Chapitre 2 : Renaissance, Humanisme et réformes religieuses : les mutations de l’Europe (XVème-XVIème siècles)
L'Ecole d'Athènes- Raphael (1510)
Introduction
En 1508, le Pape Jules II demande à Raphael de réaliser une fresque murale dans la Chambre des Signatures. Cette fresque se compose de 4 ensembles picturaux dont un l’Ecole d’Athènes symbolisant la Philosophie. Raphael montre la volonté des artistes, philosophes « Modernes » d’imiter et de dépasser les « Anciens » comme Platon ou encore Aristote. On appelle ce courant de pensée l’Humanisme (mouvement de pensée qui renoue avec les valeurs de l’Antiquité et met l’homme au centre de ses préoccupations). Ce courant de pensée s’inscrit dans la Renaissance (période de renouvellement de l’art des XVe et XVIe siècles qui trouve son origine dans un intérêt nouveau pour la pensée et les formes de l’Antiquité gréco-romaine). Comment le renouveau de la pensée et de l’art aux XVème et XVIème siècles favorisent-elles les réformes religieuses ?
Sommaire
I. Un temps d’effervescence intellectuelle A. Une rupture avec le Moyen-Age : égaler et dépasser les anciens B. L’imprimerie C. Erasme et les humanistes
II. La mutation artistique A. Le renouveau de l’art
B. L’Italie, le foyer de la Renaissance
C. La diffusion de la Renaissance
III. Réforme et Contre-réforme A. Les causes du schisme luthérien
B. Le protestantisme se propage rapidement en Europe
C. La Réforme Catholique dite « Contre-Réforme»
I. Un temps d’effervescence intellectuelle A. Une rupture avec le Moyen-Age : égaler et dépasser les anciens
B. L’imprimerie
Cliquer sur pour accéder aux documents
1. Quel est l’atout des caractères mobiles en métal ?2. Comment évolue la production de livres? Quelles raisons peuvent expliquer cette évolution ? (doc 2 et 7) 3. Dans la forme et la nature, qu’est ce qui distingue et rapproche un livre imprimé au XVIe siècle d’un manuscrit médiéval ? (doc 3,4 et 5) 4. Dans quelles régions d’Europe, les imprimeries sont très nombreuses? (doc 6)
La technique de l’imprimerie repose sur l’emploi de caractères mobiles pressés sur une feuille cela permet une vaste diffusion aussi bien des textes religieux que de la pensée humanistes. Cette technique est mise en place par Gutenberg vers 1455. L’imprimerie permet de produire plus vite et moins cher, en effet au XVIe siècle près de 210 millions d’ouvrages sont produits alors qu’en 1450 seuls quelques milliers de manuscrits sont écrits.
Alde Manuce
Alde Manuce (1449-1515) est un imprimeur italien installé à Venise en 1494 qui bénéficie de réseaux importants avec les savants grecs exilés dans la République, qui permettent le développement de la culture grecque byzantine et antique. Alde Manuce réalise une innovation technologie en produisant des caractères typographiques en alphabet grec, qui lui permettent d’imprimer entre 1494 et 1515 plusieurs milliers d’exemplaires de près de 130 œuvres de l’Antiquité grecque.
L’imprimerie, la correspondance entre humanistes et leurs voyages permettent de fonder un réseau nommé la « République des lettres » centré sur l’Italie du Nord, les Pays-Bas et la Vallée du Rhin.
C. Erasme et les humanistes
Cliquer sur pour accéder aux documents
- Montrez que les humanistes accordent une grande place à l’Antiquité (doc 1,2 et 4)
- D’après Pic de la Mirandole, en quoi l’Homme se distingue-t-il des autres créatures? (doc 3)
- Dans le texte comment Gargantua distingue-t-il le XVIe siècle du Moyen-Age? Dans quels domaines Pantagruel doit-il être éduqué? Que révèle ce texte sur les idées des humanistes? (doc 4)
- Relevez les progrès dans le domaine de la recherche et des sciences. Selon vous, quels peuvent être les obstacles à de réels progrès scientifiques à cette époque ? (doc 5 et 6)
- Où sont situés les principaux foyers humanistes ? (carte)
Les intellectuels humanistes renouvellent la pensée de l’époque, en écrivant en langues vernaculaires (et non plus en latin comme au Moyen-âge) : - En France, Rabelais et Montaigne écrivent de grandes œuvres qui font l’éloge du plaisir comme Gargantua ou Les Essais. - En Italie, Machiavel analyse la mécanique du pouvoir (dans Le Prince). - Des humanistes font progresser les sciences : le polonais Copernic s’oppose à l’Eglise en affirmant que la Terre tourne autour du Soleil (De Revolutionibus), le flamand Vésale perfectionne l’anatomie en disséquant des cadavres (De humani corporis fabrica)… Mais leur soif de progrès se heurte à l’opposition de l’Eglise.
