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France Libre Maine-et-Loire

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Created on June 16, 2020

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Ils ont rejoint

de Gaulle !

LES GRANDES FIGURES DE LA FRANCE LIBRE EN MAINE-ET-LOIRE

LES GRANDES FIGURES DE LA FRANCE LIBRE EN MAINE-ET-LOIRE

Ils ont rejoint

de Gaulle !

Il y a 80 ans, le 18 juin 1940, alors que la guerre-éclair lancée par l’Allemagne avait mis à terre la défense française, et que le maréchal Pétain, désormais chef du gouvernement aux pleins pouvoirs, s’apprêtait à signer un armistice signifiant l’arrêt des combats, le général de Gaulle lançait de Londres un appel, où il exprimait le refus de la défaite et la volonté de continuer la lutte. À cet appel en Maine-et-Loire, comme dans le reste du territoire national, des hommes et des femmes ont, immédiatement ou un peu plus tard, répondu. C’est l’histoire ordinaire de ces itinéraires souvent extraordinaires que raconte cette exposition !

La France Libre

Née à Londres, de l’appel du 18 juin 1940, La France Libre est d’abord une réponse spontanée qui exprime un refus de la défaite et reflète un double engagement militaire et politique.

Un engagement d’abord militaire... À l’origine, il s’agit du rassemblement hors de France d’une poignée de volontaires qui s’engagent à poursuivre la lutte sous les ordres du général de Gaulle, aux côtés de l’Angleterre. Si l’appel du 18 juin, dans ses différentes versions et diffusions, a été relativement peu entendu, il aura été, par la voix de la BBC, le premier acte de condamnation publique de la capitulation, dans un sursaut patriotique que le sens de l’Histoire révélera prémonitoire lui conférant ainsi une dimension mythique. …qui devient très vite politique Cette opposition immédiate et résolue au nouveau régime de l’État français se renforce encore, lorsque de Gaulle, enregistrant les premiers ralliements de l’Empire (AEF et Cameroun), se revendique le 29 Août 1940 de « La France Libre », la « vraie France, la seule France ». Le 16 novembre suivant, il va plus loin dans la clarification politique, dans une « déclaration organique » où il proclame l’illégitimité et l’inconstitutionnalité du gouvernement de Vichy, qui de son côté l’a condamné à mort. Dès lors, il incarne un gouvernement alternatif, celui de la « France Libre » et progressivement de l’ensemble de la Résistance.

Qui sont

les premiers volontaires de 1940 ?

En 1940, la démarche du général de Gaulle est solitaire et sans moyens : il n’enregistre d’ailleurs, au début, que très peu de ralliements ! A titre d’exemple, les 9/10e des militaires repliés en Grande-Bretagne demandent à regagner la France. De manière générale, son initiative est assimilée à une dissidence et ne suscite l’adhésion d’aucun personnage politique de renom, pas plus que d’ambassadeurs ou de hauts fonctionnaires. Parmi les rares personnalités qui le rejoignent : l’amiral Muselier, le juriste René Cassin ou encore le général Catroux, ex-gouverneur général de l'Indochine. Ces premiers ralliements sont donc d’abord affaire de conscience individuelle : de jeunes officiers (dont un certain capitaine Philippe de Hauteclocque, qui prend le nom de Leclerc pour ne pas compromettre sa famille), des légionnaires (dont 150 à 200 républicains espagnols), des pêcheurs bretons, des jeunes gens le plus souvent (âge moyen 25 ans)…d’abord des volontaires qui s’affirment patriotes et qui veulent poursuivre la lutte en dehors de toute considération politique et de toute distinction d’origine sociale…. Au 15 août 1940, on estime que toutes armes et effectifs confondus, ils sont 7 000 !

Des jeunes français signent leur engagement dans les Forces Françaises Libres à Londres.

Les Forces Françaises Libres FFL

quels effectifs ?

Combien de Français libres ? Une question simple en apparence mais dont la réponse conserve encore une part d’incertitude. Au regard des travaux historiques les plus récents, on estime qu’au 31 juillet 1943, au moment de leur fusion avec l’armée d’Afrique, les Forces Françaises Libres regroupent environ 65 000 soldats dont 45 % de soldats coloniaux, 50 % d’engagés « citoyens français » et 5 % de légionnaires étrangers. Ces forces se décomposent alors en :

  • 50 000 hommes dans l’Armée de Terre
  • 12 000 hommes dans la Marine (Forces navales françaises libres - FNFL), sous les ordres des amiraux Muselier puis Auboyneau) embarqués sur une cinquantaine de navires.
  • 3 200 hommes dans les Forces aériennes de la France Libre - FAFL) : d’abord intégrées à la RAF (une poignée de pilotes français participent ainsi dès l’été 1940 à la bataille d’Angleterre), ces unités obtiennent leur autonomie à l’été 1941 sous les ordres du général Valin et se divisent en différents groupes : Lorraine, Alsace (Mouchotte), Normandie.
  • Des forces masculines auxquelles il convient d’ajouter les 1 100 femmes qui ont rejoint la France Libre, dont plus d’un tiers sous statut militaire au sein du Corps des Volontaires Françaises (450 femmes en 1943)Ces chiffres enfin, ne comptabilisent pas les personnels civils, hommes et femmes, de Londres, d’Alger, et des différentes représentations ou missions de la France Libre à l’étranger qui s’implantent un peu partout dans le monde au gré des ralliements territoriaux successifs et d’une reconnaissance diplomatique grandissante : ainsi les membres des comités France Libre sont estimés à près de 2000.

Quatrième promotion de l'école des Cadets de la France Libre en Angleterre, octobre 1943.

La France Libre

une organisation politique et militaire

« Faire la guerre aux côtés des alliés, rester fidèles aux principes démocratiques, rendre la parole au peuple », constituent les trois buts de guerre que se fixe le général de Gaulle dès 1941. Chef militaire, le général de Gaulle est aussi un chef politique, qui se dote très vite des instruments nécessaires pour démontrer qu’il incarne la France républicaine et démocratique. Il préside alors à la création d’un véritable gouvernement de la France Libre puis à la renaissance d’une vie parlementaire. Ce faisant, par sa politique de présence, son action régalienne et sa diplomatie activiste, il affirme la véritable souveraineté française. Il obtient ainsi la reconnaissance diplomatique des alliés, tout en oeuvrant à la préparation de la libération du territoire national et à la restauration de la légalité républicaine.

