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Des Cannibales Des Coches Synthèse
elodie.roussel
Created on October 6, 2020
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Transcript
Des Cannibales Des Coches
Les Essais, Montaigne
Synthèse littéraire
Index
Quelques citations
"Des Cannibales"
"Des Coches"
Un diptyque
Quelques citations
« Nous embrassons tout, mais nous n’étreignons que du vent. »
« Je voudrais que chacun écrivît ce qu’il sait, et autant qu’il en sait. »
Montaigne
« Chacun appelle barbarie, ce qui n’est pas dans ses coutumes. »
« Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort. »
« Ainsi donc ces nations me semblent [réputées] barbares parce qu’elles ont été fort peu façonnéespar l’esprit humain et parce qu’elles sont encore très voisines de leur état originel. »
« Ils sont encore dans cette heureuse situation de ne désirer qu’autant que leurs besoins naturels leurdemandent : tout ce qui est au-delà est pour eux superflu. »
« Nous pouvons donc bien appeler ces hommes barbares eu égard aux règles de la raison, mais nonpas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie. »
Montaigne
« Tout cela ne va pas trop mal : mais quoi ! ils ne portent point de hauts-de-chausse. »
Des Cannibales
Des Cannibales
Une réflexion sur l'homme
Un texte humaniste
Un essai
Un art de la digression
+ Read more
Un essai
Une argumentation directe
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Le Stoïcisme
Un texte humaniste
La connaissance de l'histoire antique
La connaissance des auteurs antiques
Une critique de la société occidentale
Une réflexion sur l'homme
+ Read more
Un éloge de la simplicité
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Des Coches
Des Coches
La critique des occidentaux
La description du Nouveau Monde
La vanité de l'homme
La vanité de l'homme
- La vanité de l’Homme est représentée :
- métaphoriquement par les « trois sortes de vent » qui sortent du corps humain – les fesses, la bouche, le nez -, qui tendent à définir l’Homme, dans un registre légèrement héroïcomique, comme n’étant que du vent.
- par l'évocation du mal de mer, ou par la crainte de la mort, qui rendent l'homme vulnérable.
- la force d’âme de Socrate, véritable figure tutélaire des Essais, homme plein de « sang-froid et de résolution », à l’ « œil ferme et calme » et admirable par « l’assurance de sa démarche ».
- la démarche du Stoïcisme : « Considérer et juger le danger, c’est, d’une certaine manière, le contraire de rester stupéfait face à lui. ».
Puis l’essayiste se met à méditer sur la vanité des richesses et sur la libéralité des princes : « Les sujets d’un prince excessif dans ses dons deviennent exclusifs dans leurs demandes ». Un prince ne doit pas acheter le soutien de ses sujets, mais il est en droit de dépenser si le plaisir est désintéressé. Il s’agit dès lors d’un éloge de la mesure : la libéralité du prince doit être mesurée. Ainsi, si Montaigne admire les fastes des jeux antiques ou de l’architecture des empires précolombiens, c’est que ces dépenses expriment un mépris des richesses (contrairement aux Conquistadors).
La description du Nouveau Monde
Les dernières pages du chapitre sont consacrées à la réflexion sur le Nouveau Monde : « Notre monde vient d’en trouver un autre […] non moins grand, plein et peuplé que lui, toutefois si nouveau et enfant qu’on lui apprend encore son a, b, c ». - Usant de la métaphore du nouveau-né, vivant au contact de la nature, Montaigne tend à susciter le pathos du lecteur en même temps qu’il exploite tous les enjeux du logos, avec l’énumération des qualités : dévotion, respect des lois, bonté, libéralité, loyauté, franchise, hardiesse, courage, fermeté, constance… - L’éloge se fait en trois temps : après avoir énoncé tout ce qui relève de la supériorité éthique, Montaigne en vient à la supériorité d’ordre économique pour finir sur la supériorité d’ordre artistique, avec l’évocation de l’architecture des Incas. - L’état d’innocence de ce peuple est renforcé par le contraste avec les Espagnols qui arrivent cuirassés et armés. Montaigne reprenant ici le topos plastique du contraste dramatique de la chair sans défense et du fer meurtrier : « des gens équipés d’une peau luisante et dure et d’une arme tranchante et resplendissante, face à des hommes […] qui n’avaient ni science ni matériau qui leur aurait permis, tout à loisir, de percer notre acier ».
