LA MORT DU ROI TSONGOR Laurent Gaudé (2002)
PRESENTATION DE LA LECTURE CURSIVE
Observons le titre... "LA MORT DU ROI TSONGOR" - Quels thèmes vous évoque-t-il? - Quel(s) registre(s) peuvent'être attendus? - De quoi va parler l'histoire selon vous?
Observons les couvertures
Quels points communs peut-on relever entre ces couvertures? Où et quand l'histoire va-t-elle se passer selon-vous?
LE BOOKTRAILER
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https://www.youtube.com/watch?v=zWUiSmXbd4g
A partir de vos premières impressions et de cette vidéo de présentation, complétez votre idée sur l'histoire que va raconter le livre.
LES PERSONNAGES PRINCIPAUX
Katabolonga, témoin du passé conquérant de Tsongor. Ancien ennemi irréductible de Tsongor, devenu son serviteur.
Roi Tsongor, roi de Massaba
Kouame, (Homme bleu) promis diplomatiquement à Samilia par Tsongor
Souba, architecte des 7 tombeaux
La princesse Samilia
Sako et Danga (jumeaux)
Sango Kerim, pacte amoureux d’adolescence, amoureux de Samilia
UN Récit épique
La bataille fut horrible et dura tout le jour. A la poussée fiévreuse de Danga, Arkalas et Barnak opposaient une résistance tenace. Le mur qu’ils formaient semblait infranchissable. Danga enrageait. Le palais était là. A cinq cents mètres à peine. Il le voyait. Il lui suffisait de passer cette poignée d’hommes pour reprendre la ville à son frère. Mais rien n’y faisait. Arkalas se battait comme un dément. Il haranguait ses ennemis. Les provoquait. Venait les chercher lorsque ceux-ci hésitaient à attaquer. Le vieux Barnak, ivre de drogue, semblait danser entre les morts. Aucune pique, aucune flèche ne pouvait l’atteindre. Il parait tous les coups. Et ses compagnons semblaient animés par une vigueur de danseurs en transe. Danga, petit à petit, reculait. Alors, furieux de ne pas parvenir à pénétrer dans Massaba, il ordonna aux siens de tirer sur les maisons environnantes des flèches enflammées. Il mit le feu où il pouvait, et le feu, comme une gangrène, se propagea de toit en toit, libérant , partout, une immense fumée.
A partir de la lecture de ce texte, comment peut-on définir lE REGISTRE épique?
la réécriture d'une épopée
La Mort du roi Tsongor est un récit de bataille, de pouvoir, mettant en scène les hauts faits guerriers de personnages démesurés. Pour son récit, Laurent Gaudé s'est inspiré d'un épopée grecque célèbre: la guerre de Troie, racontée dans l'Iliade par Homère. 1. Cherchez ce qu'est "la guerre de Troie". Résumez son histoire en quelques lignes. 2. Quels rapprochements peut-on faire entre la guerre de Troie et La Mort du roi Tsongor? 3. Cherchez une défintion du tragique et de l'épopée.
La figure du héros
Qu'est-ce qu'un héros selon vous? Quelles caractéristiques physiques / morales doit-il posséder? Comment se distingue un héros?
C’était à l’époque où le roi Tsongor était jeune. Il venait de quitter le royaume de son père. Sans se retourner. Laissant le vieux roi périr sur son trône fatigué. Tsongor était parti. Il savait que son père ne voulait rien lui léguer et il refusait de subir cette humiliation. Il était parti, crachant sur le visage de ce vieillard qui ne voulait rien céder. Il avait décidé qu’il ne demanderait rien. Qu’il ne supplierait pas. Il avait décidé de construire un empire plus vaste que celui qu’on lui refusait. Ses mains étaient vives et nerveuses. Ses jambes le démangeaient. Il voulait parcourir des terres nouvelles. Porter le fer. Entreprendre des conquêtes aux confins des terres connues. Il avait faim. Et jusque dans ses nuits, il prononçait le nom des contrées qu’il rêvait d’assujettir. Il voulait que son visage soit celui de la conquête. Il leva son armée alors même que le corps de son père était encore chaud dans sa tombe, et partir vers le sud, avec l’intention de ne jamais reculer, d’arpenter la terre jusqu’à ce qu’il n’ait plus de souffle et de faire flotter partout les enseignes de ses ancêtres. Les campagnes du roi Tsongor durèrent vingt ans. Vingt ans de campements. De combats. Et d’avancées. Vingt ans où il ne dormit que sur des lits de fortune. Vingt ans à consulter des cartes. A élaborer des stratégies. Et à porter ses coups. Il était invincible. A chaque nouvelle victoire, il ralliait les ennemis à ses rangs. Leur offrant les mêmes privilèges qu’à ses propres soldats. Et son armée, ainsi, malgré les pertes, malgré les corps mutilés et les famines, ne faisait que grossir. Le roi Tsongor vieillit à cheval. Le fer à la main. Dans ce texte, comment est présenté le roi ? Quelles caractéristiques possède-t-il ?
