En attendant de retrouver la 35e cérémonie des Victoires de la musique le vendredi 14 février surFrance 2, les bibliothécaires musicaux de la MédiaLune vous proposent de découvrir les artistes nommés ...
...et de venir écouter, réserver ou emprunter les disques en lice dans les bacs de la médiathèque
ARTISTE MASCULIN
PHILIPPE KATERINE
Le dessin et le basket furent les premiers champs d’action de Philippe Blanchard plus connu sous le nom de Philippe Katerine (en clin d’œil à Catherine Deneuve).
Il fut bien sélectionné dans l’équipe de Vendée et s’il dessine toujours, il n’en fit point son métier. Pourtant, d’une certaine façon, il utilise l’art de la caricature pour ses chansons bien plus sérieuses qu’elles n’y paraissent.
Certains, à juste titre, le voient comme un Bourvil 2.0, pour sa tendresse à fleur de peau et son goût pour les détails de la vie. Tous les deux ont commencé par la musique, et le cinéma semble bien avoir adopté Katerine, en ce moment à l’affiche du film « Le lion » avec Dany Boon.
Il obtint d’ailleurs le César du meilleur acteur dans un second rôle pour le film « Le grand bain » où il joue le personnage de Thierry. Avec ce rôle il toucha le grand public. Son passage chez Jimmy Fallon en 2017 pour interpréter son titre « La moustache » lui confère une dimension internationale.
Tout ceci mis bout à bout, plus son talent évident, fait que l’année où il a 50 ans sort son dixième album « Confessions » qui déchaîna l’attente avec une couverture médiatique impressionnante.
Passé par des débuts au format chanson intimiste amoureuse de la bossa nova à la flamboyance électro, c’est avec l’album « Philippe Katerine », paru en 2010, que ces mots aussi drôles que profonds prirent toute la lumière et montrèrent l’étendue du parolier. L’auteur de « Louxor j’adore » déjà nommé dans cette catégorie en 2007, n’est enfin plus une simple curiosité mais un artiste important.
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LOMEPAL
Il y a deux ans, Lomepal était nommé dans la catégorie maintenant disparue Album de musiques urbaines. Depuis il est LA valeur sûre du rap en France.
Le mal être ou plutôt le « mâle être » est au cœur de ses écrits. En effet, il raconte des histoires sans lendemain tout en leur donnant une notion d’universel. Est-il doux, est-il dur ? Il est surtout les deux à la fois et a réussi en montrant ses failles, à se faire une place au soleil.
Entre « Flip » sorti en décembre 2017 et « Jeannine » (nommé dans la catégorie « Album » cette année) sorti en décembre 2018, les rêves d’ado ont grandi, la notoriété est passée lui rendre visite et la tristesse devient de plus en plus attractive.
En novembre dernier, il a pris rendez-vous deux soirs de suite avec ceux qui lui ressemblent dans la salle de l’AccorHotels Arena où, parfois assis il a fait résonner ses mélodies calmes. Avec « Jeannine », du rappeur skateur, Antoine Valentinelli est en passe de devenir un chanteur presque philosophe même si désabusement n’est jamais loin.
A la fin de l’enregistrement de ce second album, il est parti entre amis à l’île Maurice, cela aurait pu être la fin de son histoire car un accident violent aurait pu lui faire rejoindre le club des 27 (Jim Morisson, Amy Winehouse, Jimi Hendrix, Kurt Cobain tous morts à 27 ans).
La vie en a voulu autrement et Lomepal qui ne pourra plus jamais être « normal » doit continuer de regarder en lui pour faire résonner ses ressentis qui collent à sa génération.
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ALAIN SOUCHON
Comme on lit Hugo ou Zola pour comprendre la vie ordinaire des gens de leur temps, dans cent ans on étudiera Alain Souchon pour ressentir notre époque. Sa douceur, sa nonchalance ne cachant pas sa conscience du monde, et son amour de l’autre, avec en tête « Foule Sentimentale » (Victoire de la Chanson originale des 20 dernières années gagnée en 2005). Souchon sait écrire les mots qu’on aimerait dire pour mieux sortir de nos maux personnels. Dans ce sens-là il est un chanteur populaire, quelqu’un qui accompagne et embellit nos vies, et ce depuis 46 ans. « Nous les chanteurs on reste dans le compréhensible » dit-il pour balayer le parallèle qu’on lui propose toujours avec les poètes, même s’il chante Ronsard dans « Âme fifties ». Souchon est né en 1944, il a donc vécu ses premiers émois dans la France des années d’après-guerre. Sa voix un peu traînante recèle toujours un sourire, l’humour gentil n’est jamais loin dans ce qu’il crée pour mieux clamer son amour de la vie « Mais moi quand je tiens, tiens / Là dans mes mains éblouies / Les deux jolis petits seins de mon amie / Là je dis rien, rien, rien, rien ne vaut la vie ». Et oui, il y a aussi « …les quilles à la vanille » chez Souchon, ce qui en fait un chanteur profondément humain. Ce quinzième album prouve, s’il en était besoin, qu’il n’est pas près d’être « Descendu des plateaux d’phono / poussé en bas / par des plus beaux / des plus forts que moi ! » comme il le chante dans « Quand j’serai KO » chanson avec laquelle il obtint en 1990 la Victoire pour la Chanson originale de l’année. Une parmi ses neuf Victoires à ce jour !
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ARTISTE FéMININE
ANGèLE
Le monde - avec la décennie ? - change, la parole se libère et l’action (re)devient une solution. Angèle, qu’elle le veuille ou non, incarne le visage de cette jeunesse nourrit aux réseaux sociaux et à l’information immédiate, et sait mettre en chanson sa génération.
En comptabilisant « Brol la suite », album enrichi de sept morceaux tout aussi impactant que les autres, elle débute l’année en deuxième position du Top albums dans lequel elle figure pour la 64ème semaine consécutive et son album est annoncé comme le plus vendu en France en 2019, devant Nekfeu, avec plus de 700 000 exemplaires.
Observatrice du quotidien, utilisant son vécu comme point de départ, avec des mots simples et allant droit au but, presqu’enfantins, elle sait capter l’air de son temps. Le féminisme bien sûr avec l’emblématique « Balance ton quoi » nommé dans la catégorie Création audiovisuelle, l’homosexualité avec « Ta reine », les rapports amoureux qui se complexifient « Jalousie », « Perdus », la perversité de l’argent « La thune ».
Cinq nominations en seulement deux années de présence aux Victoires et déjà deux trophées en poche, Angèle perpétue la tradition des artistes Belges qui « brole » (Brol étant le bordel, le bazar en patois bruxellois) la chanson française.
En étant elle-même, l’autrice compositrice et vingtenaire Angèle est universelle sans être donneuse de leçons. Une vraie ket (désigne un gamin des rues de Bruxelles, souvent malicieux et frondeur). On attend sa suite avec curiosité et impatience pour les années à venir/avenir.
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CLARA LUCIANI
Chez les artistes féminines, seules Patricia Kaas, Zazie, Juliette et Camille ont obtenu à la fois une Victoire « Révélation » puis plus tard une Victoires « Artiste » de l’année. Son amie Angèle (elle a repris son « Balance ton quoi ») a la même possibilité que Clara Luciani cette année. Ce qui serait en plus la première fois que ces deux récompenses seraient gagnées de façons consécutives. En juillet elle fit la couverture de Télérama » à qui elle déclarait : « La Victoire de la Musique est arrivée comme un coup d'accélérateur providentiel, et nous sommes passés subitement de salles à moitié vides à des concerts complets tous les soirs ». Suite à sa prestation et à son émotion non feinte, son « La grenade » explosa partout et ce titre aux paroles féministes écrite bien avant tous les #meetoo, l’a emmené à la rencontre d’un public assurément fidèle. En février puis en novembre son « Sainte-Victoire » - au nom prémonitoire - album initial est passé de 11 à 15, puis 20 morceaux. On y trouve maintenant outre « Nue » (nommée en Chanson originale) un duo avec Katerine, sur une adaptation du titre de Marc Lavoine chanté avec Catherine Ringer qui devient ici « Qu’est-ce que t’es beau », une chanson écrite pour « Ma sœur », ou encore « La chanson de Delphine » écrite par Jacques Demy et Michel Legrand. Une façon de montrer sa culture musicale délicate et éclectique pour celle qui voulait être Chrissie Hynde (Pretenders). Elle s’en approche.
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CATHERINE RINGER
En 1979, Fred Chichin et Catherine Ringer se rencontraient et plus rien ne sera jamais pareil pour la musique faite en France. Avant d’écouter les titres qui constituent leur immense et génial répertoire regroupés dans une intégrale de 13 vinyles, il faut absolument prendre le temps de regarder les photos qui les accompagnent. Tant d’amour s’en dégagent que quarante ans plus tard, il n’y a rien de plus naturel que tout continue. La mort de Fred Chichin en 2007 a tout foutu par terre. Sauf l’essentiel, ce qui restera toujours : leur audace, leur modernité, leur joie au milieu du pire, l’envie d’aller au-delà d’eux-mêmes. Merci, Catherine Ringer de continuer à nous les faire vivre ces tubes inépuisables… « C’est comme çaaaaaaah » (1986) hurlé à tue-tête de génération en génération, « C’est la moooort qui t’a asssssssassiné Marciaaa » (1985) qui reste une ode à la vie. Leurs débuts furent tonitruants, ils bousculèrent ces années 80 parfois puériles. Bowie, Iggy Pop en figures tutélaires, épaulés par des cracks de la production, ils ont inventé un son qu’ils mettront un point d’honneur à ne jamais répéter. Catherine et Fred faisaient tout à deux cerveaux, à quatre mains. Ce sont eux aussi qui mirent l’image au cœur de la musique. Avec cette nomination, Catherine Ringer/Rita Mitsouko a déjà été présente dans cette catégorie - qu’elle remporta en 2012 - onze fois. Record absolu, on en veut encore. « Catherine Ringer chante (les) Rita Mitsouko », son best of indispensable sous le bras continuera de se balader de scènes en festivals pour ceux qui ont vécu l’histoire et pour ceux qui la découvriront.
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RéVéLATION SCèNE
HOSHI
La rue est l’une des scènes à la fois la plus dure et la plus accessible. C’est devant « sa » gare de Saint–Quentin-en-Yvelines qu’Hoshi a forgé son rapport au public, et lorsqu’elle sentait que quelqu’un s’attardait sur ses paroles, c’était une mini victoire, bien avant de penser aux Victoires.
Avait-elle déjà tatoué sur son bras « Il suffit d’y croire » devenu le titre de son premier album ? En tous cas elle avait déjà son bagage musical orienté rock. Patti Smith avec qui elle rêverait d’un duo, Nirvana et The Rolling Stones bien sûr, Noir Désir et Louise Attaque du côté de chez nous, mais en tête de référence il y a le plus Rock d’entre tous : Jacques Brel.
Petite dans l’appartement des grands parents, elle écoutait en boucle « Ne me quitte pas » et surtout « Mathilde » qui est son prénom d’état civil. Revenons à Gaétan Roussel qui grâce à son émission sur RTL2 s’est penché sur elle au point de lui écrire le titre « Je vous trouve un charme fou » que l’on retrouve en duo sur la version bonus de son album. Mais c’est « Ta Marinière » digne chanson rock loin d’une pop tiède au refrain presque rageur qui emmena Hoshi aux quatre coins de France, son chignon bien vissé sur la tête et la guitare bien arrimée. Sa voix qui a du grain lui donnant un charme fou, et sa force d’interprétation transpirant l’honnêteté font mouche. La suite est en route, « Amour censure » sorti début décembre annonce son second album prévu fin mars, les Zénith sont déjà en location pour la fin de l’année, début 2021. Une étoile en japonais se dit Hoshi, c’est une bonne étoile alors qui veille sur elle, de la rue des débuts aux plus grandes foules qui l’attendent.
