfants.
Le conseil de famille remplace l'autorité parentale et prend toutes les décisions pour l'enfant. Le tuteur de l'enfant (officiellement le préfet mais celui-ci est toujours représenté par quelqu'un de la DDCSPP) doit faire appliquer les décisions du conseil de famille et peut prendre les décisions lui-même seulement si elles sont urgentes (par exemple, pour une chirurgie urgente). L'ASE assure le suivi quotidien de l'enfant.
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Dossier : PUPILLES / Pour aller plus loin
Pour aller plus loin
Léa devient pupille de l'État
Cette publication en ligne d'EFA propose un éclairage à double niveau : du point de vue de l'enfant pupille de l'état et de celui des professionnels qui l'accompagnent.
https://www.adoptionefa.org/lea-devient-pupille-de-letat-une-publication-defa-destinee-aux-enfants-pupilles-de-letat-et-aux-professionnels/
Pupille
Ce film s'appuie sur les pratiques en France : naissance sous le secret, placement en famille d'accueil, puis adoption.
STUDIO CANALJeanne Herry, 2018
Louise : comment j'ai adopté mes parents
Louise raconte son histoire de bébé née sous le secret, prise en charge dans une pouponnière à Mulhouse puis adoptée. Disponible à la vente chez EFA68.
Jean-Marc Dezèque et Anne Mahler, L'Ermitage, 2020
La situation des pupilles de l'Etat
L'Observatoire National de la Protection de l'Enfance publie chaque année un rapport d'enquête détaillé ainsi qu'une synthèse relatifs à la situation des enfants pupilles de l'état. De nombreuses autres publications reposent sur les résultats de cette enquête annuelle.
EnquêteONPE au 31 décembre 2019
Le glossaire de l'adoption
La FAQ du site France Diplomatie - adopter à l'étranger propose un glossaire pour définir ce qu'est un pupille de l'état ainsi que plus de 60 termes relatifs à l'adoption.
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/adopter-a-l-etranger/faq-glossaire-textes-de-reference/le-glossaire-de-l-adoption/article/pupille-de-l-etat
Les enfants pupilles de l'Etat
Ce guide édité en 2018 par le Ministère des Solidarité et de la Santé - Direction générale de la cohérion sociale, reprend toutes les informations essentielles depuis l'admission jusqu'à la sortie du statut de pupille de l'état.
https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pupille_de_l_etat.pdf
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Zoom sur...
... la conférence duDr. Chicoine
Le développement de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte adopté. Comment les parents peuvent l’accompagner avec leurs propres forces et faiblesses.
Visio du 09 avril 2021 par EFA 13 / Visio du 01 mai 2021 par EFA 65.
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Référence
Une collaboration entre plusieurs agences départementales d'EFA.
Rappelons à présent les besoins de soins aux nouveaux nés d'après Mary Ainsworth : • satisfaisants • rapides • chaleureux • prévisibles Quant aux enfants adoptés, ils peuvent potentiellement avoir des difficultés à interpréter les mouvements et les sens. Les enfants adoptés peuvent, soit : • avoir été submergés de sens au départ • avoir été isolés des sens au départ • avoir vécu des ruptures (submergés, isolés, submergés, etc.) Cela se traite en ergothérapie et psychomotricité. Certaines solutions prescrites peuvent être : • faire des massages • jouer à des jeux sensoriels (odeurs, etc.) • installer une "rocking chair" • suspendre un hamac dans la chambre • pratiquer des activités de plein air • pratiquer des activités de proximité parents / enfants. L’attachement pour un individu commence vers 8 ou 9 mois. Cela est nécessaire pour que l’amygdale cérébrale se calme. Pour l’enfant adopté, il est nécessaire de préparer cet attachement en créant un attachement avec une nourrice ou autre donneur de soins. Les orphelinats dans le monde sont de mieux en mieux équipés en ce sens.
Il y a des noms qui rassemblent. Cette fois ce sont plusieurs Agences Départementales (AD) d'EFA qui s'accordent pour proposer une visio conférence depuis le Canada. Bien sûr, EFA 68 en fait partie, lorsque le nom en question est celui du Dr Chicoine, pédiatre au CHU Sainte-Justine et professeur agrégé au département de pédiatrie de l’Université de Montréal.
Le Dr Chicoine possède cette capacité à partir d'une évidence absolue pour emmener son auditoire à travers le cumul des difficultés liées à l'adoption. Le point de départ est la grossesse. Durant la grossesse, le stress maternel déclenche une amygdale sur-développée à la naissance. Pour vulgariser, on pourrait dire que cette amygdale correspond à la zone « stress » du cerveau. Cela s’ajoute à tous les facteurs « habituels » de l’adoption : la croissance, les toxiques, etc. Par conséquent, il faut parfois 5 à 6 années avant de pouvoir conclure sur telles ou telles causes pré-adoption.
