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Décou'verte : la nature classée !

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Created on April 21, 2020

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2020, venez découvrir quelques ouvrages de nos collections patrimoniales. Ils vous feront voyager en compagnie de Mathias de l'Obel, Joseph Tournefort, Charles Plumier et Henri Baillon, les plus grands botanistes connus du XVIe au XIXe siècle.

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Décou'verte

la nature classée !

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Décou'verte

Née dans l’Antiquité, la botanique est passée par de nombreuses étapes avant de devenir une science appréciée de tous. Au cours du temps, l’étude des plantes est abordée selon deux approches différentes : théorique et utilitaire, l’une ou l’autre dominant selon les périodes. À ses origines c’est l’approche utilitaire. Très tôt en effet, la plante est utilisée comme aliment, médicament, poison ou matériau, et pendant longtemps cette utilisation a lieu sans que l’on connaisse les spécificités biologiques des plantes.

Exposition

Jouer

Décou'verte

Accueil

Exposition

Jouer

Introduction

Mathias de l'Obel

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Henri Baillon

Jouer

Mémory

Puzzle

Qui est-ce ?

Mémory

Puzzle

Qui est-ce ?

Qui a utilisé le premier des noms de personnes pour nommer des plantes inconnues ?

Charles Plumier

Mathias de l'Obel

Joseph Pitton de Tournefort

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui a travaillé avec Christophe Plantin, le célèbre imprimeur et éditeur d'Anvers ?

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui est l'auteur du Dictionnaire de botanique ?

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui était spécialiste des plantes des îles françaises d'Amérique ?

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui a été membre de sociétés savantes et scientifiques étrangères ?

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui était ami avec Pierre Pena ?

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Charles Plumier

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui a fait illustrer son ouvrage par le dessinateur Claude Aubriet ?

Henri Baillon

Charles Plumier

Mathias de l'Obel

Joseph Pitton de Tournefort

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui a un nom de famille provenant de celui des terres possédées par sa famille ?

Henri Baillon

Charles Plumier

Mathias de l'Obel

Joseph Pitton de Tournefort

Qui est-ce ?

Qui est ami avec Charles Plumier ?

Henri Baillon

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Question suivante

Qui est-ce ?

À qui Charles Plumier dédie le genre “Lobelia” ?

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Charles Plumier

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui a travaillé avec l'illustrateur Auguste Faguet ?

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui perd son herbier lors d'un naufrage ?

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui a décrit le premier la vanille de son nom latin “vanilla” ?

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui a illustré son ouvrage à l'aide de la chromolithographie ?

Charles Plumier

Joseph Pitton de Tournefort

Mathias de l'Obel

Henri Baillon

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui occupe le poste de professeur de botanique, puis de directeur au Jardin des plantes à Paris ?

Henri Baillon

Charles Plumier

Mathias de l'Obel

Joseph Pitton de Tournefort

Question suivante

Qui est-ce ?

Qui faisait partie “Des pères flamands de la botanique” ?

Henri Baillon

Charles Plumier

Mathias de l'Obel

Joseph Pitton de Tournefort

Félicitations ! Vous avez trouvé toutes les bonnes réponses !

Introduction

Brève histoire de la botanique

La botanique connaît sa première expression dans la Grèce antique, avec les ouvrages de Théophraste (371-288 av. J.-C), qui établissent certaines notions fondamentales et élèvent la botanique au rang de science. Les Romains, quant à eux, apportent leur contribution par la botanique appliquée à l’agriculture.

Après la chute de l’Empire romain, les avancées acquises dans l’Antiquité se perdent ou sont ignorées, et le Moyen Âge est une période sombre dans l’histoire de la botanique européenne. Celle-ci, selon la conception utilitaire, n’est qu’une simple adjonction à la médecine. Malgré quelques progrès hésitants au XIIIe siècle, elle devra attendre la redécouverte des écrits de Théophraste à la fin du XVe siècle, pour renaître.