Groupe 1 : la mythologie grecque dans La Mort du roi Tsongor
1) Après la quête de la toison d’or, la guerre de Troie est le légendaire conflit entre Troie et Sparte. Elle fut déclenchée par Pâris, roi troyen, qui enleva la magnifique Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte. Pour la récupérer et en représailles, Ménélas et son frère Agamemnon s’allient avec la plupart des rois et héros grecs (dont Achille et Ulysse) et lancent une expédition militaire. Ils assiègent Troie pendant des années et finissent par remporter la victoire, grâce à la ruse d’Ulysse (qui construit le fameux cheval de Troie).
Pourquoi peut-on dire que Laurent Gaudé s’inspire de cette légende dans La Mort du roi Tsongor ? 2) Toujours à partir de ce mythe, de quels personnages pourrait-on rapprocher Kouame, Sango Kerim et Samilia, et pourquoi ? 3) Dans la mythologie grecque, Antigone, Polynice et Eteocle sont les enfants du légendaire Œdipe, roi de Thèbes qui s’est crevé les yeux après avoir involontairement tué son père et couché avec sa mère, après avoir été abandonné par eux et qu’il n’avait donc pas reconnus. À la mort d’Œdipe, Polynice et Étéocle, maudits à cause du crime de leur père, doivent régner alternativement sur Thèbes. Mais ils se disputent le trône et Eteocle chasse Polynice Thèbes. Celui-ci revient avec une armée et assiège sa propre cité pour récupérer le trône. Tous deux en viennent à s'affronter lors des combats livrés devant la ville et meurent de la main l'un de l'autre, résultat funeste de la malédiction dont ils sont victimes. L’oncle d’Antigone, Créon, interdit d’ensevelir Polynice pour des raisons politiques, au grand désespoir d’Antigone qui veut offrir à son frère une sépulture. En quoi Laurent Gaudé reprend-il ce mythe ? Et pourquoi reprend-il ce mythe selon vous ? 4) Pourquoi Laurent Gaudé a-t-il recours à la mythologie dans son roman ?
Groupe 2 : la guerre
1. Dans le roman, pour quelles raisons et comment Tsongor a-t-il conquis autant de territoires ? 2. La guerre qui s’abat sur les enfants du roi Tsongor était-elle évitable ? Pourquoi est-elle un châtiment hérité de leur père ? 3. Qui sont les différents guerriers qui apparaissent lors des multiples assauts ? 4. En quoi Laurent Gaudé propose-t-il une réflexion sur l’inutilité de la guerre dans son roman ?
Groupe 3: Le roi Tsongor
1. Faites le portrait le plus détaillé possible de Tsongor. 2. Pour quelles raisons le roi Tsongor choisit-il de mourir au début du roman ? 3. Pourquoi le jeune Souba doit-il construire sept tombeaux en l’honneur de son père ? De quoi chaque chacun de ces sept monuments est-il symbolique ? 4. Détaillez les relations ambigües que Tsongor entretien avec Katalonga au fil du roman.
Groupe 4 : la princesse Samilia
1) Faites le portrait le plus détaillé possible de Samilia. 2) Pour quelles raisons Kouame et Sango Kerim réclament-ils tous deux de se marier avec Samilia ? 3) Relevez les indices de mort et de guerre qui apparaissent dès les préparatifs du mariage. 4) Samilia est-elle une héroïne tragique ? Pourquoi ?
Groupe 5 : l’humaine condition dans La Mort du roi Tsongor
1. Montrez que les personnages sont responsables de leurs propres malheurs. 2. En vous appuyant sur l’exemple de Tsongor, montrez que le roman met au jour les ambiguïtés de l’homme, à la fois grand, mais aussi méprisable. 3. Quels défauts et quelles qualités de l’être humain prédominent dans ce roman ? Par quel(s) personnage(s) sont-ils incarnés ? 4. En quoi Laurent Gaudé critique-t-il l’inutilité de la guerre dans son roman ?
Groupe 6 : La Mort du roi Tsongor, une tragédie ?
1. Comparez la structure de ce roman à la structure traditionnelle de la tragédie classique. 2. En quoi La Mort du roi Tsongor s’apparente-t-il à une tragédie ? 3. Démontrez que la princesse Samilia ressemble à une héroïne tragique. 4. Relevez des exemples appartenant au registre tragique.
