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nouvelles 2ndes 14 15 16

florence.belmahdi

Created on June 29, 2020

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Transcript

Si tu l'oses, lecteur, entre dans l'univers implacable de réalisme ou aux frontières du fantastique de nos nouvelles... Les auteurs de 2de16, 2de15 et 2de14.

Les nouvelles

des SECONDES

14, 15 ET 16

Lire

élaborées à partir de faits divers

Voici nos coups de coeur !

(cliquez sur le titre pour lire)

La nuit tous les chats sont gris

Joyeux Noël Ingrid !

Par inadvertance

Oumaima

Mais nous avons aussi adoré...

CLIC

Comptine

Un rêve envolé

La petite fille de la résidence

La fée de l'amour

Le doux géant

Le temps d'une erreur

Bingo !

L'anxiété

Perception relative

Les cris

Volte face

A la recherche de mon tracteur

Eden's gate

Le monde est cruel

Game over

dr Frankenstein

Cadeau de Noël

Drôle de poulpe

Ikram

Le voyage cauchemardesque

Elena

Un court voyage dans l'espace

Diego

Trop tard

Au-delà des apparences

Le message du chalet abandonné

Un cauchemar devenu réalité

Histoire sans titre

Boum !

Par inadvertance

“Racontez-moi toute votre soirée encore une fois”, ordonna l’inspectrice Moore sur un ton irrité et soucieux. Elle posa le dossier concernant l’affaire sur la table d'interrogatoire qui fit retentir un bruit sec. En effet, elle n'était arrivée à Séoul que depuis quelques heures, mais elle était déjà aussi impliquée dans l’affaire que si elle enquêtait depuis des semaines. Elle prit un élastique se trouvant sur son poignet pour attacher ses cheveux. Elle avait des cheveux bruns, raides, lui arrivant jusqu'aux épaules et des yeux noisettes qu’elle tenait de son père... Son père avait été assassiné quand elle avait seize ans et elle avait réagi comme il fallait s’y attendre : par la rébellion. Elle s’était mise à boire et fumer, à sortir avec les mauvaises personnes. Elle voulait punir le monde entier pour lui avoir pris son père. Lorsqu’un jour, elle s’était reprise en main et avait décidé de mettre derrière les barreaux toute personne faisant entrave à la justice. Elle avait fait tout ce qu’elle pouvait pour en venir là où elle en était à présent et chaque jour elle menait un combat pour rendre justice à son père.

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Quand Moore s'assit sur la chaise, un peu bancale, qui se trouvait face à lui, il répondit : - Mademoiselle Moore, ma femme et moi-même séjournions au motel depuis une semaine environ, notre relation battait un peu de l’aile depuis un moment et Yoon et moi avions décidé de prendre un peu de temps pour nous. Le soir de l’accident, nous étions sortis pour acheter le dîner, du carpaccio de poulpe du Mapple Tree House, notre plat préféré. Nous sommes rentrés, Yoon a réchauffé le plat pendant que je me mettais en robe de chambre. A mon retour, les plats étaient réchauffés. Elle m’avait dit de ne pas l'attendre pour manger car elle allait se doucher. Alors, j’ai suivi ses ordres, j’ai pris une des assiettes et je me suis assis sur le canapé pour manger. Quand Yoon est revenue, j’étais allongé sur le canapé-lit, prêt à dormir, elle a pris l’assiette qui restait, s’est jointe à moi, m’a regardé avec de grands yeux et m’a souri avant de me dire : “bonne nuit mon amour et que Dieu puisse nous réunir éternellement”. Je ne pourrai jamais oublier ses yeux marron me transperçant du regard. C'est à ce moment-là qu'elle a commencé à tousser de façon répétitive puis s’est levée avant de s’écrouler, affirma le jeune homme, les larmes aux yeux.

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C’était comme s’il se repassait cette soirée en boucle. Kim n’avait pas dormi depuis plus de seize heures, depuis que Yoon était décédée on l’avait retenu dans cette salle d’interrogatoire, confiné entre quatre murs étroits. Il avait sommeil. Son teint était pâle ; avec ses yeux boursouflés et rouges et son nez qui coulait, il ressemblait à un zombie. L’inspectrice Moore continua : - Pourquoi votre relation ne fonctionnait-elle plus aussi bien qu’avant ? - A vrai dire je ne sais pas... Yoon se comportait bizarrement avec moi depuis quelques temps, nous ne communiquions plus autant, et elle essayait toujours de savoir où j’étais et avec qui. - Elle se méfiait donc, mais de qui ? Peut-être de vous ! - Jamais de ma vie je n’aurais pu lui faire de mal ! - Alors dites-moi, pourquoi la trompiez-vous ? Kim pâlit, et dit : -Je ne la trompais pas. - Vous ne pouvez pas mentir à la police. On vous a pisté et on sait que vous vous rendiez régulièrement à Songpa, le quartier où habite votre maîtresse. On a retrouvé deux billets pour Paris dans votre portefeuille. Une destination idéale pour emmener son amante !

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- Vous vous trompez. - Vous détestiez votre femme. La seule chose qui vous retenait auprès d’elle était sa fortune. - Non ! J’admirais Yoon, c’était une femme exceptionnelle ! Je ne l’oublierai jamais. Avec sa taille de guêpe et ses longs cheveux noirs de jais... Malheureusement vous savez que nous ne pouvons pas contrôler nos sentiments. Je suis tombé amoureux d‘une autre femme et je me sentais terriblement mal de mentir à Yoon. D’ailleurs, je comptais le lui dire lors de ce voyage à Paris, sa ville préférée, pour qu’elle puisse mieux digérer cette information et peut-être pouvoir me pardonner. Yoon était très sensible, elle aurait pu faire des choses qu’elle aurait regrettées dans un élan de colère, ajouta le jeune homme. Moore quitta la pièce en le remerciant. Plus tard dans la soirée, fatiguée d'errer depuis des heures dans les rues de la ville sans aucun indice, l’inspectrice décida de rentrer à son hôtel. Il était deux heures du matin. Elle essaya de trouver le sommeil. Allongée sur le lit, elle ferma les yeux. Elle tint ainsi plus d’une heure. La température était en train de monter L’inspectrice Moore sentait son sang bouillonner. Repoussant les couvertures, elle se leva.

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Impossible de dormir alors qu’une enquête était en cours... Elle enfila un survêtement, attrapa son portefeuille, ses clefs de voiture et sa plaque. Elle sortit, mit sa voiture en marche, direction le Maple Tree House. Elle commanda un café, en espérant que celui-ci la réveillerait et l’aiderait à stimuler sa reflexion. Elle se repassait en boucle la scène que Kim lui avait racontée, cherchant désespérément un indice, ou une preuve qui disculperait l'accusé. En effet, au fond d’elle, elle le pensait innocent. Moore était très compétente dans son travail, car elle suivait son instinct, des plus aiguisés. Elle ferma les yeux et réfléchit avec une concentration maximale. Puis elle observa tout autour d’elle, il y avait du bruit, les gens venaient pour dîner, commandaient des plats raffinés, buvaient du vin rouge pour avoir l’air plus enjoué devant leur compagnon. Elle arrêta un serveur, et lui demanda d’appeler le propriétaire du restaurant. Un vieil homme au ventre rond et au visage amical se dirigea vers sa table. Comprenant que c’était le propriétaire, elle lui demanda son agenda de réservations. Elle chercha le mercredi vingt-quatre et vit que le nom de Kim y apparaissait. L’inspectrice quitta donc cet endroit trop peu éclairé à l’ambiance lugubre. Elle décida de se rendre au motel où la jeune femme avait perdu la vie.

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Dans la chambre du motel, elle n’entendait que le bruit de l’horloge et des “tic tac”. Il ne lui restait plus beaucoup de temps : sans vrai indice, Kim serait condamné. Elle commença donc à inspecter la chambre, pièce par pièce, tout en imaginant ce qui s'était passé. Elle débuta par la cuisine, puis les toilettes éclairées par la lumière de la lune. Mais ne trouvant rien, elle se laissa tomber sur le canapé, abattue et sans espoir. Elle leva les yeux et fixa le tableau décorant le mur d’en face, puis tout à coup, sa tendance à la maniaquerie la fit se lever et arranger la peinture, qui penchait légèrement vers la droite. Mais soudain, au moment où elle le remettait en place, il tomba dans un fracas, laissant stupéfaite l’inspectrice devant la découverte qui allait donner un nouveau tournant à l'enquête et dont personne n’aurait pu deviner la nature. Sous ses yeux, une fiole remplie d’une substance blanche se cachait dans un trou de souris se trouvant derrière le tableau aux couleurs vives de la vieille chambre du motel délabré. Perplexe, elle décida d’envoyer la fiole au laboratoire pour la faire analyser et découvrir ce qu’elle contenait. Quelques heures plus tard, elle reçut les résultats du laboratoire, révélant le contenu de la fiole. C’était du cyanure.

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Elle se rendit donc dans un petit quartier mal fréquenté de la ville, à la recherche des dealers de ce type de poison pour apprendre qui aurait bien pu l’acheter. Elle s’aventura dans les ruelles sombres du quartier qui sentaient les égouts, cherchant un groupe de jeunes. Se faufilant dans le quartier sale et à l'ambiance étouffante et angoissante, elle se dirigea vers un regroupement de jeunes garçons riant à gorge déployée, dont une odeur de fumée de drogue se dégageait. Prenant son courage à deux mains, elle en tira un par l'épaule et lui brandit la plaque qu’elle avait dans la poche de son long manteau noir. ”Inspectrice Moore du bureau du procureur. J’ai quelques questions à vous poser”, articula-t-elle de façon à se rendre impressionnante. Le visage du jeune homme se décomposa. Elle sortit une ancienne photo, représentant Kim et Yoon heureux. Sur cette image, Kim regardait l’appareil et souriait alors que Yoon avait le regard plongé sur son compagnon. Elle avait l'air terriblement amoureuse. A l’époque, Yoon avait les cheveux noirs et courts. Elle était presque méconnaissable... L’inspecteur Moore demanda au dealer s’il reconnaissait l'homme sur la photo et s’il lui avait acheté du cyanure. Mais le garçon, dont les globes oculaires sortaient de leurs orbites, se mit à rire et à l'insulter. Peine perdue, il ne lui serait d’aucune utilité.

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Cependant, un des jeunes qui paraissait trop curieux pour ne pas être impliqué attira l'attention de l'inspecteur. Elle fonça donc vers le jeune homme, déterminée, et s’écria : -Vous avez vu cet homme, je le sais ! Ne niez pas, avouez, nous perdrons moins de temps car je ne vous lâcherai pas. Soit vous me dites sur le champ ce que vous savez soit je vous arrête illico presto pour consommation de drogue illicite et vous passerez la nuit au poste. - Non, je ne l'ai jamais vu. - Ne me mentez pas! - Mais je vous dis la vérité! Je n'ai jamais vu cet homme ! Mais cette femme, en revanche… (il désignait Yoon en la pointant du doigt sur la photographie) Elle est venue me voir la semaine dernière pour m’acheter du poison. - Mais… comment est-ce possible ? lança l’inspectrice sur un ton perplexe. A ce moment précis, elle fut sonnée. Elle ne comprenait plus rien, l'enquête prenait un encore autre tournant. Malgré tous ces mystères et incompréhensions, une chose était sûre, Kim était innocent. Yoon avait acheté le poison. Elle en était certaine. Cela n’avait pas de sens : pourquoi Yoon aurait-elle acheté ce poison ? Serait-ce un suicide ?

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Elle se rappelait que Kim lui avait fait part durant l'interrogatoire de l'impulsivité de Yoon et de ses difficultés à gérer sa colère certaines fois. Elle se rappelait aussi les deux assiettes posées dans la cuisine, ces paroles étranges qu'elle avait prononcées avant de mourir. A cet instant l’inspectrice sentit comme un coup de massue lui tombant sur la tête. Et quelques secondes après, tout était clair. Plus aucun doute ! Elle devait juste en avoir le coeur net. Moore prit donc instinctivement la route vers le poste de police car à cet endroit précis étaient entreposés les effets personnels de la victime, et comme toute personne travaillant dans la criminalité, elle savait pertinemment que rien ne représentait plus une personne que ses objets quotidiens. Arrivée au poste, elle alla dans la salle des pièces à conviction puis chercha un indice qui prouverait son hypothèse ou qui la mettrait sur la voie de résoudre l'affaire dans sa globalité. Elle chercha dans les vêtements que portait Yoon le soir du drame, dont se dégageait encore une odeur de parfum puis dans son portefeuille, mais ne trouva rien. En dernier recours elle ouvrit le téléphone de la jeune femme et inspecta minutieusement chaque discussion et message de cette dernière.

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Brusquement elle tomba sur une discussion avec un numéro non répertorié dont les messages avaient été supprimés et comme seul texte restant, un lien... Elle cliqua dessus et fut renvoyée vers un onglet de la galerie, intitulé 0706. Quand elle appuya sur l’album, elle découvrit le contenu de ce dossier… Une photo de Kim et d’une femme s'embrassant.“Je le savais !”, cria-t-elle. En réalité, Yoon avait découvert que Kim avait une amante et, ne pouvant supporter cette révélation, elle avait décidé de le tuer avec du cyanure. Cependant, ce soir-là, pendant que Yoon prenait sa douche, Kim avait pris l’assiette ne contenant pas de poison, laissant à Yoon la mauvaise assiette ! Sans perdre une seconde, Moore se rendit à la salle d’interrogatoire où ses collègues étaient sur le point d’emmener Kim pour faute de preuves. L’inspectrice les interpella et annonça: “Lâchez-le, il est innocent !” L'innocent la fixa d’un air incrédule. Yoon se retourna vers Kim et lui dit avec un sourire satisfait :“Remerciez Dieu en ce jour béni, vous avez échappé à la prison et à la mort !”

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Trop tard...

Ma soeur venait de m’envoyer la photo d’une annonce d’une alliance perdue dans un magasin de bricolage. Il s'avérait qu’il s’agissait de la bague de mariage que Pascal, mon mari, avait égarée dix-huit ans auparavant. Je décidai de la lui montrer : “Regarde Pascal, on ne dirait pas l’alliance que tu as perdue ? - Ah mais oui, je reconnais la gravure de nos initiales sur le côté ! Je la croyais perdue pour toujours. - Regarde dans les commentaires, elle se trouve dans le Leroy-Merlin de Marseille. Tu te souviens, celui qui est à deux rues de chez nous. Cependant il nous faut une preuve pour la récupérer. - Et pourquoi pas notre certificat de mariage ? - Bonne idée ! On devrait aller la chercher tout de suite avant que quelqu’un ne tente de la dérober.” Nous partîmes au magasin, dans l'espérance que ce n’était pas une blague. Nous nous rendîmes ensuite à l'accueil où nous nous adressâmes au personnel. Ils nous donnèrent l’alliance sans problème étant donné que l’image circulait sur les réseaux sociaux depuis presque vingt-quatre heures, et que nous étions les premiers à venir la demander.

01

Pendant que nous récupérions l’alliance, je remarquai qu’un jeune homme d’une trentaine d’années nous fixait, il ne semblait pas être un vendeur puisqu’il était vêtu normalement. Il était grand, aux yeux verts, avait des traits fins et ses cheveux étaient blonds et courts. Je trouvais qu’il ressemblait étrangement à Pascal. J’avais l’impression d’être observée et dis à mon mari que nous devions vite rentrer. Cependant, nous nous demandions comment la bague avait pu atterrir là-bas : cela faisait presque cinq ans que nous n’avions pas mis les pieds dans ce magasin ! Pascal était aux anges d’avoir retrouvé son alliance qui lui était si chère, nous nous rappellerions longtemps de ce jour : le jeudi 14 décembre 2019. Par contre, qui était ce garçon qui nous observait quand nous nous trouvions au magasin, et pourquoi était-il là ? Il semblait être venu pour la bague… je me faisais sûrement des idées, de toute façon nous l’avions récupérée à présent. Cette nuit là, Pascal, n’arrivant pas à dormir à cause de l'événement troublant qui nous était arrivé, avait cru entendre un bruit de verre qui se brisait dans le salon de notre maison, vers quatre heures du matin. Il se réveilla en sursaut, craintif, et courut tout de même voir ce qu’il se passait. Je mis ma robe de chambre et le suivis.

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Arrivée en bas je fus choquée, je reconnus le fameux garçon qui nous avait fixés dans le magasin. Je savais qu’il y avait quelque chose d’étrange, il ressemblait tant à mon mari, surtout quand ce dernier était plus jeune. Pascal s’arrêta ; il était tétanisé, il ne s’attendait pas à trouver quelqu’un dans notre salon. Le jeune homme, lui, semblait vouloir fuir mais en même temps nous expliquer pourquoi il était là. Je supposai que c’était pour éviter les ennuis avec la police. Pourtant à ce moment-là tout me parut tellement évident... Ce jeune homme était le fils que j’avais abandonné il y avait près de trente ans. J’avais fait un déni de grossesse, sans avoir averti Pascal puisqu’il ne voulait pas d’enfants. Il ne les aimait pas, je n’ai jamais compris pourquoi. Nous étions à peine fiancés lorsque je tombai enceinte et j'avais très peur de le perdre en lui annonçant cela. Cette histoire m’avait rongée de l'intérieur pendant quelques temps mais j’avais décidé de tourner la page puisque je n’avais jamais pensé qu’elle ressortirait un jour. Je réalisais à ce moment-là que j’avais commis les deux plus grosses erreurs de toute ma vie, d’une part j’avais abandonné de manière cruelle mon fils et d’une autre je ne l'avais pas dit à mon mari… j’aurais mieux fait de le lui annoncer, cela m’aurait évité cette situation.

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Le jeune homme me fixait avec un sourire narquois et je voyais à travers son regard de la rancune, une haine qui consumait sa flamme de vengeance. “Tu te souviens de moi, “chère mère” ?” dit-il avec un air de dégoût. Pour la première fois je ne savais ni quoi dire, ni quoi faire, j'étais tout simplement figée, je repensais à mon passé, à mes erreurs. J’avais décelé dans les yeux de Pascal une lueur d’incompréhension, mais il s’était repris très vite, voulant chasser ce malfrat de la maison. Il lui lança :“Qu’est ce que tu racontes, toi, dégage de chez moi, petit morveux, ou j'appelle les flics !” Je me décidai enfin à expliquer : “Non ! attends, il faut qu’on parle, Pascal, j’ai quelque chose d’important à te dire… -Oh mais tu vas enfin te décider à lui dire ? Tu penses pas que c’est un chouia trop tard ? me demanda le jeune homme avec son sourire narquois scotché à ses lèvres. -Euh...je...enfin…, tentai-je de répondre. -Bon...je vais m’en occuper. Cher père, enfin je suppose, aux dernières nouvelles, je suis Gabriel Durant, votre fils. J’ai été retrouvé à côté d’une poubelle de l’autre côté de Marseille, jeté, telle une ordure misérable.” Pascal restait figé et il semblait totalement abasourdi face à cette annonce déroutante.

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“Pascal, je ne voulais pas te décevoir en t'annonçant la nouvelle, j’avais si peur de te perdre, j'ai fait une grossesse en déni, je l’ai appris trop tard, je ne pouvais donc pas avorter, comprenez-moi, j’étais jeune, aveuglée par l’amour, les suppliai-je, les larmes aux yeux. -Et pourquoi cette manière de m’abandonner, il n’y avait pas d’orphelinat ? rétorqua Gabriel d’un ton accusateur. -Euh...je... je ne savais pas quelle était la procédure à suivre, et j’avais peur qu’on me pose des questions sur l’origine du bébé. Et… si tu nous connais depuis longtemps, pourquoi ne viens-tu que maintenant ? objectai-je pour changer de sujet. “- En fait, votre bague, c'était moi qui l’avais depuis toutes ces années. Je suis déjà venu dans votre maison, pour vous réparer une commode, je suis bricoleur. Je ne me voyais pas vous dire que j'étais votre fils à ce moment-là. En voyant la bague je l’ai choppée et je la garde sur moi tout le temps. C'était pour moi le seul moyen de me rattacher à vous, de me dire que vous vous rappeliez de moi. Il y a deux jours, je suis allé au Leroy-Merlin pour acheter des vis et j’ai perdu la bague. J’ai vu l’annonce, je voulais reprendre le bijou sauf que je n’avais aucune preuve et vous avez été plus rapides que moi. Mais bon... je ne vois plus l’utilité de garder cette bague car la vérité a enfin éclaté.

05

J’espère ne plus jamais croiser votre chemin, ça reste quand même décevant de votre part, surtout de la tienne”, conclut-il en me pointant du doigt. Il tourna les talons et sortit de la maison. Pascal remonta se coucher, totalement sous le choc, et moi je restai là, impuissante, dépassée par les événements. Je m’écroulai sous le poids de la culpabilité et sanglotai sans pouvoir m’arrêter...

06

Un rêve envolé

Ce matin-là, le temps n'était pas au rendez vous. Le ciel était d'un gris menaçant, la pluie ne cessait de tomber à forte allure et les premiers orages se faisaient ressentir sur toute la France. A croire qu'un terrible événement était sur le point de se produire... Mais je n’allais pas renoncer à mon voyage aux Caraïbes et rester travailler deux mois de plus dans un bureau enfermé entre quatre murs, à supporter mon horrible patron et mes jeunes collègues qui me manquaient de respect, à moi, leur aîné ! Vingt ans d’écart et aucune trace de respect, on me traitait tel un déchet au bord de la route... Ce voyage allait me permettre de me retirer de cette vie de travailleur acharné débordé entre le travail et mes enfants qui vivaient chez mon ex-femme. Arrivé à destination, je constatai que le temps était identique, à croire que j’étais resté au même endroit ! Je passai les deux premiers jour cloîtré dans ma chambre d'hôtel à déprimer. Au bout du deuxième jour, j’en avais déjà assez. Je décidai de sortir quoi qu’il arrive, je visitai un village. Inondé ! Quelle ironie... et dire que j’avais travaillé deux ans sans vacances avec un patron sadique et des collègues sans passion pour leur travail afin de pouvoir m'offrir cela... .

