Want to create interactive content? It’s easy in Genially!

Get started free

La bande son DIH 2 - TIAN

CRF

Created on January 13, 2021

Start designing with a free template

Discover more than 1500 professional designs like these:

Smart Presentation

Practical Presentation

Essential Presentation

Akihabara Presentation

Dynamic Visual Presentation

Pastel Color Presentation

Blackboard Presentation

Transcript

LA BANDE

SON

DU DROIT HUMANITAIRE - 2

30 Min

INTRO

Tenez-vous bien, cet épisode est, pour le moins atomique... On va y raconter comment la musique cotoie, depuis plusieurs décennies, l'atome de la terreur. Il s'agit d'un épisode particulier, spécifiquement préparé à l'occasion de l’entrée en vigueur, ce 22 janvier 2021, du Traité sur l'Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), du 7 juillet 2017.

A l'origine

Dans la chanson, les textes abordent la question de l’arme nucléaire sous quatre angles : l’histoire, la physique, la philosophie et la politique… Du point de vue de la musique, plusieurs époques et plusieurs styles sont concernés : la chanson rythmée, la chanson française d’auteur, le folk anglo-saxon, la ballade, le Jazz Swing et le Rock. Le ton souvent expressif va de la litanie des horreurs de la guerre au sketch "anar" et ironique dans la « Java des Bombes », à la réflexion et la mise en garde. Les chansons sont toutes engagées car, sous des formes diverses, elles incarnent une dénonciation et entendent critiquer un des aspects de l’arme absolue : son impact humanitaire sur les victimes.

Bande son du droit humanitaire

Aujourd'hui, cela fait 75 ans, depuis Hiroshima et Nagasaki, que la bombe nucléaire n’a plus été utilisée. Pourtant, le risque qu’il en soit de nouveau fait usage est ravivé par l’exacerbation des tensions internationales. C’est la raison pour laquelle la première chanson que vous allez découvrir est toujours d’actualité...

La chanson évoque les déboires d'un vieil oncle tentant de fabriquer une bombe atomique, qui finalement réalise que l'important n'en est pas la portée mais « l'endroit où s'qu'elle tombe », et qui la fait éclater sur tous les grands chefs d'État, qui lui ont rendu visite pour admirer le résultat. Il se défend : « Messieurs c'est un hasard affreux Mais je jur' devant Dieu En mon âme et conscience Qu'en détruisant tous ces tordus Je suis bien convaincu D'avoir servi la France » Il est donc condamné puis amnistié, et selon les versions : élu chef du gouvernement ou se voit élever un monument. La musique et le ton adopté, joyeux et amusants, tranchent avec le message de la chanson. Après avoir exprimé son antimilitarisme avec la chanson Le Déserteur, Boris Vian affiche son engagement pacifique et libertaire.

On commence en 1954 avec la chanson française "La Java des Bombes Atomiques » de Boris VIAN

Bande son du droit humanitaire

Vous l’avez compris, la chanson "La Java des Bombes Atomiques" est à double sens. Ainsi, Boris Vian expose de nombreux paradoxes dans son texte, mais n'oublie pas de montrer, par le biais de l'ironie, la gravité d'une guerre nucléaire.

On retrouve de très belle interprétation de ce morceau plus récemment avec Andrea Lindsay, accompagnée d'un trio jazz et de Sanseverino :

François-Joseph Gossec (1734-1829) - son Requiem

La bande son du droit humanitaire

Les armes nucléaires sont les armes les plus meurtrières et destructrices jamais inventées. La Société de la Croix-Rouge du Japon et le Comité International de la Croix-Rouge en ont été les témoins directs à Hiroshima et à Nagasaki en 1945, lorsqu'ils tentaient de porter secours aux mourants et aux blessés.

Dans la chanson "Il y avait une ville"... Claude Nougaro décrit une ville dévastée par une explosion nucléaire. Nous sommes alors en 1959 et il souligne :

"Y a plus rien qu'un désert de gravats, de poussière qu'un silence à hurler à la place où il y avait une ville qui battait comme un coeur prodigieux une fille dont les yeux étaient pleins du soleil de mai Mon Dieu , mon Dieu Faites que ce soit un mauvais rêve réveillez-moi réveillez-moi".

Avant d’être chanteur à temps complet Nougaro était journaliste... Avec "II y avait une ville", il est un chroniqueur sous le choc de la guerre nucléaire, dont le spectre est très présent en ces années de guerre froide.