La description du Nouveau Monde
- Comme dans « Des Cannibales », Montaigne fait l’éloge de ces peuples vertueux, vivant au contact de la nature. - En parallèle est effectuée une réflexion sur la magnificence de la vertu. Montaigne se focalisant sur deux hommes qui ont affronté la mort avec beaucoup de courage : le roi du Pérou et l’empereur de Mexico.
- Le premier, l’Inca Atahualpa, attiré par un guet-apens par les Espagnols et malgré une rançon (évaluée à 88m3 d’or), est condamné à mort. Malgré le supplice décrit, il souffrit « pourtant sans se renier ni par la contenance ni par la parole, d’une façon et d’une noblesse vraiment royales ».
- Quant au second, le dernier empereur aztèque Cuauhtémoc, il reste fier jusqu’au bout, disant à l’un des seigneurs de sa cour, torturé en même temps que lui et perdant courage : « Et moi, suis-je dans un bain ? ne suis-je pas plus à l’aise que toi ? ».
La critique des Occidentaux
- Par contraste, les Occidentaux sont décrits comme des êtres superficiels, corrompus et corrupteurs : « nous nous sommes servis de leur ignorance et de leur inexpérience pour les plier plus facilement vers la trahison, la luxure, l’avarice et vers toute sorte d’inhumanité et de cruauté, à l’exemple et sur le patron de nos mœurs. » - Montaigne se place clairement dans un registre polémique et il conteste clairement la légitimité de la Conquête espagnole. Les Espagnols sont ainsi présentés comme des êtres pleins d’hybris, emplis de vénalité et de cupidité.
- La rançon exigée et concernant Atahualpa ne les satisfait pas : « il prit envie aux vainqueurs, après en avoir tiré un million trois cent vingt-cinq mille cinq cents fois son poids d’or, outre l’argent et autres choses […] de voir encore […] quel pouvait être le reste des trésors de ce roi et de disposer librement ce qu’il avait mis en réserve. ».
- Cette démesure s’exprime aussi dans la cruauté poussée à son paroxysme : « Une autre fois, ils mirent à brûler en une seule fois, dans le même feu, quatre cent soixante hommes tout vifs, quatre cents hommes du peuple et soixante pris parmi les principaux seigneurs d’une province, simplement prisonniers de guerre ».
La critique des Occidentaux
- Montaigne se lance alors dans un véritable réquisitoire contre les Esapgnols :
- Intensifs : « Tant de villes rasées, tant de nations exterminées, tant de millions de peuples passés au fil de l’épée, et la plus riche et belle partie du monde bouleversée pour la négociation des perles et du poivre ! »
- Style emphatique : intensifs, exclamation, hyperboles, superlatif, ...
- Exemples forts : épisode de la chute de l’Inca Atahualpa de sa chaise à porteurs (ce qui est un moyen pour Montaigne d’assurer la cohérence de l’ensemble en faisant référence au titre choisi) : « assis dans une chaise d’or » il s’avance, « en pleine bataille ». À mesure que ses porteurs sont tués sous lui, les secousses s’amplifient et la catastrophe intervient : « un homme à cheval le sais[i]t au corps et le f[i]t tomber par terre. ». L’allégorie du « prince magnanime » est jetée à terre par un simple cavalier. Le commentateur se retire, laissant à son lecteur le soin de conclure à sa place.
