Les Indes Galantes
Entre tradition et modernité
Composé par Jean-Philippe RAMEAU (Version de 1736)
Mis en scène par Clément Cogitore (2019)
La musique, l'homme et la société
Le son, la musique, l'espace et le temps
Musicien : créateur, interprète, arrangeur, auditeur, mélomane...
Musique, théâtre, mouvement et scène
1 - Jean-Philippe Rameau
3 - L'Opéra baroque
2 - La période baroque
4 - Les Indes Galantes
Culture musicale et artistique dans l'histoire et la géographie
Le son, la musique, l'espace et le temps
La forme : principes et éléments du discours musical
Mondialisation culturelle : diversité, relativité et nouvelles esthétiques
6 - Des extraits analysés
5 - La version de Clément Cogitore
"La vraie musique est le langage du coeur"
Jean-Philippe Rameau
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Eléments biographiques (Site de la Philharmonie de Paris)
50 ans : le bon âge pour commencer une carrière
Les quarante premières années de la vie de Rameau sont mal connues… y compris pour sa femme. Noyé au milieu d’une nuée de frères et sœurs, l’enfant devient organiste (et claveciniste) dans les pas de son père, quoique celui-ci le verrait davantage magistrat. Il se trouve que l’enfant ne travaille rien d’autre que la musique : une carrière d’organiste s’offre donc à lui dans sa ville de Dijon. Un bref séjour en Italie, trop court, un recueil de pièces de clavecin, des activités dans une troupe ambulante et des déménagements incessants, de la musique pour le théâtre de foire à Paris… : où est le génie français que l’on comparera plus tard à Bach ? À une époque où l’on commence à composer jeune et en grande quantité (Telemann ou Vivaldi ont déjà composé l’essentiel de leur œuvre à son âge), Rameau ne représente pas grand-chose à 50 ans : il est connu seulement comme violoniste, claveciniste et organiste (certes, le meilleur du royaume), ainsi que comme théoricien.
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Eléments biographiques (Site de la Philharmonie de Paris)
Un début de reconnaissance vient avec la musique qu’il compose pour un spectacle de « sauvages réels » : sa musique est vive, colorée et belle. Dans la foulée, il fait la connaissance de celui qui va changer son destin : le fermier général Le Riche de La Pouplinière. Il a 50 ans (la fin d’une vie et d’une carrière à l’époque) lorsqu’il compose sa première œuvre représentée à l’opéra : Hippolyte et Aricie, une tragédie lyrique dans la tradition de Lully, d’une qualité musicale peu commune. L’accueil chaleureux du public est encourageant et le rêve de Rameau se réalise : il devient en quelques années le plus grand musicien français. Dardanus (sa troisième tragédie lyrique), composé à 56 ans, est parmi les plus belles œuvres de cette époque, la musique en est même exceptionnelle. Les Indes galantes (son premier opéra-ballet), composé à 52 ans, est à nouveau un chef-d’œuvre dont les danses impressionnent beaucoup. Rameau a donc le don de réussir à la fois dans le registre sérieux - voire tragique - et dans le registre léger. Il disparaît en pleine gloire à 81 ans, après avoir été anobli et avoir obtenu une pension de la cour ainsi que le titre de compositeur du cabinet du roi. À son inhumation à l’église Saint-Eustache à Paris font écho de nombreuses cérémonies dans plusieurs villes du royaume.
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Eléments biographiques (Site de la Philharmonie de Paris)
L'homme des "Querelles"
La "Querelle des Bouffons"
Lullystes vs ramistes
La première tragédie lyrique de Rameau reprend le cadre de celles écrites par Jean-Baptiste Lully plus d’un demi-siècle auparavant. Sa réputation s’établit à partir de ce moment, mais justement sur une forme ancienne jugée dépassée par beaucoup. Les admirateurs de Lully, mort près d’un demi-siècle plus tôt, n’y trouvent pas leur compte car la musique de Rameau est beaucoup plus riche, surprenante et variée (mais l’écriture de la musique évolue beaucoup en 50 ans). Diderot, dans Les Bijoux indiscrets, nomme Lully Utmiutsol et Rameau Utrémifasollasiututut afin de souligner la simplicité du premier et la richesse d’invention du second.
La « querelle des Bouffons » naît au début des années 1750 ; elle oppose les partisans des écoles italienne et française. Les premiers se regroupent derrière le philosophe Jean-Jacques Rousseau : c’est le « coin de la reine ». Les autres, le « coin du roi» , se placent derrière Rameau et veulent entendre une musique de belle construction, où toutes les voix (et pas seulement le chant des castrats) ont leur importance. Le coin de la reine proclame que le style français doit maintenant céder sa place au style italien, à l’honneur partout en Europe. Il faut de la légèreté, il faut faire entendre les airs virtuoses des sopranos et castrats, sans qu’ils soient gênés par un accompagnement trop compliqué.
Pour Rousseau, la musique de Rameau est trop traditionnelle.
Pour les lullystes, la musique de Rameau est trop moderne.
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Eléments biographiques (Site de la Philharmonie de Paris)
L'autre Rameau : le théoricien
Rameau s’était fixé la réalisation de deux rêves : écrire pour la scène – ce fut un triomphe, une révélation même – et convaincre les plus grands musiciens et mathématiciens du bien fondé de ses théories. Quelles sont-elles ? Parvenu à 40 ans, il commence à publier ses réflexions théoriques sur la musique dans plusieurs volumes. Il est persuadé que le système harmonique utilisé à son époque repose sur des principes physiques et mathématiques (ce qui n’est pas faux), et que l’harmonie musicale doit être la référence de toute science (ce qui semble exagéré). Il recherche jusqu’à la fin l’approbation des plus grands mathématiciens.
Le premier ouvrage théorique, le Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels, écrit à 39 ans, a un succès retentissant (Bach en Allemagne, Haendel en Angleterre en ont connaissance). D’autres écrits d’une importance inégale suivent durant 40 ans. L’âge avancé et le caractère de l’auteur n’incitent pas à une passion débordante pour ses écrits, qualifiés par certains de « radotage » : on préfère largement écouter ses œuvres, qui restent à l’affiche après sa mort. Rameau aura donc été incompris toute sa vie, car il considérait ses écrits comme la partie la plus importante de son œuvre.
