Want to create interactive content? It’s easy in Genially!

Get started free

Les Gestes Tendres

philos

Created on October 31, 2020

Dossier artistique du spectacle "Les Gestes Tendres" de la CIe PHILDOART

Start designing with a free template

Discover more than 1500 professional designs like these:

Visual Presentation

Vintage Photo Album

Animated Chalkboard Presentation

Genial Storytale Presentation

Higher Education Presentation

Blackboard Presentation

Psychedelic Presentation

Transcript

Les gestes tendres

* * *

Dossier artistique

Sommaire

* * *

1. Le Projet

7. Besoins techniques

2. L'équipe

8. Vidéo

3. Le projet

9. La Cie PHILODART

4. Oralité et narration

10. Le Producteur

5. Processus de création

11. Extraits de textes

6. Calendrier

12. Dimension inclusive

Le Projet

* * *

En adaptant Le Lai de l'ombre de Jean Renard, la Compagnie Philodart poursuit la trajectoire débutée depuis 2015 : - explorer l'héritage de la littérature orale d'Europe - questionner l'universalité et l'actualité de leurs motifs - les partager par des formes d'arts narratifs contemporaines.

Ou comment faire le pont entre le Moyen-Âge et aujourd'hui !

Disciplines narratives

Chorégraphie

Vidéo

Oralité

Une tentative d'articulation entre une narration réactive au contact du spectateur, et une narration métrisée pour faire entendre le lai à l'origine de ce spectacle.

Sur la base technique et culturelle de la danse Moderne Jazz, construction d'un vocabulaire chorégraphique autour de la tendresse et la courtoisie.

En dialogue avec les chorégraphies, et en miroir de notre questionnement sur la présence des expressions gestuelles de la tendresse dans le monde actuel.

L'équipe

Guillaume LOUIS

Stéphanie ESSAOUIR

Violette MARTIN

Théo MARTIN

Récits, musiques

Chorégraphies

Création vidéos

Création vidéo, Lumière

Guillaume LOUIS

* * *

Ses études l'ont mené à cerner les situations de médiation en musée et dans les arts vivants. C'est sur ces dernières années de cursus qu'il rencontre les arts du récit, en accompagnant comme musicien le conteur gabonais Chyc Polhit Mamfoumbi. A partir de 2004, il fonde la Cie Philodart, dans laquelle il explore les articulations entre parole, musique et danse. L'activité devient métier à partir de 2006.

L'exploration du patrimoine Irlandais lui fait rencontrer un récit monument qui le pousse à intègrer l'atelier Fahrenheit 451 de 2015 à 2018. L'exploration des textes patrimoniaux européens devient alors une constante dans sa démarche.

Stéphanie ESSAOUIR

* * *

A la suite d'une formation en danse moderne à Montpellier, elle collabore avec des Cies de danse contemporaine (Véronique Roemer), et de danse africaine (Yelemba). Elle crée à Nancy en 2001 l'atelier chorégraphique ANGATA, axé sur la transmission et la recherche chorégraphique en danse moderne jazz. Une exploration qui la motive à collaborer sur des comédies musicales (chorale Choeur accord), et à monter des spectacles adaptés aux personnes à mobilité réduite et handicap mental léger (projet Maloupagaiste).

Elle travaille dans la Cie Philodart depuis sa création, sur des trames narratives complémentaires à l'oralité: les émotions, les sentiments... En 2013, elle crée son premier solo à destination du jeune public: "La petite Boudeuse".

ARTSCOPIA

Fondée en 2017 par Violette et Théo MARTIN, cette société de production audiovisuelle accompagne des artistes dans le développement de leurs créations et dans la promotion de leur identité. Une approche qui revendique l'émotion, la sensibilité artistique, et un savoir-faire au service de l'univers qu'ils rencontrent. Ils seront l'équipe de captation, réalisation, montage et diffusion vidéo dans le dispositif que nous envisageons.

Le Projet

* * *

Le spectacle "Les Gestes Tendres" est une tentative d'adaptation du Lai de l'ombre de Jean Renard, en narration orale, chorégraphique et vidéo.