Mary Ainsworth : www.britannica.com/biography/Mary-Salter-Ainsworth
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Si l’attachement manque ou pose problème, alors, tout est affecté. Les principales difficultés qui en résultent sont : • l'enfant n'est pas assez nourri, • le développement retardé du langage, moteur, intellectuel et / ou social. L’attachement permet ensuite de se détacher. C’est une étape indispensable. A l’inverse, avec un attachement non freiné, on se retrouve avec des enfants qui s’attachent à tout le monde, à plusieurs figures d’attachement, dont le cerveau limbique (émotionnel) se développe de manière peu harmonieuse.
Vers l’âge de 2 ans ce cerveau limbique fixe l’univers affectif de l’enfant (entre 14 et 22 mois). L’objectif de la pédiatrie et des parents adoptifs (objectif commun ) est de transformer cette perception établie afin de permettre à l’enfant de se développer correctement.
Retrouvez le Dr Chicoine et Le Monde est Ailleurs sur le site internet : www.lemondeestailleurs.com et sur les réseaux sociaux : www.facebook.com/lemondeestailleurs
Plus il-elle est adopté-e grand-e, plus il faudra lui accorder du temps. Il est indispensable d'offrir plusieurs années à l’enfant, en commençant par l’attachement. Cela va nourrir son cerveau et permettre le développement de différentes compétences. Ce sont les émotions qui nourrissent l’intelligence, et pas l’inverse. Dans les 6 ou 7 premières années après l’adoption, les parents devraient se concentrer sur trois axes : • développement de l’imagination : lectures, jouer librement (observer les jeux sans intervenir sauf en cas de sollicitation) ; • langage et parole : reconnaître le nom des animaux, des couleurs, les chiffres ; ◦ TDAH : les troubles de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité sont encore trop peu traités en France - cela signifie pas d’attentes scolaires avant 9 ans ; • traumatisme : lorsque les agressions sont installées dans la mémoire, sans souvenirs, alors l'enfant devient hypervigilant, fait de très gros cauchemars et subit une discordance cognitive - il faut créer des moments calmes, d’isolement dans un monde paisible, avec des gestes (danse, musique, chorale, plein air, théâtre) et envisager l'EMDR (article page 6).
Lorsque nous connaissons la trajectoire passée de l’enfant, nous pouvons pré-supposer de sa trajectoire future.
A retenir : NASA • Nature de l’enfant : l’individu, ses pathologies • Affect : trajectoire affective (amour) • Structure : cadrage, discipline, instruction (l'amour ne suffit pas) • Aventure : en-dehors de la cellule familiale (école, extérieur, etc. )
C’est la prétention folle des parents adoptants de vouloir changer ce cerveau qui a été modelé de façon à croire que la vie est cruelle. Voilà tout l’enjeu de l'adoption. Les retards de l’enfant adopté sont différents de retards similaires sur les enfants biologiques. Par exemple, pour un enfant adopté à 18 mois il faudra attendre l’âge de 3 ans pour prétendre rattraper le retard. Les retards se placent à toutes sortes de niveaux. Plus il est adopté tard, plus il faudra être patient, parfois 5 ans, avant de pouvoir faire le comparatif avec son groupe d’âge.
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Compétences parentales
Les compétences à développer en tant que parents pourraient être de : • faire preuve de sensibilité parentale -> l'expérience n'est pas toujours synonyme de compétence • être en raisonnance affective avec son enfant (pas amour) → faire preuve de perspicacité parentale, être à l’écoute, décoder l’attachement de l’enfant • se rendre disponible : prévoir une réelle présence, pleine et entière → congé parental d’au moins un an, à commencer par un temps d’accueil (avant même de se considérer adoptant, juste accueillant) • prendre en compte les émotions : faire preuve d'écoute, en prenant par les épaules, très calmement, pour accompagner l’enfant, en donnant des choix, en ne criant pas, en souriant, pour pouvoir accueillir la tristesse de cet enfant • permettre le développement de front sur : ◦ le langage : cela est particulièrement vrai s'il y a une ou plusieurs nouvelles langues à acquérir, ◦ la motricité : le manque de mouvements au départ peut causer de la dyspraxie, ◦ la scolarité : accepter un parcours différent avec une année doublon à l’adoption.
Parfois, les adoptés manquent de compassion pour eux-mêmes et pour les autres, ce qui peut être difficile à vivre pour les parents. Il s’agit de capacités de sens moral et de jugement. Une des conséquences visible de cette lacune dans les médias actuellement est que les enfants par adoption vont de plus en plus porter leurs blessures sur la place publique (réseaux sociaux, etc. ) ; il ne s'agit pas de leur adoption / abandon, mais bien de la blessure raciale, ou autre, ou les horreurs du passé. Cela peut devenir une arme ou une armure, notamment avec les mouvements modernes idéologiques. Il faut y être vigilant. La blessure devrait pouvoir être portée fièrement, voire comme une arme pour l’individu, mais par pour une idéologie.
Pour le Dr Chicoine, "on adopte pas un enfant, mais un ado."