Des Cannibales / Des Coches
Deux pans d'un même dyptique
Géralde Nakam
« "Des Cannibales" décrit au présent le Nouveau Monde encore vivant, son espoir tendre et menacé […]. C’est une œuvre de laRenaissance. "Des Coches" est le mémorial d’une agonie : il célèbre au passé la grandeur d’un monde "qu’on vient de trouver" et qui a disparu en cinquante ans »
L'adoption d'un autre point de vue
Le sauvage ou l'allégorie de l'âge d'or
Une écriture composite
Des thèmes communs
"Des Cannibales"
Le sauvage ou l'allégorie de l'âge d'or
« C’est un peuple, dirais-je à Platon, chez qui il n’y a aucune espèce de commerce ; aucune connaissance de l’écriture ; aucune sciencedes nombres ; aucun nom de magistrat, ni depouvoir politique ; aucune forme de servitude, de richesse ou de pauvreté ; aucun contrat, aucune succession ; aucun partage ; aucune occupation que de loisir ; aucune autre considération de parenté que collective ; aucun vêtement ; aucune agriculture ; aucun métal ; aucun usage de vin ou de céréale. »
"Des Coches"
- Dans les deux chapitres, le Sauvage est présenté grâce à des négations, ce qui entretient le tableau idyllique du sauvage, insouciant et nu, vivant sans peine et sans travail des fruits que la terre lui apporte. - Mais en même temps, cette négation donne également l'impression que l'autre disparait qu'on ne peut dire de lui que ce qu'il n'est pas (par opposition aux européens) sans parvenir à le saisir dans sa spécificité. - Pour Montaigne, humaniste admirant l’Antiquité, le Nouveau Monde représente un nouvel Âge d’or. - L'amertume de Montaigne est donc grande en ce qu’il constate que ses contemporains ont détruit des peuples qui incarnaient à leur manière la grandeur des Anciens.
« Ils ne connaissent ni lettres, ni poids, ni mesures, ni vêtements, ni céréales, ni vignes. »
Adopter un autre point de vue
- Montaigne remet en cause dans ces deux chapitres le regard arrogant des Occidentaux (I, 31) et invite son lecteur à adopter le point de vue de l’autochtone. Vus par les Amérindiens, les Européens sont :
- « des gens barbus, différents par leur langage, leur religion, leur apparence et leur contenance, d’un endroit du monde si éloigné et où ils n’avaient jamais imaginé qu’il y eût la moindre habitation »
- des « hommes grands, portant la barbe, forts et armés ».
Une écriture composite
Une écriture personnelle
- Montaigne parle de lui et utilise son cas singulier comme exemple ; les Essais sont une manière pour Montaigne de s’analyser lui-même. En traitant son sujet, il traite aussi de ses goûts : « Je connais maintenant suffisamment bien la poésie pour affirmer […] qu’il n’y a rien de barbare dans cette chanson » (I, 31) et construit son autoportrait en toute humilité puisqu’il propose ses doutes, ses convictions personnelles, ses fantaisies, jamais de vérités figées. Ainsi, dans « Des Coches », quand il réfléchit aux causes du mal de mer, il cherche par la même occasion à comprendre le rapport qu’il entretient avec la peur ; « Moi qui suis fort sujet à ce malaise, je sais bien que cette cause ne m’affecte pas » (III, 6). - Montaigne offre donc une écriture miroir de son être, et comme il se relit et ajoute sans cesse, il affine son regard sur lui-même : « j’ajoute, mais je ne corrige pas » (III, 9, « De la vanité »). Ce choix d’ajouter sans corriger est cohérent puisqu’il s’agit de décrire une intériorité changeante, faite de variations de la pensée dans le temps. Montaigne ne cesse de revenir sur ce qu’il écrit, y compris à l’intérieur d’une même phrase. Des réflexions éloignées dans le temps peuvent voisiner harmonieusement dans le texte.
Une écriture personnelle
- Montaigne n’hésite pas à utiliser l’ironie pour asseoir son propos et le mettre volontiers à distance.
- Dans la conclusion des « Cannibales », les hauts-de-chausses, habit couvrant le corps, de la ceinture aux genoux lui permettent de désigner les vêtements que ne portent pas ces Indiens du Brésil. Il faut lire ici la parole médisante des Européens bêtement choqués par cette nudité. La litote tout cela ne va pas trop mal montre que Montaigne admire le système des Indiens.