Groupe 7 : Le personnage de Katabolonga
1) Faites le portrait le plus détaillé possible de Katabolonga. 2) Pourquoi le personnage de Katabolonga représente-t-il la mauvaise conscience du roi Tsongor ? 3) Etudiez le personnage de Katabolonga : pourquoi est-il épique ? 4) En quoi Katabolonga est-il également un personnage tragique ?
Groupe 8: Le personnage de Souba
1) Faites le portrait le plus détaillé possible de Souba. 2) Quelle mission son père lui confie-t-il avant de mourir, et pourquoi ? 3) En quoi son voyage est-il initiatique ? 4) Pourquoi peut-on dire qu’il est le seul personnage à être devenu sage à la fin ?
Correction La mythologie grecque dans La Mort du roi Tsongor
1) Tsongor reprend le schéma de la guerre de Troie : « On a une ville, on a un roi, on a une fille et deux prétendants, et ensuite une guerre qui se déclenche. » . 2) On peut rapprocher Samilia d’Hélène de Troie, Sango Karim étant celui qu’elle aime, il peut être assimilé à Pâris, tandis que Ménélas trouve certains échos dans le personnage de Kouame, prince des terres de sel qui tient sa légitimité de Tsongor. 3) À la mort d’OEdipe, Antigone, Polynice et Étéocle subissent un destin lié à l’inceste originel dont ils sont issus + combat de frères jumeaux. Comme les enfants d’OEdipe, ceux de Tsongor paient les crimes paternels. Ces récits marquent l’autodestruction et relèvent du tragique le plus fort si on le définit comme une violence fait au cœur des alliances les plus marquées (la filiation, la fratrie étant les plus fortes).
Correction - La guerre
1. Tsongor est avant tout un guerrier sanguinaire. Il a conquis ses territoires en réponse au mépris d’un père qui le déshérita. 2. Le roi Tsongor a choisi de se donner la mort, et pour partie de l’obtenir aussi de son fidèle Katabolonga, pensant que ce deuil retarderait l’affrontement des deux prétendants. Mais, en réalité, le texte ne laisse pas de suspens : la guerre est inévitable tant chacun est décidé et sûr de son bon droit. 3. Les mangeurs de khat, décimant leurs ennemis dans le délire procuré par la drogue mâchée ou Arkalas qui, sous l’emprise d’un sort, massacre tous les siens, n’ont rien à envier à la folie d’Ajax. Ajoutez les chiennes de guerres, guerriers maquillés en femmes qui humilient leurs ennemis en murmurant à leur oreille "je suis une femme et je te tue", ou les amazones chevauchant des zébus. 4. Tsongor veut marier sa fille pour maintenir la paix du royaume, mais cela déclenche une guerre fratricide. Il décide de se sacrifier pour éviter la guerre, mais elle est déjà en marche. Impuissant, il éloigne son cadet de la guerre qui fait de nombreuses victimes. Destruction totale de la région, aucun clan ne peut gagner. Le roi Tsongor, qui visite Katabolonga, assiste à la destruction de tout ce qu’il a construit et conquis par la guerre. Les armées s’entretuent en ne sachant plus pourquoi elles se battent.
CORrection - Le Roi Tsongor
2. En mourant, Tsongor pense éviter la guerre à sa famille. Mais il honore également dans ce geste le serment qu’il a fait à Katabolonga qui peut disposer librement de sa vie. 3. Avant de mourir, Tsongor demande au dernier de ses fils, Souba, de lui construire sept tombeaux (p. 43 de l’édition Le Livre de poche) qui rendront compte des différents visages du personnage (p. 143) : - le premier dans la ville que Tsongor aimait, Saramine (p. 132), tombeau de « Tsongor le glorieux » - un tombeau pour Tsongor le bâtisseur - une île cimetière pour Tsongor l’explorateur - un tombeau pour Tsongor le guerrier - un tombeau pour Tsongor le père (p. 144), - un tombeau maudit pour Tsongor le tueur (p. 168) - un lieu à l’échelle de son père : les montagnes (p. 206). 4. Détaillez les relations ambigües que Tsongor entretien avec Katalonga au fil du roman. Entre amitié et ennemis. Fidélité en son serment. Admire le courage de Katalonga qui l’a affronté. Puis, mort, il continue à le visiter par pensée : Katalonga est témoin de la guerre, il y assiste par son intermédiaire.
Correction - La princesse Samilia
2) Tous les deux ont des raisons différentes : – Kouame a obtenu la main de Samilia par son père Tsongor. – Sango Kerim a le serment de Samilia enfant de lui rester fidèle. 3) Relevez les indices de mort et de guerre qui apparaissent dès les préparatifs du mariage. 4) Le personnage est partagé entre deux hommes, Sango Kerim et Kouame, mais aussi entre deux pulsions contradictoires : obéir à son devoir et donc à son père, ou à son désir. Elle résout ce dilemme en déclarant être « aux deux », c’est son destin tragique contre lequel elle ne peut rien, comme une héroïne tragique. Mais cela ne satisfait personne et elle n’est finalement qu’ « une femme de guerre ». Samilia est victime dans le sens où elle ne peut choisir l’homme qu’elle aime. Mais elle est aussi coupable parce qu’elle s’est engagée sans l’accord de son père auprès de Sango Kerim. Elle est donc partagée entre le sens du devoir et le désir amoureux.