Et oui ; votre enfant sera un bambin pour quelques petites années, puis un adolescent pour une quinzaine d'années. C’est vers 13 ans qu’ils sont capables de mettre en parallèle plusieurs histoires, qui sont leurs histoires de vie, au moment où d’autres changements s’opèrent. Le concept OMNI devient important. Pour une meilleure résolution à ce moment-là il faut déjà avoir traité auparavant : • l’arbre généalogique : les racines dans le pays d’origine, les branches en France • la boîte de souvenirs • l’histoire de vie en rubans Durant la période sensible (vers 12-14 ans pour les filles et 14-16 ans pour les garçons) il faut parfois des placements durant 6 mois à un an afin de permettre à l'adolescent de faire son travail d'ado, c'est-à-dire se détacher de ses parents, sans pour autant mettre à mal le lien familial de l'adoption. Ce placement peut prendre la forme d'une hospitalisation, ou bien d'un éloignement en milieu rural chez la tante ou la grand-mère, avec parfois une médication, qu’il faut être prêt-e à donner si nécessaire pour aider l'ado à se calmer et à dormir.
Comment parler des deuils passés à son enfant ?
On peut en parler de manière adaptée. Il faut porter l’enfant pour qu’il soigne ses blessures. Les outils mentionnés plus hauts sont importants. Il faut pouvoir en parler sans forcer la porte d’entrée. Les éléments violents de l’histoire devraient être mis de côté (pas cachés, mais mis en attente jusqu’à ce que l’enfant soit prêt) pour qu’un psychologue ou autre professionnel le dévoile au début de l’adolescence.
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Zoom sur...
... la conférence de Johanne Lemieux
Environ 700 personnes ont assisté à cette visio conférence. 1ère partie : éléments à connaître sur les ados “modèle de base”, de 10-11 ans à 22-23 ans. 2ème partie : les éléments caractérisant la normalité des AdoAdos (adolescents adoptés).
Visio du 25 septembre 2021 par EFA65.
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Johanne Lemieux, la référence incontournable du monde de l'adoption, en direct du Québec,en visio-conférencegrâce à EFA65.
Référence
Tous les êtres humains ont des caractéristiques communes. Ceci est vrai à tous âges. De même, chaque individu présente des particularités propres. Les personnes adoptées présentent toutes ces caractéristiques communes ainsi que toutes ces particularités individuelles, auxquelles s’ajoutent les éléments de la normalité adoptive.
s’agit des grands ados / jeunes adultes. En parallèle, les parents adoptifs ont 10 ans de plus que les parents biologiques au moment de devenir parents. Il faut en tenir compte. Du fait du besoin accru d’émotions, l’adolescent devient rapidement accro à la dopamine et l’adrénaline. Cela donne l’impression que l’adolescent ne tient pas compte des conséquences. C’est faux. Il en a conscience. Mais la décharge de dopamine est beaucoup plus souhaitable que la conscience d’être raisonnable, d’autant plus que dans le deuxème cas,
Le voyage du héro, selon Joseph Campbell L’adolescent traverse une série d’aventures similaires au schéma proposé par Campbell dans les années 1930 et 1940. Les parents également. Certaines de ces aventures sont prévisibles et/ou choisies, d’autres non. Par exemple, tous les ados passent par la puberté, cela fait partie des aventures à traverser. Au bout de l’aventure, une nouvelle forme de normalité se met en place, différente de celle vécue 12 ans auparavant, avant le début de l’aventure. Le but des adultes est de faire en sorte que l’enfant devienne le personnage principal de son histoire personnelle et non de l’histoire que l’adulte aurait imaginée pour lui. Les transformations neurologiques L’IRM et les imageries médicales permettent de
mettre en exergue des éléments importants concernant le développement du cerveau. Élagage : Il s’agit d’un phénomène similaire au développement du cerveau vers l’âge de 2 à 3 ans. Certains éléments indispensables avant 2 ans deviennent superflus (plus besoin des neurones pour apprendre à marcher, c’est fait). De même, certaines aptitudes deviennent inutiles vers 12 ans. La fabrication est l’étape suivante où le cerveau de l’adolescent devient aussi intelligent que celui du parent. Conséquence : l’ado a l’impression que son parent est devenu moins intelligent. En plus, l’ado devient super intelligent, mais sans expérience encore. L’ado devient donc méprisant, c'est un classique. La consolidation du cerveau se fait plus tard chez les garçons que chez les filles. Il
SENS de l’adolescenceCe sont des besoins forts : • de socialisation • d’émotions • de nouveautés • d’aventures
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les impacts ne sont pas immédiats mais visibles à long terme. Les 3 étapes de maturité Johanne Lemieux entend des parents parler de leur fils de 15 ans comme si c’était un mauvais adulte, ou un mauvais enfant. En fait, c’est juste un ado. Le défi d’un parent d’ado modèle de base est de traverser différentes phases de maturité. Les AdoAdos ont des stades de maturité décalés. Les adolescents les plus matures ont aussi leurs besoins accrus de socialisation. Ils vont donc naturellement se regrouper par âges de maturité affective. Les plus avancés rejettent donc les AdoAdos qui, dans la normalité adoptive, ont un retard de maturité affective. C’est un phénomène normal.
Attention : Les âges proposés correspondent aux adolescents modèle de base. Un AdoAdo de 16 ans pourrait très bien être encore en Adonaissance.