Il s'inscrit dans la trajectoire prise par la Cie Philodart depuis 2015: explorer l'héritage des grands récits patrimoniaux européens, questionner l'universalité et l'actualité de leurs motifs, les partager par des formes d'arts narratifs contemporaines.

Un texte en octosyllabes

Résumé

Nous n'avons trouvé que des traductions de sens de l'ancien français, rien qui reprenait le format original en octosyllabes. Alors la première approche a été de reconstruire la métrique, tout en restant le plus fidèle possible au texte ancien.

Un chevalier vaillant et courtois se rend au chateau d'une dame pour lui déclarer son amour. Mais la dame n'est pas libre et ne se laisse pas conquérir.

En résulte une matière première de 1056 vers en rimes plates, avec un découpage en 21 laisses.

Ses lamentations parviennent tout de même à semer le trouble dans l'âme de la dame, et le chevalier en profite pour lui glisser au doigt un anneau. Puis il prend congè.

Une matière courtoise

La dame découvre l'anneau, et fait rappeler le chevalier pour lui rendre l'objet, car elle n'a pas accepté la cour d'amour que cette bague annonce.

Cette matière poétique et littéraire a-t-elle encore une place à l'heure où en tant que rite d'interaction elle s'efface du champ politique, et de nombreux rapports humains? Dans un champ social où tout devient sujet de lutte, la courtoisie se voit même accusée de faire partie des rituels archaïques de domination sexuelle. L'exploration d'un texte célébrant la courtoisie et la tendresse prendrait presque une tournure subversive face au modèle de société qui se développe aujourd'hui.

Le chevalier refuse de reprendre l'anneau, mais la dame finit par le confondre: il prétend se soumettre à toutes ses volontés, mais lui refuse le seul désir qu'elle exprime?

Il reprend l'anneau, et l'offre au reflet de la dame, à son ombre au fond du puits: la seule présence la plus chère à son coeur après elle. Ce geste parvient à l'émouvoir enfin.

La littérature médiévale nous rappelle la valeur éthique de cette esthétique relationnelle: c'est le mortier d'une harmonie sociale, une qualité de prince et de clerc, une soupape de paix... bien avant d'être une affaire de coeur. Une réhabilitation est-elle possible?

Tentative narrative

* * *

Les expériences transmises par les pionniers du renouveau du conte sont assez unanimes : quand il y a trop de psychologie dans un récit, le partage en narration orale est truffé de pièges. Il est aisé de perdre du rythme, d'embourber chaque action dans le sentiment, et de perdre au final l'attention d'un public tenté de se préserver émotionnellement. Ainsi la pratique contemporaine du récit oral a tendance à délaisser ce type de récit, et de privilègier les contes et récits riches en actions, en magie, en sujets politiquement sensibles ou en situations psychologiques décalées.

L'approche d'un Lai du 13ème siècle peut donc s'avérer périlleuse pour une simple voix narrative. Mais si ces registres d'émotions et de sentiments sont partagés par des narrations de corps et d'images, est-il possible alors d'éviter les biais qui se présentent au conteur? Cette matière un peu délaissée et contournée dans les arts vivants contemporains peut-elle alors redevenir un objet de partage? Ce spectacle explore cette hypothèse avec une forme de narration croisée.

Oralité et narration

* * *

"La parole narrative contemporaine est-elle naturelle, improvisée, en interaction avec le public, ou est-elle au service d'un texte, d'une pensée écrite? Pensant qu'il fallait choisir un camp, j'ai commencé par revendiquer la parole libre, sculptée par la rencontre, avec l'exercice d'esprit, de réceptivité poétique et sensible qu'implique cet art d'équilibre qui cherche inlassablement à satisfaire cet instinct de connexion avec l'imaginaire de l'autre.

Mais ce camp là est souvent dépourvu dès que la parole arrive au théâtre. Il y a là un corps et un espace souvent inexplorés pour le conteur "tout terrain". Il lui faut apprendre à les habiter, et dépasser un clivage improductif.

