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Lectures d'été #1

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Lectures d'été #1

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Created on May 28, 2021

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Lectures d'été #1

À la Bpi, niveau 3, 830"20" MELL 4 WE

Thomas Melle est bipolaire. Ce n'est pas un secret, pas une fierté non plus : il rendrait volontiers son génie, s'il en a, pour ne plus être malade, tout en récusant l'idée selon laquelle la bipolarité permettrait de développer sa créativité. Son livre, entre essai et récit autobiographique, est construit chronologiquement à partir des phases maniaques qui en 1999, 2006 et 2010, le conduisent en hôpital psychiatrique.

En nous retraçant son parcours, Thomas Melle nous plonge dans la culture underground allemande et anglo-saxonne qui a souvent accompagné ses délires, entre paranoïa et sentiment d'être l'élu. Il fait des parallèles avec des artistes qui ont eu sans doute maille à partir avec des troubles psychiatriques : Stephen Fry, Sarah Kane, Ingeborg Bachmann, Werner Schwab ou Sylvia Plath. Le Monde dans le dos est un grand livre sur la bipolarité. On pense à Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, ou à L'autre qu'on adorait de Catherine Cusset. Mais ici, l'auteur est à la fois celui qui doit lutter avec le trouble psychiatrique et celui qui compose une œuvre sur sa maladie, comme pour l'exorciser. Le Monde dans le dos est avant tout un livre sur l'écriture : le récit se construit au fil de la plume et révèle comment une œuvre s'élabore avec et en dépit de la maladie.

Le monde dans le dos, Thomas Melle, Métaillé, 2021

À la Bpi, niveau 3, 859 CART 4 ME

Dans les nuits immobiles d’une ville tentaculaire, une poignée de personnages veillent. Un enfant de cinq ans, qui se croit abandonné par sa mère ; un frère et une sœur à la relation fusionnelle qui vont devoir affronter leurs pires peurs ; un jeune garçon, enfin, qui va découvrir en tombant amoureux les formes surprenantes que peut prendre la mue de l’adolescence.

Ces personnages, à l’éveil de leur vie, ont en commun une expérience du monde surréelle, qui fait des friches industrielles de Bucarest l’espace de rêves infinis, où prennent chair tous les fantasmes et toutes les angoisses associées à l’enfance et à son crépuscule. Ce monde obscur sera le théâtre de leur initiation aux secrets de la vie d’adulte. Comme dans Solénoïde, Mircea Cărtărescu déploie au fil des nouvelles de Melancolia une vision désespérée et claustrophobe de la vie humaine, que semble pourtant racheter une expérience de la transcendance qui prend la forme de rituels fantastiques et de cauchemars peuplés de formes organiques. Nouvelle pièce de choix dans l’impressionnant édifice gothique qu’est l’œuvre de Cărtărescu, Melancolia confirme la singularité et la radicalité de son imaginaire, servi par une langue ciselée qui dit aussi bien le tourment et la déréliction que l’espoir insensé et la soif d’amour de ses personnages.

Melancolia, Mircea Cărtărescu, Noir sur blanc, 2021

Bientôt disponible à la Bpi

Quand Calista, jeune étudiante grecque, se retrouve à Los Angeles dans un restaurant au côté du cinéaste mythique Billy Wilder et du scénariste I.A.L Diamond, elle ignore tout de leurs films et du cinéma. De son côté, Wilder, boudé en 1977 par la critique et le public, cherche un financement pour son nouveau film. Leurs échanges rapprochent les personnages et, l’année suivante, Calista est recrutée comme interprète sur le tournage de Fedora à Corfou. Elle devient vite la confidente de ces deux hommes en proie au doute et dépassés par les nouveaux cinéastes.

Le roman mêle habilement l’apprentissage de cette jeune fille naïve qui découvre la vie, le cinéma et sa vocation de compositrice face à deux hommes nostalgiques de leurs succès et confrontés à l’approche de la vieillesse. Jonathan Coe est un admirateur de l'œuvre de Wilder (aussi doué pour les comédies satiriques que pour les films noirs), il cite ses bons mots, égrène des anecdotes et va jusqu’à utiliser la forme d’ un scénario pour éclairer un pan du passé de Wilder : son départ de Berlin à la montée du Nazisme, son passage à Paris, son arrivée à Hollywood… Roman plein d’humour mais empreint de mélancolie, il offre un portrait tendre et cruel d’un homme hanté par la tragédie et la disparition de ses proches, dont l'angoisse culmine avec la découverte par Billy Wilder de films sur les camps de la mort.