01

Ce temps désastreux ne m’arrêta pas pour autant : le quatrième jour, je décidai d’aller faire du kitesurf sur une plage non loin de ce petit village. Je n'avais aucune information sur cette plage car tout était écrit en espagnol mais ce n'était pas ce temps désastreux et cette plage inconnue qui allaient gâcher mon séjour. Je partis louer un équipement. Je saisissais un mot sur deux grâce à mes deux ans d’espagnol au lycée mais je compris vaguement que tous les commerçants étaient préoccupés ces derniers temps par des vols fréquents de matériel de survie et de nourriture. J’entrai dans l’eau. Au bout de quelques minutes un maître-nageur au loin sur la plage se mit à siffler et à crier en espagnol. Je compris qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas et soudain du sang apparut non loin de l’endroit où je me trouvais. C'était du sang humain qui provenait du bras d’un nageur arraché par un requin : je vis peu après flotter ce membre non loin de moi... En y regardant de plus près je m’aperçus qu’il n’y avait pas un mais quatre squales ! Le vent me poussait vers le large, il était donc impossible pour moi d’atteindre la rive : je n'avais pas d’autre choix que de continuer. Je me retournai… Horreur ! Concentré sur les requins, je n’avais pas remarqué l'énorme vague qui fonçait droit sur moi ! En accélérant avec ma planche

et ma voile je réussis à prendre la vague de face sans qu'elle se casse sur moi mais je n’avais pas imaginé qu’elle me servirait de rampe… Je décollai sans plus rien contrôler et avec le vent de la tempête je planai durant six heures environ, inconscient à cause du choc de la vague. A mon réveil je me trouvais sur le toit d’un immeuble qui semblait être abandonné. Je partis explorer les lieux afin de trouver de l’eau. L’immeuble était très délabré ; il y avait de la moisissure partout, le plancher faisait du bruit à chacun de mes pas… La peur et la curiosité m’envahirent en même temps, un mélange d’émotions qui me laissait dans une incompréhension totale. Après avoir descendu quatre ou cinq étages, j’entendis des gens parler. Il régnait comme une odeur de charbon brûlé et de la fumée commençait à m’asphyxier. Ne supportant pas cette odeur, je me mis à tousser. En entendant cela, les personnes en dessous se mirent à crier en français d’une façon agressive : “ Qui va là ? - Euh… Je… je viens d'atterrir sur le toit... - Ah ! Descends mon ami.” Ils étaient devenus sympathiques comme si tout était normal ; je descendis avec un bout de bois dans la main au cas où et après une longue

discussion autour d’un feu ils m’expliquèrent qu’ils étaient arrivés de la même manière que moi, c’est-à-dire qu'ils faisaient du kitesurf et que le vent les avait amenés sur cette île non loin des Caraïbes. Ils étaient tous français, avaient la quarantaine et étaient employés comme moi, ils avaient décidé de rester vivre là car ils en avaient tous assez de leur vie de travailleur. Ils volaient sur les plages du matériel et de la nourriture, s’amusaient en faisant du kite surf, ils vivaient tranquillement, le rêve en somme. A vrai dire j'étais tenté de rester mais j’avais deux enfants qui étaient partis avec leur mère et son nouveau mari en vacances et du travail, même si parfois je n’y trouvais plus plaisir… Après avoir passé une bonne semaine avec eux, je leur demandai comment partir de cette île mais personne ne semblait vouloir répondre. En faisant quelques recherches dans les bâtiments abandonnés je trouvai des fusées de détresse alors j’en allumai une, et dès que les autres virent la lumière, ils se ruèrent tous sur moi et m’attachèrent avec une corde à un poteau. J’eus une discussion avec leur “chef”, Guillaume, un homme du même âge que moi, un homme exécrable. Après quelques heures, un hélicoptère se fit entendre mais il repartit quelques minutes plus tard, n’ayant visiblement trouvé aucun

signe de vie. Ces personnes ne voulaient pas être trouvées. Après trente minutes je réussis à me libérer, j'allumai la deuxième fusée et je me mis à courir ; ils m'attrapèrent et me rouèrent de coups. Je me réveillai brusquement sur un lit d'hôpital. Tout cela n’était qu’un malheureux rêve. Ce qui s'était réellement produit c’est que j’étais tombé sur un toit car ma voile avait pris le dessus sur moi. Cette chute m’avait assommé, j’avais trois côtes cassées et une légère commotion cérébrale. Les secours étaient arrivés, m’avaient transporté à l'hôpital et les sédatifs et anti douleurs qu'on m’avait donnés m’avaient fait halluciner, pourtant tout cela semblait tellement réel...

Bingo !

Assis dans un coin du bar Jules Verne à Paris, je lisais un fait divers dans le journal, il me paraissait intriguant. Un homme avait gagné 20 millions d’euros au loto mais il ne s’en était même pas rendu compte. Quelle bêtise ! Cela faisait plus de dix ans que ma famille et moi avions quitté notre pays natal pour vivre en France. Tu parles d’une bonne idée ! Les voisins vous dénigrent dans la rue ; dans les journaux… on est traité comme des clébards. Mon père, si je peux l’appeler ainsi, ne faisait que boire toute la journée. Lorsqu’il recevait son salaire il le dépensait dans les bars. Quelle ironie, moi aussi je me retrouvai ce jour-là dans un bar à dépenser mon mois de salaire dans cette substance abrutissante. Je ne croyais plus en cette vie et elle ne croyait plus en moi. Ma mère, quant à elle, ne faisait que jouer au loto, elle croyait qu’elle pourrait gagner... Quelle naïveté ! Moi aussi je jouais aux jeux de hasard. J’étais naïf, à penser qu’en jouant je deviendrais millionaire… Mon père et ma mère avaient fait la bêtise de me mettre au monde. J’aurais préféré naître dans une famille de millionnaires ou ne pas voir le jour.

01

On m'avait promis une vie de rêve et pourtant je vivais dans la misère avec ma femme Noémie. On n’avait pas d’enfants et je n’en voulais pas ! Nous avions à peine de quoi nous occuper de nous alors des enfants, non merci ! En tant qu’ouvriers nous habitions à proximité de notre lieu de travail. On appelait notre résidence une “cité ouvrière”, que c’est pathétique. C’est un habitat plutôt convenable mais loin de la villa luxueuse que je pensais avoir… Je quittai le bar Jules Verne afin de rejoindre ma femme. Je traversai les larges boulevards de Paris, passai devant la Tour Eiffel et la cathédrale Notre Dame. Je longeai les cafés et les boutiques de luxe bordant la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Je rejoignis ma cité appelée : “cité Napoléon”, comme si Bonaparte s'occupait de pauvres ouvriers comme nous ! Elle est située au niveau de la rue de Rochechouart au 9 ème arrondissement de Paris. La cité était composée de quatre bâtiments, dont l’aspect rappelait une caserne. Ma femme Noémie m’attendait ; elle me m’accueillit avec ces mots : “ Viens t’asseoir, je t’ai préparé à manger. Alors, tu as passé une bonne journée ? -Oui.

02

- J'espère que tu n’es pas parti faire la tournée des bars. Je te signale que l’on n’a pas assez d’argent pour nous nourrir et nous vêtir. Encore heureux que ton travail te fournisse ce logement. - Je ne suis parti dans aucun bar. Lâche-moi un peu. - C’est pour cela que tu sens l’alcool et que tu n’arrives même pas à tenir debout ! Tu sais quoi, tu n’es qu’un lâche avec un salaire minable ! » Elle venait de toucher un point sensible. Me rappeler que mon salaire était minable m’agaçait au plus haut point. Toute ma vie j’avais rêvé d’être un homme riche et puissant. Me rappeler mon salaire minable voulait dire que je n'étais qu’un être insignifiant. Une fourmi que l’on piétine. Une colère noire m’envahit. J'écrasai sa tête sur mon genou, la frappai deux fois de ma main droite puis deux fois de ma main gauche. Et enfin je lui mis un coup de poing dans le ventre qui lui coupa le souffle. Lorsque je vis du sang apparaître, je m’arrêtai. Elle avait compris la leçon. Elle ne devait plus jamais me traiter de lâche et de minable. “Excuse-moi”, marmonna t-elle d’une voix faible. Le lendemain j’étais dans une cellule de cinq mètres carrés.

03

Comment je me suis fait arrêter, il faut remonter à la veille pour le savoir. J’étais assis tranquillement dans mon canapé en train de regarder l'émission télévisée Euromillions, quand tout à coup ma femme surgit derrière moi et tenta de me mettre un coup derrière la tête avec une casserole. Je l’esquivai de justesse. Je fus surpris par cette envie soudaine qu’elle avait de me tuer. Pourquoi aurait-elle fait cela ? C’est grâce à moi qu’elle avait pu subsister. Et pourtant elle avait essayé de me tuer. Les femmes sont si ingrates ! Je la pris par les cheveux et lui assénai plusieurs coups de poing au visage ainsi que plusieurs coups de pieds au niveau du ventre. Son visage était sanguinolent. Puis je me rassis dans le canapé. J'espérais qu’elle avait compris la leçon. Le lendemain, en émergeant difficilement du sommeil, je sentis une odeur qui me déplut fortement. C’était une odeur à la fois fétide et écoeurante. C’était l’odeur de la mort. Je découvris le corps de Noémie. Il était inerte. Je ne l’avais pourtant pas frappée à mort. Elle s'était suicidée en s’ouvrant les veines. Ainsi, elle n'était pas tellement attachée à la vie ! J’aperçus son téléphone qui était encore allumé. J'envisageai de jeter un coup d'oeil.

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Lorsque j’ouvris l'historique des appels, je pensai que mon coeur avait cessé de battre : elle avait appelé la police avant de se suicider... J’entendis les sirènes. Les policiers étaient à l’entrée de la cité, je devais fuir le plus vite possible. Par chance, mon appartement avait une fenêtre qui donnait sur l'arrière de la cour. Il n’y avait personne de ce côté-là. Je me hissai sur le rebord de la fenêtre. Je ne voyais pas comment j’allais atterrir au bas de la cour. J’étais au moins à deux mètres du sol. Par bonheur, il avait beaucoup plu ces derniers temps ; il y avait donc des bâches à l'arrière de la cour qui permettaient de protéger des objets de la pluie. J’entendais des bruit de pas dans l’escalier... Il fallait que je saute, et vite ! Je pris une grande inspiration et je sautai dans l’une des bâches présentes à l'arrière de la cour. Je ne sais par quel miracle je m’en sortis indemne. Je ne perdis pas de temps et je courus le plus vite possible. Avant même de pouvoir quitter la cité Napoléon, j’aperçus des policiers qui m’attendaient. Les voisins m’avaient aperçu en train de sauter. Ils entendaient souvent nos disputes conjugales. Ils avaient décidé de me dénoncer à la police en l’informant que j’étais à l’arrière de la cour.

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Je fus condamné à vingt ans de prison pour meurtre. Le témoignage des voisins et la méfiance vis-à-vis de l’étranger que je suis avaient suffi pour qu’on ne mène pas une enquête approfondie... Assis dans ma cellule, une nuit, j’entendis la voix d’un gardien qui disait à l’un de ses collègues : “c’est lui qui a remporté les 20 millions d’euros et il ne le sait même pas...”

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Boum !

BOUM ! Un bruit assourdissant retentit, venant de l’extérieur. Nous étions dans notre belle villa avec vue sur mer à José Ignacio en Uruguay. Mon mari l’avait construite pour que nous nous en servions comme résidence secondaire pour l’été, Federico et moi, ainsi que notre fils. La maison s’étalait sur plusieurs centaines de mètres carrés, elle comportait un large jardin ainsi qu’une grande surface habitable, capable d'accueillir une dizaine de personnes. Federico était allongé sur le canapé dans le salon et Franco, notre fils de seize ans, un garçon très gentil, malgré son addiction aux écrans, jouait sur sa console à des jeux vidéo dans sa chambre. Il était onze heures, le soleil tapait fort sur José Ignacio, quand tout à coup… BOUM. Franco, qui portait un casque, sursauta. Federico courut vers le jardin. Une fois arrivé devant la piscine, il leva la tête vers le ciel… Un hélicoptère survolait la maison et s’éloignait petit à petit. Je sortis dans le jardin avant de crier : “Federico, regarde au fond de la piscine ! ” Il baissa les yeux et la peur l'envahit. En effet, au fond de la piscine, gisait un corps. Après quelques instants, ce corps remonta à la surface. Cependant, à notre plus grand étonne-.

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ment, c’était un corps de cochon, bien conservé. Après quelques minutes de réflexion, Federico pointa du doigt le ciel et m’interrogea : “ Sandrina, que vois-tu ? - Je ne vois rien à part le soleil, lui répondis-je. - Exactement, il fait beau. ” Après une longue réflexion, il me suggéra: “Je te propose de le rôtir et de le manger. C’est un signe du destin et un signe de Dieu si ce cochon a été lancé chez nous. De plus, nous n’avons rien préparé pour le déjeuner...” Nous appelâmes Franco pour lui expliquer la situation. Il se mit à rire et accepta de manger avec nous. Je rôtis donc ce don du “Ciel” et nous dégustâmes une grande partie de la bête dans une ambiance très festive et joyeuse avec Franco et Federico devant la piscine tout en regardant un match de football à la télévision. Cependant, à 15h, après ce bon moment passé en famille, nous reçûmes la visite de plusieurs policiers qui avaient été avertis par le voisinage. Nous fûmes donc été interrogés et nous leur décrîmes la situation exactement comme elle s’était produite. La procureure de la station José Ignacio, Ana Dean, une belle femme connue pour être très compréhensive, était également venue recueillir nos témoignages. Tout d’un coup, le comportement de Federico qui était .

d’habitude sûr de lui, se mit à changer, et ses réponses n’étaient plus cohérentes. La procureure nous convoqua alors dans son bureau à 19h, pour nous laisser le temps de reprendre nos esprits. Immédiatement, j’entamai une conversation avec Federico concernant le changement d’attitude qu’il avait eu dès que la procureure était arrivée à la maison. Sachant qu’il y avait une confiance absolue entre lui et moi, il m’avoua immédiatement, avec un visage couvert de peur et une voix rauque et hésitante : “Je connais cette procureure... J’ai eu une aventure avec elle lorsque j’étais jeune...” Je le crus sans aucune hésitation et à dix-neuf heures, nous étions dans le bureau de cette femme. C’était une énorme pièce. Sur une étagère trônaient toutes les médailles qu’elle avait accumulées durant sa carrière de policier, avant de devenir procureure. Elle nous avertit alors : “ Fernando Morisco, le chef de contrôle de l’armée de l’air, a lancé une enquête pour avoir plus d’informations sur cette histoire et sur les auteurs de ce fait. Si jamais il se trouve que vous êtes liés à cette histoire, il faut le dire maintenant car s’il vous démasque, vous pourriez avoir d’énormes problèmes avec la justice. Je l’ai donc invité à cet entretien pour qu’il puisse vous voir et vous interroger lui même". Après cinq minutes d’attente, un homme au regard .

fermé, doté malgré sa petite taille d’autant de prestance que Federico, entrait dans le bureau. Cet homme, qui n’était autre que Fernando Morisco, le chef de contrôle de l’armée de l’air, lança à Fernando : “ Je ne vais pas passer par quatre chemins. Je sais que c’est vous qui êtes responsable de cette violation du code de l’aviation et vous allez le payer très cher.” Federico se leva immédiatement et lui rétorqua : “ Vous n’avez aucune preuve, monsieur le chef de contrôle de l’armée de l’air. Je vais vous attaquer en justice pour diffamation”. La procureure et moi tentâmes de calmer la situation qui s'envenimait. Cependant, Federico se mit à parler du jeune âge de Fernando Morisco, en lui signifiant qu’il n’était pas assez compétent ni expérimenté pour ce poste. En effet, Fernando Morisco n’avait que vingt-deux ans. Ana Dean décida alors d'arrêter cette réunion et de la reporter au lendemain. Avant de repartir à la maison, Federico s’isola pour discuter avec Ana Dean. Par curiosité, j’essayai d’écouter ce qu’ils se disaient. Après quelques instants, je compris vite que Federico s’interrogeait sur le comportement étrange et agressif de Fernando Morisco à l’égard de notre famille. Cependant, Ana Dean ne semblait pas avoir de réponse. Une fois que nous fûmes rentrés à la maison, j’eus une discussion avec Federico. Il était toujours révolté du

comportement qu’avait eu Fernando Morisco, qui avait toujours été connu dans le pays pour être un homme impulsif, méchant et grincheux. Je répondis: “Il n’a aucune preuve.” Après quelques instants, Franco vint nous avertir qu’il y avait une voiture de police en dehors de la maison. A ce moment précis, on commença à frapper au portail. C’était Fernando Morisco. Cet homme regarda mon mari dans les yeux avant de lui dire : “Monsieur Alvarez, nous avons des preuves qui nous permettent d’affirmer que vous avez un lien avec l’incident du jet de cochon par un hélicoptère qui a eu lieu ce matin à onze heures”. Federico lui répondit immédiatement : “C’est impossible, monsieur Morisco, je ne suis absolument pas responsable de cet incident”. Le chef de contrôle de l’armée de l’air, dans toute sa superbe, affirma d’une voix où ne transparaissait aucune émotion : “Nous allons partir, cependant, je finirai par vous arrêter, monsieur Alvarez”. Le lendemain, nous nous rendîmes donc à la réunion qu’avait organisée Ana Dean. Cette fois, la procureure et Fernando Morisco nous attendaient. Revirement très étrange, le jeune homme avait l’air mal à l’aise. Depuis notre arrivée, il semblait ne pas parvenir à regarder Federico dans les yeux. Cependant, il continuait de nous accuser. Après plusieurs heures de discussion, Federico, très en colère à

cause des fausses accusations dont il était victime, finit par lui demander en plantant son regard dans le sien : “Monsieur Morisco, ma question est simple, pourquoi vous acharnez-vous contre ma famille et moi ? ” Après quelques instants de réflexion et un long silence, Fernando Morisco prit la parole. D’un ton solennel, il articula : “Monsieur Federico Alvarez, si depuis tout ce temps je ne suis pas très aimable avec vous, c’est parce que mon nom de famille n’est pas vraiment Morisco. Je suis né le 17 janvier 1998 à Montevideo. Ma mère se nomme Katia Rodriguez”. Dès que Fernando Morisco eut prononcé le nom de Katia Rodriguez, le visage de Federico se décomposa. Puis Morisco continua : “Je n’ai jamais connu mon père. Mais... il se trouve devant moi aujourd’hui ! Je l’ai appris il y a deux mois et c’est ma mère qui me l’a avoué. En effet, monsieur Federico Alvarez, vous êtes mon père et c’est pour cela que j’ai voulu vous accuser de ce jet de cochon. J’ai de la rancoeur envers vous car par votre faute je n’ai jamais eu de père. ” Federico lui répondit : “ Je suis sincèrement désolé, mais je ne savais pas que j’avais un autre fils que Franco. Tout cela est une surprise totale pour moi”. Après plus de quatre heures de discussion, Federico et son fils Fernando avaient décidé de se voir le lendemain. Cependant, avant de

rentrer, la procureure, Ana Dean, nous annonça que l’armée de l’air venait de clore l'enquête même si l’identité de l'auteur du lancement restait inconnue. Plus tard, pendant que je discutais avec Franco pour lui expliquer qu’il avait un demi-frère, quelque chose me frappa... Fernando avait vingt-deux ans… Or, Federico et moi étions mariés depuis vingt-cinq ans. J’en ai donc très vite déduit que Federico avait commis un adultère durant notre troisième année de mariage. Il ne chercha pas à nier en se justifiant par son jeune âge à cette époque. Je décidai de lui pardonner car je savais très bien que Fernando avait changé et qu’il n’était plus l’homme séducteur qu’il était au début de notre histoire. Cependant, après cette journée pleine de rebondissements, une question restait tout de même en suspens. En effet, nous ne savions toujours pas qui avait lancé le cochon sur notre maison. J’en fis la remarque à Fernando qui m’arrêta en plein milieu de ma phrase : “ C’est moi ! ”, avoua-t-il avant de continuer : “Je voulais me venger de Federico car il ne m’a jamais reconnu comme étant son fils. Cependant, j’ignorais qu’il ne connaissait pas mon existence.” A ce moment-là, il se jeta à genoux, puis lança : “ Je suis sincèrement désolé de vous avoir fait cela mais ma haine me dévorait ! ” Federico lui répondit immédiatement : “Bienvenue dans

notre famille mon fils, tu es mon fils et on ne sera plus jamais séparé”. Puis, Federico prit Fernando dans ses bras, avant que Franco et moi les rejoignions.

Un cauchemar devenu réalité

Kevin Turner, mafieux âgé de quarante-huit ans, avait une mission très précise, récupérer des cargaisons illégales dans le fleuve Swan à Perth en Australie. Pour cela, il allait devoir voler un hydravion à l'aérodrome de Perth. Il avait toujours rêvé de conduire un tel engin... Un mercredi de février, comme le voulait son contrat avec la mafia pour laquelle il travaillait, il alla récupérer l’hydravion de type A2C avec l’aide de Mike, son assistant, C’était un jeune homme de dix-neuf ans, petit, agile, rusé… tout pour être efficace dans l’illégalité. A l'âge de quinze ans, ce garçon aux yeux bridés avait été abandonné par ses parents ; depuis, il vivait dans une caravane... Oui, il avait vraiment un passé hors du commun. Quand Kevin voulut démarrer l’hydravion, n’ayant pas de brevet pour ce type d’appareil, il se trompa de bouton, il ne savait pas ce qu’il faisait, il avait l’impression de rêver. Quand il réussit enfin à faire décoller l’avion, il survola une bonne partie de la ville et arriva au-dessus du fleuve Swan où il vit un voyant qui clignotait sur l’écran ; il se demandait à quoi correspondait ce.

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voyant mais il n’avait pas de réponse. Puis une alarme retentit et il remarqua qu’il n'était pas très haut. Immédiatement, il tira sur le manche à balai pour remonter haut, et encore plus haut… jusqu'à ce qu'il se souvînt que sa marchandise était dans l’eau. Le moment de redescendre arriva et Kevin appuya sur un bouton gris sans le faire exprès. L’avion commença à s’agiter, à tourner dans tous les sens, et Kevin n’arrivait même plus à bouger, il était paralysé. C'était réellement un cauchemar devenu réalité. Au bout d’un certain temps le moteur de l’avion se mit à ronronner tel un ronflement de koala. Kevin se rendit compte que c’était le moment de réagir, il sauta de l’avion en s’assurant qu’il avait bien attaché son gilet de sauvetage car il ne savait pas nager. Au bord du fleuve se trouvait un bar où Mike surveillait Kevin avec attention. Il n’avait pas pu l’accompagner, l’avion n’ayant qu’une seule place. Et comme il avait le pressentiment que quelque chose allait mal tourner, il décida de tout surveiller pour pouvoir intervenir en cas de problème. Il discutait comme si de rien n’était avec un des habitués du bar, nommé Andrew. C'était un homme imposant, au gros nez et arborant une moustache. Il était retraité, on le trouvait tous les jours dans ce même bar. Il portait toujours le même jean bleu et une chemise

marron. On entendit soudain un vacarme incroyable qui venait de l'extérieur. Mike se précipita sur la terrasse depuis laquelle il distingua de la fumée au dessus du fleuve, de l’eau partout et entendit des cris. Il sut que c'était leur mission qui avait échoué. Il tenta de distraire les clients du bar. Mais soudain il remarqua qu’il n’était pas seul à avoir entendu ce chahut. Il bondit et courut, suivi de loin par Andrew dont la bedaine gênait les mouvements, pour sauver Kévin qui avait réussi à se sauver et nager jusqu’au bord du lac. Il le découvrit trempé et fébrile. Il était livide et avait les yeux fermés comme s’il dormait sur un bon lit douillet. Mike ne pouvait pas risquer de le faire marcher, il lui donna une barre de céréales qu’il avait dans la poche, afin qu’il ait un minimum de forces pour arriver à fuir. La nuit approchait et ils ne savaient pas comment esquiver cette situation sans dégâts mais surtout sortir sains et saufs. Mike décida donc d’utiliser une voiture. Il se rendit sur un parking et en vola une banale pour passer inaperçu. Il essaya d’éviter tous les policiers, feux rouges, grandes avenues… et il réussit enfin à rejoindre Kevin qui pendant ce temps était parvenu à reprendre des forces grâce à l’aide d’Andrew. Il n’avait plus la tête dans les nuages et ce n'était pas plus mal. Pour éviter qu’Andrew les dénonce, ils décidèrent

de lui donner une grosse somme d’argent. Andrew n'était pas contre car il en avait bien besoin... Ils se lancèrent dans une course en voiture à n’en plus finir, ils allaient vite, esquivaient tout le monde… mais au bout d’un moment ils se rendirent compte qu’un gros 4x4 noir aux vitres teintées était en train de les suivre. Ils avaient déjà vu ce véhicule mais n’arrivaient pas à apercevoir qui se trouvait dedans. Ils crurent remarquer deux hommes très grands et musclés, qui étaient chauves, portaient des lunettes noires et étaient habillés tout en noir. Ces deux hommes leur faisaient peur, ce n’était pas le moment de les croiser, c'était les mafieux pour qui Kevin travaillait, c’était des brutes et ils n’étaient jamais d’accord avec Kevin. Ce dernier trouvait étrange de les voir à ce moment-là : ce genre de personnes n’intervient jamais dans les missions car ayant déjà des problèmes avec la police, ils ne voulaient pas risquer d’avoir des embrouilles supplémentaires. De plus, ils ne souhaitaient pas que la police sache qu’ils étaient derrière tout ce trafic. Personne ne savait comment ils avaient remarqué que la mission avait été ratée. Auraient-ils entendu le boucan qu’avaient causé Kevin et son avion ? Ou les auraient-ils suivis ? Personne ne savait, tout ce qu’ils devaient savoir,

c'était comment les semer. Malheureusement, ils ne parvinrent pas à s'échapper. Les deux monstres kidnappèrent Kevin et Mike. On aurait dit qu’ils allaient les tuer ou même les enterrer vivants. Ils voulaient leur faire regretter d’avoir échoué à une si “simple” mission, comme ils disaient. Une heure plus tard, ils se retrouvèrent attachés à des chaises dans une sorte de hangar sombre et sale. Ils ne pouvaient ni parler ni bouger. Un bruit surgit, il venait de derrière la grande porte. C’était comme un tir de pistolet. A ce moment-là nos héros commencèrent à avoir peur et à se poser des questions. Soudain, les deux géants pénétrèrent brutalement dans le hangar par la grande porte. Ils pointaient de gros pistolets. Brusquement une déflagration se fit entendre. Le monstre n’avait pas bien visé la première fois, il se rapprocha de Kevin, lui colla son arme sur la tête et à la surprise générale Kevin s’exclama : - J’ai tout prévu ! J’ai fait cela pour distraire les personnes qui étaient au bord du lac. Il y avait trop de gens, impossible de mener ma mission avec autant de personnes. J’ai donc décidé d’appeler Abdel, un ami qui vient de sortir de prison après avoir pris dix ans pour trafic de drogue et appartenance à un gang. Il a attendu que tout le monde ait l’attention fixée sur mon accident pour aller prendre les cargaisons.