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ALOISE SAUVAGE
Hip-hop, chanson, électro ? Danse, cinéma, musique ? Chez Aloïse Sauvage on ne choisit pas, on fait. Son regard est franc et toujours en éveil. Sa voix respire la vie. Aloïse Sauvage a un (vrai) nom d’héroïne des temps modernes et est l’incarnation même de l’Interprète avec un grand I. Dans ses rôles au cinéma elle saisit à bras le corps son personnage (inoubliable dans « 120 battements par minute »).
Dans son projet musique elle est encore plus libre dans l’interprétation, ce sont alors ses mots et ses compositions qu’elle met en jeu avec une intensité qui marque les esprits.
On ne sort pas indemne de l’un de ses concerts où son corps (encore lui !) qu’elle maîtrise à merveille fait… corps avec l’espace et le public. Ses mots percutent, ne donnent jamais de leçon et incarnent l’instant présent. Ses sons ne sont ni calmes ni énervés, ils sont à son image : sur le fil.
Sur scène elle interprète ses chansons épaulées par deux musiciens qui lui laissent toute la place. Micro bien en main, elle s’envole littéralement dans les airs pour se dépasser et nous embraser.
L’année à venir sera consacrée à la musique avec son premier album prévu fin février et avec déjà un Olympia annoncé pour le 4 juin. Aloïse Sauvage respire la liberté, liberté de créer, liberté de son corps, liberté d’aller là où elle a envie d’aller tout en restant en phase avec la vie qui l’entoure. Liberté, liberté chérie !
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SUZANE
Nous sommes en Avignon en 1997, Suzane n’a pas encore enlevé un N au prénom de sa grand-mère et s’appelle Océane Colom. Elle débute ses dix ans de cours de danse classique et le samedi matin elle regarde Hit Machine qui reçoit Mylène Farmer. Ce jour-là, elle se tourne vers sa mère et lui dit très tranquillement « Plus tard, je serai elle ».
Jamais de mensonge chez Suzane, mais de la détermination et de la créativité.
A la façon d’Uma Thurman en jaune dans Kill Bill, lorsqu’elle, elle revêt sa combinaison bleue/blanche mix assumé de Bruce Lee, Elvis Presley et de Louis XIV (sic) elle est elle-même.
Prête à bouffer la terre entière à commencer par la scène qu’elle avale seule, pas de sabre ici mais des machines et un talent chorégraphique tout en saccades qui crève les yeux.
Suzane n’a pas été bien longtemps le secret le mieux gardé des programmateurs puisqu’elle fut l’artiste la plus programmée dans les festivals de France à l’été 2019. Prochaine étape parisienne le Trianon le 26 mars. Valentin Marceau l’accompagne à la réalisation depuis son EP jusqu’à cet album sorti le 24 janvier.
Un album qui parle en punchline avec des mots précis, des mots forts, des mots justes de l’époque que nous vivons. Peu d’artistes mettent en chansons le climat social et météorologique aussi bien qu’elle. On y retrouve le plus perso « Suzane », son CV musical comme l’ont fait avant elle Aznavour « Je me voyais déjà » ou Balavoine « Le chanteur ».
Son album se nomme « Toï Toï », c’est ce que l’on se dit en Allemagne à la place de notre M*** bien français. Alors Suzane un gros ToÏ Toï pour ta première apparition aux Victoires de la Musique. Pas la dernière !
disponible prochainement
ALBUM RévéLATION
POMME "LES FAILLES"
Prenez une couverture toute douce et bien chaude, peut-être celle de votre enfance pour l’écouter en plein hiver, ou bien soyez nu.e l’été, Pomme sera toujours là pour vous faire entendre ses émotions et faire ressortir les vôtres.
« On a tous des zones sombres à l’intérieur, on a tous déjà eu de la peine et c’est ce qui nous rend humains, la beauté est dans les failles… » écrit dans le livret de son second album celle qui vit entre Paris et son Canada de cœur.
Sa voix charme toujours autant, même si elle est plus intime encore, plus affirmée, tendre et directe à la fois. Le changement essentiel entre « À peu près » paru en octobre 2017 et « Les failles » tient dans le fait que Claire Pommet est la seule autrice compositrice de son bébé discographique.
Mais elle n’est pas seule à bord de son radeau de la méduse à elle, le copain en question se nomme Albin de la Simone et en cinq jours pas plus, a « accompagné mes idées, les a complétées et enrichies» dit-elle dans le magazine FrancoFans qui l’arbore en une de son dernier numéro avec le juste titre « Tout d’une grande ».
Il y a aussi la complice illustratrice Ambivalently yours qui a son mot à dessiner. Avant son « Les failles » il y a eu 4 ans de tournée seule sur la scène avec sa guitare et son autoharpe. Epuisant, épuisée sans aucun doute, mais sa réponse créative et humaine est éclatante: onze titres avec de la nuit et des oiseaux dedans qui donnent envie d’être acteur de sa propre vie.
À noter que Pomme a offert l’espace de son album - dans la version collector - à Claire Pommet pour qu’elle y présente son recueil de poésie.
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MAËLLE "MAËLLE"
Chez c’est les Celtes qu’on trouve la signification du prénom Maëlle qui peut se traduire par princesse.
Alors concernant Maëlle Pistoia, s’il s’agit d’une princesse, c’en sera une des temps modernes, aux « Pouces ordinateurs » comme lui fait chanter Zazie qui était sa coach, dans « Toutes les machines ont un cœur » premier titre sorti après sa victoire dans la 7ème saison de The Voice. Première artiste féminine à remporter l’émission SVP.
Quand on est gagnante de pareille aventure, cela sous-entend qu’on a une voix, et c’est cette voix qui a fait tilt dans la tête de Calogero, qui, après une rencontre au festival des Nuits Bressanes et après une conversation tournant autour de Lana Del Rey, Michel Berger ou Billie Eilish, a décidé de composer et réaliser cet album.
« C’est l’album de Maëlle pas le mien, il faut que cela soit une photo de sa vie, qu’elle soit fière de lui plus tard. ». Calogero a privilégié le piano et orienté le tout vers un électro de bon aloi. Il a aussi fait appel à sa « famille » aussi bien en termes de paroliers (Paul Ecole, Marie Bastide, Inès Barbier) que de musiciens qui l’accompagnent sur scène.
La voix de Maëlle, certes, mais aussi une personnalité, celle d’une jeune femme ancrée dans son époque et son temps, préoccupée par l’écologie et consciente des liens sociaux. Sans être devin il est certain que plein de premières fois réussies attendent cette jeune fille des années 20.
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MALIK DJOUDI "TEMPERAMENTS"
Voilà ce qu’il se passe dans la tête d’un nommé lorsqu’il en est informé : « Quand j’ai appris la nouvelle, je n’ai pas réalisé, et je ne réalise pas encore. Je marchais d’un pas léger, pensant à mes proches, à toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à ce disque... Merci la vie! ».
Malik Djoudi s’inscrit dans une filiation aux noms prestigieux. «
Tout est pop » chante Alain Chamfort. Etienne Daho le King of the Pop made in France figure sur cet album sur le titre « À tes côtés ». Malik Djoudi est empreint de Pop.
Une pop noble, une pop qui fait rêver ou danser, pas une pop de bac à disques. Une pop sincère et instruite, venue des anglo-saxons. Pourtant une pop aux couleurs de chansons qui sonnent déjà comme des classiques.
Une pop en français qui a vu le jour après un voyage initiatique au Vietnam, une de ses terres maternelles. Pour continuer dans la notion d’héritage, sa voix est souvent mise en parallèle avec celle de Christophe, tous les deux ayant le goût d’aller chercher dans les aigus.
Sur ce second album fait avec la complicité d’Amaury Ranger (François Atlas) ses mots sont simples pour créer des phrases mystérieuses qui vont droit au cœur des âmes sensibles.
Sur scène son engagement avec le public est profond, sa joie est immense. A la fois réfléchi et gorgé de folie, il marche d’un pas léger (donc) vers des sommets poétiques et emplis de beauté. L’écouter c’est s’offrir un moment de béatitude.
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ALBUM
PHILIPPE KATERINE "CONFESSIONS"
Jeune adolescent, Katerine a un temps envisagé de devenir prêtre. Grâce à Dieu il n’en fit rien et continue de balancer ses mots - qui ne sont même pas gros - dans ce bien nommé « Confessions ».
Le timide qu’il n’est presque plus, celui qui affirme ne jamais se mettre en colère, lâche les vannes dans ses albums, sans en faire un terrain de psychanalyse.
Le sexe comme souvent chez lui occupe le terrain, mais un sexe joyeux qui ne cache rien.
La politique n’est pas absente, mais à sa façon : le bébé panda du Zoo de Beauval sert de prétexte pour présenter un président Macron qui ne connaît pas les champignons.
A sa façon, l’homophobie est abordée puisqu’on apprend dans « Confessions » que « 88% des mecs sont pédés ». A sa façon, il lutte contre le racisme dans le titre « Blond », « Je n'ai jamais montré mes papiers / Parce que je suis blond ». A sa façon, il revisite l’actualité, sans poésie excessive et sans hypocrisie fausse. Sur cet album pour la première fois composé avec l’aide de la M.A.O., sa voix devenue familière fait mouche et il chante à merveille les parenthèses qui truffent ses textes.
Mais il n’est pas seul à donner de la voix sur cet album qui fait même figure de best of de cette 35éme édition des Victoires. En effet, y figure un duo avec Lomepal, un autre avec Angèle, et est même crédité comme invité sur « Rêve affreux » Alain Souchon.
C’est lui à l’inverse qui figure sur l’album de Clara Luciani. Comme c’est un album accueillant, on y trouve aussi Camille et Léa Seydoux, l’ami de toujours Dominique A, également Oxmo Puccino et Gonzalés, la mystérieuse Clair ainsi que son beau-père Gérard Depardieu. Comme on parle famille on trouve, en plus de Julie Depardieu, ses enfants Billy et Alfred… tout le monde n’a pas la chance d’avoir un papa comme Philippe Katerine !!!
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ALAIN SOUCHON "ÂME FIFTIES"
Sur ce nouveau Souchon, il y en a trois aux fourneaux ; Alain of course, et ses fils, Pierre, l’ainé et Charles - alias Ours - le cadet. Si Pierre avait déjà officié avec son père, c’est avec le troisième volet du « Soldat Rose » que ces trois-là ont commencé à aimer collaborer.
La fierté de l’auteur à travailler avec ces deux compositeurs est évidente : « Mes fils sont très doués avec les instruments, ils m'aident à donner à mes chansons une sophistication.
Charles apporte avec lui son époque, il a une prédilection pour les sons ensoleillés. Pierre est très fort pour trouver de bons refrains ». Cela faisait onze ans qu’il n’avait pas sorti d’album solo original. Entretemps est paru en 2011 « A cause d’elles » reprises de comptines de son enfance, et surtout le tant rêvé « Alain Souchon & Laurent Voulzy ».
Voulzy qu’on retrouve ici à la composition de « Irène ». Il parle rarement de lui préférant observer ses contemporains ou mettre en avant ceux de son panthéon personnel (Monod, Sagan, Ava Gardner…). Or dans « Âme fifties » on devine qu’il parle, de ces cheveux « On se ramène les cheveux vers l’avant en les lavant », de son éducation musicale faîte de « Debussy,
Gabriel Fauré » quand lui rêvait de Memphis Tennessee, ainsi que de ses souvenirs de petit garçon sur les plages du Nord. Et toujours cette pointe sociétale avec l’émouvant « Un terrain en pente » et cette phrase si belle et si glaçante « J’vois au bord de l’Eure / une usine qu’on vend / et des hommes qui pleurent / devant ».
