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Stylistique Les figures 1
sabtaill
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Les figures (1)
Stylistique
S. Ariscon
La notion de figure La rhétorique classique les a répertoriées selon des critères de classement variables plus ou moins flous --> cela importe finalement peu, l'objectif est de comprendre leur fonctionnement dans le discours. Le repérage d'une figure = d'abord le repérage d'un syntagme qui se distingue des autres, perception d'un point saillant du texte, d'un dispositif textuel remarquable. Les figures de signification ou tropes = figures qui permettent à un mot d'endosser une signification autre que sa signification propre. Les figures de pensée Les figures de diction Les figures de construction Les figures d'amplification Les figures d'énonciation Certaines formes sont microsctructurelles --> se limitent au plus à quelques lignes. D"autres participent à des dispositifs plus larges, concernant tout un paragraphe, poème, page etc... On parle alors de dispositifs macrostructurels.
Figures ou tropes ??? Le terme trope est réservé aux figures de signification, soit des figures qui permettent à un mot de prendre une signification autre que sa signification propre. Ex: métaphore, métonymie, syllepse. 3 critères selon la rhétorique classique :
- Concerne un seul mot
- Consiste en une substitution : remplacement d'un mot par un autre
- Suppose un écart entre le sens propre et le sens figuré --> répond donc à un choix lexical de l'auteur
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Lecture / historicité
Lecture de la figure
Historicité
Elle repose sur une compétence rhétorique du lecteur (la repérer, l'identifier et l'interpréter) Elle s'interprète au niveau de l'énoncé et pas du seul mot --> la considérer en fonction du co-texte
La rhétorique a constitué un réservoir de figures dont la fonction change selon les époques et les genres.Beaucoup de ces figures = ornementales dans la rhétorique classique et davantage sémantisées au XIX° par ex. --> changement esthétique et idéologique profond. Certaines de ces figures anciennes étaient devenues des clichés qui se trouvent parfois remotivés (et resémantisés) par des auteurs ultérieurs.
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Métonymie et synecdoque ou figures de substitution
Synecdoque
Métonymie
= trope qui suppose un rapport d'inclusion
= trope qui suppose un rapport de contiguité entre 2 "objets"
- La partie pour le tout. Ex: la voile pour le bateau
- Synecdoque du nombre. Ex : le français pour toute la population française
- L'antonomase ou synecdoque d'individu = désigner un individu par le nom commun au lieu du nom propre ou l'inverse. Ex : Un Tartuffe / l'empereur pour Napoléon
- Synecdoque d'abstraction absolue ou relative. Ex: la jeunesse pour "les jeunes gens"/ Sa colère pour l'individu en colère
- La cause pour l'effet. Ex: j'ai lu un Flaubert.
- L'instrument pour celui qui l'emploie. Ex: Quelle belle plume! (auteur)
- Le contenant pour le contenu: boire un verre
- Le physique pour le moral. Ex : avoir du coeur
- Le lieu pour la chose. Ex : L'Elysée
- Le signe pour la chose. ex: le trône (fauteuil) pour le pouvoir
- De l'objet à la désignation de la personne. Ex: Les cols blancs
Figures qui reposent sur un glissement de la référence
Exercice : Expliquez la nature du rapport logique dans les métonymies suivantes et trouvez le signifiant propre.
- Cette nouvelle a été démentie par le quai d’Orsay.
- Ses pas me poursuivaient.
- Le footballeur a propulsé le cuir au fond du filet.
- Prenez votre Marivaux.
- Il est sur le pavé.
- Méfie-toi de Sophie : elle a une mauvaise langue.
- Son fer a traversé le corps de l’ennemi.
- Je n’ai plus un sou.
- Il aime la bouteille.
- Cet homme n’a pas de cœur.
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Figures d'analogie
Figures qui permettent d'établir un lien de ressemblance entre 2 éléments ou 2 idées
- Métaphore
- Comparaison
- Personnification
- Allégorie --> prolongement symbole et prosopopée
- Catachrèse
- Animalisation
- Réification
- La périphrase
La comparaison
3 éléments nécessaires : Le comparé / un outil de comparaison / le comparant --> le degré zéro de la comparaison = adj./verbe + comme + nom. Ex: bavarde comme une pie / marcher comme un loup --> Liaison comparé/ comparant assurée par un terme au contenu explicitement comparatif (comme, pareil à, à la manière/façon de/ comme si / autant que/ ou verbes de semblance ou de ressemblance (avoir l’air de, ressembler à...). --> Le comparant peut être exprimé dans un complément de nom (ellipse de l'outil de comparaison), ex. « Je décidai de porter sur lui le regard glacé d’un juge sans entrailles. » (Chandernagor) - ou exprimé par un infinitif : fou à lier, un vent à décorner les bœufs
Figure par rapprochement
- Crée des images, en mettant en parallèle 2 domaines différents.