Cliquer sur pour accéder aux documents
1. Qu’est ce qui montre l’intérêt d’Erasme pour l’Antiquité grecque? Montrez qu’il est curieux de tout ? (doc 2 et 7) 2. Expliquez la première phrase de ce texte ? (doc 3) 3. Pourquoi sa connaissance du grec permet à Erasme de corriger l’Ancien Testament ? (doc 4)
4. Quelle est sa critique de l’Eglise ? Qui s’exprime à la place d’Erasme et pourquoi selon vous ? (doc 6)
5. Dans quelles régions d’Europe Erasme a-t-il voyagé ? Montrez qu’il est en relation avec de nombreux humanistes. (doc 5 et 7)
6. Qu’est ce qui prouve la grande renommée d’Erasme à son époque ? (doc 2 et 7)
Erasme est un grand penseur d’origine néerlandaise (Pays-Bas). Né vers 1467 à Rotterdam, il est ordonné prêtre (catholique) en 1492. Il possède une grande érudition grâce à ses années de jeunesse passées en monastère à étudier les textes de la Bible et d’autres textes de l’Antiquité grecque et latine. Pendant trente ans, Erasme parcours plusieurs pays d’Europe et séjourne dans la plupart des grandes villes d’Europe de l’Ouest : de Londres à Rome en passant par Paris, Lyon, Milan, Bâle, etc.
Erasme est une figure emblématique de ce qu’est un humaniste au XVIème siècle, il voyage beaucoup et il a une correspondance épistolaire avec de nombreux savants.
La principale préoccupation d’Erasme, comme beaucoup d’humanistes, est de philosopher en s’inspirant des textes grecs et latins de l’Antiquité mais aussi, et surtout, de la Bible dans sa version grecque antique. Erasme publie une nouvelle version du Nouveau Testament en langue grecque, imprimée en 1516 à Bâle (en Suisse). Pour cela, il utilise des manuscrits du Moyen-Âge qui proviennent de l’empire byzantin. Cette édition est une grande nouveauté pour l’Eglise Catholique qui depuis le Vème siècle se fondait quasi uniquement sur une version latine de la Bible (la Vulgate de Saint-Jérôme). Erasme participe ainsi aux grands mouvements de réformes religieuses, qui vont déchirer l’Europe en deux durant ce XVIème siècle.
II. La mutation artistique A. Le renouveau de l’art
La cène – Léonard de Vinci
La dame à la licorne- Raphael 1505
Le printemps - Botticelli
Au XVème siècle, la façon dont les Européens voient le monde est ébranlée. Cela pousse les artistes à se renouveler. C’est la Renaissance artistique. Les artistes de la renaissance sont aussi des humanistes : - Ils placent l’homme au cœur de leurs œuvres, veulent le représenter fidèlement.
- Ils s’inspirent de l’Antiquité : l’architecture en reprend certaines caractéristiques (frontons, colonnes, coupoles, etc.), la sculpture renoue avec les nus et la technique du bronze fondu, et les sujets s’inspirent de thèmes antiques (Bible, mais aussi mythologie gréco-romaine).
- Ils cherchent toutefois le progrès, et à dépasser l’antiquité : par de nouvelles techniques (règles de la perspective, peinture à l’huile, etc.), de nouvelles connaissances (Léonard de Vinci pratique lui-même des dissections sur cadavres), et surtout une nouvelle ambition : pour eux, peindre fidèlement l’homme, c’est rendre compte de sa nature profonde, exprimer ses émotions, rendre visible son « âme » (cf. la Joconde, considérée comme l’idéal du portrait renaissance).
Les artistes changent de statut : considérés comme de simples artisans au Moyen-âge, ils sont désormais vus comme de véritables créateurs, signent leurs œuvres, et sont courtisés par les puissants qui les soutiennent financièrement (Mécènes).
B. L’Italie, le foyer de la Renaissance
La Renaissance artistique est née dans les grandes villes d’Italie au milieu du XVème siècle. Les grandes familles et les principales cités, pour montrer leur puissance, attiraient les plus grands artistes de leur temps à leur service, en les finançant et les protégeant. Au XVème siècle, Florence est le centre de la Renaissance, grâce au mécénat des Médicis (qui financent Donatello, Léonard de Vinci, Michel Ange…).
Michel-Ange et la chapelle Sixtine
1. Où se situe la chapelle Sixtine ? Qui est le commanditaire de la peinture de la voûte ? (biographie) 2. Quel type d’art exerce Michel-Ange avant de réaliser la Chapelle Sixtine ? (biographie) 3. Quelle découverte transforme l’art de Michel-Ange ? (Vidéo ) 4. Quelle pratique permet à Michel Ange de mieux connaitre les corps ? (doc 4) 5. Par quelle œuvre Michel-Ange achève-t-il le travail de la chapelle Sixtine ? (Vidéo) 6. A quelle partie de la Bible appartiennent les scènes centrales ? Quelle liberté prend Michel-Ange ? (doc 2 et vidéo) 7. A quel passage de la liste suivante correspondent les scènes numérotées de 1 à 7 : a. Dieu sépare la Terre des eaux ; b. le déluge et l’arche de Noé ; c. Adam et Eve chassés du Paradis ; d. Noé construit un autel à Dieu ; e. Eve tirée de la côte d’Adam ; f. Dieu créé les astres ; g. Dieu créé la Lumière (peinture + lien interactif)
La cité de Florence perd son influence au XVIème siècle, au profit de Rome, que les Papes veulent faire rayonner. C’est ainsi que le pape Jules II a lancé la construction d’une immense basilique (la basilique Saint-Pierre) censée symboliser le pouvoir spirituel et temporel (politique) des papes, par sa magnificence et la beauté des œuvres d’arts qu’elle abrite. De même, en 1508, il attire l’artiste florentin Michel-Ange et lui commande d’embellir la chapelle Sixtine, située à côté de la nouvelle basilique, en peignant une vaste fresque sur sa voute.