Un nouveau Souchon c’est un rendez-vous avec un presqu’ami, un rendez-vous avec la vie.
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NEKFEU "LES ÉTOILES VAGABONDES : EXPANSION"
Tout commence le 15 mai 2019 lorsque sur sa chaîne YouTube Nekfeu annonce pour le 6 juin la sortie du film « Les étoiles vagabondes » coréalisé avec Syrine Boulanouar et présenté comme un « album au cinéma ».
Le documentaire toujours disponible sur Netflix raconte la genèse de l’album éponyme qui est sorti le même jour que l’unique projection en salle qui rassembla 100 000 aficionados.
Au début du film, Nekfeu en donne le point de départ intime : « Ca faisait plus d’un an que j’étais sensé enregistré mon 3ème album… mais j’arrivais pas à m’y mettre. Alors j’ai fait ce que je sais faire de mieux : fuir. ». Satanée page blanche, ambigüité du succès.
Fuir pour mieux se retrouver avec ce voyage intérieur qui démarre à Mytilène, village de ses grands-parents sur l’île de Lesbos en Grèce. Suivent Tokyo avec sa dream Team, ensuite Los Angeles puis la Nouvelle-Orléans sans oublier un crochet par Bruxelles pour enregistrer le duo avec Damso. Et voilà le résultat : 71,50 minutes de sons où on retrouve le quasi trentenaire avec à nouveau le sourire aux lèvres et la plume vive.
Dans le film il n’est pas question du duo avec Vanessa Paradis, mais on le retrouve bien sur la version intitulée « Expansion » sortie quinze jours plus tard et qui elle fait 125 minutes, et qui est resté onze semaines consécutives numéro 1 des ventes en France. Pas mal pour un rappeur qui a su retrouver ses fondamentaux.
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VINCENT DELERM
"PANORAMA" .
Depuis 2002, il ne rentre dans aucune boîte aussi belle soit elle, mais ces mots « Faire une vie hors compétition», qui viennent rimer avec « Et ressentir une émotion » dans « Vie Varda » extrait de son septième album donne le tempo et les credo de ce pas seulement tendre, à la voix pleine de sourires.
Delerm n’est jamais le même.
Cette fois-ci, il a établi une règle audacieuse : après avoir composé la musique de ces dix titres il les a confiés à dix réalisateurs différents. Voyez l’éclectisme, par ordre d’apparition : Maxime le Guil & Clément Ducol, Peter von Poehl, French 79, David Ivar Herman Dune, Keren Ann, Voyou, Dan Lévy, Girls in Hawaii, Yael Naim. Puis il a finalisé le tout en écrivant les paroles pour en faire ses chansons.
S’ajoute une jolie chanson - elle réalisée par Delerm - où l’intime du texte à deux voix - avec Rufus Wainwright - prend le dessus et entoure l’ensemble Ö combien cohérent. Au même moment, comme un prolongement celui que l’on connaît aussi pour ses photos, devient cinéaste et réalise en une heure « Je ne sais pas si c’est tout le monde » avec dedans des vrais tranches de vie entre autres d’Aloïse Sauvage et d’Alain Souchon également au sommaire de ces 35èmes Victoires de la Musique.
Il y a aussi – voulue ainsi – la dernière scène du grand Jean Rochefort ou encore la voix de Truffaut. Il y par ailleurs pour le couronner encore plus, seul - ou presque - en scène, avec son premier quart d’heure inoubliable, sa série de concerts à la Cigale qui donne envie de collectionner les papiers d’emballage de sucre
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CHANSON ORIGINALE
BOULEVARD DES AIRS & VIANNEY "ALLEZ RESTE" .
Le 20 mars dernier Boulevard des airs était sur la scène de l ‘Olympia. Jusque-là, rien de plus normal. Lorsque soudain saisissant discrètement un micro et ajustant ses « ears » c’est un Vianney joyeux qui quittait son siège pour assurer sa partie de texte sur « Allez reste ». Mise en scène ou surprise totale ? Gardons le mystère, c’est bien plus joli.
Ce titre est extrait de leur 4ème album ou figure également « Je me dis que toi aussi » qui l’an passé a remporté, devant entre autres Aya Nakamur, la Chanson originale de l’année. Si le 14 février BDA remportait à nouveau cette Victoire, le groupe emmené par Florent Dasque et Sylvain Duthu serait le premier à réussir l’exploit de remporter deux fois de suite cette catégorie si emblématique qui est entre les mains du public.
Amis depuis leurs débuts respectifs et ayant grandi ensemble, de petites salles clairsemées en Zénith sold out, c’était comme une évidence que ce duo voit le jour. Un titre qui parle de la mémoire qui part, pour ne pas dire d’Alzheimer. Une façon pour ces artistes de graver dans leur mémoire à tout jamais ces moments de musique et de joie au milieu des décors de l’enfance entre train électrique et Kapla. Vianney ne figure pas sur la version symphonique récemment sortie du titre, ce n’est qu’un détail.
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VITAA & SLIMANE "ÇA VA ÇA VIENT"
Leur histoire commence avant même leur rencontre, lorsque Slimane le 6 février 2016 lors des auditions à l’aveugle de la cinquième saison de The Voice reprend « À fleur de toi », le premier titre de Vitaa paru en 2006. Depuis Slimane a gagné l’émission et a sorti deux albums. Ce qui fera chanter à cette dernière sur leur album commun « Dès les premières notes, je n’te l’ai jamais dit, mes larmes ont coulé ». Sur ce titre VERSUS, on en apprend beaucoup sur la genèse de ce duo hors normes où Vitaa et Slimane se confient l’un à l’autre en s‘appelant frère et sœur. Ces deux-là se sont retrouvés coach pour the Voice (cette fois-ci en Belgique) et l’amitié commence et les pousse à entrer en studio. Ce sera le titre « Je te donne », qui succès, et joie d’écrire et composer ensemble les incite à sortir cet album de 19 titres où l’on retrouve de prestigieux featuring avec Gims, Camelia Jordana, Amel Bent, Kendji Girac , sans oublier Camille Schneyder et Sola, leurs protégées venues de The Voice. Ce ping-pong artistique où le compromis est omniprésent leur permet de dire ce qu’ils ne pourraient jamais dire dans leurs albums solos. Ce titre « Ca va ça vient » où ils expriment leur failles et leur désir de chercher du positif, ainsi que « XY » qui parle des relations hommes femmes ou encore « Maëlys » titre évoquant la triste histoire de cette petite fille, seront bien sûr au répertoire de la tournée qu’ils préparent avec un passage au Stade Mauroy de Lille en mars et un AccorHotels Arena en avril.
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CLARA LUCIANI "NUE"
« Nue » figure sur la seconde édition de son unique album « Sainte-Victoire » et, emmené par sa basse profonde et funk à souhait, suit le même succès que « La grenade » et installe définitivement la native de Martigues dans le paysage musical français.
2019 fut une année forte, qui la vit parcourir les festivals et remplir trois Olympia. Cette chanson composée en partie par Sage, raconte ces dernières années, depuis son passage dans le groupe « La Femme » à sa première Victoire.
Ainsi démarre « Nue » : « Je rêve pince moi pour voir » qui n’est autre que l’histoire du rêve qui devient réalité. Nue, car elle se débarrasse de tous artifices, elle y mixe l’image médiatique avec la Clara de tous les jours. Elle fait son métier avec joie, passion et sérieux et profite de tous ces moments uniques après quelques années de galère où elle a failli tout arrêter !
Ce clip tourné à Bruxelles par Brice VDH montre une Clara Luciani très drôle et un impeccable Arthur Teboul (le chanteur de Feu! Chatterton) jouant son compagnon à qui le peignoir en satin va à ravir. Au moment où sort le titre « Emmanuelle » elle avance sur la suite de sa carrière. Gageons que sa seconde soirée des Victoires lui donnera de belles idées.
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L’heure, on le sait, est au streaming dominant, or, sans nostalgie comme à son habitude et en préambule de son quinzième (déjà !) album, Alain Souchon a livré fin août, presqu’un 45 tours avec une face A et une face AA sur laquelle on trouve ce « Presque » qui le voit être nommé pour la cinquième fois dans cette catégorie Chanson originale de l’année en tant qu’interprète auxquelles, il convient de rajouter cinq nominations comme auteur de Voulzy et une autre en duo avec ce dernier, le tout pour quatre Victoires.
« Presque » raconte une histoire d’amour qui n’a pas lieu, seulement vécue par le narrateur qui n’a pas osé « Je t’ai presque écrit ce matin / Presque pris mon courage à deux mains ». Sur la pochette Souchon est de profil, dans un noir et blanc élégant, beau comme toujours, le regard presqu’avec nous. Dans le clip il dodeline (lentement) du bassin comme presque toujours.
Si à la composition on retrouve bien Pierre et Charles Souchon comme dans presque tout l’album c’est un parolier occasionnel qui vint donner le point de départ de « Presque », en la personne d’Edouard Baer.
La complicité entre ces deux tendres se concrétisa en 2016 lorsque Souchon composa la chanson générique du film de Baer « Ouvert la nuit » qui clôt d’ailleurs ce « Âme Fifties ». Un jour l’ainé demanda au cadet comment il allait, il lui fut répondu « Presque ». Hop, voilà comment naît une chanson.
Sous le clip de « Presque » en commentaires on peut lire : « Perso je suis plus rap (j’ai 14 ans) mais franchement j’adore cette chanson et ce bien ressenti... » Démonstration est faite : on a presque tous dans le cœur une chanson de Souchon, un truc qui colle au cœur et au corps !
« Nue » figure sur la seconde édition de son unique album « Sainte-Victoire » et, emmené par sa basse profonde et funk à souhait, suit le même succès que « La grenade » et installe définitivement la native de Martigues dans le paysage musical français.
2019 fut une année forte, qui la vit parcourir les festivals et remplir trois Olympia. Cette chanson composée en partie par Sage, raconte ces dernières années, depuis son passage dans le groupe « La Femme » à sa première Victoire.
Ainsi démarre « Nue » : « Je rêve pince moi pour voir » qui n’est autre que l’histoire du rêve qui devient réalité. Nue, car elle se débarrasse de tous artifices, elle y mixe l’image médiatique avec la Clara de tous les jours. Elle fait son métier avec joie, passion et sérieux et profite de tous ces moments uniques après quelques années de galère où elle a failli tout arrêter !
Ce clip tourné à Bruxelles par Brice VDH montre une Clara Luciani très drôle et un impeccable Arthur Teboul (le chanteur de Feu! Chatterton) jouant son compagnon à qui le peignoir en satin va à ravir. Au moment où sort le titre « Emmanuelle » elle avance sur la suite de sa carrière. Gageons que sa seconde soirée des Victoires lui donnera de belles idées.
ALAIN SOUCHON "PRESQUE"
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KATERINE "STONE AVEC TOI"
Parue fin septembre en éclaireur de « Confessions », « Stone avec toi » donnait d’emblée le ton à l’ensemble : onirique, chaleureux et avec une dose d’absurde digne d’un nouveau monde fantastique.