Le général Wladyslaw Sikorski, Winston Churchill et le général de Gaulle devant un tank anglais, le 7 mars 1941.

Les moyens d’action

Les soldats, les cadets et les marins des Forces Françaises Libres défilent à Londres, 1941.

La France Libre, ce sont d’abord des forces combattantes présentes sur tous les fronts aux côtés des Alliés, permettant à la France de figurer au rang des pays vainqueurs en 1945 : Du Levant à l’Afrique en 1941-1942 puis en Europe à partir de 1943 (Italie, Russie, Provence, Normandie….), mais aussi sur toutes les mers.La France Libre, c’est aussi une voix : celle de Maurice Schumann qui, à compter du 18 juillet 1940, s’adresse chaque soir aux Français par le canal de Radio Londres (BBC). Une audience qui devient très vite suffisamment large pour que les autorités d’occupation s’emploient de plus en plus à en brouiller l’écoute et à en sanctionner les auditeurs. La France Libre, c’est enfin une action clandestine en France métropolitaine. Dès l’été 1940, des agents de renseignements sont envoyés en France.Ce sera le point de départ de réseaux métropolitains, en lien avec le 2ème Bureau (puis BCRA) d’André Dewavrin dit Passy. Le plus représentatif de ces réseaux reste Confrérie Notre-Dame de Gilbert Renault dit le colonel Rémy. Ainsi, le 2 décembre 1940, Honoré d’Estienne d’Orves est débarqué près de Plogoff : il est le premier agent de la France Libre muni d’un radioémetteur, alors qu’au moment du débarquement en Normandie le BCRA dispose en France de 150 postes radios pour une moyenne d’environ 170 messages échangés par jour. De même, on estime qu’entre 1942 et 1944, le bureau des opérations aériennes (BOA) assure 217 atterrissages en France pour y déposer 443 passagers et en récupérer 635, dont la moitié pour le compte de la France Libre. En tout, ce sont plus de 1 000 agents (déposés par avion, parachutés ou débarqués) qui ont ainsi assuré le lien entre la France Libre et la Résistance intérieure, alors que l’on estime le nombre de Français libres appartenant à des réseaux en France en lien avec le BCRA à 5700.

Les moyens d’action

Enfin, très vite, la France Libre mène également une action visant à fédérer autour d’elle la Résistance intérieure. C’est tout particulièrement la mission de Jean Moulin, arrivé à Londres en octobre 1941 et parachuté en France dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 : son action conduit à la création du Conseil national de la Résistance (CNR) qui lors de sa réunion fondatrice à Paris le 27 mai 1943 reconnaît l’autorité politique du général de Gaulle. Cette France qui combat s'affirme après la reconnaissance de l'autorité du Comité National Français par tous les mouvements de la Résistance Intérieure le 22 juillet 1942, la France libre devient la France combattante. Elle s'est renforcée en août 1943 lors de la fusion de l'armée d'Afrique et des Forces Françaises Libres : on parle dès lors des Forces Françaises Combattantes.

Équipage français d'une automitrailleuse engagé en Lybie aux côtés des alliés britaniques

chronologie

d’une reconnaissance politique

La mise en place d’un gouvernement de la France Libre et le rétablissement de la légalité républicaine

Jean Prédali, sergent parachutiste SAS, au volant d'une jeep à l'entrée du château de Bourmont à Freigné, octobre 1944

Le général de Gaulle quitte l'hôtel de ville d'Angers, le 14 janvier 1945.

1940

1941

1942

1943

1944

Les Français Libres de Maine-et-Loire

Qui sont les Français Libres de Maine-et-Loire ? Cette sélection aurait pu se limiter au seul critère de naissance dans le département. Toutefois cette condition n’est pas apparue suffisante. Plusieurs paramètres ont donc été croisés pour établir une liste nominative. Le choix repose sur deux critères principaux :

  • le lieu de résidence en 1939-1940 et durant la période de l'occupation, qui permet de prendre en compte les personnels mobilisés qui ont choisi la France Libre en juin 1940 ainsi que les évadés de France.
  • pour les militaires de carrière, le fait d’avoir signé un engagement ou un réengagement auprès de l’un des bureaux de l'intendance militaire du département, avec des périodes de service se succédant sans interruption jusqu'à la mobilisation de 1939.
Ainsi, une base nominative d'environ 70 noms a été constituée à partir d’une première liste constituée par Henri Ecochard, ancien combattant des Forces Françaises Libres. Ce travail a été enrichi par des recherches complémentaires dans les registres matricules de recensement militaire, ainsi que dans les dossiers d’établissement des cartes de combattant. Cependant, cette base nominative n'est pas exhaustive : le manque d'informations précises pour les personnes nées en Maine-et-Loire après 1918 ne permet pas d'affiner les données.

Les traits marquants du groupe angevin

Ces hommes, qui ont choisi de continuer le combat, sont pour 80 % d’entre eux des militaires de carrière en poste hors de France. Ils sont simples soldats ou sous-officiers et ont suivi les officiers qui se sont ralliés à de Gaulle. Quant aux mobilisés de 1939, ils ont rarement opté pour la France libre à l'issue des combats de la campagne de France en juin 1940. A cet égard, le docteur Fruchaud d'Angers et l'élève pilote Roland de La Poype font figures d'exceptions. Leurs engagements sont conformes au contexte politique et militaire de la France. Trois temps d'engagement sont clairement identifiables : un premier pendant l'été 1940 (36%) fait suite à l'appel du général de Gaulle, un deuxième (12 %) se manifeste après les combats fratricides du Levant de l’été 1941 et un troisième (33 %) est consécutif aux événements militaires de novembre 1942 : débarquement allié en Afrique du Nord, et invasion de la zone libre par les Allemands. Ces derniers ralliés sont les "évadés de France" par l'Espagne comme André Beauchêne et Alfred Charpentier qui rejoignent l'Afrique du Nord avec l'aide des réseaux d'évasion, souvent après avoir connu les geôles franquistes. Plus rarement, ils passent directement de la France occupée en Angleterre. Ils sont jeunes : les deux tiers ont moins de 25 ans et le plus jeune a 15 ans. Quelques étudiants comme Jacques Chatenay sont formés à l'école des Cadets de la France Libre. Toutes les composantes militaires accueillent des Angevins : les Forces navales (Alfred de Rougé, René Fouchard), La 1ère Division Française Libre (Hervé Coué, Marcel Prézelin), la Légion étrangère (Louis Allard), les Forces aériennes (le SAS Jean Prédali, Victor Mauboussin). Ils ne sont pas épargnés par les combats : en juillet 1943, 6% sont déjà tombés pour la France. Sept angevins sont faits Compagnons de la Libération par le général de Gaulle : Henri Fruchaud, Hervé Coué, François Carré de Lusançay, Roger de La Grandière, Roland de La Poype, Harry de Villoutreys de Brignac, Jean-François Clouët des Pesruches.