Correction - L'humaine condition dans La Mort du roi Tsongor
1. Les personnages sont responsables dans la mesure où aucun ne fait de concession à ses propres pulsions : ni les deux jeunes hommes, ni la jeune femme qui se dit appartenir aux deux hommes, même si elle choisit de suivre Sango Kerim, « par fidélité ». Tsongor est victime de son serment et d’une forme de destin qui le rattrape et lui fait payer ses crimes. Katabolonga est lui aussi prisonnier d’un serment qu’il ne veut pas honorer et que Tsongor l’oblige à respecter. 2. La grandeur épique seule peut être intéressante. Mais le roman n’est pas l’épopée, il n’a pas pour vocation de chanter un peuple, une nation et d’exalter les exploits guerriers. Au contraire, le roman permet d’entrer dans la psychologie d’un personnage, d’en sonder la grandeur et la petitesse, d’en mettre au jour les contradictions. 3. Les défauts qui dominent, comme on vient de le dire, sont l’aveuglement et la démesure, incarnés par tous les personnages en rapport direct avec la guerre, notamment Kouame et Sango Kerim. Mais on trouve aussi des qualités : la loyauté, qui est une notion importante dans le roman, et qui est représentée en grande partie par Katabolonga. À cette loyauté vient s’ajouter la fidélité incarnée à la fois par Katabolonga et Samilia. Car même si Samilia est dans un dilemme, elle aspire à être loyale et fidèle. 4. Tsongor veut marier sa fille pour maintenir la paix du royaume, mais cela déclenche une guerre fratricide. Il décide de se sacrifier pour éviter la guerre, mais elle est déjà en marche. Impuissant, il éloigne son cadet de la guerre qui fait de nombreuses victimes. Destruction totale de la région, aucun clan ne peut gagner. Le roi Tsongor, qui visite Katabolonga, assiste à la destruction de tout ce qu’il a construit et conquis par la guerre. Les armées s’entretuent en ne sachant plus pourquoi elles se battent.
Correction - Le personnage de Katabolonga
2) Katabolonga est la mémoire de Tsongor, le tueur et le guerrier. Il est le gardien d’un secret qui scelle leur destin. Sa présence lui rappelle leur serment et son passé. 3) Katabolonga a la grandeur des anciens guerriers : il garde la mémoire de sa force et les valeurs chevaleresques chevillées au corps. 4) Mais son destin est lui aussi tragique : il doit se rendre coupable du meurtre de son ami malgré lui.
Correction - Le personnage de Souba
1) Cadet de la famille. 2) Trouver 7 lieux les plus propices pour construire 7 tombeaux qui reflètent la gloire de Tsongor et ses 7 caractères. Au terme de sa quête, Souba a mis au jour les différents visages de son père et a découvert l’étendue du royaume. Selon les mots de l’oracle, il est devenu un vrai « Tsongor ». Cette tâche menée par le fils est une marque de reconnaissance de tout ce qu’a fait le père, tant en Bien qu’en Mal. D’une certaine façon, cela rachète ses crimes. 3) Exilé loin de la guerre, il est confronté au monde. Au début il est naïf et innocent et ne comprend pas la mission de son père. Au cours de sa quête, il tente de comprendre qui était son père. Explorer le monde pour explorer ses racines. 4) Il s’est extrait du cycle de la violence et a appris plus que les autres. Sa quête devient un don de soi. Il comprend que son père l’a en fait éloigné de la guerre et l’a sauvé. C’est le seul qui a appris du sacrifice de son frère, contrairement à ses frères aînés qui se lancent dans la guerre et meurent tous. Et puis il y a aussi une forme de sagesse, en tout cas la quête d’une sagesse avec Souba, le seul personnage qui s’extrait du cycle de la violence, même si ce n’est pas de manière confortable ni agréable. Cette sagesse-là n’est pas à envisager au sens d’un état totalement abstrait, calme, serein, mais au sens où il accepte de plonger en lui-même, de se regarder lui-même avec toutes les zones d’ombre que cela implique, d’éprouver la honte, la colère, de se confronter au meurtre, c’est-à-dire de se connaître. En fait Souba est probablement le seul personnage qui, à la fin du livre, peut vraiment répondre à l’injonction « connais-toi toi-même », car il a fait le parcours qui lui a permis de se connaître.
