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séance 2: Etre ouvriere du textile au début du XX ème siècle copie

karinedellabianca

Created on November 28, 2020

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Transcript

HISTOIRE

THEME n°1: Hommes et femmes au travail , en métropole et dans les colonies françaises ( XIX ème - 1ère moitié du XX ème siècle)

Séance n°2: Etre ouvrierE dans le textile au début du XX ème siècle

A partir de 1850 , les femmes sont nombreuses à travailler pricipalement dans les fabriques , en particulier celles de l'industrie textile . Projet : Journaliste pour la revue L'Ouvrière , vous rédigez un article illustré pour rendre compte des conditions de travail des ouvrières de la soie dans les Cévennes au début du XX ème siècle .

Filature cévenole au début du XX ème

Doc 1: Le dévidage des cocons dans une filature de soie, Ganges ( Hérault) ,1900

Des témoignages

Texte 2

Je suis entrée comme apprentie chez MM. Durand frères, au Péage-de-Vizille, au commencement de 1883. J'avais alors douze ans. Il y avait, à cette époque, dans l'usine, environ 800 tisseuses. On y travaillait 12 heures, et quelquefois 13 et 14 heures par jour; les métiers battaient 80 coups à la minute ; les ouvrières étaient alors rares qui avaient à conduire deux métiers, et à peine si quelques-unes faisaient rouler trois métier, à deux. On arrivait à gagner de 130 à 150 francs par mois ; et avec cela, un bon travail et de la très bonne matière.(...)Quelques années plus tard, au début de 1888, je vins travailler à Vizille, à la maison Duplan. Là, on gagnait un peu plus parce que le matériel y était perfectionné. Les métiers battaient 120 coups à la minute et les patrons soyeux engageaient le plus possible leurs ouvrières à conduire deux métiers à la fois. Cela s'accentua encore lorsqu'arriva la grande mode de la mousseline. Il en résulta un commencement de baisse des salaires, mais comme il n'y avait aucune organisation, personne n'osa protester. Dès lors, chaque année apporta de nouvelles modifications mécaniques, de nouveaux métiers, de nouvelles transformations ; et avec chaque perfectionnement du matériel, c'était une nouvelle diminution de salaires Lucie Baud , Le mouvement socialiste , 1908 ( estrait )

Texte 1:

" (...) Le filage de la soie est un travail des plus pénibles et des plus malsains, les accès de fièvre dout toutes ou presque toutes les ouvrières sont atteintes chaque année le prouvent suffisamment . Une jeune femme ou fille s'asssied le matin à 4 heures devant la bassine , elle reste là enveloppée d'une vapeur chaudeet phitique jusqu'à 11 heures , elle quitte une heure et s'y replace à midi juqu'à 7 heures du soir.... Il y a quelques années la journée finissait à 5 heures du soir, c'était raisonnable mais l'ambition invente des moyens pour arriver au lucre , et ainsi peu à peu de demi-heure en demi-heure on est arrivé à 7 et même 8 heures du soir , il n'y aurait pas de raison pour qu'on ne les obligeât à travailler 10 heures sans augmentation de salaire (...) Lettre du maire de la ville de Cavaillon au préfet du Vaucluse , Archives départementales du Vaucluse , 16 juillet 1852

Texte 3:

Texte 4:

Pendant la mauvaise saison au moins, les fileuses hébergées dorment dans l'enceinte même de l'usine lorsque le bâtiment comporte une aile habitable, ou bien elles louent à plusieurs des chambres dans les villages proches .(...) Dans les dortoirs d'usine, les femmes doivent s'accommoder d'une pièce pour cinq ou six personnes. C'est le cas notamment à l'usine des Mazel, dans cette vallée de Valleraugue. Le bâtiment contient, dans une aile opposée au logement des d'enfants de moins de 16 ans parmi les ouvrières. Dans ce cas, la longueur et la fatigue d'une journée apparaissent, en souvenir au moins, légèrement atténuées car l'ouvrière logée, éloignée de sa famille, est épargnée du surcroît de tra¬ vail que certaines d'entre elles accomplissent encore en rentrant à la ferme : « Quand j'arrivais à 5 heures, je partais avec mes chèvres, j'allais les garder. Je me rappelle, quand même, c'était fatigant, la filature et puis les chèvres. Je m'endor¬ mais là-bas sur le pont, tellement que j'avais sommeil... et après il fallait encore les traire... ». Les internes apportent leur « paillasse » pour dormir, ainsi que des provisions de la ferme pour leurs repas. Elles se répartissent dans les dortoirs par affinités, la plupart du temps par quartiers ou villages d'origine, ou même par confession.(....). Après la journée de travail, les femmes ne peuvent sortir que jusqu'à 9 heures, puis le contremaître est chargé de fermer les portes Le Monde alpin et rhodanien.Revue régionale d'ethnologieFemmes cévenoles, filatures et soieLuc Bazin, 1987