C'est l'écriture de chansons qui m'a en premier connecté à une narration métrisée. Le désir de raconter Razzia, m'a également tourné vers ce travail d'écriture, de scénographie et de mise en scène, sans lequel cette épopée aurait été impossible à partager. Mes explorations narratives sont désormais celles d'une oralité musicale, désireuse de concilier la grâce du contact et celle de la justesse. Elles s'articulent dans ce projet avec les formes narratives du geste et de l'image animée."

Guillaume LOUIS

Processus de création

* * *

A partir de la réécriture du Lai de L'ombre de Jean Renard, l'histoire est explorée sous l'angle d'une répartition de la charge narrative entre la parole, le geste et l'image animée. Il est aussi question de rendre compte de notre questionnement sur la place de la tendresse et de la courtoisie dans notre quotidien.

Le dialogue tressé entre ces trois arts doit permettre d'aboutir à une nouvelle écriture, une partition scénographique que nous nous emploierons à mettre en exécution lors des résidences de création.

Voix et musique

Recherche chorégraphique

La musicalité du récit fait l'objet d'une recherche créative constante. La narration sera parfois chantée, modale, rythmée, et soutenue par des accompagnements musicaux originaux joués en direct sur instruments à cordes pincées (citole, tzouras, lyre), et sur percussions (daf, tambours).

Notre questionnement sur la place de la courtoisie et la tendresse dans notre société a jailli lors des premières recherches chorégraphiques. Une constatation s'est révélée assez douloureuse: nous disposons de peu de ressources en matière de vocabulaire chorégraphique sur cette esthétique là.

Les musiques accompagnant les chorégraphies et les vidéos seront composées et enregistrées avec une plus large palette d'instruments.

Les premières pistes de recherche nous mènent vers la danse traditionnelle Indienne, vers le ballet romantique Gisèle, l'univers de Pina Bausch et la langue des signes.

Stéphanie a proposé de s'intéresser également aux gestes du peintre qui réalise un portrait, à la relation empathique qu'il établit. Elle souhaite observer et traduire cette émotion qui parcourt ces mouvements-là.

Vidéo

Chaque rencontre artistique nourrissant le vocabulaire chorégraphique fera l'objet d'une captation vidéo visant à rendre compte du processus de création, et susceptible d'être utilisée pour les montages projetés lors du spectacle.

Nous avons aussi souhaité questionner le monde, par un appel à contribution ouvert, en comptant sur ces nouveaux réseaux sociaux en vidéo que les jeunes générations se sont appropriés. Une manière de nourrir notre vocabulaire chorégraphique, de rendre le processus de création contributif, et de voir si un #lesgestestendres peut devenir aussi viral que les #chatidiot ou #drunkstar.

Les créations vidéo auront le rôle de fenêtre sur une société que nous questionnons et seront les supports de certains mouvements chorégraphiques. Un espace de médiation est envisagé avec l'ensemble des vidéos réalisées: sur une page Internet dédiée, et sur un espace d'exposition lorsque les lieux de diffusions le permettront.

Artistes ressources sollicités

Patrick BERGER

Ann LOUBERT

Stéphanie COURT

Isabelle ANNA

Artiste peintre portraitiste

Chorégraphe Cie Premsigno

Conteur, mime, chanteur

Chorégraphe Cie Kaléidans'Scop

Nancy

Strasbourg

Paris

Nancy

Approche de la langue des signes, traduction du refrain de Haïlas

Le vocabulaire de tendresse dans les danses Indiennes

La tendresse dans le ballet romantique Giselle et l'univers de Pina Bausch

L'empathie et l'émotion nichées dans le geste du portrait

Calendrier

  • Mise en production du projet de création, avec chargée de Production
  • Atelier collectage, Institut des jeunes Sourds, La Malgrange
  • Recherches partenaires (résidences, production, diffusion)
  • Rencontre d'artistes ressources
  • Collecte des contributions à #lesgestestendres
  • Projet résidence création partagée, Meuse
  • Contruction du vocabulaire chorégraphique
  • Recherches en compositions
  • réécriture du Lai de l'Ombre
  • partage et explorations des idées artistiques
  • Première représentation
  • Diffusion