Michel-Ange est originellement un sculpteur. Pour parfaire son art, il a pratiqué la dissection sur des cadavres (pourtant interdite par l’Eglise). Le plafond de la chapelle Sixtine se situe à 20 mètres de hauteur, et se déploie sur 1.200 m² (40,5 x 13 mètres). Il doit peindre sur un échafaudage, tordu, la tête en arrière, ce qui mine sa santé, lui occasionne des maux de dos, etc. Il lui faut 4 ans pour achever l’œuvre, seul. La peinture est organisée en plusieurs scènes, séparées par une architecture imaginaire. Les scènes centrales sont tirées de l’Ancien testament, et plus précisément du livre de la Genèse. Elles racontent la création du monde, de l’autel (bas) à l’entrée (haut), de la création de la lumière au déluge, en passant par la création de l’homme. L’œuvre est révélatrice de la Renaissance : elle s’inspire de l’antiquité (corps nus, thèmes bibliques, architecture en trompe l’œil qui s’inspire de l’architecture antique), place l’homme au cœur de l’œuvre (personnages nombreux.), et innove.
C. La diffusion de la Renaissance
Château de Chambord
Château de Chenonceau
La renaissance artistique n’est pas née qu’en Italie : au XVème siècle c’est ainsi aux Pays-Bas qu’est inventée la peinture à l’huile, par le peintre flamand, Jan Van Eyck. Au XVIème siècle, les nouveautés artistiques italiennes influencent d’autres espaces: des souverains (les rois de France : François Ier attire Léonard de Vinci à la fin de sa vie) mais aussi des riches marchands désirent adopter l’atmosphère de luxe italienne, pour témoigner de leur puissance. C’est ainsi que l’Italie influença le Val de Loire ou les Pays-Bas La diffusion suit les principaux courants commerciaux. Il ne s’agit pas de recopier les italiens : les œuvres présentent des caractéristiques nationales (persistance de toits en ardoise et de tours dans les châteaux de la Loire / les peintres flamands privilégient les portraits et les paysages, au détriment des scènes mythologiques…)
A recopier
Schéma créé par Catherine Lallement et Fanny Ehretac-strasbourg.fr
III. Réforme et Contre-réforme A. Les causes du schisme luthérien
Martin Luther (1483-1546) est un théologien allemand. Avant d’être l’initiateur de la Réforme protestante en 1517, il est d’abord un moine catholique reconnu pour ses talents de prédicateur religieux. Il est ordonné prêtre catholique en 1507 et devient docteur en théologie de l’Université de Wittenberg en 1512. Il entre en conflit avec le pape Léon X en 1517. A l’origine le mouvement de protestation de Luther porte sur une pratique assez répandue de l’Eglise Catholique : la vente des indulgences.
Qu’est ce que l’indulgence ?
Une indulgence est une grâce donnée par Dieu qui permet à une âme du Purgatoire (état transitoire et temporaire qui conduit à l’entrée au paradis, les âmes qui vont au purgatoire sont celles qui portent en elles le poids du péché mais qui sera pardonné) de réduire son temps à passer au Purgatoire. Comme pour le pardon des péchés, l’Eglise Catholique prétend qu’en vertu des dons que le Christ lui a faits, elle a le pouvoir de dispenser ces indulgences aux chrétiens.
L’indulgence ne peut être obtenue que par un fidèle vivant, le bénéfice de l’indulgence peut être pour le fidèle lui-même ou pour n’importe quelle âme, le fidèle doit alors faire un pèlerinage, prier, jeûner, faire une œuvre charitable…Au Moyen Age, l’Eglise autorise la « vente » des indulgences (don d’argent) lorsqu’elle souhaite financer un projet. En 1515, le pape Léon X avait autorisé le don d’argent comme œuvre indulgenciée pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome.
A la fin de l’année 1517, Martin Luther, publie 95 thèses qui critiquent cette pratique d’obtention des indulgences par un don d’argent. Le schisme n’est pas dû à la critique du commerce des indulgences (interdit en 1563) mais à la remise en cause de certaines doctrine catholique dont le Purgatoire
Grâce à l’imprimerie les 95 thèses se propagent rapidement et connaissent un certain succès. Quelques mois plus tard en 1518, Luther publie un nouveau texte (Sermon sur les indulgences et la grâce) dans lequel il remet en cause l’efficacité même des indulgences et il insiste, sur le rôle central de la Bible par rapport aux autres pratiques de l’Eglise. Luther affirme aussi que le salut d’une âme provient uniquement de sa foi personnelle et non de l’intervention d’un serviteur de Dieu. Il rejette alors le culte des saints.
En 1520, le pape Léon X fulmine une bulle (un texte papal) dans laquelle il demande à Luther de retirer ses propos, de les abjurer. Loin d’obéir, en décembre 1520, Luther brûle publiquement un imprimé de cette bulle.
En janvier 1521, Léon X excommunie Luther, seule une abjuration totale de ses idées et une demande de pardon peuvent supprimer l’excommunication, ce que Luther ne fait pas. Il fonde alors une nouvelle religion, le luthérianisme, distincte du Catholicisme, qui ne dépend ni du Pape ni des évêques.