On a l’impression dans cette chanson de baigner dans une bande dessinée colorée et futuriste où « Les animaux feraient des ragoûts de nous et où les robots auraient des bébés de nous ». Stone peut-être, mais pas seulement et comme à l’accoutumée se cache de grandes idées derrière les apparentes pitreries du Monsieur. La protection animale et l’intelligence artificielle sont donc bien présentes dans ce titre au refrain qu’on prend un malin plaisir à répéter ad lib en sa compagnie, en affichant un sourire béat constant.
L’image chez Katerine est toujours centrale, sur « Confessions » on dirait un lutin échappé justement de ce Monde décrit dans « Stone avec toi », à la fois malicieux et un peu trouillard. Et c’est le visage de Katerine affublé d’un nez-zizi sur fond rose qui en est le personnage principal et qui est décliné dans le clip (plus d’un million de vues) réalisé par sa fille ainée Edie Blanchard qui utilise le morphing pour nous en faire voir de toutes les couleurs (de la Joconde à Obama).
Katerine n’a obtenu qu’une Victoire depuis son arrivée dans le monde de la musique en 1991, ce fût en 2011 pour le clip de « La Banane ». Avec trois nominations cette année, gageons que le compteur pourrait augmenter. Le projet aujourd’hui abandonné qu’un rond-point de sa ville natale de Thouars porte son nom pourrait alors être réactivé et ainsi accueillir toutes ses récompenses, au cinéma comme en musique, en guise de décorations.
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CONCERT
JEANNE ADDED SOLO "BOTH SIDES TOUR"
Bien sûr il y a eu les Eurockéennes, les Nuits de Fourvière, les Vieilles Charrues où Jeanne Added se produisait en full band et électrisait son auditoire. Mais en cette année 2019 riche en émotion pour elle, notamment en février lorsqu’elle reçoit les Victoires pour Artiste féminine et Album rock, il y a eu aussi la tournée « Both sides » où elle se présente en solo.
En solo et en trois temps distincts. Premièrement avec une "relecture club » de ses titres. Pendant cette séquence, le "son arrive de partout, les gens baignent dedans… » Deuxièmement, elle fait une avec sa basse et c’est elle qui balance le son.
Troisièmement et pour finir, une partie a capella. « J’aime enlever des choses, créer de la tension par le moins. On a poussé le truc assez loin." dit-elle à propos de ces dates créées au départ pour les théâtres et leurs places assises, où le public se levait rapidement pour danser avec elle.
Ce « on » cache le scénographe Eric Soyer, connu pour son travail avec Joël Pommerat. Après un détour par l’Asie, Jeanne Added reprendra la tournée Both Sides - du nom d’un track de « Radiate », son second album - en mai à Paris au 104 et repartira en région pour que son sourire toujours franc éclate partout.
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ANGELE "BROL TOUR"
Rapide retour en arrière : Angèle Van Laeken sort de l’école Jazzstudio, section piano, à Anvers, son frère Roméo Elvis commence à pointer le bout de son nez, ses parents, le musicien Marka et la comédienne Laurence Bibot, l’encouragent, elle poste des reprises sur le réseau Instagram, et au printemps 2016 elle joue 4 fois dans des bars à Bruxelles un répertoire alors plutôt chanté en anglais.
Puis sort en octobre 2017 « La loi de Murphy » clippé par, la devenue fidèle, photographe Charlotte Abramow, et tout s’emballe.
En novembre de la même année, elle fit toutes les premières parties de Damso en France. Le 22 mai 2018 c’est le Trianon qui l’accueille pour sa vraie première parisienne. Elle poursuit actuellement sa tournée des Zénith, une trentaine en tout avant de prendre d’assaut l’AccorHotels Arena, quatre jours durant, la semaine suivant la cérémonie des Victoires, sans oublier tous les festivals.
La fan revendiquée d’Hélène Ségara a fait de la scène son royaume et s’y perfectionne sans cesse, notamment avec Marion Motin (Stromae) avec qui elle peaufine les chorégraphies. Laissons le mot de la fin à Julien Granel à qui, en amie fidèle, elle donne quasi toutes ses premières parties depuis un an : « La tournée d’Angèle vu de l’intérieur, c’est une grande famille et beaucoup de joie, de rires, à son image.
Et c’est surtout chaque soir, énormément d’émotion, de la voir chanter sa vie quotidienne, sans filtre, face à des milliers de gens qui semblent partager cette vie tellement ils connaissent chaque parole ».
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M "LE GRAND PETIT CONCERT"
22, 94, 700 000, 13 ou 14.
Derrière ces chiffres se cachent des histoires.
22, c’est facile, ce sont ses 22 ans de carrière, si on la fait commencer avec la sortie de « Le Baptême » où figure « Machistador » qu’il joue toujours sur scène. Six albums studio, cinq en live, et puis « Le Soldat Rose », la BO « Des triplettes de Belleville », celle « D’un monstre à Paris », sans oublier « Lamomali », ni le projet familial « Louis, Matthieu, Joseph et Anna Chedid ». 94, c’est le nombre de concerts à ce jour de la tournée « Le Grand Petit Concert » qui vient de sortir en CD, dans lequel on trouve cette citation : « Pour ceux qui n ‘ont pas vu ce « Grand Petit Concert », je suis seul en scène, entouré d’automates et d’inventions en tout genre. Avec la plus belle chorale du monde. Vous ! Aime infini. » Durant ces presque 3 heures de show, il revisite l’ensemble de son répertoire en chansons et en look, la guitare rose période « Qui de nous deux ? », le bleu et jaune de « Îl », et les coiffures qui correspondent à toutes ses étapes de vie.
700 000, c’est le nombre de spectateurs qu’il a déjà rencontré. Un record pour lui et gageons qu’avec la suite de cette tournée solo il touchera le million.
Enfin 13 ou 14 ? En effet M est le recordman à égalité de Victoires avec Bashung, s’il gagne ce soir, il en aura 14 chez lui dont déjà 4 pour le concert pour 28 nominations, obtenus dans 7 catégories différentes. M et les VDM, c’est une belle histoire !
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CRéATION AUDIOVISUELLE
Le 25 mars sur leur compte twitter, Ademo et NOS plus connu sous le nom de PNL écrivaient : « On pensait pas un jour monter si haut… en totale indépendance » suivi du hashtag #FierDeVenirDenBas et annonçaient la sortie de leur 3 éme album pour le 5 avril, intitulé sobrement « Deux frères ».
Trois jours plus tôt, ils mettaient en ligne le clip de « Au DD » réalisé par QLF soit Que la famille, donc eux-mêmes. Dedans, en guest star, on retrouve le monument sans doute le plus connu au monde, à savoir, la dame de fer alias la Tour Eiffel.
Cette œuvre audiovisuelle culmine à plus de 130 millions de vues, ce qui en fait le clip le plus vu en France pour l’année écoulée. Ce son entêtant bat de suite tous les records possibles en devenant le titre le plus écouté en 24h sur Deezer, record qu’ils détenaient déjà, et c’est le premier groupe de rap français à atteindre le top 30 mondial de Spotify.
Chez les frères Andrieu on ne parle pas mais on est as en stratégie, et on laisse volontiers les autres disserter pour soi. En effet nombreux sont les sites qui décortiquent les nombreux signes visibles ou pas, à commencer par le sens d’au DD.
Cela va de l’improbable hommage à Didier Deschamps au plausible Deuxième Degré, à la plus probable notion de vente « au détail », souvenir de leur commerce précédent. Dans « DA » sorti en 2016, ils regardaient la Tour Eiffel sur un toit de leur quartier… en 2019 les mots du début de « Au DD » sont « J’vise plus l’sommet ». Mission accomplie, ils sont au plus haut du game. Plus tard NOS chante même « C’est peut être mon dernier album »… Soyez rassurés les dates de juin et juillet affichent complet partout.
PNL "AU DD"
ANGèLE "BALANCE TON QUOI"
S’il suffisait d’un chiffre pour mesurer l’impact d’Angèle, celui de 275 est significatif. C’est en effet le nombre cumulé en millions de vues de ses huit clips avec 97 millions pour le seul « Tout oublier » réalisé par Brice VDH qui remporta une Victoire l’an passé ce qui en fait le plus vu de sa « clipographie ». Il est suivi par « Balance ton quoi » qui lui culmine à « seulement » 59 millions de clicks.
C’est le troisième film que Charlotte Abramow réalise pour l’artiste, sur un scénario qu’elle a coécrit avec Ophélie Secq et Angèle elle-même. Tour à tour juge ou instructrice de l’« Anti Sexism Academy », Angèle montre une fois encore ses talents de comédienne. Nul doute que le cinéma lui tend les bras : « Si je le fais, je consacrerai du temps à mon apprentissage. Ce n’est donc pas pour tout de suite » déclare-t-elle au journal « Le Monde ».
Cette chanson écrite peu après #balancetonporc est née d’une réflexion déplacée qu’un homme lui fit dans le tram à Bruxelles. Elle fut chantée, par des femmes comme par des hommes, le 23 novembre dernier dans les rues de Paris lors de la marche contre les violences faites aux femmes. Angèle et cette chanson au gimmick drôle et entêtant « D’aller te faire en hum-hum » ouvrent les yeux et donnent de la force pour que tous ces abus cessent.
A noter la présence impeccable de Pierre Niney en patient qui semble indécrottable pour finir lui-même par devenir instructeur après avoir (enfin) compris que lorsque qu’une femme dit non… ben c’est non. Nous on dit oui à Angèle et à sa façon de nous raconter la vie.
LES VIEILLES CANAILLES "LIVE LES VIEILLES CANAILLES"
Retour en arrière ; dans les fifties, les mêmes que chante Souchon, trois garçons se retrouvent au square de la Trinité dans le IXème à Paris. C’est Johnny Hallyday qui en parle le mieux : « On parlait sur les bancs, on rêvait de filles, de cinéma. On aimait chourer des disques.»
Leurs balbutiements de rock passent donc par là et l’amitié est déjà solide. Elle ne les aura pas quittés pendant plus de 50 ans. Seule la mort a réussi à les séparer.
Tout le monde en rêvait, un homme l’a fait, le producteur Valéry Zeitoun. Réunion de trois légendes, réunion de gamins septuagénaires qui totalisent seize Victoires à eux trois. La première fournée de ces concerts mythiques eut lieu en 2014, mais ne s’était produite qu’à Paris pour six dates. Déjà inespéré, mais l’envie fut la plus forte et le trio, accompagné de pas moins de 22 musiciens, remis le couvert pour 17 dates dont celle captée le 24 juin 2017 à Paris.
Ce DVD/CD qui termina l’année en tête des ventes est composé de 21 titres chantés en solo, en duo mais la plupart du temps en trio, puisés dans le répertoire colossal de ces trois monstres (on n’ose pas imaginer la complexité pour faire le choix), plus la chanson enregistrée en duo avec Serge Gainsbourg en 1986 par Eddy Mitchell et qui donne le nom de l’événement : « Vieille Canaille ».
La complicité et la potacherie est palpable à l’écran, on y voit des éternels rêveurs à la carrière bien remplie, dans leurs beaux costumes, contents de leur blague commune : posséder la scène enfin ensemble et prendre et donner du plaisir.
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Cette année, la cérémonie annuelle qui récompense le meilleur de la chanson et de la scène française se réinvente en passant de treize à huit catégories, dont trois seront ouvertes aux votes du public. Découvrez dans notre playlist les titres des 19 groupes ou artistes en compétition dont Angèle, Clara Luciani, Alain Souchon, Maëlle ou encore Hoshi.
Les Victoires de la musique ont 35 ans
Nous vous proposons également de découvrir le podcast que le journaliste Didier Varrod (France Inter) a consacré à l'histoire de cet événement. Ce podcast original est l’occasion de revenir en musiques et en archives sur 35 ans de moments de radio et et de télévision qui ont nourri l’histoire des musiques de variété de notre pays.