- Sa force réside dans sa nouveauté.
- Répétée, elle s’use, se lexicalise et devient cliché.
- Une comparaison lexicalisée peut cependant être renouvelée si on déplace ou réactive l’un de ses termes
La métaphore
Elle rapproche deux champs lexicaux en mettant en évidence un élément qui leur est commun- Selon la tradition, elle est définie comme une comparaison abrégée, un rapprochement implicite, une comparaison sans outil de comparaison * Le modèle canonique de la comparaison = Achille (comparé) est impétueux comme un lion (Comparant) * Par une série d’ellipses, on obtient la métaphore : Achille est un lion --> La métaphore a pour effet de modifier l'identité sémantique d'un mot / Transfert de signification Comme pour les comparaisons il existe des métaphores lexicalisées ou METAPHORES MORTES par opposition aux métaphores vives. Ex : "couper les cheveux en 4" On distingue par ailleurs la métaphore in praesentia ou métaphore par alliance (comparé exprimé aussi dans l'énoncé) / métaphore in absentia ou métaphore par substitution (seul le comparant est exprimé). Ex : Dans l'océan de ta chevelure / Mettez un tigre dans votre moteur --> Métaphore = source d'enrichissement lexical : mots acquérant des sens nouveaux par emploi métaphorique --> néologisme de sens. Ex : gel des salaires
Fonctionnement et effet : alors que la comparaison exprime l’analogie par similitude (ressemblance), la métaphore l’exprime par identification, elle s’adresse à l’imagination. --> Déviation du sens fondée sur une ressemblance.--> la métaphore se signale par un écart dans l’énoncé, crée des correspondances impossibles. Il faut donc la considérer et l'interpréter en fonction du co-texte --> elle peut être structurante. Selon Le Guern, elle offre au langage des possibilités d'économie en fournissant des formulations synthétiques/ moyen économique de remplacer une périphrase par ex. Ex : queue pour file d'attente.La motivation de la métaphore :
- Dépasser les limitations des moyens langagiers, notamment compenser une incapacité à abstraire. Ex : oeil de boeuf pour modèle de fenêtre.
- Parfois elle s'intègre à tout un dispositif analogique --> métaphore structurante
- Elle peut aussi être motivée par une comparaison qui l'explicite dans le co-texte
- Enfin, la métaphore diégétique repose sur le choix de comparants empruntés au contexte diégétique immédiat. Ex: chez Proust à l'heure des pâtisseries après la messe, le clocher de l'église est décrit comme "doré et cuit lui-même comme une grande brioche bénie..."
Métaphore et syntaxe : quelques exemples Relation métaphorique entre 2 termes appartenant à la même catégorie grammaticale: Métaphores nominales (substantif ou infinitif); ex "Ce lion l'emporta sur son adversaire" Métaphore attributive : ex "La mer est un miroir" Métaphore appositive : ex "La mer, ce miroir, ..." Métaphore à cadre déterminatif (CDN): ex "Le miroir de la mer" / "une mer de soie" Cas où elle relève de 2 termes appartenant à des catégories grammaticales différentes Métaphore adjectivale entre un nom et un adjectif. Ex : "une voix chaude" --> synesthésie Métaphore verbale entre un nom et un verbe. Ex : La mer rugit.
Fonctions de la métaphore
- Fonction ornementale : dans le cas de la métaphore-mot qui se contente d'établir une ressemblance (simple substitution d'un terme figuré à un terme propre virtuel)
- Fonction poétisante: donner une coloration poétique à un texte en prose par ex.
- Fonction cognitive: moyen de produire de l'inédit, de redécrire le réel
- Fonction didactique: participe à l'énoncé d'un savoir sur le monde, d'une morale, d'un jugement de l'auteur ou du narrateur
- Fonction persuasive: comme un argument d'analogie
- Fonction herméneutique: métaphore comme élément de déchiffrement symbolique. Elle est en effet apte à cacher et à manipuler le lecteur, elle peut installer "une langue étrangère dans l'usage courant d'une langue".
