Crise personnelle Crise familiale
Juste La Fin du Monde
Jean Luc Lagarce
1990
Entrer
1G
Passez la souris sur les personnages
Next
Résumé
Axes de lecture de la pièce
Ecoutez ici
Prologue
L'univers de la tragédie
Un prologue théâtral
Une entrée en matière énigmatique
Un travail poétique
Watch
Lecture linéaire du prologue
Eléments d'introduction
Étymologiquement pro-logos : avant la parole. - Dans les tragédies antiques, le prologue est un personnage extérieur à l’action qui situe l’intrigue et présente les personnages. Or ici, c’est le personnage principal qui s’en charge. - Le texte n'annonce pas une action, mais un récit, et il se présente sous une forme poétique. - Le texte est constitué d'une longue phrase, qui progresse grâce aux redites précisant la pensée. - C'est bien la fonction poétique du langage qui est sollicitée. -
Les mouvements du texte
2- La décision d'annoncer la mort
1- L'attente de la mort
je décidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et précision – ce que je crois – lentement‚ calmement‚ d’une manière posée – et n’ai-je pas toujours été pour les autres et eux‚ tout précisément‚ n’ai-je pas toujours été un homme posé ?‚ pour annoncer‚ dire‚ seulement dire‚ ma mort prochaine et irrémédiable‚ l’annoncer moi-même‚ en être l’unique messager‚ et paraître – peut-être ce que j’ai toujours voulu‚ voulu et décidé‚ en toutes circonstances et depuis le plus loin que j’ose me souvenir – et paraître pouvoir là encore décider‚ me donner et donner aux autres‚ et à eux‚ tout précisément‚ toi‚ vous‚ elle‚ ceux-là encore que je ne connais pas (trop tard et tant pis)‚ me donner et donner aux autres une dernière fois l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître.
LOUIS. – Plus tard‚ l’année d’après – j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente-quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai‚ l’année d’après‚ de nombreux mois déjà que j’attendais à ne rien faire‚ à tricher‚ à ne plus savoir‚ de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini‚ l’année d’après‚ comme on ose bouger parfois‚ à peine‚ devant un danger extrême‚ imperceptiblement‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt‚ l’année d’après‚ malgré tout‚ la peur‚ prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚ malgré tout‚ l’année d’après‚
LOUIS. – Plus tard‚ l’année d’après– j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente-quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai‚ l’année d’après‚ de nombreux mois déjà que j’attendais à ne rien faire‚ à tricher‚ à ne plus savoir‚ de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini‚ l’année d’après‚ comme on ose bouger parfois‚ à peine‚ devant un danger extrême‚ imperceptiblement‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt‚
Confusion dans la temporalité : emploi de systèmes de temps + indications temporelles incompatibles : la mort annihile la temporalité linéaire. On est à la fin dans la prophétie et la remémoration.
Un début in medias res
Homme qui doute, découragé, qui peine à prendre des décisions et à agir. Il attend des mois avant de rendre visite à sa famille.
Champ lexical de l'immobilité
L'évocation d'un temps de sidération face à la perspective de sa propre mort.
L'ennemi est sa maladie dont l'issue est la mort.
1er mouvement
Reprise de l'anaphore , sorte de refrain lancinant + rupture (malgré tout/la peur)
l’année d’après‚ malgré tout‚ la peur‚ prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚ malgré tout‚ l’année d’après‚
La prise de décision d'annoncer la mort est dramatisée : "la peur / le risque"
Chiasme qui rend compte de la confusion qui existe chez le personnage.
Risque de l'ation qui reste possible malgré la fatalité
1er mouvement
Passage au passé simple = action, remise en mouvement (verbes de mouvement) Moment de retour sur soi au moment de la mort. (polysémie de l'expression "faire le voyage: "re/traces"...)
je décidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et précision – ce que je crois – lentement‚ calmement‚ d’une manière posée
– et n’ai-je pas toujours été pour les autres et eux‚ tout précisément‚ n’ai-je pas toujours été un homme posé ?‚ pour annoncer‚ dire‚ seulement dire‚
Recherche de précision / du mot juste avec les accumulations d'expessions qui se précisent ou avec le procédé de l'épanorthose. L'écriture mime ce retour sur soi.
Répétition des verbes appartenant au champ lexical de la parole : rôle accordé à la parole qui paradoxalement, n'arrive pas à sortir > pas de catharsis possible.
2e mouvement
Write your title here
Expetenda tincidunt in sed, ex partem placerat sea, porro commodo eam. His putant aeterno intereset at. Usu ea mundi tincidunt, omnium virtute aliquando ius ex. Ea aperiri sententae duo. Usu nullam dolorum quaestio ei, sit vidit facilisis ea. Per ne impedit iracundia neglegentur. Consetetur neglegentur eum ut, vis animal legimus inimicus.
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+ info
Le soin accordé au choix du mot juste se poursuit avec cette écriture par ajouts et corrections successives.
ma mort prochaine et irrémédiable‚ l’annoncer moi-même‚ en être l’unique messager‚ et paraître – peut-être ce que j’ai toujours voulu‚ voulu et décidé‚ en toutes circonstances et depuis le plus loin que j’ose me souvenir – et paraître pouvoir là encore décider‚ me donner et donner aux autres‚ et à eux‚ tout précisément‚ toi‚ vous‚ elle‚ ceux-là encore que je ne connais pas (trop tard et tant pis)‚ me donner et donner aux autres une dernière fois l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître.
Rappel de la fatalité, du caractère inéluctable de la mort. La seule action possible est celle de la parole (allusion au rôle traditionnel du messager).
Répétition du paraître = Importance du regard des autres + ironie tragique car Louis n'ira pas jusqu'au bout de son action.