Les ralliés de la première heure

Les ralliés de la Première heure

Philippe de Hauteclocque

Né en 1902 dans une famille de vieille noblesse picarde, Philippe de Hauteclocque embrasse la carrière militaire en 1922. Fin mai 1940, faisant alors partie de l'état-major de la 4e division d'infanterie, il est fait prisonnier ; il parvient à s'évader. Le 15 juin 1940, lors d'une contre-attaque face à des blindés allemands dans la plaine de Champagne, le capitaine Philippe de Hautecloque est blessé et de nouveau capturé. Il s’évade le 17 juin de l'hôpital d'Avallon (Yonne) où il est soigné. Il rejoint Paris le 25 juin, où il entend parler, pour la première fois, de l’Appel du 18 juin. Profondément marqué par la défaite et voulant poursuivre le combat, il décide alors de rejoindre le général de Gaulle à Londres. Le lendemain, un ami le conduit en voiture jusque chez sa sœur Yvonne, épouse de Pierre de Bodard de la Jacopière, propriétaire du château de Champiré, à Grugé-l’Hôpital. Le 27 juin, il se fait délivrer, par l'intermédiaire de sa sœur, et à l'aide d'un faux certificat, un laissez-passer afin de rejoindre sa femme et ses enfants installés dans leur propriété des Vergnes en Gironde. Il part le lendemain à bicyclette vers la zone libre. Le 30, il retrouve son épouse et ses six enfants. Après un court séjour parmi les siens, il part pour l’Espagne le 4 juillet. C'est le début d'une fabuleuse épopée, qui allait conduire le futur général Leclerc de Koufra (Lybie) à Strasbourg. Le 17 septembre 1946, il assiste à une cérémonie, avec une messe Te deum en son honneur, en souvenir de son passage à Grugé-l’Hôpital. Il est décédé le 28 novembre 1947 dans un accident d'avion à Colomb-Béchar (Algérie). Le 19 avril 1953, à Grugé-l’Hôpital, une plaque commémorative est dévoilée par Yvonne de Bodard, sa sœur.

Les ralliés de la Première heure

Henri Fruchaud

Étudiant en médecine, il accomplit son service militaire en 1913. Brancardier au début de la Grande Guerre, il l'achève, en qualité de médecin auxiliaire au sein de la 18e division d'infanterie. Démobilisé, il reprend ses études, et exerce la chirurgie à Angers puis à Châteaubriant. Mobilisé en 1939, il exerce à l’hôpital d’Angers. Refusant la défaite, il répond à l’Appel du 18 juin et rejoint l’Angleterre où il s'engage dans les FFL. On lui confie la direction du service de santé de la France Libre. Il prend part aux différentes campagnes : Gabon, Erythrée, Syrie. En charge du poste chirurgical à Bir-Hakeim, il est évacué peu de temps avant l'attaque, pour cause de maladie, et rejoint l'hôpital de Damas. Il accompagne le corps expéditionnaire en Italie comme médecin-chef de la formation chirurgicale n° 2, avant d'être affecté, en mars 1944, à l'hôpital d'Alep (Syrie).

Musée de l'Ordre de la Libération

Les ralliés de la Première heure

Harry de Villoutreys

Après des études secondaires accomplies à Angers et au Mans, il s’engage, en 1930, dans la cavalerie et rejoint le 1er régiment de chasseurs d’Afrique à Rabat. En 1932, il prend part aux campagnes dans le sud marocain. Après un passage par l’École de cavalerie de Saumur, il est affecté au 6e régiment de cuirassiers à Verdun. En mars 1939, à sa demande, il rejoint le 1er régiment de Marche de Spahis Marocains à Damas. Le 30 juin 1940, en compagnie du capitaine Jourdier et d’une partie de son escadron, il est l’un des rares officiers à rallier les Forces Françaises Libres de Palestine, avec lesquelles il combat en Érythrée. Le 15 juin 1941, lors de la campagne de Syrie contre les troupes fidèles au gouvernement de Vichy, il est grièvement blessé et fait prisonnier. Rapatrié en France, il est libéré, après l’armistice de Saint-Jean-d’Acre, et il retourne à Damas où il retrouve l’escadron Jourdier devenu Groupe de reconnaissance de corps d’armée. Nommé capitaine, il prend le commandement du 1er escadron, en août 1941. En septembre 1942, il prend la tête du Groupement de cavalerie de Mésopotamie.En 1945, il commande un escadron en Syrie, lorsqu’il est tué, le 17 juin, par la foule, lors d’un soulèvement.