1706 puis 1724 et 1728
3 livres de pièces pour clavecin
Dates clés
Jean-Philippe Rameau(1683 - 1764)
1722
Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels
= lien vers des ressources (site internet, vidéo...)
1733
Premier opéra "Hyppolyte et Aricie"
1735 puis modifié en 1736
Opéra-ballet "Les Indes Galantes"
1752-1754
La Querelle des Bouffons
D'autres oeuvres de Rameau
Air extrait de "Castor et Pollux"
Opéra "Platée"
Ouverture de "Naïs"
Pièce pour clavecin "La Poule"
La musique baroque
- Les dates : de 1600 à 1750
- Les principaux compositeurs :
Jean-Sébastien Bach
Jean-Baptiste Lully
Antonio Vivaldi
Le concerto
L'opéra et la tragédie lyrique
La fugue
Image : Damien Monceaux
Les caractéristiques de la période baroque :
- La basse continue (ou continuo) :
La basse continue (ou continuo) est une partie instrumentale qui accompagne la mélodie et ne s'interrompt pas pendant toute sa durée. Elle est jouée par, au moins : - un instrument polyphonique (clavecin, orgue, luth...) - un intrument mélodique grave (contrebasse, violoncelle, viole de gambe, basson...)
Groupe de notes destinées à embellir la mélodie. Elles peuvent être écrites ou improvisées.
Air des "Indes galantes" contenant de nombreux ornements vocaux.
Dans la vidéo ci-dessus, la mélodie est interprétée par le basson ;le clavecin et le violoncelle jouent la basse continue.
Thibaut Lenaerts
Leonardo García Alarcón
Chef d'orchestre
Chef des choeurs
= lien vers des ressources (site internet, vidéo...)
et son orchestre : Cappella Mediterranea
Choeur de chambre de Namur / Maîtrise des Hauts-de-Seine / Choeur d'enfants de l'Opéra National de Paris
Le choeur de chambre de Namur est un choeur mixte (soprano, alto, haute-contre, ténor, basse) La Maîtrise des Hauts-de-Seine et le Choeur d'enfants de l'Opéra de Paris sont des choeurs à voix égales d'enfants. Pas de choeurs d'enfants dans la 4ème entrée
Cappella Mediterranea : un orchestre baroque
Les instruments de l'orchestre :
Les instruments du continuo :
- les instruments mélodiques graves : 1 basse de violon, 2 violes de gambe, 1 contrebasse, 1 basson- les instruments polyphoniques : 2 clavecins, 2 guitares baroques, 1 archiluth et 1 théorbe
- les cordes : 8 violons 1, 8 violons 2, 5 tailles, 4 basses de violons, 1 viole de gambe, 1 contrebasse- les bois : 1 musette, 1 flageolet, 2 hautbois 1, 2 hautbois 2, 2 flûtes 1, 2 flûtes 2, 1 basson 1, 2 bassons 2 - les cuivres : 2 trompettes - les percussions : 3 timbales, des tambours
Remarque : les trompettes interviennent ponctuellement sur scène et non dans la fosse d'orchestre.
Cappella Mediterranea : un orchestre baroque (suite)
Le diapason :
L'orchestre s'accorde sur le diapason baroque (la = 415 Hz).
Conclusion :
Le tempérament :
L'orchestre Cappella Mediterranea suit les codes de l'interprétation baroque : - instruments anciens (violes de gambe, théorbe, archiluth...) - diapason en 415 Hz - tempérament non égal - voix de haute-contre dans le choeur
L'orchestre utilise le tempérament Corrette.
Pour aller plus loin : La période baroque
Vidéo : Nicolas Martello
L'opéra
Un opéra : c'est une pièce de théâtre chantée et accompagnée par un orchestre. On considère l'opéra comme une forme d'art total car il réunit de la musique, des décors, un texte, de la mise en scène, des costumes, du maquillage, une intrigue, du chant, un orchestre et parfois de la danse.
Tout opéra se compose d'un livret et d'une partition.
Le livret, écrit par le librettiste, comprend les dialogues et paroles qui seront mis en musique par le compositeur.
Comme une pièce de théâtre, il est organisé en actes et en scènes en nombre varié. Remarque : dans l'opéra-ballet (et donc dans les "Indes Galantes"), les différents actes s'appellent des entrées.
Les grands genres de l'opéra baroque
L'opera seria
L'opera buffa
L'opéra est un genre né en Italie fin 16ème-début 17ème siècle.L'opera séria (= opéra sérieux) s'apparente à la tragédie et s'inspire de la mythologie. Les personnages sont des dieux, des nymphes, des héros...
L'opera buffa (= opéra comique) met en scène des personnages ordinaires (bourgeois, domestiques) et traite de sujets plus légers.
La serva padrona (1733) de Pergolèse déclencha, en 1752, la « querelle des Bouffons », dans laquelle s'opposèrent les partisans de la musique italienne et ceux de la musique française.
Un des premiers opéras est l'Orféo de Claudio Monteverdi (1607).
Les grands genres de l'opéra baroque (suite)
La tragédie lyrique
L'opéra ballet
Extrait du film "Le Roi danse" La tragédie lyrique est le nom donné à la version française de l'opera seria italien. Inventée par Jean-Baptiste Lully sous le règne du roi Louis XIV.
Comme dans l'opera seria, le sujet est sérieux et mythologique.
L'opéra-ballet est un genre mixte, qui garde quelque chose de la majesté de la tragédie lyrique, en plus léger.La construction reste en 5 actes (appelés des entrées): mais chacun désormais constitue un sujet à part, autonome. La grande mythologie laisse place souvent à des sujets contemporains, l'éloignement dans le passé à l'attrait du voyage ; c'est Venise, la Turquie galante, toute l'Europe. Le plaisir du spectacle, la diversité des sujets y remplacent le pathétique.
Les éléments d'un opéra
Le récitatif
L'air
Une mélodie chantée qui se rapproche des inflexions de la voix parlée. Priorité au texte. C'est la compréhension des paroles qui prime. Accompagnement réduit joué par la basse continue. Les récitatifs font avancer l'action de l'opéra. Peu de répétition du texte ou de la musique. De forme continue. Elément secondaire dans l'opéra : chez Rameau, le récitatif sert de transition.
Pièce chantée très expressive. Priorité à la musique.Ce sont la beauté du chant et la musicalité qui priment.Accompagnement riche joué par l'orchestre. L'action est comme suspendue. De nombreuses répétitions et reprises. Souvent de forme Aria da capo = ABA' Elément principal dans l'opéra : mélodie que l'on retient, virtuosité vocale...