Sección 01

Nougaro écrit un texte-scénario qui fait jaillir des images, pas de refrain, une succession de scènes, comme dans un film muet dont il est conteur. On est embarqué, on devient ce personnage dans un rêve-cauchemar qui passe d’une flânerie printanière à l’apocalypse fin du monde. Nougaro tenait beaucoup à cette chanson dont il a enregistré plusieurs versions entre 1958 et 1964, la dernière, avec Maurice Vander et Eddy Louiss est sans doute la plus intense, avec une sobriété dans l’arrangement qui souligne la dramaturgie de l’histoire.

Et si on faisait sauter une ville ? Cette vidéo illustre les conséquences terribles qu’engendrerait une explosion nucléaire dans une ville moderne : des millions de gens seraient touchés, et personne – aucun pays, aucune équipe médicale, aucune organisation humanitaire – ne serait en mesure de porter efficacement secours aux victimes et aux survivants. Face à une explosion nucléaire, nous serions tous réduits à l’impuissance.

" Eve of Destruction " - 1964 : chanson de protestation écrite par PF Sloan en 1964. La chanson fait référence aux problèmes sociaux de sa période, notamment la guerre du Vietnam, la menace d’une guerre nucléaire, le mouvement des droits civiques , les troubles au Moyen-Orient et le programme spatial américain . En raison de ses paroles controversées, certaines stations de radio américaines, "prétendant que c'était une forme de soutien au Vietnam" et vont interdire la chanson.

La bande son du droit humanitaire

Les paroles de " Eve of Destruction " " If the button is pushed, there's no running away There'll be no one to save with the world in a grave Take a look around you boy, it's bound to scare you, boy But you tell me over and over and over again, my friend Ah, you don't believe we're on the eve of destruction" Traduction "Si le bouton est enfoncé, il n'y a pas de fuite Il n'y aura personne à sauver avec le monde dans une tombe Regarde autour de toi garçon, ça va sûrement te faire peur, garçon Mais tu me le dis encore et encore et encore, mon ami Ah, tu ne crois pas que nous sommes à la veille de la destruction "

La bande son du droit humanitaire

Depuis le premier et unique recours aux armes nucléaires, en 1945, la communauté internationale se débat avec la question de l'application du droit de la guerre à ces armes. Pendant des décennies, le discours sur les armes nucléaires a porté essentiellement sur les aspects militaires relatifs à la sécurité et sur la crainte de leur prolifération. Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge demandait l'interdiction de ces armes depuis 1945 et s'est félicité de l'adoption du traité, qu'il considère comme un pas historique et longtemps attendu vers leur élimination. Au vu des tensions régionales et internationales qui règnent actuellement, le risque que des armes nucléaires soient employées n'a jamais été aussi élevé depuis la guerre froide.

La bande son du droit humanitaire

Le témoignage de Setsuko Thurlow, survivante du bombardement d'Hiroshima :

Utiliser sa voix pour porter un message...

Hiroshima par Georges Moustaki - 1972Une grande chanson pour la paix est écrite par Moustaki en 1972, à la manière d'un hymne, qui rappelle le traumatisme provoqué par ce bombardement atomique, façonnant le Japon de l'après-guerre.

La musique électronique, pour porter un message...

Attention, on change de registre...Krafwerk "Radioactivity"" (Titre allemand original : Radioaktivität) est une chanson écrite par Ralf Hütter, Florian Schneider et Emil Schult, et enregistrée par le groupe de musique électronique Kraftwerk. La chanson fut diffusée comme single dans la plupart des pays européens et aux États-Unis. Elle fut septième du hit-parade en France, où il sera certifié disque d'or en 1976.Elle fut réenregistrée en 1991 pour l'album The Mix. La version de 1991 fait allusion aux catastrophes nucléaires et à Hiroshima.

1979 - Le groupe Téléphone et "La bombe humaine" À l'origine, la chanson est une nouvelle de science-fiction écrite par Jean-Louis Aubert où des hommes avaient un H tatoué dans le dos. A la fois appareillage technologique et symbole de leur statut social, le H évoquant la Bombe H mais en remplaçant hydrogène par humaine. Il a ensuite réduit la taille de la nouvelle pour arriver au texte de la chanson.