Au cours des siècles qui suivent, plusieurs facteurs permettent son développement : l’invention de l’imprimerie, l’apparition du papier pour la préparation des herbiers, le développement des jardins botaniques, en Italie d’abord, puis ailleurs, et le développement de la navigation qui permet la réalisation d’expéditions botaniques.

Introduction

Brève histoire de la botanique

Ainsi la botanique gagne au XVIe siècle en autonomie et se libère de l’herboristerie et de la médecine. Elle se préoccupe d’identifier et de décrire un nombre croissant de végétaux. Influencée par la Renaissance des arts, elle évolue en une science d’observation produisant des illustrations conformes à la réalité : un nombre considérable d’ouvrages appelés “herbiers”, est publié.

Le XVIIe siècle est, quant à lui, marqué par les progrès techniques. L’apparition des premiers microscopes et la mise en place d’une certaine méthodologie scientifique permettent à la botanique de devenir une science descriptive et biologique. La nécessité d’échanger des idées et des informations entre naturalistes européens donne naissance aux premières académies scientifiques.

Les voyages d’exploration, les Lumières, et l’expansion coloniale du XVIIIe siècle élargissent encore les horizons de la botanique. Les naturalistes rapportent de leurs expéditions des milliers de plantes inconnues en Europe. Pour assimiler tant de nouveautés, la botanique devient une science classificatrice.

Introduction

Brève histoire de la botanique

De nombreux systèmes de classification voient le jour au cours des XVIIe et XVIIIe siècles : systèmes dits “artificiels”, aisés à utiliser, ou bien systèmes “naturels”, plus complexes mais aussi plus proches des réalités de la nature. Au XVIIIe siècle, la botanique subit une véritable révolution avec la création de la nomenclature binominale de Carl von Linné.

Les découvertes qui sont faites au cours du XIXe siècle, favorisent la naissance de la biologie. Des théories nouvelles voient le jour. Celles de Jean-Baptiste de Lamarck ou de Charles Darwin allaient avoir une influence marquante dans la conception de la classification des plantes, tandis que vers 1850, la découverte de la division cellulaire révolutionne la génétique. Une autre période s’annonce.

Mathias de L'Obel

1538-1616

Son œuvre

Sa vie

Sa vie

en haute estime et lui lègue ses manuscrits botaniques à sa mort en 1566. Mathias de L’Obel s’installe à Montpellier et herborise activement avec son ami Pierre Pena (1535–1620).

Né à Lille, Mathias (ou Mathieu) de L’Obel ou de Lobel ou Delobel, en latin Lobelius, manifeste très tôt un intérêt pour la médecine et la botanique. Il voyage et étudie en Italie en 1551 et en 1563-1564, avant d’étudier la médecine à Louvain, puis à Montpellier avec Guillaume Rondelet (1507-1566), médecin, anatomiste, botaniste et naturaliste français, célèbre pour un ouvrage sur les poissons et pour avoir formé en médecine plusieurs élèves renommés. Celui-ci le tient

L’Obel et Pena publient ensemble Stirpium adversaria nova en 1570-1571, ouvrage qui fait date dans l’histoire de la botanique, puis se séparent. Pena revient à Paris où il sera notamment l’un des médecins d’Henri III.

De conviction protestante, les deux amis se réfugient en Angleterre (1566–1571). Ils font la connaissance de botanistes anglais comme John Gerard, qui avait un grand jardin à Londres. L’Obel pratique la médecine et s’installe près de Bristol, dans la maison de son protecteur Edward Saint Loo. C’est là qu’il est rejoint dans ses expéditions botaniques par Charles de L’Écluse.

Plantarum, seu Stirpium Historia Matthiae de Lobel, cui annexum est adversariorum volumen... Stirpium adversaria nova..., authoribus Petro Pena et Mathia de Lobel,... Matthiae de Lobel, Petro Pena Anvers : Christophe Plantin, 1576. 2 parties en 1 vol. in-fol., fig. [in-folio 218

L’Obel pratique la médecine, de 1571 à 1584, à Anvers et Delft auprès du Prince d’Orange, Guillaume le Taciturne. Il travaille alors pour un deuxième ouvrage, intitulé Plantarum seu Stirpium historia, imprimé en 1576 par Christophe Plantin, le célèbre imprimeur et éditeur d’Anvers.