Le malfrat lui dit : “Montre moi ça !” Kevin appela donc son ami Abdel par téléphone mais il ne répondit pas. Au bout de plusieurs tentatives il lui laissa un message : - Allô Abdel, ramène vite la selaa, le chauve la veut ! Rappelle-moi vite sinon ils vont me descendre ! Après plusieurs heures les monstres perdirent patience. Ils exigèrent qu’Abdel arrivât dix minutes plus tard sinon ils allaient tuer Mike et Kevin. Malheureusement pour eux, Abdel répondit au message en disant “Adios mi amigos ! Si vous voulez la marchandise, je réclame 50000 $ maintenant…”

Joyeux Noël Ingrid !

Ingrid était une commerçante afro américaine d’une trentaine d’années vivant seule, dans un chalet adossé à sa boutique. Elle avait emménagé en France quand elle était plus jeune. Elle vendait un peu de tout mais était spécialisée dans les produits de beauté pour peaux noires et métissées et proposait également un service tissage et piercing. Elle n’avait pas beaucoup de clients, juste de quoi vivre et payer ses factures. Mais elle n’était pas n’importe qui. Elle pouvait passer inaperçue dans une foule de gens, mais elle était différente. Elle appréciait particulièrement les animaux et la nature. Elle résidait dans les Hautes-Alpes, dans la commune de Monêtier-les-Bains. Cette jeune célibataire vivait en paix avec pour seule compagnie Rudi, un agneau blanc, avec une tache brune sur l’oreille droite. Elle le chérissait comme une mère chérit son enfant, elle qui n’avait pas pu en avoir. Elle ne le regrettait pas tellement, le temps effaçait la douleur sur son passage. Elle n’avait qu’une amertume, qu’elle n'avouerait pour rien au monde : elle n’aimait pas la chose qu’elle avait en elle, qui la bouffait de l'intérieur. Cette chose qui était née avec elle et mourrait avec elle. Elle se

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réconfortait en disant que cela faisait presque un an que cela n’avait pas refait surface et qu’elle n'avait pas vu la vie en rouge. Elle avait pu vivre en paix jusqu'à ce jour. Ce matin-là, comme tous les autres, elle se réveilla de bonne humeur, prit son petit déjeuner sur la terrasse du jardin. Elle alla rendre visite à Rudi. Elle lui apporta du foin et un peu de maïs et en dessert une pomme qu’il mangea sans grande difficulté. Elle joua avec lui un instant, le calina mais dut aller ouvrir la boutique. Après quinze minutes d’essayages, de maquillage et une douche prise, elle était fin prête pour attaquer une nouvelle journée. Elle rangea les caisses rapidement et leva le rideau pour accueillir ses premiers clients. Elle prit place derrière le comptoir. Son téléphone en main, elle attendait. Un vieux couple d’habitués entra, ils discutèrent un moment des nouvelles, du gouvernement et d’autres commérages. Peu après, une jeune femme blanche se joignit à eux, et laissa échapper un rire aigu, qui semblait forcé. Elle se présenta sous le nom de Jessica, mais pria qu’on l'appelle Jess. Ingrid ne l’avait jamais vue, elle ne l’aimait déjà pas. Une mauvaise impression. Elle était vêtue d’une veste par-dessus un col roulé noir

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d’un jogging noir également et transportait avec elle un sac de sport. Elle resta plus longtemps que le couple. Elles discutèrent et rirent longtemps. Elles parlaient depuis plus d’un quart d’heure lorsque Jess s’excusa et s’en alla, mais promit de revenir la voir assez vite. Ingrid l’aimait bien finalement. Elle avait hâte de la revoir. La journée passa lentement et Ingrid s’ennuyait. Elle commençait à regretter sa vie d’avant... Le lendemain, la même routine mais toujours aucune nouvelle de Jess. Les quelques clients habituels venaient et partaient avec un “bonjour” par-ci, un “à plus tard” par là, et elle avait aussi eu droit à un “ Où est le beurre ? ” Elle n’en vendait pas. Parfois Rudi venait et lui tenait compagnie. Enfin, elle revit Jess, le surlendemain, avec un panier au bras. Elle se remirent à discuter mais autour d’un bon repas cette fois, avec Rudi. Jessica s’excusa pour son absence, elle avait dû régler sa paperasse, des affaires de famille et d’héritage. Jess revint régulièrement, apportant avec elle, chaque fois, un petit quelque chose différent mais prestigieux. Le temps passa et Jess devint de plus en plus distante. Elle finit par avouer à Ingrid qu’elle avait un service à lui demander depuis le début. Ingrid s’étonna mais demanda plus d’explications :

- C'est assez délicat. Je suis au courant de ton ancienne vie... - Comment ? - Je ne te reproche rien, rassure-toi. Au contraire ! J’ai besoin de toi pour neutraliser quelqu’un. - Je crains le pire, chuchota Ingrid, perplexe. - C’est Andréa. Ma soeur. Pour être franche, c’est ma jumelle. Tu te souviens de mes problèmes familiaux ? - Oui, mais très vaguement. Elle a assassiné nos parents pour être à la tête de l’entreprise familiale. Et je dois les venger. Il ne faut aucun témoin pour que cela puisse ressembler à un accident. Je te préviendrai à l’avance de ses déplacements. Ingrid commençait à comprendre son manège et rassembla les pièces du puzzle. Ingrid était connue, dans son ancienne vie, pour être une personne de sang-froid qui blesserait quiconque se mettrait en travers de son chemin. Elle n'avait aucun remords, aucune empathie, rien d’humain. Laisser une partie de corps sans ecchymose était un boulot mal fait selon elle. Elle avait besoin de blesser chaque petit centimètre du corps de sa victime. Elle voyait rouge et possédait un coeur noir. Elle n'avait que des ennemis. Chaque être vivant lui apparaissait cruel et elle considérait tout le monde comme un ennemi lui voulant du mal. Enfin, elle ne s’excusait jamais, même si elle se savait .

en tort. Voilà qui était réellement Ingrid. Elle pesa le pour et le contre : “Au moins, je ne m’ennuierais plus” pensa-t-elle, “Mais je ne peux pas me débarrasser d’une innocente ! Je ne sais plus faire... Et puis après tout... Elle n’est pas si innocente, si elle a tué ses parents !” Son combat interne dura encore longtemps mais elle conclut par un “Et puis mince, alors ! Ca ne peut faire de mal à personne un peu d’exercice ! C’est seulement pour te rendre service, puisque tu m’as l’air d’une personne sincère.” Et elle finit pour elle-même : “j’ai gros à gagner…” Elle eut à peine le temps de formuler cette pensée que Jess s’écria : "Oh merci, merci ! Mille mercis ! - Mais, parce que oui, il y a toujours un mais, j’ai besoin… - L’argent n’est pas un problème. Je te paierai le double s’il le faut. Tiens, une avance.” Et elle sortit son chéquier. Quand elle vit le montant, Ingrid pensa alors qu’elle avait fait le bon choix. 18 500 € ! Fini les fins de mois difficiles ! Fini les journées d’ennui ! En plus, double avantage : elle rendait service à quelqu’un qui lui paraissait loyal et elle retrouvait cette vie qui honnêtement lui manquait ! “J’ai besoin de plus de détails, d’informations utiles. De photos. Mais tu connais la chanson. Au fait, qui t’a mise au courant ?” Jess ne répondit .

pas et préféra changer de sujet. Les jours passèrent et Ingrid se préparait. Elle savait qu’elle devrait fermer sa boutique plus tôt qu’à son habitude quand le moment serait venu, mais c’était le cadet de ses soucis. Elle avait hâte !Elle préparait son matériel dans la joie et la bonne humeur tout en chantonnant une vieille chanson africaine. Elle rangea dans un sac de sport noir une pochette de couteaux de tailles et formes différentes, des gants et bottes noirs, des chaussons qui lui permettraient de ne pas laisser de traces ainsi que de l’acide chlorhydrique et un petit sac de chaux. Le jour J approchait à grand pas, son sac était prêt et son plan aussi. Elle n’avait peur de rien. Elle ne respectait ni la justice ni la police et encore moins les agents de sécurité ou de garde rapprochée - elle faisait ce qu’elle voulait mais surtout quand elle le voulait. Quelques jours plus tard, Ingrid se promena en ville. Cela faisait longtemps qu’elle n’y avait pas mis les pieds, cela remontait à... Elle chassa les idées noires de son esprit et se concentra, une liste de courses en main, ainsi qu’un plan de la ville, avec des endroits précis entourés sauvagement au feutre, et son sac noir. Il était déjà onze heures et elle n’avait pas débuté ses recherches. Jess, quelques minutes auparavant, l'avait .

appelée pour lui indiquer l’endroit exact où elle trouverait Andréa. C’était dans un supermarché. Ingrid décida de l’attendre à la sortie. Dix ou quinzes minutes plus tard, sa future victime se montra enfin, mais elle était accompagnée d’un homme brun et imposant. Il valait mieux ne pas s'approcher. Ingrid se rabattit alors sur le domicile d’Andréa, le lieu idéal pour un accident domestique, se réjouissait-elle ! Dommage, l’homme monta en voiture avec cette dernière. Ingrid décida de rentrer chez elle et d’améliorer son plan d’attaque. Elle devait trouver une solution : comment éloigner cet homme ? Il ne devait y avoir aucun témoin et la police devait croire à un accident. C’était la seule façon d’obtenir l’autre moitié de la somme. Jess lui avait donné un délai de trois mois et une semaine, jusqu’aux fêtes de Noël. En rentrant chez elle, elle découvrit deux paquets sur le seuil de sa porte. Elle les prit, curieuse, et alla dans le salon. Le premier venait de Jess. Il contenait toutes les informations nécessaires ainsi qu’une photo des jumelles. Ingrid apprit qu'Andréa travaillait dans une agence de recouvrement au centre ville et que la seule différence entre les deux soeurs était la cicatrice frontale d’Andréa. Une très laide cicatrice qui ne passait pas inaperçue. La seconde enveloppe .

était plus mystérieuse. Trois mots et un chiffre, formés d’un collage de lettres de journal : “ASSEMBLE LES 100 LETTRES”. Elle ne comprenait pas mais n’y prêta pas plus attention, prise par les informations se trouvant dans la première enveloppe. Le lendemain, même routine, elle se prépara et ouvrit le magasin jusqu'à treize heures. A la différence près qu’elle reçut une enveloppe. Elle comprit qu’un jeu avait commencé lorsqu’elle en vit le contenu. Une seule lettre ensanglantée: “ T ”. Le compte à rebours était entamé. Elle prit la lettre et l'épingla sur un mur du salon. Deux semaines plus tard, elle comprit qu’elle s’était embarquée dans une affaire encore plus louche que celles auxquelles elle avait été confrontée. Elle n’avait plus aucune nouvelle de Jess ni de Rudi. Ils avaient disparu... Elle avait rassemblé quinze lettres venues de cent vingt enveloppes, et formant une phrase. Elle recevait chaque jour des enveloppes avec les anciennes lettres et une nouvelle encore inconnue lui permettant de compléter son message. Elle tournait en rond dans son salon, dos au mur. Elle ne voulait pas lire une énième fois la phrase qui ne pouvait avoir de sens : “TU NE ME TUERAS PAS”. Andréa attendrait. En plus de tout cela, elle avait un retard de paiement sur ses factures mais elle n'y .

faisait pas attention. Elle n’avait pas de temps à perdre. Elle avait perdu Rudi et la boutique n’avait pas rouvert depuis un bon bout de temps. Elle ne pouvait pas encaisser le chèque pour l’instant parce que ce serait suspect mais aussi parce qu'elle n’avait pas avancé dans son plan. Un mois maintenant, toujours aucune nouvelle de Jess ni de Rudi ; elle accumulait les factures et son enquête sur Andréa n’avançait pas. Elle avait reçu au total 308 enveloppes. La phrase s’allongeait, lourde de sens “TU NE ME TUERAS PAS. MOI SI. TU MOURRAS SEULE”. Elle avait récolté dix-neuf lettres de plus en une quinzaine de jours. Ingrid ne comprenait pas, elle était perdue et ne cessait de se demander comment c’était possible. Elle était la chasseresse, pas la proie ! Elle n’avait pas pris autant de risque depuis… Il était impossible que l’histoire se répète. Elle essayait de se convaincre du mieux qu’elle le pouvait qu’elle était la victime d’une mauvaise plaisanterie. Personne ne pouvait être au courant. Personne ne devrait être au courant ! Elle risquait sa vie. Plus elle y pensait, plus la peur augmentait. Elle avait du mal à respirer : une autre crise de panique accompagnée de larmes... Elle était une femme forte mais elle avait des sentiments enfouis trop profondément. Le temps s’écoulait comme les grains .

d’un sablier, aussi vite. Elle était effrayée, elle recevait toujours les enveloppes contenant une seule lettre de la phrase cachée à chaque fois. Elle avait perdu le compte des enveloppes après à peu près 400. La phrase cachée était loin d’être finie et elle détestait les devinettes, sauf quand c’était elle qui les posait. Elle ne pouvait pas être la victime. La peur ne la quittait plus. Elle avait en plus des répercussions sur la qualité de ses recherches. Et pour couronner le tout, elle rêvait régulièrement qu'elle prenait la vie de sa patronne, la confondant avec sa jumelle. Elle l’étranglait lorsqu'elle remarquait l'absence de la cicatrice. Elle tuait celle qui la payait ! Elle en était troublée chaque matin mais préférait se concentrer sur les lettres. Elle comprenait pourquoi Jess préférait se tenir à l’écart. Une semaine de plus… Cela faisait un mois et une semaine qu’elle vivait dans le noir total. Un peu plus, peut-être. Elle dormait à peine, se réveillait en sursaut en plein milieu de la nuit, buvait des litres de café et essayait de se calmer pour remettre ses idées au clair. Elle devait se poser et réfléchir. Elle commença à regretter d’avoir accepté l’affaire, elle qui n’avait jamais regretté, elle qui avait toujours avancé la tête haute, elle qui était au-dessus des lois. “Concentre-toi Ingrid. Calme-toi. Respire.” “SANS TÉMOINS” continuait la phrase, elle avait .

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rassemblé les lettres pour en faire des mots et les mots pour en faire une phrase qui n’avait aucun sens. “TU NE ME TUERAS PAS. MOI SI. TU MOURRAS SEULE. SANS TÉMOINS”. Elle refusait de comprendre le sens de la phrase, elle cherchait encore et encore un sens caché. Ses économies s’envolaient et les enveloppes ne cessaient d’arriver. Tous les matins, à la même heure, une nouvelle lettre lui parvenait. La peur était sa seule compagnie. Ingrid devenait folle. Elle ne jouait plus. Il ne lui restait plus qu’un jour pour en finir avec Andréa. Elle devait la neutraliser, mais c’était l’inverse qui se produisait. Andréa prenait possession d’Ingrid. Elle la rendait folle, l'empêchait de réfléchir. A maintes reprises, elle faillit tout abandonner. Elle faillit se rendre à la police et tout avouer pour mettre fin à ce cauchemar. Mais elle ne pouvait pas finir sa vie en prison. Elle devait rester courageuse. Ingrid était sur ses gardes en permanence. En poursuivant ses recherches, elle apprit qu’Andréa était maître de jūjutsu. Elle avait été internée pendant un peu moins d’un an dans une unité de psychiatrie et elle y avait tué une infirmière. L’affaire avait été classée, la famille n’avait pas porté plainte et le jury avait jugé Andréa non coupable pour homicide involontaire. Cette fille était folle à lier. Ingrid devait s’en débarrasser au plus vite. Mais le

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pire était que cette folle lui faisait penser à elle-même : elle aussi menaçait, attaquait et tuait. Et tout comme elle, elle avait toujours évité la prison et le tribunal. Elle pensait de temps en temps aussi à Jess : comment avait-elle pu vivre depuis qu’elles se trouvaient dans le ventre de leur mère avec un tel monstre à ses côtés ? Ingrid devait neutraliser Andréa pour le bien de tous. Sauf que, petit bémol, Andréa l’avait pour cible : “TU NE ME TUERAS PAS. MOI SI. TU MOURRAS SEULE. SANS TÉMOINS. LA POLICE PENSERA À UN ACCIDENT. JE SUIS Andréa. JE LES VENGE. SIGNÉ”. Il ne manquait plus que la signature. Ce message était une menace de mort qui serait bientôt mise à exécution. Ingrid le savait. Elle décida de s’armer jusqu’aux dents à chaque fois qu’elle mettrait le nez dehors. Ingrid buvait un thé dans son salon, qu’elle avait aménagé depuis le début de cette histoire. Un tableau auparavant blanc avait été placé sur un mur. Des affiches, photographies et articles de journaux reliés par des fils rouges ornaient un autre mur. Les fenêtres étaient barricadées, la porte fermée à double tour et elle portait un calibre 26 en permanence dans son jean. Enfin, un poing américain ne quittait plus sa poche. Elle était plongée dans ses recherches, motivée et s’était jurée de lui faire la peau. C’était soit elle, soit Andréa et cette

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dernière méritait de mourir pour ses actes. Une d’elles était de trop. Elle se creusait la tête lorsqu’on toqua à la porte. Elle sursauta, prit son arme et s’approcha doucement lorsqu'elle reconnut la voix de Jess. Elle se précipita pour ouvrir. - Je n’arrivais pas à te joindre Ingrid, je me suis donc permis de venir. - Comme tu peux le remarquer je me donne corps et âme pour retrouver ta soeur. J’ai perdu sa trace depuis une semaine. Je cherche dans toute la ville et aux alentours. Je suis prête à attaquer quand l’occasion se présentera. Je sais que j’ai pris du retard, mais le temps ne s’est pas écoulé totalement… Mais Jessica ne l’écoutait déjà plus. Elle analysait la pièce, vit la phrase sur le mur et ne put empêcher un rictus d'apparaître sur ses lèvres. Elle analysa toute la pièce sans bouger d’un pouce, à la voir, on aurait dit qu’elle avait l’habitude de scruter profondément tout ce qu’elle regardait… Ingrid le remarqua mais se dit que Jess avait déjà fait appel à ce genre de service, ce qui la réconfortait. Elle se dit aussi que Jess saurait quoi faire si l’affaire tournait mal. “Je suis venue te prévenir qu'Andréa sera au parc demain vers sept heures du matin. Tu sais ce qu’il te reste à faire… ” dit Jess avait de tourner les talons. Encore une demi-heure. Andréa ne devrait pas tarder, pensa

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Ingrid. Elle était sortie tôt pour se préparer et faire un repérage des lieux. Elle recevait les enveloppes à huit heures trente-cinq du matin. Ce matin-là, elle était sortie avant la dernière enveloppe contenant la centième et dernière lettre de la phrase “TU NE ME TUERAS PAS. MOI SI. TU MOURRAS SEULE. SANS TÉMOINS. LA POLICE PENSERA À UN ACCIDENT. JE SUIS Andréa. JE LES VENGE. SIGNÉ _”. Il manquait une lettre, une seule. Mais Ingrid savait déja laquelle, ou pensait savoir laquelle. Aucun signe de vie dans le parc, ni d’Andréa, ni de personne. Il était huit heures du matin et toujours rien. Elle pensa qu’il était peut-être arrivé quelque chose à Jess. Andréa était certes folle, mais pas bête. Elle se serait douté que Jess voulait se débarrasser d’elle. Elle chassa cette idée et le chien errant qui se préparait à lui faire dessus. Elle rentra chez elle, décidée à retrouver les jumelles : l’une en vie mais pas l’autre de préférence. Elle arriva à huit heures vingt-cinq. Elle prit une douche, se maquilla et se prépara un bon petit-déjeuner histoire d’avoir les idées claires et de calmer ses nerfs. Elle n’eut pas le temps de le finir qu’on tambourina à la porte. "Ingrid ! Ouvre, c’est moi ! Vite ! , s’écria Jess essoufflée. Ingrid accourut, brisant au passage sa tasse de café. Jess entra, elle était en

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sueur et respirait avec difficulté. Elle avait du sang sur les doigts et une enveloppe dans l’autre. “C’est Andréa ! Elle a su…. Je t’en prie…. Aide-moi…” Ingrid comprit le message. Elle devait faire vite. Elle s’occupa d’abord de Jess, puis repartit au salon réfléchir. Elle devait trouver une solution. C’était urgent. Ingrid interrogea Jess sur ses doigts ensanglantés mais jess changea rapidement de sujet en disant que ce n’était pas important. Quelques minutes plus tard, Jess la rejoignit, une tasse fumante à la main et s’excusa avec un sourire timide “ Tu as renversé le tien pour m’ouvrir...” Ingrid le but, et poursuivit ses recherches dans le salon. Elle se réveilla assise sur une chaise. Elle avait une affreuse migraine et les mains et les pieds ligotés. Elle voyait avec peine mais reconnut en face d’elle le mur avec la phrase. Jess n’était pas là. Ingrid essaya de se libérer en vain : la corde liant ses mains dans son dos passait par son cou. En tirant sur la corde pour se libérer, elle s'étrangla. Elle avait pour derniers souvenirs la tasse fumante et les plans au sol. Jess entra, prit une chaise et se positionna en face d’elle. Elle n’avait aucune égratignure. Elle s’installa mais ne dit rien. Dans la tête d’Ingrid, c’était le flou total. Pourquoi était-elle ligotée sur une chaise ? Pourquoi Jess ne la libérait-elle pas ? Pourquoi avait-elle