Adonaissance (10-13 ans) : entre l’enfance et l’adolescence, on ne grandit pas de manière homogène (il est difficile de se réveiller chaque matin avec un nouveau corps). Les parents doivent gérer le quotidien en micro-gestion : répéter encore et encore. Adolescence (14-18 ans) :les parents peuvent confier des missions, mais attention : l’ado fera tout en râlant. Tant qu’il fait les tâches demandées / attendues, tout va bien (oui il râle, mais ça, c'est normal). Adulescence (19-23 ans) : il va pouvoir contrôler de mieux en mieux sa vie, à condition que les parents aient suivi le rythme, en ouvrant ses libertés au fur et à mesure.
2ème partie Les AdoAdos ont les mêmes comportements que les adolescents modèle de base. Ce qui change c’est la fréquence et l’intensité. Il faut avoir les outils d’entretien d’un enfant plus sophistiqué. Il faut se préparer en faisant le deuil de l’enfant biologique, mais surtout en faisant le deuil de l’enfant modèle de base. Il faut être prêt pour assurer un entretien sophistiqué à vie. Cela ne va pas se régler. L’enfant adopté ne va pas devenir un enfant modèle de base, même avec un entretien sophistiqué.
Stress L’adolescence est une période stressante qui fait que l’on se sent vulnérable. Ceci est un vrai fléau, car au collège et au lycée il ne faut surtout pas avoir l’air vulnérable pour éviter de devenir la victime idéale. L’enfant va retourner dans de vieilles stratégies instinctives : Fight / Flight / Freeze. Un ado modèle de base a besoin de 3 à 4 fois plus de
temps qu’un adulte pour récupérer et se calmer après une période de stress. Ceux qui ont vécu des ACE sont plus stressés que les ados modèle de base. (ACE adverse childhood experience) « Se calmer » est une destination inconnue pour les enfants adoptés. Ils ont besoin de vivre cette expérience à répétition afin de pouvoir l’assimiler et savoir ce que cela signifie de « se calmer ». Le rôle du
parent est donc de montrer (pas d’expliquer) et de faire vivre cette expérience, en accompagnant l’enfant à chaque fois que possible. C’est le rôle des parents de prendre soin d’eux-mêmes, de se connaître eux-mêmes et de prendre les traitements adéquats pour eux-mêmes. Le risque de burn-out chez les parents d’ados est plus élevé, et à fortiori chez les parents d’AdoAdos. Etes-vous le modèle que vous souhaitez être pour votre ado ?
Référence : https://sonialupien.com/
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retombent dans leur première langue d’attachement. Il faut pouvoir l’expliquer à l’enfant et l’accompagner dans ce nouvel apprentissage. Ce n’est pas une régression, le langage sécurisé n’est pas perdu mais inhibé. Trois clés pour les parents Courage : être un modèle pour l’AdoAdo. Il faut le courage d’aller chercher de l’aide et de regarder ses propres peurs en face. Compassion : cela implique également de la compassion pour soi-même. Connexion : c’est un besoin physiologique qui passe par les 5 sens. Les groupes de soutien et de parole des associations de parents sont alors primordiaux. Le voyage de 12 ans est aussi un voyage pour les parents. Cette conférence se termine sur une citation du grand-père paternel de Johanne Lemieux : « Les enfants existent pour finir d’élever les parents. »
Pour contrer les 3 Fs, il faut s’approprier des habitudes : prendre du plaisir dans des activités en immersion, avec le corps : bouger, chanter, rire. « Activement, envoyez le message à votre corps que votre ado n’est pas un grizzli. » Attachement, facteur de réussite L’attachement est un lien d’amour et de sécurité qui permet à la fois au parent de détecter les besoins réels d’un enfant et pour l’enfant de détecter la sensibilité et la bienveillance du parent. La nature a prévu 12 ans pour créer puis renforcer ce lien. L’enfant adopté à 6 ans aura d’autant moins le temps de faire ce travail. Sans lien d’attachement, vous ne pouvez pas être un parent compétent. C’est un travail qui devrait, dans un monde idéal, être fait en amont de l’adolescence. Ce lien se créé parfois dans des moments agréables, mais surtout dans des moments de stress, en fonction de la réponse donnée alors. Un lien d’attachement sécure se voit : l’enfant est capable de faire confiance à d’autres personnes, pas seulement à son parent. Les enfants adoptés sont tous des enfants insécurisés car ils subissent tous une forme de syndrome post-traumatique. Cela fait partie de la normalité adoptive. Si ce n’est déjà fait, il est temps de se former à repérer la forme d’attachement insécure de son enfant adopté : solo / velcro / sumo. Les enfants adoptés apprennent petit à petit à parler attachement sécurisé, puis, à l’adolescence,
Conseils personnalisés et astuces de Johanne Lemieux :
Il ne se souviendra pas nécessairement de ce que vous avez dit ou fait, mais il se souviendra toute sa vie de comment il se sentait auprès de vous.
Lorsque l’enfant est stressé ou angoissé, il est inutile de lui faire remarquer (même avec persistance). Il faut lui faire prendre conscience de ce qui se passe. Au lieu de demander « Es-tu stressé ? » il sera plus utile de le guider « Que ressens-tu dans ton corps ? »
Organiser une année de scolarité à l’étranger, ou dans un autre contexte, permet de « justifier » le fait de prendre son temps lors de la scolarité. Cela permet de gagner une année ou deux de maturité affective, pour se mettre à niveau.