2023

2025

2020

2024

2021 - 2022

2026 - 2027

  • Constitution de l'équipe artistique,
  • Rédaction dossier, budget de production
  • Premières rencontres d'artistes et vidéos avec Stéphanie COURT et Patrick BERGER
  • Appel à contributions chorégraphiques
  • Premières compositions musicales
  • Adaptation du récit en narration dansée, pour diffusion en "forme légère" avec Le Doux Sentier
  • Rencontre avec Ann LOUBERT
  • Tournage et montage des séquences vidéos
  • Définition d'une partition scénographique
  • Finalisation des compositions musicales
  • création des costumes
  • Résidences création et techniques

Besoins techniques

* * *

Pour la première résidence : - un espace de travail, salle d'au moins 8 x 5m pouvant accueillir de la danse et une classe en public, - des prises de courant

Pour la seconde résidence : - un espace de travail d'au moins 8 x 6m avec sol souple et pendrillons - Un espace d'enregistrement plus petit et isolé, - la possibilité de s'aproprier ponctuellement des espaces de tournage différents en extérieur ou intérieur avec de la place.

La tente médiévale

* * *

Il s'agit d'une reconstitution d'un modèle normand. Les piquets sont remplacés par des poids plats. Le auvent est ouvert pour permettre la vidéoprojection par l'arrière, et pouvoir réaliser des effets d'ombres.

La Cie PHILODART

* * *

Sur les dix premières années, nous étions le Collectif PHILODART, rassemblant jusqu’à huit conteurs, entourés de musiciens et de chorégraphes, unis par le même désir d'exploration des arts narratifs. Chacun défendait son esthétique et sa démarche singulière, et collaborait sur des projets communs de spectacles, d’ateliers, et de collectages.Ce collectif disparaît avec l’association PHILODART en 2017. Mais des valeurs et une vision survivent: le partage, la collaboration, la rencontre. Elles sont restées fondatrices de la Compagnie PHILODART.

philodart.com

Aurélie BERNARD

Après des études littéraires et théâtrales, elle s'oriente vers l'éclairage de la scène avec des premières armes en 1999 au théâtre de la Cuvette de Nancy, qui lui donnent le goût du contact humain et de la polyvalence. A partir de 2000 elle se retrouve sur les montages des grandes scènes nancéiennes, et sur des créations pour des compagnies théâtrales de lorraine. A partir de 2004, elle travaille également avec des groupes de musique, des Cies de danse et sur des projets jeune public. Cette diversité de collaborations artistiques a nourrit son vocabulaire visuel. Sa première collaboration dans la Cie PHILODART date de 2017, sur le "cabaret de la Lune".

Historique & créations

Création de Couarail en Lune, structure de production coopérative au service du conte. Le collectif Philodart s'y dilue, chaque artiste défendant désormais sa singularité.

Rebond de la Cie l'univers de création se concentre sur les explorations de G. LOUIS:

  • cultures du monde
  • folklores Lorrain et Irlandais
  • imaginaires et nature
  • textes patrimoniaux européens

Ouverture à d'autres univers accueil de nouveaux artistes, en compagnonage, accompagnement de carrière, et collaboration

Structuration embauche d'une permanente pour l'administration de spectacles et le développement de projets (formations, collectages...)

Professionalisation premières créations de spectacles Tournée en Slovaquie.

création de l'association, autour d'un collectif d'artistes amateurs étudiants

    Fermeture de Couarail en Lune et de l'association PHILODART, naissance du Chardon Débonnaire.