Musée de l'Ordre de la Libération

Les ralliés de la Première heure

Hervé Coué

Né le 2 octobre 1919 au Vieil-Baugé dans une famille modeste, à 13 ans, il est apprenti typographe, et ne veut pas d’une vie toute tracée. À 19 ans, il s’engage et est affecté au 24e RIC à Beyrouth (Liban) en août 1939. À l’annonce de l'armistice le 25 juin, des petits groupes se rassemblent autour du capitaine Lorotte. Le 12 juillet, 350 hommes sont accueillis avec enthousiasme par les Britanniques et forment le "Bataillon d'Infanterie de Marine". Si les FFL sont rapidement engagés dans les opérations de l’armée britannique, Hervé Coué ne reprend le combat que lors de la campagne de Syrie qui oppose Britanniques et FFL aux troupes vichystes. Le BIM participe à la prise de Damas le 21 juin 1941. En 1942, la 8e armée britannique poursuit les opérations pour chasser les troupes de l’Axe de Lybie. Il passe en juillet au Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique. En octobre, la victoire d’El Alamein le mène du désert lybien aux portes de Tunis en mai 1943. La 1re DFL se réorganise pour la campagne d’Italie. Hervé Coué débarque à Naples le 20 avril 1944 alors que se prépare l’offensive alliée dans le secteur de Monte Cassino. Jusqu’à la fin juin, il prend part aux opérations de San Andréa au Monte Calcinayo. Puis le BM 21 attend le débarquement de Provence, préliminaire à la libération de la France tant attendue. Le 17 août 1944, Hervé Coué débarque sur la plage de Cavalaire. La 1ère DFL, qui a pour objectif Toulon, doit prendre la ville d’Hyères, défense avancée du port de guerre. Au soir du 20 août, le BM 21 attaque la ville par le sud et s’y installe défensivement. Le 21 août, à 5 heures du matin près de l’École d’Agriculture « Hervé Coué, numéro matricule 6613, caporal chef au BM 21 âgé de 25 ans [est] décédé, mort pour la France ». Hervé Coué est titulaire de la croix de guerre, de la médaille coloniale (Lybie 1942) et est fait Compagnon de la Libération par décret du 29 décembre 1944.

Les ralliés de la Première heure

Fernand Chancoin

Durant son service militaire, Fernand Chancoin s’engage dans l'armée. En septembre 1939, il est affecté au 24e régiment d’infanterie coloniale stationné au Levant. Le 27 juin 1940, il suit le capitaine Folliot et rallie les Britanniques de Palestine. Le 1er Bataillon d’Infanterie de Marine (1er BIM), formé le 25 juillet 1940, rejoint la 7e division blindée britannique. Il est blessé lors de la première campagne de Libye. Le 1er BIM participe en juin 1941 à la campagne de Syrie qui opposent les troupes fidèles au gouvernement de Vichy et les Britanniques renforcés par les FFL. Fin septembre 1941, le 1er BIM est affecté à la 8ème Armée britannique et participe à la seconde campagne de Libye. Mais Fernand Chancoin est fait prisonnier lors de la bataille de Bir Hakeim le 12 juin 1942. Il survit au torpillage du navire qui l'emmène vers l'Italie, tente de s'évader mais il est repris. Il s'échappe le 10 septembre 1943 du camp de Bergame (Italie), mais il est interné en Suisse. Une fois libéré, il réintègre fin septembre 1944 le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique (BIMP). Il participe à la bataille de France (Vosges, Alsace, Alpes).

Les forces navales françaises libres

Les forces navales françaises libres

Maurice Maurier

Il s’engage dans la Marine nationale en 1936 et prépare la spécialité de torpilleur. En avril 1940, il fait partie de l’équipage du sous-marin mouilleur de mines Rubis sous les ordres du lieutenant de vaisseau Cabanier. L’unité opère, à compter du 1er mai 1940, au large de la Norvège sous commandement britannique. Il retrouve sa base de Dundee (Ecosse) le 30 juin 1940 et le 14 juillet 1940, l’équipage choisit de continuer le combat sous le pavillon de la France libre. Le 17 février 1942, Maurice Maurier est affecté à bord du contre-torpilleur Léopard pour la protection des convois. Après la destruction accidentelle de son bâtiment en Méditerranée en mai 1943, il rejoint la frégate la Découverte qui escorte des convois en Atlantique. Au matin du 6 juin 1944, elle participe au débarquement de Normandie. Sa dernière mission de guerre a lieu en avril 1945, lors de la reconquête de l'estuaire de la Gironde. Le quartier-maître Maurice Maurier est démobilisé le 19 juillet 1945.

Les forces navales françaises libres

Roger Massin

Après avoir franchi la ligne de démarcation, il s'engage dans la Marine nationale et est affecté au dépôt de Toulon, le 4 novembre 1941. Le 1er mars 1942, il embarque sur le cuirassé Richelieu à Dakar, en qualité de canonnier. Il rejoint les Forces Navales Françaises Libres (FNFL) le 17 mars 1943 et part pour l'Amérique avec son bâtiment. De retour, il intègre les commandos de fusiliers marins le 8 juin 1943. Il fait partie du commando n° 10, avant d'être muté au commando n° 4, aux ordres du commandant Kieffer, appartenant au 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos (1er BFMC) avec lequel il débarque sur la plage d'Ouistreham, le matin du 6 juin 1944. Son unité est retirée du front de Normandie le 27 août, et rapatriée en Grande-Bretagne. En novembre 1944, son commando débarque dans l'île de Walcheren, en Hollande.

Les forces navales françaises libres

Marcel Riveau

Mobilisé, il rejoint le dépôt de la Marine nationale à Lorient le 15 décembre 1939. En mars 1940, il est affecté sur le croiseur Duguay-Trouin qui rejoint la force X de l’amiral Godfroy basée à Alexandrie. Après l’Armistice, le bâtiment est désarmé par les Anglais. Le 4 janvier 1943, Marcel Riveau s’engage dans les Forces Françaises libres à Alexandrie. Il est alors affecté au 2ème bataillon de fusiliers marins, puis versé au commando n° 10 et intègre le commando n° 4 à compter du 10 novembre 1943 jusqu’au 7 décembre 1945, sous les ordres du commandant Kieffer. Le 6 juin au matin, il débarque à Ouistreham, et participe à la bataille des plages. Blessé le 24 juillet à Bréville (Calvados), il est rapatrié en Grande-Bretagne. En novembre 1944, son commando débarque dans l'île de Walcheren, en Hollande.

Les forces aériennes françaises libres

Les forces aériennes françaises libres

Jacques Chatenay

Étudiant, fils de Victor Chatenay, fondateur du réseau de résistance Honneur et Patrie, il rejoint la France Libre en passant par l'Espagne, où il est interné au camp de Miranda. Libéré début novembre 1942, il rallie l'Angleterre puis il intègre l'École des Cadets de la France Libre, promotion Corse et Savoie, d'où il sort aspirant. Il rejoint alors les parachutistes et, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, le sous-lieutenant Jacques Chatenay saute avec le 4ème SAS, dans le cadre de l'opération Dingson, au-dessus de la Bretagne, dans la région de Saint-Marcel (Morbihan) pour encadrer, armer la Résistance et saboter les voies de communications allemandes. Il est mort pour la France lors de la libération de La Gacilly, le 4 août 1944.

