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Affaire Saint-Aubin
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Created on September 26, 2019
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Transcript
Justice
L'Affaire saint-Aubin
en cinq points-clés
De nombreux revirements
Révélations, rebondissements, retours en arrière, impasses... L'affaire Saint-Aubin a connu maintes évolutions. En tout, plus de 25 procédures judiciaires ont été lancées, sur une période de 55 ans, jusqu'à aujourd'hui.
1992
1981
1964
Le garde des Sceaux demande la tenue d'une enquête.
Un magistrat rapporte un témoignage allant dans le sens des Saint-Aubin.
L'accident survient en juillet.
1965
1984
Les dires d'un témoin remettent en cause la thèse de l'accident.
Le témoin principal décède dans son appartement.
Une famille déterminée
Seul l'acharnement de la famille Saint-Aubin a permis d'éviter que cette affaire ne soit oubliée.
Andrée Saint-Aubin
La mère de l'une des deux victimes. Elle n'a eu de cesse, depuis l'accident et jusqu'à sa mort en 2003, de tenter de découvrir la vérité. Elle est devenue petit à petit le visage de l'affaire Saint-Aubin. Désormais, c'est son autre fils qui continue les démarches.
"J'accuse tous les magistrats qui ont eu à connaître cette affaire et qui, avec tous les documents qu'ils ont eu en leur possession, ont refusé de faire la lumière et la vérité (sic) par ordre. Et un ordre qui venait certainement de très haut."
Andrée de Saint-Aubin, lors d'une interview télévisée en 1993
La mort du témoin-clé
Le témoignage de Mohamed Moualkia a bouleversé l'affaire en 1965. Puis son décès, jugé étrange, a contribué à parer l'affaire Saint-Aubin de son aura de mystère.
En 1984
En 1965
Mohamed Moualkia témoigne : il dit avoir assisté à l'accident, alors qu'il se rendait à son travail. Selon lui, un camion de l'armée stationnait sur le bas-côté et a volontairement coupé la route à la Volvo des victimes. Malgré ce témoignage, le dossier est classé sans suite.
Mohamed Moualkia n'a jamais changé sa version des faits. En 1984, quelques jours avant de répondre à une interview sur l'affaire prévue pour TF1, Mohamed Moualkia meurt asphyxié dans son appartement. Une cigarette aurait mis le feu au lit. Étonnant, comme le rappellent de nombreux journaux de l'époque, quand on sait que Mohamed ne fumait pas.
Un assassinat par erreur ?
Selon la thèse des parents Saint-Aubin, leur fils aurait été tué par erreur, confondu, à cause de sa voiture, avec le trésorier de l'Organisation de l'armée secrète (OAS), que l'État aurait voulu faire abattre.
Le témoignage de Mohamed Moualkia est le point de départ de la thèse développée par la famille Saint-Aubin selon laquelle l'État lui-même serait responsable de l'accident. Selon Andrée Saint-Aubin, les services secrets auraient en effet commis une bavure. Leur véritable cible aurait été Jean Ménigaud, trésorier de l'OAS. Celui-ci, réfugié en Suisse, aurait eu à faire dans la région de Fréjus au moment de l'accident de Jean-Claude Saint-Aubin. Tous deux se trouvaient donc dans le même secteur, roulaient chacun dans une Volvo noire, avec une immatriculation similaire. La thèse d'un complot d'État est accréditée, selon les Saint-Aubin, par plusieurs autres éléments : tentative de jeter le discrédit sur le témoignage de Mohamed Moualkia, falsification de documents, fermeture prématurée du dossier, etc...
L'État reconnaît des manquements
Dans les années 1980, le ministère de la Justice a diligenté une enquête sur la façon dont s'était déroulé le dossier Saint-Aubin. La famille a été indemnisée.
1992
1985
1990
1981
Un magistrat fait état d'un témoignage accréditant la thèse de l'assassinat. Le déclassement de dossiers "Secrets défense" est ensuite demandé par les Saint-Aubin, sans succès.
Robert Badinter, garde des Sceaux, ordonne l'ouverture d'une enquête par l'Inspection des services judiciaires. Une reconstitution de l'accident, notamment, est organisée.
L'implication d'un camion militaire sur les lieux est reconnue par l'État. Est toutefois évoqué un accident "involontaire".
L'État verse 500 000 francs de dommages et intérêts aux époux Saint-Aubin pour "mauvais fonctionnement de la Justice".