Les éléments d'un opéra (suite)
Les ensembles vocaux
Les choeurs
Quelques solistes (en duo, trio...) chantent en polyphonie.
Le ballet
L'ouverture
Chorégraphie exécutée sur de la musique.
L'ouverture est une pièce instrumentale qui débute un opéra.Remarque : cet extrait ne fait pas partie de la 4ème entrée.
Exemple : une scène de l'opéra (scène 5)
ADARIO Je ne vous peindrai point les transports de mon coeur, Belle Zima, jugez-en par le vôtre! En comblant mon bonheur Vous montrez qu'une égale ardeur Nous enflamme l'un et l'autre.
ZIMA Sur nos bords l'amour vole et prévient nos désirs. Dans notre paisible retraite On n'entend murmurer que l'onde et les zéphirs; Jamais l'écho n'y répète De regrets ni de soupirs.
ADARIO Viens, hymen, hâte-toi, suis l'amour qui t'appelle.
ZIMA, ADARIO Hymen, viens nous unir d'une chaîne éternelle! Viens encore de la paix embellir les beaux jours! Viens! Je te promets d'être fidèle. Tu sais nous enchaîner et nous plaire toujours. Viens! Je te promets d'être fidèle.
Récitatif
Air
Récitatif
Duo
Pour aller plus loin : l'histoire de l'Opéra
Vidéo : Nicolas Martello
Les Indes Galantes
Opéra-ballet en 4 actes (appelées "entrées") et un prologue de Jean-Philippe Rameau ; livret de Louis Fuzelier.
Crée à l'Opéra de Paris le 23 août 1735. Rameau opérera quelques modifications (dont l'ajout de la 4ème entrée "Les Sauvages" en 1736)
C'est un énorme succès : dans les 25 années qui suivirent leur création, les Indes Galantes connurent 125 représentations. Reprises en 1952 après deux siècles d'oubli, elles continuent une carrière des plus brillantes à l'Opéra de Paris.
Remarques : - au 18ème siècle, on considère qu'il y a deux sortes d'"Indes" : les orientales (Turquie, Perse...) et les occidentales (Amérique du sud et du nord...). - "galantes" signifie qui exprime l'amour, le désir amoureux.
Ainsi, chaque entrée, dans une "Inde" différente, propose une histoire pleine d'exotisme, liée au thème de la galanterie voire de l'amour...
- 1ère entrée : Le Turc généreux
- 2ème entrée : les Incas du Pérou
- 3ème entrée : les Fleurs ou la fête persane
- 4ème entrée : les Sauvages
La 4ème entrée : Les sauvages
En 1736, il rajoute une quatrième entrée, appelée elle-aussi "Les Sauvages", aux "Indes galantes". Il orchestre et transforme sa pièce de clavecin pour en faire la scène un ballet, duo et choeur du Grand Calumet de la Paix en rondeau.
En 1725, Jean-Philippe Rameau assiste à une représentation dansée de deux indiens de Louisiane à la Comédie-Italienne.
Il en composa une musique nommée "Les sauvages" pour ces "Nouvelles suites de pièces de clavecin" (1728).
Images d'archives de danses sioux montées avec un enregistrement de musique traditionnelle.
La 4ème entrée : Les sauvages
Cette entrée se situe dans une forêt d'Amérique, où, suite à la victoire des armées françaises et espagnoles sur les "sauvages", doit se célébrer la cérémonie du Grand Calumet de la Paix.
- Scène 1 : Adario, s'inquiète car ses rivaux, Damon et Don Alvar veulent séduire la femme dont il est épris : la belle Zima.
- Scène 2 : Arrivée de Don Alvar et Damon. Ce dernier vante l'inconstance en amour.
- Scène 3 : Arrivée de Zima. Don Alvar et Damon tentent de séduire Zima mais ils sont éconduits : Don Alvar est trop sérieux en amour, Damon pas assez.
- Scène 4 : Zima leur préfère Adario. Après discussions, Don Alvar et Damon acceptent sa décision.
- Scène 5 : Air puis duo d'amour entre Zima et Adario.
- Scène 6 : La Fête du Calumet de la Paix, avec air, duo, choeurs et danses, scelle l'union de Zima et d'Adario, en même temps que la réconciliation des peuples.
LES PERSONNAGES : Zima (soprano) Fille d'un chef d'une nation sauvage, amante d'Adario Adario (baryton) Commandant de la nation des Sauvages, amant de Zima
Don Alvar (baryton) Officier d'une colonie espagnole
Damon (ténor) Officier d'une colonie française
Pour aller plus loin : Les Indes Galantes
Emission de radio (24 minutes)
Article web
Vidéo (110 minutes)
La vidéo qui a tout déclenché
En 2017, un court-métrage de Clément Cogitore marque les esprits car la musique baroque (L'air des Sauvages extrait des Indes Galantes) se mêle aux danses de rue : une battle de Krumpers sur fond de musique de Rameau !Attention cette vidéo n'est pas au programme !
Suite à ce court-métrage, l'Opéra de Paris propose à Clément Cogitore de mettre en scène l'opéra-Ballet en entier. C'est un vrai défi pour lui car, d'une vidéo de 6 minutes, on passe à un spectacle vivant de plus de 3 heures !
= la genèse du spectacle
Comment réussir à associer deux éléments si différents : la musique baroque et la danse hip-hop ?
Clément Cogitore
Metteur en scène
Clément Cogitore est un metteur en scène, vidéaste, réalisateur et artiste français.Mêlant films, vidéos, installations et photographies son travail questionne les modalités de cohabitation des hommes avec leurs images.
Son travail est exposé et projeté au sein d’institutions françaises et internationales comme le Palais de Tokyo, le Centre Georges Pompidou (Paris), MoMA (New-York)...
Bintou Dembélé
Présentation de Bintou
Chorégraphe
Chorégraphe du clip de "Roméo kiffe Juliette" de Grand Corps Malade
Bintou Dembélé est une artiste engagée contre le racisme, dénonçant notamment les zoos humains dans son spectacle Z.H.
= lien vers des ressources (site internet, vidéo...)