Les forces aériennes françaises libres

Roland Paulze d'Yvoy de La Poype

Étudiant, il s’engage le 5 décembre 1939 ; il est affecté à l’École de pilotage d’Angers, puis à celle d’Étampes. Il répond à l’appel du 18 juin, et rallie l’Angleterre. Il s’engage en juillet 1940 dans les Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL). Il prend part aux expéditions de Dakar et du Cameroun, avant d’intégrer les écoles de pilotage de la RAF. En février 1942, il est affecté au squadron 602, au sud de Londres, pour escorter des bombardiers. Sollicité, il décide de rejoindre le groupe de chasse Normandie, en cours de formation au Moyen-Orient en août 1942, en vue de rejoindre le front russe. Du 28 novembre 1942 au 20 juin 1945, il se couvre de gloire - 15 avions abattus à son palmarès - dans cette unité rebaptisée Normandie-Niémen le 21 juillet 1944 par Joseph Staline. Au début 1945, nommé capitaine, il prend le commandement de la 1re escadrille. Le 20 juin 1945, accueilli en héros, il retrouve enfin le sol de la France. Affecté à l’État-major de l’Armée de l’Air en mars 1946, Roland de la Poype quitte l’armée en 1947.

Musée de l'Ordre de la Libération

Les forces aériennes françaises libres

Jean Prédali

Engagé le 3 décembre 1941 dans l'armée de l'air du gouvernement de Vichy, à la base aérienne d'Orange, il est démobilisé en novembre 1942. Il est arrêté puis interné en Espagne, ce même mois, en tentant de rejoindre la France Libre. Libéré en avril 1943, il rejoint le Maroc où il embarque pour I'Ecosse. Il s'engage le 18 juin 1943 dans la France Libre, au 1er bataillon d'infanterie de l'air (BIA) qui devient le 4eme BIA le 1er novembre 1943. Fin janvier 1944, le bataillon est rattaché à la Brigade S.A.S (Special Air Service) du général Mac Leod. Affecté comme sergent au ler squadron de jeeps armées, il est parachuté le 5 août 1944 à l'ouest d'Auray en Bretagne, pour des actions de harcèlement et de sabotage des installations allemandes. Le 7 août, il participe à la libération de Vannes, puis le 12 août à celle de Nantes. Il est envoyé à Briare (Loiret) pour couper la route aux troupes allemandes qui remontent de la côte Atlantique vers l'Alsace. Le 2 décembre, son unité part en Belgique dans la région de Bertrix dans les Ardennes. Le 1er janvier 1945, il est tué au cours d'une patrouille de reconnaissance près de Smuid (Belgique). Le 6 octobre 1947, la ville d'Angers donne son nom au chemin des Grandes-Pannes où résidait sa famille.

La deuxième division blindée

La deuxième division blindée

Alfred Charpentier

En 1939, il réside rue Clemenceau à Cholet. Évadé de France, il franchit les Pyrénées le 24 novembre 1942 pour rejoindre la France Libre. Après un séjour dans un camp d’internement en Espagne, il est libéré et débarque à Casablanca (Maroc) le 28 mai 1943. Il est affecté le 1er juillet 1943 à la 2e division blindée du général Leclerc au Régiment de Marche du Tchad alors stationné en Tripolitaine. Il est chauffeur brancardier à la compagnie hors rang du 2e bataillon. De mai à fin juillet 1944, il stationne en Grande-Bretagne et débarque en Normandie à Grandcamp le 1er août 1944. Il est cité à l’ordre du régiment pour sa conduite lors des combats autour d’Alençon les 10,11 et 12 août 1944. Les victoires de la division Leclerc le mènent de la Normandie à la Bavière en passant par Paris, Strasbourg, Royan et la prise de Berchtesgaden le 4 mai 1945.

La deuxième division blindée

André Beauchêne

À la déclaration de guerre, il est préparateur en pharmacie à Cholet. Le 24 novembre 1942, il franchit la frontière espagnole pour rejoindre la France Libre. Emprisonné, il est libéré le 24 mai 1943 et rejoint la Tunisie le 6 juillet 1943. Le 8 juillet, à Kairouan, il s'engage dans les Forces Françaises Libres. II est affecté à la compagnie d'accompagnement du 2e bataillon du Régiment de Marche du Tchad (RMT) en cours de formation en Tripolitaine. De fin mai à fin juillet 1944, le RMT, rattaché à la 2e division blindée de Leclerc, stationne en Angleterre. Le 1er août, son unité débarque à Grandcamp et prend part à la bataille de Normandie et à la campagne d'Alsace. Le soldat mitrailleur André Beauchêne est cité à l'ordre de la division pour son "courage et son sang-froid lors de la prise de Saverne" (Alsace) fin novembre 1944. Après un repos en France, son unité franchit la frontière allemande fin avril 1945 et parvient jusqu'en Bavière le 5 mai 1945. II est démobilisé le 10 septembre 1945.

La deuxième division blindée

Augustin Bodet

Militaire de carrière, il est affecté au 7e bataillon de chasseurs alpins en 1939. Après l'armistice, il rejoint le 23e régiment d'infanterie. Le 19 octobre 1942, il est envoyé en Afrique du Nord, où il sert dans plusieurs unités, notamment au Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc. En avril 1943, il fait partie du Corps franc d'Afrique puis, ayant opté pour la France libre le 25 juillet 1943, il est muté au Régiment de Marche du Tchad qui est incorporé à la 2e division blindée du général Leclerc. Débarqué en France à Grandcamp, le 1er août 1944, il prend part à la campagne de Normandie, à la libération de Paris, à la campagne des Vosges et d'Alsace, combat dans la poche de Royan, avant de participer à la campagne d'Allemagne qui s'achève avec la prise de Berchtesgaden, le 4 mai 1945. De 1946 à 1949, il sert en Indochine et fait valoir ses droits à la retraite le 23 février 1950.