Après l’assassinat de Guillaume d’Orange, L’Obel s’installe à Middlebourg, capitale de la province de Zélande (Pays-Bas) où il est responsable d’un jardin botanique. Puis, fuyant la guerre civile, il poursuit quelques herborisations en Suisse, Autriche et Allemagne avant de retourner définitivement en Angleterre.

Jusqu’à sa mort, il continuera l’œuvre entreprise avec son ami Pierre Pena.

L’Obel devient le superintendant du jardin botanique de Hackney fondé par Edward La Zouche. Ce jardin contenait des plantes médicinales et devint un lieu de rencontres pour les botanistes. Il accompagne également La Zouche au Danemark en 1598, lorsque celui-ci y était ambassadeur, pour y faire des explorations botaniques. C’est aussi par son intervention que L’Obel devient botaniste du roi Jacques Ier en 1607.

L’Obel faisait partie d’un groupe appelé Ecole flamande de Botanique du XVIe siècle ou Pères flamands de la botanique. Il comprenait en plus de L’Obel, Charles de L’Écluse et Rembert Dodoens.

Charles Plumier, en 1703, lui dédie le genre Lobelia (de la famille des Campanulaceae)

Son œuvre

Mathias de L’Obel, Pierre PenaPlantarum, seu Stirpium Historia Matthiae de Lobel, cui annexum est adversariorum volumen...Stirpium adversaria nova..., authoribus Petro Pena et Mathia de Lobel,...Anvers : Christophe Plantin, 1576.2 parties en 1 vol. in-fol., fig., titre de la 1re partie avec encadrement gravé, titre de la 2e partie gravé. [in-folio 218

En 1576 paraît Plantarum seu Stirpium Historia. Mathias de L’Obel le dédie à la reine Élisabeth Ière. Cet ouvrage est la suite annoncée dans l’épître dédicatoire des Stirpium adversaria nova réalisés cinq ans plus tôt avec son ami Pierre Pena.

En 1576, Christophe Plantin, le célèbre imprimeur et éditeur d’Anvers, rachète le stock de Stirpium adversaria nova publié à Londres par Purfoot en 1570-1571, et qui s’était mal vendu. Il change la page de titre, ajoute un index, l’appendice de L’Obel, les Formulae Remediorum de Rondelet, et le met en vente à la suite du nouvel ouvrage de L’Obel, Stirpium Observationes, pour former une seule publication prenant le titre général de Plantarum seu Stirpium Historia, assortie d’une table multilingue.

Stirpium adversaria nova, écrit par Pierre Pena et Mathias de L’Obel, a fait date dans l’histoire de la botanique. Environ 1 500 espèces sont décrites de façon précise et d'après l'observation directe des plantes, avec indication du milieu dans lequel elles ont été récoltées. C’est une première tentative de classification des plantes s’appuyant sur leurs ressemblances naturelles (forme des feuilles et leurs nervures) plus que sur leurs usages médicinaux. Certains regroupements ont survécu car plus avancés que ceux qui étaient faits jusque-là.

Plantarum seu Stirpium Historia est abondamment illustré. Il comprend 1 486 gravures sur bois dont beaucoup proviennent des travaux des botanistes Pierandrea Mattioli (1501-1578), Rembert Dodoens (1517-1585) et Charles de L’Écluse (1593-1609). Les gravures ont été exécutées par Gérard Janssen van Campen, Arnold Nicolai et Antoine van Leest, d’après les dessins de Pieter van der Borcht.

Plantarum, seu Stirpium, Historia, reprenant en seconde partie Stirpium adversaria nova et sa "classification" novatrice, connaît un grand succès et assure la notoriété de L’Obel tandis que Pierre Pena est oublié. En 1581, l’ouvrage est traduit en flamand sous le titre de Kruydboeck. Carl von Linné, père de la taxonomie moderne, se référera souvent à son index multilingue.