Bintou et les 29 danseurs de sa compagnie Rualité
Les styles de danse hip-hop utilisés dans l'opéra :- le Break Dance - le Krump - le Voguing - le Flexing - l'Electro - le Waacking
mêlent différentes danses.
Le krump
Dans le documentaire "Rize" (2005) le réalisateur David Lachapelle présente les danseurs de krump et montre que cette danse très moderne est fortement inspirée par les danses tribales traditionnelles africaines !
Le krump est issu du clowning né des émeutes de 1992 à Los Angeles lorsqu’un jury essentiellement blanc avait acquitté quatre policiers accusés d’avoir passé à tabac un automobiliste noir, Rodney King. Le clowning cultivait la dérision en se maquillant le visage et fut vite imité par les enfants qui créèrent en grandissant le krump, également non-violent, un moyen de canaliser sa rage en célébrant la vie dans des joutes jouissives (battles).
Différentes mises en scène de l'Air des sauvages
= ce qu'en pensent Bintou Dembélé et Clément Cogitore
Mise en scène : Clément CogitoreDirection : Leonardo García Alarcón 2019
Mise en scène : Andrei SerbanDirection : William Christie 2003
Mise en scène : Sidi Larbi CherkaouiDirection : Ivor Bolton 2016
Mise en scène : Laura ScozziDirection : Christophe Rousset 2014
La distribution :
Sabine Devieilhe (soprano)
Il s'agit de la fine fleur des jeunes chanteuses et chanteurs lyriques francophones (dont Jodie Devos, Edwin Crossley-Mercer, Julie Fuchs, Mathias Vidal...) Ils interprètent tous plusieurs personnages dans différentes entrées. Ils sont 4 solistes dans la quatrième entrée "Les sauvages" :
Florian Sempey (baryton)
Zima
Adario
Alexandre Duhamel (baryton)
Stanislas de Barbeyrac (ténor)
Damon
Don Alvar
= lien vers des ressources (site internet, vidéo...)
Pour aller plus loin :
Rencontre avec Bintou Dembélé et Clément Cogitore autour des Indes Galantes
Le ballet et la forme musicale
Extrait d'interview de Bintou Dembélé :
Je dis souvent aux danseurs que nous ne sommes pas des exécutants de la musique et de la voix. Nous devons dialoguer et composer avec elles comme avec des partenaires de création. Les formes et les codes de la musique de Rameau se prêtent à ce dialogue, à cette recherche de liberté, à ce marronnage.Prenons l’exemple de la forme da capo, omniprésente dans la musique baroque. C’est une structure musicale de type A-B-A, qui expose une première idée, la contraste avec une seconde avant de revenir à la première, modifiée par cette traversée. Lors d’une des premières répétitions, je faisais travailler un solo à l’un des danseurs. Sur le motif A, il allait et venait dans une forme de contrainte spatiale : sa trajectoire était linéaire, guidée par la musique, suivant comme son ombre la ligne de la voix et de la flûte. Le motif B, lui a permis de s’échapper dans un mouvement circulaire, plus engagé et extraverti. Enfin, au retour du A, la connexion du danseur à la musique et à la voix avait changé. Il a trouvé sa place. Il n’était plus contraint, il l’orchestrait, il s’autorisait à conter son Histoire. C’était soudain comme s’il dirigeait lui-même la voix et la flûte, comme s’il empruntait des chemins de traverse, trouvant un moyen de dépasser les frontières qui limitaient auparavant son mouvement. Comme si, à travers cette mémoire corporelle, l’espace devenait aussi le lieu d’une liberté à conquérir.
Cette interview montre l'importance de la forme musicale qui modèle la danse et devient le support temporel des chorégraphies.
Extrait analysé 1 : l'air "Régnez plaisir et jeux"
Prélude instrumental
ZIMARégnez, plaisirs et jeux! Triomphez dans nos bois! Nous n'y connaissons que vos lois.
Partie A
Tout ce qui blesse La tendresse Est ignoré dans nos ardeurs. La nature qui fit nos coeurs Prend soin de les guider sans cesse.
Forme Aria da capo ABA'
Partie B
Régnez, plaisirs et jeux! Triomphez dans nos bois! Nous n'y connaissons que vos lois.
En quoi la partie B contraste-t-elle avec la partie A ? (Au niveau de la voix, des instruments, de la danse, des lumières...) Quelles sont les ressemblances et différences entre les parties A et A' ?
Partie A'
Extrait analysé 2 : L'air des sauvages
Rappel : L'air des sauvages (scène 6) est un arrangement et une orchestration de la pièce pour clavecin "Les sauvages". Il se divise en deux parties, chacune de forme rondo (ou rondeau) :
- Danse du Grand Calumet de la paix en Rondeau pour les sauvages
- Duo et choeur des sauvages et sauvageresses en Rondeau
Le refrain se divise en deux parties : - une première moitié se terminant de façon suspensive - une seconde moitié se terminant de façon conclusive. Le refain est soutenu par un rythme de tambour, figurant la danse des Indiens d'Amérique.
Extrait analysé 2 : Danse du Grand Calumet de la paix
Refrain
Partie A
Couplet 1
Partie B
Forme Rondo ABACA
Refrain
Partie A
Couplet 2
Partie C
Comment les chorégraphies sont-elles organisées dans cet extrait ? La danse suit-elle la musique et sa forme ?
Refrain
Partie A
Extrait analysé 2 : Duo et choeur des sauvages et sauvageresses
Forêts paisibles, Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs. S'ils sont sensibles, Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
Partie A Solistes
Forêts paisibles, Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs. S'ils sont sensibles, Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
Partie A Choeur
Dans nos retraites, Grandeur, ne viens jamais Offrir tes faux attraits! Ciel, tu les as faites Pour l'innocence et pour la paix.
Partie B Solistes
Forme Rondo AABACA
Forêts paisibles, Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs. S'ils sont sensibles, Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
Partie A Choeur
Jouissons dans nos asiles, Jouissons des biens tranquilles! Ah! peut-on être heureux, Quand on forme d'autres voeux ?
Partie C Solistes
Comment les chorégraphies sont-elles organisées dans cet extrait ? La danse suit-elle la musique et sa forme ?
Forêts paisibles, Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs. S'ils sont sensibles, Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
Partie A Choeur
Extrait analysé 3 : le menuet
A A B B
Menuet 1
A A B B
Forme Ternaire
Menuet 2
A A B
Reprise du Menuet 1
Le menuet est une danse baroque à trois temps.