Victoires de la Musique 2020
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En attendant de retrouver la 35e cérémonie des Victoires de la musique le vendredi 14 février surFrance 2, les bibliothécaires musicaux de la MédiaLune vous proposent de découvrir les artistes nommés ...
...et de venir écouter, réserver ou emprunter les disques en lice dans les bacs de la médiathèque
ARTISTE MASCULIN
PHILIPPE KATERINE
Le dessin et le basket furent les premiers champs d’action de Philippe Blanchard plus connu sous le nom de Philippe Katerine (en clin d’œil à Catherine Deneuve). Il fut bien sélectionné dans l’équipe de Vendée et s’il dessine toujours, il n’en fit point son métier. Pourtant, d’une certaine façon, il utilise l’art de la caricature pour ses chansons bien plus sérieuses qu’elles n’y paraissent. Certains, à juste titre, le voient comme un Bourvil 2.0, pour sa tendresse à fleur de peau et son goût pour les détails de la vie. Tous les deux ont commencé par la musique, et le cinéma semble bien avoir adopté Katerine, en ce moment à l’affiche du film « Le lion » avec Dany Boon. Il obtint d’ailleurs le César du meilleur acteur dans un second rôle pour le film « Le grand bain » où il joue le personnage de Thierry. Avec ce rôle il toucha le grand public. Son passage chez Jimmy Fallon en 2017 pour interpréter son titre « La moustache » lui confère une dimension internationale. Tout ceci mis bout à bout, plus son talent évident, fait que l’année où il a 50 ans sort son dixième album « Confessions » qui déchaîna l’attente avec une couverture médiatique impressionnante. Passé par des débuts au format chanson intimiste amoureuse de la bossa nova à la flamboyance électro, c’est avec l’album « Philippe Katerine », paru en 2010, que ces mots aussi drôles que profonds prirent toute la lumière et montrèrent l’étendue du parolier. L’auteur de « Louxor j’adore » déjà nommé dans cette catégorie en 2007, n’est enfin plus une simple curiosité mais un artiste important.
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LOMEPAL
Il y a deux ans, Lomepal était nommé dans la catégorie maintenant disparue Album de musiques urbaines. Depuis il est LA valeur sûre du rap en France. Le mal être ou plutôt le « mâle être » est au cœur de ses écrits. En effet, il raconte des histoires sans lendemain tout en leur donnant une notion d’universel. Est-il doux, est-il dur ? Il est surtout les deux à la fois et a réussi en montrant ses failles, à se faire une place au soleil. Entre « Flip » sorti en décembre 2017 et « Jeannine » (nommé dans la catégorie « Album » cette année) sorti en décembre 2018, les rêves d’ado ont grandi, la notoriété est passée lui rendre visite et la tristesse devient de plus en plus attractive. En novembre dernier, il a pris rendez-vous deux soirs de suite avec ceux qui lui ressemblent dans la salle de l’AccorHotels Arena où, parfois assis il a fait résonner ses mélodies calmes. Avec « Jeannine », du rappeur skateur, Antoine Valentinelli est en passe de devenir un chanteur presque philosophe même si désabusement n’est jamais loin. A la fin de l’enregistrement de ce second album, il est parti entre amis à l’île Maurice, cela aurait pu être la fin de son histoire car un accident violent aurait pu lui faire rejoindre le club des 27 (Jim Morisson, Amy Winehouse, Jimi Hendrix, Kurt Cobain tous morts à 27 ans). La vie en a voulu autrement et Lomepal qui ne pourra plus jamais être « normal » doit continuer de regarder en lui pour faire résonner ses ressentis qui collent à sa génération.
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ALAIN SOUCHON
Comme on lit Hugo ou Zola pour comprendre la vie ordinaire des gens de leur temps, dans cent ans on étudiera Alain Souchon pour ressentir notre époque. Sa douceur, sa nonchalance ne cachant pas sa conscience du monde, et son amour de l’autre, avec en tête « Foule Sentimentale » (Victoire de la Chanson originale des 20 dernières années gagnée en 2005). Souchon sait écrire les mots qu’on aimerait dire pour mieux sortir de nos maux personnels. Dans ce sens-là il est un chanteur populaire, quelqu’un qui accompagne et embellit nos vies, et ce depuis 46 ans. « Nous les chanteurs on reste dans le compréhensible » dit-il pour balayer le parallèle qu’on lui propose toujours avec les poètes, même s’il chante Ronsard dans « Âme fifties ». Souchon est né en 1944, il a donc vécu ses premiers émois dans la France des années d’après-guerre. Sa voix un peu traînante recèle toujours un sourire, l’humour gentil n’est jamais loin dans ce qu’il crée pour mieux clamer son amour de la vie « Mais moi quand je tiens, tiens / Là dans mes mains éblouies / Les deux jolis petits seins de mon amie / Là je dis rien, rien, rien, rien ne vaut la vie ». Et oui, il y a aussi « …les quilles à la vanille » chez Souchon, ce qui en fait un chanteur profondément humain. Ce quinzième album prouve, s’il en était besoin, qu’il n’est pas près d’être « Descendu des plateaux d’phono / poussé en bas / par des plus beaux / des plus forts que moi ! » comme il le chante dans « Quand j’serai KO » chanson avec laquelle il obtint en 1990 la Victoire pour la Chanson originale de l’année. Une parmi ses neuf Victoires à ce jour !
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ARTISTE FéMININE
ANGèLE
Le monde - avec la décennie ? - change, la parole se libère et l’action (re)devient une solution. Angèle, qu’elle le veuille ou non, incarne le visage de cette jeunesse nourrit aux réseaux sociaux et à l’information immédiate, et sait mettre en chanson sa génération. En comptabilisant « Brol la suite », album enrichi de sept morceaux tout aussi impactant que les autres, elle débute l’année en deuxième position du Top albums dans lequel elle figure pour la 64ème semaine consécutive et son album est annoncé comme le plus vendu en France en 2019, devant Nekfeu, avec plus de 700 000 exemplaires. Observatrice du quotidien, utilisant son vécu comme point de départ, avec des mots simples et allant droit au but, presqu’enfantins, elle sait capter l’air de son temps. Le féminisme bien sûr avec l’emblématique « Balance ton quoi » nommé dans la catégorie Création audiovisuelle, l’homosexualité avec « Ta reine », les rapports amoureux qui se complexifient « Jalousie », « Perdus », la perversité de l’argent « La thune ». Cinq nominations en seulement deux années de présence aux Victoires et déjà deux trophées en poche, Angèle perpétue la tradition des artistes Belges qui « brole » (Brol étant le bordel, le bazar en patois bruxellois) la chanson française. En étant elle-même, l’autrice compositrice et vingtenaire Angèle est universelle sans être donneuse de leçons. Une vraie ket (désigne un gamin des rues de Bruxelles, souvent malicieux et frondeur). On attend sa suite avec curiosité et impatience pour les années à venir/avenir.
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CLARA LUCIANI
Chez les artistes féminines, seules Patricia Kaas, Zazie, Juliette et Camille ont obtenu à la fois une Victoire « Révélation » puis plus tard une Victoires « Artiste » de l’année. Son amie Angèle (elle a repris son « Balance ton quoi ») a la même possibilité que Clara Luciani cette année. Ce qui serait en plus la première fois que ces deux récompenses seraient gagnées de façons consécutives. En juillet elle fit la couverture de Télérama » à qui elle déclarait : « La Victoire de la Musique est arrivée comme un coup d'accélérateur providentiel, et nous sommes passés subitement de salles à moitié vides à des concerts complets tous les soirs ». Suite à sa prestation et à son émotion non feinte, son « La grenade » explosa partout et ce titre aux paroles féministes écrite bien avant tous les #meetoo, l’a emmené à la rencontre d’un public assurément fidèle. En février puis en novembre son « Sainte-Victoire » - au nom prémonitoire - album initial est passé de 11 à 15, puis 20 morceaux. On y trouve maintenant outre « Nue » (nommée en Chanson originale) un duo avec Katerine, sur une adaptation du titre de Marc Lavoine chanté avec Catherine Ringer qui devient ici « Qu’est-ce que t’es beau », une chanson écrite pour « Ma sœur », ou encore « La chanson de Delphine » écrite par Jacques Demy et Michel Legrand. Une façon de montrer sa culture musicale délicate et éclectique pour celle qui voulait être Chrissie Hynde (Pretenders). Elle s’en approche.
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CATHERINE RINGER
En 1979, Fred Chichin et Catherine Ringer se rencontraient et plus rien ne sera jamais pareil pour la musique faite en France. Avant d’écouter les titres qui constituent leur immense et génial répertoire regroupés dans une intégrale de 13 vinyles, il faut absolument prendre le temps de regarder les photos qui les accompagnent. Tant d’amour s’en dégagent que quarante ans plus tard, il n’y a rien de plus naturel que tout continue. La mort de Fred Chichin en 2007 a tout foutu par terre. Sauf l’essentiel, ce qui restera toujours : leur audace, leur modernité, leur joie au milieu du pire, l’envie d’aller au-delà d’eux-mêmes. Merci, Catherine Ringer de continuer à nous les faire vivre ces tubes inépuisables… « C’est comme çaaaaaaah » (1986) hurlé à tue-tête de génération en génération, « C’est la moooort qui t’a asssssssassiné Marciaaa » (1985) qui reste une ode à la vie. Leurs débuts furent tonitruants, ils bousculèrent ces années 80 parfois puériles. Bowie, Iggy Pop en figures tutélaires, épaulés par des cracks de la production, ils ont inventé un son qu’ils mettront un point d’honneur à ne jamais répéter. Catherine et Fred faisaient tout à deux cerveaux, à quatre mains. Ce sont eux aussi qui mirent l’image au cœur de la musique. Avec cette nomination, Catherine Ringer/Rita Mitsouko a déjà été présente dans cette catégorie - qu’elle remporta en 2012 - onze fois. Record absolu, on en veut encore. « Catherine Ringer chante (les) Rita Mitsouko », son best of indispensable sous le bras continuera de se balader de scènes en festivals pour ceux qui ont vécu l’histoire et pour ceux qui la découvriront.
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RéVéLATION SCèNE
HOSHI
La rue est l’une des scènes à la fois la plus dure et la plus accessible. C’est devant « sa » gare de Saint–Quentin-en-Yvelines qu’Hoshi a forgé son rapport au public, et lorsqu’elle sentait que quelqu’un s’attardait sur ses paroles, c’était une mini victoire, bien avant de penser aux Victoires. Avait-elle déjà tatoué sur son bras « Il suffit d’y croire » devenu le titre de son premier album ? En tous cas elle avait déjà son bagage musical orienté rock. Patti Smith avec qui elle rêverait d’un duo, Nirvana et The Rolling Stones bien sûr, Noir Désir et Louise Attaque du côté de chez nous, mais en tête de référence il y a le plus Rock d’entre tous : Jacques Brel. Petite dans l’appartement des grands parents, elle écoutait en boucle « Ne me quitte pas » et surtout « Mathilde » qui est son prénom d’état civil. Revenons à Gaétan Roussel qui grâce à son émission sur RTL2 s’est penché sur elle au point de lui écrire le titre « Je vous trouve un charme fou » que l’on retrouve en duo sur la version bonus de son album. Mais c’est « Ta Marinière » digne chanson rock loin d’une pop tiède au refrain presque rageur qui emmena Hoshi aux quatre coins de France, son chignon bien vissé sur la tête et la guitare bien arrimée. Sa voix qui a du grain lui donnant un charme fou, et sa force d’interprétation transpirant l’honnêteté font mouche. La suite est en route, « Amour censure » sorti début décembre annonce son second album prévu fin mars, les Zénith sont déjà en location pour la fin de l’année, début 2021. Une étoile en japonais se dit Hoshi, c’est une bonne étoile alors qui veille sur elle, de la rue des débuts aux plus grandes foules qui l’attendent.