La métaphore est rarement un fait de style discontinu, isolé --> Il existe ce qu'on peut appeler un phénomène d'attraction métaphorique / imbrication des figures. Ex 1: Combinaison métaphore + figure de diction qui accroit son rendement expressif "Le trophée boticelleste de robes brodées de jardins enchantaient les nuits de tous les êtres passionnés" (Giono) --> ici le néologisme avec l'adj "boticelleste", formé sur le nom du peintre, participe de la métaphore picturale + paronymie avec l'adjectif "célestes" qui complète le réseau des connotations laudatives attachées à la référence du peintre. Ex 2: Combinaison métaphore + figure de construction comme l'hypallage "le visage de sucre de l'accouchée se confondait avec l'oreiller blême et le drap" (Giono) --> blême qualifie l'oreiller mais renvoie logiquement au visage qui lui est contigu dans l'espace / = un hypallage. A cela s'ajoute la métaphore du sucre + la syllepse sur l'adjectif "blème" --> syllepse = figure selon laquelle un même mot renvoie à la fois à son sens propre et à son sens figuré.
Métaphore filée et allégorie : 2 figures qui supposent une extension syntagmatique (déroulement sur plusieurs lignes avec plusieurs images). Pour Michael Riffaterre, la métaphore filée = une série de métaphores reliées par la syntaxe et par le sens dans la même phrase ou la même structure narrative ou descriptive. --> Déroulement d'une chaîne de métaphores qui associent 2 réseaux lexicaux. Ex : « Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. » L'allégorie est une image filée et animée (personnification souvent) qui permet une représentation concrète et vivante d'une notion abstraite. Au Moyen-âge, elle se voulait un moyen de connaissance et d'explication du monde. Elle repose en effet sur la théorie des 4 sens de l'Ecriture issue des traditions éxégétiques. --> elle se distingue du symbole parce qu'elle constitue une séquence narrative.
Les 4 sens de l'écriture :Méthode d'interprétation qui distingue quatre types ou niveaux de lecture dans la Bible, reprise par les Pères de l'Église puis développée au Moyen Âge. La tradition chrétienne définit ces quatre niveaux en ces termes : littéral, allégorique, tropologique (ou moral), et anagogique. Le quadruple sens se nourrit de déplacements, d'associations d'idées. - Sens littéral : compréhension lingistique de l'énoncé, sens relativement explicite - Sens allégorique: relève + de l'interprétation, travail sur le sens allusif. Ex le lépreux qui symbolise l'exclusion sociale - Sens tropologique en lien avec la morale --> dimension didactique et prédicative des textes religieux par ex. - Sens anagogique ou eschatologique ; interprétation qui permet de passer du sens littéral à un sens spirituel, mystique
Cas particulier de la catachrèse : figure par laquelle un mot désigne par métaphore, métonymie ou synecdoque une chose pour laquelle la langue n'a pas de mot propre.Ex: le bras d'un fauteuil
Personnification
La personnification : image par laquelle un auteur donne à un animal, un végétal ou un objet des traits propres à l'humain. Ex : "Le soleil a rendez-vous avec la lune. Par extension, on parle aussi d'animalisation ou de réification (objet, chose) , mais ce ne sont pas des figures à proprement parler. Comme la personnification, l'animalisation ou la réification résultent d'une figure analogique (comparaison/ métaphore).
Prolongement
La prosopopée
Le symbole
Figure qui consiste à faire parler un être absent, imaginaire, abstrait ou disparu (mort).
A l'origine, signe de reconnaissance, objet coupé en 2 dont on rapprochait les 2 parties pour former un tout.
- Sert souvent à faire parler une autorité, une valeur (liberté, nature)
- Elle est fréquente dans le genre démonstratif
- S'appuie sur les effets spectaculaires de la rhétorique pour émouvoir le lecteur.
