Crise personnelle Crise familiale
Juste La Fin du Monde
Jean Luc Lagarce
1990
Entrer
1ère générale
Etude du prologue en distanciel (LL n°1)
Pour réaliser cette activité, prenez votre polycopié contenant le texte (pas le tableau à remplir, mais le texte) et lisez très attentivement le genially pour comprendre les idées principales de ce texte.Ne notez rien pour l'instant: vous renseignerez le polycopié cours distribué en classe (le tableau) et vous annoterez votre texte à partir d'une correction située à la fin de ce diaporama.
Passez la souris sur les personnages
Next
Résumé
Axes de lecture de la pièce
Prenez votre texte sous les yeux en même temps que de visionnez la mise en scène de Berreur
Prologue
Ecoutez ici
L'univers de la tragédie
Un prologue théâtral
Une entrée en matière énigmatique
Un travail poétique
Watch
Lecture linéaire du prologue
Eléments d'introduction
Étymologiquement pro-logos : avant la parole. - Dans les tragédies antiques, le prologue est un personnage extérieur à l’action qui situe l’intrigue et présente les personnages. Or ici, c’est le personnage principal qui s’en charge. - Le texte n'annonce pas une action, mais un récit, et il se présente sous une forme poétique. - Le texte est constitué d'une longue phrase, qui progresse grâce aux redites précisant la pensée. - C'est bien la fonction poétique du langage qui est sollicitée. -
Les mouvements du texte - 3 mvts
2- L'exposition de l'enjeu de la pièce : le retour et l'annonce
1- L'exposition des raisons du retour
LOUIS. – Plus tard‚ l’année d’après – j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente-quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai‚ l’année d’après‚ de nombreux mois déjà que j’attendais à ne rien faire‚ à tricher‚ à ne plus savoir‚ de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini‚ l’année d’après‚ comme on ose bouger parfois‚ à peine‚ devant un danger extrême‚ imperceptiblement‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt‚ l’année d’après‚ malgré tout‚ la peur‚ prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚ malgré tout‚
l’année d’après‚ je décidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et précision – ce que je crois – lentement‚ calmement‚ d’une manière posée – et n’ai-je pas toujours été pour les autres et eux‚ tout précisément‚ n’ai-je pas toujours été un homme posé ?‚ pour annoncer‚ dire‚ seulement dire‚ ma mort prochaine et irrémédiable‚
Les mouvements du texte - 3 mvts
3 - Un phénomène de théâtre dans le théâtre: le "rôle" de Louis
l’annoncer moi-même‚ en être l’unique messager‚ et paraître – peut-être ce que j’ai toujours voulu‚ voulu et décidé‚ en toutes circonstances et depuis le plus loin que j’ose me souvenir – et paraître pouvoir là encore décider‚ me donner et donner aux autres‚ et à eux‚ tout précisément‚ toi‚ vous‚ elle‚ ceux-là encore que je ne connais pas (trop tard et tant pis)‚ me donner et donner aux autres une dernière fois l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître.
LOUIS. – Plus tard‚ l’année d’après– j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente-quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai‚ l’année d’après‚ de nombreux mois déjà que j’attendais à ne rien faire‚ à tricher‚ à ne plus savoir‚ de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini‚ l’année d’après‚ comme on ose bouger parfois‚ à peine‚ devant un danger extrême‚ imperceptiblement‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt‚
Confusion dans la temporalité : emploi de systèmes de temps + indications temporelles incompatibles : la mort annihile la temporalité linéaire. On est à la fin dans la prophétie et la remémoration.
Un début in medias res
Homme qui doute, découragé, qui peine à prendre des décisions et à agir. Il attend des mois avant de rendre visite à sa famille.
Champ lexical de l'immobilité
L'évocation d'un temps de sidération face à la perspective de sa propre mort.
L'ennemi est sa maladie dont l'issue est la mort.
1er mouvement
Reprise de l'anaphore , sorte de refrain lancinant + rupture (malgré tout/la peur)
l’année d’après‚ malgré tout‚ la peur‚ prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚ malgré tout‚ l’année d’après‚
La prise de décision d'annoncer la mort est dramatisée : "la peur / le risque"
Chiasme qui rend compte de la confusion qui existe chez le personnage.
Risque de l'action qui reste possible malgré la fatalité
1er mouvement
Passage au passé simple = action, remise en mouvement (verbes de mouvement) Moment de retour sur soi au moment de la mort. (polysémie de l'expression "faire le voyage: "re/traces"...)
je décidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et précision – ce que je crois – lentement‚ calmement‚ d’une manière posée
– et n’ai-je pas toujours été pour les autres et eux‚ tout précisément‚ n’ai-je pas toujours été un homme posé ?‚ pour annoncer‚ dire‚ seulement dire‚
Recherche de précision / du mot juste avec les accumulations d'expessions qui se précisent ou avec le procédé de l'épanorthose. L'écriture mime ce retour sur soi.