La mort du roi Tsongor
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LA MORT DU ROI TSONGOR Laurent Gaudé (2002)
PRESENTATION DE LA LECTURE CURSIVE
Observons le titre... "LA MORT DU ROI TSONGOR" - Quels thèmes vous évoque-t-il? - Quel(s) registre(s) peuvent'être attendus? - De quoi va parler l'histoire selon vous?
Observons les couvertures
Quels points communs peut-on relever entre ces couvertures? Où et quand l'histoire va-t-elle se passer selon-vous?
LE BOOKTRAILER
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https://www.youtube.com/watch?v=zWUiSmXbd4g
A partir de vos premières impressions et de cette vidéo de présentation, complétez votre idée sur l'histoire que va raconter le livre.
LES PERSONNAGES PRINCIPAUX
Katabolonga, témoin du passé conquérant de Tsongor. Ancien ennemi irréductible de Tsongor, devenu son serviteur.
Roi Tsongor, roi de Massaba
Kouame, (Homme bleu) promis diplomatiquement à Samilia par Tsongor
Souba, architecte des 7 tombeaux
La princesse Samilia
Sako et Danga (jumeaux)
Sango Kerim, pacte amoureux d’adolescence, amoureux de Samilia
UN Récit épique
La bataille fut horrible et dura tout le jour. A la poussée fiévreuse de Danga, Arkalas et Barnak opposaient une résistance tenace. Le mur qu’ils formaient semblait infranchissable. Danga enrageait. Le palais était là. A cinq cents mètres à peine. Il le voyait. Il lui suffisait de passer cette poignée d’hommes pour reprendre la ville à son frère. Mais rien n’y faisait. Arkalas se battait comme un dément. Il haranguait ses ennemis. Les provoquait. Venait les chercher lorsque ceux-ci hésitaient à attaquer. Le vieux Barnak, ivre de drogue, semblait danser entre les morts. Aucune pique, aucune flèche ne pouvait l’atteindre. Il parait tous les coups. Et ses compagnons semblaient animés par une vigueur de danseurs en transe. Danga, petit à petit, reculait. Alors, furieux de ne pas parvenir à pénétrer dans Massaba, il ordonna aux siens de tirer sur les maisons environnantes des flèches enflammées. Il mit le feu où il pouvait, et le feu, comme une gangrène, se propagea de toit en toit, libérant , partout, une immense fumée.
A partir de la lecture de ce texte, comment peut-on définir lE REGISTRE épique?
la réécriture d'une épopée
La Mort du roi Tsongor est un récit de bataille, de pouvoir, mettant en scène les hauts faits guerriers de personnages démesurés. Pour son récit, Laurent Gaudé s'est inspiré d'un épopée grecque célèbre: la guerre de Troie, racontée dans l'Iliade par Homère. 1. Cherchez ce qu'est "la guerre de Troie". Résumez son histoire en quelques lignes. 2. Quels rapprochements peut-on faire entre la guerre de Troie et La Mort du roi Tsongor? 3. Cherchez une défintion du tragique et de l'épopée.
La figure du héros
Qu'est-ce qu'un héros selon vous? Quelles caractéristiques physiques / morales doit-il posséder? Comment se distingue un héros?
C’était à l’époque où le roi Tsongor était jeune. Il venait de quitter le royaume de son père. Sans se retourner. Laissant le vieux roi périr sur son trône fatigué. Tsongor était parti. Il savait que son père ne voulait rien lui léguer et il refusait de subir cette humiliation. Il était parti, crachant sur le visage de ce vieillard qui ne voulait rien céder. Il avait décidé qu’il ne demanderait rien. Qu’il ne supplierait pas. Il avait décidé de construire un empire plus vaste que celui qu’on lui refusait. Ses mains étaient vives et nerveuses. Ses jambes le démangeaient. Il voulait parcourir des terres nouvelles. Porter le fer. Entreprendre des conquêtes aux confins des terres connues. Il avait faim. Et jusque dans ses nuits, il prononçait le nom des contrées qu’il rêvait d’assujettir. Il voulait que son visage soit celui de la conquête. Il leva son armée alors même que le corps de son père était encore chaud dans sa tombe, et partir vers le sud, avec l’intention de ne jamais reculer, d’arpenter la terre jusqu’à ce qu’il n’ait plus de souffle et de faire flotter partout les enseignes de ses ancêtres. Les campagnes du roi Tsongor durèrent vingt ans. Vingt ans de campements. De combats. Et d’avancées. Vingt ans où il ne dormit que sur des lits de fortune. Vingt ans à consulter des cartes. A élaborer des stratégies. Et à porter ses coups. Il était invincible. A chaque nouvelle victoire, il ralliait les ennemis à ses rangs. Leur offrant les mêmes privilèges qu’à ses propres soldats. Et son armée, ainsi, malgré les pertes, malgré les corps mutilés et les famines, ne faisait que grossir. Le roi Tsongor vieillit à cheval. Le fer à la main. Dans ce texte, comment est présenté le roi ? Quelles caractéristiques possède-t-il ?