Cela mime également le mouvement de la pensée intérieure, de l'introspection, du monologue intérieur.
Sorte d'echec contre la fatalité But de l'annonce = rester son propre maître, trouver de la liberté dans ce qui semble être pure fatalité, mais il s'agit d'une illusion.
2e mouvement
Conclusion
Ce prologue, qui permet à Louis de présenter au spectateur/lecteur l’idée directrice de la pièce, construit un personnage dans une situation de « crise » dans la mesure où une crise est un moment crucial annonçant le changement. Vivant, presque-mort, solitaire qui veut retourner auprès des siens, désireux de dire mais aussi de se protéger, Louis est un personnage de l’entre-deux et l’esthétique de la pièce souligne cette singularité.
Le prologue JLFDM
madamekammer
Created on April 20, 2021
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Jean Luc Lagarce
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Passez la souris sur les personnages
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Axes de lecture de la pièce
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Prologue
L'univers de la tragédie
Un prologue théâtral
Une entrée en matière énigmatique
Un travail poétique
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Lecture linéaire du prologue
Eléments d'introduction
Étymologiquement pro-logos : avant la parole. - Dans les tragédies antiques, le prologue est un personnage extérieur à l’action qui situe l’intrigue et présente les personnages. Or ici, c’est le personnage principal qui s’en charge. - Le texte n'annonce pas une action, mais un récit, et il se présente sous une forme poétique. - Le texte est constitué d'une longue phrase, qui progresse grâce aux redites précisant la pensée. - C'est bien la fonction poétique du langage qui est sollicitée. -
Les mouvements du texte
2- La décision d'annoncer la mort
1- L'attente de la mort
je décidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et précision – ce que je crois – lentement‚ calmement‚ d’une manière posée – et n’ai-je pas toujours été pour les autres et eux‚ tout précisément‚ n’ai-je pas toujours été un homme posé ?‚ pour annoncer‚ dire‚ seulement dire‚ ma mort prochaine et irrémédiable‚ l’annoncer moi-même‚ en être l’unique messager‚ et paraître – peut-être ce que j’ai toujours voulu‚ voulu et décidé‚ en toutes circonstances et depuis le plus loin que j’ose me souvenir – et paraître pouvoir là encore décider‚ me donner et donner aux autres‚ et à eux‚ tout précisément‚ toi‚ vous‚ elle‚ ceux-là encore que je ne connais pas (trop tard et tant pis)‚ me donner et donner aux autres une dernière fois l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître.
LOUIS. – Plus tard‚ l’année d’après – j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente-quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai‚ l’année d’après‚ de nombreux mois déjà que j’attendais à ne rien faire‚ à tricher‚ à ne plus savoir‚ de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini‚ l’année d’après‚ comme on ose bouger parfois‚ à peine‚ devant un danger extrême‚ imperceptiblement‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt‚ l’année d’après‚ malgré tout‚ la peur‚ prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚ malgré tout‚ l’année d’après‚
LOUIS. – Plus tard‚ l’année d’après– j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente-quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai‚ l’année d’après‚ de nombreux mois déjà que j’attendais à ne rien faire‚ à tricher‚ à ne plus savoir‚ de nombreux mois que j’attendais d’en avoir fini‚ l’année d’après‚ comme on ose bouger parfois‚ à peine‚ devant un danger extrême‚ imperceptiblement‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui réveillerait l’ennemi et vous détruirait aussitôt‚
Confusion dans la temporalité : emploi de systèmes de temps + indications temporelles incompatibles : la mort annihile la temporalité linéaire. On est à la fin dans la prophétie et la remémoration.
Un début in medias res
Homme qui doute, découragé, qui peine à prendre des décisions et à agir. Il attend des mois avant de rendre visite à sa famille.
Champ lexical de l'immobilité
L'évocation d'un temps de sidération face à la perspective de sa propre mort.
L'ennemi est sa maladie dont l'issue est la mort.
1er mouvement
Reprise de l'anaphore , sorte de refrain lancinant + rupture (malgré tout/la peur)
l’année d’après‚ malgré tout‚ la peur‚ prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚ malgré tout‚ l’année d’après‚
La prise de décision d'annoncer la mort est dramatisée : "la peur / le risque"
Chiasme qui rend compte de la confusion qui existe chez le personnage.
Risque de l'ation qui reste possible malgré la fatalité
1er mouvement
Passage au passé simple = action, remise en mouvement (verbes de mouvement) Moment de retour sur soi au moment de la mort. (polysémie de l'expression "faire le voyage: "re/traces"...)
je décidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et précision – ce que je crois – lentement‚ calmement‚ d’une manière posée – et n’ai-je pas toujours été pour les autres et eux‚ tout précisément‚ n’ai-je pas toujours été un homme posé ?‚ pour annoncer‚ dire‚ seulement dire‚
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Rappel de la fatalité, du caractère inéluctable de la mort. La seule action possible est celle de la parole (allusion au rôle traditionnel du messager).
Répétition du paraître = Importance du regard des autres + ironie tragique car Louis n'ira pas jusqu'au bout de son action.
Cela mime également le mouvement de la pensée intérieure, de l'introspection, du monologue intérieur.
Sorte d'echec contre la fatalité But de l'annonce = rester son propre maître, trouver de la liberté dans ce qui semble être pure fatalité, mais il s'agit d'une illusion.
2e mouvement
Conclusion
Ce prologue, qui permet à Louis de présenter au spectateur/lecteur l’idée directrice de la pièce, construit un personnage dans une situation de « crise » dans la mesure où une crise est un moment crucial annonçant le changement. Vivant, presque-mort, solitaire qui veut retourner auprès des siens, désireux de dire mais aussi de se protéger, Louis est un personnage de l’entre-deux et l’esthétique de la pièce souligne cette singularité.