Pour conclure...
...avec un bonus
...avec un ovni
...en jouant
Extrait du concert des premières du lycée Limosin
Une reprise complètement barée de l'air des Sauvages par "Salut c'est cool"
Merci !
Petit quizz Kahoot pour jouer avec vos connaissances des "Indes Galantes"
Conception du Genially : Fabien Ducret Lycée Léonard Limosin Limoges
Les Indes Galantes (Nouvelle version)
fabienfries
Created on July 21, 2020
Start designing with a free template
Discover more than 1500 professional designs like these:
View
Modern Presentation
View
Terrazzo Presentation
View
Colorful Presentation
View
Modular Structure Presentation
View
Chromatic Presentation
View
City Presentation
View
News Presentation
Explore all templates
Transcript
Les Indes Galantes
Entre tradition et modernité
Composé par Jean-Philippe RAMEAU (Version de 1736)
Mis en scène par Clément Cogitore (2019)
La musique, l'homme et la société
Le son, la musique, l'espace et le temps
Musicien : créateur, interprète, arrangeur, auditeur, mélomane...
Musique, théâtre, mouvement et scène
1 - Jean-Philippe Rameau
3 - L'Opéra baroque
2 - La période baroque
4 - Les Indes Galantes
Culture musicale et artistique dans l'histoire et la géographie
Le son, la musique, l'espace et le temps
La forme : principes et éléments du discours musical
Mondialisation culturelle : diversité, relativité et nouvelles esthétiques
6 - Des extraits analysés
5 - La version de Clément Cogitore
"La vraie musique est le langage du coeur"
Jean-Philippe Rameau
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Eléments biographiques (Site de la Philharmonie de Paris)
50 ans : le bon âge pour commencer une carrière
Les quarante premières années de la vie de Rameau sont mal connues… y compris pour sa femme. Noyé au milieu d’une nuée de frères et sœurs, l’enfant devient organiste (et claveciniste) dans les pas de son père, quoique celui-ci le verrait davantage magistrat. Il se trouve que l’enfant ne travaille rien d’autre que la musique : une carrière d’organiste s’offre donc à lui dans sa ville de Dijon. Un bref séjour en Italie, trop court, un recueil de pièces de clavecin, des activités dans une troupe ambulante et des déménagements incessants, de la musique pour le théâtre de foire à Paris… : où est le génie français que l’on comparera plus tard à Bach ? À une époque où l’on commence à composer jeune et en grande quantité (Telemann ou Vivaldi ont déjà composé l’essentiel de leur œuvre à son âge), Rameau ne représente pas grand-chose à 50 ans : il est connu seulement comme violoniste, claveciniste et organiste (certes, le meilleur du royaume), ainsi que comme théoricien.
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Eléments biographiques (Site de la Philharmonie de Paris)
Un début de reconnaissance vient avec la musique qu’il compose pour un spectacle de « sauvages réels » : sa musique est vive, colorée et belle. Dans la foulée, il fait la connaissance de celui qui va changer son destin : le fermier général Le Riche de La Pouplinière. Il a 50 ans (la fin d’une vie et d’une carrière à l’époque) lorsqu’il compose sa première œuvre représentée à l’opéra : Hippolyte et Aricie, une tragédie lyrique dans la tradition de Lully, d’une qualité musicale peu commune. L’accueil chaleureux du public est encourageant et le rêve de Rameau se réalise : il devient en quelques années le plus grand musicien français. Dardanus (sa troisième tragédie lyrique), composé à 56 ans, est parmi les plus belles œuvres de cette époque, la musique en est même exceptionnelle. Les Indes galantes (son premier opéra-ballet), composé à 52 ans, est à nouveau un chef-d’œuvre dont les danses impressionnent beaucoup. Rameau a donc le don de réussir à la fois dans le registre sérieux - voire tragique - et dans le registre léger. Il disparaît en pleine gloire à 81 ans, après avoir été anobli et avoir obtenu une pension de la cour ainsi que le titre de compositeur du cabinet du roi. À son inhumation à l’église Saint-Eustache à Paris font écho de nombreuses cérémonies dans plusieurs villes du royaume.
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Eléments biographiques (Site de la Philharmonie de Paris)
L'homme des "Querelles"
La "Querelle des Bouffons"
Lullystes vs ramistes
La première tragédie lyrique de Rameau reprend le cadre de celles écrites par Jean-Baptiste Lully plus d’un demi-siècle auparavant. Sa réputation s’établit à partir de ce moment, mais justement sur une forme ancienne jugée dépassée par beaucoup. Les admirateurs de Lully, mort près d’un demi-siècle plus tôt, n’y trouvent pas leur compte car la musique de Rameau est beaucoup plus riche, surprenante et variée (mais l’écriture de la musique évolue beaucoup en 50 ans). Diderot, dans Les Bijoux indiscrets, nomme Lully Utmiutsol et Rameau Utrémifasollasiututut afin de souligner la simplicité du premier et la richesse d’invention du second.
La « querelle des Bouffons » naît au début des années 1750 ; elle oppose les partisans des écoles italienne et française. Les premiers se regroupent derrière le philosophe Jean-Jacques Rousseau : c’est le « coin de la reine ». Les autres, le « coin du roi» , se placent derrière Rameau et veulent entendre une musique de belle construction, où toutes les voix (et pas seulement le chant des castrats) ont leur importance. Le coin de la reine proclame que le style français doit maintenant céder sa place au style italien, à l’honneur partout en Europe. Il faut de la légèreté, il faut faire entendre les airs virtuoses des sopranos et castrats, sans qu’ils soient gênés par un accompagnement trop compliqué.
Pour Rousseau, la musique de Rameau est trop traditionnelle.
Pour les lullystes, la musique de Rameau est trop moderne.
