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antologie poetique alwena

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Created on May 12, 2021

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Anthologie Poétique sur le Voyage

De Alwena Quintin

Le voyage en poésie est exprimé par la description d'un paysage, d'un départ, d'un moment. Les poèmes nous transportent ailleurs dans l'espace, dans le temps, dans l'imaginaire, le rêve , dans l'idéal. Les poètes nous font voyager par l'imagination à travers leurs poèmes. Par la magie des mots, le poète peut créer des mondes qui n'existent pas. Il nous fait voyager par la métaphore. J'ai choisi le thème du voyage car il permet de s'évader et de se ressourcer. J'aime voyager, pour voir d'autres paysages, rencontrer de nouvelles personnes, découvrir des cultures différentes. Mais j'aime aussi laisser mon esprit, mon imagination voyager, s'évader, rêver.

Les voiles Alphonse de Lamartine

Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes, Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensée avec elles, Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers. Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin Des continents de vie et des îles de joie Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main. J'enviais chaque nef qui blanchissait l'écume, Heureuse d'aspirer au rivage inconnu, Et maintenant, assis au bord du cap qui fume, J'ai traversé ces flots et j'en suis revenu. Et j'aime encor ces mers autrefois tant aimées, Non plus comme le champ de mes rêves chéris, Mais comme un champ de mort où mes ailes semées De moi-même partout me montrent les débris. Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste, Ma fortune sombra dans ce calme trompeur ; La foudre ici sur moi tomba de l'arc céleste Et chacun de ces flots roule un peu de mon coeur.

Les voiles d'Alphonse de Lamartine écrit en 1844 et publié après sa mort, en 1873

Les voiles, Alphonse de Lamartine

Peinture de Olga Kataeva-Rochford en 2020

Ce poème est en vers réguliers , il raconte un rêve de voyage en mer, et l'echec de ce rêve. Ce poème m'a plu car la première partie parle de rêve et de l'envie de partir, de voir et de découvrir l'inconnu. Et la deuxième d'un regret des experience vécues. De plus j'aime le fait que le poète utilise la première personne du singulier, ce qui m'a permit de m'identifier dès le début de la lecture. Le vocabulaire sur le thème de la mer me plait particulièrement, je trouve ce poème beau et rêveur.

L'invitation au voyage Charles Baudelaire

Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble ! Aimer à loisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs larmes. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Des meubles luisants, Polis par les ans, Décoreraient notre chambre ; Les plus rares fleurs Mêlant leurs odeurs Aux vagues senteurs de l’ambre, Les riches plafonds, Les miroirs profonds, La splendeur orientale, Tout y parlerait À l’âme en secret Sa douce langue natale. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Vois sur ces canaux Dormir ces vaisseaux Dont l’humeur est vagabonde ; C’est pour assouvir Ton moindre désir Qu’ils viennent du bout du monde. Les soleils couchants Revêtent les champs, Les canaux, la ville entière, D’hyacinthe et d’or ; Le monde s’endort Dans une chaude lumière. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.

L'invitation au voyage de Charles Baudelaire, parut en 1857 dans le recueil Les Fleurs du Mal

L'invitation au voyageCharles baudelaire

Tableau d'Henri Matisse : "Luxe, calme et volupté". (1904)

Ce poème est composé de trois strophes de douze vers chacunes et d'un refrain, ce qui donne un rythme de chanson, une musicalité au poème. On peut dire que c'est un poème lyrique. Il y a des sonorité suggérant la douceur et le rêve. Dans le refrain, le poète utilise les mots : "beauté", "luxe", "calme", "volupté", qui sont des mots idéaux, qui font réver. Le poète s'adresse à la femme aimée, en lui évoquant un lieu idéal. J'ai choisi ce poème car à sa lecture j'ai eu l'impression que le poète m'invitait à voyager vers ce monde idéal et magique.

L'appel du largeCharles Baudelaire

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme, Le coeur gros de rancune et de désirs amers, Et nous allons, suivant le rythme de la lame, Berçant notre infini sur le fini des mers. Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons, De leur fatalité jamais ils ne s’écartent, Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons ! Amer savoir, celui qu’on tire du voyage ! Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

L'appel du large de Charles Baudelaire parut en 1857 dans le recueil Les Fleurs du Mal

L'appel du largeCharles Baudelaire

Arrivé de Bougainville à Tahiti, Albert Brenet, 1960

Jai choisi ce poème car il évoque le voyage, la liberté, le départ. De plus parce que je le trouve beau et agréable à lire. j'aime la poésie en rapport avec la mer et l'océan

Le paysage dans le cadre des portières, Verlaine

Le paysage dans le cadre des portières Court furieusement, et des plaines entières Avec de l'eau, des blés, des arbres et du ciel Vont s'engouffrant parmi le tourbillon cruel Où tombent les poteaux minces du télégraphe Dont les fils ont l'allure étrange d'un paraphe. Une odeur de charbon qui brûle et d'eau qui bout, Tout le bruit que feraient mille chaînes au bout Desquelles hurleraient mille géants qu'on fouette ; Et tout à coup des cris prolongés de chouette. - Que me fait tout cela, puisque j'ai dans les yeux La blanche vision qui fait mon cœur joyeux, Puisque la douce voix pour moi murmure encore, Puisque le Nom si beau, si noble et si sonore Se mêle, pur pivot de tout ce tournoiement, Au rythme du wagon brutal, suavement.