B. Le protestantisme se propage rapidement en Europe
L’Europe à la fin du XVIe siècle
Cette nouvelle religion connaît un succès rapide en Europe du Nord car Luther bénéfice dès 1517 de soutiens politiques. En 1525, il convainc le duc de Prusse, au Nord-Est de l’Allemagne de se convertir au luthérianisme ainsi que les habitants du duché. Les conversions sont principalement le fruit de décisions politiques. Les habitants qui veulent rester catholiques sont alors persécutés. Pour les chefs d’Etats, cette conversion est une aubaine qui les affranchit de l’autorité papale et le permet de s’approprier les biens de l’Eglise. Ce phénomène se produit dans la première moitié du XVIème siècle dans les pays nordiques suivants : - Royaume de Danemark, de Norvège et d’Islande, conversion au luthéranisme en 1530 ; cette conversion nationale forcée entraine une guerre civile jusqu’en 1536, date à laquelle le luthéranisme s’impose définitivement. - Royaume de Suède, conversion au luthéranisme en 1536.
Mais dès les années 1530, un nouveau courant réformateur protestant émerge dans la lignée du luthéranisme : c’est le calvinisme. Le fondateur de ce mouvement est un Français : Jean Calvin qui a étudié la théologie de Luther. Dans la deuxième moitié du XVIème siècle, les Pays-Bas et l’Ecosse adoptent le calvinisme comme religion d’Etat.
L’anglicanisme
En Angleterre, c’est une troisième branche du protestantisme qui émerge à partir de 1534 : l’anglicanisme.
La cause du schisme anglican n’est à l’origine pas du tout religieuse mais simplement politique : le roi Henri VIII veut faire annuler son mariage avec Catherine d’Aragon pour pouvoir épouser une autre femme, Anne Boleyn, mais le Pape refuse ce divorce. Henri VIII rompt avec Rome en 1534 et devient le chef de l’église d’Angleterre. L’anglicanisme est un courant protestant qui reprend certaines croyances du luthéranisme et du calvinisme tout en gardant certaines pratiques du catholicisme.
C. La Réforme Catholique dite « Contre-Réforme»
Le mot « contre-réforme » laisse penser qu’il s’agit d’une réaction catholique à la réforme protestante. Mais en réalité l’Eglise Catholique commence déjà à se reformer dès la fin du XVème siècle. Avant 1517, des nouvelles traductions de la Bible circulent déjà dans l’Eglise Catholique, comme le Nouveau Testament grec publié par Erasme en 1516. La Réforme protestante est en fait un mouvement de réforme, sorti du sein de l’Eglise Catholique, à un moment où l’Eglise était déjà en train de se reformer.
L’Eglise considère le protestantisme comme une hérésie qu’il faut combattre, elle prend ainsi des mesures stricts pour en limiter la propagation. Pour cela l’Eglise adopte diverses mesures :
- La création de la Compagnie de Jésus en 1540 et ses membres les jésuites. Son fondateur, Ignace de Loyola (1491-1556) a pour objectifs de reconquérir les âmes passés au protestantisme. Les jésuites un rôle important dans le dvlp des sciences. La Compagnie de Jésus participe à la création de collège dès la deuxième moitié du XVIème siècle, tant en Europe que dans les colonies, afin d’enseigner aux élites européennes et contrecarrer la propagation du protestantisme. En Allemagne, en Suisse, dans les Pays-Bas, des territoires entiers sont reconquis et redeviennent catholiques grâce aux Jésuites.
Le Concile de Trente qui se déroule de 1545 à 1563, les mesures prises lors du concile doivent s’appliquer à l’ensemble de l’Eglise. A l’issue du concile, les principes des réformes protestantes sont rejetés et la doctrine catholique réaffirmée (culte des saints, célibat des prêtres, 7 sacrements, messe en latin, salut possible par les œuvres).
Mais le concile veut aussi réformer l’Eglise en : - restaurant la morale dans le clergé pour couper court aux critiques des réformateurs (enrichissement interdit). - développant la formation des prêtres, dans des séminaires, afin de les rendre capables de s’opposer intellectuellement aux penseurs réformés. - interdisant les ouvrages protestants, pour en limiter l’influence. - développant l’instruction des fidèles (naissance du catéchisme, pour maintenir la jeunesse, plus influençable, dans la religion catholique).
- La création de Saint-Office en 1542 appelle à la création de l’Inquisition dont le but est de lutter contre les dérives en matière de foi et la censure des ouvrages controversés. La contre-réforme fait naitre le mouvement artistique baroque, dont la beauté doit encourager les catholiques à venir aux offices.
Les divisions religieuses sont à l’origine de massacres et de guerres qui opposent protestants et catholiques : - dans le Saint-Empire (fin temporaire en 1555 avec la « Paix d’Augsbourg » par laquelle l’Empereur Charles Quint impose la règle « tel prince, telle religion »). - dans les Pays-Bas espagnols (fin en 1581 avec une scission : les provinces du nord, majoritairement protestantes, se séparent pour former les « Provinces-Unies »). - en France, où les affrontements et massacres marquent toute la 2 ème moitié du XVIème siècle et affaiblissent l’autorité royale > massacre de la St Barthélémy en 1572.
Le massacre de la St Barthélémy
Suite au massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), les protestants accusent le Roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis d’en être responsables. Plus de 3.000 protestants y sont sauvagement tués. Le célèbre tableau de François Dubois, peintre protestant, l’illustre : il y dénonce la violence barbare des catholiques. En France, la paix intervient en 1598, avec la signature de l’Edit de Nantes qui autorise la foi protestante.