Référence, en anglais : Hang out to your kids (Gordon Neufeld, Ph.D., and Gabor Maté, M.D.) Notre société nous pousse à rendre nos enfants autonomes beaucoup trop tôt, alors que les enfants ont besoin de résoudre les situations à problème eux-mêmes justement pour pouvoir devenir autonomes, ce qui leur prend du temps. https://drgabormate.com/book/hold-on-to-your-kids/
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Groupes de soutien entre postulants titulaires de l'agrément
Aanimés par 2 bénévoles d'EFA 68 parents adoptifs.
Entre la décision d'entamer une procédure d'adoption et l'arrivée d'un enfant au foyer, la route est longue... Pour ne pas rester seul-es face à l'attente, pour s'épauler et se préparer aux spécificités de la parentalité adoptive, EFA 68 vous invite à participer à un groupe convivial de soutien entre postulant-es à l'adoption.
Chaque année, ce sont 4 rencontres de 2h en soirée.
Groupes de parole de parents adoptifs
Animés par une psychologue, en présence d'un bénévole EFA 68.
La vie de famille, nous l'avons tous ardemment souhaitée... elle n'est pas toujours simple pour autant. Discuter, partager les difficultés mais aussis les progrès de nos enfants, chercher ensemble des solutions aux grands et petits tracas, c'est ce qu'EFA 68 vous propose en participant aux groupes de parole.
Chaque année, ce sont 6 rencontres de 2h en soirée.
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" Le groupe nous permet d’échanger nos expériences avec des personnes qui sont dans la même situation d’attente que nous."
Groupe de postulants
Groupe de parents d'ados
Groupe de parents de jeunes enfants
Le groupe de parents m'apporte "une écoute, de la compréhension, du soulagement de ne pas être seule et des idées."
" Je sais que je serai écoutée avec bienveillance, et les autres participants m'offrent souvent des pistes de réflexion et d'action. C'est valorisant aussi quand mon expérience peut servir à d'autres."
Groupe de parents
Groupe de postulants
Renseignements et fiche d'inscription sur notre blog efa68.blog4ever.comou auprès du secrétariat efa68@laposte.net
Rejoignez l'un de nos 5 groupes à Colmar ou Mulhouse. En participant à un groupe de parole ou de soutien vous vous engagez à :
Avec le soutien de :
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Moments partagés
Ballade et pique-nique aux trois châteauxle 30 mai 2021
Merci pour cette journée super sympa !Ça fait du bien de se voir en réel ! Les enfants ont passé un super moment.
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Danse parents-enfants, le 19 juin 2021
" Super partante pour le refaire !!!! "
" Les enfants se sont éclatés et les parents super ravis. "
Ma fille et moi avonsparticipé à l'atelier danse organisé en juin à Rixheim. C'était un chouette moment, les activités rythmées et physiques s'enchainaient pour le plus grand bonheur d'E. A deux mais aussi avec les autres duos nous avons évolué pendant une heure...Ce fut une nouvelle façon de créer, de nouer un lien le tout dans la bonne humeur!
EFA68 vous a proposé un atelier danse en binôme Parent / Enfant (ou neveu, nièce...) L'intention était de se retrouver pour un moment de complicité. A travers cette séance l'enfant apprend à appréhender ses peurs et à faire confiance à son meilleur allié : son parent. Peu à peu, le couple parent/enfant se porte un autre regard, une relation privilégiée et une connivence s'installent et peut perdurer bien au-delà de l'atelier. L'atelier fût animé par Philippe Vallotton. Formé au centre de danse Rosella Hightower, danseur professionnel au Ballet du Rhin (danse classique), à la compagnie Odile Duboc (danse conotemporaine) et Motus Modules (danse aérienne). Après cette carrière, il se tourne vers l'enseignement avec notamment des cours d'éveil pour les 4/6 ans, de danse classique pour adultes. En partenariat avec le Centre Cynthia Jouffre, à Rixheim.
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Fête de rentrée, le 19 septembre 2021
"C'était super de se retrouver en vrai."
"La bonne ambiance compense la météo."
"C'était vraiment chouette." :-)
Ma fille et moi avonsparticipé à l'atelier danse organisé en juin à Rixheim. C'était un chouette moment, les activités rythmées et physiques s'enchainaient pour le plus grand bonheur d'E. A deux mais aussi avec les autres duos nous avons évolué pendant une heure...Ce fut une nouvelle façon de créer, de nouer un lien le tout dans la bonne humeur!
Se retrouver, passer un bon moment, jouer ensemble et rire, voilà le programme de la fête de rentrée d'EFA 68, à la ferme du Château de Pfastatt, avec la participation de la boulangerie Poulaillon.