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du sang sur les doigts en entrant ? Elle n’avait même pas eu le temps d’ouvrir la dernière enveloppe contenant la signature. Elle devait en avoir reçu dans les environs de 1000, si son compte était bon. Elle devait à tout prix se libérer ! Un bandeau sur les yeux l’empêchait de voir, elle essayait de reconnaître une odeur, de libérer ses bras en gigotant dans tous les sens. Elle stoppa net lorsqu’elle reconnut le faible bêlement de Rudi. Elle entendit un cliquetis, quelqu’un s’approchait. On lui tournait autour. Une lourde valise ou sac tomba au sol. On s’approchait d’elle et elle sentit un souffle sur son cou. L’étranger tournait autour de la chaise, lentement. La provoquant, cette personne, encore inconnue à Ingrid, marcha sur ses pieds avec des chaussures à talons hauts tandis qu’Ingrid gémissait de douleur et fronçait les sourcils. Ingrid bougea sa tête sur le côté, évitant tout contact physique avec cette psychopathe à talons. Elle se rapprochait de plus en plus de son visage jusqu'à ce qu'elle fût très près de sa bouche… Elle murmura “J’ai gagné”. Ingrid cogna, de la tête, la personne juste en face d'elle, ce qui la fit rire encore plus fort. Ingrid se demanda comment une personne pouvait être aussi folle. Elle profitait d'Ingrid aveuglée et l'effrayait de plus en plus avec des bruits de casse. Elle

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jetait des tasses et des assiettes sur le sol tout près d’Ingrid. Quelques éclats s'étaient réfugiés dans son bras. Elle riait et riait, de plus en plus, voyant Ingrid si effrayée, si proche de la nausée. "C'est amusant n'est-ce pas ?", ironisa la personne. Elle commença à chanter des paroles traumatisantes et sataniques. Ingrid prit peur. Elle avait les mains moites et de la sueur perlait de son front. Elle ne pensait plus, elle ne pouvait plus penser correctement, seul son instinct de survie s’exprimait. Elle voulut se débarrasser des liens : impossible. Son assaillante était rusée. Elle entendit le bruit d’une chaise qu’on tire. L'étrangère s'assit juste en face d’Ingrid et continua de chanter. La voix semblait familière à Ingrid, elle pensait l’avoir déjà entendue auparavant et plus d’une fois mais elle ne parvint pas à la reconnaître. La supposée psychopathe vaporisa du parfum à la menthe sur Ingrid. Elle lui passa un couteau bien aiguisé sur le visage, laissant une grosse entaille sur sa joue gauche. Ingrid voulut crier mais se retint et grimaça de douleur et de désespoir. Elle tenta d’appeler à l'aide, mais reçut une gifle qu’elle n’était pas près d’oublier. Ce qui l'inquiétait le plus était le couteau : ce n'était pas n’importe lequel. C'était un couteau identique à celui qu’avait utilisé Ingrid pour tuer ses dernières victimes, elle avait reconnu sa forme si particulière

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au toucher. Elle savait que son passé, le passé qu'elle s’était promis d'oublier, reviendrait la hanter. "Au secours ! " Elle réessaya d’attirer l'attention d’un voisin. Elle n'avait jamais été autant désespérée. C’était la première fois et la dernière, si elle restait en vie, qu'elle demanderait du secours. Elle avait été élevée pour toujours être une femme forte, sans avoir besoin de défense venant d’autrui. Elle devait se battre. Elle ne devait jamais demander de l’aide. Mais cette fois, c’était différent : elle ne pouvait plus le supporter, elle criait et pleurait à chaudes larmes encore et encore. Elle avait vraiment besoin d’un sauveur. Pour ne plus l’entendre, l’assaillant la bâillonna en utilisant le bandeau auparavant sur les yeux d’Ingrid. "Qui êtes-vous ? Jouez franc jeu et cessez vos manigances. Dites-moi qui vous êtes !”, ordonna-t-elle. Puis, d’une voix fébrile : “Je ferai tout ce que vous voudrez, s'il vous plaît ! ”, supplia Ingrid. Elle ne pouvait pas croire ce qu'elle devenait : la femme forte se transformait en mendiante. L'étrangère était masquée. Lorsqu'elle s'approcha d'Ingrid et retira sa cagoule pour révéler son identité. Ingrid avala de travers. Elle reconnut la cicatrice sur le front du psychopathe. Ingrid, toujours larmoyante, s'écria de haine "Andréa ! ", puis continua plus calmement :

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-Je suppose que vous m'avez attrapée en premier. Qui aurait pensé que l'élève aurait dépassé le maître ? Vous m'avez prise au dépourvu, je vous l'accorde, mais cela reste un coup de chance, rien de plus. Andréa se leva et sortit. Ingrid fut soulagée, mais Andréa revint avec un sac qu'elle avait récupéré de son coffre de voiture. Elle regarda Ingrid, qui avait les yeux rouges. Andréa cherchait quelque chose. Avec un grand sourire narquois sur le visage, elle sortit du sac un démaquillant. Ingrid s'étonna. Andréa retira sauvagement la grosse cicatrice de son front, révélant qui elle était réellement : Jessica. - Andréa et Jess sont la même personne… C'est moi qui t’ai envoyé toutes ces lettres. Ingrid s'évanouit presque mais rassembla son courage à deux mains pour former des mots. Jess retira le bâillon de sa bouche juste pour rire d’elle et de son étonnement. - Comment peux-tu me faire ça ? demanda Ingrid avec désespoir et tristesse dans la voix. Je pensais que nous nous appréciions. Je t'ai accueillie dans ma propre maison et je t'ai soignée. L'assaillante bâillonna de nouveau Ingrid qui savait comment l’histoire se finirait. Elle savait ce qui viendrait pour elle mais ne put s’empêcher de penser que ce n’était que justice, qu’elle

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méritait de mourir. Ingrid parvint à dire et répéter ces mots qui n’étaient auparavant jamais sortis de sa bouche. Ingrid n’avait jamais été celle qui extériorisait ses sentiments, sa peur ou sa colère, celle qui s’excusait pour ses actions, cela n'avait jamais était dans sa façon d’être. - Je suis désolée. Jess, amusée, s'expliqua alors : - Il y a un an, jour pour jour, mes parents ont été assassinés, par une femme noire d'âge moyen, toi en l'occurrence, le jour de Noël ! L'affaire a été classée trop vite. Il n'y avait pas suffisamment de preuves pour arrêter le coupable. Je fréquentais encore l’université à l’époque. Je savais que justice ne serait jamais rendue, alors j’ai décidé de l’établir moi-même. J’ai réussi à découvrir qui avait tué mes parents. Je me devais de les venger. Ils n’ont même pas pu avoir un enterrement digne de ce nom. Je n’en avais pas les moyens et notre nom avait été sali par ta faute. Ils avaient été abattus au couteau, d’un coup sec. Ils avaient tous les deux étaient égorgés pour une raison qui m’est encore inconnue, mais peu importe maintenant. Jess s'arrêta un instant et dit : "Oh, tu as oublié d'ouvrir la dernière lettre, laisse-moi te faire honneur". Elle déchira l'enveloppe sauvagement avec les dents et la lettre révéla une dernière

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lettre ensanglantée : «J». “Bravo, le message est maintenant complet : TU NE ME TUERAS PAS. MOI SI. TU MOURRAS SEULE. SANS TÉMOINS. LA POLICE PENSERA À UN ACCIDENT. JE SUIS Andréa. JE LES VENGE. SIGNÉ J.” Ingrid savait, du fond de son cœur, que le sang de Rudi avait été utilisé pour former cette seule lettre, la lettre qui allait changer sa vie pour toujours. “Mon cher Rudi” sanglota-t-elle. Jess s'approcha de l'oreille d'Ingrid et murmura : “Œil pour œil, dent pour dent”. Jess se remit à torturer Ingrid, elle s’amusait à reproduire presque à l’identique le meurtre de ses parents, et Ingrid l'interrompait toutes les cinq secondes pour crier “Tue-moi maintenant ! Je me hais. " Jess répondit : -Tu vas mourir, oui, mais lentement. Tu souffriras comme j'ai souffert tout ce temps. As-tu au moins eu pitié ? J'ai voulu en finir un nombre incalculable de fois. J'ai eu des pensées sombres depuis. Elles ne m’ont jamais quittées. Jamais ! C'est de ta faute ! Elle s'arrêta un instant, reprit son souffle et continua : - La jeune étudiante avec son innocence, ses espoirs et ses rêves se transforme en psychopathe à sang froid. Tu ne sais pas ce que c'est que de perdre ses parents, de se sentir vide, si vide que tu ne sais même plus si tu es encore en vie, si ce n’est qu’un affreux cauchemar ou si tu es encore shootée aux

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médicaments à l’asile. C’est d’ailleurs là-bas que m’est venue l'idée d'une jumelle. J'ai prévu tout cela juste pour trouver un moyen de te tuer. Cela fait un an que je cherche une solution, un an que j’élabore une stratégie afin que la police pense à un accident et qu’il n’y ait aucun témoin. Je t’ai observée pendant longtemps Ingrid, et j’ai enfin ma vengeance. La méthode dont tu allais faire usage sur Andréa va être utilisée contre toi. Je te remercie pour la technique, elle est bien meilleure que la mienne. Tu mourras sans que la police ait le moindre soupçon de meurtre. Et tu ne pourras en aucun cas être vengée. Ingrid avait déjà pleuré toutes les larmes de son corps, elle aurait pleuré du sang si elle l’avait pu. Elle comprenait bien que ce qu’elle avait fait était irréversible et qu’elle allait devoir payer et faire face aux conséquences de ses actes. Andréa, ou plutôt Jessica, ne voulait qu’une chose : sa mort. Ingrid voulut prendre la parole et s’excuser de nouveau, mais Jess l'interrompit : “Nous n’avons pas de temps à perdre. J’aurais voulu te prendre la vie comme tu as volé celle de mes parents, mais je ne pourrais pas faire passer un égorgement pour du suicide. Je pourrais aussi te demander d’avaler gentiment des cachets mais je crains que ce ne soit pas assez douleureux”. Elle injecta alors dans le cou d’Ingrid une solution saturée de

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somnifères. “ Toi qui avais du mal à dormir... Maintenant, tu vas aller tranquillement dans ton lit et finir ta sieste. Je veillerai à tes côtés. Et pour Rudi, il agonise à l’instant où je te parle. On pensera que tu t’es débarrassée de lui également. Mais ne t’inquiète pas, tout est déjà écrit juste ici” et elle montra une feuille de papier portant la signature d’Ingrid. “Souviens-toi, tu as beaucoup de dettes, tu vis seule et tu en as marre. Et pour finir, tu me lègues ton magasin, à moi ta seule amie. Bon séjour en Enfer, ma très chère Ingrid…” Tout en se débarrassant des preuves, Jess pleurait. Elle pleurait ses parents. Elle était fatiguée. Elle se mit à genoux et continua de sangloter. Elle se rendit compte que sa vengeance n’avait mené à rien, elle devrait toujours vivre avec l’absence de ses parents et le meurtre de leur assassin. La vengeance lui avait paru être le seul moyen de se sentir mieux et de trouver justice, mais cela n'avait pas fonctionné autant qu’elle l’avait espéré... Trois jours plus tard, un huissier retrouva Ingrid allongée sur son lit avec des boîtes de médicaments dont des somnifères sur sa table de nuit. Il était venu pour les dettes impayées. La police scientifique ne retrouva aucune goutte de sang, sauf celui de l’agneau. Pas d’ADN autre que celui de la victime, aucun motif ni trace de meurtre.

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Orientée par la lettre d’adieux, elle conclut donc à un suicide.

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Le message du chalet abandonné

7 mars 2020, 10 heures, aéroport de Rome. Le temps y était moins beau qu’à Palerme où nous nous étions donné rendez-vous le 2 mars, mon frère et son ami, qui étaient en week-end en Turquie, et mon ami et moi. Je ne sais pas si je dis cela car Palerme est notre ville d’origine ou car je le pense vraiment. En tout cas, une chose était sûre, c’était que nous n'allions pas y rester longtemps, même si ma famille y habitait depuis plusieurs générations. En effet, nous partions, ma famille et moi, dans notre chalet des Alpes italiennes avec quelques amis pour une randonnée. Quelques jours plus tard, je fus réveillé par le chant d’un coq du poulailler de notre petite ferme qui se situe juste à côté du chalet. Puis peu après, je me dirigeais vers la salle à manger pour le petit déjeuner quand un fait surprenant attira tout particulièrement mon attention : je surpris dans sa chambre mon frère Camille et son ami en train de faire une prière musulmane. Je ne m'attardai devant eux, mon éducation ne me le permettait pas puisque mes parents

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m'avaient toujours dit de respecter la croyance des autres mais aussi leur choix en général car cela ne concernait qu’eux. Cela ne me surprit pas de la part de son ami car je savais qu’il était tunisien et qu’il était donc très certainement musulman, mais venant de mon frère cela m'étonna car il n’avait aucun rapport à la religion et que étant plus jeune il détestait les cours de Catéchisme. Il disait toujours : “du Catéchisme pour des barons de la drogue. cela ne sert à rien ! “ Enfin bon, je laissai ce détail de côté et je me dirigeai vers le salon. J’y rencontrai mes parents ainsi que mon ami qui s’était réveillé comme d’habitude plus tôt que moi : ils avaient eu le temps de faire connaissance. Une fois mon frère et son ami arrivés, nous prîmes le petit déjeuner, avant de mettre nos coupe-vent et nos chaussures de montagne et de prendre nos sacs à dos de randonnée que nous avions soigneusement préparés la veille et posés dans le garage. Nous nous engageâmes sur un chemin de randonnée longeant la vallée, mais à peine au début nous trouvâmes sur un des pavés du sentier un message chiffré écrit en langage binaire et ne pouvant être déchiffré que par un programme informatique. Nous le décodâmes grâce au logiciel doté d'un programme informatique capable de déchiffrer des messages que nous avions conçu mon

ami et moi à l'université. Il disait qu'à la fin de la randonnée nous allions rencontrer quelque chose qui allait changer notre vie à jamais. Nous continuâmes notre chemin et nous passâmes par une forêt de sapins tout en longeant les cours d’eau, en observant les marmottes qui gambadaient dans les prairies froides et verdoyantes, et en écoutant le chant des oiseaux qui n’avaient pas peur de l’homme sur ce chemin rarement emprunté. Après un moment nous nous arrêtâmes en haut d’un pic pour pouvoir contempler la beauté des paysages italiens des Alpes orientales et manger afin de reprendre la route en bonne forme. Nous profitâmes de l'instant pour débattre sur le message que nous avions lu précédemment car mon père souhaitait ne pas terminer la randonnée et revenir. Selon lui, celui qui nous avait laissé le message nous connaissait forcément car nos noms figuraient dessus et il savait que mon ami et moi saurions le déchiffrer. Camille, lui, tenait absolument à ce que nous y allions, sans que nous sachions pourquoi. “Nous devons absolument y aller ! ”, s’exclama-t-il, “nous ne pouvons pas défier notre destin ! Cela pourrait être quelque chose de bien qui changerait notre vie.” A partir de cet endroit le chemin se situait au niveau des nuages ; il y avait par conséquent beaucoup de vent et on n’y voyait pas très clair sur ces pics.

Nous allâmes saluer un berger qui promenait son troupeau de chèvres car il faisait partie de la famille qui s’occupait de l'entretien du chalet tout au long de l’année. C’était une personne très aimable et sympathique qui nous avait même proposé un chemin que seuls les vrais connaisseurs empruntaient. Ce chemin était un petit coin de paradis, il y avait beaucoup d’animaux et on entendait le bruit du vent qui soufflait entre les arbres, les abeilles qui bourdonnaient, et plus au loin le fracas de l’eau d’une cascade sur les rochers. Nous arrivâmes bientôt à la fin du parcours, très curieux de savoir ce qui nous attendait. Après plusieurs heures de marche nous aperçûmes un chalet qui semblait abandonné depuis des lustres. A ce moment Camille sut nous convaincre d'y entrer : “Allons, c'est notre destin ! Imaginez ce qui peut nous attendre là-bas ! ” A un moment j’eus le réflexe de ramasser un bout de bois qui traînait par terre et de le jeter sur une énorme ruche qui se trouvait dans la pièce où nous étions, la détruisant complètement. Un essaim d'abeilles sortit ; toutes les abeilles des environs se joignirent au mouvement, il y eut un chaos général. Les terroristes ne voulaient pas s’enfuir pour se libérer des abeilles car ils ne voulaient pas abandonner leur armement. Camille

courut vers nous et fit tomber exprès sa machette de randonnée près de moi ce qui me permit de me détacher avant d’aller libérer les autres. Nous pûmes nous enfuir de la zone mais nous retournâmes chercher Camille. Hélas, ce dernier refusa de fuir de la zone avec nous et retourna aider ses alliés. Nous réussîmes finalement à retourner au chalet et nous continuâmes notre vie en augmentant le nombre de nos agents de sécurité pour que les terroristes ne récidivent pas leur tentative de prise d'otages, sans pour autant avertir la police car nous craignions qu'ils fussent toujours en vie et qu'ils révélassent le secret de notre mafia. Cependant, quelques jours plus tard des randonneurs découvrirent les corps de tous les terroristes dont l'autopsie révéla la cause de la mort : un excès de venin d'abeilles dans le sang. Nous pensions que plus personne ne pourrait révéler le secret de notre mafia. Sauf que le corps de Camille n'avait pas été retrouvé et que nos espions avaient affirmé qu’aucun groupe randonneur n'était passé par là avant nous... Camille est donc toujours en vie et en liberté, le mystère plane sur lui...

A la recherche de mon tracteur

Nous sommes le 25 juin 1998 en plein été à Saint Loup de Naud, dans une campagne qui se situe à quelques kilomètres de Paris, il est dix-neuf heures et comme à son habitude Antoine rentre à son domicile après avoir travaillé toute une journée sur ses terres agricoles. Chaque soir à la même heure il retrouve sa femme, Emma, et son fils, Adam. Emma étant femme au foyer, elle reste à la maison toute la journée en attendant son mari, et Adam qui a dix-sept ans ne suit plus d’études, il aide à payer le loyer en travaillant dans un restaurant du coin. Antoine passe le plus de temps possible avec sa famille le soir malgré le fait qu’il doive se coucher tôt pour pouvoir se lever à l'aube et rejoindre son travail. Antoine prend son tracteur tous les jours afin de circuler dans les villes les plus proches pour s'y procurer des matières premières comme du sable. Il est cinq heures du matin ; Antoine se lève et essaie de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller sa bien aimée et son fils qui, eux, sont encore en plein sommeil. Il a comme destination Paris qui se situe à une centaine de kilomètres de son domicile, .

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mais il entend à la radio que la météo annonce des orages terrifiants dans cette région. Il décide donc de prendre son tracteur et de faire un tour dans la campagne pour voir l’état des terres ; il y travaille quelques heures puis rejoint son domicile plus tôt que d’habitude. Il y retrouve ses parents et sa famille pour le goûter, quand tout à coup le père d’Antoine fait très discrètement signe à Antoine de le rejoindre dans la cuisine et lui annonce qu’un courrier en son nom lui a été délivré chez eux par erreur le matin, et que ce courrier contient une amende d’un montant de dix-sept euros, pour avoir garé son tracteur sans payer son ticket au parcmètre. Antoine répond qu’il n’a pas quitté la campagne le jour inscrit sur le papier et que ce doit sûrement être une erreur. Les jours passent et il oublie complètement cette histoire d’amende car il est persuadé que c'était simplement une erreur. Quelques semaines plus tard, Antoine reçoit un autre courrier lui annonçant que l’amende n’a pas été réglée à temps et que son montant est passé de dix-sept à cinquante-huit euros. Antoine commence à s'inquiéter de cette histoire et décide donc d’en parler à sa femme qui, elle, n’est au courant de rien. Emma ne comprend plus rien car elle est certaine que son mari était avec elle le jour où le tracteur était soi-disant à Paris.

Elle propose à son mari de se rendre au poste de police le plus proche pour s’en plaindre. Aussitôt dit aussitôt fait ! Le lendemain, à la première heure, Antoine et Emma se rendent à Saint Denis, dans un poste de police, et racontent leur histoire ; l’agent de police ne sachant pas quoi faire leur répond qu’il ne peut pas agir car l’incident n’a pas eu lieu à Saint Denis mais à Paris, soit à environ cinquante minutes de Saint Denis, et que la seule solution serait de s’y rendre pour régler cette histoire. Antoine et Emma, agacés décident d’aller à la capitale pour mettre fin à cette histoire. Une fois arrivés au poste de police le plus proche de l’endroit où l’infraction a prétendument eu lieu, ils racontent à nouveau l’histoire avec l’espoir de régler cette histoire au plus vite. Le policier analyse la situation et demande à Antoine si son tracteur est vert ; Antoine répond par l’affirmative. Antoine n’a plus son mot à dire et est fatigué de cette histoire. Il décide de payer l’amende même s’il en est la victime, quand tout à coup Emma demande au policier s’il est en possession d’une photo du véhicule avec le conducteur dedans. “Je ne suis pas sûr d’en avoir une ; dans ce genre de situation nous avons uniquement des photos du véhicule et non du conducteur”, répond-il et il ajoute : “ Regardez, je n’ai que cette photo et

on ne voit que le bras de l’individu.” Emma y jette un coup d’oeil et analyse la photo quand soudain le bras sur la photo lui semble familier. Elle se tourne vers son mari : “ Ne serait-ce pas la montre et le bracelet de ton père sur cette photo, Antoine ? ” Ce dernier confirme ce qu’Emma a suggéré : “Mais comment est-ce possible ? C’est lui-même qui est venu me dire que j’avais une amende ! Et comment a-t-il pu prendre mon tracteur sans que je m’en rende compte ? ” Le policier agacé par cette situation conclut : “Bon ! Ce n’est pas un endroit pour régler ses problèmes de famille ! Payez ce que vous devez, que tout ça se finisse au plus vite !” Antoine s’exécute et se rend directement au domicile de ses parents pour exiger des explications. Arrivé chez ses parents, Antoine se montre très agacé. Son père, totalement stressé, les joues rouges, le regard froid, appréhende la réaction de son fils. Antoine, d’un air furieux, lui demande : “Comment as-tu pu me faire une telle chose à moi, ton propre fils ?” Charle répond d’un air honteux : “Je suis désolé mais je devais faire quelque chose à Paris. Ma voiture est tombée en panne la veille et je savais qu’en te demandant la tienne j’essuierais un refus. ”

Antoine réplique : “ En plus du fait dermission, tu voulais me faire payer l’amende aussi ! " Charles répond : “Mais tu sais... je n’avais pas les moyens pour…” Antoine lui fait savoir que cela lui est égal : “ Je n'aurais jamais cru mon père capable d’une telle chose ! ” Il ajoute en haussant le ton : “ L'amende doit m’être remboursée le plus vite possible !” Sophie, la mère d’Antoine, demande soudain en pleurant à Antoine d’arrêter de hausser le ton sur son père car celui-ci est très malade. Antoine n’étant au courant de rien lui demande de quoi il s’agit et tout à coup Charles perd connaissance. Tout le monde est sous le choc. Antoine culpabilise. Ils appellent une ambulance. A l’hôpital, Charles subit beaucoup de radios et d’examens qui aboutissent à des résultats extrêmement inquiétants.