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Eléments biographiques (Site de la Philharmonie de Paris)
L'autre Rameau : le théoricien
Rameau s’était fixé la réalisation de deux rêves : écrire pour la scène – ce fut un triomphe, une révélation même – et convaincre les plus grands musiciens et mathématiciens du bien fondé de ses théories. Quelles sont-elles ? Parvenu à 40 ans, il commence à publier ses réflexions théoriques sur la musique dans plusieurs volumes. Il est persuadé que le système harmonique utilisé à son époque repose sur des principes physiques et mathématiques (ce qui n’est pas faux), et que l’harmonie musicale doit être la référence de toute science (ce qui semble exagéré). Il recherche jusqu’à la fin l’approbation des plus grands mathématiciens. Le premier ouvrage théorique, le Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels, écrit à 39 ans, a un succès retentissant (Bach en Allemagne, Haendel en Angleterre en ont connaissance). D’autres écrits d’une importance inégale suivent durant 40 ans. L’âge avancé et le caractère de l’auteur n’incitent pas à une passion débordante pour ses écrits, qualifiés par certains de « radotage » : on préfère largement écouter ses œuvres, qui restent à l’affiche après sa mort. Rameau aura donc été incompris toute sa vie, car il considérait ses écrits comme la partie la plus importante de son œuvre.
1706 puis 1724 et 1728
3 livres de pièces pour clavecin
Dates clés
Jean-Philippe Rameau(1683 - 1764)
1722
Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels
= lien vers des ressources (site internet, vidéo...)
1733
Premier opéra "Hyppolyte et Aricie"
1735 puis modifié en 1736
Opéra-ballet "Les Indes Galantes"
1752-1754
La Querelle des Bouffons
D'autres oeuvres de Rameau
Air extrait de "Castor et Pollux"
Opéra "Platée"
Ouverture de "Naïs"
Pièce pour clavecin "La Poule"
La musique baroque
Jean-Sébastien Bach
Jean-Baptiste Lully
Antonio Vivaldi
Le concerto
L'opéra et la tragédie lyrique
La fugue
Image : Damien Monceaux
Les caractéristiques de la période baroque :
La basse continue (ou continuo) est une partie instrumentale qui accompagne la mélodie et ne s'interrompt pas pendant toute sa durée. Elle est jouée par, au moins : - un instrument polyphonique (clavecin, orgue, luth...) - un intrument mélodique grave (contrebasse, violoncelle, viole de gambe, basson...)
Groupe de notes destinées à embellir la mélodie. Elles peuvent être écrites ou improvisées.
Air des "Indes galantes" contenant de nombreux ornements vocaux.
Dans la vidéo ci-dessus, la mélodie est interprétée par le basson ;le clavecin et le violoncelle jouent la basse continue.
Thibaut Lenaerts
Leonardo García Alarcón
Chef d'orchestre
Chef des choeurs
= lien vers des ressources (site internet, vidéo...)
et son orchestre : Cappella Mediterranea
Choeur de chambre de Namur / Maîtrise des Hauts-de-Seine / Choeur d'enfants de l'Opéra National de Paris
Le choeur de chambre de Namur est un choeur mixte (soprano, alto, haute-contre, ténor, basse) La Maîtrise des Hauts-de-Seine et le Choeur d'enfants de l'Opéra de Paris sont des choeurs à voix égales d'enfants. Pas de choeurs d'enfants dans la 4ème entrée
Cappella Mediterranea : un orchestre baroque
Les instruments de l'orchestre :
Les instruments du continuo :
- les instruments mélodiques graves : 1 basse de violon, 2 violes de gambe, 1 contrebasse, 1 basson- les instruments polyphoniques : 2 clavecins, 2 guitares baroques, 1 archiluth et 1 théorbe
- les cordes : 8 violons 1, 8 violons 2, 5 tailles, 4 basses de violons, 1 viole de gambe, 1 contrebasse- les bois : 1 musette, 1 flageolet, 2 hautbois 1, 2 hautbois 2, 2 flûtes 1, 2 flûtes 2, 1 basson 1, 2 bassons 2 - les cuivres : 2 trompettes - les percussions : 3 timbales, des tambours
Remarque : les trompettes interviennent ponctuellement sur scène et non dans la fosse d'orchestre.
Cappella Mediterranea : un orchestre baroque (suite)
Le diapason :
L'orchestre s'accorde sur le diapason baroque (la = 415 Hz).
Conclusion :
Le tempérament :
L'orchestre Cappella Mediterranea suit les codes de l'interprétation baroque : - instruments anciens (violes de gambe, théorbe, archiluth...) - diapason en 415 Hz - tempérament non égal - voix de haute-contre dans le choeur
L'orchestre utilise le tempérament Corrette.
Pour aller plus loin : La période baroque
Vidéo : Nicolas Martello
L'opéra
Un opéra : c'est une pièce de théâtre chantée et accompagnée par un orchestre. On considère l'opéra comme une forme d'art total car il réunit de la musique, des décors, un texte, de la mise en scène, des costumes, du maquillage, une intrigue, du chant, un orchestre et parfois de la danse. Tout opéra se compose d'un livret et d'une partition. Le livret, écrit par le librettiste, comprend les dialogues et paroles qui seront mis en musique par le compositeur. Comme une pièce de théâtre, il est organisé en actes et en scènes en nombre varié. Remarque : dans l'opéra-ballet (et donc dans les "Indes Galantes"), les différents actes s'appellent des entrées.
Les grands genres de l'opéra baroque
L'opera seria
L'opera buffa
L'opéra est un genre né en Italie fin 16ème-début 17ème siècle.L'opera séria (= opéra sérieux) s'apparente à la tragédie et s'inspire de la mythologie. Les personnages sont des dieux, des nymphes, des héros...
L'opera buffa (= opéra comique) met en scène des personnages ordinaires (bourgeois, domestiques) et traite de sujets plus légers.
La serva padrona (1733) de Pergolèse déclencha, en 1752, la « querelle des Bouffons », dans laquelle s'opposèrent les partisans de la musique italienne et ceux de la musique française.
Un des premiers opéras est l'Orféo de Claudio Monteverdi (1607).
Les grands genres de l'opéra baroque (suite)
La tragédie lyrique
L'opéra ballet
Extrait du film "Le Roi danse" La tragédie lyrique est le nom donné à la version française de l'opera seria italien. Inventée par Jean-Baptiste Lully sous le règne du roi Louis XIV. Comme dans l'opera seria, le sujet est sérieux et mythologique.
L'opéra-ballet est un genre mixte, qui garde quelque chose de la majesté de la tragédie lyrique, en plus léger.La construction reste en 5 actes (appelés des entrées): mais chacun désormais constitue un sujet à part, autonome. La grande mythologie laisse place souvent à des sujets contemporains, l'éloignement dans le passé à l'attrait du voyage ; c'est Venise, la Turquie galante, toute l'Europe. Le plaisir du spectacle, la diversité des sujets y remplacent le pathétique.