Catherine de Médicis dévisage les cadavres de protestants au lendemain du massacre de la Saint-Barthélemy –Édouard Debat-Ponsan
Renaissance, Humanisme Réformes
amande58
Created on April 15, 2021
Start designing with a free template
Discover more than 1500 professional designs like these:
View
Modern Presentation
View
Terrazzo Presentation
View
Colorful Presentation
View
Modular Structure Presentation
View
Chromatic Presentation
View
City Presentation
View
News Presentation
Explore all templates
Transcript
Chapitre 2 : Renaissance, Humanisme et réformes religieuses : les mutations de l’Europe (XVème-XVIème siècles)
L'Ecole d'Athènes- Raphael (1510)
Introduction
En 1508, le Pape Jules II demande à Raphael de réaliser une fresque murale dans la Chambre des Signatures. Cette fresque se compose de 4 ensembles picturaux dont un l’Ecole d’Athènes symbolisant la Philosophie. Raphael montre la volonté des artistes, philosophes « Modernes » d’imiter et de dépasser les « Anciens » comme Platon ou encore Aristote. On appelle ce courant de pensée l’Humanisme (mouvement de pensée qui renoue avec les valeurs de l’Antiquité et met l’homme au centre de ses préoccupations). Ce courant de pensée s’inscrit dans la Renaissance (période de renouvellement de l’art des XVe et XVIe siècles qui trouve son origine dans un intérêt nouveau pour la pensée et les formes de l’Antiquité gréco-romaine). Comment le renouveau de la pensée et de l’art aux XVème et XVIème siècles favorisent-elles les réformes religieuses ?
Sommaire
I. Un temps d’effervescence intellectuelle A. Une rupture avec le Moyen-Age : égaler et dépasser les anciens B. L’imprimerie C. Erasme et les humanistes II. La mutation artistique A. Le renouveau de l’art B. L’Italie, le foyer de la Renaissance C. La diffusion de la Renaissance III. Réforme et Contre-réforme A. Les causes du schisme luthérien B. Le protestantisme se propage rapidement en Europe C. La Réforme Catholique dite « Contre-Réforme»
I. Un temps d’effervescence intellectuelle A. Une rupture avec le Moyen-Age : égaler et dépasser les anciens
B. L’imprimerie
Cliquer sur pour accéder aux documents
1. Quel est l’atout des caractères mobiles en métal ?2. Comment évolue la production de livres? Quelles raisons peuvent expliquer cette évolution ? (doc 2 et 7) 3. Dans la forme et la nature, qu’est ce qui distingue et rapproche un livre imprimé au XVIe siècle d’un manuscrit médiéval ? (doc 3,4 et 5) 4. Dans quelles régions d’Europe, les imprimeries sont très nombreuses? (doc 6)
La technique de l’imprimerie repose sur l’emploi de caractères mobiles pressés sur une feuille cela permet une vaste diffusion aussi bien des textes religieux que de la pensée humanistes. Cette technique est mise en place par Gutenberg vers 1455. L’imprimerie permet de produire plus vite et moins cher, en effet au XVIe siècle près de 210 millions d’ouvrages sont produits alors qu’en 1450 seuls quelques milliers de manuscrits sont écrits.
Alde Manuce
Alde Manuce (1449-1515) est un imprimeur italien installé à Venise en 1494 qui bénéficie de réseaux importants avec les savants grecs exilés dans la République, qui permettent le développement de la culture grecque byzantine et antique. Alde Manuce réalise une innovation technologie en produisant des caractères typographiques en alphabet grec, qui lui permettent d’imprimer entre 1494 et 1515 plusieurs milliers d’exemplaires de près de 130 œuvres de l’Antiquité grecque.
L’imprimerie, la correspondance entre humanistes et leurs voyages permettent de fonder un réseau nommé la « République des lettres » centré sur l’Italie du Nord, les Pays-Bas et la Vallée du Rhin.
C. Erasme et les humanistes
Cliquer sur pour accéder aux documents
Les intellectuels humanistes renouvellent la pensée de l’époque, en écrivant en langues vernaculaires (et non plus en latin comme au Moyen-âge) : - En France, Rabelais et Montaigne écrivent de grandes œuvres qui font l’éloge du plaisir comme Gargantua ou Les Essais. - En Italie, Machiavel analyse la mécanique du pouvoir (dans Le Prince). - Des humanistes font progresser les sciences : le polonais Copernic s’oppose à l’Eglise en affirmant que la Terre tourne autour du Soleil (De Revolutionibus), le flamand Vésale perfectionne l’anatomie en disséquant des cadavres (De humani corporis fabrica)… Mais leur soif de progrès se heurte à l’opposition de l’Eglise.