- Symbole conventionnel sans réel contenu sémantique/ = plus des signes comme la salamandre de François 1er/ = emblème
- Symbole culturel, base de bien des métaphores . Ex : lion pour la force
- Symbole plus personnel, lié à un auteur et récurrent. Ex le gouffre chez Baudelaire
La symbolique des couleurs : (Dictionnaire des symboles)Blanc : absence et somme de toutes les couleurs --> début/fin de la vie diurne/ couleur de passage : mort, naissance, aube, spectres ...Peut aussi symboliser la pureté et l'innocence. Bleu : la plus immatérielle/profonde --> froid, pur, air, peur Jaune : intense, aveuglant, difficile à éteindre (soleil), lumière d’or; adultère ; trompeur. Symbole aussi de la maladie. Noir : symbole du néant, négatif (le Mal, la Nuit, le deuil) ; contre-couleur du Blanc, l’absence ou la somme des couleurs, passivité, état de mort accompli (deuil noir - sans espoir) ; chaos originel, gouffre, obscurité des origines (av. des idées noires, ê. d’une humeur noire) Rose : rose-fleur symbolique à l’Occident; plaies du Christ, la Vierge, régénération, beauté Rouge : principe de vie, couleur de feu/sang et éventuellement la mort aussi ou la violence, ambivalence symbolique (clair ou foncé) ; rouge clair - éclatant, diurne, action, encourage (drapeaux) // rouge foncé - nocturne, femelle, secrète, alerte, vigilance (feu rouge) ; ambiguïté : lampe rouge des maisons closes Vert : couleur moyenne entre le rouge infernal et le bleu céleste, couleur de l’espérance mais peut aussi renvoyer à la maladie ou à la mort
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Une figure particulière: la périphrase
Figure de substitution / détour --> langage oblique. C'est une locution ou une suite de mots employée pour 1 chose ou 1 être qui aurait pu être désigné par un seul mot. EX : Le septième art pour le cinéma. Il existe des périphrases clichés. Elle peut être un moyen d'éviter une répétition: le lion/ le roi de la jungle. Fonction ornementale --> rehausser le style / renforcer expressivité et créer une vision originale. = Marqueur d'une esthétique comme la préciosité si bien qu'on l'associe parfois au pédantisme. Mais elle peut aussi créer une forme de distanciation par rapport à l'objet évoqué, ou le rendre plus concret. Elle peut avoir une fonction cryptique en ce sens qu'elle génère une sorte d'énigme --> hermétisme, style d'élite Peut chercher à dire l'indicible. Ex du tabou Elle attire l'attention sur une forme d'étrangeté et participe au plaisir du lecteur qui doit décoder --> signe d'une culture savante (ex périphrases mythologiques) --> donc instrument de manipulation langagière / esthétique de la suggestion, notamment pour ce qui est difficile à concevoir/ la figure ajoute un surplus sémantique par rapport au mot propre, surplus qui oblige le lecteur à une interprétation.
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Par suppression
- l’aphérèse (f) : suppression de phonèmes au début de mot (‘gzactement, las = hélas)
- l’apocope (f) : suppression de phonèmes en fin de mot (bac, fac, sympa, perpète)
- la syncope : suppression de phonèmes à l’intérieur du mot (v’là, m’amie)
- la synérèse : prononcer 2 voyelles contiguës en une seule syllabe
- la déléation : suppression complète d’un mot, points de suspension. Ex : C'est la m...... !