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à vos côtés
Notre association
> La fédération nationale EFA > Le rôle des associations départementales > Le service ERF > Notre CA pour EFA 68
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La fédération nationale EFA
Enfance & Familles d’Adoption (EFA) est une fédération de 92 associations départementales, regroupant près de 6 000 familles adoptives et adoptés majeurs. Les objectifs de l’association sont de préparer et guider les candidats à l’adoption, de soutenir les adoptants dans leur parentalité et les adoptés dans leurs interrogations, de proposer des formations aux professionnels, et de fournir des informations sur l’adoption. EFA ne confie pas d’enfants à l’adoption.Retrouvez plus d'informations sur www.adoptionefa.org
Le rôle des associations départementales (AD)
Il existe une association EFA dans chaque département. Toutes sont affiliées à la Fédération nationale. Elles sont animées par des parents adoptifs et/ou des adoptés majeurs, qui ont une expérience des démarches d’adoption et des questions qui se posent après l’arrivée de l’enfant, et un certain recul par rapport à l’adoption. Les AD accueillent les familles adoptives, les adoptés majeurs, les postulants à l’adoption et tous ceux qui s’intéressent à l’adoption et à l’enfance privée de famille. Chaque AD dispose de représentants au conseil de famille de son département. Le dossier pages 17-23 vous expliquent le rôle du conseil de famille pour les enfants pupilles de l'État.
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Le service ERF
Enfants en Recherche de Famille (ERF) est un service d'EFA dont la mission est double :
> Gérer un fichier de familles ouvertes à l'accueil de pupilles présentant des particularités lourdes. Mis à la disposition des Conseils Départementaux aui ont du mal à trouver des candidats sur leur propre territoire, ce fichier permet chaque année à des enfants difficilement adoptables de trouver la famille à laquelle ils ont droit. Nous cherchons en permanence des familles ayant la possibilité d'aider de petits enfants dans leurs difficultés de santé ou souhaitant accueillr des enfants de plus de 8 ans, parfois en fratrie.
> Accompagner les familles ayant le projet d'accueillir un enfant à particularité. Le profil des enfants proposés à l'adoption internationale évolue et se rapproche de plus en plus de celui des pupilles en attente de famille. S'interroger sur sa capacité (ou non) à accueillir un enfant différent est devenu une étape incontournable dans un projet d'adoption.
Contact et RDV : 01 40 05 57 71 erf@adoptionefa.org
ERF est à votre écoute.
Vous souhaitez adopter un enfant à particularité ? Vous vous interrogez sur l'accueil d'un enfant différent ?
Nous vous rencontrons pour des entretiens individuels, sur RDV, pour : * mieux connaître et comprendre les besoins spécifiques de ces enfants, * mieux cerner vos forces et vos limites, afin de mieux définir votre projet, * le cas échéant, vous inscrire au fichier des postulants ERF, si vos ouvertures correspondent aux besoins des enfants pour lesquels les Conseils Départementaux nous sollicitent.
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efa68@laposte.net
EFA 68 - Enfance & Familles d'adoption du Haut-rhin
06.45.27.24.30
efa68.blog4ever.com
Siège social EFA 68 10, rue des Coquelicots 68700 ASPACH-LE-BAS
Présidence
Thomas et Sophie PEGEOT
Trésorerie
Hélène BERNHARDGéraldine STOECKLIN
Secrétariat
Assesseurs
Christelle BAEUMLINStéphanie FONDEMENT
Hélène AUREGGIO Catherine MOSER Karine PANIER Anne PEROT Rosine TETU Frédéric VILLARD Cécile VINCENT
Associés
Régis et Claire AMBEIS Céline STRESSER Marie-Hélène THEURKAUFF Sabrina VIVAT Vanessa WOJCIK
Membres de droit
Nathalie PARENTMaria RODRIGOChristophe SCHMITT
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CA festif et champêtre
AG en visio
Retour du CA en présentiel au Carré des Associations
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AGENDA
Sélection
Retrouvez toutes nos actualités sur notre blog et sur notre page Facebook.
Samedi 11 décembre à Colmar, nous vous invitons à une journée sur la parentalité positive : Conférence 10h : Parentalité positive et relation de confiance dans la famille adoptive Atelier 14h-17h : Oser écouter son enfant pour renforcer la relation de confiance Cette journée sera animée par deux membres de la fédération nationale EFA. Pour la conférence, comme pour l’atelier, les inscriptions sont obligatoires. Plus d’information et inscription sur le blog
Conférence et atelier “Relation de confiance”
L'Assemblée Générale d'EFA68 se tiendra le 23 janvier 2022 à Aspach. Retrouvez-nous pour ce moment clé dans la vie de notre association, suivi d'une après-midi conviviale, autour d'un goûter et d'animations.
Assemblée Générale
Cet atelier est destiné à l'entourage des parents par adoption et des postulants. Il sera animé par Stéphanie, Marie, Hélène et Anne. Le 26 février 2022
Famille élargie
Testez vos cinq sens et affrontez vos peurs. Serez-vous à la hauteur ? Plongez dans un parcours sensoriel étonnant où vos cinq sens seront mis à l’épreuve, bousculés, transcendés ! Le 20 mars 2022
Parcours Sensas
Equithérapie
L’équithérapie, c’est l’art de soigner l’esprit par la médiation du cheval. Ce peut être également une manière ludique de retrouver un lien de confiance pour les enfants adoptés. Le 14 avril 2022
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Café Bibliothèque
Ouvert à tous : postulants, adoptants, adoptés et leur entourage, pour se rencontrer et échanger. Espace enfants pour retrouver les copains - copines et côtoyer d'autres jeunes adoptés. Prêt de livres sur le thème de l'adoption (réservé aux adhérents).