Le monde est cruel

Encore un nouveau jour, la vie était longue et je m’épuisais de plus en plus… Le vent frais venait balayer le fin drap que j’avais pour dormir, me réveillant par la même occasion. Je sentis une nouvelle fois l’odeur des poubelles envahir mes narines, me donnant cette habituelle sensation de nausée. Je ne m’en étais pas rendu compte, mais à côté de moi, il y avait un jeune garçon lui aussi affecté par les aléas de la vie et se retrouvant là, misérablement, devenant comme moi un déchet de la société. Le pauvre n'était vêtu que de sous-vêtements et d’un jean complétement déchiré. Personne ne méritait ça...

Je me levai avec paresse et décidai de partir m’acheter à manger en prenant du pain avec du fromage, mais cette fois pour deux, pour moi et pour le petit. La vieillesse m’avait attendri, avant je battais ma femme et “grâce” à mon idiotie, j’avais fini par faire faillite. Je n’aurais su me donner un âge et mon nom ne comptait plus. Je ne m’en rappelais même pas, j’arrivais à peine à me rappeler de mon prénom... Robert.... Après la faillite, tout était allé très vite, : je fus viré, plus d’argent, ma femme avait déposé plainte, cinq ans de prison. Ca s’était passé quand, déjà… Je n'avaismême plus la notion du temps. Mais ce petit, lui, ne méritait pas cela. Je pris le pain tartiné au fromage et m'avançai doucement vers le mur au pied duquel il s’était endormi. Je m’aperçus qu’il était déjà réveillé, je m'assis à côté de lui et lui

donnai sa pitance. -Merci, vous n’étiez pas obligé, me dit-il d’un air heureux. Ma mère m’en faisait souvent, des pains comme cela, mais elle me rajoutait avec une tasse de thé ou un verre de lait. - Désolé petit, c’était soit ça soit du thon épicé industriel. Et j’peux te dire que cette chose pourrait mettre fin à ta vie, lui dis-je en portant mon regard au loin. Sinon p’tit, comment es-tu arrivé là ? -En fait cela fait un mois que ma mère n’est pas revenue à la maison et les loyers n’étaient pas payés, les huissiers ont tout réquisitionné, articula-t-il d’un air triste. Je suis donc à sa recherche… J'espère juste qu’elle n’est pas morte, rajouta-t-il plus bas, comme si le simple fait de dire ces mots allait effectivement tuer sa mère. - Ta mère travaillait dans quoi ?

- Maman bossait dans un bar, pas très loin d’ici, il s’appelle “Le Rêve”, je crois. Sa mère était donc prostituée, mais il ne le savait peut-être pas lui-même. Je ressentais comme le besoin de m’occuper de lui, comme une responsabilité, une chance de réparer les erreurs du passé. Je me mis alors à la recherche de cette femme qui s’appelait Sarah. Après avoir fait des investigations sur le bar en question et les personnes qu’elle fréquentait, je pus retrouver sa trace et la raison de son départ. Elle dealait de la drogue et apparemment elle avait perdu je ne sais où la “marchandise” ; elle était pourchassée à la fois par la police et les dealers. Elle s’était donc cachée à Mont-Rouge, une petite ville très proche de Paris. Mais avant de la rencontrer je voulais avoir une discussion avec le petit qui s'appelait Nicolas, histoire de

lui expliquer la situation. Pendant que je parlais, son regard s’assombrit, il prenait enfin en compte l’ampleur de la situation et ce que sa mère avait fait pour lui. Je devais les aider, quitte à recourir à des méthodes déplaisantes... Je me plaçai en embuscade devant un distributeur, guettant l’arrivée d’une personne que je jugerais facile à agresser, même si je ne m’en croyais pas capable. Mais j’éprouvais une empathie très intense envers ce gosse, personne n’avait le droit de vivre ça. Je ne détaillerai pas ce que je j’ai fait, sachez juste que je n’en suis pas fier. Cinq personnes étaient passées pour retirer de l’argent, mais le distributeur ne leur avait rien délivré, juste un ticket. Elles partirent à la recherche d’un autre distributeur. Je les voyais s’en aller avec une sorte de frustration dans leur regard. Après l'agression, j’insérai la carte bleue de ma victime. Au moment

de valider, quelque chose de bizarre arriva… Comment se faisait-il que la machine grognât ? Elle produisait un son étrange. C’est alors que je découvris avec stupéfaction que j’avais dans la main vingt billets de cinq cents euros au lieu de dix. Dix mille euros étaient à présent en ma possession, j’étais dans l’obligation d’aider ce petit. Je l’accompagnai donc chez sa mère. Les retrouvailles furent chaleureuses, c’était seulement une mère aimante qui ne voulait pas mettre son fils en danger. Je donnai toute la somme à la mère et partis. Je me sentais bien. J’avais le sentiment d’avoir accompli quelque chose. C’était une belle journée, le soleil s'élevait haut dans le ciel, les arbres autour de moi semblaient danser au son et au mouvement du vent. Ce cadre donnait cette étrange sensation de flotter et de s'éter

niser dans le vide. Je partis en direction du parc. Sarah, la mère du petit, me rattrapa. Nous nous assîmes sur un banc et nous commençâmes à bavarder. J’appris beaucoup de choses sur elle, sur son monde et sur ses principes, elle me semblait spéciale... Nous regardâmes aussi les pigeons en pensant à notre vie. Je ne m’étais pas rendu compte que l’on nous suivait, la police nous avait traqués, la personne que j’avais agressée avait porté plainte. Non… Impossible ! Ma vie qui venait de recommencer allait s’arrêter ! Ils me prirent par les bras et me traînèrent jusqu’à leur voiture. Je me retrouvai alors à côté de Sarah. Elle pleurait toutes les larmes de son corps, les conséquences n’étaient pas les mêmes pour elle que pour moi. Elle laissait derrière elle un enfant seule. Elle prit cinq ans de prison tandis que moi j’écopai de dix ans. Je commençais vraiment à

l’aimer... Non, la vie ne pouvait pas me faire ça. Pourquoi moi, mais surtout pourquoi à ce moment-là ?

Perception relative

Nous étions le 17 mai 1998. Cela faisait deux ans que ma femme avait été déclarée morte par la police, noyée. Ils n’avaient même pas pu retrouver son corps. S'ils savaient... J’aurais aimé que ce matin-là fût comme les autres mais il était différent. Je suis Matt Keller. Je ne vivais de pas grand chose en bord de mer, à Barbâtre, un petit village situé sur l'île de Noirmoutier en Vendée. J’étais un homme des vagues, j'appartenais à la mer. J’avais donc tout quitté pour venir habiter dans cet endroit avec ma femme, Ana, afin de vivre de ma passion, le surf.

Ce jour-là, mon attention fut été frappée par une légère odeur nauséabonde qui planait dans ma chambre… Une odeur de mort… Je fus submergé par des pensées noires. Cependant, je n’y prêtai pas longtemps attention. D’un mouvement brusque, je quittai mon lit et je me précipitai dehors pour inspirer l’air pur de la mer, laissant le vent me gifler le visage. Quelques voisins, qui habitaient les bungalows proches du mien, me lancèrent alors des “Salut!” et des “Bonjour!”, par-ci, par-là. Ce soir-là, je m’assoupis plus tôt qu’à mon habitude. Je m'éveillai vers trois heures du matin dans un élan d'effroi. Je me sentais observé et je crus apercevoir, par la fenêtre, une lumière blanche. Pris de panique, je me levai. J’entrevis et reconnus la lumière que projetait le phare mais seules des bougies éclairaient

la pièce. Toujours cette odeur de mort. Je sortis brièvement prendre l’air. J’étais envoûté, attiré, aimanté par quelque chose dehors. Il faisait sombre, malgré l’éclairage que fournissait le phare. On ne distinguait pas grand chose mais cette sensation d'être observé ne me quittait pas et je fus secoué par des frissons. J’étais pourtant seul. Soudain, je pus discerner quelque chose qui brillait dans l’eau, je me baissai et distinguai un bracelet qui ressemblait curieusement à celui de ma femme. Mon pouls s’accéléra et je m’entendais respirer dans ce silence assourdissant. Devenant rationnel, je me rendis compte que c'était le genre de bracelet de pacotille couramment acheté, ici, par les touristes. Cependant, je décidai de garder le bijou. Quelques jours plus tard, avant l’aube, je résolus de partir surfer

seul, malgré l'obscurité due aux nuages. J’essayais d'oublier le passé. Soudain, je fus tétanisé à la vue d’une ombre ou d’une silhouette au bord de l’eau qui me fixait mais que je distinguais à peine. Elle s’approchait tout en me regardant et je ne bougeais plus. “Alors comme ça, on ne m’attend plus !” s’écria John. J’éprouvai alors un énorme soulagement. Nous avions tous deux l’habitude de surfer très tôt ensemble. John avait emménagé juste à côté de mon bungalow quelques jours auparavant. Nous avions rapidement sympathisé même si je n’appréciais pas trop sa compagnie. Je me considère plutôt comme quelqu’un préférant la solitude et qui se reconnaît dans les choses complexes. C’était quelqu’un de très calme alors que moi j’avais un passé violent. Je suis de nature instable et impulsive. Malgré le fait que je nous considère trop différents, j’admets que nous prenions du bon temps ensemble.

Subitement, je remarquai que John n'arrêtait pas de fixer mon bracelet et sans vouloir le croire, je surpris ses yeux prendre une couleur rouge orangée. Je m’éloignai. Aussitôt saisi d’un affolement soudain, je tournai la tête et aperçus alors les premières lueurs orangées du soleil levant. Je me sentais ridicule. Ce jour-là, j’étais retourné en mer après le crépuscule. Le bracelet, au contact de ma peau, m’irritait mais c’était tolérable. Je ressentais une grande satisfaction après chaque vague. En effet, au fil du temps, j’avais acquis une compréhension complète de la force de chaque lame. J’avais l’impression de ne faire qu’un avec la mer et ma planche. Je dressais et maîtrisais la houle prestement. Cependant, une tempête se préparait et je sentais ma planche instable. La planche me contrôlait plus que je ne la contrôlais. Elle surfait sur les vagues d’une manière bestiale. La créature vibrait,

frémissait sous mes pieds. Mon coeur battait à grands coups et ma respiration s'accélérait. Sa peau au contact de mes orteils paraissait rugueuse et écailleuse. Je frissonnais. Je sentais son souffle enragé. Ses branchies s’enflaient et se dégonflaient d’une manière féroce. Son corps imposant ondulait de façon primitive et sauvage, elle domptait la mer. Ses nageoires l’aidaient à se propulser. J’étais paralysé, spectateur de cette scène. Pris d’une angoisse, je sentais que la bête quittait le flot et moi avec. Le lendemain, je me réveillai à moitié inconscient et paralysé. Je reconnus le toit de John. Une vague robuste m’avait sûrement emporté sur le toit de mon ami. J’avais perdu mon bracelet. Malgré ma vue endommagée, je pus distinguer des pompiers et d’autres personnes. Or, j'arrivais également à discerner des fragments de

phrases qui cognaient à mes oreilles “Plusieurs fractures” “Il a eu de la chance” “La tempête” “L’ambulance arrive” “Sa planche est cassée” “Sa femme morte, Ana, depuis deux ans” “Sauvetage déblaiement”. Soudain, j’entendis distinctement quelqu’un affirmer “Heureusement que cette maison est inhabitée depuis longtemps”, avant de m’assoupir une seconde fois. Après plusieurs semaines à l'hôpital, je pus enfin retourner chez moi. J’avais hâte. Cependant, je découvris avec incompréhension que le bungalow d’à côté était effectivement inhabité. “Où est passé John ?” demandai-je à quelques habitants. Personne ne savait qui était ce “John”. Perplexe, j’étais trop fatigué pour avoir l’esprit alerte, je rejoignis alors mon lit et je bordai alors le corps d’Ana sans

vie, inanimé, qui empestait la mort puis me blottis contre elle pour enfin fermer les yeux.

Volte face

“Enfin !” m'exclamai-je. Allongé sur mon lit, je repassais en boucle dans ma tête les dernières vingt-quatre heures. Tout avait commencé la veille au centre commercial. Je me dirigeais vers ma voiture, lorsque des personnes cagoulées me sautèrent dessus pour me faire entrer de force dans leur van noir et m'emmener dans un lieu inconnu. Heureusement pour moi, mes ravisseurs me libérèrent après huit heures de détention. A vrai dire, qui aurait voulu me kidnapper ? Divorcé, je n’étais qu’un homme d’affaires mexicain banal. Je me souvins de la seule discussion que j’avais entretenue avec mes ravisseurs. Ils m'avaient affirmé :

“ On a vu ta voiture près de notre entrepôt la nuit du 5 juin. On pensait que ce n’était rien, mais dis-moi, vieux, c’est toi qui as tout cassé ? Parce que si c’est le cas tu ne verras plus jamais le soleil ! - Je vous jure que je n’y suis pour rien ! Je ne vois pas de quoi vous me parlez !, avais-je affirmé, en pleurs. Ils m'avaient répondu : "A cause de ton vacarme, on s’est fait remarquer par la police !” En y repensant, j’ignorais pourquoi ces voix avaient porté de telles accusations contre moi. La question qui trottait le plus dans ma tête était : qu’avais-je bien pu faire la nuit du 5 juin ? Je me souvenais juste de m’être retrouvé tout nu dans la forêt et recouvert de sang. Je pensais que j’avais trop bu ce soir-là mais à présent je n’étais plus trop convaincu. Mon cerveau surchauffait, je décidai donc de

me changer les idées en allumant la radio. J’entendis : "Fait divers. Trentes kilos de cocaïne ont été saisis par la police. Un entrepôt caché dans le sous-sol d’un magasin de porcelaine a été découvert par la police à la suite de l’appel d’un voisin qui aurait entendu du bruit en provenance de la boutique. Dans la nuit du 5 juin, le magasin a été détruit dans un vacarme assourdissant. Les enquêteurs ignorent encore s’il s’agit d’un règlement de compte ou de l’oeuvre d’un animal car des poils ont été retrouvés sur la scène du crime. " Quelques semaines plus tard, je me réveillai en sueur à minuit. En effet, depuis que j’avais été enlevé je faisais des cauchemars toutes les nuits. Je n'arrêtais pas de me demander ce qui se serait passé

s’ils ne m’avaient pas relaché… M'auraient-ils tué en me prenant pour un autre ? Je me levai et décidai d’aller me rafraîchir le visage… Et je découvris mon reflet dans le miroir… En une nuit mes poils avaient poussé de partout ! Un monosourcil s’était dessiné ; je découvris une longue barbe et des poils sur mon torse. Je voulus aller sur internet pour chercher quel était le problème. Peut-être que ce n’était qu’un effet secondaire des antidépresseurs que je prenais depuis mon divorce ? Sans le faire exprès je cliquai sur un article qui affirmait que la destruction du magasin n’était autre que l'oeuvre d’un animal, plus précisément un loup, car des traces de griffures avaient été retrouvées sur le lieu du crime. Alors que j’étais toujours abasourdi par les faits que je venais d’apprendre, une douleur atroce parcourt mon corps : mes bras s'amplifièrent, mes

vêtements se déchirèrent, mes yeux virèrent au rouge, mes oreilles devinrent pointues, et mes dents crochues tels des crocs. Je me transformais contre mon-gré en loup garou ! Et je compris que c’était en réalité bien moi qui avait commis cet acte mais pas dans mon état normal...

La fée de l'amour

Le 14 décembre 2001, Pascal perdit son alliance. Il n’avait aucune idée de la façon avec laquelle ou de l’endroit où il avait bien pu l’égarer. Il la chercha partout, dans tout Marseille, jusqu’au stade Vélodrome. Il retraça tout le chemin qu’il avait parcouru ce jour-là pour la retrouver, malheureusement son but ne fut pas atteint. Un jour, il rêva que quelqu’un lui disait qu’il devait être plus gentil avec sa femme. Le lendemain, quand il se réveilla, il songea que ce n’était qu’un rêve et rien de plus et que cela ne signifiait rien du tout. Mais un mois plus tard il fit un autre rêve très semblable. Il ne savait pas trop quoi penser car ce dernier lui semblait louche. Il demanda à

sa femme, Nadia, si elle aussi faisait des rêves étranges mais elle lui répondit par la négative. Les rêves devenaient récurrents, chaque fois il en savait un peu plus. Après quelques années il commença à voir une sorte de fée dans ses rêves ; cependant, têtu comme une mule, il ne voulait pas y croire. Elle lui parla et lui donna des conseils à propos de son couple, mais cela le faisait sourire. Chaque fois qu’il faisait ces rêves, il se réveillait étonné : ils étaient tellement réels qu’au bout de quelques années il commença à y croire.... Le 10 octobre 2019, en allant dormir, il décida de répondre à la fée pour comprendre pourquoi elle venait tous les soirs. Donc il resta un peu avec sa femme à parler de leur journée et il finit par s’endormir. Cette nuit-là, la fée ne vint pas. Il attendit le lendemain, mais encore une fois, elle avait disparu. Plusieurs jours passèrent sans aucune trace de la petite fée. Pascal perdit espoir. Comme par hasard elle

revint une nuit où il ne s’y attendait pas. Décidément cette fée n'apparaissait que quand elle le voulait, elle était têtue. Mais cette nuit-là elle vint et se présenta : " Bonjour Pascal, tu ne me connais pas vraiment ; je suis Ari, la fée de l’amour. Je sais que ce n’est pas facile à croire quand on est un humain comme toi. Je comprends que tu veux savoir pourquoi je viens dans tes rêves tous les soirs, eh bien tout simplement, je suis la fée de l’amour comme je te l’ai dit et je vois que Nadia et toi ne vivez pas le grand amour, vous vous disputez souvent, vous ne vous dites pas tout… Donc je suis là pour t’aider, Pascal, et si tu progresses bien tu obtiendras quelque chose que tu as perdu. - Mais pourquoi ne venez-vous pas me voir à mon bureau ou chez moi en journée comme une personne normale? s’étonna Pascal.

- Eh bien les humains peuvent être très agressifs quand ils ne dorment pas donc je ne préfère pas révéler mes pouvoirs à n’importe qui”, lui répondit Ari.Pascal se réveilla surpris, mais il décida tout de même d’essayer d'améliorer sa relation avec sa bien aimée. Le lendemain il l’invita au restaurant pour lui parler et essayer de lui dire ce qu’il pensait de leur relation. Il lui avoua qu’il l’aimait mais qu’il voulait que leur relation redevienne parfaite. Les années passèrent et ils vécurent encore mieux. La fée réapparut dans son rêve, lui disant d'aller au magasin Leroy Merlin, un magasin de bricolage, : il y trouverait un petit cadeau à l’allée 25 du magasin. Il s’y rendit et trouva son alliance. Quand il rentra chez lui, une lettre apparut où était écrit : “Félicitations Pascal, tu as réussi à améliorer ta relation avec Nadia,

je te laisse reprendre tes rêves les nuits, maintenant que tu n’as plus besoin de moi, je ne reviendrai plus.

Au revoir Pascal…”

La petite fille de la résidence

Ah… Me voilà enfin sur cette fameuse plage. Une belle journée s'annonçait, le soleil était haut et on pouvait lire sur le visage de ma femme la longue route que j’avais dû parcourir pour la convaincre de venir avec moi. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas ressenti la liberté de pouvoir respirer l’air sur la plage, de pouvoir faire enfin face à l’étendue de la mer et à ses horizons. La semaine de vacances que nous allions passer ensemble sur l’île de Noirmoutier en Vendée s’avérait bien partie. Le fait de vivre tous les jours dans une société matérialiste et superficielle m’avait déprimé. Je pouvais enfin prendre une pause et me reposer. Ma planche de surf avec moi, il ne me restait plus qu’à voler à travers les vagues. Une famille assise

près de nous semblait être venue pour la même raison. J’allongeai la serviette sur le sable et je partis à la rencontre des vagues avec ma planche de surf. Je ne m’étais pas rendu compte que la vague qui arrivait était beaucoup trop grande et beaucoup trop rapide pour pouvoir l’esquiver ou pour pouvoir surfer dessus. Je la heurtai alors de plein fouet et tombai de ma planche. Je pense que j’ai perdu connaissance à ce moment-là, puisque je ne me rappelle pas avoir atterri “par volonté” à côté de la résidence secondaire inoccupée qui se trouvait à l’autre bout de la plage. Ma planche de surf semblait avoir décidé de disparaître aussi. Je résolus donc de revenir de l’autre côté de la plage en longeant la côte. Au moment où je me retournai j’entendis des pleurs, mais ce n’étaient pas des pleurs normaux, cela faisait l’effet d’un couteau dans le coeur, empli de tristesse mais surtout de haine. Je partis en direction des sanglots et me rendis

compte, sans surprise, qu’ils provenaient d’une petite fille assise au pied d’un arbre. Je m’approchai doucement d’elle, je ne pensais pas trouver âme qui vive à cet endroit. Je m’accroupis vers elle et lui demandai ce qu’elle faisait là et surtout où étaient ses parents. Mais elle ne me répondis pas et je remarquai alors que sa bouche était fermée, pourtant j’entendis bien les pleurs et leur source ne pouvait être que cette fillette. Elle leva alors des yeux rougis par les pleurs, se releva et me prit par la main en direction d’une des maisons de la résidence. Je tiens à préciser que la résidence était remarquablement propre et bien entretenue alors qu’elle était complètement inoccupée. Comment vous décrire le paysage devant moi ? Je pourrais vous dire qu’il y avait des jardins, des enfants qui jouaient dans les rues, et autres choses magnifiques et stéréotypées de la belle vie en

résidence près de la plage. Mais la vérité est que la résidence était tout simplement vide. Rien. Pourtant j’entends encore des voix qui montaient des maisons, convergeant toutes vers moi. Je marchai avec la petite fille, le soleil éclairant ce jardin d’Eden abandonné. A un moment donné, elle s'arrêta devant une maison. Elle se tourna vers moi, s'arrêta de pleurer et entra dans cette dernière. Après quelques seconde de réflexion je décidai de la suivre. J’ouvris la porte de la maison et commençai à entendre des cris venant de l’étage du dessus. -Sarah, combien de fois t’ai-je dit de rester dans la résidence et de ne pas en sortir ! Eh, Oh ! Tu m’écoutes quand je te parle ? Soudain plus rien. Plus aucun bruit. Aucun son. Je m’avançai un peu, sans faire de bruit, et inspectai la maison. Je me souviens que ce n’était pas ma maison et que je n’avais pas vraiment le droit d’être là.