Les Français Libres de l'Intérieur

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Victor Chatenay

Né à Doué-la-Fontaine en 1886, Victor Chatenay finit la Première Guerre mondiale avec la croix de guerre. En 1919, il épouse Barbara Stirling, une ambulancière anglaise rencontrée pendant la guerre. En 1939, il gère depuis vingt ans les établissements de commerce alimentaire Brisset à Angers. Refusant la défaite, il constitue, dès septembre 1940, sous le pseudonyme de Monsieur Henri, le premier mouvement de résistance angevin : Honneur et Patrie. Deux arrestations l’obligent à entrer dans la clandestinité en 1942. Il rejoint Londres en 1943. Dans le bureau de Caxton Street, au service des Anglais, son travail consiste à trier tous les renseignements qui concernent les opérations militaires: bombardements, mesures de protection, main-d'œuvre pour travaux de fortifications, sabotages, réquisitions, etc. des informations sur le ravitaillement, la santé, les arrestations, les relations avec l'occupant, les voyages du maréchal, etc. La résistance chez les Chatenay, c’est une affaire de famille : Barbara Stirling, son épouse, résistante elle aussi, est arrêtée et déportée à Ravensbrück. Elle décèdera en octobre 1966. Louis Chatenay, l'aîné, né en 1920, entre en résistance en août 1940 : il part pour Londres en 1943. Michel, né en 1922, suit les traces de son frère : étudiant à la déclaration de guerre, il entre dans la Résistance en même temps mais part pour Londres le 11 décembre 1941. Il finit la guerre sous-lieutenant FFL. Antoine, le cadet, lycéen en 1939, est arrêté en août 1943, déporté le 28 octobre 1943, et aura la chance de revenir. Mais, en juin 1944, Victor Chatenay a la douleur de perdre son fils Jacques. En 1947, Victor Chatenay, devenu responsable pour le Maine-et-Loire du RPF (Rassemblement pour la République) créé par le général de Gaulle, est élu maire d'Angers, fonction qu’il occupe jusqu’en 1959 ; il est également sénateur de 1948 à 1951 et député de 1951 à 1959. Il siège au Conseil constitutionnel, nouvellement créé sous la Ve République, de 1959 à 1962. Il meurt, presque centenaire, le 12 mars 1985 à Angers en recevant l’hommage de très nombreux Angevins.

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Les réseaux

La France Libre mène dès l'été 1940 une action clandestine en France. Les réseaux métropolitains, en lien avec le 2e Bureau (ensuite BCRA) d’André Dewavrin dit Passy se développe partout en zone occupée. En Maine-et-Loire, la Résistance se tourne essentiellement vers l'activité de renseignement à l'image du réseau CND Castille du colonel Rémy qui opère dans la région d'Angers sous la direction de Maurice Tardat.Les réseaux « Renseignements » homologués FFC et reconnus FFL dans le Maine-et-Loire sont les suivants : C.N.D. CASTILLE (Confrérie Notre-Dame)COHORS-ASTURIESMITHRIDATE avec son réseau : AlouettePHRATRIE avec : Goelette, HunterPRAXITELE avec : EleuthèreTURMA VENGEANCELes figures : Bernard AnquetilRené MansionEugénie PoilâneClément QuentinMaurice TardatUne figure atypique : Victor Chatenay

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Maurice Tardat

Maurice Tardat, né le 20 juin 1891 à Philippeville en Algérie, s’engage dans l’armée en 1909. Pendant la guerre de 14-18, son courage et sa bravoure lui valent de recevoir la médaille militaire et la croix de guerre avec plusieurs citations ; mais ayant perdu un œil, en 1915, il est réformé. Après la guerre, il préside plusieurs associations angevines d’anciens combattants et, en 1930, la 131e section des médaillés militaires. En 1940, il dirige l'atelier des longes à la corderie Bessonneau tandis que son épouse est responsable d’un magasin de fournitures pour bureaux de dessin et d’un atelier de reproduction industrielle de plans, 29 rue Saint-Julien. Combattant de la Grande Guerre, il n’admet ni la défaite, ni la présence de l’occupant. Il va alors constituer autour de lui, dès les mois de septembre et octobre 1940, un petit noyau de résistants recrutés parmi ses amis, anciens combattants. Avec le concours d’un employé de bureau à la mairie d'Angers, qui lui fournit de faux papiers, il aide des prisonniers de guerre français à rejoindre la zone libre. Très rapidement, les Allemands réquisitionnent les machines de l'atelier de reproduction de plans pour leur service de cartes installé à l'Université catholique de l'Ouest. En novembre 1940, Maurice Tardat jette les bases d'un réseau de renseignement au service des Anglais. Les plans copiés et les informations principalement d'ordre militaire sont transmis à l'Intelligence Service par l’intermédiaire de son neveu, Jean Poutiers habitant Paris. Après son arrestation, le 28 mars 1941, le groupe perd tout contact avec Londres. Grâce au docteur André Chauvenet, chirurgien à Thouars, il rejoint la Confrérie Notre-Dame, dirigée par le colonel Rémy, à compter du 1er juin 1941. Le groupe Tardat prend le nom de CND Castille. En août 1942, il est arrêté, une première fois, pour avoir aidé l'un de ses amis, de confession juive, mais il est libéré faute de preuves. Un an plus tard, son réseau est décapité lors d’une rafle. Arrêté le 16 septembre 1943, il est détenu à la prison du Pré-Pigeon à Angers, où il est interrogé et torturé à plusieurs reprises. Il est envoyé à Compiègne, puis au camp de Buchenwald le 26 janvier 1944, où il meurt de la dysenterie le 23 mai.Un monument à sa mémoire a été érigé dans le cimetière de l'Est à Angers et une plaque apposée au 29 rue Saint-Julien où il habitait.