Cliquer sur pour accéder aux documents
1. Qu’est ce qui montre l’intérêt d’Erasme pour l’Antiquité grecque? Montrez qu’il est curieux de tout ? (doc 2 et 7) 2. Expliquez la première phrase de ce texte ? (doc 3) 3. Pourquoi sa connaissance du grec permet à Erasme de corriger l’Ancien Testament ? (doc 4) 4. Quelle est sa critique de l’Eglise ? Qui s’exprime à la place d’Erasme et pourquoi selon vous ? (doc 6) 5. Dans quelles régions d’Europe Erasme a-t-il voyagé ? Montrez qu’il est en relation avec de nombreux humanistes. (doc 5 et 7) 6. Qu’est ce qui prouve la grande renommée d’Erasme à son époque ? (doc 2 et 7)
Erasme est un grand penseur d’origine néerlandaise (Pays-Bas). Né vers 1467 à Rotterdam, il est ordonné prêtre (catholique) en 1492. Il possède une grande érudition grâce à ses années de jeunesse passées en monastère à étudier les textes de la Bible et d’autres textes de l’Antiquité grecque et latine. Pendant trente ans, Erasme parcours plusieurs pays d’Europe et séjourne dans la plupart des grandes villes d’Europe de l’Ouest : de Londres à Rome en passant par Paris, Lyon, Milan, Bâle, etc. Erasme est une figure emblématique de ce qu’est un humaniste au XVIème siècle, il voyage beaucoup et il a une correspondance épistolaire avec de nombreux savants.
La principale préoccupation d’Erasme, comme beaucoup d’humanistes, est de philosopher en s’inspirant des textes grecs et latins de l’Antiquité mais aussi, et surtout, de la Bible dans sa version grecque antique. Erasme publie une nouvelle version du Nouveau Testament en langue grecque, imprimée en 1516 à Bâle (en Suisse). Pour cela, il utilise des manuscrits du Moyen-Âge qui proviennent de l’empire byzantin. Cette édition est une grande nouveauté pour l’Eglise Catholique qui depuis le Vème siècle se fondait quasi uniquement sur une version latine de la Bible (la Vulgate de Saint-Jérôme). Erasme participe ainsi aux grands mouvements de réformes religieuses, qui vont déchirer l’Europe en deux durant ce XVIème siècle.
II. La mutation artistique A. Le renouveau de l’art
La cène – Léonard de Vinci
La dame à la licorne- Raphael 1505
Le printemps - Botticelli
Au XVème siècle, la façon dont les Européens voient le monde est ébranlée. Cela pousse les artistes à se renouveler. C’est la Renaissance artistique. Les artistes de la renaissance sont aussi des humanistes : - Ils placent l’homme au cœur de leurs œuvres, veulent le représenter fidèlement. - Ils s’inspirent de l’Antiquité : l’architecture en reprend certaines caractéristiques (frontons, colonnes, coupoles, etc.), la sculpture renoue avec les nus et la technique du bronze fondu, et les sujets s’inspirent de thèmes antiques (Bible, mais aussi mythologie gréco-romaine). - Ils cherchent toutefois le progrès, et à dépasser l’antiquité : par de nouvelles techniques (règles de la perspective, peinture à l’huile, etc.), de nouvelles connaissances (Léonard de Vinci pratique lui-même des dissections sur cadavres), et surtout une nouvelle ambition : pour eux, peindre fidèlement l’homme, c’est rendre compte de sa nature profonde, exprimer ses émotions, rendre visible son « âme » (cf. la Joconde, considérée comme l’idéal du portrait renaissance). Les artistes changent de statut : considérés comme de simples artisans au Moyen-âge, ils sont désormais vus comme de véritables créateurs, signent leurs œuvres, et sont courtisés par les puissants qui les soutiennent financièrement (Mécènes).
B. L’Italie, le foyer de la Renaissance
La Renaissance artistique est née dans les grandes villes d’Italie au milieu du XVème siècle. Les grandes familles et les principales cités, pour montrer leur puissance, attiraient les plus grands artistes de leur temps à leur service, en les finançant et les protégeant. Au XVème siècle, Florence est le centre de la Renaissance, grâce au mécénat des Médicis (qui financent Donatello, Léonard de Vinci, Michel Ange…).
Michel-Ange et la chapelle Sixtine
1. Où se situe la chapelle Sixtine ? Qui est le commanditaire de la peinture de la voûte ? (biographie) 2. Quel type d’art exerce Michel-Ange avant de réaliser la Chapelle Sixtine ? (biographie) 3. Quelle découverte transforme l’art de Michel-Ange ? (Vidéo ) 4. Quelle pratique permet à Michel Ange de mieux connaitre les corps ? (doc 4) 5. Par quelle œuvre Michel-Ange achève-t-il le travail de la chapelle Sixtine ? (Vidéo) 6. A quelle partie de la Bible appartiennent les scènes centrales ? Quelle liberté prend Michel-Ange ? (doc 2 et vidéo) 7. A quel passage de la liste suivante correspondent les scènes numérotées de 1 à 7 : a. Dieu sépare la Terre des eaux ; b. le déluge et l’arche de Noé ; c. Adam et Eve chassés du Paradis ; d. Noé construit un autel à Dieu ; e. Eve tirée de la côte d’Adam ; f. Dieu créé les astres ; g. Dieu créé la Lumière (peinture + lien interactif)
La cité de Florence perd son influence au XVIème siècle, au profit de Rome, que les Papes veulent faire rayonner. C’est ainsi que le pape Jules II a lancé la construction d’une immense basilique (la basilique Saint-Pierre) censée symboliser le pouvoir spirituel et temporel (politique) des papes, par sa magnificence et la beauté des œuvres d’arts qu’elle abrite. De même, en 1508, il attire l’artiste florentin Michel-Ange et lui commande d’embellir la chapelle Sixtine, située à côté de la nouvelle basilique, en peignant une vaste fresque sur sa voute.