J’appelai alors ce qui me semblait être la mère de l’enfant. -Bonjour… Euh, Madame ?... Il y a quelqu’un ? Tout à coup, plus aucun bruit... Le silence s’était installé de nouveau. Je montai à l’étage avant de me rendre compte que j’étais seul. Que se passait-il ? Ma tête commença à tourner, et je tombai lourdement sur le canapé. La fatigue prit le dessus ; je m’endormis sur le champ. Je me réveillai quelques heures après. Une violente secousse fit trembler la maison. Je sortis dehors pour voir ce qui se passait et me rendis compte qu’un cyclone approchait. Les personnes qui habitaient la résidence sortirent et s’agitèrent, prises de panique. Soudain, ils s'arrêtèrent tous et regardèrent vers le nord. Je me retournai vers ce qu’ils observaient et vis un cyclone à moins de cinquante mètres. Pris de panique également, je me mis à courir,

aussi vite que possible. Sauf que, avant même de m’en rendre compte, je fus soulevé dans les airs et balancé sur un arbre. Je perdis connaissance sur le coup. Je me réveillai quelques heures plus tard dans l'hôpital local. Je demandai des explications au personnel médical sur ce qui s’était passé et sur l’état des habitants de la résidence. Ils m’expliquèrent que cette résidence n’était plus occupée depuis longtemps et qu’ils avaient retrouvé à côté de moi un cahier poussiéreux. Lorsque je l’ouvris, je découvris avec stupéfaction une écriture enfantine, désordonnée et avec beaucoup de fautes d’orthographe. On pouvait lire :”Maintnant jsuis a la foret, mes parents m ont dit de me cacher la ba. Un mechent mesieu est rentre a la maison et je l ai vu les tué. J ai peur et j entend des bruits.”

Mais je me rappelais bien que cette fille n’avait pas de cahier, il n’y avait rien à côté d’elle. Comment ce cahier avait-il pu atterrir entre mes mains ? Mais surtout, pourquoi ?

Le temps d’une erreur

Enfin ! Après dix-huit ans, Pascal venait tout juste de retrouver la bague qu’il pensait avoir perdue éternellement. Son épouse et lui avaient vu le matin même, sur les réseaux sociaux, une annonce avec une alliance ressemblant comme deux gouttes d’eau à celle de Pascal et qui se trouvait dans un magasin de bricolage. Arrivés sur place, ils vérifièrent si les gravures des initiales de Nadia et Pascal étaient bien présentes sur la bague en or. Les employés du magasin la leur remirent sans problème étant donné que cela faisait déjà quelques jours que le bijou était dans le magasin et que personne n'était venu la réclamer.

Sur le chemin du retour, Pascal, content d’avoir retrouvé sa bague, l'avait immédiatement remise à son doigt. Il avait la vague impression qu’elle était plus serrée que dans son souvenir. Il commença à sentir des vibrations étranges et décida de l’enlever. Quand il rentra chez lui, il la posa sur la table basse du salon. Tout à coup, l’anneau se mit à parler : “Suis-je vraiment de retour à la maison, je ne me souviens pas de cet endroit ? ” Pascal et Nadia se demandèrent d’où venaient ces paroles quand la bague les interpella : “C’est moi qui parle, espèces de sots ! ” Les deux vieillards se regardèrent en pensant qu’ils hallucinaient. L’alliance leur raconta son histoire : “Un jour Pascal m’a fait tomber dans la bonde de l'évier et je m’y suis crue perdue éternellement. Quelques temps plus tard, un homme m’a retrouvée dans les égouts

et m’a vendue immédiatement. Quelques mois après, l’acheteur m’a donnée à une voyante en échange d’une séance. Cette dernière m’a rendue magique, elle m’a donné une âme pour pouvoir lire dans la mémoire des autres, en commençant par la mienne, c’est pour cela que je peux vous raconter mes aventures. La voyante me possédait depuis plusieurs années lorsqu’elle s’est fait agresser par un client non satisfait par sa prédiction, il m’a donc kidnappée. J’avais terriblement peur de lui, il était bossu, laid et par dessus tout, il était méchant et agressif avec son entourage. Par frayeur, je ne lui ai jamais parlé jusqu’au jour où je me suis dit que cela pouvait m’aider à me débarrasser de lui. Au moment où je commençais à parler, il prit peur et décida de m’abandonner. Nous étions dans un Leroy-Merlin et à force d'être bousculée par des clients, je me suis retrouvée dans les

mains d’un employé qui a publié une annonce sur les réseaux sociaux. - Crois-tu vraiment à ce qu’on est en train d’entendre ?, lança Pascal à sa femme. - Je me pince depuis tout à l’heure pour voir si je rêve”, répondit Nadia, un sourire aux lèvres. La bague, d’un air énervé, marmonna : “Bon j’avoue, mon histoire peut paraître farfelue. Mais pouvez-vous clarifier une chose… Que signifient les lettres “N.K.” gravées sur moi ? - “N.K” ? Tu signifies ? “N.P.” pour Nadia et Pascal, affirma Pascal. - Pfff vous êtes vraiment débiles, si je vous dis que c’est “N.K.”, c’est que c’est ça !” Nadia s’empressa de prendre l’anneau pour revérifier. La bague

avait raison, Pascal avait donc bel et bien perdu son alliance pour toujours. L’alliance ajouta : “Je me doutais bien que vous ne pouviez pas être mes propriétaires, les miens étaient bien plus intelligents ! Je veux retrouver mes véritables propriétaires sur-le-champ !”. La bague continua à crier pendant toute la nuit, sans arrêt. Pascal et Nadia finirent par la jeter pour s’en débarrasser définitivement.

Drôle de poulpe

Le détective Sam était assis sur son canapé, sirotant un verre de whisky. Il réfléchissait. Il ne pouvait s’en empêcher. Il disait toujours que pour maintenir ses petites cellules grises en forme, il devait constamment réfléchir. Il ne travaillait pas pour la police, c’était un détective privé. Travailler pour le gouvernement ne lui plaisait pas. Il voulait avoir sa liberté. Il avait reçu dans sa boîte à lettres le rapport de police sur une fille morte étouffée par un poulpe. Il avait été envoyé par son père. Elle se nommait Yoon. La police avait découvert que Yoon était issue d’une famille très discrète et n’avait pas pu recueillir beaucoup d’informations sur elle.

Bizarrement, les affaires banales intéressaient fortement notre détective. Sam n’aimait pas les rapports de police, dans lesquels selon lui le style de l’auteur ressortait davantage que les détails. Les détails... Sam ne jurait que par ce mot. Les moindres choses en lien avec l’affaire devaient, d’après lui, être ajoutées dans un rapport de police. Même les plus insignifiantes. C’est de cette manière que l’on résout les enquêtes. Le détective avait trouvé une assurance vie de 133.300€ environ signée de la main de Yoon. Il avait constaté que chaque mois la jeune femme effectuait un virement vers une compagnie d’assurance. Il fallait juste vérifier le compte bancaire de la victime. Il détenait donc le mobile, mais pas le criminel. Naturellement, après la découverte de ce contrat d’assurance, le petit ami de Yoon, Kim, fut soupçonné. Mais quelque chose n’allait pas.

La police avait interrogé le père de Yoon pour lui demander qui voudrait la somme versée après la mort de sa fille. La police ne savait toujours pas qui était le bénéficiaire de cette somme d’argent. La compagnie d’assurance avait refusé de lui divulguer cette information. Le père de Yoon avait naturellement répondu que sa fille sortait avec un garçon du nom de Kim. Cela avait suffi à la police pour se lancer à la recherche du petit ami de Yoon. Mais le détective Sam se rendit chez le père de la victime, lui demandant plus de détails sur ce Kim. Le père de Yoon ignorait vraisemblablement tout sur lui. Il savait seulement que sa fille sortait avec un garçon qui se nommait ainsi. Malgré de nombreuses recherches, personne ne parvint à retrouver ce Kim. La police continua d’enquêter quelques mois mais cette affaire s’était retrouvée dans un fond de tiroir car d’autres plus

importantes avaient dues être traitées. Mais cela était très étrange, comment se faisait-il qu’aucun ami ou proche de Yoon n’avait rencontré son petit ami ? De plus, selon le père de Yoon, elle ne faisait que parler de Kim. Yoon était même morte alors qu’elle était dans un restaurant public en compagnie de Kim. Mais qui était donc cet homme ? En réalité, personne ne le savait réellement. Kim n'avait aucun motif pour commettre ce meurtre. Et comment aurait-il pu le faire ? De nombreuses questions restaient sans réponse. Le lendemain, Kim prit contact avec Sam. Le détective reçut une lettre le priant de se rendre au café du quartier la Sorbonne. Sam était surpris, cela faisait plusieurs semaines que tout le monde recherchait Kim et celui-ci apparaissait subitement pour lui parler…

Lorsqu’ils se rencontrèrent le jour J au café, Sam, un grand connaisseur des enquêtes et du comportement humain, étudia les moindres mouvements et la voix de son interlocuteur, ainsi que les mots qu’il prononçait. Il lui demanda d’abord comment Yoon s'était comportée depuis le début de leur relation. Le jeune homme parlait visiblement avec franchise et il appuya sur le fait que Yoon avait toujours été une personne extravertie et authentique, mais qu'elle s’était montrée secrète les derniers mois, disparaissant régulièrement. Il pensait qu'elle voyait quelqu'un d'autre. Sam se pencha en arrière sur sa chaise, la main sur le menton, les yeux confus et resta silencieux pendant un petit moment, réfléchissant. Il demanda : “N’avez-vous rien d’autre à ajouter qui puisse m’aider dans mon investigation ?

-Non pas grand chose. Je vous parle de cela puisque je sais que vous êtes un excellent détective et je veux vous prouver mon innocence aux yeux du public. - Je le savais ! Tout se remet en place, les pièces du puzzle sont assemblées ! J'étudie ce cas depuis plusieurs mois et j'ai trouvé tellement de choses, aucune d'entre elles n'étaient liées, mais maintenant elles le sont… - Qu’avez-vous donc trouvé ? ” Sam se leva brutalement, renversant au passage sa tasse de café. Kim essaya de le retenir, en vain. Sam s’en alla au pas de course en murmurant des mots à peine audibles : “impossible”, “non” ou encore “incroyable”... Kim prit peur et voulut davantage d’explications. Lorsque Kim à bout de souffle arriva à proximité de

Sam, il lui demanda ce qui lui arrivait. " Kim, je suis un détective particulier. Lorsque je réfléchis sur un mystère, des images apparaissent subitement dans mon esprit. Ces images me révèlent l’identité du meurtrier. - Incroyable ! Alors vous savez qui a tué Yoon ? - Kim, j’ai vu mon visage dans mes visions, mais ce n’était pas moi ! je le jure ! ”

Dr Frankenstein

Comme à mon habitude, je regardais les informations du jour à la télévision. Un homme politique célèbre avait eu une promotion, la Corée du Sud avait exporté plusieurs milliards de produits manufacturés partout dans le monde… La routine, encore et toujours. Mais ce jour-là, la présentatrice avait ajouté un fait divers : une jeune femme du nom de Yoon était décédée par étouffement et son petit ami, Kim, avait été arrêté après de longs mois d’investigations. En premier lieu, la police avait déclaré aux médias que la mort de la jeune femme était due à un tentacule de poulpe vivant bloqué en travers de sa gorge mais le père de Yoon, ne croyant

pas à cette histoire, avait engagé un détective privé pour continuer les recherches. Ce dernier avait finalement trouvé une assurance vie de 200 millions de woons environ signée de la main de sa fille. Il avait donc recontacté la police pour lui apprendre la nouvelle. Ainsi Kim était le parfait suspect. Papa ! Papa ! Tu peux me raconter une autre histoire ? S’il te plait, une dernière ! Ce petit ange raffolait des histoires fantastiques. Je lui en racontais tous les soirs mais cette fois elle en voulait une deuxième avant de retrouver le pays des rêves. Cette fois-là, c’était une histoire de vampires et de loups-garous, elle croyait encore à l’existence de ces créatures malgré ses huit ans. Elle venait de fermer les yeux quand mon téléphone sonna. C'était

le bureau, encore. Je me doutais bien que l’affaire serait rouverte avec l’intervention du père de la victime mais je ne pensais pas aussi vite. Je répondis au téléphone et appris que ma patronne avait besoin d’une nouvelle autopsie, plus approfondie. Je vérifiai une dernière fois que mon petit ange dormait paisiblement et que sa nourrice n’avait besoin de rien en insistant bien pour qu’elle m’appelle en cas de besoin. J'avais beau chercher, je ne trouvais rien, aucun poison, aucune trace de violence, pas d’ADN étranger sous les ongles, absence d’aliments allergènes… J’avais sûrement oublié quelque chose ! Je relus pour la énième fois le dossier médical de Yoon. Il manquait un numéro d’urgence, il n’y avait que celui de son petit ami. Pas de famille. Je cherchai alors dans le dossier numérique des informations

sur sa famille, je n’en trouvai pas mais son deuxième nom de famille m’interpella. Je l’avais déjà entendu ou lu ou je ne sais quoi ! Il m’était familier... Je restai au bureau toute la nuit, il fallait que je trouve ! Je cherchai dans mes anciens manuels poussiéreux, dans les cas rares, dans les maladies incurables, dans les maladies inconnues, dans les mutations génétiques, partout ! - Monsieur ? Vous êtes sûr que vous allez bien ? Vous avez bu ? C’est à cause de la Mlle Yoon ? Monsieur ? C’est la nourrice, je vous ai appelé toute la matinée mais vous ne répondiez pas. Vous m’entendez ? J’en étais sûr ! J'avais trouvé ! Enfin ! Kim était innocent ! Je regardai le tableau d’affichage, les photographies accrochées au mur, le

dossier auparavant clôturé ! Tout allait à cent à l’heure, je ne savais plus où donner de la tête ! Tout allait si vite ! Tout s’éclairait ! Je pris ma voiture et roulai, trop vite. Je me rendis d’abord au poste de police dans l’espoir d'arriver à temps. NON ! Ils étaient tous partis ! Le tribunal... J’arrivai enfin. Kim, assis à la barre, était perdu, il ne savait pas s’il devait pleurer, clamer son innocence ou s’enfoncer mille pieds sous terre. - Stop ! Attendez ! Kim est innocent !, m’écriai-je. On devait me prendre pour un fou avec mes lunettes de travers, mes cernes noirs, ma chemise à moitié ouverte, ma cravate défaite et ma salive aux coins de la bouche. Je ne m’étais pas douché depuis la veille, je ne pourrais dire si je ressemblais plus à ces fous furieux dans les asiles ou au Dr. Frankenstein. Ma patronne se couvrit le visage,

rouge de honte et la sécurité s’approcha de moi. J'essayai de reprendre mon souffle pour m’expliquer davantage : Attendez ! S’il vous plaît ! Non, ne me touchez pas ! Je vous demande deux minutes, s’il vous plaît ! Yoon est hybride, elle n’est pas humaine ! Vous devez me croire ! Elle est issue d’une très vieille lignée… Trop tard ! Yoon était morte, Kim en prison, mon emploi perdu et ma fille, elle ne me regardait même plusieurs semaines après mon intervention humiliante en direct à la TV. Les animaux fantastiques étaient un sujet qu'elle prenait très à coeur malgré son jeune âge. Tu comprends mieux pourquoi je t’ai demandé de venir. Je l’ai vu, Yoon. J’ai vu ta mort.

Cadeau de Noël

26 décembre 2015, je me réveillai, perdu, au milieu d’un monde dont j’ignorais l’existence, mon corps était d’une texture cubique, j’étais plus grand, plus large… Que m'arrivait -il ? Tout ce que j’avais à disposition était ce livre, à quoi pouvait-il bien servir ? Je regardai autour de moi, j’étais dans ce qui semblait être une plaine, mais à 200 mètres de moi se trouvait une forêt. Ses arbres, grands et sombres, m'effrayaient. Je décidai alors d’y pénétrer. Je pris du bois, c’était si simple, il me suffisait seulement de taper l’arbre pendant quelques secondes, et

celui-ci s’écroulait, donnant des bâtons, ainsi que des pommes ! Je pris assez de bois pour survivre, car il était question de survie : j’étais perdu, sans nourriture, sans eau, j’étais désespéré… Tout à coup, au loin, je vis ce qui semblait être une… poule ? Je me dirigeai vers elle et je lui mis un coup d’épée, épée que j’avais fabriquée à l’aide du bois récolté précédemment. La poule disparut, laissant derrière elle une plume et un peu de nourriture. Soudain, je me rappelai que j’avais ce livre vert à disposition. Je décidai alors de le lire. Après une vingtaine de minutes, j’avais enfin compris ! Je devais faire cuire ce morceau de poulet à l’aide d’un four et de charbon, et si j’avais bien compris, il me fallait de la roche pour

fabriquer un four. Quant au charbon, devais-je aller dans des mines ?! Je n’avais jamais fais ça auparavant, comment faire ? Je n’avais aucune information sur comment trouver une mine, ni ce qui se trouvait dans celles-ci… Je marchai alors plusieurs kilomètres, sur le chemin. J’en profitai pour avoir plus de nourritures. Ce monde semblait être très varié, il y avait de nombreuses forêts, de nombreux animaux, mais le pire était encore à venir… La nuit tombée, je ne voyais plus rien, je continuai de marcher quand soudain, un bruit retentit. Quelqu’un était en train de m'attaquer !! Je vis une silhouette étrange, portant un arc, c’était... un squelette ! Comment était-ce possible ?

J'eus à peine le temps de me cacher derrière un arbre, quand soudain… écran noir. «Oh non, encore une coupure d'électricité, c’est la deuxième fois cette semaine ! Je ne peux même pas profiter du jeu que l’on m’a offert pour Noël ! »

Game over

04:17. Je me frotte énergiquement les yeux pour lutter contre la fatigue et ouvre Warriors Of Time, mon nouveau jeu-vidéo préféré. Je me rappelle encore du jour où j’ai vu l’affiche, il y a de cela quelques mois. C’était un matin de janvier assez froid, j'étais assis sur le banc d’un abribus, en train d’attendre le car scolaire qui m’amènerait au lycée. C’est à ce moment-là que je remarquai l’affiche publicitaire. Elle faisait plusieurs mètres carrés et on voyait un de ces soldats de l’antiquité romaine au premier plan... comment s’appellent-ils déjà ? Mon cerveau a besoin de sommeil… Ah oui, les gladiateurs. Ce gladiateur brandissait un glaive en criant, avec un

regard fixe et plein de haine qui semblait étonnamment nous être destiné. On lisait, en-dessous, en gros caractères : « Warriors Of Time, vivez le combat ». Depuis, WOT a eu un succès planétaire et dans toutes les rubriques jeux vidéos des médias on a vanté des graphismes d’un réalisme incroyable, un jeu passionnant et des « maps » représentant parfaitement des lieux historiques. En effet, il est possible de combattre à différentes époques comme l’antiquité, la période médiévale ou la seconde Guerre Mondiale. Je lance donc une énième partie qui sera surement la dernière, au vu de mon état de fatigue. La bataille débute, nous sommes le lundi 2 décembre 1805 à Austerlitz. Je saisis mon fusil à baïonnette et me mets à courir vers le front avec mes compagnons de la Grande Armée. Je me jette dans la bataille avec hargne, je commence par viser et

tuer plusieurs ennemis. Puis je me lance au corps à corps en empalant les soldats qui me font face. Des bruits assourdissants retentissent, ce sont les canons qui sont projetés avec violence sur les lignes ennemies. Dans la précipitation, j’ai relâché ma vigilance et un Prussien m’a entaillé profondément le bras gauche et le sang coule à flots. Je m'éloigne rapidement du front, la douleur est insoutenable, mes cris se noient dans le vacarme du combat qui fait rage quelques dizaines de mètres plus loin. De nombreuses minutes passent avant que je ne retourne à la charge. J'élimine alors de nombreux tirailleurs avec le fusil et constate que les Prussiens et les Russes reculent devant la redoutable armée Napoléonienne, la victoire semble proche. J’en suis là de mes réflexions lorsqu’un ennemi apparaît brièvement dans

ma rétine périphérique. Mes réflexes sont très travaillés, je n’hésite pas une fraction de seconde et le descends d’une balle dans la tête. Avant de mourir, il a eu le temps d’allumer la lumière et je découvre le cadavre de mon grand frère - sans doute venu me demander ce que je faisais debout à une heure pareille - gisant au sol dans une grande flaque rouge.

6h45 : La sonnerie la réveilla en plein milieu d’un rêve. M se leva et arrêta l’alarme de son smartphone au logo fruité. Elle s’étira un peu dans son lit et décida enfin de se lever, aujourd’hui serait une bonne journée, pensa-t-elle. Comme tous les jeunes, M a Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter, Pinterest et autres réseaux en tout genre. Ainsi, le rituel matinal de M incluait un détour par ces réseaux, et cela dès le réveil : un tour sur Instagram scrutant les publications et stories de ses amis mais aussi célébrités et influenceuses favorites, quelques minutes pour répondre aux derniers “snaps” de A, son meilleur ami qui est toujours d’humeur à se confier une fois la nuit tombée …

7h00 : M se décida à faire sa toilette. Dans la précipitation, elle fit tomber son journal intime rose à paillettes. De retour dans sa chambre, elle fila s’habiller en choisissant avec soin sa tenue. Ce jour-là, elle jeta son dévolu sur une jupe courte rose, un pull en laine blanc et des collants fleuris. Elle enfila le tout face au miroir de la salle de bain familiale et débuta son maquillage : elle habilla son regard d’un fard rose pastel, d’un trait d’eyeliner qu’elle s’appliquait à dessiner le plus droit possible et d’une pointe de mascara. Pas besoin de maquiller son teint ayant une peau de bébé, comme sa mère s'efforçait à lui répéter ; M mit donc du blush orangé et appliqua généreusement de l'highlighter sur ses pommettes et le bout de son nez afin de briller de mille feux. Elle finit ensuite sa mise en beauté par un soupçon de gloss acheté la veille.

7h30 : Après une bonne demi-heure de travail M se trouvait enfin présentable, elle saisit son cartable, choisit un manteau, une écharpe, ses bottines préférées et les gants offerts par A l’an passé en ce même jour. M se diriga enfin vers le salon à toute vitesse pour prendre son petit déjeuner en compagnie de son meilleur ami délaissé quelques minutes : son smartphone. En descendant les escaliers, bien encombrée par toutes ses affaires M se libèra néanmoins une main afin de choisir la vidéo qui accompagnerait son traditionnel bol de céréales. 7h40 : Une fois dans la cuisine, M se servit un bol de céréales avec quelques gouttes de lait qu’elle dégusta sur la table de la salle à manger en visionnant une vidéo d’ EnjoyPhoenix, une de ses youtubeuses favorites.

7h50 : Après avoir placé son bol dans l’évier, M était prête. Elle entendit alors un klaxon, regroupa alors une nouvelle fois ses affaires et sortit. 7h55 : M monte dans la voiture rouge de son père qui l’attendait en compagnie de sa mère et de son petit frère L. Son père s’écria :“On a bien cru que tu n'arriverais jamais ! Joyeux anniversaire ma chérie, ma princesse a déjà dix ans, je n’y crois pas.”