    2010

    2013

    2006

    2008

    2016

    2004

    2017

    Les Menteurs Fiauves et chansons

    L'ombre Comédie Musicale

    Le cabaret de Poche FIauves, danses & chansons

    Cabinet de Curiosités Mystification muséale

    Les malices de Tortue contes africains

    Fantaisie pour Chapeau Troué La réparation par l'imaginaire

    Le Verger Insolite Contes et chansons

    Les Instruments se racontentLégendaire musical du monde

    Vidas de Troubadours Vies & univers courtois

    Les Contes mitonnés rêverie culinaire

    Poires de queues de rats L'autre effrayant

    Oeil de Granit Un Pinnochio vosgien

    Deux voix, un pont de boisDialogue interculturel

    Murmures d'arbres Imaginaire et nature

    La Chatte des Cendres Cendrillon baroque

    La sagesse du monde?Explorations imaginaires

    Le cabaret de la lune Explorations et rencontres

    Les Dits de Grand-père Transmission et mauvaise foi

    Trop Injuste!Hommage à G. Basile

    La Nuit du Cochon Sommeil et rituels

    La leçon de FInn Mc Cool Héroïsme en Irlande

    Razzia Récit épique d'Irlande

    A Corps Ouverts Féminité et liens

    Rencontre Imprévue Publics extraordinaires

    Le Jour des Grimaces Premiers contes d'automne

    Les spectacle inscrit en clair ont des liens vidéo

    Historique & créations

    Crise COVID 19 développement de projets vidéos, et d'enregistrement audio

    Compagnonage avec Valérie FORTUNE

    2021

    2022

    2019

    Les gestes tendres récits, danse et vidéo

    Les divins forgerons récits mythiques

    Bayard, épopée féérique trio avec poney et voltigeuse

    Regards sur dialogue avec expositions

    Le Chant de l'orge Répertoire autour de la bière

    Er Töshtük Aventures sous la terre

    Razzia, projet vidéoEn dialogue avec le patrimoine lorrain

    Caeli e TerraRécits antiques autour du vent

    Les spectacle inscrit en clair ont des liens vidéo

    Le Chardon Débonnaire

    * * *

    Production de spectacles, concerts, transmissions, boutique collective

    Equipe Gérant, production: Guillaume LOUIS Secrétariat administratif: Julien VETTER (Ogaca) Comptabilité: Ahmed HADID (Hexo) Chargé de Production musique: François COSSIN

    29 rue Marguerite des Près 54260 ESSEY-LES-NANCY

    contact@chardondebonnaire.fr 09.51.40.21.98 - 06.03.17.00.97

    chardondebonnaire.fr

    N° SIRET: 82367337100014 - Code APE: 901402Z - N° Licences: 2-1100496 et 3-1100497

    EURL au capital social de 5000€, APE 9002Z déclarée au RCS de NANCY le 17/11/2016

    Extraits du texte

    * * *

    La matière présentée est le fruit de la première étape de traduction: en recomposant les octosyllabes en rimes plates propres à la version d'origine. La rime est souvent utilisée en lien d'assonance d'une phrase à la suivante. Les extraits sont ici rendus en prose, pour des questions de place. Ce format permet aussi de sonder la fluidité du récit, d'évaluer si la musicalité de la métrique fonctionne sans que le sens narratif lui soit sacrifié.

    Trois courts extraits sont ici sélectionnés pour leur modernité persitante : - Ouverture, dont le panache fait penser aux phrases chocs du rap et du slam actuels - La dame défend son affabilité, un étonnant miroir sur les procès très actuels faits à l'interprétation masculine de la coquetterie - Le geste tendre, une clé pour une situation de séduction vérouillée, plutôt courante dans nos sociétés occidentales dominées par les luttes et la crispation

    Ouverture

    vers 1 à 21

    Le Geste Tendre

    vers 935 à 988

    Je ne voudrais pas m’arrêter de bien dire, et ne pas confier mon esprit à l’oisiveté : je ne voudrais pas ressembler à tous ces voyous qui détruisent, car je suis de ceux qui instruisent mon prochain en actes et paroles. Vilain serait qui en rigole, devant ma noble tentative à léguer une œuvre inventive sans raillerie et sans affront. Il serait idiot et poltron celui qui renonce à bien dire de peur d’entendre quelques rires ornés de commentaires fourbes. Tire ta langue, toi le fou dans mon dos, je n’y pourrai rien. Cependant je te montre bien ce doigt plus grand que tous les autres, car je sais bien que l’on se vautre à rendre noble un cœur de gueux.