Michel-Ange est originellement un sculpteur. Pour parfaire son art, il a pratiqué la dissection sur des cadavres (pourtant interdite par l’Eglise). Le plafond de la chapelle Sixtine se situe à 20 mètres de hauteur, et se déploie sur 1.200 m² (40,5 x 13 mètres). Il doit peindre sur un échafaudage, tordu, la tête en arrière, ce qui mine sa santé, lui occasionne des maux de dos, etc. Il lui faut 4 ans pour achever l’œuvre, seul. La peinture est organisée en plusieurs scènes, séparées par une architecture imaginaire. Les scènes centrales sont tirées de l’Ancien testament, et plus précisément du livre de la Genèse. Elles racontent la création du monde, de l’autel (bas) à l’entrée (haut), de la création de la lumière au déluge, en passant par la création de l’homme. L’œuvre est révélatrice de la Renaissance : elle s’inspire de l’antiquité (corps nus, thèmes bibliques, architecture en trompe l’œil qui s’inspire de l’architecture antique), place l’homme au cœur de l’œuvre (personnages nombreux.), et innove.
C. La diffusion de la Renaissance
Château de Chambord
Château de Chenonceau
La renaissance artistique n’est pas née qu’en Italie : au XVème siècle c’est ainsi aux Pays-Bas qu’est inventée la peinture à l’huile, par le peintre flamand, Jan Van Eyck. Au XVIème siècle, les nouveautés artistiques italiennes influencent d’autres espaces: des souverains (les rois de France : François Ier attire Léonard de Vinci à la fin de sa vie) mais aussi des riches marchands désirent adopter l’atmosphère de luxe italienne, pour témoigner de leur puissance. C’est ainsi que l’Italie influença le Val de Loire ou les Pays-Bas La diffusion suit les principaux courants commerciaux. Il ne s’agit pas de recopier les italiens : les œuvres présentent des caractéristiques nationales (persistance de toits en ardoise et de tours dans les châteaux de la Loire / les peintres flamands privilégient les portraits et les paysages, au détriment des scènes mythologiques…)
A recopier
Schéma créé par Catherine Lallement et Fanny Ehretac-strasbourg.fr
III. Réforme et Contre-réforme A. Les causes du schisme luthérien
Martin Luther (1483-1546) est un théologien allemand. Avant d’être l’initiateur de la Réforme protestante en 1517, il est d’abord un moine catholique reconnu pour ses talents de prédicateur religieux. Il est ordonné prêtre catholique en 1507 et devient docteur en théologie de l’Université de Wittenberg en 1512. Il entre en conflit avec le pape Léon X en 1517. A l’origine le mouvement de protestation de Luther porte sur une pratique assez répandue de l’Eglise Catholique : la vente des indulgences.
Qu’est ce que l’indulgence ?
Une indulgence est une grâce donnée par Dieu qui permet à une âme du Purgatoire (état transitoire et temporaire qui conduit à l’entrée au paradis, les âmes qui vont au purgatoire sont celles qui portent en elles le poids du péché mais qui sera pardonné) de réduire son temps à passer au Purgatoire. Comme pour le pardon des péchés, l’Eglise Catholique prétend qu’en vertu des dons que le Christ lui a faits, elle a le pouvoir de dispenser ces indulgences aux chrétiens. L’indulgence ne peut être obtenue que par un fidèle vivant, le bénéfice de l’indulgence peut être pour le fidèle lui-même ou pour n’importe quelle âme, le fidèle doit alors faire un pèlerinage, prier, jeûner, faire une œuvre charitable…Au Moyen Age, l’Eglise autorise la « vente » des indulgences (don d’argent) lorsqu’elle souhaite financer un projet. En 1515, le pape Léon X avait autorisé le don d’argent comme œuvre indulgenciée pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome.
A la fin de l’année 1517, Martin Luther, publie 95 thèses qui critiquent cette pratique d’obtention des indulgences par un don d’argent. Le schisme n’est pas dû à la critique du commerce des indulgences (interdit en 1563) mais à la remise en cause de certaines doctrine catholique dont le Purgatoire Grâce à l’imprimerie les 95 thèses se propagent rapidement et connaissent un certain succès. Quelques mois plus tard en 1518, Luther publie un nouveau texte (Sermon sur les indulgences et la grâce) dans lequel il remet en cause l’efficacité même des indulgences et il insiste, sur le rôle central de la Bible par rapport aux autres pratiques de l’Eglise. Luther affirme aussi que le salut d’une âme provient uniquement de sa foi personnelle et non de l’intervention d’un serviteur de Dieu. Il rejette alors le culte des saints. En 1520, le pape Léon X fulmine une bulle (un texte papal) dans laquelle il demande à Luther de retirer ses propos, de les abjurer. Loin d’obéir, en décembre 1520, Luther brûle publiquement un imprimé de cette bulle. En janvier 1521, Léon X excommunie Luther, seule une abjuration totale de ses idées et une demande de pardon peuvent supprimer l’excommunication, ce que Luther ne fait pas. Il fonde alors une nouvelle religion, le luthérianisme, distincte du Catholicisme, qui ne dépend ni du Pape ni des évêques.