Groupe 1 : la mythologie grecque dans La Mort du roi Tsongor
1) Après la quête de la toison d’or, la guerre de Troie est le légendaire conflit entre Troie et Sparte. Elle fut déclenchée par Pâris, roi troyen, qui enleva la magnifique Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte. Pour la récupérer et en représailles, Ménélas et son frère Agamemnon s’allient avec la plupart des rois et héros grecs (dont Achille et Ulysse) et lancent une expédition militaire. Ils assiègent Troie pendant des années et finissent par remporter la victoire, grâce à la ruse d’Ulysse (qui construit le fameux cheval de Troie). Pourquoi peut-on dire que Laurent Gaudé s’inspire de cette légende dans La Mort du roi Tsongor ? 2) Toujours à partir de ce mythe, de quels personnages pourrait-on rapprocher Kouame, Sango Kerim et Samilia, et pourquoi ? 3) Dans la mythologie grecque, Antigone, Polynice et Eteocle sont les enfants du légendaire Œdipe, roi de Thèbes qui s’est crevé les yeux après avoir involontairement tué son père et couché avec sa mère, après avoir été abandonné par eux et qu’il n’avait donc pas reconnus. À la mort d’Œdipe, Polynice et Étéocle, maudits à cause du crime de leur père, doivent régner alternativement sur Thèbes. Mais ils se disputent le trône et Eteocle chasse Polynice Thèbes. Celui-ci revient avec une armée et assiège sa propre cité pour récupérer le trône. Tous deux en viennent à s'affronter lors des combats livrés devant la ville et meurent de la main l'un de l'autre, résultat funeste de la malédiction dont ils sont victimes. L’oncle d’Antigone, Créon, interdit d’ensevelir Polynice pour des raisons politiques, au grand désespoir d’Antigone qui veut offrir à son frère une sépulture. En quoi Laurent Gaudé reprend-il ce mythe ? Et pourquoi reprend-il ce mythe selon vous ? 4) Pourquoi Laurent Gaudé a-t-il recours à la mythologie dans son roman ?
Groupe 2 : la guerre
1. Dans le roman, pour quelles raisons et comment Tsongor a-t-il conquis autant de territoires ? 2. La guerre qui s’abat sur les enfants du roi Tsongor était-elle évitable ? Pourquoi est-elle un châtiment hérité de leur père ? 3. Qui sont les différents guerriers qui apparaissent lors des multiples assauts ? 4. En quoi Laurent Gaudé propose-t-il une réflexion sur l’inutilité de la guerre dans son roman ?
Groupe 3: Le roi Tsongor
1. Faites le portrait le plus détaillé possible de Tsongor. 2. Pour quelles raisons le roi Tsongor choisit-il de mourir au début du roman ? 3. Pourquoi le jeune Souba doit-il construire sept tombeaux en l’honneur de son père ? De quoi chaque chacun de ces sept monuments est-il symbolique ? 4. Détaillez les relations ambigües que Tsongor entretien avec Katalonga au fil du roman.
Groupe 4 : la princesse Samilia
1) Faites le portrait le plus détaillé possible de Samilia. 2) Pour quelles raisons Kouame et Sango Kerim réclament-ils tous deux de se marier avec Samilia ? 3) Relevez les indices de mort et de guerre qui apparaissent dès les préparatifs du mariage. 4) Samilia est-elle une héroïne tragique ? Pourquoi ?
Groupe 5 : l’humaine condition dans La Mort du roi Tsongor
1. Montrez que les personnages sont responsables de leurs propres malheurs. 2. En vous appuyant sur l’exemple de Tsongor, montrez que le roman met au jour les ambiguïtés de l’homme, à la fois grand, mais aussi méprisable. 3. Quels défauts et quelles qualités de l’être humain prédominent dans ce roman ? Par quel(s) personnage(s) sont-ils incarnés ? 4. En quoi Laurent Gaudé critique-t-il l’inutilité de la guerre dans son roman ?
Groupe 6 : La Mort du roi Tsongor, une tragédie ?
1. Comparez la structure de ce roman à la structure traditionnelle de la tragédie classique. 2. En quoi La Mort du roi Tsongor s’apparente-t-il à une tragédie ? 3. Démontrez que la princesse Samilia ressemble à une héroïne tragique. 4. Relevez des exemples appartenant au registre tragique.