«Le paysage dans le cadre des portières» Verlaine 1870

Le paysage dans le cadre des portières, Verlaine

Le train dans la campagne de Claude Monet, peinture, réaliséeen 1870

J'ai choisi ce poème car il m'a fait voyager. J'ai eu l'impression d'étre à l'interieur d'un wagon du train. Le paysage défile sous nos yeux, le poéme décrit tout ce que nos sens peuvent percevoir par la vue, l'odorat, l'ouïe.

A New York Léopold Sédar Senghor

- I - New York ! D’abord j’ai été confondu par ta beauté, ces grandes filles d’or aux jambes longues. Si timide d’abord devant tes yeux de métal bleu, ton sourire de givre Si timide. Et l’angoisse au fond des rues à gratte-ciel Levant des yeux de chouette parmi l’éclipse du soleil. Sulfureuse ta lumière et les fûts livides, dont les têtes foudroient le ciel Les gratte-ciel qui défient les cyclones sur leurs muscles d’acier et leur peau patinée de pierres. Mais quinze jours sur les trottoirs chauves de Manhattan - C’est au bout de la troisième semaine que vous saisit la fièvre en un bond de jaguar Quinze jours sans un puits ni pâturage, tous les oiseaux de l’air Tombant soudain et morts sous les hautes cendres des terrasses. Pas un rire d’enfant en fleur, sa main dans ma main fraîche Pas un sein maternel, des jambes de nylon. Des jambes et des seins sans sueur ni odeur. Pas un mot tendre en l’absence de lèvres, rien que des cœurs artificiels payés en monnaie forte Et pas un livre où lire la sagesse. La palette du peintre fleurit des cristaux de corail. Nuits d’insomnie ô nuits de Manhattan ! si agitées de feux follets, tandis que les klaxons hurlent des heures vides Et que les eaux obscures charrient des amours hygiéniques, tels des fleuves en crue des cadavres d’enfants. - II - Voici le temps des signes et des comptes New York ! or voici le temps de la manne et de l’hysope. Il n’est que d’écouter les trombones de Dieu, ton cœur battre au rythme du sang ton sang. J’ai vu dans Harlem bourdonnant de bruits de couleurs solennelles et d’odeurs flamboyantes - C’est l’heure du thé chez le livreur-en-produits-pharmaceutiques J’ai vu se préparer la fête de la Nuit à la fuite du jour. C’est l’heure pure où dans les rues, Dieu fait germer la vie d’avant mémoire Tous les éléments amphibies rayonnants comme des soleils. Harlem Harlem ! voici ce que j’ai vu Harlem Harlem ! Une brise verte de blés sourdre des pavés labourés par les pieds nus de danseurs Dans Croupes de soie et seins de fers de lance, ballets de nénuphars et de masques fabuleux Aux pieds des chevaux de police, les mangues de l’amour rouler des maisons basses. Et j’ai vu le long des trottoirs, des ruisseaux de rhum blanc des ruisseaux de lait noir dans le brouillard bleu des cigares. J’ai vu le ciel neiger au soir des fleurs de coton et des ailes de séraphins et des panaches de sorciers. Écoute New York ! ô écoute ta voix mâle de cuivre ta voix vibrante de hautbois, l’angoisse bouchée de tes larmes tomber en gros caillots de sang Écoute au loin battre ton cœur nocturne, rythme et sang du tam-tam, tam-tam sang et tam-tam.

- III - New York! je dis New York, laisse affluer le sang noir dans ton sang Qu’il dérouille tes articulations d’acier, comme une huile de vie Qu’il donne à tes ponts la courbe des croupes et la souplesse des lianes. Voici revenir les temps très anciens, l’unité retrouvée la réconciliation du Lion du Taureau et de l’Arbre L’idée liée à l’acte l’oreille au cœur le signe au sens. Voilà tes fleuves bruissants de caïmans musqués et de lamantins aux yeux de mirages. Et nul besoin d’inventer les Sirènes. Mais il suffit d’ouvrir les yeux à l’arc-en-ciel d’Avril Et les oreilles, surtout les oreilles à Dieu qui d’un rire de saxophone créa le ciel et la terre en six jours. Et le septième jour, il dormit du grand sommeil nègre.

Le poème "A New York" est issu de Ethiopiques (1956).

A New York Léopold Sédar Senghor

Empire State Building, photographie de Jean-François Humbert

Ce poème est plus contemporain et donc plus moderne que ceux pmrécédents, c'est la raison pour laquelle je l'ai choisis.Il parle de la ville de New York. Le poète est d abord ébloui par cette ville puis il la critique.Le début du poème montre l'étonnement et la fascination , la puissance imposante et glacée de New York. Puis cela laisse place à une révolte contre cet univers artificiel, où tout est inhumain, où la nature, l'amour et l'enfant n'y ont plus leur place.