B. Le protestantisme se propage rapidement en Europe
L’Europe à la fin du XVIe siècle
Cette nouvelle religion connaît un succès rapide en Europe du Nord car Luther bénéfice dès 1517 de soutiens politiques. En 1525, il convainc le duc de Prusse, au Nord-Est de l’Allemagne de se convertir au luthérianisme ainsi que les habitants du duché. Les conversions sont principalement le fruit de décisions politiques. Les habitants qui veulent rester catholiques sont alors persécutés. Pour les chefs d’Etats, cette conversion est une aubaine qui les affranchit de l’autorité papale et le permet de s’approprier les biens de l’Eglise. Ce phénomène se produit dans la première moitié du XVIème siècle dans les pays nordiques suivants : - Royaume de Danemark, de Norvège et d’Islande, conversion au luthéranisme en 1530 ; cette conversion nationale forcée entraine une guerre civile jusqu’en 1536, date à laquelle le luthéranisme s’impose définitivement. - Royaume de Suède, conversion au luthéranisme en 1536.
Mais dès les années 1530, un nouveau courant réformateur protestant émerge dans la lignée du luthéranisme : c’est le calvinisme. Le fondateur de ce mouvement est un Français : Jean Calvin qui a étudié la théologie de Luther. Dans la deuxième moitié du XVIème siècle, les Pays-Bas et l’Ecosse adoptent le calvinisme comme religion d’Etat.
L’anglicanisme
En Angleterre, c’est une troisième branche du protestantisme qui émerge à partir de 1534 : l’anglicanisme. La cause du schisme anglican n’est à l’origine pas du tout religieuse mais simplement politique : le roi Henri VIII veut faire annuler son mariage avec Catherine d’Aragon pour pouvoir épouser une autre femme, Anne Boleyn, mais le Pape refuse ce divorce. Henri VIII rompt avec Rome en 1534 et devient le chef de l’église d’Angleterre. L’anglicanisme est un courant protestant qui reprend certaines croyances du luthéranisme et du calvinisme tout en gardant certaines pratiques du catholicisme.
C. La Réforme Catholique dite « Contre-Réforme»
Le mot « contre-réforme » laisse penser qu’il s’agit d’une réaction catholique à la réforme protestante. Mais en réalité l’Eglise Catholique commence déjà à se reformer dès la fin du XVème siècle. Avant 1517, des nouvelles traductions de la Bible circulent déjà dans l’Eglise Catholique, comme le Nouveau Testament grec publié par Erasme en 1516. La Réforme protestante est en fait un mouvement de réforme, sorti du sein de l’Eglise Catholique, à un moment où l’Eglise était déjà en train de se reformer. L’Eglise considère le protestantisme comme une hérésie qu’il faut combattre, elle prend ainsi des mesures stricts pour en limiter la propagation. Pour cela l’Eglise adopte diverses mesures :
- La création de la Compagnie de Jésus en 1540 et ses membres les jésuites. Son fondateur, Ignace de Loyola (1491-1556) a pour objectifs de reconquérir les âmes passés au protestantisme. Les jésuites un rôle important dans le dvlp des sciences. La Compagnie de Jésus participe à la création de collège dès la deuxième moitié du XVIème siècle, tant en Europe que dans les colonies, afin d’enseigner aux élites européennes et contrecarrer la propagation du protestantisme. En Allemagne, en Suisse, dans les Pays-Bas, des territoires entiers sont reconquis et redeviennent catholiques grâce aux Jésuites.
Le Concile de Trente qui se déroule de 1545 à 1563, les mesures prises lors du concile doivent s’appliquer à l’ensemble de l’Eglise. A l’issue du concile, les principes des réformes protestantes sont rejetés et la doctrine catholique réaffirmée (culte des saints, célibat des prêtres, 7 sacrements, messe en latin, salut possible par les œuvres).
Mais le concile veut aussi réformer l’Eglise en : - restaurant la morale dans le clergé pour couper court aux critiques des réformateurs (enrichissement interdit). - développant la formation des prêtres, dans des séminaires, afin de les rendre capables de s’opposer intellectuellement aux penseurs réformés. - interdisant les ouvrages protestants, pour en limiter l’influence. - développant l’instruction des fidèles (naissance du catéchisme, pour maintenir la jeunesse, plus influençable, dans la religion catholique).
- La création de Saint-Office en 1542 appelle à la création de l’Inquisition dont le but est de lutter contre les dérives en matière de foi et la censure des ouvrages controversés. La contre-réforme fait naitre le mouvement artistique baroque, dont la beauté doit encourager les catholiques à venir aux offices.
Les divisions religieuses sont à l’origine de massacres et de guerres qui opposent protestants et catholiques : - dans le Saint-Empire (fin temporaire en 1555 avec la « Paix d’Augsbourg » par laquelle l’Empereur Charles Quint impose la règle « tel prince, telle religion »). - dans les Pays-Bas espagnols (fin en 1581 avec une scission : les provinces du nord, majoritairement protestantes, se séparent pour former les « Provinces-Unies »). - en France, où les affrontements et massacres marquent toute la 2 ème moitié du XVIème siècle et affaiblissent l’autorité royale > massacre de la St Barthélémy en 1572.
Le massacre de la St Barthélémy
Suite au massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), les protestants accusent le Roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis d’en être responsables. Plus de 3.000 protestants y sont sauvagement tués. Le célèbre tableau de François Dubois, peintre protestant, l’illustre : il y dénonce la violence barbare des catholiques. En France, la paix intervient en 1598, avec la signature de l’Edit de Nantes qui autorise la foi protestante.
Catherine de Médicis dévisage les cadavres de protestants au lendemain du massacre de la Saint-Barthélemy –Édouard Debat-Ponsan