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ALOISE SAUVAGE
Hip-hop, chanson, électro ? Danse, cinéma, musique ? Chez Aloïse Sauvage on ne choisit pas, on fait. Son regard est franc et toujours en éveil. Sa voix respire la vie. Aloïse Sauvage a un (vrai) nom d’héroïne des temps modernes et est l’incarnation même de l’Interprète avec un grand I. Dans ses rôles au cinéma elle saisit à bras le corps son personnage (inoubliable dans « 120 battements par minute »). Dans son projet musique elle est encore plus libre dans l’interprétation, ce sont alors ses mots et ses compositions qu’elle met en jeu avec une intensité qui marque les esprits. On ne sort pas indemne de l’un de ses concerts où son corps (encore lui !) qu’elle maîtrise à merveille fait… corps avec l’espace et le public. Ses mots percutent, ne donnent jamais de leçon et incarnent l’instant présent. Ses sons ne sont ni calmes ni énervés, ils sont à son image : sur le fil. Sur scène elle interprète ses chansons épaulées par deux musiciens qui lui laissent toute la place. Micro bien en main, elle s’envole littéralement dans les airs pour se dépasser et nous embraser. L’année à venir sera consacrée à la musique avec son premier album prévu fin février et avec déjà un Olympia annoncé pour le 4 juin. Aloïse Sauvage respire la liberté, liberté de créer, liberté de son corps, liberté d’aller là où elle a envie d’aller tout en restant en phase avec la vie qui l’entoure. Liberté, liberté chérie !
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SUZANE
Nous sommes en Avignon en 1997, Suzane n’a pas encore enlevé un N au prénom de sa grand-mère et s’appelle Océane Colom. Elle débute ses dix ans de cours de danse classique et le samedi matin elle regarde Hit Machine qui reçoit Mylène Farmer. Ce jour-là, elle se tourne vers sa mère et lui dit très tranquillement « Plus tard, je serai elle ». Jamais de mensonge chez Suzane, mais de la détermination et de la créativité. A la façon d’Uma Thurman en jaune dans Kill Bill, lorsqu’elle, elle revêt sa combinaison bleue/blanche mix assumé de Bruce Lee, Elvis Presley et de Louis XIV (sic) elle est elle-même. Prête à bouffer la terre entière à commencer par la scène qu’elle avale seule, pas de sabre ici mais des machines et un talent chorégraphique tout en saccades qui crève les yeux. Suzane n’a pas été bien longtemps le secret le mieux gardé des programmateurs puisqu’elle fut l’artiste la plus programmée dans les festivals de France à l’été 2019. Prochaine étape parisienne le Trianon le 26 mars. Valentin Marceau l’accompagne à la réalisation depuis son EP jusqu’à cet album sorti le 24 janvier. Un album qui parle en punchline avec des mots précis, des mots forts, des mots justes de l’époque que nous vivons. Peu d’artistes mettent en chansons le climat social et météorologique aussi bien qu’elle. On y retrouve le plus perso « Suzane », son CV musical comme l’ont fait avant elle Aznavour « Je me voyais déjà » ou Balavoine « Le chanteur ». Son album se nomme « Toï Toï », c’est ce que l’on se dit en Allemagne à la place de notre M*** bien français. Alors Suzane un gros ToÏ Toï pour ta première apparition aux Victoires de la Musique. Pas la dernière !
disponible prochainement
ALBUM RévéLATION
POMME "LES FAILLES"
Prenez une couverture toute douce et bien chaude, peut-être celle de votre enfance pour l’écouter en plein hiver, ou bien soyez nu.e l’été, Pomme sera toujours là pour vous faire entendre ses émotions et faire ressortir les vôtres. « On a tous des zones sombres à l’intérieur, on a tous déjà eu de la peine et c’est ce qui nous rend humains, la beauté est dans les failles… » écrit dans le livret de son second album celle qui vit entre Paris et son Canada de cœur. Sa voix charme toujours autant, même si elle est plus intime encore, plus affirmée, tendre et directe à la fois. Le changement essentiel entre « À peu près » paru en octobre 2017 et « Les failles » tient dans le fait que Claire Pommet est la seule autrice compositrice de son bébé discographique. Mais elle n’est pas seule à bord de son radeau de la méduse à elle, le copain en question se nomme Albin de la Simone et en cinq jours pas plus, a « accompagné mes idées, les a complétées et enrichies» dit-elle dans le magazine FrancoFans qui l’arbore en une de son dernier numéro avec le juste titre « Tout d’une grande ». Il y a aussi la complice illustratrice Ambivalently yours qui a son mot à dessiner. Avant son « Les failles » il y a eu 4 ans de tournée seule sur la scène avec sa guitare et son autoharpe. Epuisant, épuisée sans aucun doute, mais sa réponse créative et humaine est éclatante: onze titres avec de la nuit et des oiseaux dedans qui donnent envie d’être acteur de sa propre vie. À noter que Pomme a offert l’espace de son album - dans la version collector - à Claire Pommet pour qu’elle y présente son recueil de poésie.
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MAËLLE "MAËLLE"
Chez c’est les Celtes qu’on trouve la signification du prénom Maëlle qui peut se traduire par princesse. Alors concernant Maëlle Pistoia, s’il s’agit d’une princesse, c’en sera une des temps modernes, aux « Pouces ordinateurs » comme lui fait chanter Zazie qui était sa coach, dans « Toutes les machines ont un cœur » premier titre sorti après sa victoire dans la 7ème saison de The Voice. Première artiste féminine à remporter l’émission SVP. Quand on est gagnante de pareille aventure, cela sous-entend qu’on a une voix, et c’est cette voix qui a fait tilt dans la tête de Calogero, qui, après une rencontre au festival des Nuits Bressanes et après une conversation tournant autour de Lana Del Rey, Michel Berger ou Billie Eilish, a décidé de composer et réaliser cet album. « C’est l’album de Maëlle pas le mien, il faut que cela soit une photo de sa vie, qu’elle soit fière de lui plus tard. ». Calogero a privilégié le piano et orienté le tout vers un électro de bon aloi. Il a aussi fait appel à sa « famille » aussi bien en termes de paroliers (Paul Ecole, Marie Bastide, Inès Barbier) que de musiciens qui l’accompagnent sur scène. La voix de Maëlle, certes, mais aussi une personnalité, celle d’une jeune femme ancrée dans son époque et son temps, préoccupée par l’écologie et consciente des liens sociaux. Sans être devin il est certain que plein de premières fois réussies attendent cette jeune fille des années 20.
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MALIK DJOUDI "TEMPERAMENTS"
Voilà ce qu’il se passe dans la tête d’un nommé lorsqu’il en est informé : « Quand j’ai appris la nouvelle, je n’ai pas réalisé, et je ne réalise pas encore. Je marchais d’un pas léger, pensant à mes proches, à toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à ce disque... Merci la vie! ». Malik Djoudi s’inscrit dans une filiation aux noms prestigieux. « Tout est pop » chante Alain Chamfort. Etienne Daho le King of the Pop made in France figure sur cet album sur le titre « À tes côtés ». Malik Djoudi est empreint de Pop. Une pop noble, une pop qui fait rêver ou danser, pas une pop de bac à disques. Une pop sincère et instruite, venue des anglo-saxons. Pourtant une pop aux couleurs de chansons qui sonnent déjà comme des classiques. Une pop en français qui a vu le jour après un voyage initiatique au Vietnam, une de ses terres maternelles. Pour continuer dans la notion d’héritage, sa voix est souvent mise en parallèle avec celle de Christophe, tous les deux ayant le goût d’aller chercher dans les aigus. Sur ce second album fait avec la complicité d’Amaury Ranger (François Atlas) ses mots sont simples pour créer des phrases mystérieuses qui vont droit au cœur des âmes sensibles. Sur scène son engagement avec le public est profond, sa joie est immense. A la fois réfléchi et gorgé de folie, il marche d’un pas léger (donc) vers des sommets poétiques et emplis de beauté. L’écouter c’est s’offrir un moment de béatitude.
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ALBUM
PHILIPPE KATERINE "CONFESSIONS"
Jeune adolescent, Katerine a un temps envisagé de devenir prêtre. Grâce à Dieu il n’en fit rien et continue de balancer ses mots - qui ne sont même pas gros - dans ce bien nommé « Confessions ». Le timide qu’il n’est presque plus, celui qui affirme ne jamais se mettre en colère, lâche les vannes dans ses albums, sans en faire un terrain de psychanalyse. Le sexe comme souvent chez lui occupe le terrain, mais un sexe joyeux qui ne cache rien. La politique n’est pas absente, mais à sa façon : le bébé panda du Zoo de Beauval sert de prétexte pour présenter un président Macron qui ne connaît pas les champignons. A sa façon, l’homophobie est abordée puisqu’on apprend dans « Confessions » que « 88% des mecs sont pédés ». A sa façon, il lutte contre le racisme dans le titre « Blond », « Je n'ai jamais montré mes papiers / Parce que je suis blond ». A sa façon, il revisite l’actualité, sans poésie excessive et sans hypocrisie fausse. Sur cet album pour la première fois composé avec l’aide de la M.A.O., sa voix devenue familière fait mouche et il chante à merveille les parenthèses qui truffent ses textes. Mais il n’est pas seul à donner de la voix sur cet album qui fait même figure de best of de cette 35éme édition des Victoires. En effet, y figure un duo avec Lomepal, un autre avec Angèle, et est même crédité comme invité sur « Rêve affreux » Alain Souchon. C’est lui à l’inverse qui figure sur l’album de Clara Luciani. Comme c’est un album accueillant, on y trouve aussi Camille et Léa Seydoux, l’ami de toujours Dominique A, également Oxmo Puccino et Gonzalés, la mystérieuse Clair ainsi que son beau-père Gérard Depardieu. Comme on parle famille on trouve, en plus de Julie Depardieu, ses enfants Billy et Alfred… tout le monde n’a pas la chance d’avoir un papa comme Philippe Katerine !!!
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ALAIN SOUCHON "ÂME FIFTIES"
Sur ce nouveau Souchon, il y en a trois aux fourneaux ; Alain of course, et ses fils, Pierre, l’ainé et Charles - alias Ours - le cadet. Si Pierre avait déjà officié avec son père, c’est avec le troisième volet du « Soldat Rose » que ces trois-là ont commencé à aimer collaborer. La fierté de l’auteur à travailler avec ces deux compositeurs est évidente : « Mes fils sont très doués avec les instruments, ils m'aident à donner à mes chansons une sophistication. Charles apporte avec lui son époque, il a une prédilection pour les sons ensoleillés. Pierre est très fort pour trouver de bons refrains ». Cela faisait onze ans qu’il n’avait pas sorti d’album solo original. Entretemps est paru en 2011 « A cause d’elles » reprises de comptines de son enfance, et surtout le tant rêvé « Alain Souchon & Laurent Voulzy ». Voulzy qu’on retrouve ici à la composition de « Irène ». Il parle rarement de lui préférant observer ses contemporains ou mettre en avant ceux de son panthéon personnel (Monod, Sagan, Ava Gardner…). Or dans « Âme fifties » on devine qu’il parle, de ces cheveux « On se ramène les cheveux vers l’avant en les lavant », de son éducation musicale faîte de « Debussy, Gabriel Fauré » quand lui rêvait de Memphis Tennessee, ainsi que de ses souvenirs de petit garçon sur les plages du Nord. Et toujours cette pointe sociétale avec l’émouvant « Un terrain en pente » et cette phrase si belle et si glaçante « J’vois au bord de l’Eure / une usine qu’on vend / et des hommes qui pleurent / devant ». Un nouveau Souchon c’est un rendez-vous avec un presqu’ami, un rendez-vous avec la vie.