Répétition des verbes appartenant au champ lexical de la parole : rôle accordé à la parole qui paradoxalement, n'arrive pas à sortir > pas de catharsis possible.
2e mouvement
Le soin accordé au choix du mot juste se poursuit avec cette écriture par ajouts et corrections successives.
ma mort prochaine et irrémédiable‚ l’annoncer moi-même‚ en être l’unique messager‚ et paraître – peut-être ce que j’ai toujours voulu‚ voulu et décidé‚ en toutes circonstances et depuis le plus loin que j’ose me souvenir – et paraître pouvoir là encore décider‚ me donner et donner aux autres‚ et à eux‚ tout précisément‚ toi‚ vous‚ elle‚ ceux-là encore que je ne connais pas (trop tard et tant pis)‚ me donner et donner aux autres une dernière fois l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître.
Rappel de la fatalité, du caractère inéluctable de la mort. La seule action possible est celle de la parole (allusion au rôle traditionnel du messager).
Répétition du paraître = Importance du regard des autres + ironie tragique car Louis n'ira pas jusqu'au bout de son action.
Cela mime également le mouvement de la pensée intérieure, de l'introspection, du monologue intérieur.
Sorte d'echec contre la fatalité But de l'annonce = rester son propre maître, trouver de la liberté dans ce qui semble être pure fatalité, mais il s'agit d'une illusion.
3e mouvement
Conclusion
Ce prologue, qui permet à Louis de présenter au spectateur/lecteur l’idée directrice de la pièce, construit un personnage dans une situation de « crise » dans la mesure où une crise est un moment crucial annonçant le changement. Vivant, presque-mort, solitaire qui veut retourner auprès des siens, désireux de dire mais aussi de se protéger, Louis est un personnage de l’entre-deux et l’esthétique de la pièce souligne cette singularité.
Voilà le prologue expliqué dans ses grandes lignes. Désormais, prenez votre polycopié à trou et votre texte et rendez-vous ICI pour compléter votre leçon (tableau) à apprendre pour votre oral. Bon courage !
LL n°1 - Le prologue - Juste la fin du Monde
Lycée Mariette
Created on May 16, 2021
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Crise personnelle Crise familiale
Juste La Fin du Monde
Jean Luc Lagarce
1990
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1ère générale
Etude du prologue en distanciel (LL n°1)
Pour réaliser cette activité, prenez votre polycopié contenant le texte (pas le tableau à remplir, mais le texte) et lisez très attentivement le genially pour comprendre les idées principales de ce texte.Ne notez rien pour l'instant: vous renseignerez le polycopié cours distribué en classe (le tableau) et vous annoterez votre texte à partir d'une correction située à la fin de ce diaporama.
Passez la souris sur les personnages
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Axes de lecture de la pièce
Prenez votre texte sous les yeux en même temps que de visionnez la mise en scène de Berreur
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L'univers de la tragédie
Un prologue théâtral
Une entrée en matière énigmatique
Un travail poétique
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Lecture linéaire du prologue
Eléments d'introduction
Étymologiquement pro-logos : avant la parole. - Dans les tragédies antiques, le prologue est un personnage extérieur à l’action qui situe l’intrigue et présente les personnages. Or ici, c’est le personnage principal qui s’en charge. - Le texte n'annonce pas une action, mais un récit, et il se présente sous une forme poétique. - Le texte est constitué d'une longue phrase, qui progresse grâce aux redites précisant la pensée. - C'est bien la fonction poétique du langage qui est sollicitée. -
Les mouvements du texte - 3 mvts
2- L'exposition de l'enjeu de la pièce : le retour et l'annonce
1- L'exposition des raisons du retour
LOUIS. – Plus tard‚ l’année d’après – j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente-quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai‚ l’année d’après‚ de nombreux mois déjà que j’attendais à ne rien faire‚ à tricher‚ à ne plus savoir‚ de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini‚ l’année d’après‚ comme on ose bouger parfois‚ à peine‚ devant un danger extrême‚ imperceptiblement‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt‚ l’année d’après‚ malgré tout‚ la peur‚ prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚ malgré tout‚
l’année d’après‚ je décidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et précision – ce que je crois – lentement‚ calmement‚ d’une manière posée – et n’ai-je pas toujours été pour les autres et eux‚ tout précisément‚ n’ai-je pas toujours été un homme posé ?‚ pour annoncer‚ dire‚ seulement dire‚ ma mort prochaine et irrémédiable‚
Les mouvements du texte - 3 mvts
3 - Un phénomène de théâtre dans le théâtre: le "rôle" de Louis
l’annoncer moi-même‚ en être l’unique messager‚ et paraître – peut-être ce que j’ai toujours voulu‚ voulu et décidé‚ en toutes circonstances et depuis le plus loin que j’ose me souvenir – et paraître pouvoir là encore décider‚ me donner et donner aux autres‚ et à eux‚ tout précisément‚ toi‚ vous‚ elle‚ ceux-là encore que je ne connais pas (trop tard et tant pis)‚ me donner et donner aux autres une dernière fois l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître.