LE VOYAGE CAUCHEMARDESQUE

Vendredi 28 décembre 2018 - Rue Gabriel Péri, Toulouse.Sur ma trottinette électrique, je me rends à la gare Matabiau pour prendre le train, direction Bruxelles-Midi. Je vais rejoindre mes frère et sœur pour fêter le nouvel an 2019, j’y vais pour passer un bon moment. Tout se passe très bien jusqu’au moment où une manifestation de gilets jaunes apparaît devant moi, assez étonnant pour une période de fête. Il y a beaucoup de manifestants. En passant par les allées Jean Jaurès, je vis au loin des policiers, nombreux. L’accès au Boulevard de la Gare est bloqué. Une seule solution : se présente, rebrousser chemin et prendre le métro pour un arrêt. Un

euro et soixante centimes pour une seule station. Aïe, ça commence mal ! La suite du chemin se passe tout aussi mal. La France étant en pleine crise migratoire, dans le train, des contrôles de police sont effectués. Étant résidant sous carte de séjour, on me pose un nombre de questions invraisemblable. Arrivé à Paris, je ne prends pas le risque de quitter la gare Montparnasse et m’engage dans le métro. À la gare du Nord, j’ai l’impression de me retrouver dans un labyrinthe. Je cherche la voie 10. Trouvée ! Il était temps ! Je cours pour attraper mon train qui part dans quatre minutes, il est stationné en face d’un TER Hauts-de-France pour Beauvais. Et comme si ce n’était pas assez, un contrôle de sûreté pour monter dans le train, entre un aéroport et une gare, pas de très grande différence.

J’ai une heure et demie de tranquillité avant mon arrivée à Bruxelles, tranquillité ou presque, une interminable attente à Lille d’un autre Thalys en provenance d’Aime-La-Plagne qui était en retard, cette heure et demie se transforme en deux heures et trois minutes. Arrivé en gare de Bruxelles-Midi, enfin ! En me rendant vers le tram souterrain, j’oublie que je n’ai pas changé ma carte de transport que j’avais faite en 2012, valable cinq ans. J’essaye de valider, une fois, deux fois, puis trois puis quatre, les portes automatiques ne s’ouvrent pas. Je me rends au guichet, pour renouveler ma carte on me demande cinq euros et mon numéro de registre national. Cinq euros, je les ai, mon “NRN”, et bien non, cela faisait quatre ans que j’avais déménagé de Belgique, je n’ai plus de document d’identité belge.

J’achète un ticket, deux euros dix et me rends chez ma sœur à une demie heure en tramway. Je descends à la station Vanderkindere dans le centre de la commune d’Uccle. Le périple prends fin. On aurait dit un cauchemar, n’est-ce pas ? Et bien oui, j’habite au Maroc depuis le 8 août 2016. Nous sommes le dimanche 7 juin 2020, il est 4h28 et je viens de me réveiller d’un cauchemar. Je viens de vivre mon pire voyage... qui n’a en réalité jamais existé.

OUMAIMA

Je suis chez ma tante. J’ai mal au ventre, j’ai vomi ce matin. J’appelle Lucie, ma cousine, elle est élève en école de médecine en France, elle saura s’occuper de moi. Elle m’ausculte rapidement. Elle pense que je suis enceinte. Impossible. Je ramène le dessert à table, Maman me trouve pâle, Lucie dit à mes parents qu’elle m'emmène à la pharmacie. Au bout de cinq minutes, nous sommes dans la voiture. On roule, je vois la pharmacie, Lucie ne s’arrête pas. J’ai compris. On va à l’hôpital. J’ai peur. A l’entrée de l'hôpital, la réceptionniste me demande mon nom, mon âge, le lieu de naissance, le nom de mon mari. Oumaima El Fadha, 20 ans, Casablanca, //. La dame de l'accueil

regarde vaguement la fiche, elle hausse les sourcils. « Désolée Oumaima, ça ne va pas être possible. » Ici, il est impossible d’accoucher sans être mariée. Lucie, grâce à ses contacts me permet d’accoucher clandestinement. «Tu dois le retrouver, il faut qu’il reconnaisse le bébé, tu vas aller en prison si tu ne trouves pas le père.» Au bout de deux heures, dans l’un des quartiers les plus pauvres de la ville, nous avons trouvé son adresse. Selon sa soeur, il n’est pas là. Le lendemain, mon père apprend la nouvelle, il est grand-père et totalement déshonoré. La honte s'abat sur sa famille. « Nous allons tous ensemble chez lui, il doit reconnaître le bébé. » Chez lui, sa mère se montre vénale, elle remarque chacun des bijoux de Lucie et chaque petit signe d’aisance. Nous sommes d’accord, il doit

reconnaître le bébé. Il arrive, il rentre chez lui, il me voit, avec le bébé. Il nous jette de chez lui devant sa mère, son petit frère et sa soeur. « Demain, nous allons au commissariat ! » s’exclame papa. «Vos dépositions sont bien différentes. Il prétend t'avoir vue en train de pleurer assise sur un banc alors qu’il sortait du boulot, il t’a offert un café, vous avez un peu parlé et vous en êtes restés là. Alors que d’après ton père, il t’a violée. Et d’après toi, tout s’est passé normalement après votre café. Alors, quelle version est la bonne ? S’il t’a violée, cinq belles années de prison s'offriront à lui, choisis bien !" me dit l'officier de police qui s’occupe de notre affaire. « Tout s'est passé normalement, il ne m’a pas violée, nous avons couché ensemble.

- Maintenant il faut qu’il reconnaisse l’enfant, dit le policier. - Jamais ! » s’exclame le jeune homme. Le policier me dit de quitter la pièce, et d’appeler mon père. Vingt minutes plus tard, il était à moitié endormi, il saignait, il a reconnu l’enfant, le policier nous a déclarés mari et femme. Nous sortons du commissariat, je tente de m’excuser, il me crache dessus, il part en bus et je rentre dans ma Mercedes. Lors de la fête de mariage, il ne souriait pas, il ne me regardait pas. Sa mère, elle, profitait du buffet à volonté payé par les économies de mes parents. Lucie arriva, elle était accompagnée de son copain parfait, elle avait une tenue parfaite, un maquillage parfait, tout était parfait chez elle, je l’enviais un peu. J’ai vu mon père entrer dans la salle, il était accompagné de l’un de mes deux oncles, le père de Lucie. Je suivais

mon père du regard, il avait vu quelqu’un qu'il saluait de loin, et il le rejoignit. Je compris enfin vers qui il se dirigeait, mon pire cauchemar, l’homme qui me hante, ma plus grande frayeur, le deuxième frère de mon père, mon oncle, le père de mon enfant. La personne qui m’a détruite. L’homme qui n'hésita pas une seconde à me violer, à m’anéantir et à anéantir la vie d’un jeune homme qui a juste été gentil avec moi. Même sa famille ne le soutient pas. Tout ça pour protéger ma famille. Le frère de mon père m’a violée.

Il fait nuit noire lorsque je suis réveillé par Élise. Elle me secoue brutalement par l'épaule, et me souffle une phrase que je ne comprends pas. Je suis totalement désorienté, aveuglé par les ténèbres profondes qui inondent la pièce. Mon esprit refait lentement surface : la nouvelle maison. Nous sommes dans la nouvelle maison. Je n'essaie même pas d'atteindre la lampe de chevet ou de regarder l'heure sur mon réveil. Il n'y a toujours pas l'électricité. Le corps ankylosé, l'esprit engourdi, je peine à sortir de la stupéfiante torpeur de mon sommeil. Je fixe la fenêtre en face du lit en clignant bêtement des yeux : un orage spectaculaire secoue la forêt de pins qui entoure la maison. Le ciel gronde et explose, fendu par de grandes lignes éblouissantes, tandis que la pluie monte inlassable

ment à l'assaut de la fenêtre de notre chambre. Je me redresse péniblement, et j'attends que mes yeux s'habituent à l'obscurité avant d'être ébloui par un éclair trop proche qui déchire le ciel et projette les ombres des conifères sur la façade de la vieille bâtisse. Élise enfonce ses ongles dans mon bras. "Quelqu'un frappe à la porte", chuchote-t-elle d'une voix faible. Le regard toujours fixé sur la fenêtre, je tends l'oreille. "Tu es sûre que ce n’est pas juste l'orage ? - J’en suis certaine, quelqu'un frappe à la porte ! - On est en pleine forêt, Élise. Pourquoi quelqu'un viendrait-il toquer à notre porte en pleine nuit ? -Quelqu'un frappe à la porte, je te dis ! Tu devrais aller voir", dit-elle d'une voix enrouée.

Je sors du lit en grognant, et m'avance vers la fenêtre. Sur le perron en pierre usé en dessous de moi, je distingue effectivement une silhouette, assaillie par la pluie, qui cogne avec force et désespoir sur notre porte d'entrée. Cette vision étrange m’a totalement réveillé. Intrigué, je traverse la chambre à tâtons pour me rendre au rez-de-chaussée et tirer cette histoire au clair, un début de malaise naissant au creux du ventre.

L'anxiété

Nous étions tous assis autour d’un feu, ma classe et moi. Eh oui, notre chère agaçante professeure avait décidé de nous emmener camper pour nous changer les idées et se “déconnecter” du monde, mais surtout, pour oublier le suicide de mon amie Mia qui s’était produit une semaine auparavant. Vous voyez, Mia a laissé six lettres pour les personnes qui l’avaient poussée à faire ce qu’elle avait fait. Voici la liste : Eva qui avait propagé des rumeurs sur Mia, Lara et Morgan qui étaient amis avec Mia et avaient vu que celle-ci souffrait mais n’avaient rien fait pour l’aider et avaient cru à ces rumeurs, Liam qui lui avait fait croire

vouloir devenir son ami mais l’avait juste utilisée pour rendre jalouse sa petite amie et donc l’avait abandonnée quand celle-ci était revenue chez lui. Bien sûr, celle-ci avait remué le couteau dans la plaie et propagé d’autres fausses rumeurs sur Mia… et enfin, une lettre pour le délégué de classe qui faisait partie de la bande de populaires : Harden. Mia était venue chez lui pour lui raconter ce qu’il se passait en classe, que celle ci n’en pouvait plus et voulait mettre fin à ses jours. Mais quand elle lui parlait, Harden n'arrêtait pas de jeter des coups d’oeil aux messages qu’il recevait et de rigoler à certaines blagues que ses amis faisaient. Quelques jours après, les rumeurs n’avaient pas arrêté et donc en rentrant chez elle, Mia avait écrit ces lettres pour nous puis s’était jetée du toit de son immeuble et n’avait donc pas survécu à la chute.

Vous, vous demandez sûrement ce que j'avais dû faire moi aussi alors que j’éprouvais des sentiments pour elle. Le voilà, le problème : je possédais des sentiments pour Mia, mais comme celle-ci souffrait, j’avais eu peur que ce que je ressentais pour elle ne fut pas réciproque et que mes sentiments aient été négligeables pour elle. Ainsi, je n’avais pas eu le courage d'aller lui parler et la secourir de ses problèmes. Comme j’étais la seule personne gentille avec elle, Mia m’apercevait comme son dernier espoir, sa dernière lumière. Mais je l’avais déçue. Il était midi et Mia était allée manger chez elle. Avant de sauter de son immeuble, Mia m’avait envoyé des messages me disant que c’était fini, son malheur et ses souffrances disparaîtraient à la seconde où elle tomberait. Je ne vous l’ai pas dit mais j’ai de l’anxiété qui me laisse toujours imaginer le pire des scénarios. Or, à ce

moment, j’ai pensé que Mia allait commettre un meurtre et était rentrée chez elle apporter un fusil. J’avais hésité à ce moment-là : devais-je aller chez elle et tenter de l’arrêter ou aller chez moi m’enfuir ? Après dix minutes d’hésitation, j’avais pris mon courage à deux mains et couru chez elle, mais en arrivant j'avais vu une ambulance arriver. A cet instant, j’avais pu faire le lien entre l’ambulance et les messages. Mia s'était suicidée et j’étais arrivé trop tard en hésitant sur un fait banal alors que je savais très bien que je ne devais pas hésiter. Je sentis quelqu’un s’asseoir à côté de moi : c’était Mia, et voyant mon visage larmoyant elle se précipita pour me demander : « Jason, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

-Je m’imaginais ce qui se serait passé si j’étais venu un peu trop tard et n’avais pas trouvé les lettres dans ta chambre qui ne m'auraient pas indiquer que tu étais sur le toit essayant de mettre fin à tes jours. -Relax, Jason. Le but de ce camping est de se changer les idées et de se déconnecter du monde mais surtout oublier ma tentative de suicide. Il faut vraiment que tu traites ton anxiété.», dit-elle en riant.

La nuit tous les chats sont gris

Je me présente : John White, homme blanc de 38 ans , ex-lieutenant chef de la police de Denver. Je dis bien “ex”, car cela fait une semaine que l’on m’a muté à Atlanta, la ville où on affecte les policiers dont on ne veut nulle part. Pourtant j'étais la star de mon département avant ce maudit contrôle. La mort de ce jeune fait tache dans mon dossier. J’avais emménagé dans la maison de feu mon grand père un grand combattant confédéré qui a lutté pour les vraies valeurs de notre grande Amérique et qui malgré la défaite est resté fidèle aux idéaux qui ont bâti notre patrie. C'était une maison d'époque, avec une décoration feutrée. Le parquet vernis avait traversé les ans, recouvrant le grand salon où je me trouve actuellement, confortablement assis sur l’ample fauteuil dans lequel mon grand

père passait la majorité de ses journées à bouquiner devant la grande bibliothèque en bois d'acajou figée dans le temps. Feuilletant l’album photo familial en cette nuit pluvieuse de décembre un verre de scotch à la main , je revois les doux étés de mon enfance, ici en Georgie, dans ce quartier qui a vu sa population… Comment dire ? … changer, voilà c’est le mot ! C'était un quartier chic au nord de la ville, maintenant ce n’est plus qu’un énième “ghetto” peuplé de gens de couleur. Il était 23 heures, je dégustais mon troisième verre de la soirée. Je me mis à la fenêtre observant mon nouveau quartier, lorsqu’une voiture noire garée devant ma maison m'intrigua. Je la voyais souvent se garer ici depuis mon arrivée. Mon instinct de flic me fit penser que c’était un cambrioleur faisant du repérage ou un membre

de gang venant en quête de représailles. Dans ces quartiers, c’est toujours la même histoire des blacks qui tuent d'autres blacks, c’est comme ça que ça marche. Soudain quelqu’un frappa à la porte d’un coup ferme ;j e me précipitai à la fenêtre pour voir de qui il s’agissait. A cette heure tardive et sous la pluie, impossible de voir qui est sur mon porche, mais ce qui m'intrigua le plus est que le conducteur de la voiture noire n'y était plus. Il est donc là pour moi, mais pourquoi ? Me cambrioler ? Aucun cambrioleur ne frapperait à la porte ! C’est sûrement un voyou venu venger le petit de Denver. Comment a-t- il pu trouver mon adresse ? Mais bon,cela importe peu maintenant. Je prends mon portable et j'appelle la centrale, une unité est en route, ils ne tarderont pas à arriver. Il frappe encore plus fort à la porte, il

m'appelle même par mon nom. Je m'approche pour regarder par le judas à qui j’ai affaire. C’est un homme grand, noir bien sûr, on ne le distingue pas clairement dans la nuit, il a sûrement une arme sur lui , il a l’air inquiet et son regard confirme les raisons de sa venue. J’ai toujours eu un don pour lire dans les yeux… Les coups s'intensifient. il doit être impatient de me régler mon compte, il crie mon nom de plus en plus fort, tout en m’appelant par “monsieur White”. Plutôt bizarre, pour un criminel, d’appeler sa victime par " monsieur". Peut-être dissimule-t-il derrière cette politesse ses violentes intentions ? Je monte en courant à l’étage prendre mon arme de service au cas où cela dégénérerait. les renforts prennent trop de temps, je vais devoir gérer seul. Je la prends en main, mon doigt en position, près

de la gâchette. Son manche m’avait manqué. Ce calibre 9 a déjà tiré quatre fois, quatre vermines de moins dans nos rues. A chaque fois, c’est la même chose : l’interpellation se passe normalement jusqu'à l’instant T où pour une raison de ' légitime défense ', la gâchette sera pressée , le percuteur formera l’étincelle qui éjectera la balle du canon à plus de 250 m/s pour venir s’écraser dans l’abdomen ou le crâne de la victime, lui offrant une mort presque instantanée… C’est bon, je suis devant cette porte en chêne massif, il continue de frapper... 23h13 sur ma montre, je tourne la clef dans la serrure. Je positionne ma main gauche à douze heures sur la poignée et de la main droite je tiens mon arme, prêt à tirer si c’est nécessaire. Il continue à crier mon nom, je crois qu’il est bien décidé à en découdre, . Il est tombé sur le mauvais policier, il me suffit d’une

milliseconde pour le renvoyer d'où il vient. Je presse graduellement la poignée tout en me remémorant la procédure. Le plan est déjà fait dans ma tête : j’allais ouvrir d’un coup la porte et faire mon devoir de policier. C’est le moment ! Mes muscles se contractent, je commence mon décompte, 5...4...3...2...1...0, j’ouvre la porte brusquement. Devant moi se tient l’homme en question. J'ai juste le temps de distinguer dans la pénombre un objet noir dans sa main droite. Je dégaine mon pistolet : c’est lui ou moi !… PAN ! Le coup de feu semble gravé dans l’air. Le teint livide, le regard fixe, il bascule vers l'arrière, s'écrase sur le sol, laissant apparaître une mare de sang s'étendant sur mon porche. La balle l’a touché en plein coeur , sa main se détend et laisse apparaître son téléphone que j’ai pris pour une arme, sa tête bascule

vers la droite, ses yeux s'écarquillent comme apaisé à la vue de quelque chose, des larmes glissent sur ses joues,. Agonisant, il sourit… A mon tour je regarde dans la même direction que lui, et je comprends l'ampleur de mon erreur… Devant moi se tenaient deux petits êtres, couleur ébène, horrifiés par l'atrocité de la scène qui se tient devant eux, la bouche béante, apeurés. Je les regarde avec stupeur réalisant qu’en réalité il s’agissait des enfants de mon voisin. Je m'approche du cadavre encore chaud afin de l’identifier. C’est bien lui ! Le procès a révélé qu’il avait perdu ses clés et était à la rue avec ses enfants, attendant un serrurier et souhaitant trouver refuge chez moi. Finalement, j’ai été acquitté, dans six mois je pourrai reprendre mes fonctions. Tout rentre dans l’ordre...

Elena

Il est sept heures du matin. Le réveil sonne. Aujourd'hui encore, je dois me rendre au lycée. Mais ce sera différent. Ça doit l'être. Je vais sourire et ce sera crédible. Depuis ce qui s'est passé, je me sens comme la plus horrible des personnes. Seulement maintenant, je ne peux pas revenir en arrière. Je dois tout oublier. Je dois repartir à neuf, devenir quelqu'un de nouveau et de meilleur. Je dois être là pour mes amis. C'est la seule façon pour m'en sortir. Je suis à présent en route vers le lycée. Le ciel est bleu. Les oiseaux chantent. Tout va au mieux dans le meilleur des mondes. Soudain, je vois Elena. Elena était avant ma meilleure amie. Elle rit et a l'air heureuse. Seulement, elle est si loin de moi. Loin de tous.

Blême comme un fantôme, elle se retourne vers moi et me jette un regard noir. Mon cœur s'arrête. Un flot d'émotions m'envahit. Douleur et colère. Tristesse. Culpabilité. Comment ai-je pu être aussi stupide ? Elle continue de me regarder. Je veux m'effondrer. Je veux tomber sur le trottoir juste là et me glisser dans le lierre. Parce que juste derrière le lierre le trottoir change de direction. Il coupe à travers la pelouse avant et conduit directement au bâtiment principal. Il mène à travers les portes d'entrée et se transforme en un couloir, qui serpente les rangées de casiers et les salles de classe des deux côtés, conduisant finalement à ma classe dont la porte est toujours ouverte lors de la première heure de cours. À l'avant de la salle, face aux étudiants, se trouvera le bureau de M. Porter. Et au milieu de la pièce sera la table d'Elena. Vide.

J'espérais ne pas la voir aujourd'hui. Elle a toujours séché la première heure de cours. Bien que je ne l'aie pas vue en cours, je sens que ce ne sera pas le cas toute la journée. Je sors de classe. Elle est là. À midi, elle s'assoie à une table pas très loin de la mienne. Pendant l'inter-cours, je la vois aussi. Soudain, elle s'approche de moi. Elle semble vouloir me parler. Je ne me sens pas bien. Je dois être malade. Je pars avant qu'elle n’arrive. Je donnerais n'importe quoi pour récupérer notre amitié, mais pas de cette manière. Objectivement, il est trop tard. Bon, j'ai survécu à cette journée. J'ai dû dire « je vais bien, merci » au moins 37 fois, sans le penser une seule fois. Et personne ne l'a remarqué. Quand quelqu'un demande « Comment ça va, Scott ? », la réponse ne les intéresse pas vraiment. En tous cas, après cette

journée, je suis fatigué de faire semblant. Mon amitié avec Elena me manque. Elle me manque à chaque fois que j'inspire une bouffée d'air. Je veux l'oublier mais mon cœur se sent si froid par lui-même, et si chaud quand des pensées d'elle coulent à travers moi. Encore une fois, la culpabilité m'envahit. Les mauvaises choses restent en nous. Elles nous suivent. On ne peut pas leur échapper. Je sais que ce qui s'est passé n'est pas entièrement de ma faute, mais c'est plus fort que moi. Si on écoute une chanson qui nous fait pleurer et qu'on ne veut plus pleurer, on n'écoute plus cette chanson. Mais on ne peut pas s'échapper de soi-même. On ne peut pas décider de se mettre sur pause. On ne peut pas décider de couper le bruit qui se trouve dans notre tête. Oui, je n'ai rien fait, mais ma culpabilité vient justement du fait que je n'ai rien fait. Je n'ai pas été là pour

elle, je n'ai pas remarqué qu'elle avait besoin de moi. Personne ne sait avec certitude quel impact ils ont sur la vie des autres. Souvent, nous n'en avons aucune idée. Si je l’avais su, j'aurais pu empêcher son suicide. Décidément, ce manque, cette culpabilité et ces hallucinations ne me quitteront jamais.

Comptine

“Promenons-nous dans les bois Pendant que le loup n'y est pas Si le loup y était Il nous mangerait Mais comme il n'y est pas Il nous mangera pas” Je murmurais cette comptine pour me rassurer, marchant d’un pas pressé alors que la pluie s'abattait sur moi en cette nuit du 12 novembre 2020 dans ce petit bois aux alentours de la maison de sante Sainte-Anne à Paris. Je m’enregistrai sur mon téléphone pour

immortaliser mes dernières pensées. Je me trouve seul ou presque dans ce bois sombre,humide,les arbres formant des silhouettes familières qui me donnent la chair de poule, le vent souffle fort secouant les branches dans un brouhaha qui ne faisait qu’accentuer ma peur… Il s'approche, je le sens venir , il n’est plus très loin... Ma batterie n’est plus qu'à 10% , il ne me reste plus beaucoup de temps ni d'énergie pour vous expliquer ce qui m’arrive. Je suis actuellement blottie au pied d’un chêne, recroquevillée sur moi-même, complètement trempée, un couteau dans mes mains pleines de sang, mon sang .... Je sens les battement de mon coeur s’intensifier, je peine à respirer, mes pensées se troublent… Il n’est plus qu'à quelques dizaines de mètres de moi, J’ai peur....Cette fois-ci, il me

tuera, c’est sûr ! J’ai déjà eu affaire à lui à plusieurs reprises depuis janvier dernier mais cette fois, au plus profond de moi, je sens ce mal s'approcher. Plus que 5%... Je serre de plus en plus le couteau dans ma main, les genoux collés à ma poitrine je chantonne: “Promenons-nous dans les bois Pendant que le loup n'y est pas Si le loup y était Il nous mangerait Mais comme il n'y est pas Il nous mangera pas” Les gouttes de pluie viennent se mélanger à mes larmes traversant mon visage, épousant la courbure de mes joues puis de mes lèvres pour enfin rejoindre mon menton et s'écraser sur ma robe blanche toute déchirée et couverte de boue portant le numéro 12569D...