Billy Wilder et moi, Jonathan Coe, Gallimard, 2021

À la Bpi, niveau 3, 840"20" BELL.A 4 TE

Un soir d’avril 2001, douze inconnus pénètrent dans un grand studio de télévision aménagé en loft. Derrière des vitres sans tain, des caméras vont les filmer sans interruption pendant trois mois. Aux manettes de cette expérience qui fait basculer la télé dans une nouvelle ère se trouve Sébastien Bitereau, un des producteurs les plus puissants de France. Il en est convaincu : le Loft va révolutionner notre rapport à la célébrité, à l’intimité... et peut-être même prouver que la télévision est la dernière forme d’art absolue.

Mêlant, comme à son habitude, la réalité et la fiction, Aurélien Bellanger conte la success story très balzacienne de son héros, Rastignac du PAF que rien ne prédestine à une ascension fulgurante. Il nous fait revivre la transformation de la télévision dans les années quatre-vingt-dix. D’un trait férocement drôle, Bellanger nous plonge dans les coulisses de ce monde cruel, où des carrières se font ou se défont en quelques semaines, où les fêtes sont de plus en plus démesurées, et où le narcissisme est roi. Et pourtant, comme toujours chez Bellanger, derrière les apparences se profile une aspiration à changer le monde par une vision mystique et esthétique. La télé sera peut-être la planche de salut de ces héros vains et égocentriques, l’outil de leur rédemption ultime, et notre dernière grande expérience de communion universelle, avec ses icônes et ses rites.

Téléréalité, Aurélien Bellanger, Gallimard, 2021

À la Bpi, niveau 3, 840"19" NDIA 4 VE

Lorsque Gilles Principaux entre dans le cabinet de Maître Susane, celle-ci a aussitôt la conviction que quelque chose, dans un passé lointain, la rattache à cet homme. Le souvenir confus d’un moment lumineux, l’année de ses dix ans, remonte soudain à la surface. Mais pour l’heure, Gilles Principaux vient la solliciter pour une affaire des plus sordides : sa femme, Marlyne, vient de tuer leurs trois enfants.

Tout en cherchant à comprendre le geste de cette inconnue pour préparer sa défense, Maître Susane va se mettre en quête des vestiges de son propre passé. De leur côté, les parents de l'avocate semblent vouloir l’empêcher de comprendre qui est vraiment Gilles Principaux. D’emblée, Marie Ndiaye plonge les personnages de La Vengeance m’appartient dans un épais brouillard. Maître Susane arpente à tâtons les territoires troubles des relations familiales, où la pulsion de transgression côtoie l’instinct de protection. Marqué par une ambiguïté fondamentale, La Vengeance m’appartient prend parfois l’apparence du thriller psychologique, dont il a toute la redoutable efficacité, mais laisse toutes les pistes ouvertes. En résulte un roman profondément inquiétant, traversé par une sorte de pressentiment tragique, où la culpabilité et la vengeance couvent sous des liens familiaux tantôt ténus, tantôt teintés d’une monstruosité quasi mythologique.

La Vengeance m'appartient, Marie Ndiaye, Gallimard

Vacances à Trouville, 1898-1899, Domaine public, Gallica.bnf

Coquilles, Yoeequa, 1830-1840, Domaine public, Gallica.bnf

Tōkaidō shinagawa gotenyama no fuji / Zen-hokusai-iitsu-hitsu, Hokusai, 1831-1834, Domaine public, Gallica.bnf

Biarritz - Vue d'ensemble de la Plage, 1912, Domaine public, Gallica.bnf

Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) : La plage, au centre la Pergola, 1972, Domaine public, Gallica.bnf

Journal de bord du bâteau Indian Chief, Nantuket Historical Association, 1842, Domaine public

Scènes de plage, Agence Rol, 1922, Domaine public, Gallica.bnf

Traité des arbres et arbustes que l'on cultive en France. Tome 3, Henri-Louis Duhamel Du Monceau, Étienne Michel, 1804-1809, Domaine public, Gallica.bnf

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