LOUIS. – Plus tard‚ l’année d’après– j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente-quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai‚ l’année d’après‚ de nombreux mois déjà que j’attendais à ne rien faire‚ à tricher‚ à ne plus savoir‚ de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini‚ l’année d’après‚ comme on ose bouger parfois‚ à peine‚ devant un danger extrême‚ imperceptiblement‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt‚
Confusion dans la temporalité : emploi de systèmes de temps + indications temporelles incompatibles : la mort annihile la temporalité linéaire. On est à la fin dans la prophétie et la remémoration.
Un début in medias res
Homme qui doute, découragé, qui peine à prendre des décisions et à agir. Il attend des mois avant de rendre visite à sa famille.
Champ lexical de l'immobilité
L'évocation d'un temps de sidération face à la perspective de sa propre mort.
L'ennemi est sa maladie dont l'issue est la mort.
1er mouvement
Reprise de l'anaphore , sorte de refrain lancinant + rupture (malgré tout/la peur)
l’année d’après‚ malgré tout‚ la peur‚ prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚ malgré tout‚ l’année d’après‚
La prise de décision d'annoncer la mort est dramatisée : "la peur / le risque"
Chiasme qui rend compte de la confusion qui existe chez le personnage.
Risque de l'action qui reste possible malgré la fatalité
1er mouvement
Passage au passé simple = action, remise en mouvement (verbes de mouvement) Moment de retour sur soi au moment de la mort. (polysémie de l'expression "faire le voyage: "re/traces"...)
je décidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et précision – ce que je crois – lentement‚ calmement‚ d’une manière posée – et n’ai-je pas toujours été pour les autres et eux‚ tout précisément‚ n’ai-je pas toujours été un homme posé ?‚ pour annoncer‚ dire‚ seulement dire‚
Recherche de précision / du mot juste avec les accumulations d'expessions qui se précisent ou avec le procédé de l'épanorthose. L'écriture mime ce retour sur soi.
Répétition des verbes appartenant au champ lexical de la parole : rôle accordé à la parole qui paradoxalement, n'arrive pas à sortir > pas de catharsis possible.
2e mouvement
Le soin accordé au choix du mot juste se poursuit avec cette écriture par ajouts et corrections successives.
ma mort prochaine et irrémédiable‚ l’annoncer moi-même‚ en être l’unique messager‚ et paraître – peut-être ce que j’ai toujours voulu‚ voulu et décidé‚ en toutes circonstances et depuis le plus loin que j’ose me souvenir – et paraître pouvoir là encore décider‚ me donner et donner aux autres‚ et à eux‚ tout précisément‚ toi‚ vous‚ elle‚ ceux-là encore que je ne connais pas (trop tard et tant pis)‚ me donner et donner aux autres une dernière fois l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître.
Rappel de la fatalité, du caractère inéluctable de la mort. La seule action possible est celle de la parole (allusion au rôle traditionnel du messager).
Répétition du paraître = Importance du regard des autres + ironie tragique car Louis n'ira pas jusqu'au bout de son action.
Cela mime également le mouvement de la pensée intérieure, de l'introspection, du monologue intérieur.
Sorte d'echec contre la fatalité But de l'annonce = rester son propre maître, trouver de la liberté dans ce qui semble être pure fatalité, mais il s'agit d'une illusion.
3e mouvement
Conclusion
Ce prologue, qui permet à Louis de présenter au spectateur/lecteur l’idée directrice de la pièce, construit un personnage dans une situation de « crise » dans la mesure où une crise est un moment crucial annonçant le changement. Vivant, presque-mort, solitaire qui veut retourner auprès des siens, désireux de dire mais aussi de se protéger, Louis est un personnage de l’entre-deux et l’esthétique de la pièce souligne cette singularité.
Voilà le prologue expliqué dans ses grandes lignes. Désormais, prenez votre polycopié à trou et votre texte et rendez-vous ICI pour compléter votre leçon (tableau) à apprendre pour votre oral. Bon courage !