    L’esprit du noble chevalier n’est pas engourdit, ni défait. Son cœur est épris tout entier. Il prend l’anneau, l’air absorbé, et le regarde tendrement, il prend un air reconnaissant.« J’ai à vous dire Grand merci car l’or n’a pas été terni en ayant orné ce beau doigt. »Elle souris, et reste coi, pense qu’il va glisser au sien la bague posée dans sa main : mais son geste est si délicat qu’il va bientôt goûter la joie. Il s’accouda au bord du puits profond d’une toise et demi, et reconnut là le reflet de cette dame qu’il aimait, baigné dans l’eau claire et limpide.« Apprenez ce que je décide, je ne l’emporterai pas mais c’est mon amie qui l’aura : celle que j’aime, après vous. »

    « Mais il n’y a ici que nous, où allez-vous donc la trouver ? »« Et bien je vais vous la montrer, la vertueuse qui l’aura. »« Mais où est–elle ? »« La voilà, votre belle ombre qui l’attend . »Il prit l’anneau et le tendit : « Tentez, dit-il, ma douce amie. Puisque ma dame s’en défit vous le prendrez bien sans querelle. »Et l’eau se troubla en ridelles quand l’anneau tomba dedans, le reflet fit un mouvement.« Voyez, dame, comme il l’a pris. Comme son geste accroît mon prix, car c’est bien là un peu de vous qui accueille mon geste fou. S’il existait là un accès et qu’elle pouvait l’emprunter, alors je lui dirai merci à la douce ombre de ma mie, car elle m’a fait grand honneur. »

    La dame défend son affabilité

    vers 453 à 480

    Quelles certitudes vous avez ! réplique-t-elle, bouche bée. Je n’avais pas dans mon regard de quoi vous rendre si vantard. Ma courtoisie et ma sagesse n’avaient rien d’une promesse ; et vous vous êtes égaré. Si mon accueil avait été moins chaleureux, j’aurais manqué à mes devoirs, voilà le fait. Voilà comment les gentes dames prises dans ces petits drames, passent pour mal avisées : quand c’est notre affabilité qui dicte une conduite digne, un soupirant trouve des signes. Par vous, je viens de l’éprouver, vous m’avez mal interprétée. Vous auriez eu plus de succès à prendre un pigeon au filet : au bout d’un an, comme de trois, vous pourriez bien être roi, vous ne sauriez trouver matière à me rendre plus débonnaire qu’aujourd’hui, pour votre accueil. Les hommes devraient avoir l’œil avant de se sortir du lot, car souvent ils passent pour sots.

    Eh ! Dieu, il a visé au cœur par ce geste de courtoisie ! Rien ne plait autant à l’amie que cette conduite exemplaire. Elle est éprise : son cœur vert bourgeonne d’un joyeux printemps, et plonge en lui ses yeux charmants. Il gagne tout, celui qui sait être courtois, même en danger.

    Dimension inclusive

    * * *

    Il n'y a d'intérêt pour nous à explorer cette matière médiévale que si elle soulève des questions à notre société actuelle, et qu'elle transmet autre chose qu'un fossile littéraire. Pour ce projet nous avons décidé de donner une place visible à ces questionnements et transmissions, de leur attribuer une valeur documentaire, et de les intègrer dans notre processus de création.

    - Sonder le monde: nous allons sonder certaines personnes ressources, sur la présence de la tendresse et de la courtoisie dans le vocabulaire chorégraphique dont nous avons hérité. En parallèle nous avons lancé le 5 novembre 2020 un appel à contribution, sous forme de vidéo ouvert à tout le monde, pour que quiconque puisse nous proposer des gestes et mouvements susceptibles d'alimenter notre recherche, avec le #lesgestestendres - Inclusion vidéo: certaines chorégraphies seront composées avec la vidéo, sur des phrases chorégraphiques transmissibles sur des temps de médiation. L'idée sera de pouvoir reproduire la captation vidéo de ces phrases avec les publics rencontrés en atelier, et d'inclure ces versions nouvelles dans la ou les représentations programmées localement.

    #lesgestestendres

    www.philodart.com/les-gestes-tendres/