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Bernard Anquetil

Né le 20 décembre 1916, il s'engage dans la marine le 19 novembre 1936. Au début de l'année 1940, il embarque comme quartier-maître radio téléphoniste à bord du sous-marin Ouessant. De retour à Brest, il est fait prisonnier, ainsi que le reste de l'équipage, le 19 juin 1940. Démobilisé le 1er juillet 1940, il s'installe à Angers, où il trouve un emploi de réparateur de postes radio. En mars 1941, sur recommandation du lieutenant Philippon, en poste à l’arsenal de Brest, ancien second du sous-marin Ouessant, il est contacté par le colonel Rémy, chef du réseau de résistance Confrérie Notre-Dame, devenant ainsi le premier opérateur radio du réseau, sous le pseudonyme de Lhermite. Il installe son poste émetteur d'abord en zone libre, puis aux environs de Thouars, et enfin à Saumur. Cette cachette lui a été fournie par Jean Decker, photographe à Saumur, oncle du colonel Rémy, qui lui sert de boîte aux lettres. Bernard Anquetil transmet à Londres, par l'intermédiaire de son poste émetteur, baptisé Cyrano, les renseignements collectés par les agents de Rémy - depuis Hendaye jusqu'à Brest - notamment ceux sur les mouvements des navires allemands des ports de l’Atlantique, en particulier les croiseurs Gneisenau et Scharnhorst, ou de l’arrivée prochaine du cuirassé Bismarck à Brest. Il fait alors de fréquents déplacements par le train pour récupérer les messages à envoyer à Londres ou remettre les messages reçus pour décryptage. Il est repéré par les services allemands de la radiogoniométrie pour avoir émis trop longtemps, et ce en dépit de l'avertissement des services anglais reçu le 29 juillet, mais aussi faute d’avoir pu déplacer son poste émetteur ; il est arrêté par la Funk-Abwehr, le 31 juillet 1941 alors qu’il émet. Il réussit à détruire son poste, mais il se blesse en tentant d’échapper aux allemands. Conduit, dans un premier temps, à la prison du Pré-Pigeon, à Angers, il est ensuite transféré à la prison de Fresnes. Le 15 octobre, il comparait devant une cour martiale allemande qui le condamne à mort. Ayant refusé de dénoncer ses camarades en échange de la vie sauve, il est fusillé au Mont-Valérien, le 24 octobre 1941. Le 21 novembre 1942, le général de Gaulle lui décerne, à titre posthume, la croix de Compagnon de la Libération, il en est l’un des premiers titulaires au titre de la résistance intérieure.

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René Mansion

René Mansion naît à Paris, le 25 mai 1889. Ingénieur de formation, ardent patriote, il rejoint avec son épouse Eugénie, infirmière, les rangs du réseau Mithridate, fort de huit membres dans le Maine-et-Loire, à compter du 1er décembre 1940. Il accompagne les passages en zone Libre, ou, à partir de 1943, soutient les réfractaires au STO, mais également participe à des parachutages, notamment dans le département de la Vienne, n’hésitant pas à s’y rendre à bicyclette. Repéré par les Allemands depuis le départ de leur fils Jacques pour l’Angleterre en 1942, les époux Mansion sont arrêtés en 1944 : René le 21 juin et Eugénie le 11 juillet. Détenu à la prison d’Angers, René est torturé à plusieurs reprises avant d’être déporté le 6 août 1944, dans le dernier convoi quittant Angers à destination de l’Allemagne ; il est dans le même train que son épouse. Cette dernière en sa qualité d’infirmière s’occupait des détenues malades, et ne voulut pas les abandonner alors que, du fait du relâchement de la surveillance, elle avait la possibilité de s’évader ; de même, son époux préféra demeurer avec sa femme. Le 15 mars 1945, Eugénie Mansion meurt au camp de concentration de Ravensbrück. En revanche, René, déporté au camp de Neuengamme, près d’Hambourg, est libéré par l’armée anglaise, puis évacué vers la Suède par avion, après avoir contracté le typhus. Rentré en France, très affaibli, il se rétablit tout en conservant de graves séquelles de sa déportation.En 1953, il est élu conseiller municipal d’Angers sur la liste du RPF (Rassemblement du Peuple Français), fondé par le général de Gaulle, conduite par Victor Chatenay. Le 29 mai 1955, il décède subitement.Il était titulaire de la croix de guerre 39-45 et de la médaille de la Résistance française. Depuis 1956, une rue d'Angers honore la mémoire de son épouse Eugénie.

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Eugènie Poilâne

Dès 1940, Ninette Poilâne s’engage dans la résistance et fait partie de divers réseaux jusqu’en 1942 : Comète, Nemrod d'Estienne-d'Orves, Honneur et Patrie (Angers HP), Cohors-Asturies à Nantes et Libération-Nord). En 1943, elle rentre dans l'Armée secrète dirigée par le général Audibert à Nantes. Le groupe, dont elle a la responsabilité, fait du renseignement militaire, aide les réfractaires au STO et les parachutistes alliés, et recherche des terrains de parachutage. Mais, suite à une dénonciation à la gestapo de Tours, le 31 mars 1944, elle est arrêtée et torturée par les Allemands qui recherchent le colonel Zengerlin, chef départemental de l’Armée secrète de Loire-Inférieure. Enfermée à la prison de Tours, puis à celle d’Angers, elle ne parle pas. Elle est déportée le 14 juin 1944, et passe par les camps de Sarrebruck, Ravensbrück, Buchenwald, Schliben et Leipzig avant d’être rapatriée le 24 mai 1945. Elle passe le reste de sa vie à expliquer aux jeunes générations ce que fut la Résistance en créant un musée itinérant et en rédigeant de nombreuses plaquettes. Titulaire de très nombreuses décorations, elle est l’une des rares femmes commandeur de la Légion d’honneur.

Les Compagnons de la Libération

Les Compagnons de la Libération

Yves Carré de Lusançais

Officier de carrière, il sert au Levant entre 1935 et 1938. En septembre 1939, il est affecté en Syrie, au sein de l’unité Tcherkess du colonel Collet, avec laquelle il rejoint les Forces Françaises libres en Palestine, en mai 1941. Engagé sous le pseudonyme de Yves de la Hautière, il est promu capitaine en juillet et affecté à la 13ème Demi-brigade de la Légion étrangère (13ème DBLE), rattachée à la 1ère Division Française Libre (1ère DFL), et prend part à toutes les campagnes : Syrie, Libye, Tripolitaine et Tunisie. Envoyé en Italie avec le 1er bataillon de la 13ème DBLE, il se distingue tout particulièrement lors de la bataille du Garigliano, où il est blessé le 12 juin 1944, et lors de la prise du château de Radicofani. Débarqué en Provence, en août 1944, il combat dans les Vosges puis en Alsace. Après mai 1945, il part en Indochine, et en 1948 au Maroc, toujours au sein de la Légion étrangère, avant de prendre sa retraite en 1954.