MAFF, bât. A rez-de-chaussée 7 rue l'Abbé Lemire Quai 124 68000 COLMAR
Le Carré des Associations 100 avenue de Colmar 68100 Mulhouse
"Les enfants jouent ensemble, les parents discutent. Tout le monde est ravi."
Chaque 2ème samedi du mois de 14h à 17h en alternance à Mulhouse et Colmar
"L'entretien ERF nous a fait prendre conscience de nos ouvertures. Nous n'avons pas eu besoin de les étirer, elles étaient déjà là, juste invisibles. Notre projet a fait un bon en avant. "
"C'est comme une bouffée d'oxygène."
Possibilité d'entretiens individuels sur rendez-vous :
- prise de contact avec l'association EFA 68
- soutien à la parentalité
- entretien ERF
- ou pour toute demande personnelle
Contactez : efa68@laposte.net43
Amandine Gay fait l'actualité
"Ce sont des histoires qui percutent avec celles que l'on connaît personnellement, y compris celles de nos enfants adoptés, aujourd'hui adultes." - Marie-Hélène
Projection et rencontre au cinéma Bel Air à Mulhouse le 10 otobre 2021
L'objectif fut alors de sélectionner les histoires qui ‘fonctionnent’, celles qui peuvent faire sens à l'écran. S'agissant d'un film d'archives, les supports, apportés par les participants eux-mêmes, ont revêtu une importance capitale dans leur qualité et quantité. Très rapidement, d'autres critères sélectifs firent leur apparition, tel l'âge. Les annonces de départ ciblaient des personnes entre 18 et 75 ans, cependant les participants devaient être prêts à livrer leurs histoires intimes ce qui implique une certaine maturation du regard que l'on porte sur sa propre adoption. De ce fait, les ruptures familiales ont été écartées car elles engendraient un problème de droit à l'image. Il s'agissait de montrer les aspects structurels fondamentaux dans les histoires d'adoption retenues ; ces aspects devaient donc pouvoir être clairement dégagés. Un autre critère fut la parité. Curieusement, il n'y avait que 17 hommes parmi les 93 personnes rencontrées au départ alors que les annonces avaient été largement partagées par EFA et La Voix des Adoptés, sans discrimination. La suite s'est avérée encore plus surprenante : 6 de ces 17 histoires ont été retenues, mais parmi elles, 5 concernaient des hommes gays. L'identité sexuelle des personnes adoptées n'étant pas au cœur de ce documentaire, il a fallu renouveler les annonces de départ, afin de trouver des histoires plus représentatives de la population des adoptés en France. Certaines vidéos d'archives internationales alimentent également le documentaire, notamment en Italie et en Suisse. Ces images, parfois ancrées dans notre imaginaire collectif, sont mises en relation avec d'autres réalités afin de bousculer les idées reçues et de changer de point de vue sur ces histoires qui nous semblent familières. Ce film permet à chaque participant d'exprimer son avis personnel, comme un espace de parole. Quelles sont lesidées qui traversent la tête des adoptés enfants, puis adultes ?
Dans la salle de cinéma du quartier Bel Air, en cette fin d'après-midi d'automne indien, nous sommes plusieurs familles adoptives du Haut-Rhin à nous retrouver avec le sourire. Cinq histoires d'adoption se mêlent à l'écran, racontées sur fond d'images d'archives, percutantes de vérité. Puis, vient le temps des échanges avec la réalisatrice et autrice Amandine Gay, en petit comité, confortablement installés dans les fauteuils rouges. Cet instant cocooning révèle une sixième histoire, celle de la réalisation de ce documentaire. "Vous avez quasiment toute l'équipe du tournage devant vous." Avec à ses côtés son compagnon Enrico Bartolucchi, Amandine Gay nous raconte les différentes étapes qui ont donné naissance à ce documentaire d'archives, "Une histoire à soi". Tout part d'un prisme, de la volonté d'offrir une multitude de points de vue, par le regard des adoptés. Après les annonces passées sur les réseaux sociaux, ce sont 93 personnes adoptées qui ont été rencontrées, pour ensuite donner lieu à 42 enregistrements.
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Quel est le poids réel du déracinement inévitablement induit par l’adoption internationale et intitulé ‘déportation’ par l’une des participantes au film ? Qui peut porter la responsabilité morale des questionnements des adoptés qui découvrent l’histoire de leurs pays d’origine via les médias français ? Chaque participant a son message propre à faire passer, que ce soit une question de société, ou bien l’envie de communiquer avec sa famille d’une autre manière, via le film, pas seulement pour se raconter à ses parents, mais aussi à sa fratrie, à sa famille élargie, à ses proches. Pourtant, la réalisatrice a fait le choix de la créativité indépendante, sans aucun ‘face caméra’. Les images des différentes personnes sont évocatrices, sans illustration directe du propos, ce qui permet de donner un nouveau relief à l’esthétique des photos de famille. L’audace de la réalisatrice est contagieuse. C’est toujours avec le sourire aux lèvres que nous sortons du cinéma Bel Air, dans la nuit d’octobre, ayant fait le plein d’énergie, prêts à combattre les idées reçues pour soutenir nos enfants adoptés. Ou tout simplement prêts à les écouter vraiment, pour que chacun puisse raconter son histoire à soi.