Les éléments d'un opéra
Le récitatif
L'air
Une mélodie chantée qui se rapproche des inflexions de la voix parlée. Priorité au texte. C'est la compréhension des paroles qui prime. Accompagnement réduit joué par la basse continue. Les récitatifs font avancer l'action de l'opéra. Peu de répétition du texte ou de la musique. De forme continue. Elément secondaire dans l'opéra : chez Rameau, le récitatif sert de transition.
Pièce chantée très expressive. Priorité à la musique.Ce sont la beauté du chant et la musicalité qui priment.Accompagnement riche joué par l'orchestre. L'action est comme suspendue. De nombreuses répétitions et reprises. Souvent de forme Aria da capo = ABA' Elément principal dans l'opéra : mélodie que l'on retient, virtuosité vocale...
Les éléments d'un opéra (suite)
Les ensembles vocaux
Les choeurs
Quelques solistes (en duo, trio...) chantent en polyphonie.
Le ballet
L'ouverture
Chorégraphie exécutée sur de la musique.
L'ouverture est une pièce instrumentale qui débute un opéra.Remarque : cet extrait ne fait pas partie de la 4ème entrée.
Exemple : une scène de l'opéra (scène 5)
ADARIO Je ne vous peindrai point les transports de mon coeur, Belle Zima, jugez-en par le vôtre! En comblant mon bonheur Vous montrez qu'une égale ardeur Nous enflamme l'un et l'autre. ZIMA Sur nos bords l'amour vole et prévient nos désirs. Dans notre paisible retraite On n'entend murmurer que l'onde et les zéphirs; Jamais l'écho n'y répète De regrets ni de soupirs. ADARIO Viens, hymen, hâte-toi, suis l'amour qui t'appelle. ZIMA, ADARIO Hymen, viens nous unir d'une chaîne éternelle! Viens encore de la paix embellir les beaux jours! Viens! Je te promets d'être fidèle. Tu sais nous enchaîner et nous plaire toujours. Viens! Je te promets d'être fidèle.
Récitatif
Air
Récitatif
Duo
Pour aller plus loin : l'histoire de l'Opéra
Vidéo : Nicolas Martello
Les Indes Galantes
Opéra-ballet en 4 actes (appelées "entrées") et un prologue de Jean-Philippe Rameau ; livret de Louis Fuzelier. Crée à l'Opéra de Paris le 23 août 1735. Rameau opérera quelques modifications (dont l'ajout de la 4ème entrée "Les Sauvages" en 1736)
C'est un énorme succès : dans les 25 années qui suivirent leur création, les Indes Galantes connurent 125 représentations. Reprises en 1952 après deux siècles d'oubli, elles continuent une carrière des plus brillantes à l'Opéra de Paris.
Remarques : - au 18ème siècle, on considère qu'il y a deux sortes d'"Indes" : les orientales (Turquie, Perse...) et les occidentales (Amérique du sud et du nord...). - "galantes" signifie qui exprime l'amour, le désir amoureux. Ainsi, chaque entrée, dans une "Inde" différente, propose une histoire pleine d'exotisme, liée au thème de la galanterie voire de l'amour...
La 4ème entrée : Les sauvages
En 1736, il rajoute une quatrième entrée, appelée elle-aussi "Les Sauvages", aux "Indes galantes". Il orchestre et transforme sa pièce de clavecin pour en faire la scène un ballet, duo et choeur du Grand Calumet de la Paix en rondeau.
En 1725, Jean-Philippe Rameau assiste à une représentation dansée de deux indiens de Louisiane à la Comédie-Italienne.
Il en composa une musique nommée "Les sauvages" pour ces "Nouvelles suites de pièces de clavecin" (1728).
Images d'archives de danses sioux montées avec un enregistrement de musique traditionnelle.
La 4ème entrée : Les sauvages
Cette entrée se situe dans une forêt d'Amérique, où, suite à la victoire des armées françaises et espagnoles sur les "sauvages", doit se célébrer la cérémonie du Grand Calumet de la Paix.
LES PERSONNAGES : Zima (soprano) Fille d'un chef d'une nation sauvage, amante d'Adario Adario (baryton) Commandant de la nation des Sauvages, amant de Zima Don Alvar (baryton) Officier d'une colonie espagnole Damon (ténor) Officier d'une colonie française
Pour aller plus loin : Les Indes Galantes
Emission de radio (24 minutes)
Article web
Vidéo (110 minutes)
La vidéo qui a tout déclenché
En 2017, un court-métrage de Clément Cogitore marque les esprits car la musique baroque (L'air des Sauvages extrait des Indes Galantes) se mêle aux danses de rue : une battle de Krumpers sur fond de musique de Rameau !Attention cette vidéo n'est pas au programme ! Suite à ce court-métrage, l'Opéra de Paris propose à Clément Cogitore de mettre en scène l'opéra-Ballet en entier. C'est un vrai défi pour lui car, d'une vidéo de 6 minutes, on passe à un spectacle vivant de plus de 3 heures !
= la genèse du spectacle
Comment réussir à associer deux éléments si différents : la musique baroque et la danse hip-hop ?
Clément Cogitore
Metteur en scène
Clément Cogitore est un metteur en scène, vidéaste, réalisateur et artiste français.Mêlant films, vidéos, installations et photographies son travail questionne les modalités de cohabitation des hommes avec leurs images. Son travail est exposé et projeté au sein d’institutions françaises et internationales comme le Palais de Tokyo, le Centre Georges Pompidou (Paris), MoMA (New-York)...
Bintou Dembélé
Présentation de Bintou
Chorégraphe
Chorégraphe du clip de "Roméo kiffe Juliette" de Grand Corps Malade
Bintou Dembélé est une artiste engagée contre le racisme, dénonçant notamment les zoos humains dans son spectacle Z.H.
= lien vers des ressources (site internet, vidéo...)
Bintou et les 29 danseurs de sa compagnie Rualité
Les styles de danse hip-hop utilisés dans l'opéra :- le Break Dance - le Krump - le Voguing - le Flexing - l'Electro - le Waacking
mêlent différentes danses.
Le krump
Dans le documentaire "Rize" (2005) le réalisateur David Lachapelle présente les danseurs de krump et montre que cette danse très moderne est fortement inspirée par les danses tribales traditionnelles africaines !