les figures de diction
Les métaplasmes
Figures dues à une opération qui altère la continuité phonique ou graphique du message, la forme de l’expression, au niveau du mot
Métaplasmes par adjonction La prosthèse: adjonction d’un phonème en début de mot ; «les nroues», «nretiennent» L’épenthèse (f) : ajout d’un phonème / d’une syllabe à l’intérieur d’un mot ; ex. merdre La diérèse : prononciation en 2 syllabes distinctes de 2 voyelles successives d’un même mot ; « Les nuages du ci//el ressemblaient à des marbres » (Hugo) Les mots-valises (ou téléscopage) : fusion de 2 mots différents possédant quelques caractéristiques communes ; ex. évoluption, écharpidémie, « donner l’alcoolade » (Queneau) Exercice: Trouvez les «définitions» des mots-valises : massacriléger, voluptial, chevalchimie
Métaplasmes par permutation : beaucoup de jeux de mots Le calembour : jeu de mots fondé sur une similitude de sens (l’ambiguïté sémantique) jeu sur l’homonymie - homographie ou homophonie - et sur la polysémie. Ex : Merci à ce maire-ci. Le palindrome : groupe de mots qui peut être lu indépendamment de gauche à droite ou de droite à gauche . Ex. « élu par cette crapule » L’anagramme (f) : une anagramme d’un mot est un autre mot formé à partir des mêmes lettres, mais disposées dans un ordre différent ; ex. Alcofribas Nasier pour François Rabelais. La métathèse : permutation de phonèmes / syllabes à l’intérieur d’un mot. = très fréquente dans le langage populaire. Ex. infractus au lieu d'infarctus. La contrepèterie : permutation de syllabes appartenant à des mots distincts, de manière à en altérer la signification tout en conservant la consonance. Ex : 'Une femme folle à la messe et molle à la fesse" (Rabelais)/ "Martyr, c’est pourrir un peu." (Prévert)
l’assonance : en poésie, en fin de vers, homophonie de la dernière voyelle accentuée. L'assonance = antérieure à la rime dans la versification française.Mais le mot désigne également la répétition remarquable d'un même phonème vocalique. Ex "Triste et mélodieux délire" (Apollinaire) --> assonance en [i] l’allitération : répétition d'une même consonne ou combinaison de consonnes proches (ex: les gutturales) «Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches » (Verlaine). Elle souligne un effet harmonique, structurel ou rythmique la paronomase : rapprochement de mots offrant des sonorités analogues avec des sens différents (paronymes = poire/boire) . Cela tient parfois du jeu de mots. Ex: Il était une fois un rein et une reine./ Qui vole un oeuf vole un boeuf Dans certains cas, on peut parler d'harmonie imitative --> mimophonie phrastique. Mise en relief du travail sur les sons, le rythme et les pauses de manière à évoquer une réalité, à la suggérer, par une manipulation habile de la substance phonique. Ex : "Qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?" (Racine) / c'est aussi le principe des onomatopées : glouglou.
Autres jeux verbaux comme éléments de style : Lapsus linguae : erreurs involontaires de la langue qui peuvent être reproduites volontairement par un auteur. Selon Freud, le lapsus serait l’expression inconsciente de désirs ( tabous) refoulés. Ex. j’ai voyagé tête-à-bête avec lui Le pataquès : liaison fautive, abusivement analogique. Ex : Moi-z-aussi, va-t-à-z-eux. --> vient de « je ne sais pas-t-à-qu’est-ce » Acrostiche (m) : poème composé d’autant de vers qu’il y a de lettres dans le mot qui en constitue le thème. Chaque vers commence et/ou se termine par une des lettres du mot. L'à-peu-près : s’établit à partir de syntagmes figés ; jeu sur l’homonymie / paronymie. Ex. : Marie en Toilette (Antoinette) ; une grosse lagune à combler (lacune) La catachrèse intentionnelle : confusion de métaphores, de comparaisons --> jeu de détournement . Ex: Les oeufs se vendaient comme des petits pains/ Un territoire où la main de l’homme n’a jamais mis le pied. Proverbes, dictons détournés. Ex: Elle venait comme des chevaux sur la soupe. Le pléonasme : figure de construction, inverse de l’oxymore, établit une redondance entre deux termes soit coordonnés soit dont l’un qualifie l’autre. Ex : une monumentalité colossale
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Application
Consignes
Analyse du poème "A Philis" de Pierre de Marbeuf
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Baroque
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Les figures d'opposition
- Antithèse
- Oxymore ou oxymoron
- Paradoxe
- Antiphrase
L'antithèse
Figure qui consiste à opposer fortement 2 mots ou 2 idées --> rapproche pour mieux opposer et repose souvent sur des antonymes qu'elle coordonne --> ceci génère un effet de symétrie qui peut encore être souligné si elle se conjugue à une figure de construction comme le parallélisme --> symétrie contrastive. Sa signification réside dans le choc des contraires. Ex: La passion fait souvent un fou du plus habile et rend souvent les plus sots habiles. Souvent, elle repose sur un faisceau d'oppositions traversant tout le texte. Ex dialectique du bien et du mal. --> outil permettant d'évoquer la dualité du monde, d'un être, d'un sentiment. Elle crée une surprise et peut se voire liée à un énoncé conclusif qui résume une situation ou à une vérité générale.