Charles Plumier

1646-1704

Son œuvre

Sa vie

Sa vie

En 1662, à 16 ans, il entre dans l’ordre des Minimes, ordre mendiant et pénitent avec vœu de carême (végétalisme).Il se consacre tout d’abord à l’étude des mathématiques et de la physique avant de se passionner pour la botanique une fois envoyé à Rome. À son retour en France, en 1678, il fait la connaissance du botaniste Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) qui deviendra son ami, et l’accompagne dans ses excursions botaniques.

Ses connaissances en botanique et ses qualités de dessinateur lui permettent d’embarquer, sur ordre de Louis XIV, pour un voyage d’exploration aux îles françaises d’Amérique : la Martinique, la Guadeloupe, Saint Domingue (Haïti de nos jours)… Le départ a lieu en 1689, pour une exploration qui durera dix-huit mois. Plumier s’acquitte de sa mission en récoltant de nombreux spécimens et en réalisant une masse énorme de dessins ; malheureusement le bateau transportant son herbier fait naufrage, et seules ses planches et ses croquis, transportés sur un second navire, parviennent en Europe.

Très satisfait de son travail, Louis XIV le nomme botaniste du Roi, avec une pension, avant de le renvoyer aux Antilles françaises en 1693. Au retour de cette mission, Plumier publie son premier livre : Description des plantes d’Amérique, contenant ses notes de voyage et 108 gravures de végétaux dont la plupart étaient alors inconnus.

Description des plantes de l’Amérique, avec leurs figuresPar le R. P. Charles PlumierParis : Impr. Royale, 16931 vol. (94 p., 108 pl.) : préface, index, eau-forte : in-folio[in-folio 230

En 1696, il part pour explorer de nouveau les îles françaises et le Brésil. Après son retour, il publie en 1703 Nova plantarum americanarum genera où il décrit 106 nouveaux genres dont la vanille, à laquelle il donne le nom latin de vanilla. Plumier devient un spécialiste de la flore des Antilles et ses découvertes sont considérables. Les planches très détaillées de cet ouvrage sont d’ailleurs influencées par celles des Élémens de botanique de Tournefort.

Plumier est également le premier à donner aux plantes des noms de personnalités diverses, comme le lobélia pour Mathias de L’Obel (1538-1616) ou le pittonia pour son ami Joseph Pitton de Tournefort. Cette pratique préfigure le phénomène qui prendra toute son ampleur au XVIIIe siècle où l’on dédie de nouveaux genres à des savants.

Mais alors qu’il se dirigeait vers le Pérou pour y étudier le quinquina, et affaibli par ses précédents voyages, Plumier décède en 1704 à l’âge de 58 ans d’une pleurésie dans un couvent d’Espagne. Il laisse derrière lui de nombreux manuscrits et plus de 6 000 dessins, dont plus de 4 000 de végétaux. En 1705 paraît de façon posthume son Traité des fougères avec 170 planches dessinées et gravées par Plumier lui-même avant son décès.

Traité des fougères de l’AmériquePar le R. P. Charles Plumier,…Paris : Impr. Royale, 17051 vol. (XXXVI-146 p.) : tables, planches : in-folio[in-folio 231

Figure du savant voyageur qui dessine tout ce qu’il découvre, il gagne, par ses publications naturalistes, l’admiration de ses contemporains, dont celle de son ami Tournefort qui lui dédie le genre Plumeria, plus connu sous le nom de frangipanier. En dehors de la flore, Plumier étudiera également la faune, notamment les poissons, dont les planches sont caractérisées par une exactitude scientifique qui sera reconnue par les savants du XIXe siècle. Cependant, loin d’être un simple descripteur, Plumier distribue en genres les plantes et les animaux qu’il observe. Sa classification tout à fait originale sera reprise plus tard en partie par Carl von Linné (1707-1778), père de la taxinomie moderne.