A 4 kilomètres de Voiron, à la Patinière, une usine, l'usine Permezel, occupait, sur un total de 500 ouvrières, une proportion de 350 Italiennes. Ces pauvres femmes déclarèrent n'avoir jamais mangé à leur faim, depuis plusieurs années qu'elles travaillaient à l'usine Permezel, et surtout n'avoir jamais mangé de viande. Une d'elles, atteinte de tuberculose, mourut même, au cours de cette grève, faute de soins : elle en était réduite à manger du pain trempé dans du vinaigre. La difficulté était de causer avec ces pauvres Italiennes ; il leur était défendu de parler avec personne, même dans les ateliers. Voici de quelle façon on était allé les chercher en Italie. M. Permezel avait envoyé son directeur, accompagné de son aumônier, racoler dans le Piémontais des femmes et des enfants, en leur promettant 3 F par jour, une indemnité de 25 F pour leur apprentissage, le paiement des frais de voyage, et un voyage annuel dans leur pays. Les pauvres malheureuses que ces promesses séduisirent furent nombreuses. Hélas ! Une fois arrivées dans le bagne, les choses avaient tourné tout autrement. Impossible de repartir pour l'Italie, car elles ne gagnaient même pas de quoi vivre (...)L'existence que ces misérables femmes étaient obligées de mener était lamentable. Elles en étaient réduites à ramasser dans les caisses à ordures les débris de légumes que jetaient leurs camarades françaises. Lucie Baud , Le mouvement socialiste , 1908 ( extrait )

Texte 5:

Un des spécialistes de l'observation sociale, philanthrope et hygiéniste écouté au milieu du XIXe siècle, n'a-t-il pas écrit : «Bien peu de travaux sont plus dégoû¬ tants, d'une odeur plus repoussante et payés d'un salaire plus faible que la première préparation de la soie ou son tirage du cocon » (3). Certains témoignages font effec¬ tivement état du caractère très pénible du travail de l'ouvrière fileuse. Avec les pre¬ mières machines à dévider, assise devant sa bassine, elle doit adopter une position oblique afin de surveiller à la fois les fils qui se dévident des cocons et ceux quis'enroulent sur le dévidoir. De la bassine, contenant une eau à 80° environ, s'échappe une vapeur constante. Au fond de celle-ci, la chrysalide décomposée vicie l'eau et diffuse une odeur putride «de babota » extrêmement désagréable qui imprègne les vêtements de l'ouvrière et dont elle ne parvient pas à se débarrasser. Les filateurs soutiennent que les conditions d'hygiène sont «malgré les apparen¬ ces » très favorables, alléguant pour cela l'absence de plaintes de la part des inspec¬ teurs du travail et le faible recours aux soins médicaux. Une étude réalisée au début du XIXe siècle dans le milieu de l'industrie soyeuse dresse pourtant une liste impressionnante de maladies de l'appareil respiratoire, dues aux écarts de températures que subissent les ouvrières entre la filature et l'exté¬ rieur, et à la moiteur de l'atmosphère de l'atelier, ainsi que d'infections cutanées provoquées par l'immersion constante des mains dans les bassines : troubles atro-phiques, panaris, infections et allergies : «Elles avaient souvent mal aux mains, c'était l'eau des bassines [. . .] c'est la séricine des cocons qui donnait mal aux mains, ça leur donnait des cloques [...].

Aide à la rédaction : Vous pouvez construire votre article en suivant le plan suivant :

1Présenter l'industrie textile à la fin du XIX Où se situe la principale région de production de soie ? Quelle est la part des femmes dans la population active vers 1860? Quelle est la part des femmes travaillant dans l'industrie textile? 2 Présenter les ouvrières des filatures Qui sont-elles ? ( âge , origine sociale , origine géographique ...) 3. Faire un état des lieux des conditions de travail de ces femmes Quelles sont les tâches réalisées par les femmes ? Quel est leur environnement de travail ? Comment s'organise une journée de travail? La mécanisation soulage -t-elle le travail des femmes ? 4. Les conditions de vie Quelles sont leur conditions de vie ? ( logement , salaire ...) Quelles sont les répercussions des conditions de travail sur ces femmes ?