Le krump est issu du clowning né des émeutes de 1992 à Los Angeles lorsqu’un jury essentiellement blanc avait acquitté quatre policiers accusés d’avoir passé à tabac un automobiliste noir, Rodney King. Le clowning cultivait la dérision en se maquillant le visage et fut vite imité par les enfants qui créèrent en grandissant le krump, également non-violent, un moyen de canaliser sa rage en célébrant la vie dans des joutes jouissives (battles).
Différentes mises en scène de l'Air des sauvages
= ce qu'en pensent Bintou Dembélé et Clément Cogitore
Mise en scène : Clément CogitoreDirection : Leonardo García Alarcón 2019
Mise en scène : Andrei SerbanDirection : William Christie 2003
Mise en scène : Sidi Larbi CherkaouiDirection : Ivor Bolton 2016
Mise en scène : Laura ScozziDirection : Christophe Rousset 2014
La distribution :
Sabine Devieilhe (soprano)
Il s'agit de la fine fleur des jeunes chanteuses et chanteurs lyriques francophones (dont Jodie Devos, Edwin Crossley-Mercer, Julie Fuchs, Mathias Vidal...) Ils interprètent tous plusieurs personnages dans différentes entrées. Ils sont 4 solistes dans la quatrième entrée "Les sauvages" :
Florian Sempey (baryton)
Zima
Adario
Alexandre Duhamel (baryton)
Stanislas de Barbeyrac (ténor)
Damon
Don Alvar
= lien vers des ressources (site internet, vidéo...)
Pour aller plus loin :
Rencontre avec Bintou Dembélé et Clément Cogitore autour des Indes Galantes
Le ballet et la forme musicale
Extrait d'interview de Bintou Dembélé :
Je dis souvent aux danseurs que nous ne sommes pas des exécutants de la musique et de la voix. Nous devons dialoguer et composer avec elles comme avec des partenaires de création. Les formes et les codes de la musique de Rameau se prêtent à ce dialogue, à cette recherche de liberté, à ce marronnage.Prenons l’exemple de la forme da capo, omniprésente dans la musique baroque. C’est une structure musicale de type A-B-A, qui expose une première idée, la contraste avec une seconde avant de revenir à la première, modifiée par cette traversée. Lors d’une des premières répétitions, je faisais travailler un solo à l’un des danseurs. Sur le motif A, il allait et venait dans une forme de contrainte spatiale : sa trajectoire était linéaire, guidée par la musique, suivant comme son ombre la ligne de la voix et de la flûte. Le motif B, lui a permis de s’échapper dans un mouvement circulaire, plus engagé et extraverti. Enfin, au retour du A, la connexion du danseur à la musique et à la voix avait changé. Il a trouvé sa place. Il n’était plus contraint, il l’orchestrait, il s’autorisait à conter son Histoire. C’était soudain comme s’il dirigeait lui-même la voix et la flûte, comme s’il empruntait des chemins de traverse, trouvant un moyen de dépasser les frontières qui limitaient auparavant son mouvement. Comme si, à travers cette mémoire corporelle, l’espace devenait aussi le lieu d’une liberté à conquérir.
Cette interview montre l'importance de la forme musicale qui modèle la danse et devient le support temporel des chorégraphies.
Extrait analysé 1 : l'air "Régnez plaisir et jeux"
Prélude instrumental
ZIMARégnez, plaisirs et jeux! Triomphez dans nos bois! Nous n'y connaissons que vos lois.
Partie A
Tout ce qui blesse La tendresse Est ignoré dans nos ardeurs. La nature qui fit nos coeurs Prend soin de les guider sans cesse.
Forme Aria da capo ABA'
Partie B
Régnez, plaisirs et jeux! Triomphez dans nos bois! Nous n'y connaissons que vos lois.
En quoi la partie B contraste-t-elle avec la partie A ? (Au niveau de la voix, des instruments, de la danse, des lumières...) Quelles sont les ressemblances et différences entre les parties A et A' ?
Partie A'
Extrait analysé 2 : L'air des sauvages
Rappel : L'air des sauvages (scène 6) est un arrangement et une orchestration de la pièce pour clavecin "Les sauvages". Il se divise en deux parties, chacune de forme rondo (ou rondeau) :
- Danse du Grand Calumet de la paix en Rondeau pour les sauvages
- Duo et choeur des sauvages et sauvageresses en Rondeau
Le refrain se divise en deux parties : - une première moitié se terminant de façon suspensive - une seconde moitié se terminant de façon conclusive. Le refain est soutenu par un rythme de tambour, figurant la danse des Indiens d'Amérique.
Extrait analysé 2 : Danse du Grand Calumet de la paix
Refrain
Partie A
Couplet 1
Partie B
Forme Rondo ABACA
Refrain
Partie A
Couplet 2
Partie C
Comment les chorégraphies sont-elles organisées dans cet extrait ? La danse suit-elle la musique et sa forme ?
Refrain
Partie A
Extrait analysé 2 : Duo et choeur des sauvages et sauvageresses
Forêts paisibles, Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs. S'ils sont sensibles, Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
Partie A Solistes
Forêts paisibles, Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs. S'ils sont sensibles, Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
Partie A Choeur
Dans nos retraites, Grandeur, ne viens jamais Offrir tes faux attraits! Ciel, tu les as faites Pour l'innocence et pour la paix.
Partie B Solistes
Forme Rondo AABACA
Forêts paisibles, Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs. S'ils sont sensibles, Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
Partie A Choeur
Jouissons dans nos asiles, Jouissons des biens tranquilles! Ah! peut-on être heureux, Quand on forme d'autres voeux ?
Partie C Solistes
Comment les chorégraphies sont-elles organisées dans cet extrait ? La danse suit-elle la musique et sa forme ?
Forêts paisibles, Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs. S'ils sont sensibles, Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
Partie A Choeur
Extrait analysé 3 : le menuet
A A B B
Menuet 1
A A B B
Forme Ternaire
Menuet 2
A A B
Reprise du Menuet 1
Le menuet est une danse baroque à trois temps.
Pour conclure...
...avec un bonus
...avec un ovni
...en jouant
Extrait du concert des premières du lycée Limosin
Une reprise complètement barée de l'air des Sauvages par "Salut c'est cool"
Merci !
Petit quizz Kahoot pour jouer avec vos connaissances des "Indes Galantes"
Conception du Genially : Fabien Ducret Lycée Léonard Limosin Limoges