Son œuvre

Charles PlumierDescription des plantes de l’Amérique, avec leurs figuresPar le R. P. Charles PlumierParis : Impr. Royale, 16931 vol. (94 p., 108 pl.) : préface, index, eau-forte : in-folio [in-folio 230

Charles PlumierTraité des fougères de l’AmériquePar le R. P. Charles Plumier,…Paris : Impr. Royale, 17051 vol. (XXXVI-146 p.) : tables, planches : in-folio [in-folio 231

Charles Plumier récolte en branche le spécimen à étudier afin de le croquer. Il semble vouloir que ses dessins soient un substitut à son herbier d’échantillons séchés. Bien que sa mise en page soit caractérisée par une représentation frontale de la plante, Plumier la rompt en jouant avec les feuilles et les vrilles de certaines espèces, ou en déclinant les planches simples en série : une vue d’ensemble de la branche, suivie de parties constitutives du spécimen.

Il faut savoir que Plumier ne se soucie guère de présenter les plantes selon leurs proportions réelles. Cela se remarque sur les tailles disproportionnées de certaines feuilles. De plus, il figure toutes les espèces à la même échelle, différemment de ce qu’il a pu observer dans leur environnement. Ce qui lui importe est d’en conserver le plus possible par image.

Ses planches ne peuvent donc pas être considérées comme de véritables planches botaniques puisqu’elles ne détaillent pas toutes les parties du spécimen. Très rarement, Plumier représente des dessins complets. Ne figurent généralement que les détails des appareils floraux déterminant leurs genres.

Les dessins de Plumier restent tout de même importants pour la connaissance et la reconnaissance de la flore du Nouveau Monde, et la constitution de nouveaux genres. Ils jouent également un rôle primordial pour la diffusion par l’image de ces plantes inconnues dans le milieu scientifique parisien de l’époque.

Joseph Pitton de Tournefort

1656-1708

Son œuvre

Sa vie

Joseph Pitton de Tournefort naît à Aix-en-Provence en 1656. Le nom de Tournefort est celui d’une terre possédée par sa famille. Il fait ses études au collège des Jésuites, dans sa ville natale. Les connaissances qu’il y acquiert serviront de base à l'érudition qui transparaît dans ses ouvrages, et surtout dans son Voyage du Levant.

Sa vie

Très vite, il se passionne pour la botanique et se livre donc avec ardeur à la recherche des plantes. Il parcourt alors les campagnes environnantes et apprend en peu de temps, à connaître toutes les plantes de cette partie de la Provence.Il termine ses études par la philosophie, puis son père le destinant à l’état ecclésiastique, il étudie la théologie, et entre au séminaire avant d'embrasser cette carrière. Il joint même à ses études habituelles celles de la physique, de la chimie, et de la médecine.

La mort de son père, en 1677, lui rend sa liberté. L’année suivante, il parcourt les montagnes du Dauphiné et de la Savoie, d’où il rapporte un grand nombre de plantes : c’est le commencement de son herbier.En 1679, il se rend à Montpellier, pour y étudier pendant deux ans l’anatomie et la médecine, et partir à la recherche des végétaux du pays. Il se lie avec Pierre Magnol (1638-1715), célèbre botaniste. En 1681, il visite la Catalogne, puis les Pyrénées, où il herborise jusqu’à la fin de l’année.

Le nom de Tournefort parvient à Guy Crescent Fagon (1638-1718), alors médecin du roi, qui l’attire à Paris en 1683. Il lui procure la place de professeur de botanique au Jardin royal des plantes. Malgré son nouveau poste, sa passion pour les voyages ne faiblit pas. Il retourne en Espagne, se préoccupe de la fécondation des palmiers en Andalousie, et va au Portugal. Il se rend également en Angleterre et en Hollande, et rencontre à Leyde le célèbre Paul Hermann (1646-1695), qui voulait l’avoir pour successeur.

En 1694, Tournefort fait sa première publication alors qu'il est, depuis déjà deux ans, membre de l’Académie des sciences, où il a été admis par les soins de l’abbé Jean Paul Bignon (1662-1743). Ce premier ouvrage, Élémens de botanique, ou Méthode pour connoître les plantes, auquel il travaillait depuis plusieurs années, fonde sa réputation. Il y expose un système de classification dont la clarté et la précision lui rapportent un certain succès en Europe. Le botaniste détermine alors le genre suivant deux critères (fleur et fruit) et classe les plantes en examinant les fleurs (en priorité, la corolle), les feuilles, les racines, les tiges et la saveur. Quatre ans plus tard, il est reçu docteur, et sa thèse est dédiée à Fagon.