La bande son du droit humanitaire

Le manager de Téléphone à l'époque, François Ravard, raconte : « À l'époque, on habitait ensemble. Jean-Louis était mon meilleur ami. Dès qu'il a joué cette chanson, seul à la guitare, je me suis dit oh ! là là, c'est un grand, grand morceau. Elle était extraordinaire, elle avait quelque chose d'indicible… " Entrevoir un avenir sans peur de l’anéantissement se concrétise aujourd'hui, un peu plus, avec l'entrée en vigueur du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires.

1980 - Orchestral Manœuvres in the Dark (OMD) "Enola Gay"Enola Gay est le titre d'un des succès musicaux du groupe Orchestral Manoeuvres in the Dark (OMD), sorti le 26 septembre 1980. Si vous avez dansé sur cette chanson new wave caractérisé, entre autres, par la présence des synthétiseurs sans savoir pourquoi. Il est temps de vous révéler que le titre de la chanson évoque l'Enola Gay, l'avion Boeing B-29 Superfortress qui, le 6 août 1945, a largué sur la ville de Hiroshima la première Bombe A déployée. Les paroles de la chanson parlent de « Little Boy » et de « 8 h 15 ». Une allusion à Mme Tibbets (Enola Gay Hazard Tibbets, la mère du pilote) apparaîtra dans la chanson d'OMD : "Enola gay, is mother proud of little boy today" (little boy, "petit garçon", fait à la fois allusion au colonel Tibbets et à la bombe atomique du même nom.

La bande son du droit humanitaire

Les armes nucléaires sont les armes les plus meurtrières et destructrices jamais inventées. La Société de la Croix-Rouge du Japon et le CICR en ont été les témoins directs à Hiroshima et à Nagasaki en 1945, lorsqu’ils tentaient de porter secours aux mourants et aux blessés. Les explosions nucléaires ont tué des dizaines de milliers de personnes, détruit les structures médicales et laissé les survivants dans des conditions effroyables. Les hôpitaux de la Croix-Rouge du Japon traitent aujourd’hui encore des patients souffrant de cancers, notamment de leucémies, imputables aux radiations des explosions nucléaires de 1945.

Vivre ou mourir ? Décidons de l’avenir des armes nucléaires avant qu’elles ne décident du nôtre.

1985 - Sting "Russians" Titre pacifiste phare du chanteur Sting sorti en 1985, Russians est une de ses chansons qui évoquent la complexité de toute une époque dans la culture populaire. De la même manière que la chanson Paint It Black des Rolling Stones est associée à la guerre du Vietnam, grâce notamment à Stanley Kubrick et son film Full Metal Jacket, Russians exprime à la fois avec douceur et angoisse la peur permanente de la destruction mutuelle par l’atome qui régnait pendant la Guerre Froide et, par contraste, un message universaliste de fraternité de paix et d’espoir.

1985 - Sting "Russians" Introduite et achevée par un angoissant tic-tac qui rappelle l’Horloge de l’Apocalypse, la chanson reprend l’air de la Romance issue de la suite orchestrale « Le Lieutenant Kijé » du compositeur russe Serguei Prokofiev. Le sentiment d’absurdité de cette guerre froide qui divise le monde « There is no monopoly on the common sense, on the two sides of the political fence » et, par contraste, l’espoir qui y est exprimé en réaction « I hope the Russians love their children too » est renforcé lorsque on sait que la suite orchestrale « Le lieutenant Kijé » est basée sur une nouvelle éponyme de Iouri Tynianov dans laquelle est narrée l’histoire d’un lieutenant de l’armée russe qui n’existe qu’à la suite d’une erreur d’écriture administrative.

Au-delà de ses aspects littéraires et poétiques, Russians peut permettre de se pencher brièvement sur le droit international humanitaire...

La bande son du droit humanitaire

Il existe plus de 13 000 armes nucléaires dans le monde. Beaucoup d’entre-elles sont en état d’alerte opérationnelle, prêtes à être lancées. Le risque qu’elles soient à nouveau utilisées atteint des niveaux alarmants. De nouvelles armes nucléaires sont mises au point. Les États dotés de l’arme nucléaire conçoivent de nouveaux modèles et rendent leur utilisation plus facile. Le monde s’achemine dangereusement vers une nouvelle course aux armes nucléaires, menaçant la survie même de l’humanité. C’est une réalité que nous ne pouvons accepter.

A suivre...

Dans un prochain épisode!