La lame chaude du couteau caresse alors ma joue dans la froideur de ce bois j’y trouvais réconfort. Il est juste là, je sens qu’il m'observe entre les arbres, mon mal être intérieur s'accroît, mes poils se hérissent, mes membres se raidissent, une oppression venue de l'intérieur me prend soudainement … il est tout près je le sens dans la pénombres, il s’approche , je le ressens ... Mon ventre se noue alors que je ne contrôle plus plus mes membrs, je suis prise de violentes convulsions, mes pensées se troublent... Je n’arrive plus à parler… A celui celui qui écoute cet enregistrement... Vous trouverez celui que je fuis au bout du 2eme ou 3eme … V…Ve…Vers……” (le téléphone s'éteint) Maison de santé Sainte-Anne le 13 novembre :

Commissaire Dubois : Alors monsieur Leloup, comment va-t-elle ? Dr. Laurent Leloup : Elle se rétablit peu à peu, les blessures qu’elle a au visage laisseront quelques cicatrices bien sûr mais c’est sa santé mentale qui m'inquiète le plus. Depuis son arrivée en janvier, son état n’a fait qu’empirer. Commissaire Dubois : Et depuis quand fait-elle ces crises de démences ? Dr. Laurent Leloup : Cela a commencé quelques semaines après son arrivée, depuis elle n'arrête pas de chanter cette satanée comptine. Commissaire Dubois : C’est bien vous qui vous êtes lancé à sa recherche dans les bois après avoir remarqué qu’elle n’était plus dans sa chambre ?

Dr.Laurent Leloup : Oui, monsieur le commissaire, je l’ai trouvée dans un état pitoyable, le visage en sang pleine de boue et trempée. Heureusement que je suis arrivé à temps : on peut s’attendre à tout de la part d’une folle. Commissaire Dubois : Avez-vous écouté l’enregistrement que je vous ai envoyé ? On l’a retrouvé sur le portable de votre patiente. Dr. Laurent Leloup : Oui, il est assez troublant, mais bon je ne m’attendais pas à autre chose de la part d’une folle. Commissaire Dubois : Ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve dans un état similaire...Auriez-vous une explication à cela ? Auriez vous une idée de ce qu’elle a voulu dire dans la dernière phrase ? Cela nous aiderait grandement.

Dr. Laurent Leloup : Non, je ne l’ai pas comprise, mes patients sont tous atteints de troubles psychiques graves. Ils disent souvent un tas de choses mais bon, très peu sont sensées. La patiente en question souffre de démence, cela peut la pousser à s’infliger des choses pareille. Commissaire Dubois : Bon, envoyez-moi votre déposition dans les plus brefs délais et tâchez d'éviter que ce genre d'événement se reproduisent. Dr. Laurent Leloup : Merci, monsieur le commissaire, ne vous inquiétez pas, je m’occuperai bien d’elle. Commissaire Dubois : Au revoir, et méfiez-vous : à force de côtoyer les fous on finit par en devenir un. (Dans la maison de santé une phrase résonne depuis la chambre

710) “Seule la dernière phrase compte !...Seule la dernière phrase compte !”

UN COURT VOYAGE DANS L’ESPACE

Monsieur et Madame Miller formaient un couple de riches américains. Mais cela faisait quelques années quand même que M. Miller commençait à s'éloigner de sa femme, la détestant de plus en plus. M. Miller envisageait un divorce, mais ne voulait en aucun cas céder ne serait ce qu’une fraction de sa fortune à son épouse. Grâce à leur rang dans la société bourgeoise américaine et à leurs contacts haut placés dans le gouvernement, ils réussirent à s’emparer de deux tickets pour un vol privé dans l’espace. fin de profiter au maximum de l’occasion spéciale qui leur était présentée, ils commencèrent à se documenter sur ce sujet, en particulier M. Miller. Le grand jour arrivait à toute allure et la jubila

tion se sentait parmi le couple bourgeois et son personnel. Deux jours avant leur voyage, M. Miller notifia l’agence spatiale d’une demande d’avancement du lancement de la fusée de quelques heures. Sa demande fut approuvée quelques heures plus tard. Lors du jour du lancement, un nombre important de préparatifs furent effectués. Le lancement de la fusée n’étant plannifié que cinq heures plus tard, le couple décida de visiter la fusée au préalable. Arrivé devant le panneau de contrôle, M. Miller dit à son épouse qu’il l’aimait à un tel point qu’il aurait aimé que ce soit elle qui inaugure ce vol, en allumant les moteurs. Joyeuse d’entendre cela, elle s'empressa d’appuyer sur une suite de boutons dictés par son mari afin d’allumer les moteurs. L’heure du lancement étant arrivée, M. Miller se présenta devant la

plaque de lancement et fut introduit dans la fusée. Etrangement, sa femme n’était pas présente avec lui, ce qui l'obligeait à décoller sans elle. Le compte-à-rebours fut prononcé, et un grand sourire figurait sur la tête de M. Miller. Quelques secondes plus tard, la fusée décolla, et arrivée à une dizaine de mètres, un bruit strident provint de la fusée, bruit, qui fut suivi d’une gigantesque déflagration. M. Miller mourut sur le coup. Après une longue enquête policière, il fut découvert que l’explosion avait été déclenchée par un allumage prématuré des moteurs. Ces derniers, étant actionnés par Mme Miller, cela faisait d’elle le suspect principal, puis après avoir mis en lien cela et le fait qu’elle n'avait pas assisté au décollage, elle fut déclarée coupable. Quelques jours plus tard, durant l’étude de la distribution de l'héri

tage de M. Miller, on trouva, sur son bureau, un testament, écrit la veille du voyage. Il stipulait que la totalité de son argent et de ses biens devait être léguée “à des associations caritatives citées ci-dessous”. De plus, il était noté qu’aucun membre de sa famille ne recevrait de biens, y compris sa femme.

Ikram

Elle restait assise dans le noir, recroquevillée sur elle même après ce qui venait de se produire. Elle était trop jeune et trop innocente pour comprendre ce qui se passait. Elle avait du mal a respirer, étouffée par ses larmes et par la honte; elle était aussi blessée physiquement, des marques qui ne disparaîtront jamais et qui lui laisseront une trace de cette terrible histoire. Elle n'oubliera jamais son visage et son sourire fier après avoir réussi à échapper à tout ça. Elle n’avait que six ans, et lui la trentaine. Elle ne méritait rien de cela, mais lui se sauve des conséquences de ses actes. Il venait de briser une jeune fille qui avait toute sa vie devant elle, et toute une enfance dont elle devait profiter.

Un acte inhumain, immoral, immonde. Personne n’était là pour elle, elle se sentait si seule, son propre père l’avait trahie, ne la vengeant pas et ne vengeant pas son histoire. Elle restera hantée par toutes ces images et certains sentiments de dégoût envers elle-même, cet homme, son père, et le gouvernement ne l'aidant pas dans cette situation. Toujours dans son coin, son père se rapprocha d’elle l’air inquiet, et lui demanda ce qu’elle avait. Elle se retourna vers lui les yeux rouges et gonflés à cause des larmes : « Tu es mon père, tu es censé me protéger, a-t-elle dit dans un léger soupir. - Ce n’est qu’une simple histoire entre voisins ma chérie, rien de très grave. Il m’a donné de l’argent en plus ! » lui a-t-il tout simplement

répondu.

Les cris

Louise avait 21 ans et vivait dans un village au nord de l'Angleterre. Elle se réveilla un matin dans un lieu inhabituel qui n’était pas sa chambre : c’était l’arrière d’une camionnette et elle était en train de se faire kidnapper. Après plusieurs tentatives d’évasion de la camionnette et plusieurs hurlements, un gaz envahit la pièce et elle s’endormit d’un trait. Plusieurs heures plus tard elle se retrouva dans une pièce sombre, même toute noire et elle ne pouvait rien voir. Pourtant, elle pouvait entendre... malheureusement, elle aurait préféré ne pas le pouvoir. Elle n’entendait que des cris de gens inquiets, la peur envahit tout

son esprit, elle n’arrivait même plus à réfléchir. La terreur prit le dessus. Au bout de trois jours, les cris de panique avaient été remplacés par un silence encore plus terrifiant. Tout le monde se rendit compte que les hurlements ne servaient à rien, c’était la fin. Louise, elle, pensa que ces trois jours de cris n’avaient pas servi à rien. Les cris lui avaient permis d’identifier les voix des cent personnes présentes dans la salle. Elle sut aussi qu’il y avait pile poil cinquante hommes et cinquante femmes. Mais le détail qui la surprenait le plus était que personne ne parlait la même langue, chacun venait d’un pays différent. Cette complication faisait que personne n’arrivait à communiquer. Plus d’une semaine était passée, la faim faisait ressortir le pire de

l'être humain, cette simple pièce se transformait en champ de guerre, les gens s’entretuaient pour se nourrir, mais la chose qui l’inquiètait le plus était qu’elle devait choisir entre la survie ou la mort. Après trois semaines, Louise qui était toujours là, fit le choix de la survie. Ses dix ans de karaté n’avaient par conséquent pas été inutiles. Puis, il ne resta plus rien d’humain en Louise. Son quotidien de prisonnière se résumait à tuer et manger des personnes, ce n’était plus une vie. Elle décida donc de mettre fin à ses jours en se suicidant avec le verre des lunettes d’un homme qu’elle avait tué quelques jours auparavant, et se tailla les veines. Un an après ces événements, des hommes vinrent récupérer les micros placés dans la salle, car ce massacre avait été réalisé par une

entreprise du cinéma Hollywoodien, qui avait fait cela pour enregistrer des cris de douleur et les passer dans les films d’horreur que nous regardons quotidiennement devant nos télés.

AU-DELÀ DES APPARENCES

Comme chaque jour en rentrant des cours, Léa répétait le même processus. Elle allait directement dans sa chambre s’y enfermer. Du haut de ses dix-sept ans, Léa n’avait pas d’amis, toutes sortes de divertissements ne l'intéressaient point, elle trouvait cela futile. Sa vie se résumait à une question existentielle qui hantait son esprit : quel sens à la vie ? La vie se résumait-elle juste à connaître quel pays était le plus puissant et lequel réduirait les autres en compote avec leur nouveau jouet, la bombe nucléaire ? Ou peut-être que la vie n’était que discrimination, malfaisance et cruauté ? Non, Léa ne pouvait l'accepter, elle ne pouvait pas accepter qu’une espèce aussi

complexe et soupçonneuse qu’est l’humain pouvait se réduire à tuer des animaux pour avoir la nouvelle veste en cuir super tendance. Léa savait que pour avoir l’esprit tranquille, elle devait répondre à cette question au plus vite. De plus, Léa était aussi énervée contre la vie et la monstruosité des êtres humains car elle subissait du harcèlement au lycée. Ces différences, qui sont normalement des forces, au lycée sont perçues comme des choses étranges qui lui valent des critiques au quotidien. Léa en avait marre, il était temps d’un réel changement, mais un livre ne pouvait être fermé sans avoir lu la fin, donc Léa devait découvrir cette fin car son livre s’était perdu dans un néant galactique. Donc un jour, elle décida de sécher ses cours de la journée pour sauver le monde, enfin c’est ce qu'elle s'entêtait à

penser. Son plan tout aussi improbable qu’impossible était de s’infiltrer dans la seule zone sur Terre jamais rendue publique, la zone 51, même si la plupart pensaient que le président des États Unis y cachait des extra-terrestres. Léa devait en avoir le coeur net, pour elle, un secret encore plus lourd était caché derrière tout ça. Par chance elle habitait dans le village le plus proche de la zone, et il lui faudrait seulement une heure et trente minutes à vélo. Sur le trajet elle reçut au moins vingt appels manqués de sa mère mais elle se dit que l’enjeu valait le coup d’une punition exorbitante. Après une heure et trente minutes de calvaire, le but était enfin accompli, mais c’est là que les choses sérieuses commencèrent. L’étape la plus difficile était arrivée, car devant la porte se trouvaient dizaines de policiers , mais Léa avait un plan qu’elle peaufinait

depuis des mois : elle allait passer par les égouts. Elle repéra l'entrée et s’y faufila. Cinquante minutes plus tard après avoir marché dans des lieux répugnants, elle trouva enfin une sortie,. Les réponses aux questions qu’elle se posait étaient là derrière cette bouche d’égout. Elle ouvrit avec des mains tremblantes cette ouverture qui, comme elle l'avait bien calculé, arrivait directement vers la pièce centrale, et…… Et, waw, surprenant, ce qu’elle vit était au-delà de toutes ses attentes, elle vit la salle la plus grande jamais construite, avec, sans exagération, une dizaine de milliards d’ordinateurs. L’esprits vide et en même temps perturbé, elle s’approcha d’un ordinateur et vit une chose étrange : des caméras de surveillance, qui filmaient tout le monde. Sur chaque ordinateur, une histoire différente, chaque être

humain sur Terre avait son propre show. Sur le point de s’évanouir, une dernière question lui passa par la tête. Qui avait fait tout cela et pourquoi ? Tout à coup une alarme sonna très fort lui assourdissant les oreilles. En essayant de se boucher les oreilles, elle cria : “Qui êtes-vous ? Et pourquoi fait vous cela? ”. D’un coup toutes les alarmes s’éteignirent, elle poussa un soupir de soulagement mais ça n’allait pas durer,. Les ordinateurs aussi, sauf un, même si après compte elle aurait préféré ne pas le voir, étaient des extraterrestres. Léa paralysée par la peur ne dit rien. Quelque Chose dit: “Tu es la première personne à entrer ici et sûrement la dernière, je vais répondre à ta question. Nous sommes des extra-terrestres, notre intelligence surdimensionnée fait que nous savons tout sur tout, cela peut paraître bien mais à la longue, c’est très ennuyant. Nous avons donc

créé l’être humain pour nous divertir et nous vous regardons quotidiennement grâce à des caméras dans le ciel. Je pense que vous appelez cela des étoiles,. Et dire que chaque soir vous nous admirez sans vous douter de rien. Il faut vraiment être stupide pour faire cela. En tous cas, c’est dommage de mettre fin à ça, avec toi on était seulement à la saison 1 de ta vie, il te restait encore des choses à nous montrer, bon.” Léa toute affolée, cria de toutes ses forces : “ Comment ça dommage ? ”, à la suite de ça, un gaz mortel envahit la pièce, et Léa tomba d’un trait.

Diego

Vêtu de vêtements assez coûteux comme à son habitude, aimant attirer l’attention, Diego Alvador, un homme d’affaires réputé dans sa région, effectuait tranquillement ses courses comme tous les dimanches matins. Son allure attirait les regards curieux des clients, auxquels il ne faisait guère attention. Ce quinquagénaire empoigna les articles dont il avait besoin, et se dirigea tout de suite vers une caisse. Une femme aux traits sévères et au chignon strict fit passer ses produits, non sans pousser un soupir las. Il lui donnait son dû, et s’apprêtait à s’en aller quand une voix l'interpella.

- Attendez ! Il vous manque un centime. Non seulement elle n’utilisait aucune forme de politesse pour saluer les clients, mais en plus, elle allait l’embêter pour un centime ?, pensa alors Diego. Agacé, il chercha au fond de sa poche si une pièce n’y trainait pas, pendant que la vieille femme ne se dérangeait point pour le presser. Ayant enfin trouvé la fameuse pièce, il la lui tendit, et la fit malencontreusement tomber sur le sol. Sans la ramasser, et avec un sourire forcé, il quitta le centre commercial. Se dirigeant vers son véhicule, il sortit ses clés de voiture et ouvrit le coffre afin d’y déposer ses courses. Brusquement une vieille dame surgit à ses côtés, et Diego sursauta de peur ; elle se mit à rire : - Excusez-moi, je ne voulais pas vous effrayer, pouvez-vous m’aider à porter mes courses s’il vous plaît ?

Il hocha doucement la tête, et prit en main les quelques sacs que portait la vieille femme. Diego s’apprêtait à se retourner, quand sa vue fut soudain obstruée par un tissu noir. Un homme venait de lui mettre une cagoule, et le poussait sans ménagement dans le coffre de sa propre voiture. Paniqué et effrayé, Diego tenta de se débattre, mais l’homme lui asséna un coup de pied dans le bas ventre, et referma le hayon sur l’homme d’affaires, plié en deux par la douleur. Le trajet fut long pour Diego, qui avait du mal à respirer dans cet endroit si sombre et étroit. Il ne cessait de frapper contre le toit du coffre, menaçant, appelant à l’aide, en vain. Après une quinzaine de minutes qui parurent trop longues à Diego, le coffre s'ouvrit sur deux hommes imposants, qui lui ôtèrent sa cagoule, avant de l’emmener à l’intérieur de ce qui semblait être un entrepôt abandonné. Il posa de

nombreuses questions sans réponses aux deux hommes : que faisait-il ici ? Est-ce qu’ils en avaient après son argent ? Que se passait-il ? Ils arrivèrent à l’intérieur de cet entrepôt, pratiquement vide. Diego fut aussitôt ligoté à une chaise, pieds et mains liés. L’angoisse et la peur le submergèrent, d’autant plus qu’il n’avait absolument aucune idée de ce qui lui arrivait. Ce fut très dur pour Diego, qui pleurait désormais à chaudes larmes. Les hommes ne faisaient guère attention à lui, puis l’un d’eux vint vers lui et l'interrogea : - Où est notre cargaison ? Diego, surpris et perdu, lui répondit d’un ton désespéré : Où sommes-nous ? Mais de quelle cargaison parlez-vous ? Ils ricanèrent tous à cette réponse ; l’un des deux se tourna vers les autres et affirma : "Il nous prend pour des imbéciles, celui-là !" L’un d’eux s’adressa à la victime :

- Tu ne t'appellerais pas Diego par hasard? - Oui, répondit-il. - Tu ne serais pas le patron du grand garage qui se situe en plein centre? On sait très bien que c’est toi qui as notre marchandise. - Oui, mais en revanche je ne sais vraiment pas de quoi vous parlez. Face à cette réponse, l’un des individus s’élança vers lui, et commença à lui appliquer un grand coup de poing sur le nez, le frappant rudement. Le pauvre homme saignait du nez, tout en étant dans l’incompréhension. Son agresseur reprit la parole. - Cela fait trois jours que vous êtes suivi, soit vous vous nous indiquez l’emplacement de notre marchandise, soit vos enfants en paieront le prix. - Mais je vous dis que je ne sais pas de quoi vous parlez.

- Avez-vous avez une ferme dans les environs ? - Oui... - Nous savons pas mal de choses sur vous. Nous pourrions vous détruire en un claquement de doigt. L’agresseur apporta un sac plastique, qu’il referma autour de la tête de sa victime, lui coupant tout oxygène. Il suffoqua et faillit perdre ses esprits, quand il le lui ôta. - Et maintenant ? Tu vas finir par parler ? - Je vous jure que j’ignore totalement de quoi vous parlez, que voulez-vous ? De l’argent ? Je vous propose une assez grosse somme ! Alors ils se retournèrent les uns vers les autres, sans comprendre. Il devait y avoir un problème. Etait-il le Diego dont ils suivaient la trace

ou n’était-ce qu’un simple malentendu ? L’un d’entre eux finit par prendre la parole : "Pourquoi n'appelle-t-on pas Rodriguez, c’est lui qui avait affaire avec notre client." On chargea l’un des hommes de ramener ce fameux Rodriguez pour qu’il pût s’assurer qu’il n’y avait aucune confusion. Le supplice du malheureux Diego dura de longues heures, lorsqu’enfin apparut celui qui serait soit son bourreau soit son libérateur. " Ce n’est pas lui !" hurla de rage le nouvel arrivant. Sous le flot d'émotions Diego s'évanouit. Quand il se réveilla, il était étendu sur un parking vide. Ayant repris ses esprits, il se rappela qu’il y avait un autre Diego qui avait comme nom de famille Hernando dans son établissement. Il se dirigea vers son entreprise et ne retrouva pas le fameux Diego, son comptable. Le lendemain il apprit

par la presse la mort de ce dernier qui faisait apparemment passer de la drogue dans des véhicules du garage et qui prenait l'identité du patron.

Eden's Gate

Quelque part dans les nuages, il y avait cette ville. Un morceau de terre qui s’était un jour détaché du reste du monde et était parti haut, toujours plus haut. Il y avait cette ville et on ne savait plus trop depuis combien de temps elle flottait au-dessus du monde. Même ses habitants auraient été incapables de le dire. Peut-être qu’au départ, ils avaient été surpris. C’est que ça remontait, tout ça. Maintenant, ils s’en accommodent plutôt pas mal. Ils vivent leur petite vie et ne touchent personne. Parfois, certains s'approchent du bord, le cœur battant et l’estomac noué. Parfois, ils regardaient en bas. Ils ne le comprenaient pas, ils ne comprennent pas comment des hommes créés pour la paix peuvent s’entretuer. Alors ils se questionnent :

“Qu'est-ce que vous changeriez si vous saviez que vous ne pourriez jamais mourir ?” La réponse est évidente, rien. Car là où ils sont, personne ne s’en soucie, tout le monde vit sa vie dans la plus grande des froideurs. Froideur ? Oui, bienvenue à Reykjavik, bienvenue en Islande.

Le doux géant

Son visage à moitié couvert par son masque, “Suis-je la suivante ?” inscrit sur une large pancarte noire et blanche qu’elle portait fièrement au ciel, elle scandait des slogans réclamant justice pour son frère, le doux géant, George Floyd. Elle était si jeune et pourtant si impliquée dans ce combat, on pouvait lire la rage à travers ses expressions faciales, une colère envers le système qu’elle considérait à présent en chute libre, et ses yeux ne laissaient paraître que de la tristesse. On lui avait enlevé sa seule famille et l’avait armée d’un mal qui ne la quitterait jamais. Quelques centaines de personnes étaient au rendez-vous ce jour-là sur l'avenue Chicago Sud de Minneapolis. Les cris et les affronte

ments entre manifestants et policiers rendaient la tension palpable. Soudain, elle reçut une bombe de gaz. Ses yeux commencent à lui faire mal, sa tête est brûlante. Elle prend une grande inspiration, oubliant qu’elle est entourée de gaz toxique, ne se rendant pas compte de la gravité de cet acte, elle se lève et reprend sa manifestation comme si rien ne s’était passé. Plusieurs minutes plus tard, elle criait de douleur, le gaz l’avait plus blessée que prévu. Elle ne se sentait pas bien. Elle entendait le bruit d’une ambulance arriver, elle n’avait pas la force de réagir. Elle se laissa aller. Depuis ce jour-là, la petite fille est en colère, et n’avait qu’une envie : se venger. “Il faudra du temps avant que les choses ne changent mais d'ici là,

malheureusement, combien d’autres victimes ? Ici François-Xavier Dubois en direct sur France 24 de Minneapolis.” finis-je par entendre.