L'oxymore ou oxymoron ou alliance de mots
Figure de style rapprochant deux termes contradictoires dans un même groupe de mots (ex: nom + adjectif) --> = un fait de caractérisation non pertinente. Ex: "Cette obscure clarté qui tombe des étoiles" (Corneille). J'étais faiblesse et force. Il exprime ce qui semble inconcevable, crée une nouvelle réalité poétique ou peut rendre compte de l'absurde. Il permet également de rendre compte de la complexité du monde, de la dualité de l'amour... Il vise à surpendre le lecteur, parfois même à le provoquer.
Ne pas confondre antithèse et oxymore ! Dans l'oxymore les termes sont simplement accolés, juxtaposés.
Le paradoxe
- Le terme désigne une idée qui va à l'encontre de la logique ou de l'opinion commune. --> instaure un décalage entre deux voies: celle du locuteur et celle de la logique commune ou DOXA.
- Il repose sur un rapprochement de mots opposés au sein d'une expression qui apparait dépourvue de sens logique. Ex : "Paris est tout petit, c'est là sa vraie grandeur" (Prévert)
- Il va plus loin que l'antithèse ou l'oxymore --> son apparente absurdité invite à réfléchir ou révèle une vérité surprenante.
- Il s'appuie souvent sur d'autres figures comme l'antithèse ou l'oxymore.
- Peut chercher à émouvoir, sensibiliser, provoquer.
L'antiphrase
Figure souvent liée à l'ironie puisqu'elle consiste à exprimer le contraire de ce que l'on veut dire en réalité, en comptant sur la bonne interprétation du lecteur. L'intonation ou le point d'exclamation peuvent opérer comme des marqueurs de l'antiphrase. Le contexte est important dans sa bonne compréhension, ainsi qu'une complicité entre les interlocuteurs. L'antiphrase peut se construire à partir d'autres figures comme : - la métaphore : Il est dans de beaux draps ! - l'hyperbole : Que tu es beau ! (à un enfant sale par ex) - la litote : Il n'est pas si sot !
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Figures de pensée: amplification et atténuation
- Hyperbole
- Accumulation, énumération et inventaire
- Gradation
- Amplification
- adynaton
- Litote
- Tapinose
- Euphémisme
- Prétérition
- Un cas particulier : l'anaphore
Les figures de pensée sont liées à un décalage entre le discours et le référent.
L'hyperbole
Figure par sur-détermination, éxagération qui se fonde, comme la litote, sur un décalage entre le discours et le référent. Il s'agit du grossissement d'une idée, caractéristique, sentiment qui s'accompagne souvent d'un jugement axiologique --> évaluation méliorative ou péjorative. Perrin évoque "un effet de loupe" suivi d'un rabattement..Elle constitue une effraction par rapport à la réalité. On exagère sciemment et ostensiblement mais pas gratuitement --> à interpréter . Le locuteur s'arrange pour qu'elle soit perçue, déjouée par le récepteur.Dans l'Antiquité et le Moyen-âge, figure liée à l'épopée --> mettre en valeur les attributs des dieux ou la valeur des héros. Ensuite figure qui s'est imposée dans les registres polémique et satirique --> pour dénoncer avec force, outrance --> Ceci explique son lien avec l'ironie. Elle rend plus intense la portée de l'image, peut magnifier ou rabaisser Elle repose souvent sur un lexique exprimant le haut degré. --> adverbes d'intensité, lexique valoirsant ou non, superlatifs, affixes (hyper / issime/ ette) Mais il faut s'appuyer sur le contexte et le co-texte pour l'interpréter --> parler d'un "crime abominable" pour évoquer le viol d'un enfant par exemple, ne constitue pas forcément une hyperbole. Certaines = des clichés / catachrèses : ex un millefeuille / un millepatte (ceci explique les 2 orth millepattes)
L'adynaton (nom masc, pluriel adynata) = une hyperbole inconcevable, irréaliste, contre nature.Ex: dans le dessin animé Tex Avery, personnage écrasé par un arbre qui se relève sous la forme d'une crêpe. Ex: Quans les poules auront des dents. Ex: Mon coeur bat pour toi comme tous les tambours du monde.Le locuteur accumule les arguments ou idées afin d'exagérer un fait ou une situation mais son propos relève d'un décalage qui marque sa subjectivité --> peut suggérer sa fuite hors du réel, sa folie...C'est ainsi une figure exploitée par l'absurde. Il peut ménager un effet humoristique et ironique mais on le rencontre aussi dans les tragédies (pour évoquer les exploits du héros), dans la poésie, notamment surréaliste (c'est l'une de leurs figures privilégiées), dans les romans fantastiques ou de science fiction. Ex: J'ai vu une anguille qui coiffait sa fille. On peut aussi penser au roman de Boris Vian , L'Ecume des jours (nénuphar qui pousse dans les poumons de chloé / anguilles qui sortent par le robinet).