Musée de l'Ordre de la Libération

Les Compagnons de la Libération

Roger de La Grandière

En septembre 1939, il est mobilisé au 402e régiment d'artillerie, puis il suit la formation des élèves officiers de réserve. Démobilisé, il passe en Afrique du Nord pour rejoindre de Gaulle. Après bien des péripéties, dont la prison, il gagne l'Angleterre via Gibraltar. Il contracte un engagement dans les Forces Françaises Libres le 12 août 1942. Après un bref passage à l'état-major particulier du général de Gaulle et au Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRA) en septembre 1942, il rejoint les Forces Aériennes Françaises Libres, à la 2ème compagnie d'infanterie de l'air. Breveté parachutiste le 1er mars 1943, il est affecté au 1er bataillon d'infanterie de l'air (BIA) qui devient le 4ème BIA, en novembre 1943, sous les ordres du commandant Bourgoin. Appartenant au 4ème Spécial Air Service, il est parachuté, le 17 juin 1944 en Bretagne avec sont stick et quatre jeeps, au-dessus de la base Dingson, dans le secteur de Saint-Marcel (Morbihan). Blessé lors d'une embuscade près de Josselin, il est achevé par les Allemands, à Guégnon, le 20 juin.

Musée de l'Ordre de la Libération

Les Compagnons de la Libération

Jean-François Clouët des Pesruches

En septembre 1939, il est élève-pilote. Après l'armistice, refusant la défaite, il intègre la Résistance en qualité d'agent de renseignements de la France libre. En avril 1943, il rejoint Londres, où il devient le responsable des opérations aériennes de la région M, qui couvre la Normandie, la Bretagne et l'Anjou. Parachuté en France en août 1943, il met en place une structure capable d'accueillir le personnel et les armes en provenance d'Angleterre. Recherché par les Allemands, il retourne à Londres. Il repart en France en qualité de délégué militaire régional pour la Normandie et l'Anjou. Parachuté en juillet 1944, Orbite, son nouveau nom de code, installe son PC au château de Turbilly (Maine-et-Loire), propriété familiale. En octobre 1944, il rejoint le cabinet d'André Diethelm, ministre de la Guerre.

Musée de l'Ordre de la Libération

Reconnaissance et actions de mémoire

Après la guerre, à l'heure de la reconnaissance des services rendus à la Nation par tous les combattants, la singularité des combattants Français Libres est mise en valeur : l'instruction n° 21022 du 29 juillet 1953 précise les titres reconnaissant les services rendus à la France Libre ou dans les forces françaises libres.

Les titres distinctifs

carte d’identité de membre des Forces Françaises Libres

Cette carte, créée par décision n°120 du 15 décembre 1945, est attribuée :

  • A tous les militaires ayant fait partie des forces françaises libres entre le 18 juin 1940 et le 31 juillet 1943. L’appartenance à ces forces est établie sur le vu des indications portées sur l’état signalétique et des services ;
  • Aux personnes qui ont été blessées, qui ont contracté une infirmité, ou aux ayants cause de celles qui ont trouvé la mort, pendant la même période, dans l’une des circonstances suivantes :
    • 1° En essayant de rejoindre les forces françaises libres ;
    • 2° Après avoir rejoint les forces françaises libres aux fins d’engagement, mais sans avoir régularisé cet engagement ;
    • 3° Dans l’accomplissement d’une mission qui leur avait été confiée par les autorités compétentes de la France combattante ;
  • Aux agents P2 et P1 homologués, ayant appartenu avant le 1er août 1943 à l’un des réseaux de renseignements ou d’action affiliés au Comité National Français, et ayant la qualification de « Français libre » ;
  • Aux évadés de la France occupée ou d’un territoire sous le contrôle du Gouvernement de Vichy, avant le 8 novembre, qui ont rejoint effectivement une unité des ex-forces françaises libres, même après le 31 juillet 1943 pour des cas de force majeur tel qu’incarcération consécutive à leur évasion.

Les distinctions honorifiques

L'Ordre de la Libération

Pour rendre hommage aux combattants qui ont répondu à l'Appel du 18 juin 1940, le général de Gaulle crée l’Ordre de la Libération qui est institué à Brazzaville (Congo) par l’ordonnance n° 7 du 17 novembre 1940. Les membres de ce nouvel Ordre, ne comportant qu’une seule classe, portent la dénomination de “ Compagnons de la Libération ” L’Ordre de la Libération a récompensé les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se sont signalées d’une manière exceptionnelle dans l’œuvre de la libération de la France et de son Empire.L’on dénombre un total de 1 036 Compagnons de la Libération, auxquels il faut ajouter 5 villes et 8 unités combattantes.

Les distinctions honorifiques

La Médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre

Cette médaille commémorative a été créée par le décret du 4 avril 1946. Elle récompense les services volontaires rendus par les personnes civiles et militaires, françaises ou étrangères ayant :

  • pour les militaires, contracté un engagement dans les Forces Françaises Libres antérieurement au 1er août 1943 ;
  • pour les civils, effectivement servi la France Libre sur les territoires soumis à l’autorité du Comité national de Londres et dans les pays étrangers antérieurement au 3 juin 1943

L'association des Français Libres

L'association des Français Libres de Maine-et-Loire créée en 1945 a été dissoute le 9 avril 2000. Ses membres nomment un délégué départemental pour représenter les Français Libres angevins au sein de la Fondation de la France Libre et perpétuer leur mémoire dans le département.

Célébration de l'anniversaire de l'appel lancé par le général de Gaulle, Angers, le 18 juin 1945.

Plaque commémorative de l'Appel du 18 juin 1940, Saint-Clément-de-la-Place, 17 avril 2018.

Lauréats du concours de la Résistance et de la Déportation, 1968.

Inauguration de la plaque du chemin portant le nom de Roger de La Grandière, Grez-Neuville, 8 octobre 2011.

Remise des prix du Concours national de la Résistance et de la Déportation à la Préfecture de Maine-et-Loire, 21 juin 2017. Au centre, Clément Quentin (1920-2019), résistant, membre de Cohors-Asturie, déporté au camp de Dachau.

Archives départementales de Maine-et-Loire - Juin 2020

Réalisation et conception graphique : Jean Chevalier