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NEKFEU "LES ÉTOILES VAGABONDES : EXPANSION"
Tout commence le 15 mai 2019 lorsque sur sa chaîne YouTube Nekfeu annonce pour le 6 juin la sortie du film « Les étoiles vagabondes » coréalisé avec Syrine Boulanouar et présenté comme un « album au cinéma ». Le documentaire toujours disponible sur Netflix raconte la genèse de l’album éponyme qui est sorti le même jour que l’unique projection en salle qui rassembla 100 000 aficionados. Au début du film, Nekfeu en donne le point de départ intime : « Ca faisait plus d’un an que j’étais sensé enregistré mon 3ème album… mais j’arrivais pas à m’y mettre. Alors j’ai fait ce que je sais faire de mieux : fuir. ». Satanée page blanche, ambigüité du succès. Fuir pour mieux se retrouver avec ce voyage intérieur qui démarre à Mytilène, village de ses grands-parents sur l’île de Lesbos en Grèce. Suivent Tokyo avec sa dream Team, ensuite Los Angeles puis la Nouvelle-Orléans sans oublier un crochet par Bruxelles pour enregistrer le duo avec Damso. Et voilà le résultat : 71,50 minutes de sons où on retrouve le quasi trentenaire avec à nouveau le sourire aux lèvres et la plume vive. Dans le film il n’est pas question du duo avec Vanessa Paradis, mais on le retrouve bien sur la version intitulée « Expansion » sortie quinze jours plus tard et qui elle fait 125 minutes, et qui est resté onze semaines consécutives numéro 1 des ventes en France. Pas mal pour un rappeur qui a su retrouver ses fondamentaux.
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VINCENT DELERM "PANORAMA" .
Depuis 2002, il ne rentre dans aucune boîte aussi belle soit elle, mais ces mots « Faire une vie hors compétition», qui viennent rimer avec « Et ressentir une émotion » dans « Vie Varda » extrait de son septième album donne le tempo et les credo de ce pas seulement tendre, à la voix pleine de sourires. Delerm n’est jamais le même. Cette fois-ci, il a établi une règle audacieuse : après avoir composé la musique de ces dix titres il les a confiés à dix réalisateurs différents. Voyez l’éclectisme, par ordre d’apparition : Maxime le Guil & Clément Ducol, Peter von Poehl, French 79, David Ivar Herman Dune, Keren Ann, Voyou, Dan Lévy, Girls in Hawaii, Yael Naim. Puis il a finalisé le tout en écrivant les paroles pour en faire ses chansons. S’ajoute une jolie chanson - elle réalisée par Delerm - où l’intime du texte à deux voix - avec Rufus Wainwright - prend le dessus et entoure l’ensemble Ö combien cohérent. Au même moment, comme un prolongement celui que l’on connaît aussi pour ses photos, devient cinéaste et réalise en une heure « Je ne sais pas si c’est tout le monde » avec dedans des vrais tranches de vie entre autres d’Aloïse Sauvage et d’Alain Souchon également au sommaire de ces 35èmes Victoires de la Musique. Il y a aussi – voulue ainsi – la dernière scène du grand Jean Rochefort ou encore la voix de Truffaut. Il y par ailleurs pour le couronner encore plus, seul - ou presque - en scène, avec son premier quart d’heure inoubliable, sa série de concerts à la Cigale qui donne envie de collectionner les papiers d’emballage de sucre
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CHANSON ORIGINALE
BOULEVARD DES AIRS & VIANNEY "ALLEZ RESTE" .
Le 20 mars dernier Boulevard des airs était sur la scène de l ‘Olympia. Jusque-là, rien de plus normal. Lorsque soudain saisissant discrètement un micro et ajustant ses « ears » c’est un Vianney joyeux qui quittait son siège pour assurer sa partie de texte sur « Allez reste ». Mise en scène ou surprise totale ? Gardons le mystère, c’est bien plus joli. Ce titre est extrait de leur 4ème album ou figure également « Je me dis que toi aussi » qui l’an passé a remporté, devant entre autres Aya Nakamur, la Chanson originale de l’année. Si le 14 février BDA remportait à nouveau cette Victoire, le groupe emmené par Florent Dasque et Sylvain Duthu serait le premier à réussir l’exploit de remporter deux fois de suite cette catégorie si emblématique qui est entre les mains du public. Amis depuis leurs débuts respectifs et ayant grandi ensemble, de petites salles clairsemées en Zénith sold out, c’était comme une évidence que ce duo voit le jour. Un titre qui parle de la mémoire qui part, pour ne pas dire d’Alzheimer. Une façon pour ces artistes de graver dans leur mémoire à tout jamais ces moments de musique et de joie au milieu des décors de l’enfance entre train électrique et Kapla. Vianney ne figure pas sur la version symphonique récemment sortie du titre, ce n’est qu’un détail.
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VITAA & SLIMANE "ÇA VA ÇA VIENT"
Leur histoire commence avant même leur rencontre, lorsque Slimane le 6 février 2016 lors des auditions à l’aveugle de la cinquième saison de The Voice reprend « À fleur de toi », le premier titre de Vitaa paru en 2006. Depuis Slimane a gagné l’émission et a sorti deux albums. Ce qui fera chanter à cette dernière sur leur album commun « Dès les premières notes, je n’te l’ai jamais dit, mes larmes ont coulé ». Sur ce titre VERSUS, on en apprend beaucoup sur la genèse de ce duo hors normes où Vitaa et Slimane se confient l’un à l’autre en s‘appelant frère et sœur. Ces deux-là se sont retrouvés coach pour the Voice (cette fois-ci en Belgique) et l’amitié commence et les pousse à entrer en studio. Ce sera le titre « Je te donne », qui succès, et joie d’écrire et composer ensemble les incite à sortir cet album de 19 titres où l’on retrouve de prestigieux featuring avec Gims, Camelia Jordana, Amel Bent, Kendji Girac , sans oublier Camille Schneyder et Sola, leurs protégées venues de The Voice. Ce ping-pong artistique où le compromis est omniprésent leur permet de dire ce qu’ils ne pourraient jamais dire dans leurs albums solos. Ce titre « Ca va ça vient » où ils expriment leur failles et leur désir de chercher du positif, ainsi que « XY » qui parle des relations hommes femmes ou encore « Maëlys » titre évoquant la triste histoire de cette petite fille, seront bien sûr au répertoire de la tournée qu’ils préparent avec un passage au Stade Mauroy de Lille en mars et un AccorHotels Arena en avril.
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CLARA LUCIANI "NUE"
« Nue » figure sur la seconde édition de son unique album « Sainte-Victoire » et, emmené par sa basse profonde et funk à souhait, suit le même succès que « La grenade » et installe définitivement la native de Martigues dans le paysage musical français. 2019 fut une année forte, qui la vit parcourir les festivals et remplir trois Olympia. Cette chanson composée en partie par Sage, raconte ces dernières années, depuis son passage dans le groupe « La Femme » à sa première Victoire. Ainsi démarre « Nue » : « Je rêve pince moi pour voir » qui n’est autre que l’histoire du rêve qui devient réalité. Nue, car elle se débarrasse de tous artifices, elle y mixe l’image médiatique avec la Clara de tous les jours. Elle fait son métier avec joie, passion et sérieux et profite de tous ces moments uniques après quelques années de galère où elle a failli tout arrêter ! Ce clip tourné à Bruxelles par Brice VDH montre une Clara Luciani très drôle et un impeccable Arthur Teboul (le chanteur de Feu! Chatterton) jouant son compagnon à qui le peignoir en satin va à ravir. Au moment où sort le titre « Emmanuelle » elle avance sur la suite de sa carrière. Gageons que sa seconde soirée des Victoires lui donnera de belles idées.
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L’heure, on le sait, est au streaming dominant, or, sans nostalgie comme à son habitude et en préambule de son quinzième (déjà !) album, Alain Souchon a livré fin août, presqu’un 45 tours avec une face A et une face AA sur laquelle on trouve ce « Presque » qui le voit être nommé pour la cinquième fois dans cette catégorie Chanson originale de l’année en tant qu’interprète auxquelles, il convient de rajouter cinq nominations comme auteur de Voulzy et une autre en duo avec ce dernier, le tout pour quatre Victoires. « Presque » raconte une histoire d’amour qui n’a pas lieu, seulement vécue par le narrateur qui n’a pas osé « Je t’ai presque écrit ce matin / Presque pris mon courage à deux mains ». Sur la pochette Souchon est de profil, dans un noir et blanc élégant, beau comme toujours, le regard presqu’avec nous. Dans le clip il dodeline (lentement) du bassin comme presque toujours. Si à la composition on retrouve bien Pierre et Charles Souchon comme dans presque tout l’album c’est un parolier occasionnel qui vint donner le point de départ de « Presque », en la personne d’Edouard Baer. La complicité entre ces deux tendres se concrétisa en 2016 lorsque Souchon composa la chanson générique du film de Baer « Ouvert la nuit » qui clôt d’ailleurs ce « Âme Fifties ». Un jour l’ainé demanda au cadet comment il allait, il lui fut répondu « Presque ». Hop, voilà comment naît une chanson. Sous le clip de « Presque » en commentaires on peut lire : « Perso je suis plus rap (j’ai 14 ans) mais franchement j’adore cette chanson et ce bien ressenti... » Démonstration est faite : on a presque tous dans le cœur une chanson de Souchon, un truc qui colle au cœur et au corps ! « Nue » figure sur la seconde édition de son unique album « Sainte-Victoire » et, emmené par sa basse profonde et funk à souhait, suit le même succès que « La grenade » et installe définitivement la native de Martigues dans le paysage musical français. 2019 fut une année forte, qui la vit parcourir les festivals et remplir trois Olympia. Cette chanson composée en partie par Sage, raconte ces dernières années, depuis son passage dans le groupe « La Femme » à sa première Victoire. Ainsi démarre « Nue » : « Je rêve pince moi pour voir » qui n’est autre que l’histoire du rêve qui devient réalité. Nue, car elle se débarrasse de tous artifices, elle y mixe l’image médiatique avec la Clara de tous les jours. Elle fait son métier avec joie, passion et sérieux et profite de tous ces moments uniques après quelques années de galère où elle a failli tout arrêter ! Ce clip tourné à Bruxelles par Brice VDH montre une Clara Luciani très drôle et un impeccable Arthur Teboul (le chanteur de Feu! Chatterton) jouant son compagnon à qui le peignoir en satin va à ravir. Au moment où sort le titre « Emmanuelle » elle avance sur la suite de sa carrière. Gageons que sa seconde soirée des Victoires lui donnera de belles idées.