Accumulation: suite de termes appartenant à la même catégorie pour créer une amplification. Il s'agit de syntagmes de natures et de fonctions semblables. --> effet de profusion Ex: Adieu, veau, vache, cochon, couvée" La Fontaine Enumération: consiste à détailler successivement les différentes parties d'un tout --> Au moins 3 éléments séparés par des virgules ou points virgules. Le dernier est ajouté à l'aide d'une conjonction de coordination. Elle veut créer un effet de profusion. Dans le cas d'une énumération ouverte (qui ne mentionne pas tous les éléments) : etc ou 3 points de suspension. Si l'énumération est exhaustive on peut parler d'inventaire. Elle se distingue de l'accumulation par la dimension moins logique ou plus hétéroclite des éléments. Gradation: figure qui procède par accumulation de termes de sens approchant classés par ordre croissant ou décroissant --> gradation crescendo ou decrescendo. Ex: "va, cours, vole et nous venge" (Corneille) C'est une figure au caractère oratoire très employée en argumentation ou démonstration. Elle s'accompagne d'un effet de dramatisation.
La tapinose : mot qui peut désigner un style trop familier mais qui désigne aussi une figure consistant à employer des termes "bas" pour réduire la grandeur ou la dignité d'un objet ou d'une action.Ex: "au milieu d'un ciel empourpré, un gros soleil rutilant et bouffi comme une figure d'ivrogne apparaissait derrière les arbres" (Maupassant) --> procédé volontiers employé dans le style burlesque
La litote
La litote : Figure qui consiste à dire le moins pour exprimer le plus, et qui est souvent construite à partir d'une négation --> dans ce cas le vocabulaire employé se trouve neutralisé par la négation. On parle aussi d'exténuation ou de figure de la réticence. Ex: "Il n'est pas indifférent que le peuple soit éclairé" (Montesquieu)Il s'agit de déguiser sa pensée pour en laisser deviner toute la force --> en atténuant le propos, on le renforce paradoxalement et on insiste sur la réalité évoquée. Quand on minimise le signe, on intensifie l'effet. Elle peut être proche de l'ironie. Elle suppose une part de clacul, une stratégie Comme pour l'hyperbole, le contexte doit permettre de déterminer s’il y a une litote ou non. Un problème en découle : il est en effet possible de se tromper sur l’intention d’un auteur en interprétant mal ce qu’il souhait vraiment dire. Ex: le vers de Corneille"va, je ne te hais point" est habituellement considéré comme l’exemple même de la litote --> Chimène, en disant à Rodrigue qu’elle ne le hait point, voudrait dire au contraire qu’elle l’aime ! Cependant, cette interprétation est aujourd’hui contestée par certains linguistes. En effet, on en aurait fait trop dire à Va, je ne te hais point. Ce vers n’en dirait pas plus que ce qu’il dit explicitement. Elle peut être un signe de modestie, de pudeur, de retenue mais elle permet aussi d'évoquer à mots couverts des sujets tabous. --> Très fréquente dans la littérature du XVII° : culte de la mesure et de la bienséance--> discipliner l'émotion et la passion ,
Euphémisme et prétérition:
L'euphémisme : est une figure d'atténuation --> il s'agit de présenter une réalité déplaisante, brutale ou vulgaire sous un jour plus favorable, d'adoucir une réalité difficile .Ex: dernier voyage pour signifier la mort. La prétérition : figure qui consiste à feindre de passer sous silence ce que l'on dit finalement explicitement. Ex: Je me dirais pas combien j'ai été déçue par votre attitude. Intervient dans l'ironie. En feignant de ne pas dire, elle opère une insistance sur le propos. Elle peut être un signe de connivence avec le lecteur.
L’albatros Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers. A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d’eux. Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid ! L’un agace son bec avec un brûle-gueule, L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait ! Le Poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l’archer ; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1861
Expliquez en quoi on peut parler d'un dispositif analogique structurant dans ce poème. Analysez-le, puis proposez une interprétation.