Élémens de botanique, ou méthode pour connoitre les plantesÀ Lyon, chez Pierre Bernusset et Comp., 17976 vol. : in-8Édition complète illustrée de 489 planches hors-texte gravées sur cuivre d’après les dessins de Claude Aubriet[FA in-8 2

Tournefort reçoit bientôt l’ordre de Louis XIV d’aller dans le Levant et en Afrique. Après avoir été présenté au roi, il quitte Paris le 9 mars 1700, accompagné de Claude Aubriet (1665-1742), dessinateur habile, et d’un jeune médecin allemand, Gundelsheimer (1668 -1715). Il visite Candie et toutes les îles de l’Archipel, Constantinople, les côtes méridionales de la mer Noire, l’Arménie turque et persane, la Géorgie, le mont Ararat, et revient par l’Asie Mineure jusqu’à Smyrne. Il est de retour à Marseille le 3 juin 1702. La peste qui sévit à Alexandrie l’empêche d’explorer l’Égypte et la Syrie.

De retour en France, il montre avec quel zèle et quelle intelligence il a rempli sa mission : antiquités, observations de mœurs et de coutumes, remarques relatives au commerce et aux produits territoriaux des lieux qu’il avait visités, zoologie, botanique, minéralogie, tout avait attiré son attention. 1 356 plantes, la plupart nouvelles et habilement décrites, viennent prendre place dans le catalogue des richesses végétales alors connues. Tournefort est alors nommé professeur de médecine au Collège royal de France.

À partir de ce moment, il enchaîne diverses responsabilités : les devoirs du professorat, la direction du Jardin des plantes, l’arrangement de ses collections, de plus en plus considérables qu’il léguera par testament au Cabinet d’histoire naturelle de Paris, occupent tout son temps.Mais revenant du Jardin royal en portant un paquet de plantes sous le bras, il est violemment heurté par une charrette qui l’écrase contre un mur. Il meurt au bout de quelques mois, le 28 décembre 1708, à l’âge de 52 ans.

Son œuvre

Joseph Pitton de TournefortÉlémens de botanique, ou méthode pour connoitre les plantesÀ Lyon, chez Pierre Bernusset et Comp., 17976 vol. : in-8Édition complète illustrée de 489 planches hors-texte gravées sur cuivre d’après les dessins de Claude Aubriet [FA in-8 2

Dans son ouvrage Élémens de botanique, Tournefort devient botaniste descripteur et se place au premier rang. Ses descriptions sont parfaites ; il sépare nettement les espèces des variétés, et souligne les caractères inconstants sur lesquels on ne peut rien statuer.

Près de 500 planches accompagnent l’édition latine des Élémens de botanique ; les premières et les dernières permettent de faire connaître la fleur et de bien déterminer ce que l’auteur entend par corolle ; les autres constituent une description des genres dans laquelle chacun d’entre eux est habilement analysé. Les planches ont été gravées sur les dessins d’Aubriet, qui a reproduit avec une grande dextérité la forme des parties les plus mystérieuses de la fleur et du fruit.

Grâce à ce travail précis de description et d’illustration, Tournefort fait là un ouvrage novateur.

Sa méthode de classification nommée système “artificiel” eut un immense succès et fit de nombreux adeptes en Europe. Elle avait l’avantage de pouvoir être employée par tous : scientifiques et amateurs. Il distingue les herbes des arbres et arbustes, définissant ainsi 22 classes, plus une appelée “anomales” pour le reste des fleurs.

Henri Baillon

1827-1895

Son œuvre

Sa vie

Médecin et botaniste, Henri-Ernest Baillon naît en 1827 à Calais. Après avoir obtenu son diplôme de docteur en médecine, il enseigne l’histoire naturelle médicale à la Faculté de médecine de Paris à partir de 1863. Il devient ensuite professeur d’hygiène et d’histoire naturelle à l’École centrale des arts et manufactures.