- Dans « Des Coches », après avoir reproduit les remontrances d’une justesse remarquable faites par les Indiens aux Espagnols, il conclut avec ironie : « Voilà un exemple de la balbutie de cette enfance? » (III, 6).
- Dans ce même chapitre, le lecteur adopte le point de vue des Indiens. Il est donc invité à examiner les propos des Européens avec un esprit critique et à détecter l’hypocrisie (ils étaient gens paisibles), la cupidité et le mensonge (leur demandaient […] de l’or pour le besoin de quelque médecine), la violence latente (y ajoutant quelques menaces). Le lecteur s’identifie à la victime potentielle qu’est l’Indien. D’une part, l’Indien se montre intellectuellement et moralement bien supérieur aux Européens ; d’autre part, il dénonce chez les Européens la rudesse et l’agressivité.
Une écriture libre
- "Des Cannibales" et "Des Coches" se caractérisent par une écriture apparemment en désordre et une forme capricieuse. Le propos est fragmenté. Montaigne ne semble pas avoir de fil directeur précis mais bien plusieurs thèmes qu’il souhaite aborder. Il faut des digressions, ainsi que des hors-sujets. - Mais cette « barbarie » des Essais est un moyen pour lui d’accéder au vrai et au naturel. Il consigne ses réflexions comme elles viennent, par association d’idées, réfutation, digression, ajouts. Son écriture "à sauts et à gambades" épouse le cheminement de ses pensées. Avec une écriture aussi spontanée, Montaigne donne le sentiment à son lecteur de naviguer à vue, d’être imprévisible et donc profondément authentique. - Néanmoins, Montaigne ne passe pas d’un sujet à l’autre sans aucune logique, et si le texte apparaît en désordre, on repère souvent un certain nombre de jointures, de transitions qui permettent de mieux comprendre l’enchaînement de ses idées.
Des thèmes communs
"Des Coches"
« Notre monde vient d’en trouver un autre [...] si nouveau et si enfant qu’on lui apprend encore son alphabet »
Le Nouveau Monde
" Des Cannibales"
« Or je trouve (…) qu’il n’y a rien de barbare ni de sauvage dans ce peuple »
Des thèmes communs
"Des Coches"
« Nous nous sommes servis de leur ignorance et de leur inexpérience pour les tourner plus facilement vers la trahison, la débauche, la cupidité et vers toute sorte d’inhumanité et de cruauté à l’exemple et sur le modèle de nos mœurs. »
Les Européens
" Des Cannibales"
« Ce qui me désole, ce n’est certes pas que nous remarquions l’effroyable barbarie qu’il y a dans une telle action; c’est bien plutôt que, jugeant bien de leurs fautes, nous soyons si aveuglés par les nôtres »
Des thèmes communs
"Des Coches"
« Aucun ouvrage de la Grèce, ni de Rome, ni d’Egypte ne peut rivaliser en utilité, en difficulté ou en noblesse avec le chemin que l’on peut voir au Pérou »
Nature et culture
" Des Cannibales"
« Ces hommes sont sauvages de même que nous appelons sauvages les fruits que la nature a produits d’elle-même et par sa marche ordinaire : tandis que, en vérité, ce sont plutôt ceux que nous avons dégradés par notre artifice et détournés de l’ordre normal que nous devrions appeler sauvages »
Des thèmes communs
"Des Coches"
« Retranchez, dis-je, ces avantages aux conquérants, vous leur supprimez toutes les causes de tant de victoires »
Polémique ...
" Des Cannibales"
Après avoir mentionné la polygamie des « cannibales », Montaigne rappelle qu’on en trouve aussi des exemples dans la Bible « Léa, Rachel, Sarah et les femmes de Jacob fournirent leurs belles servantes à leurs mari » et dans l’Antiquité, Livie fit de même pour l’empereur Auguste
Des thèmes communs
"Des Coches"
« Voilà un exemple des balbutiements de ces enfants », après un discours très réfléchi et bien construit suite au requerimiento des Espagnols.
... et ironie
" Des Cannibales"
« Tout cela n’est pas si mal : mais quoi, il ne portent point de haut-de-chausses »
Merci