Groupe 7 : Le personnage de Katabolonga
1) Faites le portrait le plus détaillé possible de Katabolonga. 2) Pourquoi le personnage de Katabolonga représente-t-il la mauvaise conscience du roi Tsongor ? 3) Etudiez le personnage de Katabolonga : pourquoi est-il épique ? 4) En quoi Katabolonga est-il également un personnage tragique ?
Groupe 8: Le personnage de Souba
1) Faites le portrait le plus détaillé possible de Souba. 2) Quelle mission son père lui confie-t-il avant de mourir, et pourquoi ? 3) En quoi son voyage est-il initiatique ? 4) Pourquoi peut-on dire qu’il est le seul personnage à être devenu sage à la fin ?
Correction La mythologie grecque dans La Mort du roi Tsongor
1) Tsongor reprend le schéma de la guerre de Troie : « On a une ville, on a un roi, on a une fille et deux prétendants, et ensuite une guerre qui se déclenche. » . 2) On peut rapprocher Samilia d’Hélène de Troie, Sango Karim étant celui qu’elle aime, il peut être assimilé à Pâris, tandis que Ménélas trouve certains échos dans le personnage de Kouame, prince des terres de sel qui tient sa légitimité de Tsongor. 3) À la mort d’OEdipe, Antigone, Polynice et Étéocle subissent un destin lié à l’inceste originel dont ils sont issus + combat de frères jumeaux. Comme les enfants d’OEdipe, ceux de Tsongor paient les crimes paternels. Ces récits marquent l’autodestruction et relèvent du tragique le plus fort si on le définit comme une violence fait au cœur des alliances les plus marquées (la filiation, la fratrie étant les plus fortes).
Correction - La guerre
1. Tsongor est avant tout un guerrier sanguinaire. Il a conquis ses territoires en réponse au mépris d’un père qui le déshérita. 2. Le roi Tsongor a choisi de se donner la mort, et pour partie de l’obtenir aussi de son fidèle Katabolonga, pensant que ce deuil retarderait l’affrontement des deux prétendants. Mais, en réalité, le texte ne laisse pas de suspens : la guerre est inévitable tant chacun est décidé et sûr de son bon droit. 3. Les mangeurs de khat, décimant leurs ennemis dans le délire procuré par la drogue mâchée ou Arkalas qui, sous l’emprise d’un sort, massacre tous les siens, n’ont rien à envier à la folie d’Ajax. Ajoutez les chiennes de guerres, guerriers maquillés en femmes qui humilient leurs ennemis en murmurant à leur oreille "je suis une femme et je te tue", ou les amazones chevauchant des zébus. 4. Tsongor veut marier sa fille pour maintenir la paix du royaume, mais cela déclenche une guerre fratricide. Il décide de se sacrifier pour éviter la guerre, mais elle est déjà en marche. Impuissant, il éloigne son cadet de la guerre qui fait de nombreuses victimes. Destruction totale de la région, aucun clan ne peut gagner. Le roi Tsongor, qui visite Katabolonga, assiste à la destruction de tout ce qu’il a construit et conquis par la guerre. Les armées s’entretuent en ne sachant plus pourquoi elles se battent.
CORrection - Le Roi Tsongor
2. En mourant, Tsongor pense éviter la guerre à sa famille. Mais il honore également dans ce geste le serment qu’il a fait à Katabolonga qui peut disposer librement de sa vie. 3. Avant de mourir, Tsongor demande au dernier de ses fils, Souba, de lui construire sept tombeaux (p. 43 de l’édition Le Livre de poche) qui rendront compte des différents visages du personnage (p. 143) : - le premier dans la ville que Tsongor aimait, Saramine (p. 132), tombeau de « Tsongor le glorieux » - un tombeau pour Tsongor le bâtisseur - une île cimetière pour Tsongor l’explorateur - un tombeau pour Tsongor le guerrier - un tombeau pour Tsongor le père (p. 144), - un tombeau maudit pour Tsongor le tueur (p. 168) - un lieu à l’échelle de son père : les montagnes (p. 206). 4. Détaillez les relations ambigües que Tsongor entretien avec Katalonga au fil du roman. Entre amitié et ennemis. Fidélité en son serment. Admire le courage de Katalonga qui l’a affronté. Puis, mort, il continue à le visiter par pensée : Katalonga est témoin de la guerre, il y assiste par son intermédiaire.
Correction - La princesse Samilia
2) Tous les deux ont des raisons différentes : – Kouame a obtenu la main de Samilia par son père Tsongor. – Sango Kerim a le serment de Samilia enfant de lui rester fidèle. 3) Relevez les indices de mort et de guerre qui apparaissent dès les préparatifs du mariage. 4) Le personnage est partagé entre deux hommes, Sango Kerim et Kouame, mais aussi entre deux pulsions contradictoires : obéir à son devoir et donc à son père, ou à son désir. Elle résout ce dilemme en déclarant être « aux deux », c’est son destin tragique contre lequel elle ne peut rien, comme une héroïne tragique. Mais cela ne satisfait personne et elle n’est finalement qu’ « une femme de guerre ». Samilia est victime dans le sens où elle ne peut choisir l’homme qu’elle aime. Mais elle est aussi coupable parce qu’elle s’est engagée sans l’accord de son père auprès de Sango Kerim. Elle est donc partagée entre le sens du devoir et le désir amoureux.