Il a fallu plus de deux années de sélection, avec l'aide de Sandrine Deckens (référente ERF) afin de valider les candidats et la justesse des histoires. Au grand regret du couple cinématographe, l'une des histoires n'a pu être retenue, en raison d’un refus de droit à l’image. Il s'agissait d'une femme de 73 ans ayant été placée avant que l’adoption ne devienne légale pour les couples ayant déjà un enfant biologique.
« On est adopté par une famille ET par une société. » Amandine Gay insiste sur le rôle des parents adoptifs, pour bien préparer les enfants à cette société. Elle-même estime avoir échappé au pire, contrairement à son grand-frère, pour lequel leurs parents adoptifs n’étaient pas prêts. Lorsque leur fils se retrouve en garde-à-vue, leurs parents pensent qu’il a fait quelque chose de mal, ils ne supposent pas un profilage racial. Amandine Gay nous confie que, de son point de vue, un tissu de figures parentales diverses semblent plus important que l’appui parental isolé d’un ‘parfait’ couple blanc hétérosexuel.
Est-il toujours nécessaire, voire désirable, de recourir à une fiction juridique en modifiant l’acte de naissance des personnes adoptées ?
Beaucoup de questionnements sont suscités par ce film.
Une poupée en chocolat, La Découverte, 2021
Dans son dernier essai autobiographique Amandine Gay revient, à l'aide de son expérience personnelle, sur le sujet de l'adoption internationale pour en creuser les enjeux et l'historique.
Retrouvez de nombreux podcasts en ligne pour écouter Amandine Gay s'exprimer sur ses oeuvres et ses idées, ainsi que d'autres adoptés.
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Le point de vue des enfants
"Dis-moi, comment te sentirais-tu avec un petit frère à la peau noire ?" Les yeux écarquillées, la petite fille dévisage sa maman puis secoue la tête. Elle reprend son jeu, et choisit une pièce ronde pour construire la suite de son château de briques. "Ah non ? Tu es sûre ? Mais pourtant, ta meilleure amie a la peau noire..." "Mais pas du tout !" Nouveau silence. Les yeux sortent des orbites. La petite fille en oublie son château. "Ben si, tu as quand même remarqué que sa peau est noire, voyons." "Mais n'importe quoi ! Elle n'est pas noire. Elle est brune."
"Imaginons... Et si, l'enfant qui arrivera dans notre famille n'avait qu'une seule main ; comment le vivrais-tu ?" "Ben oui, c'est pas grave ça, on s'en fiche." "Bon. Et s'il ne peut pas grimper aux arbres avec toi ?" "Et ben, on fera de la balançoire." "D'accord. Et s'il ne peut pas aller dans la même école ou qu'il va dans la classe ULIS ?" "On s'en fiche je te dis !" "Bon d'accord, mais c'est important de bien se préparer. Par exemple, imagine que ton petit frère..." "Quoi ? Un garçon ? Ah non ! Hors de question ! Nan mais ça va pas la tête ?"
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Ajoutez votre touche de couleurs ! L'équipe de rédaction et de relecture remercie tous ceux, petits et grands, qui ont contribué à la rédaction de ce bulletin. Pour le prochain numéro, c'est avec plaisir et impatience que nous attendons vos contributions : photos, témoignages, idées créatives, mots d'enfants, etc. A envoyer à : efa68.gac@gmail.com
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Les dessins de Baptiste
Cette histoire est racontée par Baptiste, en dessins.
Mais que se passe-t-il ?
Bébé est devenu grand. Il est avec sa maman.
Bébé est dans le ventre.
Il est heureux.
Il pleure.
à vos crayons !
EFA 68 invite les enfants et les parents à participer à l'événement"les dessins de Baptiste". Pour participer, c'est très simple : une poignée de crayons de couleurs et un peu d'imagination. Racontez-vous, en dessins ! Tous les dessins seront recompensés. De nombreux lots sont à gagner. Envoyez une photo de vos dessins par email à : efa68.gac@gmail.com avant le 31 décembre 2021.
Avec le soutien de :
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Concours de dessins
Les dessins de Baptiste
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Vous pouvez aussi participer en réalisant votre dessin sur papier libre. Ensuite, prenez une photo de vos dessins et envoyez-les à efa68.gac@gmail.com Indiquez dans l'intitulé "Concours de dessins GAC"et précisez l'âge du dessinateur.
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Retrouvez les mots-clés du Graines d'Arc-en-Ciel :
https://puzzlemaker.discoveryeducation.com/
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Heureux événements
Camille et Pierre sont heureux d'annoncer l'arrivée de leur fils, à l'âge de 4 mois.
Marie et Christophe sont heureux d'annoncer l'arrivée de leur fille,à l'âge de 4 ans.
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