ALAIN SOUCHON "PRESQUE"
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KATERINE "STONE AVEC TOI"
Parue fin septembre en éclaireur de « Confessions », « Stone avec toi » donnait d’emblée le ton à l’ensemble : onirique, chaleureux et avec une dose d’absurde digne d’un nouveau monde fantastique. On a l’impression dans cette chanson de baigner dans une bande dessinée colorée et futuriste où « Les animaux feraient des ragoûts de nous et où les robots auraient des bébés de nous ». Stone peut-être, mais pas seulement et comme à l’accoutumée se cache de grandes idées derrière les apparentes pitreries du Monsieur. La protection animale et l’intelligence artificielle sont donc bien présentes dans ce titre au refrain qu’on prend un malin plaisir à répéter ad lib en sa compagnie, en affichant un sourire béat constant. L’image chez Katerine est toujours centrale, sur « Confessions » on dirait un lutin échappé justement de ce Monde décrit dans « Stone avec toi », à la fois malicieux et un peu trouillard. Et c’est le visage de Katerine affublé d’un nez-zizi sur fond rose qui en est le personnage principal et qui est décliné dans le clip (plus d’un million de vues) réalisé par sa fille ainée Edie Blanchard qui utilise le morphing pour nous en faire voir de toutes les couleurs (de la Joconde à Obama). Katerine n’a obtenu qu’une Victoire depuis son arrivée dans le monde de la musique en 1991, ce fût en 2011 pour le clip de « La Banane ». Avec trois nominations cette année, gageons que le compteur pourrait augmenter. Le projet aujourd’hui abandonné qu’un rond-point de sa ville natale de Thouars porte son nom pourrait alors être réactivé et ainsi accueillir toutes ses récompenses, au cinéma comme en musique, en guise de décorations.
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CONCERT
JEANNE ADDED SOLO "BOTH SIDES TOUR"
Bien sûr il y a eu les Eurockéennes, les Nuits de Fourvière, les Vieilles Charrues où Jeanne Added se produisait en full band et électrisait son auditoire. Mais en cette année 2019 riche en émotion pour elle, notamment en février lorsqu’elle reçoit les Victoires pour Artiste féminine et Album rock, il y a eu aussi la tournée « Both sides » où elle se présente en solo. En solo et en trois temps distincts. Premièrement avec une "relecture club » de ses titres. Pendant cette séquence, le "son arrive de partout, les gens baignent dedans… » Deuxièmement, elle fait une avec sa basse et c’est elle qui balance le son. Troisièmement et pour finir, une partie a capella. « J’aime enlever des choses, créer de la tension par le moins. On a poussé le truc assez loin." dit-elle à propos de ces dates créées au départ pour les théâtres et leurs places assises, où le public se levait rapidement pour danser avec elle. Ce « on » cache le scénographe Eric Soyer, connu pour son travail avec Joël Pommerat. Après un détour par l’Asie, Jeanne Added reprendra la tournée Both Sides - du nom d’un track de « Radiate », son second album - en mai à Paris au 104 et repartira en région pour que son sourire toujours franc éclate partout.
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ANGELE "BROL TOUR"
Rapide retour en arrière : Angèle Van Laeken sort de l’école Jazzstudio, section piano, à Anvers, son frère Roméo Elvis commence à pointer le bout de son nez, ses parents, le musicien Marka et la comédienne Laurence Bibot, l’encouragent, elle poste des reprises sur le réseau Instagram, et au printemps 2016 elle joue 4 fois dans des bars à Bruxelles un répertoire alors plutôt chanté en anglais. Puis sort en octobre 2017 « La loi de Murphy » clippé par, la devenue fidèle, photographe Charlotte Abramow, et tout s’emballe. En novembre de la même année, elle fit toutes les premières parties de Damso en France. Le 22 mai 2018 c’est le Trianon qui l’accueille pour sa vraie première parisienne. Elle poursuit actuellement sa tournée des Zénith, une trentaine en tout avant de prendre d’assaut l’AccorHotels Arena, quatre jours durant, la semaine suivant la cérémonie des Victoires, sans oublier tous les festivals. La fan revendiquée d’Hélène Ségara a fait de la scène son royaume et s’y perfectionne sans cesse, notamment avec Marion Motin (Stromae) avec qui elle peaufine les chorégraphies. Laissons le mot de la fin à Julien Granel à qui, en amie fidèle, elle donne quasi toutes ses premières parties depuis un an : « La tournée d’Angèle vu de l’intérieur, c’est une grande famille et beaucoup de joie, de rires, à son image. Et c’est surtout chaque soir, énormément d’émotion, de la voir chanter sa vie quotidienne, sans filtre, face à des milliers de gens qui semblent partager cette vie tellement ils connaissent chaque parole ».
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M "LE GRAND PETIT CONCERT"
22, 94, 700 000, 13 ou 14. Derrière ces chiffres se cachent des histoires. 22, c’est facile, ce sont ses 22 ans de carrière, si on la fait commencer avec la sortie de « Le Baptême » où figure « Machistador » qu’il joue toujours sur scène. Six albums studio, cinq en live, et puis « Le Soldat Rose », la BO « Des triplettes de Belleville », celle « D’un monstre à Paris », sans oublier « Lamomali », ni le projet familial « Louis, Matthieu, Joseph et Anna Chedid ». 94, c’est le nombre de concerts à ce jour de la tournée « Le Grand Petit Concert » qui vient de sortir en CD, dans lequel on trouve cette citation : « Pour ceux qui n ‘ont pas vu ce « Grand Petit Concert », je suis seul en scène, entouré d’automates et d’inventions en tout genre. Avec la plus belle chorale du monde. Vous ! Aime infini. » Durant ces presque 3 heures de show, il revisite l’ensemble de son répertoire en chansons et en look, la guitare rose période « Qui de nous deux ? », le bleu et jaune de « Îl », et les coiffures qui correspondent à toutes ses étapes de vie. 700 000, c’est le nombre de spectateurs qu’il a déjà rencontré. Un record pour lui et gageons qu’avec la suite de cette tournée solo il touchera le million. Enfin 13 ou 14 ? En effet M est le recordman à égalité de Victoires avec Bashung, s’il gagne ce soir, il en aura 14 chez lui dont déjà 4 pour le concert pour 28 nominations, obtenus dans 7 catégories différentes. M et les VDM, c’est une belle histoire !
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CRéATION AUDIOVISUELLE
Le 25 mars sur leur compte twitter, Ademo et NOS plus connu sous le nom de PNL écrivaient : « On pensait pas un jour monter si haut… en totale indépendance » suivi du hashtag #FierDeVenirDenBas et annonçaient la sortie de leur 3 éme album pour le 5 avril, intitulé sobrement « Deux frères ». Trois jours plus tôt, ils mettaient en ligne le clip de « Au DD » réalisé par QLF soit Que la famille, donc eux-mêmes. Dedans, en guest star, on retrouve le monument sans doute le plus connu au monde, à savoir, la dame de fer alias la Tour Eiffel. Cette œuvre audiovisuelle culmine à plus de 130 millions de vues, ce qui en fait le clip le plus vu en France pour l’année écoulée. Ce son entêtant bat de suite tous les records possibles en devenant le titre le plus écouté en 24h sur Deezer, record qu’ils détenaient déjà, et c’est le premier groupe de rap français à atteindre le top 30 mondial de Spotify. Chez les frères Andrieu on ne parle pas mais on est as en stratégie, et on laisse volontiers les autres disserter pour soi. En effet nombreux sont les sites qui décortiquent les nombreux signes visibles ou pas, à commencer par le sens d’au DD. Cela va de l’improbable hommage à Didier Deschamps au plausible Deuxième Degré, à la plus probable notion de vente « au détail », souvenir de leur commerce précédent. Dans « DA » sorti en 2016, ils regardaient la Tour Eiffel sur un toit de leur quartier… en 2019 les mots du début de « Au DD » sont « J’vise plus l’sommet ». Mission accomplie, ils sont au plus haut du game. Plus tard NOS chante même « C’est peut être mon dernier album »… Soyez rassurés les dates de juin et juillet affichent complet partout.
PNL "AU DD"
ANGèLE "BALANCE TON QUOI"
S’il suffisait d’un chiffre pour mesurer l’impact d’Angèle, celui de 275 est significatif. C’est en effet le nombre cumulé en millions de vues de ses huit clips avec 97 millions pour le seul « Tout oublier » réalisé par Brice VDH qui remporta une Victoire l’an passé ce qui en fait le plus vu de sa « clipographie ». Il est suivi par « Balance ton quoi » qui lui culmine à « seulement » 59 millions de clicks. C’est le troisième film que Charlotte Abramow réalise pour l’artiste, sur un scénario qu’elle a coécrit avec Ophélie Secq et Angèle elle-même. Tour à tour juge ou instructrice de l’« Anti Sexism Academy », Angèle montre une fois encore ses talents de comédienne. Nul doute que le cinéma lui tend les bras : « Si je le fais, je consacrerai du temps à mon apprentissage. Ce n’est donc pas pour tout de suite » déclare-t-elle au journal « Le Monde ». Cette chanson écrite peu après #balancetonporc est née d’une réflexion déplacée qu’un homme lui fit dans le tram à Bruxelles. Elle fut chantée, par des femmes comme par des hommes, le 23 novembre dernier dans les rues de Paris lors de la marche contre les violences faites aux femmes. Angèle et cette chanson au gimmick drôle et entêtant « D’aller te faire en hum-hum » ouvrent les yeux et donnent de la force pour que tous ces abus cessent. A noter la présence impeccable de Pierre Niney en patient qui semble indécrottable pour finir lui-même par devenir instructeur après avoir (enfin) compris que lorsque qu’une femme dit non… ben c’est non. Nous on dit oui à Angèle et à sa façon de nous raconter la vie.
LES VIEILLES CANAILLES "LIVE LES VIEILLES CANAILLES"
Retour en arrière ; dans les fifties, les mêmes que chante Souchon, trois garçons se retrouvent au square de la Trinité dans le IXème à Paris. C’est Johnny Hallyday qui en parle le mieux : « On parlait sur les bancs, on rêvait de filles, de cinéma. On aimait chourer des disques.» Leurs balbutiements de rock passent donc par là et l’amitié est déjà solide. Elle ne les aura pas quittés pendant plus de 50 ans. Seule la mort a réussi à les séparer. Tout le monde en rêvait, un homme l’a fait, le producteur Valéry Zeitoun. Réunion de trois légendes, réunion de gamins septuagénaires qui totalisent seize Victoires à eux trois. La première fournée de ces concerts mythiques eut lieu en 2014, mais ne s’était produite qu’à Paris pour six dates. Déjà inespéré, mais l’envie fut la plus forte et le trio, accompagné de pas moins de 22 musiciens, remis le couvert pour 17 dates dont celle captée le 24 juin 2017 à Paris. Ce DVD/CD qui termina l’année en tête des ventes est composé de 21 titres chantés en solo, en duo mais la plupart du temps en trio, puisés dans le répertoire colossal de ces trois monstres (on n’ose pas imaginer la complexité pour faire le choix), plus la chanson enregistrée en duo avec Serge Gainsbourg en 1986 par Eddy Mitchell et qui donne le nom de l’événement : « Vieille Canaille ». La complicité et la potacherie est palpable à l’écran, on y voit des éternels rêveurs à la carrière bien remplie, dans leurs beaux costumes, contents de leur blague commune : posséder la scène enfin ensemble et prendre et donner du plaisir.
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Cette année, la cérémonie annuelle qui récompense le meilleur de la chanson et de la scène française se réinvente en passant de treize à huit catégories, dont trois seront ouvertes aux votes du public. Découvrez dans notre playlist les titres des 19 groupes ou artistes en compétition dont Angèle, Clara Luciani, Alain Souchon, Maëlle ou encore Hoshi.
Les Victoires de la musique ont 35 ans
Nous vous proposons également de découvrir le podcast que le journaliste Didier Varrod (France Inter) a consacré à l'histoire de cet événement. Ce podcast original est l’occasion de revenir en musiques et en archives sur 35 ans de moments de radio et et de télévision qui ont nourri l’histoire des musiques de variété de notre pays.