Correction - L'humaine condition dans La Mort du roi Tsongor
1. Les personnages sont responsables dans la mesure où aucun ne fait de concession à ses propres pulsions : ni les deux jeunes hommes, ni la jeune femme qui se dit appartenir aux deux hommes, même si elle choisit de suivre Sango Kerim, « par fidélité ». Tsongor est victime de son serment et d’une forme de destin qui le rattrape et lui fait payer ses crimes. Katabolonga est lui aussi prisonnier d’un serment qu’il ne veut pas honorer et que Tsongor l’oblige à respecter. 2. La grandeur épique seule peut être intéressante. Mais le roman n’est pas l’épopée, il n’a pas pour vocation de chanter un peuple, une nation et d’exalter les exploits guerriers. Au contraire, le roman permet d’entrer dans la psychologie d’un personnage, d’en sonder la grandeur et la petitesse, d’en mettre au jour les contradictions. 3. Les défauts qui dominent, comme on vient de le dire, sont l’aveuglement et la démesure, incarnés par tous les personnages en rapport direct avec la guerre, notamment Kouame et Sango Kerim. Mais on trouve aussi des qualités : la loyauté, qui est une notion importante dans le roman, et qui est représentée en grande partie par Katabolonga. À cette loyauté vient s’ajouter la fidélité incarnée à la fois par Katabolonga et Samilia. Car même si Samilia est dans un dilemme, elle aspire à être loyale et fidèle. 4. Tsongor veut marier sa fille pour maintenir la paix du royaume, mais cela déclenche une guerre fratricide. Il décide de se sacrifier pour éviter la guerre, mais elle est déjà en marche. Impuissant, il éloigne son cadet de la guerre qui fait de nombreuses victimes. Destruction totale de la région, aucun clan ne peut gagner. Le roi Tsongor, qui visite Katabolonga, assiste à la destruction de tout ce qu’il a construit et conquis par la guerre. Les armées s’entretuent en ne sachant plus pourquoi elles se battent.
Correction - Le personnage de Katabolonga
2) Katabolonga est la mémoire de Tsongor, le tueur et le guerrier. Il est le gardien d’un secret qui scelle leur destin. Sa présence lui rappelle leur serment et son passé. 3) Katabolonga a la grandeur des anciens guerriers : il garde la mémoire de sa force et les valeurs chevaleresques chevillées au corps. 4) Mais son destin est lui aussi tragique : il doit se rendre coupable du meurtre de son ami malgré lui.
Correction - Le personnage de Souba
1) Cadet de la famille. 2) Trouver 7 lieux les plus propices pour construire 7 tombeaux qui reflètent la gloire de Tsongor et ses 7 caractères. Au terme de sa quête, Souba a mis au jour les différents visages de son père et a découvert l’étendue du royaume. Selon les mots de l’oracle, il est devenu un vrai « Tsongor ». Cette tâche menée par le fils est une marque de reconnaissance de tout ce qu’a fait le père, tant en Bien qu’en Mal. D’une certaine façon, cela rachète ses crimes. 3) Exilé loin de la guerre, il est confronté au monde. Au début il est naïf et innocent et ne comprend pas la mission de son père. Au cours de sa quête, il tente de comprendre qui était son père. Explorer le monde pour explorer ses racines. 4) Il s’est extrait du cycle de la violence et a appris plus que les autres. Sa quête devient un don de soi. Il comprend que son père l’a en fait éloigné de la guerre et l’a sauvé. C’est le seul qui a appris du sacrifice de son frère, contrairement à ses frères aînés qui se lancent dans la guerre et meurent tous. Et puis il y a aussi une forme de sagesse, en tout cas la quête d’une sagesse avec Souba, le seul personnage qui s’extrait du cycle de la violence, même si ce n’est pas de manière confortable ni agréable. Cette sagesse-là n’est pas à envisager au sens d’un état totalement abstrait, calme, serein, mais au sens où il accepte de plonger en lui-même, de se regarder lui-même avec toutes les zones d’ombre que cela implique, d’éprouver la honte, la colère, de se confronter au meurtre, c’est-à-dire de se connaître. En fait Souba est probablement le seul personnage qui, à la fin du livre, peut vraiment répondre à l’injonction « connais-toi toi-même », car il a fait le parcours qui lui a permis de se connaître.