Sa vie

Membre de la Société botanique de France depuis sa création en 1854, récipiendaire de la Légion d’honneur en 1867, Henri-Ernest Baillon est aussi membre de sociétés savantes et scientifiques étrangères comme la Royal Society, l’Académie roumaine, l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, et l’Académie des Sciences de Russie.

Il est l’auteur de nombreuses publications sur la botanique : publications destinées aux spécialistes, ouvrages de vulgarisation, livres destinés aux étudiants ou encore manuels scolaires et mémentos scientifiques du baccalauréat ès lettres.

Directeur du Jardin botanique de la Faculté de médecine et de sciences de Paris, il écrit à l’attention des étudiants un guide de ce lieu leur permettant d’acquérir la connaissance des plantes.

Il dirige aussi pendant quelques années le Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Paris dont il est président.

Dictionnaire de botaniquepar M. H. Baillon ; avec la collab. de MM. J. de Seyne… [et al.] ; dessins de A. FaguetParis : Hachette, 1876-18924 vol. : ill. ; in-fol.[in-4 460 /4

Parmi les écrits d’Henri-Ernest Baillon, se distinguent la monumentale Histoire des plantes en 13 volumes dont la parution s’étale de 1867 à 1895 ; ainsi que le Dictionnaire de botanique édité en 4 volumes entre 1876 et 1892. Ces deux ouvrages édités par Hachette ont été illustrés par Auguste Faguet.

Son œuvre

Henri BaillonDictionnaire de botaniqueAvec la collab. de MM. J. de Seyne… [et al.] ; dessins de A. FaguetParis : Hachette, 1876-18924 vol. : ill. ; in-fol. Tome 1, A-CHIZ ; Tome 2, CHLA-GYTO ; Tome 3, HAAG-RYZI ; Tome 4, SAAD-YEL[in-4 460 /4

Le Dictionnaire de botanique est une œuvre de collaboration, dirigée par Henri-Ernest Baillon. Sa publication s’étend de 1876 à 1892.L’ouvrage est composé de 2 660 pages consacrées à la botanique et réparties en 4 volumes, contenant les articles par ordre alphabétique : Tome 1, A-CHIZ ; Tome 2, CHLA-GYTO ; Tome 3, HAAG-RYZI ; Tome 4, SAAD-YEL.À l’origine, il est publié sous forme de 34 fascicules.

Dans sa préface, Henri-Ernest Baillon explique à qui est destiné le dictionnaire. Selon lui, il peut s’adresser aux botanistes, mais le travail de vulgarisation appliqué aux notices de l’ouvrage ne leur permettra pas forcément d’y trouver leur compte.

Il est donc principalement destiné à éclairer un très large public. Baillon évoque la « masse énorme de ceux qui sont totalement ou peu s’en faut, étrangers à la science, et qui dans une lecture ou une conversation rencontrent un terme de botanique dont ils veulent connaître rapidement et sans effort la signification ».

Il donne également un rappel de l’histoire de la botanique française et de ses grands noms, rappel dans lequel il fait notamment l’éloge de Joseph Pitton de Tournefort.À chaque entrée du dictionnaire, l’article est un résumé clair et précis du savoir sur le sujet à la fin du XIXe siècle, et renvoie aussi à une bibliographie sommaire qui permet au lecteur d’approfondir ses connaissances.

L’objectif de Baillon est de compiler le plus possible de termes concernant la botanique : plantes, botanistes, concepts, etc. Ainsi le dictionnaire permet d’avoir un nombre considérable d’articles, mais parfois la longueur des notices peut de ce fait en être réduite.

Inscrit dans le mouvement de vulgarisation du XIXe siècle et édité par la maison d’édition Hachette qui excelle en ce domaine, le Dictionnaire de botanique, est agrémenté de nombreuses illustrations, parfois en pleine page et sous forme de planches en couleur.

Ces illustrations sont l’œuvre d’Auguste Faguet. Il collaborera avec Henri-Ernest Baillon pour l’illustration de plusieurs de ses ouvrages. Dans le Dictionnaire de botanique, il utilise la gravure en bois de bout pour toutes les illustrations en noir et blanc, et la chromolithographie pour les 32 planches en couleur.

Décou'verte

la nature classée !

Fin